traduit de macerie @ 17 octobre 2017
Nous avions écrit qu’à Turin, le calme de ces derniers temps n’était qu’apparent. Rarement parmi les prisonniers de l’ancien CIE (exCRA), il n’y a pas de mouvement de désordre où le désir de liberté creuse des fissures dans le fonctionnement de la structure, parfois imperceptiblement, parfois clairement, parfois en l’endommageant matériellement, parfois en affinant la complicité collective. Il y a donc de grandes opportunités, où l’organisation de tous – ou presque -vise haut, jusqu’à une journée de soulèvement général, comme c’est arrivé il y a quelques jours.
Les détenus s’étaient organisés parce que le dimanche précèdent était celui qui avait mis le feu au poudres dans tous les secteurs (Le CRA est réparti par secteurs en fonction des origines géographiques, NDL), mais ils ont aussi averti que certains d’entre eux parlaient trop et de manière trop suggestive avec les travailleurs de l’entité gestionnaire Gespa et les forces de l’ordre. C’est pour cela qu’ils n’ont pas été surpris quand vendredi, sous prétexte de travaux d’entretien, le camp fut fermé et qu’ils ne pouvaient pas se rencontrer au-delà des zones régionales. Un signe évident que l’administration de la prison pour sans-papiers avait des soupçons sur d’éventuelles agitations.
Samedi matin en effet les forces d’intervention sont entrées dans toutes les chambres, ont forcé tout le monde à sortir pour être enfermé dans le camps, ont fouillé chaque recoins à la recherche de l’objet banni typiquement là : le briquet. Il semble que pendant l’intervention ils ont été plus calmes que d’habitude et par rapport aux habituelles descentes à coups de matraque une fois trouvé les briquets ils ont renvoyés les prisonniers dans les secteurs et sont resté là jusqu’au soir pour contrôler la situation. Voyant s’estomper la possibilité de rébellion le lendemain, les esprits des détenus s’étaient à ce point échaudés, et pendant la soirée du samedi, des coups contre les mûrs et des cris ont été lancés contre la police.
Au cours de l’année écoulée, les chiffres ont augmenté de façon vertigineuse au sein du Centre. Aujourd’hui, plus de 160 hommes, répartis entre la zone bleue, la zone jaune, la zone violette, la zone verte et les deux pièces actives de la zone blanche. Les conditions à l’intérieur sont toujours misérables et la nourriture est la préoccupation quotidienne la plus fréquente pour les détenus, en plus de sa mauvaise qualité, beaucoup de gens trouvent une soudaine fatigue après les repas et les plats impropres dans lesquels ils sont servis.
L’utilisation de médicament dans la nourriture pour les faire taire n’est certes pas nouvelle, mais la nouvelle par contre provient du nom de l’entreprise qui prépare ce ragout, un vétéran du paysage italien de la détention des migrants: Sodexo , qui par le passé, nous parlons de 2009, a fourni le CRA di Ponte Galeria à Rome et Via Corelli à Milan. À Turin, il existe actuellement des contrats dans certains campus universitaires, y compris polytechnique de C.so Castelfidardo, où la semaine dernière des ennemis des expulsions sont allés casser le déjeuner avec un discours au mégaphone sur le lien entre l’entreprise qui prépare des repas pour les étudiants et la détention de qui n’a pas les documents en règle.
macerie @ 17 octobre 2017