Dans la nuit du 2 au 3 juin, au large de l’île de Kerkennah en Tunisie, a eu lieu l’énième naufrage d’un bateau de migrants transportant environ 180 personnes, « la tragédie la plus grave en mer, en 2018 » selon l’Organisation migration mondiale (OIM). 68 personnes ont survécu (61 Tunisiens et 7 personnes d’autres nationalités), on décompte au moins 112 morts et disparus, et pour l’instant seuls 73 corps ont été retrouvés. […]

Une importante manifestation a eu lieu mardi 5 juin dans la ville d’El Hamma(gouvernorat de Gabès) pour protester contre le naufrage de Kerkennah. 10 jeunes d’El Hamma ont trouvé la mort dans cette tragédie et 3 autres sont toujours portés disparus, 24 parmi les survivants viennent de cette ville. Les habitant.es de la ville ont organisé une manifestation pour exiger la chute du gouvernement. Les manifestants sont descendus dans les rues de la ville en scandant des slogans tels que « le peuple veut la chute du gouvernement », « meurtriers de nos enfants, voleurs de notre pays », « Essebsi ton temps est fini », adressé au Président de la République, Beji Caid Essebsi.

La nuit suivante, mercredi 5 juin, les manifestant.es ont marché jusqu’au quartier général de la délégation gouvernementale, à laquelle l’armée avait été déployée. Les manifestant.Es ont tenté d’envahir le district de la sécurité nationale, bloqué les rues en brûlant des pneus et lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Plusieurs jeunes hommes ont été arrêtés à la suite d’un raid dans les quartiers de la ville.

Les organisations nationales présentes dans la région de Gabès, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Union syndicale régionale (UGTT) ont publié des déclarations dans lesquelles elles attribuent la responsabilité de la tragédie au gouvernement, indiquant le modèle de développement qui, selon elles, est la cause du chômage des jeunes et du désespoir. Le chômage dans la région de Gabès dépasse 25% et atteint 55,2% parmi les diplômés.

Lundi 4 et mardi 5 des événements ont eu lieu dans la ville de Tataouine, dans le gouvernorat du même nom. Là aussi, beaucoup de gens, surtout des jeunes, sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère et exiger la démission du gouvernement. Les manifestants se sont alors dirigés vers l’hôpital régional pour y loger les corps des cinq personnes noyées dans le naufrage, qui venait de cette ville.

[…] La station de la garde nationale dans le centre-ville a été attaquée à l’aube du jeudi 7 juin 2018, en signe de protestation samedi dernier contre le naufrage où 4 personnes de la ville sont mortes.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khelifa Chibani, à deux heures du matin, les manifestants ont lancé des pierres sur la station de la Garde nationale. Peu après, ils ont forcé l’entrée du bâtiment à y mettre le feu et à détruire certains documents. Plus tard, le quartier général de la délégation gouvernementale a été ciblé, où la salle des gardes a été incendiée. Les manifestants ont dénoncé la marginalisation de la jeunesse par le gouvernement et la situation sociale et économique, ainsi que le manque d’horizons de développement dans la région.

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En octobre 2017, les familles des personnes emprisonnées dans les hotspots et le CPR en Italie avaient organisé une manifestation pour éviter leur expulsion et demander leur libération.

Texte intégral en Italien sur https://hurriya.noblogs.org/