
Mutinerie des Baumettes -1983

Mutinerie des Baumettes -1983
Elles disent, ces crapules, « qu’on peut juger une société à l’état de ses prisons. »…
Nous rétorquons « une société qui a besoin d’enfermer est elle-même une prison ».
La construction de trente trois prisons (officiellement 16 000 places) a été annoncée fin octobre 2016. Dans le Sud-Est cela représente huit taules (1). Si tout se passe selon les plans du pouvoir, une maison d’arrêt et un quartier de préparation à la sortie viendront compléter le maillage déjà dense à Marseille : maison d’arrêt des Baumettes, centre de rétention du Canet, Établissement Pénitentiaire pour Mineur-es de la Valentine, UHSI (hôpital prison) et futur UHSA (hôpital psychiatrique-prison) ; cela sans compter le restant des hôpitaux psychiatriques. La justice enferme plus, et plus longtemps : 69 000 personnes se trouvent derrière les barreaux contre 47 000 en 2001 (2). Le ministre ose affirmer que les nouvelles prisons permettront « l’augmentation de l’encellulement individuel » et « l’amélioration des conditions de détention ». Les taules qui débordent aujourd’hui ont été construites avec les mêmes arguments. Au delà de leurs mensonges et autres discours « humanistes », c’est l’existence de prisons qui est insupportable. Le fait que des individu-es soient parqué-es, contraint-es par des tonnes de béton et des salopards d’uniformes, privé-es d’air et de lumière, de chaleur et de tendresse (…) en dit long sur cette société : une prison à ciel ouvert. Je ne veux pas minimiser les différences entre « dedans » et « dehors », mais simplement dire qu’il n’y a pas de liberté possible à l’ombre d’une prison. Du mitard au bracelet électronique, du « sursis » aux travaux d’intérêts généraux, des jours-amendes au contrôle judiciaire, des cours de promenade aux murs de la ville (…) c’est le règne de la carotte et du bâton : y a toujours un degré d’enfermement plus strict pour foutre la trouille, ou quelque chose à espérer pour celles et ceux qui « jouent le jeu». Et si on lui sciait les barreaux, à l’échelle de peine misérable qui voudrait forcer chacun-e à se contenter en permanence du « moins pire » ?
L’État construit de nouvelles cages. Le « bien-être » des prisonnier-es n’a rien à voir là-dedans. Il tente d’enfermer de manière plus « sécurisée » (automatisation et vidéosurveillance à tous les étages, diminution des contacts entre détenu-es…) afin de limiter les incidents, mutineries, évasions (…) qui traversent les zonz’ en permanence. Cerise sur ce gâteau moisi: une base pour l’ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) est en projet à Aix-Luynes. Dans une période toujours plus instable, les dirigeant-es étendent et perfectionnent l’ensemble de leur arsenal répressif (prolifération d’ uniformes toujours plus matossés, lois sur la « légitime défense »…). Ils se donnent ainsi les moyens d’imposer des réformes impopulaires, la remise en cause ou la disparition du « modèle social », des énièmes restructurations du capitalisme aux millions de personnes qui rament déjà pour bouffer. Leurs buts sont clairs : garder le monopole de la violence ; serrer la vis aux révoltée-s et galérien-nes qui seraient tenté-es de se servir directement dans l’étalage des richesses ; forcer l’ensemble des indésirables à respecter la loi et la propriété (foutus piliers de ce monde de domination et d’exploitation)…
Pour maintenir leur pouvoir sur nos vies, ces charognes comptent sur la force brute, l’adhésion et la collaboration d’une partie de la population mais aussi sur la résignation et l’apathie générale. Comme si les rapports autoritaires étaient inévitables et que la démocratie et le capitalisme représentaient les seuls horizons ! Pourtant, dès qu’on cesse de l’analyser à partir du discours des médias ou des mots de l’État, cette période n’a plus l’air si uniforme. Malgré la présence de sales relents réactionnaires (patriotisme, religion…), la militarisation et la rareté d’imaginaires subversifs, offensive et fils de luttes autonomes (3) n’ont jamais cessé d’exister. L’ année dernière a été riche de ces étincelles, de moments où le ronronnement démocratique a semblé quelque peu ébranlé (bordel contre la « loi travail», explosions de colères liées au viol de Théo par les flics, mutineries, attaques individuelles et collectives qui sont venues perturber la mascarade électorale…). Ces éclats de révolte ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Que tenter alors pour provoquer, multiplier et donner du souffle à ces moments où la normalité se craquelle, afin que leurs contenus s’étoffent pour aller bien au-delà d’une catégorie de la population, de la contestation d’une réforme (loi) particulière ou d’une infrastructure de la domination, pour tenter de remettre en cause l’ensemble de ce monde de merde ?
L’État veut toujours plus de taules… Les communiquant-es qui nous les présentent comme inéluctables « oublient » souvent de préciser qu’il faut dix ans pour ériger une prison sur un nouveau terrain. Il peut s’en passer des choses, dans un tel laps de temps ! À ce qu’on sait l’emplacement de la future maison d’arrêt marseillaise n’a pas encore été trouvé. C’est une des phases délicates pour l’APIJ (agence pour l’immobilier de la justice) forcée de se « planquer » pour éviter le rejet de la population, souvent justifié par des arguments dégueulasses. (Même les ardent-es défenseur-euse-s de la prison ont rarement envie de vivre à côté.) Nul besoin d’être couillu (4), expert-e ès sabotage, fort-e, tête brûlée, jeune et/ou valide pour signifier dès maintenant l’hostilité qu’elles méritent à ces ordures. Qui sait ce qui pourrait advenir si l’existence de la prison débordait les murs, si les (futur-es) uniformes étaient sûr-es de se faire emboucaner, si les entreprises qui participent à ces projets infâmes étaient identifiées et attaquées en tant que telles (5)?
Le sens de toutes ces tentatives, petites et grandes, ne dépend pas uniquement de leur résultat. En reprenant de la prise sur ce qui nous entoure, en faisant résonner nos idées et manières de lutter nous expérimentons des relations réciproques, basées sur le partage d’idées et de perspectives, et nous sentons palpiter nos existences, notre goût de vivre et rêves de liberté…
https://dupainsurlaplanche.noblogs.org
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Notes:
(1) 6 nouvelles maisons d’arrêt seraient implantés à Marseille, Toulon, Grasse, Nice, Avignon, Ajaccio, et deux quartiers de préparation à la sortie (QPS) à Marseille et Nice
(2 ) Sans compter les nombreuses peines dites « alternatives » (bracelets électroniques, semi-libertés, contrôle judiciaire, TIG etc).
(3) des partis, des syndicats, des médias… voir encadré machine à expulser!
(4) Contrairement à bien des idées reçues l’habileté, la perspicacité, l’hardiesse, la force ou la colère n’ont rien à voir avec la forme de nos organes génitaux. Une spéciale dédicace à tous-te-s celles et ceux qui se révoltent et ne correspondront jamais au cliché du gros guerrier viril (et accessoirement hétéro).
(5) À Orgères (Bretagne), des tags hostiles sont venus décorer la mairie, la veille du conseil municipal qui devait statuer sur l’attribution d’un terrain à l’APIJ. [Impossible de savoir si cela a eu un impact, mais l’implantation de la taule a été refusée.]
Quand l’AP rime avec l’HP
Ecrit aux Baumettes.
Émission du 27 avril 2015 – Témoignages de prisonniers et prisonnières en lutte
Autre thème : Fou & furieux
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Chloé au micro de l’Envolée
Incarcérée dans une prison pour hommes, Chloé a mené un combat acharné contre l’administration pénitentiaire et les médecins pour changer de sexe. Sortie de taule après 16 années d’enfermement, elle témoigne au micro de l’émission l’Envolée, en avril 2014.
Émission du 27 avril 2015 – Témoignages de prisonniers et prisonnières en lutte
Autre thème : sexe et genre
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Voici 3 lettres écrites depuis la taule des femmes de Rennes pendant ce mois de janvier 2018, qui viennent parler de la situation actuelle à l’intérieur (avant et pendant la grève des maton.ne.s).
Dans cette période où les maton.ne.s (et leurs syndicats) prennent toute la place avec leurs discours réacs et sécuritaires, dans la rue comme dans les médias (qui relaient allègrement leur vomi), on voulait rendre visible ces lettres de Maïté et Marina, enfermées au Centre Pénitentiaire pour Femmes.
On publie ces lettres, parce qu’au delà de ce contexte particulièrement dégueu, on voit toujours du sens à briser le silence, à exprimer notre rage et notre solidarité directe, avec les moyens qui nous semblent pertinents et par l’auto-organisation, pour la destruction de toutes les prisons et du monde qui en a besoin.
En parallèle, et parmi d’autres réactions un peu partout en france, le 25 janvier, 76 détenus de la taule pour hommes de Vezin refusaient de retourner en cellules. Les grilles des cours ont été forcées et deux débuts de feux ont été déclenchés.
Vive la révolte ! Liberté pour tou-te-s !
Lundi dernier, on apprenait via un article du Parisien que des Roms occupaient un pavillon abandonné dans le quartier résidentiel de la Lutèce, à Garges-lès-Gonesse. Jusque là, rien d’extraordinaire puisqu’il est à la fois relativement fréquent et entièrement logique que des gens sans logement s’organisent pour en trouver un, y compris bien entendu s’ils n’ont pas suffisamment d’argent pour payer un loyer ou pour devenir propriétaires. Le logement est un besoin vital, faut-il le rappeler ?
Rappelons aussi qu’il y a en France beaucoup plus de logements vides que de personnes sans abri. Il serait donc logique que toutes ces personnes qui survivent dehors, sans toit, puissent toutes trouver refuge dans ces bâtiments vides. Pourtant, on est loin, très loin, d’en arriver là. Ha, la bonne blague du pays des Droits de l’Homme…
Nous sommes donc à Garges-lès-Gonesse, dans le Val d’Oise. Des Roms occupent une maison depuis fin novembre 2017, et suite au passage de la police début décembre ils ont pu prouver qu’ils vivaient effectivement sur place. À ce stade-là, si le propriétaire voulait « récupérer » sa maison, qu’il avait laissée à l’abandon depuis plusieurs années (dixit le propriétaire lui-même, cité par Le Parisien), il est normalement nécessaire de lancer une procédure judiciaire auprès du tribunal d’instance. Et le propriétaire, un certain Youcef, prévenu par les flics depuis début décembre, ne s’est « réveillé » que fin janvier pour se soucier enfin de « sa maison ».
Mais l’article du Parisien, populiste à souhait, va l’aider à récupérer son bien plus rapidement que par les voies légales, grâce à un buzz médiatique laissant entendre, non pas qu’il a vu une de ses propriétés abandonnées être squattées, mais qu’on a squatté son domicile principal en son absence ! Une manipulation médiatique bien connue, qui a déjà montré son efficacité par le passé… L’article du Parisien commence par une citation alarmiste du propriétaire : « C’est ma maison. Enfin, ça l’était. » Sauf que le propriétaire, on l’a compris, ne vivait pas dans cette maison. Et cette maison, légalement, lui appartient toujours. Tout comme quand elle était vide. De même si elle était occupée par des locataires…
[…] Certains estiment que la justice ne sera pas une bonne justice tant qu’elle restera séparée du peuple, ils veulent une justice qui soit l’émanation de la communauté. Nous estimons pour notre part que le jugement ne peut rester qu’individuel ; quand bien même le jugement de plusieurs individus sur tel événement serait unanime, il ne serait pas communautaire et ne saurait être généralisé. Au contraire un jugement qui s’impose comme étant celui de l’ensemble de la communauté a pour particularité de ne plus appartenir à personne.
En disant « nous avons tous les droits », les abolitionnistes abolissent le droit car chacun est pour lui-même son unique référence. S’il y a des actes que nous ne faisons pas, c’est que nous ne voulons pas les faire. C’est tout. Interdire le viol n’offre aucun intérêt pour personne. En revanche, chacun trouvera intéressant de réfléchir aux moyens d’être ni violeur ni violé.[…] Il est aussi aberrant de dire « si tuer était permis, tout le monde tuerait » que de dire « puisque le meurtre est interdit, je ne serais pas tué ». Nous nous sentons en sécurité avec ceux en qui nous avons confiance et aucune loi au monde ne changera cela. Nous ne pouvons présenter de l’intérêt les uns par rapport aux autres que si nous avons un minimum de discernement ; nous avons besoin de repenser les choses à partir de soi.
La définition de la loi est : « Règle impérative imposée à l’homme de l’extérieur. » C’est bien parce qu’elle nous est extérieure que nous refusons toute loi, y compris bien entendu la loi du plus fort : nous nous opposons à la force tant que cette force veut nous contraindre. Inutile donc de revenir sur le fait que la délinquance en tant que telle n’est porteuse d’aucun de nos espoirs; concurrence, machisme, racket, sont des lois que nous combattons, d’autant que la société les considère comme siennes, ne condamnant le criminel, comme l’a très bien montré Thierry Lévy dans son livre le Crime en toute humanité, que parce qu’il n’est pas à la hauteur du crime dont elle se repaît. Il est vrai que pour sa survie, la société ne peut qu’intégrer toute velléité individuelle de passer au travers de ses mailles : de nommer la délinquance, d’enfermer les délinquants, de faire croire par les médias que ce qui est dangereux pour elle est dangereux pour chacun, permet au au système que nous connaissons de détourner à ses fins ce qui n’est souvent au départ que dégout, colère ou lassitude.
[…]
La société cherche donc à socialiser le crime par le procès puis le criminel par la prison. Elle accapare les actes de chacun, car il y a effectivement rivalité entre propriétaires : moi et la communauté à laquelle « j’appartiens ». Sitôt accomplis, nos actes nous échappent ; s’ils sont jugés « asociaux », ils sont punis et cela indépendamment bien sûr de l’idée qu’on pourrait se faire du bien et du mal ; sont enfermés les fous, les insoumis, les prétendus criminels. L’enfermement en prison, en camp, en hôpital n’est que l’aboutissement de cet enfermement hors de soi donc nous souffrons tous.
Nous abolitionnistes, voulons que les individus concernés se réapproprient leurs actes, qu’ils soient ou non appelés crimes. En soi, le crime n’existe pas. S’il existe bien des circonstances douloureuses, des actes horribles qui nous sont infligés, nous ne demandons pas mieux que de chercher à les éviter en réfléchissant seul ou à quelques-uns aux moyens de se garder de toute atteinte à notre intégrité mentale ou physique.
[…]
Nous sommes dépossédés de tout et rendus étrangers à notre propres vie. Nous ne le supportons pas. Le mot « révolution » .a été confisqué par les politiciens […] Ainsi lorsque nous affirmons que nous ne reconnaissons à personne le pouvoir ni de nous juger ni de juger nos actes, nous abolissons réellement ce trop fameux consensus social qui n’est fondé que sur la remise de soi à la communauté. Les hommes n’ont jamais rompu avec cette idée qu’ils devaient renoncer à leur singularité au profit de l’espèce humaine.
[…]
Mouvement abolitionniste (France)
Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (3)
D’autres que nous feront, nous l’espérons, la critique du système des amendes ou du travail forcé « librement consenti ». Nous nous bornons à remarquer qu’il s’agit là de punitions vieilles comme le monde et que leur côté moderne tient uniquement à leur cynisme.
Plus intéressante apparaissent les solutions de remplacement, non à la punition, mais au jugement.
On dit des « négociations » entre victimes et auteurs d’actes délictueux qu’elles étaient à la prison ce que la diplomatie est à la guerre.[…]
Nous refusons tout enfermement. La vie hyper-policée qu’on nous propose où des gens s’arrogeront le droit de comprendre ce qui nous fait agir ressemble trop à l’enfermement du contrôle social tel qu’il existe déjà dans certains pays monstrueusement développés. Les travailleur sociaux, psychologues, médecins qui estiment de leur devoir de raccommoder les trous du tissu communautaire ne le font que par souci de préserver non leur propre bonheur mais la survie des systèmes dont ils ne peuvent être que les équipes d’entretien.
En revanche, nous pouvons parfaitement admettre et souhaiter que chacun puisse compter sur des gens qui s’associeraient à lui pour aider à résoudre une situation conflictuelle, à la seule condition que cette aide soit ponctuelle, singulière, individualisée, et c’est pourquoi nous nous méfions des instance de conciliation qui ne seraient qu’une nouvelle institutionnalisation des rapports. Car nous souffrons tous, par-dessus tout, de ne pouvoir créer des relations qui ne soient pas réduites à des rouages sociaux.
Les conflits ne sont pas appréhendés par ceux qui les vivent mais par des instances dites « objectives » qui, en réalité, font de nous tous des objets.
[…]
De loin, le plus grave danger qui nous guette est la perte totale de notre singularité. Nous abolitionnistes, voulons redire que nous sommes contre l’incarcération, contre tous système pénal parce qu’il y a là-dedans une monstrueuse tromperie : au nom de tous et de chacun, nous sommes jugés innocents ou coupables, nos actes sont digérés dans le social et tout ce que nous sommes n’est pris en compte qu’après cette digestion, là où nous ne sommes lus nous-même mais un élément indéfini du seul tour, le « corps social » chacun étant renvoyé à sa place assignée de membre fonctionnel : assassin, journaliste, femme, bandit, enfant, etc.
[…]
A la question : « Que faire de ceux que la société ne pourra pas récupérer et qu’elle considère donc comme l’ultime degré de son ordure? » nous pensons qu’il n’y a qu’une solution : cesser de vouloir socialiser. Par quoi remplacer la torture? Par quoi remplacer la prison? Par quoi remplacer le jugement? Par rien.
Ces trois questions restent interchangeables parce que toutes supposent qu’il faut casser ce qui ne se plie pas. Nous refusons totalement de nous demander « comment casser? » Le retournement que nous faisons nôtre consiste à se demander « comment ne pas plier? » En ce sen la délinquance nous touche. Elle nous intéresse dans ce qu’elle exprime d’irrécupérable et non dans ses formes qui portent qui portent presque toujours l’empreinte des rapports sociaux normaux les plus épouvantables (sexisme, violence, valorisation du chef, de l’argent, etc.).
[…]
Les individus sont jugés non conformes (coupables) ou conformes (innocents) mais, de toute façon, jugés. Nous disons que si nous acceptons de passer sous la toise, nous nous dépossédons de notre jugement, de notre pensée, de notre être. Le partage tragique entre innocents et coupables, conformes au système ou non conformes, détruit chacun de nous.
[…]
Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (2)
Nous vivons une époque cynique et les choses en sont simplifiées pour ce qui est des prisons. Le temps est passé où l’on imaginait qu’à l’intérieur des murs, le condamné allait « devenir meilleur ». Plus personne n’ose tenir ce discours, et même les professeurs en institution pénitentiaire les plus niais et les journalistes qui s’en font l’écho reconnaissent que si la culture inculquée à quelques très ares détenus leur donne les moyens de mieux exprimer leurs désirs, elle n’en serait que plus profitable, dispensée aux même exceptions, en dehors de la prison.
Aujourd’hui, on dit à voix bien haute que les oubliettes sont des oubliettes, les cages des cages et qu’on a rien à faire de ceux qu’on enferme, l’essentiel étant non de leur faire du bien mais de bannir à l’intérieur des frontières des délinquants. On supprime purement et simplement. C’est pourquoi les courtes peines apparaissent comme ineptes, totalement vides de sens.
Au contraire, les longues peines correspondent parfaitement àla volonté collective de meurtre. Si la peine de mort a disparu dans quelque pays, c’est qu’elle était trop exceptionnelle. Ce n’est pas la mort qui semblait indécente mais tout les chichis qu’on faisait autour d’elle. […]
Ainsi la prison est la mort idéale puisqu’elle élimine en masse ceux que, par la mort physique la société ne pourrait tuer qu’en très petit nombre. Économie d’émotion.
[…]
Ce n’est pas le lieu ici d’analyser comment on en est arrivé à cette aberration, mais le fait est que la prison loupe d’un cheveu sa vocation : la mort qu’elle dispense ne dure que quelques années ou quelques décennies. L’enfermement carcéral va rarement jusqu’au bout de sa logique, ne serait-ce que parce que la société doit bien reconnaitre une échelle des peines qui corresponde à sa propre échelle de valeur. […]
Donc les prisonniers sortent. L’incarcération les aura, au moins, « énervés ». Aucune personne censé ne peut supporter l’idée de vivre avec des gens qu’on a sciemment rendu angoissés, violents en rage. Ainsi la prison non seulement ne protège pas les « braves gens » des malfaiteurs, mais déverse quotidiennement dans la société non incarcérée des délinquants étiquetés comme tels et provoqués comme tels. Il est absolument faux que la prison sécurise qui que ce soit. Le bien-être qui résulte parfois de son existence dans l’esprit de quelques-un ne correspond nullement à un désir de sécurité mais de vengeance. Ce que ceux-là veulent, ce n’est pas la prison mais une punition et c’est pourquoi ils ne s’opposent nullement à l’abolition des prisons pourvu seulement que celles-ci soient remplacées par autre chose de « mieux »
L’opinion publique n’existe pas, elle ne recouvre que les forces de pression dont les médias se font l’écho […]
[…] Nul doute que le questionnement sur le bien-fondé de la prison n’ait en cette dernière décennie, été largement diffusé tant parmi les « spécialistes » (criminologue, sociologue, éducateurs, psychologues) que parmi leur relais habituels (journalistes et politiciens).
[…]
Les réformistes, qu’ils soient mus par la simple rentabilité ou par es raisons dites humanitaires, ont en commun d’être modernes. Le réformisme est ce qui permet à la prison de durer. Rendre la prison plus vivable, signifie la rendre mieux adaptée. Pas mieux adapté aux gens d’ailleurs, mais mieux adaptée à une époque. LA modernisation de la punition ne peut se faire que parce que des âmes charitables et des esprits éclairés se donnent la peine de réfléchir à une façon moderne de punir.
Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (1)
Ces quelques lignes ont été écrites en juillet 2004 par un anarchiste italien. Frappé par la répression comme d’autres compagnons à travers tout le pays, il se trouvait alors incarcéré à la prison de Trento.
C’est au cours de ce séjour qu’il en a profité pour jeter sur le papier ces brèves réflexions, destinées à donner une première réponse à tous ceux qui, inlassablement, finissent par demander « Oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ? ». Elles ont ensuite été publiées dans une feuille de critique sociale du coin, Adesso.
Ni bréviaire du petit anarchiste contemporain comme se plaisent à en imprimer quelques éditeurs (un marché s’est semble-t-il réouvert depuis les émeutes de Gênes en juillet 2001), ni guide à conserver chez soi entre deux auteurs très 19e siècle comme on les aime dans certaines organisations, il s’agit au contraire d’un texte qui, tout en se revendiquant d’une éthique anarchiste, cherche à poser en quelques lignes la vie pour laquelle nous nous battons, « conscient que ce que nous voulons ne peut que “porter la panique à la superficie des choses” ».
Comme des pierres jetées sur l’eau et dont les cercles s’agrandiraient à l’infini.
Traduit de l’italien.
Adesso, feuille de critique sociale – Rovereto, 6 septembre 2004, numéro 19.
Ce numéro d’Adesso sera différent des autres. Nous tenterons de répondre à une question qui nous est souvent posée : “oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ?”. Certains s’étonneront peut-être du choix d’un sujet aussi général en cette période où la répression s’échauffe, avec les dernières incarcérations d’anarchistes à Trento et dans le reste de l’Italie. Les choses à dire sur tout cela ne manquent certes pas, et nous les dirons au plus vite. Désormais, même les aveugles devraient se rendre compte que le pouvoir frappe de façon toujours plus ouverte toute forme de dissensus. Cependant, la répression ne doit pas nous couper le souffle en nous forçant à ne suivre que ses temporalités. Le rôle des éternels Cassandre ne nous plaît pas. C’est peut-être pour cela que nous avons senti l’exigence -pourquoi maintenant ?, ce n’est pas facile à dire- d’écrire quelques lignes sur la vie pour laquelle nous nous battons, au-delà des luttes et des épisodes particuliers, et en dépit des policiers, des procureurs, des journalistes et des matons. Les problèmes que nous soulevons -comme par exemple celui d’une société sans prison- seront pour ainsi dire à peine effleurés. Il nous faudrait pour cela bien autre chose qu’un numéro d’Adesso. Nous avons pourtant envie d’essayer, même dans les limites étroites de notre feuille de critique sociale. Mais d’où partir ?

L’homme est esclave pour autant qu’entre l’action et son effet, entre l’effort et l’oeuvre, se trouve placée l’intervention de volontés étrangères. […]
Différence entre l’esclave et le citoyen (Montesquieu, Rousseau…) : l’esclave est soumis à son maitre le citoyen aux lois […]
Celui qui est soumis à l’arbitraire est suspendu au fil du temps ; il attend (la situation la plus humiliante…) ce qu’apportera l’instant suivant. Il ne dispose pas de ses instants ; le présent n’est plus pour lui un levier pesant sur l’avenir.
Se trouver en face des choses libère l’esprit. Se trouver en face des hommes avilit, si l’on dépend d’eux, et cela soit que cette dépendance ait la forme de soumission, soit qu’elle ait la forme du commandement. […]
A partir d’un secret degré d’oppression, les puissants arrivent nécessairement à se faire adorer de leurs esclaves. Car la pensée d’être absolument contraint, jouet d’un autre être, est insoutenable pour l’être humain. Car la pensée d’être absolument contraint, jouet d’un autre être, est insoutenable pour un être humain. Dès lors, si tous les moyens d’échapper à la contrainte lui sont ravis, il ne lui reste plus d’autre ressource que de se persuader que les choses même auxquelles on le contraint, il les accomplit volontairement, autrement dit, de substituer le dévouement à l’obéissance. Et même il s’efforcera parfois de faire plus que ce qu’on lui impose, et en souffrira moins, par le même phénomène qui fait que les enfants supportent en riant, quand ils jouent, des douleurs physiques qui les accableraient si elles étaient infligées comme punition. […] Le seul salut consiste à remplacer l’idée insupportable de la contrainte, non plus par l’illusion du dévouement, mais par la notion de la nécessité.
Au contraire la révolte, si elle ne passe pas immédiatement dans des actes précis et efficaces, se change toujours en son contraire, à cause de l’humiliation produite par le sentiment d’impuissance radicale qui en résulte. Autrement dit, le principal appui de l’oppresseur réside précisément dans la révolte impuissante de l’opprimé.
La lettre sociale – Simone Weil
Simone Weil
Suite à son passage en commission disciplinaire, communiqué du collectif de soutien à Alfidel, emprisonné à Fresnes pour une tentative de squat
Depuis plus d’une semaine, la grève des matons dans la majorité des prisons françaises a des répercussions très fortes pour les personnes détenues et sur ce qu’elles subissent à l’intérieur : distribution aléatoire des repas, annulation des parloirs, suppression ou raccourcissement des promenades… Tout est réuni pour que cette situation se dégrade encore plus, ce qui permettra à l’administration pénitentiaire d’augmenter encore d’un cran le niveau de répression.
Dans ce contexte, Alfidel, condamné en première instance pour tentative de cambriolage alors qu’il tentait d’ouvrir un squat parce qu’il était sans logement, est passé en commission disciplinaire le lundi 22 janvier pour tentative d’évasion. Il a pris vingt jours de mitard.
Qu’il l’ait fait ou non, nous continuerons à le soutenir ! C’est l’enfermement que nous condamnons, pas les personnes qui souhaitent y échapper.
Ouvrons des maisons, pas des prisons !
Le collectif de soutien à Alfidel.
Pour lui écrire et le soutenir pendant cette période :
Alfidel Abakar
numéro d’écrou 995197
QD 009
Centre pénitentiaire de Fresnes
allée des Thuyas
94261 Fresnes CEDEX
La prison pour personne
Y’a beaucoup de maisons vides à Montreuil. Beaucoup de spéculateurs, d’héritages en indivision, de maisons juste abandonnées ou attendant le nouveau métro. Beaucoup de grues aussi, des algecos vendant le bonheur à deux pas du périph’, en mode éco-responsable, bio-coopératif, citoyen-vigilant.
Y’a des riches à Montreuil, un peu comme partout.
Y’a des bourgeois de gôche, qui hésitent entre Brard, Bessac et Voynet, économie solidaire et monnaies alternatives, eux sont nombreux, ou bruyants.
Puis y’a les flics, braves défenseurs de l’ordre et de la propriété, bras armé de la justice et de l’État, qui contrôlent qui est trop basané à leur goût, qui sont appelés par quelque citoyen trop content de signaler une invasion de squatteuses, un fraudeur à la CAF, ou une énervée boutant le feu à un bétonneur, constructeur de palais de justice, de taules ou de HLM.
Et y’a les juges, qui du haut de leur prétoire détruisent des vies, punissent pour asseoir l’autorité, prêchent la loi de la république et disposent de la liberté de chaque individu pris dans les mailles de leur filet, leur demandant rédemption contre pardon, si la fiche de paye suit.
Et y’a les journalistes, qui se jouent de nos vécus et avec notre liberté pour avoir le bon scoop, la bonne photo. Qui construisent un ennemi, préparent la répression et nourrissent les accusations par leurs formules : utra-gauche, jeunes-de-banlieue, casseurs.
Et y’a cette société qui fonce droit dans le mur, à une vitesse exponentielle. Qui tue aux frontières, enferme une part croissante de la population, produit aveuglément, enterre des déchets radioactifs pour les millénaires à venir, nous dépossède de nos relations par la technologie, tente de surveiller les faits et gestes de chaque individu habitant le monde, bombarde et enrôle pour le dieu pétrole, démocratie, ou pour un au-delà moins pire qu’ici.
Et il y a des pauvres, des révoltées. Des gens qui, par choix et par nécessité, ne payent pas de loyer, occupent les maisons vides, volent dans les magasins, cambriolent les riches, arnaquent les assurances, attaquent les agences immobilières, braquent des banques, brûlent ou détruisent les outils des exploiteurs.
Et du coup, c’est l’histoire de gens, qui s’organisent pour ouvrir une maison où vivre sans avoir à s’échiner pour un patron, pour avoir un espace où se loger, où recevoir les copines de toute la France, et de plus loin encore. De celles et ceux qui s’organisent sans médiation, sans quémander, mais en prenant, en créant, en s’opposant, en détruisant. En faisant fi des règles qui régissent ce monde, des rapports de pouvoir, de genre, d’argent.
Bref, une patrouille les contrôle, après avoir été dénoncées par un voisin pour avoir rôdé dans le quartier dans le 93, et autour d’une maison vide alors que l’alarme venait de sonner dans le 94. Seulement le squat n’est pas un délit, et la violation de domicile, il faut la prouver et ça ne paye pas assez : alors, pourquoi ne pas les accuser de tentative de vol ? Ils les connaissent ces squatteurs/ses, et vu leur profil, il peuvent essayer de les envoyer au trou pendant quelque temps. La justice en bonne caisse enregistreuse des constructions policières, n’y verra aucun souci.
Ainsi, la personne du 94 a pris un an ferme en comparution immédiate au tribunal de Créteil fin octobre et trois personnes ont fait une semaine de détention provisoire dans l’attente de leur procès le 7 décembre 2017 au tribunal de Bobigny. Toutes sont accusées de tentative de vol par effraction.
Mais en fait, dans ces deux histoires, que leurs noms soient faux ou au contraire connus des « services », que ce soit pour un cambriolage, pour une visite de maison vide ou une balade entre copines, que leurs papiers soient en règle ou pas, qu’il ou elles soient coupables ou innocent-e-s, que ce soit à Montreuil ou à l’autre bout du monde…
La liberté ne se trouve pas dans la sécurité apportée par un titre de propriété, le bon papier d’identité, une position de pouvoir, des flics-citoyens à tous les coins de rue,
ou à un regard fuyant face aux différentes dominations se déroulant devant nous.
Au contraire, nous essayons de découvrir ce qu’est la liberté, en opposant la solidarité et l’entraide à la délation, à la résignation et à la passivité ; en attaquant les infrastructures du pouvoir pour détruire les murs qui sont dressés entre nous.
Solidarité !
Liberté pour toutes et tous !
Source : Indy Nantes
franceculture

Afin de contraindre près de 40.000 immigrés africains en situation irrégulière à quitter le pays volontairement ou être placés en détention, le gouvernement israélien entend recruter parmi les citoyens des inspecteurs de l’immigration.

L’opération avait pour but de « nettoyer » le camps à proximité du lieu de distribution afin d’éviter tout « point de fixation ». Une cinquantaine de policiers et de CRS étaient présents pour cette « opération ».
Une personne s’est pris un lacrymo en pleine face, elle a eu le nez enfoncé dans la boite craniène et risque de perdre un oeil.
dehttp://www.lavoixdunord.fr/305569/article/2018-01-26/calais-la-situation-n-jamais-ete-aussi-tendue

Hier, 23 janvier, sur certains médias a été publié une brève information sur un incendie survenu dans l’un des blocs de détention du CPR (CRA, ndT) de Bari-Palese.
Apparemment, certains matelas ont été brûlés et les pompiers sont intervenus. Ils n’y auarit pas de blessés. Le CPR de Bari-Palese a été réouvert le 13 novembre 2017, après une restructuration d’un an et de huit mois, suite aux dommages causés à la structure par les révoltes de février 2016.
Malgré des améliorations continues pour rendre les lagers modernes de plus en plus efficaces, la lutte des personnes solitaires ne s’arrête pas.
Source : https://hurriya.noblogs.org
Une nouvelle publication, Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale, vient de sortir.Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 12 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog : avisdetempetes.noblogs.org
« Recommencer, toujours. C’est le sort, qui peut sembler quelque peu tragique, de tous ceux qui sont en guerre contre ce monde d’horreurs infinies. En cours de route, certains tombent sous les coups, d’autres ne résistent pas aux sirènes qui appellent à se résigner et à rentrer dans les rangs, voire retournent carrément leur veste. Les autres, celles et ceux qui persistent se battre entre hauts et bas, doivent à chaque fois retrouver force et détermination pour recommencer. Pourtant, à bien à y réfléchir, la tragédie n’est pas de recommencer, de repartir de zéro, mais d’abandonner et de se trahir soi-même.La conscience, toujours individuelle, peut être un fardeau lourd à porter, et devient cruelle quand on l’a trahie sans disposer de suffisamment d’anesthésiants. Car ce monde n’en manque pas, et les distille même à volonté. Une petite carrière alternative à son propre compte, des dimanches pour aller s’émerveiller dans un parc naturel, un projet humanitaire ou culturel, voire des drogues carrément plus dures : écrans en tout genre, réalités et socialités virtuelles, abrutissement total. Non, un tel sort nous effraie bien plus que toutes les souffrances, que toutes les peines liées à l’échec de détruire l’autorité… »
Depuis plus d’une semaine une grève dure des matons touche une grosse partie des prisons françaises. Dans l’après-midi du mardi 23 janvier, à différents endroits de Toulouse, pendant quelques moments, la circulation a été perturbé avec le déploiement d’une banderole et une distribution de tracts dont le texte est reproduit ici.
Quelques instants, c’est pas grand-chose par rapport à celles et ceux qui sont bloquées 24h sur 24 et qui depuis une semaine subissent des conditions encore plus dures. Par rapport à ces personnes qui sont cloisonnées à à peine 25 km d’ici et partout en France. Pas grand-chose face à la réalité des prisonnier.e.s
Depuis une semaine, à la télé, à la radio ou dans la presse, on n’entend plus que les matons se plaindre de leurs conditions. À les écouter, les prisons seraient aux mains des détenu.e.s qui n’en feraient qu’à leurs têtes et ils risqueraient leurs vies chaque jour.
Jamais ils ne disent (et pour cause !) que ce sont eux qui ont le tout pouvoir au sein des taules, que ce sont eux qui mènent la danse et font filer droit, que le règlement et leur hiérarchie leur donnent toujours raison. Jamais ils ne parlent de ça, ni des sanctions disciplinaires, du mitard, des brimades et des 1001 humiliations de l’enfermement… Non ! Ils pleurnichent et se fâchent tout rouge même, car voyez-vous, ils voudraient « pouvoir travailler dans de bonnes conditions ». Alors, ils demandent « plus de moyens », « plus de personnels », et « plus de sécurité » histoire de s’assurer d’avoir le monopole de la violence en prison et de pouvoir exercer leur sale besogne sans être contestés. Mais la répression ne parvient pas toujours à casser l’esprit de révolte.
Que ce soit clair, nous ne sommes pas contre les grèves ou autres formes de contestations ! Au contraire, nous pensons même qu’elles sont nécessaires pour se débarrasser de ce monde qui nous tient par le fric et nous montent les unes contre les autres au nom d’une origine, d’une couleur de peau ou de l’appartenance à un sexe.
Mais là, pour tout vous dire, on s’en fout de leurs condtions de travail. La prison est une abomination qui sert à maintenir les pribilèges des riches et la morale dominante. Les matons, en exerçant la répression, se sont mis de son côté. Il n’y a pas de solidarité possible avec ceux qui écrasent les autres pour s’en sortir.
Pour les détenu.e.s et leurs proches, ces grèves sont une galère sans nom. Souvent les blocages menés par les matons impliquent la suppression des parloirs, des promenades (2 x 1h par jour), des activités, mais aussi dans certains cas des douches et des repas chauds !
Face à cela, des grognes et des rébellions commencent à éclater dans les prisons. De ce que laisse percer la presse, ce sont les prisonniers de Maubeuge qui ont eu la bonne idée d’ouvrir le bal. Samedi une bonne vingtaine de taulards refusent de rentrer de promenade tandis qu’au même moment les serrures de 70 cellules sont bouchées avec les moyens du bord et empêchent le retour en cellules. Dimanche, rebelote à Maubeuge où une cinquantaine de détenus refusent de rentrer de promenade, savonnent le sol pour rendre difficile les interventions de délogement et s’adonnent à un peu de casse. À Séquedin, ce sont 160 prisonniers qui refusent de rentrer en cellules, suivis de près (120 détenus) par Fleury.
Ne les laissons pas seul.e.s
Pour un monde sans prison !
Repris de IAATA
samedi 27 janvier 2018
Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prison bloquent les entrées des maisons d’arrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury-Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venues de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les aménagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion ».
Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste. Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général.
Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade, un passage à tabac et un retard en cellule : une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont présenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.
Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé. Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’ERIS, armés, cagoulés et près à intervenir étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance.
Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des ERIS.
À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flamme comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.
À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État. Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État.
Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficile, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.
Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soi-disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une précarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.
Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.
Liberté pour toutes et tous.
Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.
mardi 23 janvier 2018
[Ce texte a été diffusé lors d’une manif à Ouistreham le samedi 20 janvier. Depuis plusieurs années, de plus en plus de migrants et migrantes sont à la rue du côté de Caen. Certains et certaines cherchent à y demander l’asile, la plupart tentent de rejoindre l’Angleterre par le port de Ouistreham. En ce moment, au moins sept squats sont ouverts, et environ 200 soudanais font la navette entre Caen et Ouistreham, où ils sont harcelés par les flics, dorment dehors dans un bois dans lequel chaque petit abri est systématiquement détruit. Nous sommes plusieurs à avoir participé à l’AG contre toutes les expulsions, qui ouvre de nombreux squats d’hébergement depuis 2013, avant de l’avoir quitté suite à des divergences (dimension de plus en plus gestionnaire). Aujourd’hui, c’est aussi sa logique de composition avec la gauche que nous critiquons, y compris avec des partis ayant participé à des gouvernements reconduisant massivement aux frontières comme EELV. Une discussion sur ce sujet est organisée à Caen à la Pétroleuse mercredi 31 janvier à 18h.]
« Je veux partout, dès la première minute, un traitement administratif qui permette de déterminer si on peut aller vers une demande d’asile ou non ».
Emmanuel Macron, Orléans, juillet 2017.
« Ce que nous voulons c’est un centre d’accueil. Ça s’appelle CAO, centre de répit, comme on veut… on ne peut pas faire en sorte qu’à partir du moment où ils ont préenregistré une demande, on ne soit pas en capacité de leur permettre d’aller au bout d’une démarche ».
Un avocat proche de Roya Citoyenne à Nice matin, juin 2017. Traduction : nous voulons des taules où parquer les migrants et migrantes et favoriser le fichage.
Nous savons qu’il y a des situations d’urgence et de simples conditions de survie à essayer d’améliorer, particulièrement en ce moment, et qu’il est bien difficile de lutter ensemble, avec ou sans papiers, tant nous ne vivons pas la même chose. En outre, une bonne partie des migrants et migrantes aspirent à partir le plus vite possible d’ici pour rejoindre l’Angleterre. Il est donc difficile de créer des bases de lutte commune.
Il est toutefois impossible pour nous de nous contenter d’en rester là. Un toit, des fringues, et même de potentiels papiers, sont déjà beaucoup, mais ne résoudront jamais les causes de cette situation. C’est pourquoi nous comptons participer à cette lutte en mettant en cause l’existence même des frontières et des Etats. Il n’y aura jamais de liberté de circulation, si ce n’est pour les riches, tant qu’ils existeront.
En outre, la condition qui est faite aux jugés indésirables par les gens au pouvoir et leurs complices sert d’abord à maintenir un ordre existant merdique, et annonce les modes de gestion et de répression de tout pas de côté et de toute révolte. Les indésirables, toujours plus nombreux et nombreuses dans le monde d’aujourd’hui, sont les cobayes de la répression et de l’administration de nos vies sacrifiées au nom du fric et d’un progrès qui nous mène au désastre. Si une lutte a ses spécificités, elle ne peut pas être séparée tant la domination est partout et se renforce. Les flics et les juges répriment et enferment, les politicards (de gauche comme de droite) décident à la place des gens, les médias mentent et justifient l’injustifiable, les patrons exploitent et profitent. Europe Ecologie Les Verts, dont une sénatrice a été invitée à visiter un squat caennais de migrants et migrantes, a par exemple participé à des gouvernements qui se vantaient de faire mieux que la droite en termes de reconduites à la frontière. Qu’aurions-nous à faire avec ce genre de personnes dans cette lutte ? C’est bien pour cela que toute lutte doit être autonome des organisations politiques et syndicales.

Sirventès de la responsabilité
Sachant que les conditions carcérales
Sont horribles et inhumaines
Sachant que les prisons sont créées
Pour punir et faire souffrir
Pour causer anxiété isolation
Solitude et désespoir
Qui est responsable de sa mort?

Ayant eu l’occasion de faire connaissance avec deux prisons en France et quelques-unes en Russie ; ayant été amené par diverses circonstances de ma vie à revenir, à plusieurs reprises, sur l’étude des questions pénitentiaires, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de venir dire au grand jour ce que sont les prisons, de relater mes observations et d’exposer les réflexions suggérées par ces observations.
Et d’abord, en quoi consiste le régime des prisons françaises ?
Vous savez qu’il y trois grandes catégories de prisons : la prison départementale, la maison centrale et la Nouvelle-Calédonie.
Pour la Nouvelle-Calédonie, les renseignements qui nous parviennent de ces îles éloignées sont si contradictoires et si fragmentaires qu’il est impossible de se faire une juste idée de ce que c’est que le régime des travaux forcés de la Nouvelle-Calédonie.
Pour les prisons départementales, celle que nous avons appris à connaître à Lyon est dans un tel état que moins on en parlera, mieux cela vaudra. J’ai raconté ailleurs en quel état nous l’avons trouvée et l’influence funeste qu’elle exerce sur les enfants qui y sont enfermés. Ces êtres malheureux sont condamnés, à la suite du régime auquel ils sont soumis, à traîner toute leur vie de prison en prison, et à mourir dans une île du Pacifique.
Je ne m’arrête donc pas sur la prison départementale de Lyon et je passe à la maison centrale de Clairvaux, d’autant plus qu’avec la prison militaire de Brest, c’est la meilleure prison de France et — autant qu’on peut en juger par ce que l’on sait sur d’autres pays, — une des meilleures d’Europe. Voyons ce que c’est qu’une des meilleures prisons modernes, — nous pourrons mieux juger les autres. Nous l’avons vue aussi dans les meilleures conditions. Quelques temps avant notre arrivée, un détenu avait été tué dans sa cellule par les gardiens, avec leurs clés ; après quoi toute l’administration avait été changée ; et je dois dire franchement que la nouvelle administration n’avait nullement ce caractère que l’on rencontre dans tant d’autres prisons — celui de chercher à rendre la vie du détenu la plus dure possible. C’est aussi la seule prison en France qui n’ait pas eu son émeute, lors des émeutes de l’année 1885.
…
Curieuse rencontre lors de la manifestation [déclarée] contre les violences policières suivie de son cortège au parcours plus libre [non autorisé]. Au départ du lycée Bergson 75019, le 18 janvier 2018 à 18h.
La manifestation au départ du Lycée Bergson, après avoir parcouru un peu plus de la moitié du parcours imposé par la préfecture, arrivait place du Colonel Fabien lorsque la majorité du cortège partait en heureuse sauvage se détachant des camarades et de fait du parcours imposé.
Cortège rapide et sautillant – crépitant même, si on l’indexe au rythme des explosions de ce feu d’artifice lancé une fois la sauvage engagée signifiant au ciel des désirs de révolution genre 14 juillet Boum, Paf, Krouf, Paf-Paf – quand justement cette nuit tombée d’hiver humide, par les belles lumières sises sur les bords de tous les véhicules embouteillés empêchaient les compagnies de CRS en nombre – au moins quatre compagnies,- de poursuivre ou même d’approcher les grappes déters des camarades partis manifester contre les violences d’État, capital et de police mêlée.
Mais curieusement les escouades de flics pourtant bien handicapées par la lourdeur, la non-fluidité de leurs « forces » se montraient particulièrement bien renseignées sur le parcours maintenant que nous leur imposions – élégant retour de bâton, même si improvisé.
Du Quai de Valmy jusqu’à ce que l’on décide d’une dispersion à Ménilmontant, les flics étaient là, vraiment en nombre – une vingtaine de cars de CRS, mais toutefois distants et statiques, il n’y eu aucune arrestation.
Encore un étrange scénario, si ce n’est qu’à la lecture du fameux rapport du Défenseur de Droits on y apprend que les CRS et autres EGM doivent essayer de garder le plus possible leurs distances d’avec les manifestants.
Ce que le rapport omet de citer c’est l’emploi de drone(s).
Il y eut au moins un drone survolant toute la manif de manière fort discrète, furtive. Il ne fut repéré justement qu’au moment du lancé des feux d’artifices, envoyant les regards bien en l’air.
Où l’esprit du 14 juillet explosant en plein janvier a du bon. Il faudra s’en souvenir !
Ce n’est pas nouveau, on se rappelle du drone le 28 avril 2016 planant au-dessus de la grosse manif, mais depuis on en avait pas revu – pas ici. Et pas sur des départs en sauvages. Il est probable qu’un drone fut aussi employé lors de la manif sauvage elle aussi, partie de Rambuteau jusqu’à la rue de Rivoli le 17 janvier dernier : Fête de la libération de la zad
Qu’un beau feu d’artifice puisse descendre un drone cela pourrait être une prochaine expérimentation à prévoir.
Source : Paris Lutte
A propos du 14 juillet :
https://fr.theanarchistlibrary.org/library/zo-d-axa-14-juillet-sanglant
https://www.francebleu.Besançon
Dix jours après le début du mouvement social, les gardiens pénitentiaires continuent de bloquer les entrées des établissements. En Franche-Comté, plusieurs maisons d’arrêt sont concernées. Les familles de détenus se sentent prises en otage. Témoignage.
La situation s’est encore dégradée en ce début de semaine. Les CRS ont suspendu, quelques heures, le blocus des gardiens pénitentiaires, ce mardi, à Besançon. Ils sont venus ravitailler l’établissement en nourriture et en médicament. Un déblocage très temporaire. Depuis plus d’une semaine, il n’y a plus aucun surveillant à l’intérieur. Des policiers et gendarmes ont été mobilisés pour assurer la surveillance des détenus et la distribution des repas. De leur côté, les familles et proches de détenus se sentent pris en otage. Ils n’ont aucune nouvelle de leur conjoint, père, fils, ami.
Le Parisien / lundi 22 janvier 2018
Depuis l’ouverture d’une nouvelle unité début décembre, 26 retenus administratifs se sont évadés.
La passoire. Voilà comment est surnommée en toute simplicité la nouvelle unité du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, située dans le bois du même nom. Selon nos informations, 26 retenus s’en sont échappés depuis son ouverture le 6 décembre. Il y a quelques jours, la Préfecture de police l’a du reste fermée. Mais les évasions n’en finissent pas. « Des retenus fracturent des portes de l’unité la plus proche pour se rendre dans la nouvelle, soupire un fonctionnaire. C’est tellement simple quand on est à l’intérieur ». Dernier exemple en date dans la nuit dimanche à lundi avec trois évasions. Et c’était déjà le cas quelques jours avant.
Cette fameuse « unité modulaire », où étaient retenues une soixantaine de personnes, a ouvert en catastrophe, au lendemain d’une évasion ratée qui s’était terminée par un incendie spectaculaire.
SECURITE L’application « Reporty » permettra, grâce au signalement citoyen, de braquer les caméras de la ville sur la zone concernée et d’y dépêcher des forces de police…
« Chacun d’entre nous doit devenir un citoyen engagé acteur de sa propre sécurité, et donc de la sécurité collective », a justifié ce vendredi Christian Estrosi, en présentant l’application qualifiée de « révolutionnaire » dont il envisage le déploiement « à grande échelle ». Elle sera testée dans un premier temps par 2.000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore, des membres du réseau « Voisins vigilants ».
Transmettre des images et géolocaliser un comportement suspect
Estrosi, toujours à la recherche du dernier cri en matière de technologie sécuritaire, a donné trois exemples d’application de « Reporty » : un maraudeur lorgnant sur des voitures en stationnement, une fourgonnette déchargeant sur la voie publique de l’électroménager usagé et un cycliste renversé.
El Cambuche, Les Trois Passants, Bruits de tôles et des Toulousaines anti-carcérales vous invitent à la 4ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.
Rencontre – débat autour du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits » tissé collectivement avec 11 femmes mexicaines. Débat en présence de femmes ayant vécu la prison en France.
La rencontre est ouverte à tous et toutes, l’idée étant de partager et de connaître des réalités diverses, des vécus, des expériences et luttes contre la prison, l’enfermement, l’isolement, le système carcéral…
Le Dimanche 11 février 2018 – À partir de 12H30
LE HANGAR
8 bis rue de Bagnolet
31100 – TOULOUSE
métro : Arènes
Des médias nous apprenons la énième protestation de personnes bloqués dans le hotspot de l’île de Lampedusa. Selon les médias, ils proviendraient tous de Tunisie, pour ces derniers l’État prévoit une expulsion directe après identification.
La nuit dernière, un caillassage contre la police sur place aurait causé la blessure d’un carabinier.
Cette protestation est le résultat de la tension causée par la retenue dans l’île-prison de tous les gens que l’Etat projette d’expulser. Toujours selon les médias, ces derniers jours, des personnes refoulées dans le hotspot ont demandé à plusieurs reprises à quitter l’île et certains d’entre eux ont essayé de monter à bord du navire reliant Lampedusa et Linosa à Porto Empedocle mais ont malheureusement été bloqués par les contrôles.
En attendant de savoir plus d’informations, liberté pour les harragas!
hurriya.noblogs.org
https://attaque.noblogs.org/…/centre-de-retention-de-sete-entre-lui-et-la-liberte-les-flic.

En 2010, deux vagues de perquisitions et de multiples procédures liées à de nombreuses attaques (incendiaires ou non), tour-à-tour jointes, disjointes, et associées dans le cadre d’une instruction tentaculaire, viennent réprimer la phase offensive de lutte contre la machine à enfermer et expulser les sans-papiers qui a augmenté en intensité suite à l’incendie du centre de rétention de Vincennes par les retenus eux-mêmes le 22 juin 2008. Après l’abandon des chefs d’inculpation les plus lourds, et des années de procédures pleines d’incohérences et manifestement faites pour justifier des moyens de surveillance, des contrôles judiciaires et des incarcérations préventives, dix camarades et compagnons se retrouvent cependant convoqués devant la justice. Un premier procès qui mettait en cause quatre personnes, dont trois avaient été incarcérées en 2011, a eu lieu en juin 2017. L’une d’entre elles a été relaxée, les trois autres prennent 4 mois avec sursis, et 500 euros d’amende pour dégradation en réunion (des tags) et refus d’ADN. L’un d’entre eux a fait appel de cette décision, il sera donc rejugé prochainement.
Dimanche 21 des groupes fascistes ont lancé une série d’attaques sur des espaces occupées. Après avoir d’abord attaqué l’école «sociale» et avoir été repoussés avec succès, ils ont alors attaqué une autre occupation le Libertatia squat lançant des Molotovs et des fusées éclairantes, causant un incendie. Le squat a entièrement brulé.

Communiqué du squat Libertatia : https://www.non-fides.fr/?Thessalonique-Communique-de-Libertatia-suite-a-l-incendie-de-leur-squat-par-des
Un car affrété par l’association familiale catholique a été bloqué pendant trois heures à Rennes par une cinquantaine de manifestants. Il acheminait vers Paris des Vannetais qui devaient participer à la marche pour la vie. Deux personnes ont eu leurs vêtements brûlés.Le car était parti de Vannes à 6 h du matin et avait fait une première halte à Ploërmel pour embarquer d’autres personnes. Tout se passait bien jusqu’à la halte à Rennes, vers 7 h 45 près de l’école de Chimie à Beaulieu, où le car devait embarquer les derniers passagers, ceux de l’AFC de Rennes.
http://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/marche-pour-la-vie-le-car-pris-en-embuscade-a-rennes-21-01-2018-11821522.php
6 janvier 2018
Dans l’après-midi du samedi 6 janvier 2018, plus de 300 migrants ont tenté de passer en force la frontière séparant le Maroc de Melilla, en Espagne.
Plus de 200 d’entre eux sont parvenus à franchir la frontière, composée de deux clôtures de six mètres de haut, avec des câbles d’acier entrecroisés entre les deux.
Pour y parvenir, les migrants ont utilisé des chaussures cloutées et des crochets. Lors de l’assaut, un flic qui tentait de les en empêcher a reçu un coup de crochet, ce qui lui a coupé un lobe d’oreille.
Quatre migrants ont été blessés et hospitalisés pour « des blessures mineures ».
Une grande partie de ceux qui ont réussi à traverser la frontière ont été arrêtés par les flics et placés en centre de rétention.
Selon l’agence des frontières de l’UE Frontex, en 2017, 22.900 personnes ont traversé de force les frontières séparant le Maroc de Sebta et Melilla. Et un bon nombre d’entre elles en sont mortes, noyées ou tuées par les gardes-côtes de l’Union Européenne.
[Reformulé de la presse des gardes-côtes]
Repris du blog sansattendre.noblogs.org
[Lettre de la compagnonne incarcérée à Cologne pour braquage de banque à Aachen, comme contribution aux discussions anti-carcérales qui se sont tenues à Berlin du 6 au 8 octobre 2017]

Il n’existe certainement aucun autre endroit tel que la prison où l’injustice, l’exploitation et l’oppression sont aussi acérées. Même si on dit que certaines choses se sont apparemment améliorées ou assouplies en détention par rapport à la décennie précédente, ça ne se ressent absolument pas en régime de détention classique. Souvent, les conditions dans de nombreuses prisons sont même bien pires qu’il y a dix ans par exemple. Il n’y a généralement qu’une heure de promenade par jour, peu ou pas de travail, des possibilités incroyablement réduites pour communiquer avec le monde extérieur (surtout en détention préventive), une assistance médicale désastreuse, une négligence vis-à-vis des prisonnier.e.s souffrant de maladies physiques et mentales, d’énormes difficultés pour les étrangers, pour les personnes qui ne parlent pas allemand ou qui sont analphabètes, c’est-à-dire la grande majorité des personnes incarcérées. De plus, il n’existe quasiment pas d’options d’apprentissage, de formation continue ou d’activités, toujours plus de grilles et de « mesures de sécurité ».
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Fleury-Mérogis : 123 détenus de la prison refusent de regagner leur cellule.
Selon l’Express : 123 détenus refusent ce jeudi midi de regagner leur cellule, indique la direction de l’administration pénitentiaire. Le syndicat pénitentiaire FO précise que les Eris, les forces d’intervention spéciales chargées de rétablir l’ordre dans les prisons, sont mobilisées. Une équipe était déjà sur place, en situation de renfort sur un autre bâtiment de la prison.
Prison de Valence : une centaine de détenus refuse de rentrer en cellule.
Ces détenus font partie des deux quartiers maison d’arrêt. Les ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité), ont été appelées pour rétablir l’ordre dans l’établissement.
https://www.francebleu.fr/…/a-la-prison-de-valence-des-dete…
Nantes : Les détenus refusent de réintégrer leur cellule.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/prison-nantes-detenus-ont-refuse-reintegrer-leur-cellule-1406541.html
Haut-de-France : Maubeuge, Sequedin et Longuennesse…
Voir ici : https://attaque.noblogs.org/post/2018/01/23/maubeuge-sequedin-et-longuennesse-haut-de-france-revolte-a-la-prison-contre-le-mouvement-dhumeur-des-matons/
…Il y aurait aussi du mouvement sur Villefranche-sur-Saône, Varennes-le-Grand et Laval, où les conditions se sont dégradées suite au mouvement de grève des matons…
D’après un article publié le 17 janvier 2018 sur le site du Parisien, quatre hommes ont réussi à s’évader du centre de rétention administrative de Palaiseau, dans l’Essonne.
Dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 janvier, ils auraient scié les barreaux d’une fenêtre et constitué une sorte d’échelle de draps noués. « Une image digne des Dalton, les célèbres bandits de la bande dessinée Lucky Luke », dixit le journaliste du Parisien.
Voilà bien une information réjouissante, en espérant que les quatre évadés continueront leur route sans encombres. Les quatre sont recherchés par la police, qui continue de faire son sale taf de tri « social » entre pauvres et riches, entre Français.es et étranger.es.
source : Paris Lutte

https://zamdatala.net/category/blog/page/3/
Le 2 janvier 2005, mourrait le compagnon Xosé Tarrio. Xosé Tarrío González est né en 1968 à La Corogne, en Espagne. À l’âge de 11 ans, il est entré dans l’internat pour des raisons familiales, mais a réussi à s’échapper à plusieurs reprises. À l’âge de 14 ans, il est condamné a rester dans une maison de correction pour un vol de petite envergure, dont il s’est évadé à plusieurs reprises. Jusqu’à 16 ans, il se retrouve dans une maison de correction spéciale sur ordre du juge. À 19 ans, il rentre en prison pour purger une petite peine. Dès lors, il est contraint de subir le harcèlement le plus inouï dans les sections spéciales des prisons espagnoles, dont les conditions bestiales ont conduit Tarrío a cumuler condamnations sur condamnation pour un total de 71 ans de prison. Le compagnon a été l’un des premiers a expérimenter sur sa propre peau les tortures physiques et psychologiques appliquées dans les Ficheros Internos de Especial Seguimientos (FIES) sections spéciales dans les prisons spéciales, établies par le Parti socialiste espagnol. Il a été libéré en mai 2003 après avoir passé 16 ans en prison, dont plus de 10 en isolement dans le régime FIES de première instance. Il est arrêté à nouveau en septembre 2003 et également blessé, il subit un nouveau passage à tabac dès son entrée. En juin 2004, sa santé s’est détériorée à la fois en raison d’un sida en phase terminale et d’un infarctus cérébral que les médecins de la prison ont diagnostiqué comme une grippe. Il a été admis à l’hôpital, très tard, seulement le 28 juin. Là, ils le firent sortir immédiatement, mais sont obligés de l’hospitaliser à nouveau le 8 juillet pour la paralysie de la moitié du corps, la perte de mémoire et de la capacité de parler. Il convient de souligner que les gardes ont continué à le torturer même dans ces conditions, le gardant menotté au lit d’hôpital. Ce n’est que le 17 août qu’il a bénéficié d’une libération conditionnelle, mais reste hôpitalisé depuis.
Dans un coma profond depuis le 20 octobre, il est décédé le 2 janvier 2005.
Il est mort en prison!
EN TU MEMOIRE XOSE ‘TARRIO
PORQUE LA DIGNIDAD
NO ENTIENDE DE MUROS
roundrobin.info
Xosé Tarrío est mort le 2 janvier 2005… Même mort, les autorités ont refusé de rendre le corps de Xosé à sa famille, jusqu’à ce qu’elle porte plainte … En plus de sa santé, de sa liberté et de sa vie, Xosé devait le tribut de sa mort et de son corps à l’État … Ils ne lui ont jamais pardonné d’avoir écrit le livre Huye, hombre, huye, parce qu’il y cite les noms des tortionnaires, les dates et les lieux des sévices. Parce qu’il donne aussi un visage et un nom aux rebelles et à la révolte… Il donne une voix à ceux que l’on nie et que l’on n’écoute jamais … Il décrit avec une précision millimétrique les entrailles et les ressorts de la Bête Carcérale… Un témoignage empli de sentiments, d’émotions, de pensées et d’événements qu’il a eu la patience et le courage de recueillir et de publier… Un livre qui a servi à ouvrir les yeux de beaucoup et à lever le voile pour d’autres… Un livre qui met à nu ce symbole de la «Justice» comme une femme avec une balance et un bandeau sur les yeux ; en réalité une prostituée qui le fait contre de l’argent, sans scrupules, avec ceux qui en ont envie, c’est ainsi … Un livre qui est un «J’accuse» contemporain, un nous accusons, un nous parlons et nous disons tout ce qui est caché, enfermé, tû, manipulé, nié … Oui, Xosé … les (proxénètes) de cette Dame munie d’une balance, d’un bandeau et d’une épée ne t’ont pas pardonné d’avoir révélé qu’elle est en fait une prostituée exploitée qui travaille pour de l’argent et pour le pouvoir ! … Nous savons toutes et tous que cette « dame » sert les intérêts des puissants, aussi sales et criminels soient-ils, ou justement parce qu’ils sont ainsi … La Justice ! Qu’est-ce que c’est, Xosé ?…Lorsqu’après tant d’années tu as été remis en « liberté », tu croyais peut-être que les gens qui savaient tout cela et voyaient les choses comme toi agiraient comme tu pensais … Mais il est bien plus complexe de conjuguer et de coordonner le je, le tu, le nous et le vous dans la praxis qu’en théorie, au niveau individuel comme collectif. C’est une équation Temps-Circonstances… On dit que qui espère, désespère … et tu es sorti plein d’espoirs et de désespoirs, de rêves et de cauchemars, d’illusions et de projets … A la fin, la « boule de couleurs » s’est brisée entre tes mains et, avec elle, les espoirs, les rêves, les projets et les illusions … et tu t’es enfermé sur toi : seul avec tes solitude, tes souvenirs et tes désespoirs … Désespéré et seul … nous t’avons tous laissé seul, Xosé … Impossible de partager ce qui n’a pas été vécu et senti … on ne peut socialiser ce qui est individuel, comme on ne peut montrer ce qu’on ne peut pas voir ou vivre… La suite ici : http://toutmondehors.free.fr/publications/b1/Broch1.pdf
Extrait de la brochure Bouts de chemin (Recueil de textes de Gabriel Pombo Da Silva)

Israël a annoncé ce mercredi le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40.000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération.
http://www.bfmtv.com/international/israel-lance-un-programme-d-expulsion-de-dizaines-de-milliers-de-migrants-1340759.html#xtor=AL-68
enneté républicaine, qui fait qu’on ne peut s’écarter de la norme, et ce dans tous les domaines : ethnicité, relations entre les sexes, modes de vie ou encore tenues vestimentaires. C’est sûrement la raison pour laquelle il existe une alliance entre les mouvements kurde, arménien, antimilitariste, féministe, libertaire, etc., où la rencontre entre ces groupes se réalise autour de l’apprentissage des luttes communes et des apports successifs de l’espace de la « résistance » à l’autoritarisme rampant du régime islamoconservateur d’Erdoğan et de son parti l’AKP.
Il y a quelques décennies, lors des désordres qui ont éclaté à Brixton en Angleterre, il est arrivé à certains compagnons de se retrouver au milieu de la tempête. Les affrontements étaient en train de se dérouler juste devant chez eux. Que pouvaient-ils faire d’autre, sinon descendre dans la rue pour se joindre aux révoltés ? C’est ce qu’ils ont essayé de faire, sans y parvenir. De fait, les révoltés les ont repoussés plutôt brutalement. Des anarchistes ? Et c’est qui, ça ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils ne sont pas des nôtres, ils ne parlent pas la même langue que nous, ils n’ont pas notre couleur de peau, ils n’ont pas des vêtements comme les nôtres, ils n’ont pas les mêmes codes de comportement que nous. Face à l’explosion d’émeutes aveugles et inconsidérées, il ne suffit pas d’être anarchistes pour rester en première ligne.Extrait de Brique par brique, se battre contre la prison et son monde
Quelques remarques autour de la lutte contre la prison
La capacité d’adaptation de l’être humain dépasse toute imagination. On peut placer un homme dans quasi n’importe quelle condition, même dans des conditions où il n’y a que la mort comme fil rouge de l’histoire, qu’il parvient encore à s’adapter, à accorder son comportement au diapason du milieu hostile.
D’un côté, cette capacité est extraordinaire et fait de l’être humain sa spécificité en tant qu’être humain. De l’autre côté, elle est infiniment tragique, car le pouvoir n’y rencontre pas seulement des adversaires implacables, mais aussi la résignation qui, en fin de compte, est justement le souffle de vie, soit-il putride, du pouvoir lui-même.
Certains diront qu’il s’agit là de l’instinct de survie, d’autres se référeront à la créativité inépuisable dont l’homme a fait preuve à travers l’Histoire en matière de faire s’agenouiller et d’enchaîner son prochain. D’autres encore puiseront du courage dans la résilience que marque la révolte humaine face aux conditions insupportables. Quoi qu’il en soit, en prison, on retrouve tout ça de manière concentrée. Mais est-il possible de critiquer la prison sans immédiatement parler de sa génitrice, cette société basée sur l’autorité et le pouvoir ? Rien dans ce monde ne peut être considéré en soi. Toute notre vie est liée à celle des autres (même, voire surtout, à un niveau conflictuel), tout comme l’ensemble des structures de la société qui ont été érigées au nom de son bien-être – nous parlons bien du bien-être « de la société », le distinguant de celui des individus qui en font partie – sont liées entre elles. La structure physique d’un hôpital, d’une école, d’une maison de repos ou d’une usine ressemble à celle de la prison.
Il a réussi à passer le premier cordon de sécurité, mais il a été repris en quelques dizaines de minutes. Ce dimanche matin, un détenu a tenté de s’évader de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis ce dimanche vers 9h30.
L’homme de 19 ans « se trouvait dans la cour de promenade et il a réussi à en sortir », précise Thibault Capelle, du syndicat FO Pénitentiaire, qui assure qu’il s’agit d’un fait « assez rare » à Fleury. Une équipe d’intervention a finalement « récupéré le détenu sur le chemin de ronde, interne à la prison, environ 20 minutes plus tard et sans difficultés », a-t-il ajouté.
L’homme, qui a fait plusieurs passages en quartier disciplinaire, faisait l’objet de strictes consignes de sécurité, notamment lors de l’ouverture de sa cellule, située dans le bâtiment D 5.
A cause de cette tentative d’évasion, toute la maison d’arrêt a été bloquée. Une trentaine de détenus ont refusé quelque temps de réintégrer leur cellule pour protester contre le fait qu’ils aient été privés de leurs deux heures de promenade. La situation est redevenue totalement calme ce dimanche vers 13 heures.
Le Parisien
À celles et ceux qui peuplent toutes les bastilles de ce foutu pays,
Hier soir, alors que le premier de la classe enfumait en flagrant déni la masse hypnotisée par la télé, à grandes lâchées de « collectif » et de « fraternité ».
Nous, mutiné·e·s de cette société euthanasiée, avons lancé au ciel de nouveaux feux d’artifice en direction des condamnés de la Maison d’Arrêt de Limoges, des enfermé·e·s et toutes les personnes dont la mise à l’ombre enrichit les exploiteurs et donne bonne conscience à la majorité.
On vous souhaite force et courage.
Et puis il y a vous : Sodexo, Legrand, SIGES, Pocheco, GEPSO [en realité GEPSA; NdAtt.], Labeyrie, Polyfacon, la RIEP, et tous ceux qui sous couvert d’« insertion » vivent et abusent du travail sous-payé, sans droits, sans moyens de se défendre collectivement. On sait bien que l’exploitation ne commence pas en prison et que ceux qui s’enrichissent sur le dos des exploité·e·s, bousillent aussi les vies des « travailleur·se·s libres ».
Mais sur le dos des 70 000 détenu·e·s de France, ils prétendent avec le sourire vous aider à « préparer votre libération ».
Qu’ils ne trompent plus personne. À eux la honte, aux prisons la ruine. À vous la liberté. À nous de construire des solidarités.
LPPF
P.S : Et sinon, le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris, ça va tranquille la fabrication de 200 lits de CHRS par le SEP, qui vend la force de travail des prisonniers au plus offrant ?
P.S. 2 : Aux deux personnes qui se sont exclamées,
P.S. 3 : À tous ceux qui auraient pu prolonger notre liste d’exploiteurs : mangez vos morts !
Source : Indymedia Grenoble
Pour rappel, nous racontions dans un précédent texte :
Le mardi 24 octobre, plusieurs camarades ont tenté de rentrer dans une maison inoccupée afin d’y élire domicile. Malheureusement, la surveillance bourgeoise de la propriété privée n’ayant pas de limites, la maison était équipée d’un système d’alarme. Tous les camarades ont réussi à prendre la fuite sauf l’un d’eux qui, resté en arrière s’est fait attraper par les condés et placer en garde à vue pour tentative de cambriolage, alors même que les propriétaires aient eux-mêmes reconnu que rien n’avait été volé. Alfidel avait été expulsé deux semaines plus tôt de sa maison et sans autre solution matérielle, il cherchait un nouveau toit.
Le camarade engeôlé est un réfugié tchadien qui a été débouté de sa demande d’asile, comme plus de deux tiers de ceux qui en font la demande. Il a fui le Tchad car il a notamment participé à la rébellion contre le dictateur Idriss Deby. Alfidel vient d’un pays où être opposant politique le place immédiatement en danger de mort, mais Deby étant un fidèle allié de la France, il est diplomatiquement impossible d’en faire un pays « dangereux » et donc refuse facilement les demandes d’asile de ses ressortissants. La France se sert du Tchad comme base logistique pour conforter sa présence dans la région et envoyer différentes missions de « maintien de la paix » dans les pays proches. En échange de quoi elle fournit armes, formations et appui militaire quand le régime de Déby vacille.
Alfidel a été jugé en comparution immédiate. Le camarade n’ayant ni papier, ni logement, ni travail déclaré, il a écopé d’une peine d’un an de prison ferme et est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes en attendant le procès en appel qui aura probablement lieu en fin d’année. Il a été jugé par un juge particulièrement répressif qui a coutume de distribuer des peines de prisons pour des délits mineurs, ce dont même les directeurs de prison s’en plaignent. On assiste à une répression de plus en plus sévère des personnes mal logées qui cherchent à squatter : peines de prison, préventive et amendes pleuvent et nous devons réagir avant que cela ne devienne la norme.
Depuis, Alfidel a effectué une demande de mise en liberté et a fait appel de sa condamnation, la date vient de nous être communiquée : il sera rejugé entre les fêtes, le pire des moments pour bénéficier de soutien.
Nous appelons à tout faire pour contrer cette stratégie visant clairement à enterrer l’affaire, en étant nombreux à le soutenir face à la justice le 28 décembre à 9h, salle René Cassin devant le pôle 8-chambre de vacation de la cour d’appel de Paris, métro Cité.
Libérons Alfidel et tout.e.s les autres !
Pas de papiers et des palaces pour toutes et tous !
Fermons les prisons !
Ouvrons des squats !
Source : Paris Lutte Info
Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.
Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.
Depuis vendredi dernier (17.11) à la prison de Thorberg dans le canton de Berne, environ 50 prisonniers font gréve. Selon les médias bourgeois, ils exigent un salaire plus élevé, plus de sphère privée et une meilleure nourriture.
Lundi, une unité de police encagoulé a attaqué plusieurs cellules et emmené neuf grévistes. Selon les médias bourgeois, quatre sont dans les cellules d’isolement («Bunker») et pour les cinq autres ont ne serait pas où ils les ont emmenés. Tous les autres détenus ont été privés de l’accès de cantine, à l’heure de promenade et à d’autres choses. Selon les journaux bourgeois (mercredi 22 novembre), 40 autres prisonniers entament une grève de la faim.
En Suisse, les personnes en prison sont forcées de travailler. Pour un salaire ridicule. Les entreprises en profitent et font produire et emballer leurs produits en prison. Ainsi, ils peuvent maintenir des coûts de production bas.
Les raisons d’une grève il peut y en avoir en abondance, malheureusement toutes les informations proviennent uniquement des journaux bourgeois. Ceux-ci faussent souvent les protestations ou les rapportent très brièvement et évidemment informent du point de vue de l’état et non de ceux qui luttent. En tout cas, l’information serait très intéressante du point de vue des grévistes.
Nous nous solidarisons avec les luttes autodéterminées contre les galères de toutes sortes et aux grévistes nous souhaitons beaucoup de force dans leur lutte.
Puisque les prisons sont principalement engagées à rester isolées du reste de la société, il est important, encore plus en période de révolte et d’insurrection dans les prisons de tous type, de soutenir ces dernières et de les défendre de l’autre côté des murs.
Source : barrikade.info

Ces dernières semaines, les conditions climatiques dans le haut Val di Susa sont devenues très dures, malgré cela chaque jour des dizaines de personnes sont toujours prêtes à perdre la vie en essayant de traverser la frontière.
La plupart d’entre eux essaient de passer sans doute par des moyens moins dangereux, comme le train ou le bus, mais sont arrêtés par la gendarmerie, chargés sur les camions et renvoyés à la gare de Bardonecchia qui n’est souvent pas la gare d’où ils sont partis.
Ce jeu macabre avec des personnes qui, après des chemins épuisants, sont prises et jetées dans le haut Val de Suse peut conduire à un épilogue dramatique à tout moment.
Une militarisation accrue de la zone ne ferait que rendre le passage encore plus illégal, augmentant encore le risque pour ceux qui sont prêts à donner leur vie pour passer (la frontière, ndt).
Ce n’est pas en militarisant davantage la frontière que les morts sont évités, mais uniquement en ne laissant pas les seuls touristes à pouvoir décider librement quelles montagnes visiter.
Qui doit vraiment être arrêté (on préférera stoppé…, ndt) est celui qui patrouille en uniforme la frontière française et encore plus qui au chaud au Parlement européen est le cynique responsable de ce théâtre.
Pour un monde d’égal dans les mille différences.
Extrait de hurriya.noblogs.org
Ci-dessous le texte d’un tract diffusé à Buenos Aires en solidarité avec trois compagnons (Diego, Pablo et Pilar) arrêtés lors de la révolte du 14 décembre 2017.
LES JUSTICIERS
Demander justice dans cette société policière, c’est uniquement demander de la prison. C’est déléguer le fouet, la torture et la guillotine. Demander à son tour jugement et punition à l’Etat, ça revient à demander à Dieu de purifier par les flammes les pécheurs. C’est demander aux juges d’ordonner de réprimer et ensuite de réclamer justice pour l’assassinat d’un manifestant par la police (ou une quelconque autre force) qui a elle-même réprimé en suivant les ordres des juges. C’est une hypocrisie totale et une infâmie. Un président, un politicien, un religieux, un patron, un homme d’affaires, un capitaliste, un juge, un policier, un maton, un travailleur conformiste ou aspirant au pouvoir n’attaquera jamais son travail, mais le défendra et le justifiera. Croire cela reflète seulement le bon travail réalisé par le système pour domestiquer, immerger et rendre conforme à ses croyances.
La loi et l’ordre sont inventés et soutenus afin de justifier les privilèges du capital, de l’Etat et de la religion qui nous oppriment tous les jours. Le justicier veut se venger du vol de ses biens, de l’humiliation et de la pensée différente de sa religion, du fait de ne pas respecter son pouvoir, de se rebeller contre son autorité, de ne pas s’adapter à son système terrestre et divin. Le citoyen dévolu à la justice réclame, qu’en payant ses impôts chaque jour, est maître des forces de sécurité qui méritent le respect et réagissent immédiatement contre ceux qui violent la propriété et attentent à leurs vies ou à celles de quelqu’un qui les intéressent. Ils pensent toujours (en bons patrons) qu’ils serait de meilleurs vengeurs et feraient mieux le sale boulot que ses employés payés par leur impôts. Et s’ils n’obtiennent pas cela, ils se sentent usés et frustrés. Mais ils gardent malgré tout confiance en la loi et espèrent qu’un jour il y aura une justice terrestre ou divine.
104 personnes recherchées par la policeLa police annonce sur son site internet chercher à identifier 104 personnes, dont elle publie des photos : l’objectif est donc d’obtenir des noms par délation. D’autres photos et vidéos seront probablement encore publiées dans les prochains jours.
Ces images ont été en partie prise par la police elle-même, ou proviennent d’images de vidéo-surveillance. Mais une partie a aussi été récoltées auprès des centaines de personnes qui ont répondu à un appel à témoins sur un site internet officiel, créé par la police juste après le sommet.54 policiers recherchés par les autonomesEn réponse à cet appel à la délation, des autonomes ont décidé de publier sur le site de.Indymedia.org les photos de 54 policiers impliqués l’année dernière dans l’expulsion du vieux squat berlinois rigaerstrasse 94. Les camarades allemands appellent à communiquer toute information concernant les adresses des flics, ou les bars où ils trainent. Ces publication ont évidemment immédiatement été condamnées par les syndicats de flics.
Prudence
Faites attention, à partir de lundi 18 décembre 2017 (et de manière générale) des précautions sont à prendre si vous visitez le site de la police de Hambourg :
Si vous visitez la page d’avis de recherche, faites le de manière anonyme. Utiliser Tor, ou encore mieux Tails, car il est déjà arrivé que les flics enregistrent les adresses ip des personnes qui se connectent à leur site
Dans le cas où vous reconnaissez des ami-es sur des photos, ne paniquez pas, et surtout : taisez-vous !!!. Si vous voulez en discuter avec vos proches, faites-le uniquement en direct (et surtout pas au téléphone, sur facebook, dans des bars ou tous les lieux publics ou militants…)
Notes sur le mouvement NO TAP
Depuis quelque temps, nous ressentons le besoin d’exprimer quelques réflexions sur ce qu’est une partie de l’opposition au Tap. Dans une course tourbillonnante, pauvre, il nous semble, en réflexions intéressantes, nous voyons des initiatives répétées qui mêlent des contenus et des pratiques récupérant le tout dans un chaudron réformiste.
Parce que la lutte vitale n’est pas seulement contre les fascistes en chemises noires [3] du passé et ceux du présent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses éléments d’appui qui nous oppriment, même lorsqu’il porte la figure laxiste et tolérante de la démocratie.
A
http://ma.lumiere.rouge.blogs.liberation.fr/2017/12/20/rafle-au-bois-de-boulogne-la-nuit-derniere/


Deux personnes blessées et deux autres tuées percutées par un TER après avoir été pourchassées par la BAC de Lille vendredi soir.
Dans la nuit du Samedi 16 au dimanche 17 à Lille-Fives. Au moins 5 voitures sont incendiées au métro Caulier et Fives, d’autres sont endommagées, une personne aurait été arrêtée.
Dimanche dans l’après-midi un jeune homme posé sur la place Degeyter croise une patrouille de la CRS, il se fait courser par ces derniers et rattrapper par la BAC, après avoir dit à ses amis « tiens voilà les assassins ». Il prendra 6 mois ferme en comparution immédiate le lendemain pour « outrage et rebellion » et tentative d’évation (pour avoir tenté de s’échapper des urgences où il avait été emmené suite aux blessures infligées lors de l’arrestation), le proc avait initialement demandé 4 mois avec mandat de dépôt + 2 mois avec sursis.
http://www.lavoixdunord.fr/283041/article/2017-12-18/condamne-apres-avoir-insulte-des-crs-dimanche-place-degeyter

« Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdent leur liberté », voilà ce que disait, il y a fort longtemps un penseur chinois qui a usé abondamment et avec précision des mots, mais dont les apports pour la liberté restent discutables. Sa place est parmi les affabulateurs de toujours qui parlent de la liberté comme quelque chose que l’on possède déjà (et qu’il s’agit simplement de conserver), afin de conjurer le risque que les gens luttent pour la conquérir ; parmi ceux qui utilisent les mots pour empêcher les actes. Aujourd’hui de nombreux mots perdent leur sens comme les arbres leurs feuilles, ils perdent leur puissance, leurs capacités à faciliter notre compréhension du monde, des événements, des êtres qui nous entourent ; et cela est un problème. Mais un autre problème c’est que certains aient le pouvoir de manipuler le sens des mots, de faire en sorte qu’ils ne signifient plus autre chose que ce qui les arrange, que ce qui conforte leurs positions. Prenons la tolérance, par exemple.
Été 2017 – Minnesota
Le texte qui suit a été écrit durant l’été 2017 à Twin Cities (ou „villes jumelles“, à savoir Minneapolis et SaintPaul, dans le Minnesota, au nord des Etats-Unis) et publié anonymement sur le site de contre-info Conflict MN. Il arrive à la suite de plusieurs mobilisations antifascistes dans les environs, qui, comme on le verra dans l’article, sont en perte de vitesse. Ce texte examine la dynamique des manifs contre les prisons à Minneapolis comme source potentielle de renouvellement pour le mouvement autonome. Twin Cities est certainement une région du monde fortement pacifiée, où les conflits sociaux sont des événements exceptionnels. Nous proposons d’explorer les possibilités de rendre plus nets les antagonismes, dans l’espoir que ce texte puisse servir d’inspiration pour d’autres qui luttent dans des contextes pacifiés similaires dans le monde.
Ce mardi, aux alentours de 12 h 15, une quinzaine de migrants ont lancé des projectiles en direction de CRS en patrouille zone des Dunes. Un véhicule de police a été endommagé lors de l’incident.
La voix du nord
repris du blog d’attaque.noblogs.org
Le 21 décembre, nous appelons à laisser libre recours à notre imagination et à exprimer notre solidarité sous de multiples formes. Une fois de plus, nous montrerons que nos compagnon.ne.s incarcéré.e.s ne sont pas seul.e.s mais bel et bien présent.e.s à nos côtés dans les rues.
Ils veulent même ériger des murs encore plus hauts entre nous, non seulement faits de béton et d’acier, mais aussi de solitude et d’isolement. Et ces murs, nous voulons les détruire, par amour, affection, rage et solidarité pour notre compagnonne Lisa.
Vous pouvez envoyer photos et vidéo à l’adresse : solidaritatrebel@riseup.net
Plus infos sur l’affaire des braquages à Aachen et la solidarité active avec les inculpé.e.s
repris de sansattendre.noblogs.org
Ci-dessous une affiche collée dans les rues de Besançon, en solidarité avec les migrants, les pauvres et autres indésirables qui font face au rouleau-compresseur du capital et de l’autorité ….
A Besançon, les cadeaux aux riches du père Fousseret, ce n’est pas qu’à Noël qu’ils tombent, mais toute l’année ! Par ses projets mégalo, les géants de la construction (Vinci, Eiffage…) et promoteurs immobiliers (SMCI, Nexity, ICADE, etc…) se gavent, tandis que pour les pauvres, c’est expulsion, harcèlement et matraquage policier, prison ou morgue qui les attendent. Le bonheur des uns fait le malheur des autres, comme dit le proverbe. Mais il serait temps que ce malheur se transforme en rage contre les affameurs.
Après l’inauguration des « Passages Pasteur » en plein centre (complexe d’appartements haut-de-gamme et centre commercial), les projets immobiliers se multiplient partout à Besançon. Partout, mais essentiellement aux alentours des stations et voies du tramway. Est-ce si étonnant que ça ? Pas vraiment, puisque les modes de transports « doux » et rapides sont des arguments de taille pour attirer les investisseurs et construire tout autour des immeubles d’habitation de luxe, destinés à loger de nouveaux arrivants fortunés. Si le centre-ville est une forteresse pour les riches, avec son lot de flics, de militaires et de caméras, les quartiers alentours n’échappent pas à cette même logique d’embourgeoisement. Sur la nouvelle ligne de bus rapide entre la gare TGV et le pôle de techno-science Temis, un éco-quartier est en cours de construction en lieu et place de l’ancienne caserne Vauban. Du côté des Vaîtes, secteur urbain en pleine transformation depuis la mise en place du tramway, un éco-quartier est aussi prévu, tout comme dans le secteur Brûlard, qui était caractérisé encore récemment par des liens solides de solidarité entre les habitants. Qui dit éco-quartier dit commerces pour personnes friquées, plus de surveillance et mixité sociale : on disperse les pauvres, vus comme des « populations à risque » afin de les isoler encore un peu plus et de briser les solidarités entre opprimés. On y met également quelques locaux pour artistes, histoire de donner un vernis culturel. De même, au 52, rue Battant, la mairie donne un local d’exposition et de travail aux nouveaux entrepreneurs, afin d’œuvrer pour l’aseptisation urbaine des quartiers pas assez clean pour les riches.
La menace d’expulsion qui pèse sur le Bol d’Air, local commercial au 24, rue d’Arènes (quartier Battant) vide depuis plus de deux ans et occupé par le collectif d’aide aux migrants SolMiRé, rentre dans cette même logique de guerre aux pauvres. Le propriétaire, la SMAIB (1, place de l’Europe à Besançon), dont la ville est actionnaire majoritaire, a en effet fait part au collectif début décembre de son intention de l’expulser et de lui faire payer cette occupation illégale par des jours-amende s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Ses intérêts sont défendus par Jean-Yves Grosjean (son cabinet est situé au 14, rue de
l’Espérance à Besançon). Le 12 décembre, le procès a été reporté au 9 janvier 2018, laissant un peu de répit au collectif et aux migrants. Mais faudrait-il attendre ce jugement dans le calme, en restant spectateurs de cette politique répugnante de la mairie ? Que nenni ! il est nécessaire de faire connaître au plus grand nombre la politique
immonde de la mairie qui, alors que les fêtes de fin d’année approchent, dépense des centaines de milliers d’euros dans des décorations ayant pour but de créer un cadre propice à la consommation de masse et faire rentrer les capitaux. Si cette expulsion obéit d’une part à la logique de la propriété, il s’agit d’autre part de s’en prendre à la solidarité avec les personnes migrantes et une fois de plus aux pauvres. Organisons-nous, luttons sans médiation contre ces projets qui nous étouffent ! Attaquons-nous à la misère, pas à celles et ceux qui la subissent !
Pas de cadeaux pour le père Fousseret et ses acolytes !
Que cette nouvelle année soit chaotique pour la mairie et tous les
responsables de cette misère !
sansattendre.noblogs.org
Lundi 18 décembre 2017, un autoproclamé « Collectif des habitants associés Jaurès / Stalingrad / Flandres / Quai de Jemappes » appelait à un rassemblement devant la PADA [1] au métro Jaurès.
Ils/elles entendaient dénoncer la dégradation du quartier causée selon eux/elles par la présence des migrant-es, tout en se cachant derrière un discours humaniste, dénonçant également les conditions de non-accueil de ces dernièr-es.
Mais, ne nous y trompons pas, la fine couche de vernis humaniste masque mal leurs réelles intentions : défendre leurs intérêts de classe, balayer la misère devant leurs portes.
Leur discours est le même que celui d’associations « anti-pauvres » de quartier comme Action Barbès, SOS La Chapelle ou encore La Chapelle Demain : présence de migrant-es et/ou de pauvres = insécurité et insalubrité.
Alors qu’ils annonçaient en grande pompe leur action dans les médias, c’était sans compter la présence d’une cinquantaine de personnes, venant perturber leur initiative et dont beaucoup croisées ces dernières années dans les luttes avec les migrant-es dans les quartiers La Chapelle – Jaurès.
Une banderole disant « La dignité c’est pas de parler de détritus quand les gens dorment dans la rue – Solidarité avec les migrant-es » a été déployée et des slogans criés, les empêchant de tenir leur rassemblement comme ils le souhaitaient (« No border, no nation, stop deportation », « de l’air, de l’air, ouvrons les frontières », « solidarité avec les réfugié-es », « azadi, houryia, freedom », « bobos, élus c’est vous les détritus », « les élus c’est le problème, pas la solution », « des papiers pour tou-tes ou plus de papiers du tout »).

La veille, des affiches avaient été collées sur les murs de la PADA.

Au bout d’une demi-heure, les riverains bien pensants ont remballé leur matériel et sont partis sous les huées des personnes solidaires et des migrant-es.
La solidarité est notre arme !
Liberté et papiers pour tou-tes !
https://paris-luttes.info/recit-d-un-rassemblement-solidaire-9249?lang=fr
[1] La Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile, gérée par France Terre d’Asile, est le premier lieu de contrôle, passage obligé pour les demandeur-euses d’asile à Paris. Depuis des années, des migrant-es dorment devant, dans l’attente de pouvoir commencer leurs démarches.
Lundi 18 décembre 2017, les flics de la commission spéciale « Black bloc » ont tenu une conférence de presse sous les projecteurs des médias afin d’annoncer de manière officielle que la chasse à l’anti-G20 est ouverte. Ce n’est rien d’autre qu’un appel public à la délation. Pour cela, ils ont mis en ligne sur leur site des photos et vidéos de personnes soupçonnées d’avoir pris part aux émeutes du G20 à Hambourg. Ils font ainsi recours à des auxiliaires de police bénévoles pour identifier d’éventuels protagonistes de 100 délits commis durant ces trois journées de révolte. Sur son site, la police d’Hambourg regroupe les personnes recherchées en cinq domaines d’enquête : « Rondenbarg ; Elbchaussee [1] ; Welcome to Hell [2] ; Pillages et jets de bouteilles ». A ce jour, jamais l’Etat fédéral allemand n’avait mené de chasse à l’homme publique d’une telle ampleur.
Mardi 12 décembre à 9h, M. est le premier à se faire arrêter lors de son pointage
hebdomadaire au commissariat de Vitrolles. Le suit de près Ibrahim vers 10h30. A 11h, on apprend que 3 autres arrestations particulièrement musclées ont eu lieu parmi les résidents du PRAHDA de Gémenos. Ils sont conduits menottés et escortés de plusieurs policiers jusqu’à leur chambre au PRAHDA pour récupérer leurs affaires personnelles.
C’est le coup de semonce et la sidération devant la violence des arrestations. « On dirait qu’on est des criminels ?! » La peur aussi.
A midi, c’est confirmé, ils sont enfermés tous les cinq au Centre de rétention (CRA) de Nîmes, avec un vol d’expulsion annoncé pour le lendemain à destination de Venise. Une retenue de confort de plus, illégale, pour s’assurer de l’exécution. Les amis marseillais et les avocats se mobilisent et une requête d’urgence est déposée. Ils décrochent une audience exceptionnelle inespérée pour le lendemain à 9h devant le Juge des libertés et de la détention (JLD).
Le soir, on appelle nos amis dans les cellules du CRA, quelques conseils, des encouragements, des infos sur ce qui peut se passer, courage, on fera tout ce qu’on peut pour vous sortir de là. Le JLD n’est pas garanti, on le sait, on connaît la chanson. Mais il y a un espoir d’obtenir une libération avant qu’ils ne vous conduisent à l’aéroport.
Mercredi 13 décembre à 9h, nouveau sale coup de théâtre de la police et c’est à l’aéroport de Nîmes Garons que les cinq garçons sont conduits de force ! Ils passent plusieurs heures dans les locaux la PAF (la Police aux Frontières). Feu l’audience !
10h : Nouveau rebondissement, la juge a maintenu l’audience en l’absence des cinq détenus. Des soutiens des Cévennes, de Nîmes, Montpellier, Avignon sont au rendez-vous. Et, c’est déjà quasi certain, ce sont des jugements de libération qui vont être rendus. Plus qu’à attendre ces jugements. Ce n’est qu’une question de temps, ça va être serré, on le sait, retenez votre souffle.
Ibrahim au téléphone depuis les locaux de la PAF. Les téléphones des camarades s’éteignent les uns après les autres, lâchés par les batteries. Leurs voix aussi, de plus en plus lointaines, qui tremblent dans les échos d’un aéroport. « J’ai dit pourquoi je ne veux pas retourner en Italie, ils ne m’ont pas écouté. »
11H : Insoutenable attente de ces jugements, qui ne sont toujours pas au greffe. Que fait la juge ? La juge téléphone par deux reprises à la PAF pour annoncer sa décision et exiger l’interruption de l’expulsion. Mais les flics se marrent. La Préfecture qui était pourtant présente à l’audience ne donne aucun contrordre : elle joue la montre en se frottant les mains.
11h50 : Une première décision est enfin rendue. Mais le vol est imminent. Il faut faxer la décision à la PAF centrale au plus vite. Et les autres ne sauraient tarder. Grouille bordel !
12H15 : Une personne libérée sur le tarmac. On ne sait pas qui, on veut pas vraiment savoir. Et les autres, allez ! c’est pas possible de libérer un seul pote sur les cinq.
12H40 : Ca y est, on a les quatre autres décisions, yallah ! Les soutiens se rendent à l’aéroport pour remettre les décisions en mains propres aux escortes, tandis que les fax sont déjà partis en préfecture, qui joue toujours au con.
Mais sur place il n’y a pas d’avion, pas les gars, pas la PAF…
Récit d’une expulsion sauvage, quand la PAF
Les chiens !
Ce soir les portables d’Ibrahim et Khabir sonnaient encore dans le vide : « Welcome to Lyca Mobile… »… la voix glacée d’un répondeur et le vide figé dans nos cœurs.
Et la rage sourde : quand les flics s’assoient sur une décision de justice… comment on qualifie ça ? On a souvent peur des mots. Aujourd’hui est bien un basculement.
STOP DUBLIN ! STOP EXPULSIONS !
repris du site mars-infos

Un train a été bloqué la gare de Bayonne mercredi afin d’empêcher le transfert de peronnes en procédure d’expulsion Dublin vers le PRAHDA de Pau.
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/12/19/des-trains-bayonne-pau-bloques-en-soutien-aux-migrants,2244628.php
Ce qui se passe au large des côtes et à l’intérieur du territoire libyen est vraiment représentatif des temps ignobles dans lesquels nous vivons.
Avec le prétexte éhonté de la « lutte contre les trafiquants d’hommes », l’Etat Italien finance copieusement les chefs de guerre, les gardes et les milices (ce qu’on appelle maladroitement le « gouvernement libyen ») pour le contrôle et l’intière masse des pauvres (on préferera le mot “personnes”, ndT) en fuite. Patrouilles et refoulement sur les côtes de la Meditteranné, détention dans les camps de concentration libyens d’environ six cent mille personnes, construction d’un mur dans le désert le long de la frontière avec le Niger, le Tchad et le Mali. Les mêmes milices, enrichies depuis des mois avec les voyages du désespoir, sont maintenant payées pour les empêcher: ce sont les mêmes milices auxquelles l’ENI (équivalant d’EDF, ndT) délègue la défense armée de leurs puits. Dans les trente-quatre camps de concentration, la torture, la violence et le viol sont pratiqués quotidiennement. L’important est que les biens humains non sollicités ne perturbent pas les rêves d’ordre et de sécurité en Italie et en Europe. Le reste n’est pas notre affaire, n’est-ce pas? D’un autre côté, avec la Turquie d’Erdogan, les mêmes accords n’ont-ils pas été stipulés?
La « reconstruction » que les démocrates annoncent maintenant en Libye en échange de murs anti-migrants est la continuation de ce que leurs bombes ont commencé. Les différentes seigneuries libyennes utilisent l’arme des migrants pour partir à la recherche d’argent et de légitimité internationale. Ce que tout pouvoir reconnaît comme «gouvernement» n’est que le gang des tueurs le plus impitoyables et les plus fiables.
Toute frontière est imposée. Le pouvoir définit par la force l’étendue de son territoire, déterminant au passage qui a le droit d’y résider ou non. De là, il n’y a pas de « bonne » gestion des migrations (et nous n’en voulons aucune) mais un arbitraire qui se maintient et évolue en fonction des époques et selon les intérêts des puissantes. Celle où nous vivons est marquée par un contexte de guerres et de conflits armés généralisés aux quatre coins de la planète, toujours alimentées par les Etats en place et des forces concurrentes qui veulent le pouvoir et le contrôle sur les populations et les richesses de tel ou tel territoire. Ces conditions forcent des millions de personnes à fuir les régions où elles habitent afin de survivre, chercher une vie meilleure et plus de liberté.
Les autorités européennes ont adapté et élargi leurs dispositifs répressifs ces dernières années afin de garder le contrôle suite aux déplacements forcés de populations. Suite aux expulsions successives de campements à Calais et à Paris, l’État a multiplié les structures différentes (CRA, camps temporaires, CAO, PRAHDA…), adaptées au tri, à l’isolement et aux expulsions des migrantes jugées indésirables, afin de briser tout point de fixation et toute possibilité d’auto-organisation. En parallèle, les dispositifs Dublin sont régulièrement renouvelés et durcis, et les États européens externalisent la gestion des frontières par des accords avec la Turquie et la Libye dans le but de stopper les personnes en amont. Plus récemment, le gouvernement a annoncé l’augmentation de la durée de rétention, portée de 45 à 90 jours, ainsi qu’un probable plan de construction de nouveaux centres de rétention. A la clé : la machine à enfermer et à expulser étend ses filets et complexifie non seulement son fonctionnement, mais aussi les manières de s’y
opposer.
Face à cette infâme chasse aux personnes migrantes, de nombreuses initiatives ont cherché à contrer l’isolement et les dispersions, notamment en ouvrant et occupant collectivement des lieux pouvant être des étapes aidantes sur des parcours, notamment dans les Hautes-Alpes, voie de passage plus fréquente depuis que les autorités ont verrouillé la frontière à Vintimille et rendu plus difficile les passages par la vallée de la Roya.
Il n’est pas rare non plus que les frontières soient forcées, comme à Ceuta et Melila (Maroc/Espagne) ou à Calais, que des révoltes éclatent dans les centres de rétention ou que des personnes parviennent à s’en évader, que des protestations viennent déchirer le masque humanitaire des « centres d’accueil » pour montrer leur véritable fonction : celle de toute prison.
A Marseille dernièrement, les rafles se sont succédé dans certains quartiers pris pour cible par la police, rejoignant en cela les velléités de la mairie de « nettoyer » le centre-ville pour faire place nette aux touristes et autres bourges. La RTM (régie des transports marseillais) a elle aussi pris sa part dans des opérations de contrôle qui peuvent amener les personnes prises en garde-à-vue, voir en centre de rétention.
De fait, la machine à expulser, allant des arrestations à l’expulsion en passant par l’enfermement, compte de multiples étapes auxquelles participent nombre d’acteurs : la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) qui gère les Établissements Pénitentiaires pour mineurs (EPM) dans lesquels atterrissent nombre de mineurs isolés étrangers arrêtés par les flics. L’Addap 13, qui se targue d’assurer le repérage et la gestion de ces mineurs pour le compte du Département. Adoma qui gère les centres de tri dans le cadre
du PRAHDA (programme d’accueil et d’hébergement de demandeurs d’asiles). Mais aussi Bouygues, qui a construit le CRA du Canet et qui se partage sa gestion avec d’autres boîtes comme Vinci (GTM Multiservice), Défi Restauration…, ou encore la
SNCF qui n’hésite pas à refouler des personnes hors des trains et/ou à les balancer aux flics.
Une des nombreuses manières d’enrayer la mécanique des expulsions pourrait être de diffuser une hostilité contre ces participants, qui se retrouvent d’ailleurs dans d’autres domaines contribuant à façonner ce monde : outils de surveillance, autoroutes et aéroports, centrales nucléaires, palais de justice et prisons…
Si nous refusons de rester passif-ves et de contempler l’oppression en spectateur-trices désabusé-es, c’est bien parce que nous vomissons toute la domination et l’exploitation auxquelles l’État et le capitalisme veulent nous contraindre.
Ce que nous refusons pour nos vies, nous le refusons également pour d’autres.
Nous voulons nous battre pour notre liberté, et c’est dans ce combat que peuvent se tisser des complicités détonantes.
Affûtons notre rage pour abattre les frontières, les États, et ce qui leur permet d’exister !
Liberté pour toutes et tous !
https://dupainsurlaplanche.noblogs.org/
(Paru initialement dans L’idiot utile – journal d’une certaine gauche, en vente dans tous les bons endroits reculés et difficiles d’accès.)
J’appelle fascisme toutes les variantes de la peste brune. Qu’aucun fasciste ne se réclame du fascisme n’invalide en rien mon propos; le fascisme ne se présente jamais lui-même comme il est réellement.
Le fascisme n’est pas l’incarnation du mal absolu, si on considère que le mal est une monstruosité qui dépasse toute compréhension et ne peut s’expliquer autrement que par lui-même, à l’image d’une déité infernale.
Le fascisme n’est pas non plus une scorie, une perversion ou une déviation de la démocratie. Le fascisme n’est pas l’antithèse de la démocratie; il est une des formes de la démocratie – sa forme panique.
Une affiche de solidarité au sujet de la violence révolutionnaire que l’on peut trouver dans différentes villes [allemandes]:
Si nous acceptons le fait que chaque acte de violence se ressemble, nous consentons alors à réduire notre opposition à ce que l’Etat et l’ordre dominant trouvent acceptable : nous sommes pacifiées.
Pourtant, rester passives face à la misère sociale actuelle laissera des cicatrices plus profondes que les erreurs que nous rendrons inévitables en choisissant l’attaque.
Solidarité et complicité avec les casseuses, les pilleuses et les rebelles de la révolte à Hambourg !
Liberté pour toutes les prisonnières !
Amour, solidarité et violence révolutionnaire pour la révolte sociale !

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 27. November 2017]
Repris du blog sansattendre.noblogs.org
Avec joie, nous avons appris des médias, qu’après les incendies de septembre et d’octobre dernier, il y a eu une nouvelle explosion de rage des retenus au CPR de Caltanissetta « Pian del Lago » [1] pour briser l’isolement et le silence autour de ce camp. Dans la soirée de samedi 9 décembre, quelques prisonniers ont incendié des sections du camp, probablement pour s’opposer à une expulsion imminente.
Suite à la révolte incendiaire, au cours de laquelle des objets ont été jetés sur les gestionnaires du camp qui ont tenté de les arrêter, les dégâts sur les installations du camp semble être considérables. A l’heure actuelle, nous ne savons rien au sujet des conséquences possibles pour les prisonniers.
Actualisation du 11 décembre 2017: Dans une interview, le chef de la police a confirmé que plus aucune personne ne peut être enfermé dans ce camp, jusqu’à ce que l’administration rénove les bâtiments. En conséquence, le camp a été entièrement vidé. Toutefois, un premier groupe de personnes a été déporté vers la Tunisie, comme cela était prévu avant cette révolte.
Solidarité avec ceux qui se rebellent et détruisent leurs propres cages !

[Traduit de Aus dem Herzen der Festung via la presse locale]
NdT:
[1] Caltanissetta est une petite ville de Sicile. Début janvier 2017, le gouvernement italien a rebaptisé les Centres d’Identification et d’Expulsion (CIE) en Centres de Permanence pour le Rapatriement (CPR). Il annonçait ajouter 14 centres d’identification et d’expulsion, aux 4 déjà ouverts, (sur 13 créés en 1998), et ce dans différentes régions. Ils ont une capacité de 100 places maximum et enferment seulement des hommes n’ayant pas le droit de demander l’asile. Les migrants peuvent croupir douze mois maximum avant d’être expulsés.
Repris de https://sansattendre.noblogs.org

Pour des vols et des évasions à la fin des années 1980, Philippe Lalouel est en prison depuis 30 ans. Contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine, il se bat pour ne pas mourir entre les murs. Au fil d’une longue correspondance avec le réalisateur, il prend la parole depuis une prison de haute sécurité et refuse sa destinée de fantôme social. Autour d’un énième procès aux assises, sa compagne Monique, et un groupe d’amis se battent à ses côtés pour le faire sortir. Une histoire d’amour et d’amitiés qui dévoile une partie de l’implacable machine judiciaire. Une plongée anti-spectaculaire dans le temps infini des longues peines.
En présence d’un membre de l’équipe. Suivi d’une discussion

***
06/12/2018 – Alexandros Grigoropoulos (Αλέξανδρος Γρηγορόπουλος), tué par balle par un flic, à
Exarcheia (Athènes)
La Grèce sur le pied d’insurrection
Nous préférerions par-dessus tout que nos luttes ne connaissent pas de limites. Voilà pourquoi nous cherchons à saisir lors de leur élaboration, où se trouvent leurs limites, leurs frontières, pour ensuite tenter de les déplacer. Cette intention se traduit aussi bien sur le terrain « géographique » que sur le plan du « contenu ». Si nous engageons une lutte, nous avons souvent le désir au cœur, ne fût-ce qu’en catimini, que cette lutte ait des échos au-delà d’un quartier, d’une ville, d’une région spécifique. De la même manière, nous considérons une thématique spécifique ou un événement concret dont part une lutte simplement comme des points de repère : nous espérons que d’autres qui veulent se battre les dépasseront aussi pour remettre en question et attaquer toujours plus d’aspects du pouvoir. En d’autres mots, un désir de luttes qui ne connaissent pas de frontières.
Novembre 2012
Lors des discussions suite à l’extinction de la lutte contre la construction du nouveau centre fermé à Steenokkerzeel (près de Bruxelles), quelqu’un posait ce constat remarquable : « Tout ce que nous essayerons, engendrera des problèmes. Et ce n’est pas un problème. »
Une lutte sans problèmes, une lutte facile est pour toujours inexistante, A+B n’égalera jamais révolution. Ruminer sur « la chose parfaite » à faire est souvent paralysant, après chaque réflexion on peut toujours mettre de nouveaux points d’interrogation. Jusqu’à se perdre dans le labyrinthe. Que ça soit clair : il n’existe pas d’action « parfaite » qui porte tout en soi, qui connaîtra des répercussions indomptables, qui nous catapultera subito dans l’insurrection ; ni de lutte « parfaite » qui nous amènera de l’égarement postmoderne en ligne droite vers la révolution sociale. Mais ceci pris en compte, rien ne nous empêchera de continuer à réfléchir. Arrêter de réfléchir, arrêter de discuter, tout comme arrêter d’agir, ne peut qu’engendrer la perte de ce que l’on venait de conquérir. Et, donc, on réfléchit sur les luttes du passé, sur un projet pour l’avenir, sur de nouveaux défis qui relient nos différentes activités dans une lutte. Pour dépasser le sporadique, le voltigement sur terre sablonneuse et tenter d’élaborer un projet insurrectionnel. Rien ne nous offrira quoi que ce soit comme garantie de réussir, d’arriver à des résultats concrets. Mais c’est un défi, et ça vaut la peine de le tenter, de le vivre. Et donc, nous allongeons nos mains.
Pourquoi une lutte spécifique ? Pourquoi cette lutte est-elle spécifique ?
Le choix d’entamer une lutte spécifique contre la construction d’un nouveau centre fermé (camp de déportation) à Steenokkerzeel était basé sur une analyse du contexte social, tout comme il est une continuation des expériences faites depuis des années autour du thème des papiers, des camps et des frontières (de solidarité et soutien en interventions sporadiques jusqu’à faire la cartographie de l’ensemble des éléments qui constituent la machine à expulser). Après quelques années d’occupations d’églises et de manifestations de (collectifs de) sans-papiers pour obtenir une régularisation générale1, l’Etat décidait de construire un nouveau camp de déportation (le premier nouveau centre depuis des années) tandis que le mouvement des sans-papiers se freinait suite à une bonne dose de répression (déportation des lutteurs les plus fervents, expulsions d’occupations, le cardinal qui appelait ses prêtres à ne plus laisser accéder de sans-papiers aux églises et centres paroissiaux, gestion plus dure des manifestations,…) et une promesse de régularisation.
Nuit sous tension au Centre de rétention administrative de Paris-Vincennes (CRA). Dans la nuit de lundi à mardi, huit hommes -des étrangers en situation administrative irrégulière- ont tenté de s’évader des lieux. Vers 3h45, ils ont cassé une fenêtre de leur chambre pour s’échapper, mais ils ont été rattrapés par les policiers. Les choses ont manifestement dégénéré lorsque les fonctionnaires sont rentrés pour placer deux des hommes dans une chambre d’isolement. Les autres pensionnaires du centre ont vivement protesté, et la situation s’est tendue au point que des renforts policiers ont été appelés sur place. L’escalade s’est poursuivie, avec une douzaine de départs de feu allumés à partir des chambres de cette unité -le centre de rétention en compte trois- qui héberge 57 personnes. Selon un personnel sur place, les dégâts sont très importants.
http://www.leparisien.fr
SECURITE La ville de Marseille est la première en France à vouloir utiliser le Big data pour améliorer la sécurité. Certains craignent une atteinte aux libertés, façon Big Brother…

https://www.20minutes.fr/marseille/2180687-20171204-video-marseille-veut-utiliser-donnees-informatiques-ville-plus-sure-big-brother-prouesse-technologique#&gid=1&pid=1
Le 16 novembre 2017, 3 personnes ont été incarcérées une semaine à la prison des femmes de Fleury-Mérogis, puis libérées suite à une demande de mise en liberté. Le jeudi 7 décembre elles passent en procès pour « tentative de vol par effraction en réunion », « provocation à s’armer contre l’État » et « refus de signalétique », à la 17e chambre du TGI de Bobigny.

La prison pour personne !
Y a beaucoup de maisons vides à Montreuil. Beaucoup de spéculateurs, d’héritages en indivision, de maisons justes abandonnées ou attendant le nouveau métro. Beaucoup de grues aussi, d’algecos vendant le bonheur à deux pas du periph’, en mode éco-responsable, bio-coopératif, citoyen-vigilant.
Y a des riches à Montreuil, un peu comme partout.
Y a des bourgeois de gôche, qui hésitent entre Brard, Bessac et Voynet, économie solidaire et monnaies alternatives, eux sont nombreux, ou bruyants.
Puis y a les flics, braves défenseurs de l’ordre et de la propriété, bras armé de la justice et de l’État, qui contrôlent qui est trop basané à leur goût, qui sont appelés par quelque citoyen content de rapporter une invasion de squatteuses, un fraudeur à la CAF, ou une énervée boutant le feu à un bétonneur, constructeur de palais de justice, de taules ou de HLM.
Et y a les juges, qui du haut de leur prétoire détruisent des vies, punissent pour asseoir l’autorité, prêchent la loi de la République et disposent de la liberté de chaque individu attrapé dans les mailles de leur filet, leur proposant rédemption contre pardon, si la fiche de paye suit.
Et y a les journalistes, qui se jouent de nos vécus et avec notre liberté pour avoir le bon scoop, la bonne photo. Qui construisent un ennemi, préparent la répression et nourrissent les accusations par leurs formules : ultra-gauche, jeunes-de-banlieues, casseurs.
Et y a cette société qui fonce droit dans le mur, de plus en plus vite. Qui tue aux frontières, enferme une part croissante de la population, produit aveuglément, enterre des déchets radioactifs pour les millénaires à venir, nous dépossède de nos relations par la technologie, tente de surveiller les faits et gestes de chaque individu, bombarde et enrôle pour le dieu pétrole, la démocratie, ou pour un au-delà moins pire qu’ici.
Et y a des pauvres, des révoltées. Des gens qui, par choix et par nécessité, ne payent pas de loyer, occupent les maisons vides, volent dans les magasins, cambriolent les riches, arnaquent les assurances, attaquent les agences immobilières, braquent des banques, brûlent ou détruisent les outils des exploiteurs.
Au début, ce n’étaient que quelques voix. Quelques unes mais pleines d’assurance, animées d’un caractère péremptoire dû plus aux artifices de la «nécessité stratégique» qu’à la puissance effective de ses propres moyens. Puis les voix ont commencé à se multiplier, quantitativement et qualitativement, et sont devenues un petit chœur. Ici et là, on est passé des paroles aux faits. Des paroles ridicules et des faits médiocres diront certains, mais ce sont toujours des paroles et des faits ! Par les temps de disette que nous traversons, il faut bien le reconnaître, ce ne sera pas un oasis dans le désert, pas même un mirage. L’opportunisme qui infeste depuis toujours les ambitions des uns et l’aphasie qui annihile depuis trop d’années l’intellect des autres ont fait le reste.
C’est désormais officiel. En lisant les textes et les communiqués diffusés sur la toile et ailleurs, il est devenu impossible de ne pas se rendre compte qu’il y a un tas de braves compagnons de divers horizons à l’intérieur du mouvement qui veulent s’acoquiner, nouer des alliances, combiner des actions d’ensemble… pour combattre l’ennemi commun. Basta du sectarisme ! Basta des préjugés idéologiques ! Place au front uni anticapitaliste.
Ca chauffe sévère à la frontière italienne (Briançonnais) : grosse
pression policière et enquêtes à charge sont en marche contre les
camarades. Les arrestations de deux journalistes
visent clairement à obtenir des éléments et des témoignages pour coffrer
nos ami.es des Hautes-Alpes. Vigilance et solidarité maximales !
source : migrants13
« En vérité, je vous dis que les mouchards poussent sur la terre comme des herbes mauvaises, le monde est envahi par la délation. Tous nos petits-enfants seront des policiers … la police disparaîtra seulement à cause de sa propre généralisation.
Elle doit couvrir le monde d’une inondation de boue.
Si tous les hommes crachent, il n’y aura pas besoin d’espions.
La police, comme tous les monopoles, constitue une société dans la société, une hiérarchie dans le monde …
La police est plus utilisée des administrations publiques.
La peste est précieuse pour croques morts; le vice pour les bandits; les partis pour les mouchards …
Nous avons semé la misère, nous récoltons l’infamie. »
Ernest Cœurderoy
Par le passé, l’horreur pour la délation était si profondément enracinée et répandue que même les mères les plus pieuses et sectaires, pleines de rancune contre Judas Iscariot, enseignaient à leurs petits que « Qui moucharde n’est pas le fils de Marie, n’est pas fils de Jésus, quand il meurt il part là bas, il descend où il y a ce bonhomme qui s’appelle diablotin. » Un vrai paria, en somme. Avec de telles leçons de pédagogie, il n’y a pas de quoi se surprendre si ensuite à l’école, quand quelqu’un faisait farce, le professeur perdait inutilement son souffle et son temps à interroger la classe pour découvrir le responsable : une scène muette. Le mépris vers doigt pointé pour donner des indications à l’autorité sur qui punir était presque universel. Ceux qui ont été entachés d’une telle infamie ont dû raser les murs, regarder derrière leurs épaules, baisser les yeux, trouver de nouveaux amis. Aujourd’hui non, aujourd’hui, la délation est devenue une vertu publique, quelque chose dont on peut se vanter et s’enorgueillir.
Nous nous trouvons face à vous pour être jugés. Coupables ou innocents ? Mais quelle est l’accusation contre nous ? Dans les milliers de pages que la procureur a produit on trouve vingt ans d’histoire de la lutte anarchiste en Italie et pas seulement. On parle de faits spécifiques pour donner un peu de valeurs aux suppositions et aux conjectures, mais cette montagne de papiers, en réalité, de quoi veut-elle nous convaincre ? Elle veut nous convaincre que nous sommes anarchistes. Que nous n’acceptons pas passivement le système qui nous gouverne, l’inévitabilité de la domination de l’homme sur l’homme et de l’homme sur la nature. Elle vous demande de condamner l’amour qui unit des êtres humains liés par le même mépris pour l’autorité et qui partagent l’implacable désir de liberté. Si c’est pour cela que nous sommes ici, mettons tout de suite fin à cette farce avant qu’elle ne commence. Nous sommes coupables.

Extrait du livre de Giuseppe Bucalo – DERRIÈRE CHAQUE IDIOT IL Y A UN VILLAGE – Itinéraire pour se passer de la psychiatrie. (p 109-115)
Sicilia Punto L Edizioni – 1990
Autodétermination
La psychiatrie n’appartient pas à la vie.
La vie n’appartient pas à la psychiatrie.
Les itinéraires personnels et collectifs pour se libérer de la psychiatrie traversent souvent des territoires et des labyrinthes dans lesquels notre existence entre en jeu. A l’heure actuelle, en effet, il est quasi impossible pour une personne de faire sans les “soins” psychiatriques, parce que ceux-ci peuvent être imposés contre sa volonté. Il est en outre pratiquement impossible de refuser le diagnostic de “maladie mentale”, puisque celui-ci est encore considéré comme un jugement médico-scientifique et non comme une insulte à sa propre humanité et à celle des autres.
Il ne s’agit pas ici de convaincre quiconque de se passer de la psychiatrie, mais plutôt de permettre à chacun de se mettre dans la condition de pouvoir le faire. Je crois que les gens ont le droit de décider de se faire définir (et d’être soigné) ou non en tant que “malade mentale”. Ce droit ne pourra jamais être “exercé”, tant que ne sera pas abolie chaque norme qui justifie les traitements coercitifs et l’obligation de “soin” de la part de la psychiatrie.
L’expérience nous enseigne que bien peu de personnes se rendent face au Moloch psychiatrique sans le combattre. L’arrogance psychiatrique va jusqu’à affirmer que le “symptôme” caractéristique de la maladie quelle entend soigner est justement le refus de la part du patient “d’être malade” et d’avoir besoin de “soin” psychiatrique. Ce qui revient à dire qu’était “malade” qui tentait de se soustraire à la lobotomie, tout comme qui s’opposait à l’internement en asile; de la même manière qu’est “malade” qui refuse de se faire bourrer de médicaments, se prendre une décharge électrique, se faire enfermer dans les services psychiatriques, perdre tout droit à l’intimité, à la communication, à l’autonomie.
Le vendredi 24 novembre à la Sorbonne avait lieu une table ronde autour des « droits de l’Homme en prison » organisée par l’association Farapej. Une dizaine de personnes ont perturbé leur « dialogue » avec entre autres Patrice Bourdaret, directeur de la prison de Villenauxe-la-Grande (Aube).
Interruption tapageuse, slogans, banderole, tract et boules puantes ont rencontré quelques sourires complices dans le public et une hostilité réciproque avec les organisateurs et leurs défenseurs.
Alors que l’État perfectionne sa machine à enfermer, construisant 33 nouvelles prisons, multiplions les grains de sable dans ses rouages.
Solidarité avec toutes celles et ceux qui se révoltent au quotidien contre les flics, la justice et l’enfermement.
Le tract sous format pdf :
Repris de Indy nantes
Ce qui alimente le show c’est le show lui-même, il n’y a rien en dehors de cela…
“Le show doit toujours continuer” n’est pas la consigne de quelque vieil acteur manquant d’éthique, c’est la logique de fonctionnement et le sens du monde actuel. Dans un monde totalement médiatisé par l’image, celle-ci se transforme non seulement en véhicule par excellence de “tout ce qui se passe”, mais aussi en une vraie “nécessité”. Aujourd’hui, l’image c’est tout, ce que confirment y compris les défenseurs usés d’autres langages. L’image est une nécessité impérieuse et quelque chose à défendre à mort pour ceux qui tirent profit de sa répétition. Il en va ainsi, et les médias dits d’information défendent explicitement l’image et le spectacle.
Le cas de la presse est symptomatique. Son intime relation avec le Pouvoir, son rôle concret dans les mécanismes de consensus sont déjà archi-connus, mais la défense puérile qui en est faite attire souvent l’attention. Les progressistes et autres libéraux ont perdu toute conviction, sauf celle de n’en avoir aucune. Quant à nous, nous devons continuer à dire les choses très clairement : comme la police ou les services de renseignement, la presse est un organisme de plus du Capital et de l’Etat, elle n’a aucun rapport avec la liberté, sauf par hasard. La relative “indépendance” d’un journaliste quelconque, telle ou telle histoire particulière, et même les cas de contradiction avec les gouvernements de circonstance ne sont qu’anecdotiques. Une analyse un tant soi peu approfondie de la presse dans son rapport à la création, au maintien et au renforcement de l’ordre existant montre clairement sa fonction de collabo.

Le gouvernement Italien projette de créer une maxi-prison de 1 200 places à Nola (province de Naples), dans une zone éloignée du centre ville rendant la prison toujours plus « imperméable » et plus contraignante pour les proches des personnes incarcéré.e.s, et rendant quasi impossible le régime de semi-détention. Compte tenu des indices actuels de surpeuplement, la prison pourrait atteindre le seuil des 2 000 détenus… Il s’agit du troisième pôle dans le grand Naples, après Secondigliano et Poggioreale.
« Mieux vaut prévenir… Il est indispensable de développer une intelligence commune autour des pratiques policières d’infiltration, de renseignement et de répression. Sans doute que faire du bruit, les rendre publiques permet déjà d’en limiter l’impact (et pas seulement parce qu’on grille les sources). Mais il faut aussi s’attaquer au terrain qui permet aux flics de manœuvrer relativement facilement.
Quelles prises nos formes collectives d’organisation et de vie offrent-elles déjà aux flics ? Comment au fond la police fonctionne déjà en notre sein, créant une disposition à la collaboration ? Il y a sans doute tout le petit jeu des embrouilles qui n’arrivent pas à s’assumer franchement en désaccords, des rumeurs colportées sur tel ou telle, toute cette machine à produire des identités et des étiquettes bien pratiques quand il s’agit ensuite de les ranger en organigramme… Mais plus essentiellement le problème semble concerner la densité politique des « mouvances » potentiellement ciblées par la police. Autrement dit, ce qui peut permettre de l’empêcher d’opérer préventivement, c’est tout simplement ce qui d’ordinaire doit rendre nos existences et nos initiatives politiques un tant soit peu vivables : un peu moins de défiance et de ressentiment, un peu d’intelligence dans les conflits, un tant soit peu d’intégrité ou de sincérité et surtout une solidarité matérielle et affective qui soit à la hauteur. »
En espérant que le travail des camarades italiennes puisse servir comme outil de ce côté de la frontière aussi.
À cette adresse l’original en italien de ce texte.
Ici et ici les textes parus en français à propos du viol de Parme.
Au cours de l’année en tant qu’assemblée antisexiste nous nous sommes questionné.e.s sur le thème de la violence de genre dans ses formes les plus diverses. Cela s’est fait à partir des épisodes concrets qui se passent quotidiennement dans les contextes où l’on vie : la famille, le travail l’école, les relations sexuelles et/ou affectives, les lieux publics en général.
Nous sommes contre la prison, parce que le bruit de la clé dans la serrure d’une cellule est une torture quotidienne, l’isolement une abomination, la fin du parloir une souffrance et le temps enfermé un sablier qui tue à petit feu.
Nous n’avons pas oublié la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école et que les sonneries résonneront toujours en nous comme la cadence du dressage.
Parce que nous voulons changer radicalement cette société, pas nous intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés, dans ses écoles…

http://collectif-feignasse.over-blog.com/2017/11/stop-aux-barreaux-stop-aux-boureaux.html
recueil d’articles du journal anarchiste 2010-2014
228 pages, 6 euro
Editions Tumult
On peut trouver le livre dans les lieux de diffusion habituels, ou le commander par tumult_anarchie@riseup.net. A partir de 3 exemplaires, s’applique une réduction de 25% sur le prix. Plus d’infos sur tumult.noblogs.org
L’introduction au livre :
Après la fin de l’aventure du journal Hors Service, force est de constater que nous non plus, nous n’avons pas « trouvé » le Toison d’or. On l’a voulue, désirée, rêvée. On a combattu, on s’est obstiné, on a reçu des coups. On s’est mis en péril, on s’est mis à nu en entreprenant ce voyage, on s’est hasardé dans des terres inconnues. Si notre bateau n’est pas arrivé à destination, c’est que la destination doit être le voyage même.
Le journal que nous avons commencé à éditer en cet hiver 2010 a été un beau voilier pour poursuivre nos rêves. Parfois les vents sont venus bousculer nos cartographies et les tempêtes ont bien secoué les voyageurs. Tant mieux, c’est la tempête qu’on voulait ! La tempête en nous, la bataille têtue contre un monde de morts. On a brisé le carcan des conventions et du moindre mal pour laisser s’enflammer nos coeurs. Et ils ont brûlé, toujours cherchant à porter le feu non seulement devant les portes des ennemis de la liberté, mais aussi dans les corps de nos contemporains.
La parole est une compagne de voyage capricieuse. Elle cherche à jeter des ponts, à ouvrir des brèches dans ce qui a toujours été la cible première de l’autorité : l’esprit et le coeur des hommes. Généralement elle échoue, errant dans le désert. Mais parfois elle peut devenir cri, blessant la chair infestée d’idéologies, de croyances, d’obéissances. Il n’y a pas de forme qui soit plus propice qu’une autre, car c’est toujours une blessure individuelle, un coup de couteau dans le ventre du singulier. Sinon, la parole ne serait qu’artifice de propagande intéressée, de recrutement, d’embrigadement.
mercredi 22 novembre 2017
Dans l’affaire de l’incendie de la voiture de flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention. L’une d’elles, Kara a été libérée mardi 14 novembre. L’autre, toujours détenu a été placé depuis samedi au Quartier Disciplinaire (mitard) de Fleury-Mérogis.
Samedi 18 novembre au matin, des matons entrent dans sa cellule. Ils lui demandent de faire son paquetage pour changer d’étage alors qu’il s’entendait bien avec son co-détenu, venait d’avoir accès au sport et finissait seulement de récurer la cellule dégueulasse dans laquelle il était arrivé quelques jours auparavant. Déménager aurait donc signifié tout recommencer à zéro. Ce qu’il refuse. Il est alors emmené de force par plusieurs matons jusqu’au mitard. Ce lundi, il a été présenté devant la commission de discipline. Accusé de « violences physiques à l’encontre d’un membre du personnel », de « refus de se soumettre à une mesure de sécurité », il a été condamné à 20 jours de mitard, dont 6 avec sursis.
Le mitard, c’est l’isolement complet, une seule heure de promenade par jour, un seul parloir par semaine, plus de possibilité de cantiner, et plus aucune activité. Tout ça dans une cellule avec une simple paillasse et des chiottes scellées au sol.
14 jours de prison dans la prison.
Ils tentent de contenir la colère, et de nous faire plier par la répression.
Opposons leur notre solidarité et notre combativité !
Source : Indymedia Nantes
***Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre, trois compagnonnes ont été contrôlées dans une rue de Montreuil et emmenées au commissariat. Un « voisin vigilant » les aurait vues à proximité d’une maison inoccupée et a appelé les flics. Elles ont alors été placées en garde-à-vue pour « tentative de vol par effraction en réunion ». Elles n’ont rien déclaré durant la GAV et ont refusé de donner leurs empreintes et photos, ce qui leur vaut d’être également poursuivies pour « refus de signalétique ». L’une d’entre elle est également accusée de « provocation à s’armer contre l’État » sans qu’on sache à quoi se réfère ce dernier chef d’inculpation.

Publié à Marseille de janvier à mars 1927, Ne lâchons pas était un journal gratuit expédié par milliers d’exemplaires en Italie et diffusé clandestinement à la main. Mis en place par le « Comité anarchiste pour l’action antifasciste », dans ses colonnes on ne cachait pas bien sûr la situation tragique des subversifs en Italie, traqués par une société manifestement totalitaire. Mais, malgré tout, il encourageait à l’action et suggérait quelques possibilités d’intervention – les seules restantes, celles qui naissent de la volonté et de la détermination de l’individu, contre toute résignation populaire et contre toute subordination collective.
Les textes qui suivent sont des extraits d’articles figurant sur les trois numéros de cette publication.
La folie se porte bien
Marge, n°6, Avril-Mai 1975, p. 7.

Il y a peu de temps encore, le silence s’organisait autour de la folie : elle est maintenant devenue prétexte à littérature. Je peux parler de cette attitude qui consiste à parler sur la folie, en la trouvant intéressante, excitante et belle – pour mieux oublier sa parole et ce qu’elle engage. Elle est devenue sujet de thèse, objet d’études littéraires, critère esthétique. Elle présente pour la pensée universitaire et avant-gardiste en mal de nouveauté d’évidentes qualités artistiques. Certains mêmes, qui ne craignent pas de faire l’apologie de la folie, prennent toutes leurs précautions de confort intellectuel pour ne pas y sombrer. Ce qui n’est pour eux que le spectacle de la folie illumine la pauvreté de leurs horizons. On veut bien tout admettre de la folie, sauf sa contagion, sauf qu’elle puisse transformer. Et ce bruit nouveau autour d’elle peut être aussi dangereux que cet ancien silence.
Les plus intelligents savent déjà que pour combattre un ennemi redoutable (la révolte, l’Impatience, l’amour, le dégoût…), il faut en faire un objet esthétique. Les autres, pleins de bonnes intentions, restent prisonniers de cette « culture », du « regard sur », de la séparation, du spectacle, du musée généralisé, qui tue ou enferme tout ce qu’elle touche.
Ah ! Que la folie est belle ! Elle peut même devenir un rôle social enviable. Lorsque l’on n’a ni « génie », ni richesse, ni puissance, on peut toujours se valoriser en se disant fou. Ceux qui n’ont pas réussi dans la littérature ou la politique peuvent toujours se recycler dans la folie. Cet empressement esthétique autour de la démence a son corollaire immédiat dans une soumission admirative et inavouée aux psychiatres, psychanalystes et autres dangereux farceurs. Comme toute « mode », elle fait vendre ou se vend, par l’Intermédiaire de l’introduction du « délire » dans la publicité ou sous forme d’art.
Mais attention, la folle dont on se réclame, ce n’est pas n’importe laquelle – la belle seulement -, celle qui est capable de magnifiques attitudes, d’angoisses bien charnues, de désespoirs bien littéraires. On va même jusqu’à privilégier telle ou telle forme de folie – scientifiquement reconnue (emboîtant ainsi le pas aux spécialistes de la question). Quant aux autres formes – celles qui ne sont capables que de manques, de maladresse, de mutisme -, on préfère les laisser croupir au fond des asiles – dans l’asile généralisé de l’espace quotidien.
Ceux qui se comparent à tel grand supplicié pour obtenir quelque admiration ou déférence ne sont que des littérateurs. Ceux qui trient dans la folle les aliments de leur théorie, ceux qui pratiquent le délire sans jamais risquer de s’y perdre, ne sont que des procureurs. Ceux qui font des livres pour disséquer la détresse des autres ne sont que des marchands.
Le jour où la folie – et ce qu’elle agite – descendra dans la rue, ils n’auront pas le temps d’en abstraire ce qui leur convient.
A ceux qui jouent le rôle de la folie, il faut leur lancer à la figure qu’à la racine de la folie II y a l’angoisse – c’est-à-dire la souffrance -, on ne peut pas vouloir l’angoisse, on ne peut que vouloir en sortir.
Je ne sais pas ce qu’est la folie, sinon justement cette angoisse, ce décrochage, sinon qu’elle n’est pas de « l’autre côté », mais bien de ce côté-ci où nous sommes – à la limite de nos attitudes, de nos désirs -, qu’il n’y a pas de rupture entre ma possible folie – ma proche angoisse et ma révolte active -, il n’y a que cet effacement des repères, ces paysages nouveaux qui montent – là où, justement, se décomposent les valeurs et les formes : où éclate le « regard sur ».
Nous avons tout à faire pour que ce qui agite la folie sorte des lieux où on normalise pour se répandre dans la vie. Entre autres, se débarrasser de l’esthétisme qui, au lieu d’enfermer dans les asiles, enferme dans des musées ou dans des marchandises. Mais si la deuxième mort des fous, c’est de les enfermer dans leurs éventuelles œuvres, un jour, avec tant d’autres, « la peinture de Van Gogh armée de fièvre et de bonne santé, reviendra pour jeter en l’air la poussière d’un monde en cage que son cœur ne pouvait plus supporter ».
Sébastien.
Macerie @15 novembre

Il y a deux nuits, les détenus ont mis le feu au zones bleues et vertes du centre de rétention (Cpr), rendant inaccessibles différentes pièces. Les gardes sont arrivés immédiatement en distribuant du gaz lacrymogène et des coups, avec les pompiers qui ont jugé bon de rafraîchir les ardeurs en lavant littéralement leurs prisonniers avec des pompes à eau. Les gardes ont été particulièrement offensifs avec les coups et les claques surtout dans la zone bleue où de l’intérieur nous avons appris qu’il y avais plusieurs blessés. Les feux ont été éteints, une perquisition a été effectuée à la recherche d’effrayants briquets puisque efficaces tandis qu’à l’extérieur des feux d’artifices ont salué les prisonniers et ont apporté leur solidarité au soulèvement.
La plupart des personnes qui étaient enfermées dans les zones bleues et vertes ont passé la nuit tous ensemble au réfectoire dans le froid, sans couvertures ni matelas, tandis que douze personnes étaient emmenées et isolées. Leurs compagnons de galère ce matin, ne sachant rien de leur sort, ont refusé la nourriture en signe de protestation.
La situation évolue toujours et les nouvelles arrivent petit à petit. Nous en saurons plus dans les prochains jours sur cette nuit d’incendies et ses conséquences sur les prisonniers impliqués et les quartiers où ils sont enfermés. Pour l’instant, les gens ont été déplacés des chambres rendus inhabitables et sont jetés ici et là entre le réfectoire et les zones déjà surchargées. Les bruits de couloir disent qu’il pourrait y avoir des transferts.
Nous verrons, pour l’instant nous nous réjouissons de ce feu novembrin qui rappelle à tous qu’à l’intérieur du CRA surtout quand les structures sont pleines, il ne peux pas y avoir de paix.
Ci-dessous, nous vous proposons deux courtes vidéos tournées dans le Cpr après le feu.
EDITO
On va pas pleurer sur les milliers de Vortex tombés pour la trace et leurs cris déchirants derrière la porte des toilettes. Du coup là on a fait des pointillés pour maximiser le rendement (chacun-e la sienne, bordel!).
Depuis les années 80 et le vih qui ronge tout, on a quand même fait pas mal de progrès. les programmes d’échanges de seringues, la prescription de substitut, le testing, l’auto support, les interventions en milieu festif tekno et urbain, les salles de shoot… les assos communautaire ou non ont pausé les pierres pour rappeler que l’être humain aime s’altérer. ça ne lui ôte pas le droit de vivre!
Bienvenue à tou-tes dans le Vortex, consommatrice/consommateur ou pas, ça n’empêche pas de rester attentif aux autres, à nous mêmes et aux lieux autour de nous. La scène qu’on aime c’est quand tout le monde passe un bon moment, pas obligé-e de partir à cause de comportements relous trop souvent passés sous silence. comme l’a dit Kroptokine «Ma fête est celle de l’autre à l’infini».
Il se passe pleins d’événements cool dans les lieux du vortex donc pour que ca continue tu peux y trouver du matériel : capotes, bouchons d’oreilles, alcootests, roule ta paille, brochures d’info …
Le vortex est enfin recyclable
Pour plus d’infos voici des contact qui dépanne toujours :
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Ceggids : 04.13.31.69.14 / 04.13.31.56.78
Réduction des risques
– Plus bele la nuit : 06.98.24.31.32
– Bus 3132 CAARUD/CSAPA/Festif : 04.96.04.56.06
– Tipi CAARUD/Festif : 04.91.92.52.94
– Aides : 04.91.14.05.15
Site internet
– www.psychoactif.org/forum
– www.technoplus.org
ivg – contraception – Violences
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L’Agenda Marseillais non exhaustif de concerts punks, underground, et autres du genre DIY
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Il y a de plus en plus d’indésirables dans le monde. Il y a trop d’hommes et de femmes pour qui cette société n’a prévu qu’un rôle : celui de crever. Morts pour le monde ou pour eux-mêmes, la société ne les désire qu’ainsi.
Sans travail, ils servent à pousser ceux qui en ont un à accepter n’importe quelle humiliation afin de le préserver. Isolés, ils servent à faire croire aux citoyens se prétendant tels qu’ils ont une réelle vie commune (entre les paperasseries de l’autorité et les rayons des marchandises). Immigrés, ils servent à alimenter l’illusion d’avoir des racines chez des prolétaires seuls avec leur néant au bureau, dans le métro ou devant la télévision. Clandestins, ils servent à rappeler que la soumission salariale, n’est pas le pire – il existe aussi le travail forcé et la peur qui serre le ventre à chaque contrôle de routine. Expulsés, ils servent à renforcer, sur tous les réfugiés économiques de l’hécatombe capitaliste, le chantage du bannissement vers une misère sans retour. Prisonniers, ils servent à menacer avec le spectre de la punition ceux qui ne veulent plus de cette misérable existence. Extradés en tant qu’ennemis de l’Etat, ils servent à faire comprendre que dans l’Internationale de la domination et de l’exploitation il n’y a aucun espace pour le mauvais exemple de la révolte.
Pauvres, isolés, étrangers partout, incarcérés, hors-la-loi, bannis : les conditions de ces indésirables sont de plus en plus communes. Commune peut alors devenir la lutte, sur la base du refus d’une vie chaque jour plus précarisée et artificielle. Citoyens ou étrangers, innocents ou coupables, clandestins ou réguliers : ces distinctions des codes étatiques ne nous appartiennent plus. Pourquoi la solidarité devrait-elle respecter ces frontières sociales, alors que les pauvres sont continuellement trimbalés de l’une à l’autre ?
Définir comme lager les “centres de séjour temporaire et d’assistance” [Cpt, centres de rétention] pour immigrés en attente d’expulsion —centres introduits en Italie en 1998 par le gouvernement de gauche avec la loi Turco-Napolitano, en conformité avec les accords de Schengen— n’est pas de l’emphase rhétorique, comme le pensent aussi au fond de nombreuses personnes qui utilisent cette formulation. Il s’agit d’une définition rigoureuse. Avant de devenir des centres d’extermination méthodiques, les lagers nazis ont été des camps de concentration dans lesquels vivaient reclus les individus que la police considérait, même en l’absence de conduite pénalement répréhensible, comme dangereux pour la sécurité de l’Etat. Cette mesure préventive —définie “détention protectrice” (Schutzhaft)— consistait à priver certains citoyens de tous leurs droits civils et politiques. Qu’ils fussent réfugiés, juifs, tziganes, homosexuels ou opposants politiques, il revenait à la police, après des mois ou des années, de décider quoi en faire. Ainsi, les lagers n’étaient pas des prisons dans lesquelles on arrivait à la suite d’une condamnation pour quelque délit (dans sa définition totalitaire plus ou moins aberrante), et ne constituaient pas une extension de droit pénal. Il s’agissait de camps dans lesquels la Norme fixait sa propre exception ; en bref, une suspension légale de la légalité. La définition d’un lager, donc, ne dépend ni du nombre d’internés ni de celui d’assassinés (entre 1935 et 1937, avant le début de la déportation des juifs, il y avait 7500 internés en Allemagne), mais bien de sa nature politique et juridique.
Belgique – Jésus enlevé contre le nouveau centre fermé et les prisonsCe mati
n, 14 novembre 2017, Kara, incarcérée depuis le 26 mai 2016 et condamnée à 2 ans de prison ferme et 2 avec sursis dans l’affaire du quai de Valmy est sortie de Fleury-Merogis.
Il n’y a pas eu d’appel des condamnations prononcées le 11 octobre dans l’affaire de la keufmobile brûlée le 18 mai 2016. Celles-ci sont donc définitives. Seule la personne jugée en son absence pourrait encore « faire opposition » si elle était arrêtée. Cet éventuel nouveau procès ne changerait pas les peines prononcées pour les 8 autres inculpé.e.s.
Après le rendu du verdict, deux personnes étaient restées en détention.
Ce matin, Kara, incarcérée depuis le 26 mai 2016 et condamnée à 2 ans de prison ferme et 2 avec sursis pour avoir lancé un plot sur le pare-brise de la voiture est sortie de Fleury-Merogis. L’autre personne est toujours enfermée.
Kara sort libre (sans aménagement, bracelet ou autre) car elle est arrivée en fin de peine. Cette libération intervient près de 18 mois après son arrestation. La justice aura gardé Kara enfermée tout au long de l’instruction et Kara ne se sera vue octroyer qu’une partie des remises de peines supplémentaires auxquelles elle pouvait prétendre. Malgré des conditions de détention particulièrement difficiles, Kara ayant effectué la totalité de sa peine à l’isolement, la justice a donc décidé de la garder le plus longtemps possible enfermée.
Solidarité avec les personnes pour qui la répression continue dans cette affaire !
Defcol
Source : https://paris-luttes.info/kara-liberee-apres-avoir-passe-la-9049

La nuit du 4 novembre, au CRA de Turin, une tentative d’évasion de masse, lié en partie aux déportations vers la Tunisie, a eu lieu: onze personnes s’étaient organisés pour tenter l’évasion et sauter l’imposante muraille; se sont ajoutés à eu les une dizaine de tunisiens à qui était arrivée à l’oreille l’hypothèse d’un rapatriement de masse qui pouvait les concerner. Malheureusement les forces de l’ordre se sont aperçues du mouvement anomal et ont empêché l’action collective naissante.
Pendant ce temps au CRA de Brunelleschi. Un grand nombre de personnes décident de ne pas manger les plats préparés par SODEXO et de partager les provisions qui arrivent de parents et amis, afin d’éviter médicament dans la nourriture et la nourriture impropre comme le poulet avarié récemment servi au CRA.

Selon nos informations, confirmées par le procureur de la République, une détenue âgée d’une vingtaine d’années s’est suicidée par pendaison hier soir dans sa cellule de la prison des Baumettes, à Marseille. Malgré l’intervention des marins-pompiers, cette mère de famille n’a pas pu être sauvée. Elle aurait été interpellée il y a moins d’une semaine par la douane alors qu’elle revenait d’un séjour à l’étranger et était sous le coup d’un mandat d’arrêt pour avoir mis en danger la vie de son enfant.
A en croire une proche de la victime, que nous avons pu joindre, elle souffrait de « troubles psychiatriques très sévères » qui auraient été « signalés aux agents qui l’ont arrêté ». « Mais depuis son placement en garde à vue, la famille était sans nouvelle », affirme cette proche.
Une enquête a été ouverte pour connaître les circonstances exactes de ce nouveau suicide qui intervient après la mort aux Baumettes, début août, d’un jeune homme de 21 ans, lui aussi atteint de pathologies psychologiques et qui s’était pendu avec ses draps. La plainte de sa famille, qui estime que l’administration pénitentiaire n’avait pas pris les mesures nécessaires pour prévenir son geste fatal, avait été classée sans suite.
http://www.laprovence.com/actu/en-direct/4697991/breve.html
Un tract qui date de 1984 lors des manifestations à Montrouge après l’assassinat d’un habitant par la police .
[L’ensemble du tract n’est pas forcément partagé : Ils font du racisme une histoire de couleur de peau (bah ça arrive dès fois oui), enculer, rapport exclusif à la lutte des classes…ect. Mais du reste pleins de choses intéressantes à relire ces temps-ci…]
(voir en bas de page)


voir aussi ROCK AGAINST THE POLICE : http://rapdocsonores.org/

CONTRE LE RACISME, LUTTE DE CLASSES.
Au moment où l’État colle au mur la première génération d’immigrés (Talbot, Citroën, expulsions…) et traque la seconde dans les rues de la métropole, les sponsors du misérabilisme pro-immigrés refont surface. Quoi de plus normal : ils ont besoin de renifler la misère pour survivre en tant qu’associations, partis groupuscules etc. Ils disent : « Un tel est mort assassiné par les flics, c’est d’autant plus dégueulasse qu’il n’était pas un voyou, qu’il avait du travail, une femme, une voiture, un mec bien quoi.. »
ASSEZ D’HYPOCRISIE.
Les flics tirent, parce que notre comportement, notre manière de vivre, de sortir, de refuser l’ennui, dérange le couvre-feu instauré dans les quartiers ; parce qu’il n’y a pas 56 solutions pour échapper aux 40 heures par semaine, soumis aux lois du marché du travail, à l’esclavage qui est la situation que l’on nous réserve dans cette société.
Ceux qui n’ont pas compris que le vol et la délinquance sont l’unique manière de survivre ici pour la jeunesse, ou plutôt l’unique choix, à part l’usine, ceux-là forment déjà autour de nous la nouvelle police ; celle qui crie « non a la provocation » quand les flics rentrent dans la manif pour y retirer la seule banderole qui les incriminait (cf manif de Montrouge). Provoquer ou ne pas provoquer, surtout ne rien faire ou seulement réclamer justice à la justice qui légalise les crime, à celle qui distribue la peine de mort d’ennui, allongeant des dizaines de mois de taule aux déviants que nous sommes.
Chaque fois que je crie: «À bas les flics! Démolissons les prisons!» Toujours ils me répondent: «Mais nous serons accablés par le crime, par le meurtre! Comment éviterez-vous que le monde ne dégénère en orgie de violence?»
Chaque fois que je crie: «Abolissons le travail! Fini l’esclavage salarié!» Toujours ils me répondent: «Mais nous devons manger! Nous vêtir! Comment éviterez-vous que les paresseux et les profiteurs ne deviennent rois?»
Chaque fois que je crie: «À bas la propriété! Brûlons tout l’argent!» Toujours ils me répondent: «Mais nous serons tous pauvres! Comment pourrons-nous espérer être libre si nous ne pouvons jouir de nos biens?»
Chaque fois que je crie: «Mort aux armées! À bas les frontières!» Toujours ils me répondent: «Mais nous serons envahis par les barbares! Comment éviterez-vous que les terroristes viennent nous voler notre terre et notre pain?»
Puisque, de toute évidence, nous vivons déjà dans un monde dont l’équilibre repose sur la violence entretenue où les rois, les maîtres et les profiteurs sont indiscernables
Puisqu’il est flagrant que nous ne pouvons espérer jouir sans entraves de notre vie de notre terre et de notre pain dans ce monde morbide intolérable
Je cesse de crier (car on n’entend jamais celles qui parlent haut et fort) et je leur demande tout doucement: «Comment ferons-nous alors pour vivre libres, en paix, sans violence sans massacres et sans viols?»
La plupart d’entre eux me répondent: «C’est impossible, le mal fait partie de la nature il y aura toujours des pauvres, des pervers, des fous. Nous sommes condamnés à souffrir et à vivre dans la peur.» Ceux-là s’attendent au pire et sont rarement déçus car le présent éternel est toujours à la hauteur de leur désespérance
D’autres – plus inquiets, plus indignés – me répondent: «Il faut plus de surveillance, plus de caméras plus de patrouilles et de contrôles, des cartes d’identité anthropométriques, des hélicoptères aux postes de douanes, des chiens renifleurs dans les aéroports, des camps de travail dans le nord pour les oisifs, des ghettos dans le sud pour les clandestins, des puces électroniques sous la peau des délinquants, des castrations chimiques pour les pédophiles, la prison à vie pour les meurtriers de onze ans, tous les autres au bout d’une corde, près un procès juste et équitable, un agent posté au coin de chaque rue et le paradis à la fin de nos jours»
Ceux-là ne peuvent penser que selon les termes de la société actuelle faite de dominations et d’oppressions de sang, de pleurs et de larmes
Ceux-là désirent un maître et non seulement vont-ils l’avoir mais il essaieront à coup sûr de l’imposer à notre corps défendant.
Anne Archet
Repris du blog https://flegmatique.net
Extrait de A Corps Perdu N°2
Janvier 2010
Si la nécessaire solidarité avec des individus auxquels nous unissent des liens d’affinités en ce que nous partageons la lutte contre ce monde est évidente, il est plus complexe d’intervenir par rapport à des actes qui nous paraissent intéressants, mais dont nous ignorons ce qui les motive. Une des bases de la solidarité pourrait alors être de porter réellement la lutte contre toutes les prisons, à commencer par la nôtre, et contre le monde qui les produit. Car lutter pour détruire tous les enfermements est plus que jamais d’actualité. En plus des perspectives pratiques que cela ouvre, se battre contre la domestication des corps et des esprits et les cages qui nous sont imposées de toutes parts peut permettre de dépasser les fausses séparations intérieur/extérieur en faisant le lien entre les divers enfermements, mais aussi de mieux creuser les différences qui, elles, sont bien réelles : entre ce qui conforte et renforce la domination et l’ordre existant, et ce qui va au contraire dans le sens de plus de liberté pour toutes et tous.

Un documentaire sur la surveillance de masse.
(NDR.Même commentaire que pour l’émissions sur les lois anti terroristes.)
Un bref aperçu des lois anti terroristes votées du 3 juin 2016 et du 21 juillet 2016, sur le rapport entre la magistrature et les services de renseignements, la surveillance et le contrôle en prison, sur l’isolement et la torture blanche, le retour à la perpétuité réelle…ect.
(NDR. Le vocabulaire reste très juridique avec des catégories et termes telles que « victimes, crimes, déliquants ou terroriste », ou encore des remarques du type : l’état n’a pas fait le nécessaire pour… le document apporte néamoins des éléments importants sur les étapes franchies dans les domaines de la répression et du contrôle).
De la militarisation des frontières à la sécurisation des sociétés
Depuis juillet 2016, une garnison de soixante militaires a fait son apparition dans la vallée de la Roya, aux alentours du village de Sospel dans les Alpes-Maritimes. Dépêchés officiellement dans le cadre de la lutte antiterroriste, leur mission se limite dans les faits à patrouiller à travers les sentiers, les villages et les gares afin de rafler les migrants. La traversée de la frontière par la zone côtière de Vintimille étant devenue très difficile en raison des nombreux contrôles policiers, les migrants préférèrent se risquer à passer par les cols montagneux. Si cet événement a fait l’objet d’une attention et d’une critique bien limitée, que ce soit de la part de la pressemais également des acteurs associatifs ou militants, il nous semble être révélateur de l’évolution du contrôle des frontières et de la militarisation de la société.
EXTRAIT DE NUNATAK NUMERO UN (Hiver/Printemps 2017)
Lire la suite ici : https://revuenunatak.noblogs.org

Cent ans. Considéré avec une certaine distance, cela semble microscopique, à peine un soupir d’un point de vue historique. Mais c’est aussi le moment charnière entre grands-parents et arrière-grands-parents, entre des visages connus et des photos jaunies, entre des caractères proches et des histoires lointaines. 1914-1918. Beaucoup de commémorations s’approchent, sans doute en présence de messieurs dames hauts dignitaires. Des discours sont tenus prétendant que « nous » avons appris de l’histoire, que « nous » sommes maintenant sur le bon chemin. Une note éphémère ici (c’est qu’il y a toujours des améliorations possibles), une tape réconfortante dans le dos par là et en apothéose, cet inévitable « Plus jamais de guerre ». Une blague indémodable ; les gens du pouvoir qui s’érigent en pacifistes. Les obsèques de Mandela ont aussi constitué une de ces pièces de théâtre dont les acteurs sont connus. Ceux qui revendiquent le monopole de la violence, commandent et arment les armées et les milices (ou polices si vous voulez), concluent des alliances pour conquérir et occuper des territoires (war on terror ou mission de paix en pure novlangue), tamponnent les licences d’exportation de matériel de guerre avec des destinataires souvent fl ous mais des buts toujours clairs ; de l’oppression à l’extermination. C’est une blague amère. Le souvenir d’une catastrophe inconcevable (et tout sauf naturelle) comme celle de 1914-1918… que dois-je en faire en tant que jeune homme ? Même les protagonistes qui mourraient par centaines et milliers dans les tranchées, qui gardaient des cicatrices indélébiles de ces quelques années, ne pouvaient pas en empêcher la répétition, à certains égards en superlatif. En toute honnêteté, il faut ajouter que les opposants les plus virulents à la guerre, lorsqu’ils n’ont pas servi de chair à canon sur le champ de bataille, sont morts dans les années ré- volutionnaires qui ont suivi le massacre, une baïonnette dans le ventre ou un couteau dans le dos quand ils ont tenté de se débarrasser de leurs maîtres. Opprimer et exterminer, cela ne faisait ni chaud ni froid à la nouvelle société. Quelle est alors la leçon que je pourrais tirer de l’histoire ? Qu’elle se répète toujours ? Cet énorme cliché sans cesse épousseté et en même temps nié ? Les causes de la catastrophe de ‘14- ’18 me disent quelque chose, elles paraissent même quelque peu banales. Une société qui se croit incontestable dans son savoir-faire. Des dirigeants qui aspirent à rendre leur pouvoir totalitaire, c’est-à-dire tangible dans tout geste et toute pensée (en se servant de l’instrument séculaire du patriotisme). Un Progrès technologique implacable qui fait miroiter des paradis tout en faisant surtout approcher l’extermination de masse. Les comparaisons sont faciles (trop faciles ?).
Vidéosurveillance, capteurs étendus, panneaux de contrôle, sécurité impliquée à travers l’application: dans de nombreuses villes, de nouvelles solutions de sécurité urbaine émergent. Remplir les villes sensorielles, anticiper les nouvelles tendances de l’Internet des objets, devient une nécessité pour les administrations, à la fois pour répondre plus rapidement et plus efficacement aux urgences que pour prédire les risques et les actions des alerte aux citoyens. […] Parmi les principales tendances en matière d’innovation figurent l’installation de capteurs et de caméras sur les moyens de transport, les systèmes de surveillance du trafic, la lecture des plaques d’immatriculation et la diffusion des applications de sécurité (App, sos, totem etc.), où les citoyens deviennent des capteurs et participent à la gestion de la sécurité urbaine.
Bien que les forces armées disposent d’équipements techniques, d’armes et d’autres équipements importants pour aider à l’acquisition de l’information, le facteur décisif dans la conduite des opérations dans les zones urbaines est la population elle-même.
Né UO 2020
Il y a un besoin incontestable pour les êtres humains d’aujourd’hui de devenir des machines: ils sont heureux d’assurer le fonctionnement de la bête technologique dont ils sont d’ infinies morceaux. Les hommes « données » s’éteignent volontairement au profit d’êtres obéissants équipés de prothèses représentées par des smartphones et des tablettes. La multiplication des « sens » du pouvoir passe par l’acceptation des standards de vie qu’il propose et il semble inévitable que les relations humaines soient décidées par le « réseau numérique »: il encercle les êtres vivants dans une angoisse agréable tout au plus et en attendant nourrit des serveurs qui fourmillent et cataloguent des choix, des comportements, des pensées, voire des projections de désirs. Le citoyen actif apporte à spontanéement des informations utiles à la puissance, intégrant le nombre de ses yeux déjà répandus, intrusant son rôle de contrôleur de particules. Chaque partie de la réalité est documentée par les smartphones et les applications de propagation qui se connectent directement aux organismes de contrôle.C’est une lutte continue contre une entité qui est alimentée à chaque instant de la multiplicité de ses esclaves pour la conserver en tout point, s’installer et s’infiltrer partout, et ceux qui n’utilisent pas les outils du domaine paient les conséquences de leur diffusion. Une séparation entre les vivants est toujours plus claire, mieux vaut s’en faire une raison.
Se connecter contre la puissance
Si le monde vient à nous, nous n’avons pas besoin d’aller l’explorer, alors ce que nous appelions l’expérience jusqu’à hier était devenu superflu.
Gunther Anders. « L’homme est démodé »
EXtrait d’un article du numéro 0 de Metastasis, un apériodique anarchiste publié à Naples en juin 2017


L’article traite d’un livre écrit par Pierpaolo Sinconi, capitaine des carabiniers. Il a participé aux missions de guerre en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo et en Irak. Il a enseigné dans des centres de formation au maintien de la paix en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. Il fait partie du groupe d’experts du maintien de la paix et de la consolidation de la paix des pays du « G8 ». Et depuis 2006, il enseigne le droit international et le droit international humanitaire au Centre d’excellence pour les unités de police de stabilité à Vicence.L’infraction contestée est « l’incitation à la violence ».
Malgré la signature de l’article, les Ros (renseignements généraux) de Rome et Trento ont mené des enquêtes pour découvrir qui était l’auteur, à partir de là des perquisitions ont été menées en septembre 2013.
La peine a été confirmée à un an et trois mois d’emprisonnement, en outre le procureur a déclaré le pourvoi en cassassion irrecevable et donc le compagnon reçevra également une amende.
La condamnation étant de moins de trois ans il ne sera donc pas incarcéré immédiatement, il dispose maintenant de 30 jours pour déposer les documents nécessaires à la demande d’éventuelles peines alternatives.
Des anarchistes deTrente et de Rovereto
Trouvé sur : https://roundrobin.info

Carte de la présence militaire en Italie, disponible ici : https://romperelerighe.noblogs.org/
27/10/2017
Une mutinerie a éclaté vendredi en milieu d’après-midi au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse (Ain). Selon le syndicat FO de la Pénitentiaire, c’est dans le quartier du centre de détention, où les détenus effectuent les plus longues peines, que le soulèvement s’est produit. Des détenus ,au nombre d’une trentaine, bloquent le deuxième étage d’une des ailes du bâtiment. Ils ont mis le feu à leurs matelas.
A l’origine de la mutinerie, les décisions des juges d’application des peines. Les prisonniers protestent contre le trop petit nombre de permissions accordées.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ain/bourg-bresse/mutinerie-eclate-au-centre-penitentiaire-bourg-bresse-1356059.html
A propos de frontières, de forteresses et de liberté
Le concept de frontière signifie généralement une séparation géographique délimitant un territoire étatique ou municipal par rapport à un autre. Parfois, ces zones sont délimitées à travers des « obstacles » naturels comme des rivières ou des montagnes, et dans d’autres occasions elles sont tracées à la règle de manière coloniale. Mais dans tous les cas, les frontières déterminent un territoire dominé et administré autoritairement et devant être protégé et défendu contre l’extérieur. Ainsi, la sécurisation des frontières avec des systèmes (murs, grilles, etc.) et du personnel (police, armée, etc.) de protection ne date pas des « derniers » mouvements migratoires déclenchés par la catastrophe planétaire. De la même manière, les guerres menées pour des conflits frontaliers et des visées de pouvoir territoriales font partie des horreurs trop connues de toute domination.
A l’intérieur même de toute frontière, d’autres méthodes de contrôle et de domination des humains rentrent en jeu, en apparence moins directement agressives, mais cela ne change rien au but permanent de maintien et de développement des rapports de pouvoir existants dans le cadre de la construction nationale.
Misérables Hommes de Merde (Finimondo – 21/12/2016)

Des comportements considérés il y a encore quelques temps comme ignobles ont lieu maintenant sous les yeux de tous, sous le sigle de la normalité, sans provoquer aucune réaction. Ils ne provoquent plus l’indignation générale, et sont au mieux commentés avec résignation, curiosité, ou indifférence. Ils récoltent parfois même une certaine notoriété. Comme si de rien n’était. Cette dégradation est transversale, aucun lieu n’est à l’abri, mais entache tous les domaines. Des réactionnaires aux révolutionnaires, plus personne ne se préoccupe de ce qui est juste, mais seulement de ce qui est convenable. Et, pour obtenir ce qui est convenable, nous sommes prêts à adopter ou à justifier n’importe quel comportement, même le plus répugnant. La rigueur – on nous dit et répète – rend rigide, fait perdre des occasions. Mieux vaut être souple. Et puisque l’avenir n’existe pas ; nous pouvons nous détendre. « Si les choses ne peuvent pas s’améliorer », affirmaient certains il y a quelques années, « les choses peuvent cependant empirer ». Aujourd’hui, si les choses ne peuvent pas empirer, c’est parce qu’elles ont déjà eu lieu. Il faut juste laisser passer un certain laps de temps avant que les choses ne se sachent.
Bridgewater (Massachusetts), 1967. Frederick Wiseman tourne Titicut Follies, son premier film, dans une prison d’État psychiatrique et atteste de la façon dont les détenus sont traités par les gardiens, les assistants sociaux et les médecins à l’époque. Ce qu’il révèle a valu au film d’être interdit de projections publiques aux États-Unis pendant plus de 20 ans. Témoin discret et vigilant des institutions, Frederick Wiseman pose, avec Titicut Follies, les bases de ce qui fait son cinéma depuis 50 ans.

Simon Radowitzky, naît en 1891 dans une famille juive pauvre installée dans un hameau au sud-est de Kiev en Ukraine, qui est alors une province de l’empire russe.
Il devient militant dès son plus jeune âge et en 1904, encore mineur, est condamné à quatre mois de prison, pour avoir diffusé des tracts socialistes.
Début octobre 1905, il oblige, armé d’un pistolet, le conducteur de la chaudière de l’usine à tirer la sirène, signal convenu pour le début de la grève générale. Les jours suivants affrontements et barricades deviennent le quotidien des grévistes face aux militaires et aux flics. On comptera plus de cent morts dans les deux camps en une semaine.
Obligé de s’enfuir et quitter la Russie il débarque dans le port de Buenos Aires en mars 1908 où très rapidement il reprend l’activité politique.
Ce film retrace les mutineries des années 1971-1972 dans les prisons de Toul et Nancy.
Même si le choix de laisser la parole aux matrons est largement contestable, ce film de Nicolas Drolc trouve son intérêt à travers le récit des évenements qui ont eu lieu dans les prisons françaises entre septembre 1971 et la fin de l’année 1972.
Voir aussi plus récemment :
Lourdes peines et répression des soutiens au procès de la deuxième mutinerie au QMC de Valence
14/06/2016


Puisque vivre m’a emmerdé depuis le début et que j’ai lutté pied à pied pour qu’on ne me fasse pas chier plus que nécessaire, qu’on ne me casse pas les couilles au delà du minimum raisonnable, juste assez pour ne pas bien vivre petitement mais mal survivre grandiosement histoire de m’amuser un peu, me distraire, non de la mort et de la misère, mais du temps et de l’interminable suicide qu’est son terrible ennui… Alors, j’aurais passé mon existence à être joyeux, tout simplement en misant sur la Joie et sans chercher à être heureux socialement ou me pourrir à quêter l’utopie du bonheur. Juste JOYEUX ! Il ne me reste donc plus qu’à me dégoter un petit coin d’ours pour vieillir sans trop souffrir, si possible ? Et un endroit de sanglier pour mourir d’un fou rire, j’espère ? Et surtout, un trou asséché de silence, sans encre de n’avoir plus rien à écrire ou à dire de ma solitude. Celle qui vous a enveloppé en papier cadeau dans le papelard des livres. Et pour ma sépulture ? « ÇA NE VALAIT PAS LA PEINE MAIS ÇA VALAIT LE COUP… » Gravez moi donc ça sur un carré de pierre simple ou un cube de béton percé en boîte aux lettres
que je puisse continuer mes éternelles correspondances d’amitiés amoureuses… Et, s’il vous plaît, d’encore me laisser ouvert les yeux : merci !
L’envolée n°41 HAFED BENOTMAN à l’honneur est disponible ici : http://lenvolee.net/wp-content/uploads/2015/07/41-final-comp.pdf
L’invention du délit de « fraude à la demande d’asile » date de la première Convention Dublin (15 juin 1990), une convention d’application concernant les politiques migratoires. Dans les textes, il s’agit d’ « améliorer le dispositif de détermination de l’État responsable de la demande d’asile ». Dans les faits, cette œuvre philanthropique permet de limiter la demande d’asile à un seul pays. Une base de données est créée, dans laquelle sont enregistrées les empreintes digitales (biométriques) des requérants. Cette base de données est censée détecter les fraudeurs : ceux qui voudraient déposer une demande d’asile dans plusieurs pays à la fois. Indéniablement, la Convention Dublin permet de limiter les régularisations en Europe, mais ce n’est pas là le seul effet…
La création du délit de « fraude à la demande d’asile » justifie et légitime la mise en place d’un système de contrôle des migrants, qui passe par leur fichage et leur suivi administratif, autrement dit par leur traçabilité. La fameuse base de données des demandeurs d’asile, inaugurée avec la première Convention Dublin, est rapidement étendue au reste des migrants avec les accords de Dublin II en janvier 2003. Cette base de données devient le premier fichier biométrique international, le fichier EURODAC. EURODAC recense, centralise et compare les empreintes digitales de trois catégories d’ « étrangers » : les « demandeurs d’asile », mais aussi les « étrangers interpellés lors du franchissement irrégulier d’une frontière extérieure » et les « étrangers se trouvant illégalement sur le territoire d’un État membre ». Le fichier regroupe des informations concernant l’identité des personnes, leurs entrées et sorties du territoire, leurs déplacements internes, leur demande d’asile, leurs éventuelles reconduites à la frontière, leurs demandes de visas et leurs empreintes biométriques.
Extrait du Bulletin de contre-info en Cévennes N°10. avril 2010


Dimanche 29 octobre
Grande marche régionale stop Dublin ! Stop expulsions ! Droit d’asile pour tous et toutes !
A l’appel des exilé.es regroupé.es dans les PRAHDA de Vitrolles et Gémenos, un egrande marche régionle « Stop Dublin ! Stop expulsion ! Asile pour tous et toutes ! » est organisée le dimanche 29 octobre.
Rendez-vous à 9h30 devant l’hôtel Formule 1 (2 Draille des Tribales, aéroport MP2) pour un départ de Vitrolles. Et à 15h à Marseille devant la station de métro Bougainville (terminus M2) pour un départ en manifestation dans la ville !

PRAHDA = PRISON
Les techniques de surveillance et de pression sur les occupants confirment le caractère répressif du PRAHDA. La police est systématiquement présente. Les résident.es assignés à résidence. Les travailleurs sociaux prennent le rôle de matons, agitent la menace d’un règlement intérieur particulièrement répressif et signalent à la préfecture tout écart. Les sanctions contre celles et ceux qui résistent sont le placement administratif « en fuite », qui permet à la préfecture de sortir qui elle veut et arbitrairement du droit d’asile et d’irrégulariser durablement sa situation en France. Conçu comme une alternative à la rétention, ce dispositif pervers n’a rien à lui envier : il vise l’efficacité des expulsions « volontaires » en agitant la menace de la clandestinité et de la privation des droits qu’elle signifie. Les « dubliné.es » sont d’ailleurs invités à se rendre à l’aéroport par leurs propres moyens ! Refus d’accès aux soins et aux droits à l’interprétariat, ouverture systématiquement des courriers administratifs des résidents par une directrice locale, sont des pratiques courantes qui rappellent la taule !
(Texte intégral ici : https://mars-infos.org/grande-marche-regionale-stop-2668)
Il paraît tristement d’actualité à l’heure où les parlementaires s’apprêtent à voter une énième loi antiterroriste et à faire passer un certain nombre de mesures répressives de l’état d’urgence dans le droit commun.
« La série d’attentats commis récemment à Paris a pour conséquence immédiate le renforcement du contrôle policier. Paris est aujourd’hui sous état de siège.
Le caquetage des médias sur le thème : « Qui a fait cela ? » masque la question essentielle : « A quoi cela sert-il ? » L’exploitation policière et spectaculaire de ces attentats participe d’une stratégie d’état : rendre le climat de défaite généralisée en France encore plus absolu. Une idée doit rentrer progressivement dans les têtes : l’accroissement et le systématisation des mesures répressives sont nécessaires et inéluctables. La banalité des lieux visés par cette stratégie de la panique diffuse, renforce chez chacun et chez tous le sentiment d’angoisse et d’impuissance. Le terrain est prêt, la justice peut enterrer vivant quiconque relève la tête.
Dans ce pays maudit, tout prolétaire qui ne se sent pas coupable est suspect et peut se faire assassiner comme tel. Depuis l’embrasement des banlieues françaises en 81, l’État a laissé à l’initiative des beaufs la réaction sociale qui précipita l’écrasement de tous ceux qui s’agitaient dans ce pays. Les bombes déposées dans les cités marseillaises ( à la Cayolle et Bassens en 81, à la Bricarde en 82) et les étés meurtriers de 82 et 83 sont deux aspects d’un moment décisif. La terreur est l’isolement paralysent à présent la plupart de ceux qui ne se sont pas soumis, quand ce n’est pas la justice qui s’en charge.
L’État enfonce le clou. Il parachève dans la loi ce qui s’est déjà réellement imposé. Le projet Badinter de code pénal modernisé [2] entérine le permis de tuer en étendant la « légitime défense » à la défense des biens. Le décor est planté : garde-à-vue de 4 jours, réunion des fichiers criminels et terroristes, aggravation générale des peines pour toutes les formes de délinquance, suppression des remises de peines…
Les médias s’emploient à faire croire que seuls les terroristes s’attaquent à l’ État et que par conséquent tous ceux qui s’attaquent à l’État sont des terroristes. Leur intention est claire : assimiler tout acte de révolte à du terrorisme, tout en décuplant la charge émotionnelle attachée à ce mot. Le terrorisme est la continuation de la politique par d’autres moyens.
La plaisanterie de mauvais goût qu’est le mouvement « Ou Sul é Meu País » (Le Sud Est Mon Pays) a réalisé encore une fois une « consultation supposément populaire » (à laquelle en réalité seul les séparatistes ont participé) dans quelques villes des états qui composent leur rêve de nouveau un pays.

Aujourd’hui, nous déployons une banderole, sur une avenue très fréquentée de Porto Alegre, qui disait « O Mundo é Meu País! » (Le Monde est Mon Pays!). Nous voulons rappeler à tous le monde qu’aucun pays, jeune ou ancien, ne va régler nos problèmes ou nous donner la liberté que nous voulons!
Au contraire, plus de frontières restreignent encore plus les libertés individuelles. Principalement dans les pays basés sur le régionalisme et l’eurocentrisme. Les séparatistes affirment qu’il est impossible d’identifier ce qui unie les personnes nées au Brésil. Nous ne pouvons qu’agréer. Mais seulement parce que les nations ne sont qu’abstraction!
Les frontières ne sont rien d’autre que des séparations arbitraires, basées sur des similarités, superficielles ou inventées, qui ignorent les autochtones, comme les Guarani qui habitent la région des trois états mais aussi d’autres regions du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine. Les nations naissent motivées par les migrations forcées, les génocides et le nettoyage ethnique. Une nation aussi petite qu’elle soit, est une abstraction qui ne nous sert en rien. Et dans ce cas, pire encore , car elle est raciste quand elle est basée sur un héritage européen. Ces nouvelles frontières nous permettent de transformer en ennemi celui qui est de l’autre côté de la ligne et ainsi de nous contrôler tous encore plus (et de nous envoyer faire des guerres infondées).
Dans le cas du mouvement « O Sul é Meu País » ( Le Sud est Mon Pays), cet ennemi est créé en dépeignant les états du Sud comme exploités par ceux du nord. Ils vont jusqu’à affirmer que les états du Sud sont comme une colonie du reste du pays. Ce regard myope génère un bouc émissaire qui dissimule les vraies responsables de la pénurie et de la crise. Capitalisant sur le rejet grandissant de la politique partisane, le mouvement se balance sur une corde raide, en se déclarant non-partisan, en cherchant à rester neutre. Malgré cela, leurs dirigeants ne peuvent cacher leurs tendances néolibérales et de droite, à la limite du fascisme. En fait, l’indépendance du sud est même une forme de mouvement neo-nazi. Les défenseurs de la séparation des trois états méridionaux disent que « Brasilia ne nous représente pas », mais veulent la remplacer par un autre gouvernement qui, comme tout gouvernement, est un outil pour contrôler et oppresser le peuple. Oui, Brasilia ne nous représente pas, mais Pirani (capital de ce nouveau pays) ne nous représente pas non plus. Personne ne nous représente. Nous sommes ingouvernables! Plus jamais de pays! Pour la fin de toutes les frontières!
* (“Le Sud est Mon Pays” est un mouvement indépendentiste brésilien qui a organisé un vote informel le 07 octobre 2017 pour l’indépendance du sud du Brésil afin d’obtenir la séparation de trois régions : Santa Catarina, le Rio Grande do Sul, et le Parana. Il s’agit également des régions les plus riches du pays.NDR).
Source : https://pt-contrainfo.espiv.net/
traduit de macerie @ 14 mai 2016
Selon les données fournies par les institutions européennes, en 2015, plus de 50 millions de ressortissants de pays tiers ont visité l’Union européenne en franchissant légalement les points de passage externes. Ce flux, selon les projections statistiques, va augmenter de manière spectaculaire dans les années à venir, atteignant jusqu’à 80 millions de visites annuelles. L’espace Schengen est devenu encore plus que par le passé, pour diverses raisons, un pôle d’attraction pour l’échange de biens et pour la transition d’un certain nombre de catégories de détenteurs de valeurs, d’investissements et de consommation divers. Les touristes, les transporteurs, les travailleurs contractuels ou en CDD, les gestionnaires, les étudiants, tous bien accueillis dans la région parce que les visiteurs temporaires et largement disponibles sur le marché européen; une image miroir des immigrants en fuite.
Pour pallier ce « manque », les autorités européennes ont également, grâce aux nouvelles technologies, commencé à développer une nouvelle approche capable d’interférer avec les raisons économiques et les besoins répressifs, de laisser passer les biens et les personnes et de suivre ou contrôler les flux. irrégulière. Le concept de « Smart », maintenant couramment utilisé dans divers secteurs sociaux, leur est venu en aide. Il indique l’intelligence des systèmes complexes dans la sélection des données, leur autonomie décisionnelle, leur articulation et leur intégration dans l’environnement humain. Dans le cas des frontières, ce concept suppose une déclinaison précise qui a émergé autour des problèmes des routes terrestres, mais peut-être généralisable à l’approche actuelle de la gestion des flux migratoires.
La famille a confirmé qu’il s’agissait bien du corps de Santiago.

Le 1er août 2017, sur la Route Nationale N°40, des participant-e-s du Pu Lof en résistance de Cushamen (1) et quelques personnes solidaires montent une barricade et coupent la circulation en solidarité avec le Lonko Facundo Jones Huala qui affronte un procès (pour la deuxième fois). Quelques minutes plus tard arrivent des fourgons et des camionnettes avec une trentaine de gendarmes armés de fusils. Les peñis (2) commencent à lancer des pierres en réponse à l’arrivée des ordures des forces de l’ordre. Les gendarmes avancent en tirant et brûlent les habitats précaires et les affaires des habitants du Lof, repoussant ces dernier-e-s jusqu’à ce qu’ils et elles traversent une rivière. L’anarchiste Santiago Maldonado (surnommé “El lechuga” o “el brujo”) reste en arrière. Là, des habitant-e-s du lof observent comment les gendarmes attrapent Santiago ; d’autres affirment entendre les gendarmes dire qu’ils en “tiennent un”.
Plus d’info ici : https://cettesemaine.info/breves/spip.php?article2487&lang=fr
Joel Almgren, emprisonné en décembre 2013 pour avoir participé à une manifestation de quartier attaquée par le SMR (un groupe nazis), a finalement été libéré.
Il y avait a été arrêté parce qu’il était soupçonné de tentative d’homicide sur un nazi qui, avec 30 autres nazis, avait attaqué une manifestation organisée à Stockholm après que l’organisation nazie SMR (Swedish Resistance Movement) ai fait de la propagande écrite (tags dans la région de Kärrtorp), au sud de Stockholm. La manifestation avait été organisée en protestation contre ce phénomène par des anti-racistes vivant dans la région.
Pendant le procès contre Joel, les médias ont tenté de faire croire que l’attaque de la manifestation provenait de rixe de bande deux bandes rivales de hooligan, mais nous doutons que quiconque connaît réellement qui sont SMR et de quoi ils sont capables voit la situation comme tel. La cours a signifié que le droit de légitime défense prévalait dans la situation sur la place, mais Joel a été condamné par le tribunal du district pour homicide à 6 ans et demi. Le procureur et Joel ont tous deux fait appel de cette décision et Joel a été condamné à 5 ans et demi à la cour d’appel.
Joel est l’antifasciste qui a été condamné pour la plus longue peine d’emprisonnement en Suède (pour un crime politique). Après la condamnation de Joel, 20 autres années ont été distribuées aux antifascistes de Suède.
Texte complet en Anglais et appel à soutien ici : https://gatorna.info/threads/antifa-comrade-joel-is-finally-released-from-priso-940/
Messieurs,
Les lois, la coutume vous concèdent le droit de mesurer l’esprit. Cette juridiction souveraine, redoutable, c’est avec votre entendement que vous l’exercez. laissez-nous rire. la crédulité des peuples civilisés, des savants, des gouvernements pare la psychiatrie d’on ne sait quelles lumières surnaturelles. Le procès de votre profession est jugé d’avance. Nous n’entendons pas discuter ici la valeur de votre science, ni l’existence douteuse des maladies mentales. Mais, pour cent pathogénies prétentieuses où se déchaîne la confusion de la matière et de l’esprit, pour cent classifications dont les plus vagues sont encore les plus utilisables, combien de tentatives nobles pour approcher le monde cérébral où vivent tant de vos prisonniers ? Combien êtes-vous par exemple, pour qui le rêve du dément précoce, les images dont il est la proie sont autre chose qu’une salade de mots ?
Nous ne nous étonnons pas de vous trouver inférieurs à une tâche pour laquelle il n’y a que peu de prédestinés. Mais nous nous élevons contre le droit attribué à des hommes, bornés ou non, de sanctionner par l’incarcération perpétuelle leurs investigations dans le domaine de l’esprit.
Et quelle incarcération ! On sait – on ne sait pas assez- que les asiles, loin d’être des asiles, sont d’effroyables geôles, où les détenus fournissent une main-d’œuvre gratuite et commode, où les sévices sont la règle, et cela est toléré par vous. L’asile d’aliénés, sous le couvert de la justice, est comparable à la caserne, à la prison, au bagne.
Nous ne soulèverons pas ici la question des internements arbitraires, pour vous éviter la peine de dénégations faciles. Nous affirmons qu’un grand nombre de vos pensionnaires, parfaitement fous selon la définition officielle, sont eux aussi, arbitrairement internés. Nous n’admettons pas qu’on entrave le libre développement d’un délire, aussi légitime, aussi logique que toute autre succession d’idées ou d’actes humains. La répression des réactions antisociales est aussi chimérique qu’inacceptable en son principe. Tous les actes individuels sont antisociaux. Les fous sont les victimes individuelles par excellence de la dictature sociale ; au nom de cette individualité qui est le propre de l’homme, nous réclamons qu’on libère ces forçats de la sensibilité puisque aussi bien il n’est pas au pouvoir des lois d’enfermer tous les hommes qui pensent et agissent.
Sans insister sur le caractère parfaitement génial des manifestations de certains fous, dans la mesure où nous sommes aptes à les apprécier, nous affirmons la légitimité absolue de leur conception de la réalité, et de tous les actes qui en découlent.
Puissiez-vous vous en souvenir demain matin à l’heure de la visite, quand vous tenterez sans lexique de converser avec ces hommes sur lesquels, reconnaissez-le, vous n’avez d’avantage que celui de la force.
Paru dans la revue surréaliste N° 3 le 15 avril 1925
« L’homme meurt en ceux qui se taisent devant la tyrannie… Chez tous les peuples qui se soumettent volontairement à cette humiliation quotidienne de la peur, l’homme meurt. »
Wole Soyinka
1 Bien que le texte soit pertinent et plus que jamais d’actualité, la référence à la violence d’un homme envers une femme nommée sa bien aimée est plus que merdique !!! NB. Le « crime pationnel » n’existe pas il s’agit juste d’une ignominie…
trouvé sur http://guerrasociale.altervista.org/adesso.htm (le site ne fonctionne plus)
traduit de macerie @ 17 octobre 2017
Nous avions écrit qu’à Turin, le calme de ces derniers temps n’était qu’apparent. Rarement parmi les prisonniers de l’ancien CIE (exCRA), il n’y a pas de mouvement de désordre où le désir de liberté creuse des fissures dans le fonctionnement de la structure, parfois imperceptiblement, parfois clairement, parfois en l’endommageant matériellement, parfois en affinant la complicité collective. Il y a donc de grandes opportunités, où l’organisation de tous – ou presque -vise haut, jusqu’à une journée de soulèvement général, comme c’est arrivé il y a quelques jours.
Les détenus s’étaient organisés parce que le dimanche précèdent était celui qui avait mis le feu au poudres dans tous les secteurs (Le CRA est réparti par secteurs en fonction des origines géographiques, NDL), mais ils ont aussi averti que certains d’entre eux parlaient trop et de manière trop suggestive avec les travailleurs de l’entité gestionnaire Gespa et les forces de l’ordre. C’est pour cela qu’ils n’ont pas été surpris quand vendredi, sous prétexte de travaux d’entretien, le camp fut fermé et qu’ils ne pouvaient pas se rencontrer au-delà des zones régionales. Un signe évident que l’administration de la prison pour sans-papiers avait des soupçons sur d’éventuelles agitations.
Verrouillage des frontières et des routes migratoires
Au début des années 2000, le gouvernement espagnol stoppe l’immigration subsaharienne et ferme l’accès aux enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila en déployant les premiers grillages autour de celles-ci. Dès lors, et en fonction du moment et de leurs intérêts, les autorités n’ont eu de cesse de bloquer et sécuriser intensivement leurs frontières, que ce soit en construisant des murs, ou en exerçant des contrôles terrestres, aériens ou maritimes. Le 28 avril 2017, la seconde clôture entre la Hongrie et la Serbie vient d’être terminée. D’une longueur de 155 kilomètres pour 3 mètres de hauteur, elle complète l’arsenal déployé sur la route des Balkans déjà fermée depuis un an. Deux jours auparavant, la Turquie annonçait la fin de la première étape de la construction d’une fortification prévue sur l’ensemble des 900 kilomètres de frontière commune avec la Syrie pour une longueur déjà effective de 550 kilomètres.
Lire la suite sur : : https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/author/cevennessansfrontieres/
Les mineurs isolés étrangers et leurs soutiens ont réquisitionné dimanche 15 octobre un bâtiment vide.En mai 1898, le roi Umberto I, préoccupé par les nouvelles qui lui parviennent de Milan où venait d’éclater une grève générale, confiait au général Bava Beccaris le soin de réprimer la révolte. L’ordre est donné aux soldats de tirer à vue, et Bava Beccaris fait ouvrir le feu sur la ville à coups de canon. Le bilan est de 80 morts et 450 blessés. Fier du devoir accompli, le général télégraphe au roi que Milan est désormais «pacifiée». Le chef de gouvernement, le marquis Di Rudini, fait interdire plus de cent journaux d’opposition, les Bourses du Travail, les cercles socialistes, les Sociétés mutualistes, mais aussi pas moins de 70 comités diocésains et 2500 comités paroissiaux. De plus, les Universités de Rome, Naples, Padoue et Bologne sont fermées, tandis que se déroulent des milliers d’arrestations. Umberto I envoie immédiatement un télégramme de félicitations à Bava Beccaris et le décore de la croix de l’Ordre Militaire de Savoie «pour les précieux services rendus aux institutions et à la civilisation». Deux ans plus tard, le 29 juillet 1900, l’anarchiste Gaetano Bresci allège le roi Umberto I du poids de ses responsabilités en le tuant à Monza. Le Roi et l’anarchiste. Deux assassins aux mains tâchées de sang, c’est indéniable. Pourtant, peut-on les mettre sur le même plan ? Je ne le pense pas, pas plus qu’on ne peut considérer les motivations et les conséquences de leurs actes de la même manière.
Egypte : Environ 60 arrestations depuis le 19 septembre pour «débauche» et «incitation à la débauche» avec des peines allant pour certains d’un à six ans d’emprisonnement.
http://www.liberation.fr/direct/element/en-egypte-la-repression-des-lgbt-saccentue_71723/
A lire ici : https://blastemeor.noblogs.org/post/2017/08/25/le-fhar-parc-des-buttes-chaumont/
Comme la plupart des jardins publics, les Buttes-Chaumont sont un lieu propice aux rencontres entre des hommes qui préfèrent leurs semblables, la clandestinité étant le plus souvent leur lot. Ces jardin sont aussi le terrain de chasse de jeunes brutes qui viennent « casser du pédé ». Au printemps 1971, les participants à ce réseau informel qu’était encore le FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) décidèrent que cet état de choses avait assez duré et qu’il fallait passer à l’offensive. Un groupe essentiellement composé de garçons fut donc constitué et déferla par la rue Manin. Les chasseurs, chassés à leur tour, furent vite mis en déroute, submergé par le nombre, les hurlements suraigus des « folles » et une violence bien virile à laquelle à laquelle ils ne pouvaient s’attendre. Ils comprirent ainsi que les « pédés » étaient aussi des hommes résolus, qu’ils pouvaient cogner dur et faire reculer l’homophobie. Comprirent-ils aussi que la lutte pour la liberté des choix sexuels n’étaient qu’un des nombreux visages de la lutte pour la subversion des rapports imposés par la société bourgeoise ? L’histoire ne le dit pas, mais nombre de militants homosexuels ne l’avaient sans doute pas plus imaginé. En effet, la disparition du FHAR pour laisser place dès le début 1974 au Groupe de libération homosexuel (GLH) en dit long sur la dilution de la dimension révolutionnaire du mouvement des homosexuels et préfigure le communautarisme intégrateur à l’américaine qui fleurit aujourd’hui les rues du quartier du Marais et enrichit ses commerçants.
Lola Miesseroff
Extrait de Un Paris révolutionnaire, L’Esprit frappeur/Dagorno, 2001, p. 335.

[MAJ : le samedi suivant un appel à rassemblement été lançé, les flics ont décidé de bloquer les habitants du camps et leurs soutiens pour les empêcher de partir en manif sauvage]
Jeudi 5 octobre : Le juge des référés du tribunal administratif de Lille ordonne, à la demande de la Ville de Lille, aux occupants de la gare Saint-Sauveur d’évacuer les lieux dans un délai de 8 jours, soit avant le vendredi 13 octobre ! Ce jugement est sans précédent à Lille.
Ce vendredi 6 octobre matin, les habitant-e-s du campement Saint- Sauveur ont manifesté dans les rues de Lille pour réclamer des solutions aussi bien pour les mineurs isolés (dont beaucoup sont pourtant confirmés) que pour les demandeurs d’asile. Cette manifestation a été dispersée avec une extrême violence, des personnes arrêtés, violentées et blessées.
Cette expulsion du camp est décidée sans aucune proposition d’hébergement pour les mineurs et les demandeurs d’asile. Elle vient considérablement augmenter le stress pour les 200 personnes. Rappelons que les dernières affaires judiciaires (parc des Olieux) imposaient au moins un plan de mise à l’abri, si dérisoire soit-il, à la préfecture et au département, comme l’impose la loi.
Ces personnes sont demandeurs d’asile ou mineurs isolés étrangers, en quête de papiers, d’un toit, d’une école, d’un avenir. Où iront-ils et qu’adviendra-t-il d’eux si même les terrains vagues ne leurs sont même plus concédés ?
Dans son ordonnance, le juge « note que l’association « Les restos du Cœur » qui fournissait déjà sur place des repas à des personnes défavorisées a été contrainte d’interrompre la distribution de repas et que cette situation est susceptible de générer des tensions » : En réalité les restos du Coeur ont arrêté la distribution de repas chauds le soir le 13 juillet et n’ont depuis jamais réouvert leur lieu de distribution (sûrement sous la pression des autorités)
Le juge « relève que les occupants allument des feux pour réchauffer leurs aliments. Un incendie s’étant déclaré le 7 juin 2017 nécessitant l’intervention des pompiers » : Mais le feu s’était déclaré côté bistro St-So. cette époque il n’y avait que quelques tentes et les personnes avaient une distribution de repas chauds dans le local des restos du Cœur qui se trouvait sur les quais de déchargement de l’ancienne gare de marchandise, donc les réfugiés n’avaient aucune raison de faire du feu.
Le juge « souligne enfin l’absence de sortie de secours lorsque, le soir, le site est fermé » : Tiens donc c’est justement les vigiles de la gare Saint-sauveur qui ferme cette grille chaque soir après les festivités dans le bistrot St-So et la mairie a soudé l’autre porte (voir le post de septembre)
Le juge note dans le rapport de la ville que le nombre de personnes a augmenté depuis le mois d’août : Mais il faut savoir que les associations qui hébergeaient les mineurs ont fermé leurs salles d’hébergements il y a deux semaines (sûrement aussi la pression sur leurs subventions), obligeant 35 mineurs (dont certains sont confirmés) à venir aussi sur le camp le Saint-Sauveur.
Les différents communiqués du collectif des Olieux sont disponibles ici: https://lille.indymedia.org

https://www.streetpress.com/sujet/1506702391-la-france-livre-opposants-politiques-dictature-soudan
Après des mois où aucune voix n’est passée depuis les murs de Ponte Galeria, le rassemblement du 23 septembre a finalement réouvert les canaux de communication avec les détenues du CPR (Centre de rétention pour le rapatriement), nous apportant quelques nouvelles.
À l’heure actuelle, environ 90 femmes provenant du Nigeria, du Maroc, de l’Amérique du Sud, de la Chine et de l’Ukraine y sont enfermées. Environ 15 femmes marocaines sont arrivées directement de la mer par le poste de police de Palerme.
Les situations qui mènent à l’arrestation des femmes sont souvent les barrages routiers qui se déroulent dans toute l’Italie, mais toute occasion est bonne: elles nous racontent, par exemple, qu’un contrôle des papiers de la voiture lors d’un barrage routier devient un contrôle du permis de séjour de la » seule personne non-blanche » à bord.
Parmi les problèmes les plus présents, il y a les plats préparées dégeulasses toujours faits de pâtes ou de riz, qui arrivent à des horaires différents et toujours froids, ce qui, avec le changement de saison, les rend encore plus difficiles.
L’hygiène personnelle est un autre point: les savons sont rares et inadaptés (manque de linge et hygiène intime, en fait elle sont forcés d’utiliser le même produit pour tout laver). Les couvertures, les draps et les matelas sont sales et provoquent des démangeaisons. En ce qui concerne la préparation des salles pour les nouvelles entrées, il semble qu’un moyen de désinfecter les matelas soit de les laisser à l’extérieur.
Il y a la peur que certaines maladies soient propagées rapidement, notamment en raison du manque de medicaments. Les seuls deux médicaments connus à l’intérieur sont le paracétamol et les goutes «pour dormir», très suggéré aux prisonnières.
Malgré tout, le climat intérieur ne semble pas résigné: il existe une solidarité entre les femmes et des conflits fréquents avec l’administration lorsque la situation devient insoutenable. Il y a aussi un grand désir de communiquer les injustices subies à l’extérieur.
L’isolement que les femmes sont obligées de supporter ne peut nous laisser oublier leur résistance quotidienne derrière les barreaux. Leur force doit nous pousser tous les jours à nous battre contre chaque prison et toute frontière.
Des ennemi.e.s des frontières
https://hurriya.noblogs.org

L’ARGUMENT FALLACIEUX DE LA NATION
Dans son célèbre livre Nationalisme et culture, Rudolf Rocker écrivit il y a longtemps : « Tout nationalisme est réactionnaire. » Cette affirmation, largement reprise par une grande partie de l’anarchisme et que je fais mienne sans réserve, a été stigmatisée comme étant simpliste parce qu’elle ignore le large éventail de significations que renferme le concept de nation et parce qu’elle ne prend en compte que l’acception développée par le discours du romantisme. Il faut donc reprendre la question de la nation et du nationalisme avec un intérêt d’autant plus vif que le nationalisme représente non seulement l’un des sommets de l’inquiétant triangle auquel je faisais allusion, mais constitue de plus le dangereux courant de fond qui agite ses eaux.

https://www.finimondo.org/node/1304
Rafles, arrestations arbitraires, expulsions… Pour les réfugiés et demandeurs d’asile à Marseille (et ailleurs) le quotidien se durcit et les Centre de Rétention (CRA) se remplissent…
Dans ce contexte généralisé d’attaque néo-libérale, de destruction sociale et de répression sur tous les fronts, pas étonnant que le droit des étrangers et le droit d’asile en prenne pour leurs comptes. Entre les nouveaux projet de lois sur l’immigration (présenté le 12 octobre 2017) et le projet de loi anti-terroriste (actuellement discuté à l’assemblée) qui prévoit (entre autre) la « legalisation » des mesures prise pendant l’état d’urgence, être réfugié en France (et en Europe) devient un parcours du combattant, avec retour à la case départ à la clef.
Ces nouvelles lois et mesures ne sont que les jalons supplémentaire d’une politique migratoire qui ne date pas d’hier et qui s’adapte aux flux et aux intérêts économiques de l’Europe (et surtout de ses patrons), tout en servant de prétexte à la mise en place de dispositifs de fichage et de contrôle des territoires et de la population, qui deviennent des dispositifs permanents et intégrés dans le quotidien de tous.
A Marseille comme ailleurs le le quotidien des réfugiés et demandeurs d’asile se durcit et les Centre de Rétention (CRA) se remplissent. Rafles, arrestations arbitraires et expulsions, quelques brèves sur ce qu’il se passe au CRA de Marseille, dans les PRAHDA [1] de la région et dans les commissariats et les rues de la ville…

Mercredi 4 octobre, 3 nouvelles arrestations ont eu lieu au PRAHDA de Vitrolles à 5h du matin. Il n’y a à ce jour aucune nouvelle des personnes arrêtées, ni au PRAHDA ni au centre de rétention. Nous pensons qu’ils ont probablement été menées directement à l’avion pour les expulser en Allemagne et Italie .
Actuellement, les expulsions depuis les PRAHDA s’accélèrent et confortent les invitations à agir contre ces nouveaux dispositifs de « prisons sans barreaux ». D’autant que les moyens juridiques pour faire respecter les garanties procédurales sont extrêmement limités. Invitez-vous dans les PRAHDA !
Pièce de théâtre autour de l’univers carcéral, écrite en collaboration avec Christine Ribailly, bergère détenu-e pendant 4 ans, « Pisser dans l’herbe… » s’est nourri de lettres de Philippe Lalouel, Émilie D. et du livre « Pourquoi faudrait-il punir ? de Catherine Baker.
Écrite en collaboration avec Christine Ribailly, bergère détenu-e pendant 4 ans, « Pisser dans l’herbe… » s’est nourri de lettres de Philippe Lalouel, Émilie D. et du livre « Pourquoi faudrait-il punir ? de Catherine Baker. La pièce dresse un tableau qui interroge la justice, l’administration pénitentiaire et les modes répressifs préconisés depuis toujours.
CAMILLE
Février 2014. Centre de détention de Fleury Mérogis. Transfert-transit. Non ! Je refuse de donner mes empreintes. Soit vous restez calme et on règle ça dans une semaine avec un prétoire où je ne risque pas plus de 7 jours ; soit vous me les prenez de force, on risque de se faire mal, ça va compliquer tout le reste de la détention ici et de toute façon vous n’aurez rien d’utilisable. Ils choisissent la force.


« Originaire de Caen, Audrey est passée par la case prison. Versailles puis Fresnes, où elle découvre l’univers carcéral féminin. Sa brutalité, mais aussi, pour la première fois, la solidarité entre femmes. La prison la révolte, elle se heurte de front à l’administration pénitentiaire.

La taule, la sortie, l’administration, les rencontres, la place des femmes dedans et dehors, le rapport à la « justice », sont autant de thèmes abordés à travers cette autobiographie. »

Ces quatre femmes sur la photo avaient un nom. Prudencia Acosta, María Antonia de la Purificación (connue sous le nom de « Pureza »), Antonia Juntas Hernández (« Antonia la repasseuse ») y Antonia Gutiérrez Hernández. Ne les oublions pas. Elles furent agressées, tondues et exhibées comme de vulgaires trophées brandis par la meute du franquisme. Cela s’est passé à Oropesa (province de Tolède).
Oubliées, maltraitées et violées, les femmes restées à l’arrière, lorsque les fascistes s’emparèrent de l’Espagne, subirent une répression extrême dont le but était de les déposséder de leur propre féminité. Elles ont été et demeurent les grandes oubliées de cette histoire. Il fut peu question d’elles durant la guerre civile, et moins encore par la suite, alors que leurs maris ne revinrent jamais (morts au front, fusillés ou envoyés en prison). Elles durent souffrir dans leur corps une vengeance et un acharnement qui dépassent l’imagination.
On les tondait pour que personne n’oublie leur « délit ». Nombre d’entre elles furent forcées à boire de grandes quantités d’huile de ricin, dont les effets immédiats furent des douleurs de ventre, des brûlures, diarrhées et vomissements. Elles étaient ensuite traînées et exhibées de villes en villages. Certaines, comme les femmes de Montilla (province de Cordoue), furent tondues mais on leur laissait sur le dessus de la tête une sorte de crête autour de laquelle était noué un ruban rouge destiné à rappeler leur appartenance à des partis ou groupements de gauche.
Parmi toutes les laides choses, les misères, les lâchetés qu’expédient les affaires courantes, il en est qu’on ne signale pas et qui dans le torrent des faits disparaissent sitôt perçues, comme des épaves dédaignées. Les yeux entr’ouverts des hommes ne voient encore que les grands drames dont leurs maîtres sont les acteurs : des rois, des reines, des colonels… Ils ne voient pas les tragédies dont les humbles sont les héros, les victimes vite englouties. Le torrent roule et, dans les remous, ce sont des gueux qui se noient. Il y a des appels dans la nuit. Qui donc entend ? Le torrent gronde ; il charrie des faibles, des abandonnés, des maudits, vers les prisons, ces égouts ! vers les asiles de fous — ces bagnes !
Elle n’est pas folle.
Qui ? Cette jeune femme dont M. Boursy, juge d’instruction, reste l’obligé ;Mlle Hinque qui, après avoir vainement parlé de la justice et de son droit, finit par faire parler la poudre aux oreilles d’un magistrat ; Mlle Hinque dont le revolver mit un peu de poids dans la tête légère d’un juge d’instruction — que l’on décora sur ce coup.
Elle n’est pas folle ! Elle l’était peut-être quand elle supposait que la Loi devait venir en aide au pauvre, quand elle croyait que les misérables pouvaient en appeler au Code, quand elle usait des années à courir chez les gens de chicane, forte seulement de sa bonne cause — mais sans appui, sans honoraires à laisser aux pattes crochues qui donnent le coup de pouce aux Balances.
Elle était folle. Elle cessa de l’être lorsqu’elle saisit un revolver et se dit :
— Il n’y a pas de justice, et je n’ai pas de pain — on m’a tout pris — plus rien à perdre ! et pas de travail, et je ne veux pas faire le trottoir. Et je ne veux pas que mon vieux père, dépouillé par un magistrat, meure de faim cet hiver, sans qu’on sache qui l’assassina. On le saura. Je marquerai l’homme…
Elle tira sur M. Boursy.

Comment faire comprendre qu’il n’existe pas de nous commun dans lequel se reconnaître ? Que nous sommes divers, que nous sommes différents, que nous sommes uniques ? Avec quelques uns nous pouvons nous entendre, avec beaucoup d’autres pas. Parfois nous nous méprisons aussi, nous nous détestons vraiment. Mais cette absence de communauté ne devrait pas conduire à l’indifférence. Parce que, quand ils viendront les chercher, il faudra au moins avoir la hardiesse d’intervenir. Pas pour eux, pas en solidarité avec ceux qui sont réprimés, mais toujours et de toute façon contre l’État, par haine de qui réprime.
https://lesepineuses.noblogs.org
Lettre d’un détenu parmi d’autres suite au G20 d’Hambourg
17/09/2017

Je suis actuellement incarcéré comme de nombreuses personnes dans une prison allemande suite au déroulement du G20 dans la ville de Hambourg. Je ne me considère
pourtant ni victime d’un bug dans la matrice de la justice ou d’une conspiration, encore moins prisonnier politique ; la prison étant une réalité de ce monde normé qui frappe de nombreuses personnes abattues à la chaîne, quotidiennement par les instances juridiques. Je n’idéalise pas davantage mes camarades ici, moi et les militant(e)s incarcéré(e)s en général, comme une « avant-garde de subversifs en puissance » menaçant de renverser imminemment les rapports sociaux actuels.
A l’échelle carcérale/judiciaire, mon petit cas n’est qu’un fait parmi tant d’autres, auquel je dois m’adapter en l’affrontant, en y faisant face et en déconstruisant un peu cette « culpabilité » qu’ils voudraient me faire avaler. Je n’ai ni fierté ni honte à me retrouver privé de liberté. Mais en tant que concerné, il m’est donné l’occasion de déconstruire le mythe d’une certaine fétichisation de la prison dans les sphères militantes et ainsi la replacer dans un contexte, en associant ma situation à un cadre de répression et d’oppression institué bien plus global qui dirige nos vies.
Il existe bien une répression spécifique touchant les personnes porteuses d’idées, de projets tendant à remettre en question l’ordre social global mais ça ne peut faire figure d’exception quant à l’ordre normal de ce monde, puisque tant d’hommes et de femmes – en très grande majorité les profils sociaux les plus vulnérables (pauvres, non insérés) – sont attaqués et livrés chaque jour dans le plus grand calme à des juges et autres larbins de l’ordre. Ces cas s’inscrivent dans un ensemble, dans une tellement triste et banale continuité d’une répression quotidienne.

Crio Cuervos se veut un espace pour rendre visible ce que l’on cache dans les institutions du pouvoir et au plus profond de nous. Ce qui nous fait peur et nous fait obéir.
Un témoignage de nos tristesses, de nos joies, de nos défaites et de nos victoires.Une expression de la douleur qui nous fait sentir vivant ou qui nous crève, un peu de la pétarade euphorique qui nous fait exister. Un lieu pour détruire tout ce béton et ces barbelés qui enserrent nos têtes. Un temps pour échanger des savoirs et des expériences, pour se réarmer et vivre selon nos désirs. Un temps pour parler comme on l’entend, en se contrefoutant des codes policés de l’expression raisonnable, un espace où les fêlés du casque ont libre antenne : un lien vers la révolte.
Crio cuervos prétend être un outil de résistance au pouvoir Psy. Un élan vers des pratiques collectives, dans un processus de libération de la psychiatrie.
Nuestra pasion no es diagnosticable : notre passion n’est pas diagnosticable.
Retrouver les émissions ici : http://www.canalsud.net/?-Crio-cuervos-
Au sommaire :
Introduction de l’émission avec la question du traitement des troubles psy en prison.
On invite Jérôme Pouillaude, avocat de la famille de Bilal Elabdni, décédé dans sa cellule lors de son arrivée aux Baumettes 2 le 10 août. Nous évoquons avec lui la plainte déposée par la famille pour homicide involontaire, le paradoxe des magistrats qui l’ont emprisonné tout en demandant une expertise psy, le déni de la directions des Baumettes qui prétend qu’elle n’était pas au courant des difficultés de Bilal et la manière dont son histoire a été traité par la presse.
La suite sur : https://passemuraille.noblogs.org/

Le 10 août 2017, lendemain de son arrivée aux Baumettes, Bilal Elabdani est retrouvé mort dans sa cellule. La veille, lors de la comparution immédiate, les magistrats avaient décidé de ce placement en détention provisoire alors qu’ils demandaient en même temps une expertise psychiatrique. La famille avait alerté du danger que représentait cette mise en détention, avec dossier médical à l’appui. L’administration pénitentiaire se disculpe en prétendant n’être au courant de rien, ce qui est évidemment invraisemblable.
D’autres décès ont eu lieu ces derniers mois aux Baumettes. Ces actes désespérés résonnent dans les motivations de détenus qui s’opposent à l’administration pénitentiaire. C’est le cas d’Abdelhalim qui a débuté une grève de la faim et de la soif le 22 août, rejoint en solidarité par Samy, son cocellulaire, le 26 août. Vu son état de santé trop critique, Samy y met fin le soir du 31 août pour continuer la lutte autrement, avec des soutiens extérieurs. Ils dénoncent une prison insalubre et délabrée (escaliers et plafonds qui s’écroulent, y compris dans les cellules), la non-conformité aux normes européennes, des maladies (gale, staphylocoques), des cafards, des rats, des champignons, et bien sûr… des matons violents et leurs abus de pouvoir. Lorsqu’ils ont commencé leur grève, l’administration pénitentiaire leur a délibérément coupé l’eau et a retiré le frigo de leur cellule, en pleine canicule.
Lire la suite sur : http://lenvolee.net/



Editions Marseillaises « L’assoiffé ».
« Tous les moyens sont bons ! Mais les plus
occultes sont les meilleurs. Du feu ! Du sang !
Du poison ! Pacte avec la mort ! »
Voilà ce que proposaient des anarchistes
marseillais dans les colonnes de leur journal
en 1884.
C’est ainsi qu’il nous plaît d’imaginer,
aujourd’hui, l’idée intrinsèque à ces éditions.
Pas une perspective populaire qui attend
mais une conflictualité permanente et
nécessaire.
Continuer à souffler sur les braises, attiser la
haine de ce monde mercantile et mortifère et
du militantisme de la résignation, qui n’est
que sa fausse opposition.
L’assoiffé n’est pas une fin mais un moyen
qui la contient. Non pas une collection
de textes politiques pour s’endormir
sereinement le soir, mais des instruments
d’agitation pour incendier la nuit.
Divertissons-nous, nous n’avons qu’une vie…
Commandes à :
lassoiffe@riseup.net
(Comptez 30 % en moins à partir de cinq copies)

Violences policières, poids de la preuve vidéo, indépendance du parquet… Au procès dit de la «voiture de police incendiée», qui se tient depuis le 20 septembre devant la 16e chambre du tribunal de grande instance de Paris, on n’évoque pas uniquement les faits reprochés aux prévenus. Parmi les sujets évoqués par les avocats, une question rarement abordée a fait surface : celle du traitement carcéral des personnes trans.
«Monsieur, euh… Madame Kara B»
Parmi les huit prévenus accusés d’avoir participé aux violences visant un véhicule de police et ses occupants le 18 mai 2017, Kara B., 27 ans, de nationalité américaine. Elle est accusée d’avoir lancé un plot de trottoir de 12 kg sur le pare-brise avant de la voiture de police. Mais c’est son nom inscrit à l’état civil, qui a été retenu par le parquet lors de l’enquête préliminaire.
Lorsque le président du tribunal, Alain Alçufrom, évoque les faits reprochés à Kara B., il bafouille : «En ce qui vous concerne Monsieur, euh… Madame Kara B.» Il ne fera toutefois l’erreur qu’à trois reprises avant d’adopter définitivement le féminin.
Le dernier jour d’audience doit se tenir mercredi, mais Kara B. n’a jusqu’ici pas dit un mot, préférant invoquer son droit au silence. Elle avait toutefois reconnu les faits lors de l’instruction. «Je suis désolée, j’ai été stupide», a-t-elle dit lors d’un interrogatoire en juillet dernier.
Ce mardi 26 septembre, à Draguignan dans le Var, la police a utilisé ses armes et abattu un homme de 55 ans alors que celui-ci devait être expulsé de son logement. Selon le procureur Ivan Auriel, il aurait « ouvert le feu et blessé un commissaire » avant d’être tué.

Une brochure coécrite par le collectif Musaferat (Lesbos) contre les centre de détention et l’Initiative pour le refus total du service militaire (Athène) sur le militarisme, l’état d’urgence, les doctrines militaires et humanitaires et l’intrumentalisation de la « crise » des migrants au service de la gestion de la population, à Lesbos et ailleurs….
Édition coécrite par Musaferat (collectif contre les centres de détention, Lesbos) et l’Initiative pour le refus total du service militaire (Athènes)
Traduction en français des deux premières sections du livre, composées par l’Initiative pour le refus total du service militaire.
Contact :olikiarnisi@espiv.net
http://olikiarnisi.espivblogs.net/
[MAJ – Greg à depuis obtenu l’assignation à résidence avec toutes les réstrictions!]

Malgré la censure une lettre à réussi a passer entre les mailles du filet de la bureaucratie pénitentiaire anticipant l’émission de la mesure. Outre la façon de réfléchir et avancer face à la répression Greg nous décrit une série d’évenements qui s’intègrent dans une certaine mesure à l’onde de protestations, bien qu’en grande partie détachées les unes des autres, qui ont touchés les prisons de la péninsule cet été, de Pise à Sassari.
* GIP : service d’enquête préliminaire
macerie @ Settembre 9, 2017
Ci-dessous la lettre
Cella 1.2 della c.c. , Gorizia, 27 août 2017.
“Je voudrais faire plus. Il ne s’agit pas seulement de résister. Je voudrais recommencer à immaginer des mondes nouveaux. Je veux me réapproprier une originalité vive, radicalement autre. Je voudrais savoir qu’échapper à la capture signifie seulement ne pas me faire prendre en tous sens. Ne pas me faire focaliser dans les champs du discours ennemi, ne pas laisser les autres décider de la poigne des mots qui me servent pour descrire ce que je suis et ce que je veux.”
Plusieurs témoins affirment avoir vu Santiago Maldonado jeté dans une
camionnette de la gendarmerie. C’était le 1er août pendant une manifestation de la communauté mapuche dans le sud du pays. Depuis personne ne l’a revu et une vague de protestation secoue le pays pour réclamer la vérité et espérer son retour en vie.
Lire la suite sur : https://mars-infos.org
Considérations et réflexions un mois après la disparition de Santiago Maldonado
Le 1er août 2017, sur la Route Nationale N°40, des participant-e-s du Pu Lof en résistance deCushamen (1) et quelques personnes solidaires montent une barricade et coupent la circulation en solidarité avec le Lonko Facundo Jones Huala qui affronte un procès (pour la deuxième fois). Quelques minutes plus tard arrivent des fourgons et des camionnettes avec une trentaine de gendarmes armés de fusils. Les peñis (2) commencent à lancer des pierres en réponse à l’arrivée des ordures des forces de l’ordre. Les gendarmes avancent en tirant et brûlent les habitats précaires et les affaires des habitants du Lof, repoussant ces dernier-e-s jusqu’à ce qu’ils et elles traversent une rivière. L’anarchiste Santiago Maldonado (surnommé “El lechuga” o “el brujo”) reste en arrière. Là, des habitant-e-s du lof observent comment les gendarmes attrapent Santiago ; d’autres affirment entendre les gendarmes dire qu’ils en “tiennent un”.
Après cela, des images et des témoignages commencent à circuler sur le fait que Santiago a disparu et que les gendarmes l’ont emmené dans une camionette Unimog. Les autorités gardent le silence.
Ouverture d’un lieu d’acceuil à Veynes (Hautes-Alpes) – Besoin de coups de main…

Face à la situation d’urgence et à la mauvaise volonté de l’État et du
Département des Hautes-Alpes, une maison (à l’abandon depuis plus de 10
ans et appartenant à un obscur office foncier public marseillais) est
réquisitionnée à Veynes pour loger des migrants mineurs laissés à la
rue.
[…]
Voir tract complet ici :
https://souslaplagelespaves.noblogs.org/post/2017/09/03/hautes-alpes-ni-frontieres-ni-flics-ni-centres-de-retention-ni-prisons/
Note de Sous la plage les pavés : ce texte nous paraît intéressant car il lie la question actuelle des migrants à une critique plus large des frontières. Dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), la solidarité réelle avec les migrants reste trop souvent sur le terrain de l’humanitaire et du citoyennisme, avec une dimension médiatique, et des appels font régulièrement appel aux institutions pour qu’elles accomplissent « leur rôle ». Mais le rôle de l’État, c’est celui de contrôler les individus et d’organiser leur exploitation, et le nôtre de le combattre.
***
Ni frontieres, ni flics, ni centres de rétention, ni prisons !
Beaucoup moins médiatisée que dans la Roya ou à Calais, la situation dans le Briançonnais est terrible sous bien des aspects. L’État français met en place une politique de non-accueil et de répression féroce. Les migrants présents depuis plus d’un an, suite à l’expulsion de Calais et leur déportation dans les CAO, sont pris dans les rouages de l’administration sans aucune porte de sortie. Celles et ceux qui passent la frontière sont pourchassés, contrôlés, enfermés, expulsés, condamnés à la clandestinité.
Multiplier les lieux d’accueil et les actes de solidarité
De nombreuses personnes se bougent pour accueillir les exilés. Des particuliers ouvrent leurs portes, d’autres mettent la pression aux institutions, des maisons sont occupées pour fournir un lit, un canap, de quoi se reposer, se laver, manger. Ça fait plaisir, surtout quand on voit l’ambiance raciste et xénophobe qui règne dans ce pays. Alors on va pas s’arrêter là ! L’État essaye de récupérer ce mouvement de solidarité, de le formater, de l’institutionnaliser, tout en rendant le quotidien des migrants invivable, plein de violence et de désespoir. A nous de ne pas être dupes face à cela. D’éviter les pièges dans lesquels on veut nous faire tomber. A nous de mettre les élus devant leur responsabilité : on ne peut pas clamer haut et fort qu’on ira dans l’avion empêcher une expulsion et le lendemain féliciter la police aux frontières pour des dizaines de reconduites en Italie. Spéciale dédicace à une girouette bien connue dans notre département !
Méfiance vis à vis des forces de l’ordre
Bien conscient des passages de frontière incessants et de l’ampleur du mouvement de solidarité, l’État demande aux personnes solidaires de ramener les migrants au commissariat pour les ficher. Certain.e.s sont tombés dans le panneau. On ne nous y reprendra plus ! A nous d’affirmer qu’il ne faut pas collaborer avec les flics, sous aucun prétexte. On n’est définitivement pas du même côté.
Il nous appartient aussi de diffuser des pratiques pour éviter les contrôles. Par exemple, renouer avec le ô combien salutaire « appel de phares », qui si il permet à certains de conserver leur permis, peut éviter à d’autres d’avoir à présenter leurs papiers et de se faire expulser. Faites passer l’info à vos amis et collègues… De même, il faut faire gaffe à ce qu’on raconte. Si certain.e.s s’enorgueillissent de n’avoir rien à cacher et se sentent protégés par la légitimité de leurs actes, on est nombreux et nombreuses à risquer des amendes ou d’aller en tôle pour ce qu’on fait. Alors on ne balance pas les copains et copines, on ne file pas les adresses et les noms des hébergeurs et n’oubliez pas : « RIEN A DECLARER » est la seule chose que nous avons à répondre aux forces de l’ordre, même si l’officier qu’on a en face à l’air « sympa » et « compréhensif ». Qu’il démissionne s’il est sincère !
S’organiser et lutter
Accueillir, héberger, faire passer, filer des coups de mains aux exilés, c’est épuisant et parfois on se demande si on n’est pas impuissant face aux rouages administratifs et à l’urgence. Il faut qu’on se retrouve pour s’organiser collectivement et se donner de la force. Au delà des nécessaires réseaux de solidarité que nous avons constitué sur le territoire, il nous faut imaginer des moyens pour lutter contre les infrastructures qui font de la vie de nos potes un enfer, comme les centres de rétentions administratifs ou les locaux de la police aux frontières. Remettre en question le rôle des états et de l’économie capitaliste, responsables des guerres et de la misère. Car si nous sommes solidaires, ce n’est pas par charité, ce n’est pas parce que l’on considère les migrants comme des victimes. C’est parce que nous aussi on galère dans ce monde de merde. On préfère partager la révolte que le désespoir !
Des hauts alpin.e.s en colère
Le 19 août 2017


Texte sur les gens qui dérapent, qui déraillent…qui se trompent de cibles :
http://hainedeschaines.free.fr/spip.php?page=recherche&lang=fr&recherche=fabricant
Trois policiers blessés
Les CRS sont intervenus « dans un jeu du chat et de la souris » et ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les migrants, a indiqué Jean-Philippe Vennin. Trois policiers ont été blessés par des jets de pierre, a affirmé une source syndicale. Ceux qui avaient réussi à grimper dans des poids-lourds en ont été chassés par les fonctionnaires grâce au signalement d’automobilistes, a-t-il précisé.
[…]
http://www.leparisien.fr/faits-divers/calais-nouveaux-heurts-entre-une-cinquantaine-de-migrants-et-la-police-02-09-2017-7231014.php

Haine des chaines n’est plus sur les ondes…
Mais il nous reste quelques bonnes émissions à écouter ici
http://hainedeschaines.free.fr/
Rubrique : Frontières & migrants
* Des vagues de larmes au tri des migrants
* Solidarité avec les sans-papiers
* Politiques migratoires et révoltes dans les C.R.A.

* C.R.A. : la tension monte !
* La fonction des centres de rétention
… et tant d’autres
NB. Les archives sont égalements disponibles sur le site de radio galère http://www.radiogalere.org/

Le soleil est revenu. Il sèche les affaires détrempées, celles qui n’ont pas été jetées dans la benne municipale mercredi 31 Aout, lors de l’opération policière sous le pont Mollien. Le soir même, certains exilés étaient déjà revenus du lieu où ils avaient été emmenés, une destination inconnue d’eux même à 2h de Calais. Ils rapportent : « pas dans une ville, mais un lieu au milieu de nulle part ».
La suite sur le site : https://passeursdhospitalites.wordpress.com/
Liberté pour tous, avec ou sans papiers
Une lutte contre la machine à expulser (Paris, 2006-2011),
juillet 2017, 322 pages, [8 euros]
« Le choix de relancer une lutte contre la machine à expulser à partir de début 2009 est donc
né d’un côté de l’appui aux révoltes chaleureuses dans les centres de rétention qui avaient des répercussions dans les quartiers où nous menions déjà de l’agitation depuis des années, mais surtout à la volonté de proposer une méthode de lutte pour tous, immigrés ou pas, avec un objectif précis : non pas poser des revendications sur une question spécifique ou rassembler un maximum de monde à partir de l’indignation face à une injustice, mais afin de s’en prendre à des rouages concrets de la domination. Une méthode basée sur l’auto-organisation, l’action directe et la conflictualité permanente. Dès le départ, il n’a en effet été question ni de se lier à un sujet politique particulier, le sans-papier, porteur d’on ne sait quelle vertu révolutionnaire, ni de se concentrer sur unecondition spécifique, l’immigration clandestine, parce que celle-ci serait magiquement plus susceptible de luttes que d’autres. Ce qui se posait pour nous était plutôt la question de l’ensemble des indésirables de ce monde, et surtout celle de complicités dans la révolte contre ce qui la produit, l’Etat et le capitalisme, à partir d’un angle initial : la machine à expulser. »
http://mutineseditions.free.fr/
Calais, face à la frontière – Textes & entretiens collectifs
————————————————–

En détruisant la jungle de Calais à l’automne 2016, et en dispersant tous ses occupants aux quatre coins de la France, l’État a prétendu faire œuvre « humanitaire » ; en réalité, ce déplacement de population s’inscrit dans une continuité de gestion de la « question migratoire » dans le
Calaisis, entre acharnement policier et paternalisme des associations Depuis une vingtaine d’années, du hangar de Sangatte au Centre de Rétention de Coquelles, de la constitution de la grande jungle de Calais à son « démantèlement », des milliers de personnes en exil se sont trouvées piégées face à la frontière, dernier obstacle avant le Royaume-Uni. La parole est ici donnée aux personnes immédiatement concernées, personnes en exil ou militants solidaires, afin que d’autres voix se fassent entendre, pour éclairer l’action présente et future.
« Nous ne ferons pas marche arrière ! »
Luttes contre la frontière franco-italienne à Vintimille, 2015 – 2017 Lucia Le Maquis
En juin 2015, la France ferme sa frontière avec l’Italie aux personnes arrivées là suite à la traversée de la Méditerranée. A Vintimille, un groupe de migrants menace de se jeter à l’eau depuis les récifs de Balzi Rossi si la frontière n’est pas ouverte et refuse de monter dans les cars de la police italienne venue pour les expulser. Cette résistance et ce blocage sont le point de départ d’une lutte contre la frontière qui ne s’est pas arrêtée depuis. Les paroles de différents acteurs de cette lutte se croisent dans ce petit livre en un récit composite entre mer et montagnes.
Plus d’infos sur http://niet-editions.fr
Le camp des mineurs étrangers isolés et des demandeurs d’asile se situe en plein centre de Lille dans l’ancienne gare de marchandise Saint Sauveur […]
Comme par hasard, voici que le 12 août un panneau de la ville, fait son apparition, attaché à la grille devant les quais, et crache en grand son cynisme :

Ici, le dimanche 3 septembre aura lieu la braderie des enfants, la « zone est réservée ». Justification d’une expulsion … (on notera la mention « Contrôles réguliers » synonyme de tout événement de la municipalité)

Plus d’infos sur les dernières nouvelles ici :
https://lille.indymedia.org/spip.php?article31009
La situation est toujours extrêmement tendue dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos. Mardi 18 juillet 2017, pour le deuxième jour d’affilée, des manifestants se sont assis à l’extérieur du Bureau européen de soutien à l’asile situé dans le camp, tenant des bannières dénonçant des conditions déshumanisantes et demandant la liberté de circulation pour ceux qui sont restés sur l’île depuis plus de 6 mois, c’est-à-dire la possibilité de pouvoir se rendre en Grèce continentale. S’en est suivi des affrontements entre des manifestants et la police anti-émeute grecque lorsque celle-ci s’est mise à tirer des grenades lacrymogènes. Les forces de police ont alors mené des raids dans le camp et ont arrêté 35 personnes. Les images et les vidéos diffusées dans les médias montrent que pendant les affrontements et lors des raids et des arrestations la police est extrêmement brutale. Il existe de nombreux témoignages et rapports de violences à l’égard des réfugiés, y compris des femmes et des enfants. Des vidéos montrent que la police lance des pierres sur les manifestants, frappe à plusieurs reprises des individus avec des matraques et des agents en civil qui battent les gens.
Un demandeur d’asile témoigne :
« La police a tiré beaucoup de gaz lacrymogène et j’ai eu l’impression d’étouffer…. Dix policiers me battaient sur tout le corps pendant trois minutes. J’étais au sol en essayant de me protéger… Ils m’ont frappé avec leurs matraques et m‘ont donné un coup de pied avec leurs bottes … L’officier de police qui m’a emmené à la voiture a craché sur mon visage et m’a appelé « stupide africain » … » Un individu a été hospitalisé pendant plus d’une semaine, et beaucoup ont eu besoin d’une assistance médicale urgente.

Lire la suite sur : https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/
SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2017à La Salle Gueule !
Bass down the walls !
Soirée de soutien contre les frontières, avec :
DJ CHI : femmes hip hop / trap / bass (In.Flammen / Hambourg)
https://www.facebook.com/DjChiHamburg/
https://soundcloud.com/chi-115
DJette Rien : old school pop n roll electro musette (La Borie / Cévennes)
19h : buffet vegan
22h : musique et cocktails (avec et sans alcool)
Prix libre !
No Macho ! No Facho !
1€ d’adhésion au lieu (nouvelle année !)
La Salle Gueule, 8 rue d’Italie, 13006 Marseille

Prison de La Vallette , 05 août 2017
Et nous revoilà en prison.
Nous sommes de nouveaux accusés de nous être « interposés », d’avoir tenté d’empêcher l’énième rafle de migrants dans le quartier dans lequel nous vivons.
Bloquer une rafle est un objectif ardu et les forces de l’ordre désormais, se présentent en tenue anti-émeute, à cheval même, comme c’est arrivé à Milan, et mettent en place une véritable opération militaire.
Être solidaire des personnes interpellées et rendre visible les rafles est, malheureusement, le maigre résultat que l’on réussit à obtenir.
Cela peut certainement sembler étrange d’entendre parler de « visibilisation » d’un événement aussi énorme qu’une rafle policière en plein centre d’un quartier, dans un contexte où voitures, camion, charges casqués et coup de matraques ne peuvent certainement pas passer inaperçu.
Et c’est justement ça le problème. En ces temps obscurs, les militaires armés jusqu’aux dents qui se baladent dans nos rues et les rafles ethniques qui ont tant scandalisés la démocratie d’après-guerre, sont des pratiques de la vie de tous les jours. La normalité, on le sait, est faite de barbarie.
C’est cette même normalité qui planait dans les airs de l’Europe d’antan, ce monde de tortionnaires qui n’ont fait « que suivre des ordres » et des solutions techniques. Ces mêmes lieux où l’indifférence des passants d’alors fait écho aux fenêtres fermés des bâtiments d’aujourd’hui.
La chasse aux immigrés ne sert pas seulement l’étau d’une partie de la population, c’est un aspect plus général de la guerre aux pauvres dont la police est le bras armé.
Par ailleurs, le rapport sécuritaire à l’immigration, qui est entrain d’attendre des niveaux inimaginables, a pour but d’identifier chez le migrant, à travers un discours politique et médiatique, le faux coupable de la misère dans laquelle l’état nous enlise.
C’est justement dans les quartiers périphériques de la ville, où les familles expulsables sont jetées à la rue et où l’on subsiste d’emplois ultra-précarisés, que se glisse le cauchemar de la guerre entre pauvres.
La grande escroquerie est permise et trop de gens sont tombés dedans.
Empêcher que tout ceci arrive, de la part de qui a décidé de ne pas vivre de manière misérable, est la raison pour laquelle nous sommes constamment incarcérés et éloignés/expulsés, la raison pour laquelle nous sommes frappés et humiliés par la justice.
Pas de problème de toute façon; c’est cette même raison pour laquelle nous résistons en serrant les dents et nous nous organisons contre la brutalité qui nous entoure.
Un détenu de ma section m’a dit: « A faire la guerre à l’État on perd toujours », bien sûr, je suis d’accord, on perd tout, vraiment tout mais pas la dignité.
Tutti e tutte libere,
Antonio”
Source : https://www.autistici.org/macerie/?p=32776
Plus d’infos ici : https://mars-infos.org/turin-operation-repressive-7-2505

La mairie de Rome expulse sans préavis un squat de migrant-e-s d’environ 800 personnes, et les chasse de la place à coup de canon à eau…
(voir la vidéo sur http://youmedia.fanpage.it/video/aa/WZ7DnuSwloTMs-d8 )
http://www.courrierinternational.com/video/en-video-rome-la-police-chasse-des-refugies-coups-de-canon-eau

Communiqué de Migreurop (du 13 août 2017) sur la situation des ONG en Méditerranée
http://www.migreurop.org/article2827.html?lang=fr
Update 16 août 2017 – Depuis la rédaction de ce communiqué, la situation en Méditerranée s’est encore aggravée :

Communiqué de DEFEND MEDITERRANEA* : le C-Star va bientôt repartir : préparons-nous à le refouler dans les ports de France ou de Croatie !: Le navire de l’expédition fasciste DEFEND EUROPE s’apprête à quitter la région de Malte, après avoir échoué dans sa nouvelle tentative d’escale, malgré son insistance durant toute une semaine. Ce nouvel échec cuisant a fait capoter le rapatriement en grande pompe des chefs identitaires à Lyon, pour la conférence de presse du 19 août. Grâce à la mobilisation de nos camarades antiracistes et antifascistes à Malte, le C-Star va bientôt repartir sans avoir pu accoster. Cependant, avec la collaboration des réseaux fascistes sur place et de deux bateaux maltais, le Sea Storm et le Bawa 1, il a tout de même pu se ravitailler in extremis, ce jeudi après-midi, au bout d’une semaine de colères et de lamentations.
Plus d’info sur : https://paris-luttes.info/communique-de-defend-mediterranea-8594?lang=fr
Deux ans après les arrivées massives de réfugiés vers l’Europe, le traitement de la question migratoire demeure toujours aussi révoltant : conditions de vie dégradantes et humiliations, enfermements arbitraires généralisés, violences tant psychologiques que physiques… Les états ne cessent de sécuriser leurs frontières pendant que les politiques de déportations se généralisent en silence. Quelques résistances et solidarités viennent cependant enrayer ce sinistre mécanisme, redonner un peu d’air dans cette pesanteur actuelle…

La suite sur :
https://cevennessansfrontieres.noblogs.org

Sachez que l’État français met tout en œuvre pour vous empêcher de rester sur son territoire. Ce guide est là pour vous aider à mieux comprendre la procédure d’asile en europe et en France, vous aider à faire valoir vos droits ou à passer entre les mailles du filets si ça craint pour vous. Version française et arabe…
Vous rencontrerez beaucoup d’hostilité de la part des institutions françaises (police, préfecture*, OFPRA*, associations travaillant au sein des CRA* ou PADA*…) et beaucoup de services auxquels vous avez droit vous seront inaccessibles pendant longtemps (place en foyer CADA*, ADA*)
Ce guide est là pour vous aider à mieux comprendre la procédure d’asile en europe et en France, vous aider à faire valoir vos droits ou à passer entre les mailles du filets si ça craint pour vous.
نصائح عامة
تخضع طلبات اللجوء في أوروبا لقانون يسمى [ إجراء دبلن 3]، طبقا لهذا القانون،
ل يسمح لطالب اللجوء أن يتقدم إل بطلب لجوء واحد في أوروبلا، بحيلث يقلوم بللد
أوروبي واحد فقط بدراسة الطلب.بشكل عام، البلد الذي يدرس طلب لجوئك، هو البلد الذي تم توقيفك فيه مللن قبللل
الشرطة والذي تقوم فيه بإعطلاء بصلماتك. ضلمنيا، يعتلبر هلذا البللد المكلان اللذي
طلبت في اللجوء.
https://mars-infos.org/la-procedure-d-asile-en-france-2431

Nous sommes quelques individus à nous réunir et nous organiser en soutien avec les exilé.e.s et contre les frontières…
Nous sommes contre les frontières et leur gestion militaire. Des barbelés gardés par l’armée aux camps de tri et d’identification, des déportations aux centres de rétentions, des rafles aux tribunaux, l’Europe mène une guerre contre les exilé.e.s.
Nous sommes contre la distinction opérée entre « réfugiés » et « migrants économiques ». Les États et les associations humanitaires instaurent cette différenciation en établissant un classement arbitraire entre les “bons” migrants à accueillir et les “mauvais” à expulser, ce qui justifie la répression et les déportations. Des papiers pour les uns, les menottes pour les autres ?
Nous sommes solidaires et nous souhaitons nous organiser avec les exilé.e.s, lutter contre les frontières et affirmer ensemble la liberté de circulation et d’installation pour tous. Nous pensons que chacune des actions qui permet à des personnes de passer un contrôle, d’échapper à une rafle ou à une expulsion, de s’installer pour mener une nouvelle vie participe à élargir les brèches des murs qui séparent les peuples. Nous ne voulons pas que notre rôle se limite à des opérations de charité. Nous sommes libres d’accueillir les richesses de ce monde.
Si les Cévennes sont géographiquement éloignées des points de crispation (comme Vintimille, Calais ou Marseille), les frontières se matérialisent partout. Des exilé.e.s sont déporté.e.s et enfermé.e.s dans des centres de rétention comme à Nîmes. Aux alentours d’Alès, des familles expulsées des centres d’hébergement sont accueillies par des personnes solidaires.
Nous avons déjà organisé une manifestation à Saint Jean du Gard, des tables d’infos sur les marchés, des collectes de matériel et des trajets vers Vintimille et Marseille. Nous souhaitons continuer en menant les actions suivantes :
Le collectif se réunit régulièrement, à la Bibliothèque infokiosque, 152 grand rue à Saint Jean du Gard. Les réunions sont ouvertes à tous, contactez nous pour connaître les prochains rendez vous.
Pour contacter le collectif : cevennessansfrontieres at riseup.net
https://mars-infos.org/cevennes-sans-frontieres-455
RAMONVILLE (31)

Plus d’info ici :
https://iaata.info/Emission-RADIO-LIBRES-CIRCULATIONS-la-1ere-2123.html

Plus d’info ici :
https://clime.noblogs.org/post/category/clime-radio/
Le 4 juillet, le collectif AutonoMIE appelait à une manifestation contre le racisme d’Etat pour marquer les un an d’existence du DDAEOMIE [1], institution visant à écarter les ressortissant-es d’Afrique subsaharienne de l’Aide Sociale à l’Enfance. A l’occasion d’un atelier d’écriture, les jeunes en ont fait le compte-rendu.



Lire la suite sur :
https://iaata.info/On-a-chante-on-a-crie-les-mineurs-isoles-etrangers-racontent-leur-manif-2146.html

Samedi, une jeune femme est morte et 19 autres personnes ont été blessées lors d’une manifestation antifasciste à Charlottesville en Virginie, après qu’un jeune néonazi fonce volontairement dans la foule avec sa voiture.
La manifestation des suprématistes blancs avait été organisé contre le déboulonnage d’une statue d’un soldat confédéré. Les confédérés, pendant la Guerre de Sécession à la fin du XIXème siècle, étaient le camp « du sud », ouvertement pour le maintien d’une économie et d’une organisation sociale presque entièrement basées sur l’esclavage des populations Noires. Aujourd’hui, le drapeau sudiste est très souvent réutilisé lors des manifestations d’extrême-droite pour se référer explicitement à cette période. Et il n’en manquait pas dans la manifestation de samedi, aux côtés de croix celtiques, membres du KKK, paramilitaires munis d’armes automatiques et autres saluts nazis.
Une contre-manifestation antiraciste et antifasciste a été organisée pour s’opposer à cette démonstration de la haine raciste qui revient toujours plus vite aux Etats-Unis depuis quelques années, chose qui a largement empiré depuis l’arrivée au pouvoir de Trump. Si la manifestation n’a pas été interdite, l’état d’urgence a été décrété sur la zone. Un hélicoptère de police qui patrouillait s’est d’ailleurs écrasé avec deux policiers à son bord des suites d’incidents techniques.
C’est un peu plus tard qu’un jeune néonazi de 20 ans, qui a été photographié auparavant au sein du rassemblement d’extrême-droite, a foncé sur les antiracistes avec sa voiture lancée à toute vitesse. 19 personnes ont été blessées, dont certaines gravement, et une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, est morte des suites de ses blessures.
Trump, de façon très ambigüe (peut-être pas) a « fermement condamné les manifestations de haine des deux parties ». La police, quant à elle, a commencé par affirmer que le conducteur « n’avait pas eu le choix car il était menacé par des manifestants violents ». Le Secours Rouge a retrouvé une vidéo (attention, les images peuvent vraiment choquer) qui démontre bien que ce n’est pas le cas.
Aux Etats-Unis comme en Europe, l’extrême-droite reprend des forces et redevient un danger de plus en plus mortel. On ne compte plus les agressions racistes, les attaques de centres de migrants et autres tentatives de meurtre un peu partout, notamment contre les migrants pour ce qui concerne « notre » partie du monde.
Il nous faut plus que jamais les combattre, pour mettre en avant une émancipation collective.
Totale solidarité avec les antiracistes et antifascistes blessé-e-s à Charlottesville, à la famille et aux proches de Heather et à toutes celles et tous ceux qui luttent chaque jour aux quatre coins du monde.
https://mars-infos.org/solidarite-avec-les-antiracistes-2514

https://rebellyon.info/Contrat-d-avenir-c-est-tout-bon
https://www.syndicat-asso.fr/mme-penicaud-la-fin-des-contrats-aides-cest-cui-cui-les-petits-oiseaux

Un nouveau lieu d’accueil et d’accompagnement des migrants a été occupé à Briançon, l’une des villes de passage de la frontière franco-italienne. Les personnes à l’origine de l’initiative appellent à la solidarité dans le communiqué que nous recevons et reproduisons ici. Solidarité avec Chez Marcel !
La maison de Marcel Amphoux a été investie par un groupe de personnes solidaires liées à différents collectifs et associations (Article 1er, Un toit, un Droit, Houria). La maison étant à l’abandon et dans une impasse juridique depuis cinq ans, un énorme travail de réhabilitation est fourni bénévolement pour rendre les lieux salubres et redonner vie à la maison.
Lire la suite sur : http://mars-infos.org/briancon-ouverture-d-un-nouveau-2500?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

A lire sur : https://mars-infos.org/+-migrations-sans-papiers-+
Les mineurs isolés étrangers de Lille continuent de survivre et de lutter pour un hébergement et une scolarisation. Des dizaines d’entre eux restent totalement ignorés par le département, dans le mépris le plus total. Début juin, une tentative de réinstallation au parc des Olieux tourne court. La pression policière et des méthodes indignes ont stoppé net leur début d’organisation. Déterminés et épaulés par le collectif des Olieux, les jeunes luttent pour leurs droits et arrachent néanmoins des petites victoires.
Lire la suite sur : 
http://labrique.net/index.php/thematiques/immigration/918-m-i-e-a-lille-invisibiliser-pour-ignorer
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Voir aussi : Zapzalap au parc des Olieux
Décembre 2015
Zapzalap est de retour avec une émission consacrée à la lutte des Olieux.
Depuis le mois de juin 2015, le Parc des Olieux, dans le quartier de Lille-Moulins, abrite des dizaines de mineurs étrangers isolés de leurs proches. Seules des initiatives d’habitants du quartier tentent de pallier à leurs besoins de première nécessité : repas, hébergements ponctuels, accompagnement dans l’accès au soin, cours de français, loisirs. Chaque jour, les jeunes et les habitants qui les soutiennent luttent ensemble pour s’organiser contre le froid, contre l’attente, contre la violence de la police, contre les dédales administratifs, et surtout contre l’indifférence et le mépris des autorités qui seraient en mesure de débloquer leur situation intolérable.
Cette émission a d’abord pour but de leur donner la parole, pour qu’ils et elles relatent leur quotidien, leurs espoirs et leurs colères.
Il nous a semblé également intéressant de montrer dans quelle mesure les sans papiers, en occupant ce parc des Olieux, ont généré rapidement un réseau de soutien parmi les habitants du quartier.
En ces temps de brun et de chemises brunes, il n’est pas inutile de rappeler que les élans spontanés de solidarité, aussi peu médiatiques soient-ils, existent. En particulier lorsqu’ils prennent la forme d’une lutte autonome des partis politiques et d’une assemblée d’habitants et de mineurs sans papiers, loin de toute récupération.


http://www.20minutes.fr/marseille/2094835-20170627-marseille-municipalite-lance-plan-anti-kebab-centre-ville