L’invention du délit de « fraude à la demande d’asile » date de la première Convention Dublin (15 juin 1990), une convention d’application concernant les politiques migratoires. Dans les textes, il s’agit d’ « améliorer le dispositif de détermination de l’État responsable de la demande d’asile ». Dans les faits, cette œuvre philanthropique permet de limiter la demande d’asile à un seul pays. Une base de données est créée, dans laquelle sont enregistrées les empreintes digitales (biométriques) des requérants. Cette base de données est censée détecter les fraudeurs : ceux qui voudraient déposer une demande d’asile dans plusieurs pays à la fois. Indéniablement, la Convention Dublin permet de limiter les régularisations en Europe, mais ce n’est pas là le seul effet…
La création du délit de « fraude à la demande d’asile » justifie et légitime la mise en place d’un système de contrôle des migrants, qui passe par leur fichage et leur suivi administratif, autrement dit par leur traçabilité. La fameuse base de données des demandeurs d’asile, inaugurée avec la première Convention Dublin, est rapidement étendue au reste des migrants avec les accords de Dublin II en janvier 2003. Cette base de données devient le premier fichier biométrique international, le fichier EURODAC. EURODAC recense, centralise et compare les empreintes digitales de trois catégories d’ « étrangers » : les « demandeurs d’asile », mais aussi les « étrangers interpellés lors du franchissement irrégulier d’une frontière extérieure » et les « étrangers se trouvant illégalement sur le territoire d’un État membre ». Le fichier regroupe des informations concernant l’identité des personnes, leurs entrées et sorties du territoire, leurs déplacements internes, leur demande d’asile, leurs éventuelles reconduites à la frontière, leurs demandes de visas et leurs empreintes biométriques.
Extrait du Bulletin de contre-info en Cévennes N°10. avril 2010


Dimanche 29 octobre
Grande marche régionale stop Dublin ! Stop expulsions ! Droit d’asile pour tous et toutes !
A l’appel des exilé.es regroupé.es dans les PRAHDA de Vitrolles et Gémenos, un egrande marche régionle « Stop Dublin ! Stop expulsion ! Asile pour tous et toutes ! » est organisée le dimanche 29 octobre.
Rendez-vous à 9h30 devant l’hôtel Formule 1 (2 Draille des Tribales, aéroport MP2) pour un départ de Vitrolles. Et à 15h à Marseille devant la station de métro Bougainville (terminus M2) pour un départ en manifestation dans la ville !

PRAHDA = PRISON
Les techniques de surveillance et de pression sur les occupants confirment le caractère répressif du PRAHDA. La police est systématiquement présente. Les résident.es assignés à résidence. Les travailleurs sociaux prennent le rôle de matons, agitent la menace d’un règlement intérieur particulièrement répressif et signalent à la préfecture tout écart. Les sanctions contre celles et ceux qui résistent sont le placement administratif « en fuite », qui permet à la préfecture de sortir qui elle veut et arbitrairement du droit d’asile et d’irrégulariser durablement sa situation en France. Conçu comme une alternative à la rétention, ce dispositif pervers n’a rien à lui envier : il vise l’efficacité des expulsions « volontaires » en agitant la menace de la clandestinité et de la privation des droits qu’elle signifie. Les « dubliné.es » sont d’ailleurs invités à se rendre à l’aéroport par leurs propres moyens ! Refus d’accès aux soins et aux droits à l’interprétariat, ouverture systématiquement des courriers administratifs des résidents par une directrice locale, sont des pratiques courantes qui rappellent la taule !
(Texte intégral ici : https://mars-infos.org/grande-marche-regionale-stop-2668)