Extrait de A Corps Perdu N°2 

Janvier 2010

Si la nécessaire solidarité avec des individus auxquels nous unissent des liens d’affinités en ce que nous partageons la lutte contre ce monde est évidente, il est plus complexe d’intervenir par rapport à des actes qui nous paraissent intéressants, mais dont nous ignorons ce qui les motive. Une des bases de la solidarité pourrait alors être de porter réellement la lutte contre toutes les prisons, à commencer par la nôtre, et contre le monde qui les produit. Car lutter pour détruire tous les enfermements est plus que jamais d’actualité. En plus des perspectives pratiques que cela ouvre, se battre contre la domestication des corps et des esprits et les cages qui nous sont imposées de toutes parts peut permettre de dépasser les fausses séparations intérieur/extérieur en faisant le lien entre les divers enfermements, mais aussi de mieux creuser les différences qui, elles, sont bien réelles : entre ce qui conforte et renforce la domination et l’ordre existant, et ce qui va au contraire dans le sens de plus de liberté pour toutes et tous.