Marseille : retour sur la manif de ce samedi 26 mai

Mise à jour du dimanche 27 :

Sur les trois interpellés, un serait toujours en garde-à-vue, les deux autres ont été relachés, dont un au moins avec une date de procès.

Un vent joyeux s’est emparé du traditionnel parcours Vieux-Port Castellane ce samedi 26 mai, bien décidé à créer quelques vagues sur la « Marée Populaire. » Dès le départ, le cortège de tête est rejoint par un cortège étudiant et lycéen survolté, et c’est en échangeant chants et slogans dans la bonne humeur que la manif se lance sur Canebière.

Le parcours se déroule sans heurt jusqu’à Castellane, ponctué de quelques lancés de pétards et d’œufs de peinture, et d’invectives envers les BACeux qui flanquent le cortège. Quelques piques visant l’UNsoumis-chef parachuté qui parade derrière se mêlent aux slogans, enfin libres des déprimantes sono syndicales.

Après un temps d’attente à Castellane, le cortège de tête part en sauvage sur la rue de Rome, suivi par une partie du cortège de Sud-Solidaires. Il tourne le dos aux robocops qui protègent le Front National, passe sans ralentir devant ceux qui montent la garde devant la Préfecture, et soudain s’élance à gauche sur la rue Grignan en direction de sa cible : le Bastion Social.

D’un pas vif, rythmé au son des « Massilia, massilia, antifascista ! » et autres slogans antifascistes le cortège atteint la place de la Corderie, à l’angle du local du Bastion, au moment où les CRS sortent de leurs camions. Des BACeux sont déjà présent devant le local, la manif est arrivée une minute trop tard. Quatre banderoles s’élancent tout de même, deux pour contenir les CRS, deux pour tenter de descendre la rue du Fort Notre Dame. Las, elles n’arrivent pas à créer l’espace nécessaire, sont repoussées dos à dos à coup de tonfa et de gazeuses, et doivent se replier.

Après quelques hésitations la manif descend vers le Vieux-Port, suivie par les flics sous les regards interloqués des touristes. Alors qu’elle tente de se disperser le long des quais, les flics surgissent matraques en voltigeuses, poussant un jeune dans le Port (il sera arrêté par la suite), et brutalisant à tour de bras. Quelques minutes plus tard, deux autres personnes sont interpellés séparément sur la Canebière.

Une fois de plus la police s’est fait le chien de garde hargneux des fachos.

L’objectif de cette manif sauvage ne fut certes pas atteint, cela en reste un beau moment collectif à renouveler. On vous invite à en faire le bilan, à en discuter et à s’organiser pour en finir avec les fachos dans nos quartiers !

repris de mars info

https://mars-infos.org/titre-3161

Italie – Déclaration de quelques accusés du procès Scripta Manent

En vue de la présence solidaire au tribunal, appelée pour le 31 mai, nous écrivons ces quelques lignes pour réaffirmer quelques concepts de base, peux nombreux mais fondamentaux, à propos de ce procès et le tribunal qui le mène. Nous réaffirmons avant tout notre proximité avec les compagnons emprisonnés: ils sont pour nous des frères et la fierté avec laquelle ils sont en train d’affronter ce cinéma nous rempli d’orgueil.

Nous réaffirmons aussi notre attachement, plus solide que jamais, à l’idéal anarchiste et notre haine envers cette société prospérant sur la mort et l’exploitation. Nous sommes anarchistes, c’est normal que l’État nous attaque, nous ne nous attendons à rien d’autre de votre part et c’est pour cela que votre répression ne nous étonne pas, si ce n’est pas par sa maladresse – et nous effraye encore moins. Un an et demi après [le début de l’opération Scripta manent; NdAtt.], vous nous retrouvez déterminés sur les mêmes positions d’attaque contre ce système. Nous sommes accusés de terrorisme, mais nous continuons à pointer du doigt l’État et ses lois, que vous appliquez, et qui légitiment chaque jour l’exploitation, l’exclusion et la mort de millions de personnes à travers le monde, protégeant les intérêts de ceux qui en tirent profit. C’est vous qui êtes sous accusation : les morts dans les guerres en Moyen-Orient et en Afrique, ceux qui se noient en fuyant la misère, l’exploitation toujours plus féroce au travail, le pillage des ressources et la destruction des écosystèmes, les conditions de vie toujours plus semblables à la simple survie et l’intrusion toujours plus forte de l’État dans nos vies. La loi voudrait soigner la dissidence créée par tout cela avec la taule, la qualifiant de délit, mais il faut bien autre chose pour nous faire taire.

Vérone (Italie) : Trois perquisitions

VISITES INDÉSIRABLES

Dans la matinée du 22 mai, la police politique (digos) a simultanément perquisitionné trois maisons de compagnon.nes, outre celles de leurs parents, employant une quinzaine d’agents sous prétexte d’une enquête pour quelques tags apparus sur les murs de Veronetta (un quartier de Verone, ndt) .
Dans une maison où personne n’a ouvert, la police est entrée en faisant intervenir les pompiers qui sont entrés par la fenêtre.
Dans une autre maison, ne trouvant rien d’inhérent à l’enquête, ils ont saisi un faux pistolet de collection à air comprimé, dénonçant 2 personnes pour « possession d’arme clandestine » (!)
Dans l’ensemble, des vêtements, des autocollants, des borchures, des bombes de peinture et un ordinateur ont été saisis.
Trois compagnons ont été détenus au commissariat pendant plusieurs heures avec prise de signalétique, photos et empreintes digitales.
Au-delà du prétexte des tags, il y a la volonté de la part de la police de fouiller dans la vie des compagnon.nes, les intimider et de faire passer un message à tous ceux et celles qui dans cette ville agissent sans compromis avec les institutions et la police : à Vérone, il rien ne doit bouger pas même les feuilles, tout doit rester pacifié et qui va à contre-sens doit être silencieusement réprimé  par la force.

Ce n’est pas une coïncidence si cette opération a lieu autour d’évenements survenus à Veronetta. Dans un quartier où, qui gouverne cette ville au nom de la bienséance et de la sécurité, depuis longtemps cherche à se débarrasser complètement de la présence des immigrés, «pauvres» et rebelles. Une zone dans laquelle il y a des rafles, des expulsions, des contrôles, qui ciblent principalement les étrangers. Où, et ce n’est pas un hasard, a récemment ouvert un local fasciste qui a également proposé de chasser les « racailles » du quartier.

Au niveau national, il y a aussi une répression similaire: quelques jours auparavant, à Padoue, une personne a fait l’objet d’une perquisition et d’une interdiction administrative de territoire (foglio di via) de trois ans.

Cela ne nous intéresse pas de savoir qui à fait ou non ces tags.
Si la véritable accusation est d’aller dans la direction opposé et avec obstination, nous nous sentons tous coupables.

Les personnes touchés par cet affront ne seront pas laissés seuls comme le voudraient les flics.

Ils veulent calmer les eaux, mais ils ne font que les agiter.

Des complices et solidaires avec les personnes sous enquête

 

* ndt.Pendant ce temps à Turin des interduction de territoire (interdiction de résidence) continuent de tomber 6 nouvelles interdictions on été distribué récemment – https://roundrobin.info/2018/05/torino-sei-divieti-di-dimora/(outre la mise en place de dispositifs de surveillance spéciale dans le cadre de la lutte contre le CRA – https://roundrobin.info/2018/05/torino-richiesta-unaltra-sorveglianza-speciale)

 

Florence (Italie) : Audience préliminaire pour Ghespe

Panico Anarchico 23/05/2018

L’audience préliminaire pour Ghespe (qui, on s’en souviendra, passe sous procès tout seul, en dehors de la dénommée Opération Panico) a eu lieu le 15 mai au tribunal de Florence, sans public. Le juge d’instruction Bagnali a décidé de ne pas changer les accusations, puisqu’il y aurait d’après lui de graves indices de culpabilité. Elles restent donc : tentative d’homicide, fabrication, transport et possession d’engin explosifs et dégradation [pour la bombe posée le 31 décembre 2016 devant une librairie fasciste à Florence, qui est explosée lors de l’intervention des démineurs, arrachant la main à l’un d’entre eux; NdAtt.]. La première audience du procès a été fixée pour le 4 juillet 2018 et elle sera publique.

Nous réaffirmons notre solidarité envers Ghespe, enfermé depuis neuf mois et demi dans la taule de Sollicciano, ainsi que notre haine envers la société-prison et ses matons.

Liberté pour Giova, Paska et Ghespe – jusqu’à la destruction de toutes les prisons – liberté pour toutes et tous !

*****

Pour écrire au compagnon :

Salvatore Vespertino
Casa Circondariale di Sollicciano
via G. Minervini 2/R
50142 Firenze

Les adresses des deux autres compas emprisonnés lors de la procédure « parallèle » :

Pierloreto Fallanca
Casa Circondariale di Teramo
Contrada Castrogno
64100 Teramo

Giovanni Ghezzi
Casa Circondariale di Sollicciano
via G. Minervini 2/R
50142 Firenze

Repris de : https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/25/florence-italie-audience-preliminaire-pour-ghespe/

Faune et parloir sauvages à la MAF de Fleury

Samedi 19 mai, au premier croissant de lune, une quinzaine de personnes et un chevreuil se sont rassemblées derrière la maison d’arrêt des femmes de fleury-Merogis.

A coup de pétards et de slogans, nous attirons l’attention des prisonnières : Liberté ! Solidarité ! Les barreaux de l’état ne vous briseront pas ! Crève la taule ! Brique par brique et mur par mur, nous détruirons toutes les prisons ! Puis un feu d’artifice s’élève et gronde, brisant les murs de l’isolement. Les prisonnières se manifestent à leur tour, donnant plus de voix à nos slogans. Entendre ces cris de femmes déterminées nous donne des frissons et une joie qui semble retentir de chaque côté des murs. Après 20 minutes de ces chaleureux échanges, nous repartons, sourire aux lèvres, laissant derrière nous un petit feu de joie, comme un symbole.

Nul n’a troublé cet intense moment…si ce n’est notre camarade chevreuil.

Solidarité avec les femmes, les personnes trans et non-binaires incarcéres et invisibilisées !

Liberté pour toutes les personnes enfermées dans les différentes geoles de l’état (hôpitaux psychiatriques, zones d’attente, centre de rétention administrative, prisons…) !

Vu sur Indy Nantes

 

Lille 22/05

Le syndicat Alliance Police défilait hier après-midi dans le centre de Lille au sein de la manifestation pour la défense de la fonction publique, quand plusieurs de ses membres ont été pris à parti, selon le secrétaire régional adjoint d’Alliance Police nationale Arnaud Boutelier, qui confirme une information de 20 Minutes. « Le cortège a quitté la Porte de Paris à 15 heures » raconte ce dernier. Puis vers 15h15, survient « une population très hostile à la présence du syndicat. Ils ont vu nos drapeaux bleus Alliance ». Entre trente et quarante personnes, précise-t-il. « Ils nous ont traités de sales flics, de violeurs d’enfants. » Arnaud Boutelier ajoute que leur groupe, d’une vingtaine de personne a été encerclé, « pris en étau ». « Ils nous ont traités de sales flics, de violeurs d’enfants » relate le policier, « outré » par ces insultes. « Je me suis trouvé désarmé ». […] Deux personnes ont été placées en garde à vue.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille-metropole/lille-policiers-du-syndicat-alliance-menaces-malmenes-manifestation-du-22-mai-1480685.html

 

Paris 8 occupée : les étudiant-e-s dégagent un flic de leur AG !

PNG - 335.3 koCe jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint—Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler a l’extérieur.

Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en oenologie à Bercy et habitant à Aulnay—sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s‘il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.

Rennes 22/05

[…] Quel étonnement en arrivant place Charles de Gaulle à 11h de voir la CFDT en tête et le syndicat de keufs Alliance tronant en plein milieu de cortège, devant le bureau de poste des postier·ères en grève !

Face à cet affront, quelques personnes déter’ réussissent à se positionner devant le camion d’Alliance et commencent à invectiver les keufs. Un « capture the flag » est alors lancé. La maison poulaga y perd quelques drapeaux.

Une petite mêlée et quelques coups plus tard, une petite foule fait pression afin de faire reculer la dizaine de keufs qui ne demande pas son reste. Face à face tendu sous les cris de « tout le monde déteste la police » et « Babacar, on n’oublie pas, on pardonne pas ». Le camion recule sous les huées des manifestant·es, et les membres d’Alliance sont expulsés du cortège sous la protection de la BI qui arrive à toute allure. […]

 

lu sur : expansive.info/

Quelle capitale? Quelle culture?

La culture c’est l’ordre, c’est le mot d’ordre. C’est librement consenti que l’ordre est le plus débilitant. Le libre consenti est la nouvelle arme des nouveaux empires,  ingénieuse formule, plus efficace que le bâton. Dans ma ville il n’y aura plus de spectateurs, mais seulement des acteurs. Plus de culture, donc plus de spectateurs.

Culture asphyxiante, Jean Dubuffet, 1968

Aujourd’hui, un grand spectacle est en cours, celui de Lecce candidat à la Capitale de la culture européenne pour 2019. On essaye d’impliquer tous les citoyens dans le rush final vers la victoire et on invite tout le monde à descendre la rue et à participer aux initiatives sociales et culturelles qui s’y tiendront, pour montrer aux commissaires européens du jury qui auront à décider, un sens de la communauté et une culture participative. Le spectacle, cependant, a l’air d’être un grand REALITY SHOW avec tout ce qu’il y a de négatif qui peut être associé à cette expression. Ce n’est pas par défaitisme que nous parlons comme ça mais parce que « Lecce Capitale européenne de la Culture 2019 » nous semble être une farce.
Le programme de la journée est riche en événements et se termine par une représentation théâtrale gratuite avec la participation de quelques prisonniers de la prison de Lecce. Alors excusez-nous, mais nous ne pouvons tout simplement pas nous taire.
Inventer pour un jour un sentiment de communauté qui n’existe pas est une insulte à l’intelligence. Faire croire qu’il y a une attention à la prison surpeuplée de Lecce, où il n’y a pas d’activité, où parfois un prisonnier s’ôte vie, où l’on survit dans des conditions précaires et où la dignité est piétinée tous les jours, est une insulte à la sensibilité.
Lecce ville vitrine et de la vie nocturne, attentive aux besoins des patrons de bars et riches touristes, pleine de caméras à chaque mètre pour défendre ses murs de l’expression de la pensée libre, toujours prête à exclure ceux, y compris de Lecce, qui ne tombent pas dans les catégories ci-dessus; et pour ce faire, utilise un déploiement massif de forces de police et de forces de l’ordre qui, alternativement, militarisent des bous de la ville pour chasser une humanité pauvre qui essait de s’en sortir comme il le peut, vendeurs à la sauvette, immigrés, squatters, etc. Lecce veut devenir la capitale de la culture en 2019 pour être encore plus militarisé et permettre l’utilisation de ses espaces à d’autres clients patrons de bars et riches touristes.
Oublions la confusion qui crée le langage du pouvoir qui, en parlant d’utopie, telle est la définition de Lecce 2019, tente de produire d’autres exclusions, pauvreté, contrôle dans un système dominé par le Dieu Argent.
Au contraire, l’imagination et le rêve sont ceux qui vivent, subvertissent, désertent cette société faite de cages mentales et physiques. Qui est en marge et lutte tous les jours pour une vie digne. Qui croit que le savoir diffu et et réellement exploitable par tous est l’une des clés pour reprendre en main nos vies et nos espaces. La culture institutionnalisée et pour quelques-uns, dont Lecce voudrait devenir Capitale nous la laissons aux palais et à ses représentants.

Des anarchistes

[Distribué à Lecce le 6 octobre 2014, à l’occasion de la visite des commissaires européens pour l’évaluation de la candidature de la ville à la Capitale européenne de la culture 2019]

https://finimondo.org/node/1480

PS. C’est Matera (toujours dans les Pouilles) qui a finallement été selectionnée, on lui souhaite bien du désordre

La frontière tue encore

Jeudi 17 à Grande-Synthe (près de Dunkerque) des migrant-es ont bloqué l’A16 suite à la mort par balle d’une enfant de 2 ans après une course-poursuite avec la police belge, ils ont ensuite été délogés par la police, une 20aines de personne auraient été interpellé.

http://www.liberation.fr/france/2018/05/17/des-migrants-sur-l-a16-apres-le-deces-d-une-fillette_1650824

Voir aussi dans les Alpes  : 

https://mars-infos.org/la-frontiere-tue-la-militarisation-3136

https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/?p=12299

 

Les flux se déplaçent, la militarisation reste

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Achtung

Avec l’arrivée de l’armée française dans le sud des Alpes Maritimes, durant l’été 2016, une partie des flux migratoires s’est déplacée plus au nord, vers d’autres vallées des Alpes occidentales. Mais le contrôle de la frontière, dans la zone située entre Fanghetto, côté italien, et Breil et Sospel, côté français, est resté presque total, impliquant des centaines de soldats de la Légion étrangère, la gendarmerie, la police nationale, la PAF. Les contrôles s’effectuent sur les principaux axes de communication, demandant d’ouvrir le coffre de chaque véhicule en transit. Des patrouilles, relevés thermiques et traques sont également organisés sur les sentiers et le long des rivières.

L’été dernier, une manifestation de plusieurs centaines de migrants, qui se dirigeaient du centre d’accueil de Bevera vers la frontière française, a été dispersée par les gaz lacrymogènes des flics italiens et des groupes de manifestants qui avaient réussi à s’échapper vers la frontière ont été pris en chasse puis arrêtés grâce à l’utilisation de drones français.

Cet épisode n’est autre que le signal le plus évident de la tendance établie  dans les Alpes Maritimes: malgré la diminution des flux – due à la saison froide, à la mise en place de camps de concentration en Libye, en Turquie, dans d’autres pays méditerranéens et Frontières de l’Europe de l’Est – le dispositif de contrôle a été maintenu et les représailles contre les soutiens ont été multipliées par des contrôles et des tests d’alcoolémies et anti-drogues. Le terrain sur lequel le plus connu des sympathisants Royannais accueille les quelques migrants qui, dans une sorte de «corridor humanitaire», réussissent à passer légalement, est contrôlé jour et nuit par des soldats nullement cachés dans la brousse.

Depuis quelque temps de ce côté, l’un de ces flux traverse les Alpes à travers les cols qui séparent la haute vallée de Suse du Brianconnais. Dans ces zones la militarisation du territoire, avec l’arrivée des Chasseurs Alpins, s’est concentrée sur les cols autour du Montgenèvre, tandis que dans la vallée la présence policière est à peine perceptible, au moins pendant la saison des neiges, car absolument inopportune au climat touristique des vacanciers extra riches qui affluent dans les Hautes Alpes. Des réseaux de solidarité se sont activés pour aider les migrants qui passent par les cols les plus élevés et, de part et d’autre, pour soutenir ceux qui sont obligés de traverser la frontière en douce, défiant le destin et les températures polaires, pour échapper aux contrôles des gendarmes. Une situation déjà vécue à Vintimille puis dans la Roya française, comme dans les autres villes frontalières des Alpes, les Alpes n’ont jamais cessé d’être un lieu de passage : c’est une constante dans l’histoire de ces montagnes.

Avis de tempête n°5

| S-A-B-O-T-A-G-E |

1. (subst. masc.) Action clandestine de dé- térioration, de destruction, en général violente, visant à rendre inutilisable un matériel, une installation civile ou militaire. 2. (subst. masc.) Manœuvre, acte ayant pour but la désorganisation, l’échec d’une entreprise, d’un projet. 3. (subst. masc.) Acte matériel tendant à empêcher le fonctionnement normal d’un service

Parfois, on serait amené à croire que nous habitons un monde de fantômes. Sans corps ni forme, ils hantent nos jours et nos nuits, cherchant à déterminer, à contrôler, l’entiè- reté de notre existence. Ils s’appellent Économie, Nation, Politique, Bien Public, Etat, Ordre. Personne ne sait exactement en quoi ils consistent, pourquoi ils existent et surtout, personne n’est d’accord avec ce que l’autre entend par là. Des fantômes donc, insaisissables, extrêmement résistants à la critique bienveillante ou constructive comme on dit, car dotés d’une capacité incroyable d’absorption des moitiés-d’opinions, des à-peu-près et des critiques superficielles.

Le pouvoir creuse en permanence l’abîme entre ces concepts idéologiques et la matérialité pourtant indéniable de l’exploitation, de l’oppression, de l’injustice, de l’absence de liberté. On parle d’Économie comme si celle-ci était quelque chose de séparé des heures de taf qu’on effectue en étouffant, comme si ce ne sont pas les vêtements que nous portons tous, fabriqués par des millions d’esclaves dans un pays lointain. On parle de l’Ordre sans se rendre compte que ce concept, appliqué à la réalité, ce sont par exemple les milliers d’immigrés morts aux frontières. On parle d’Enfermement, de Punition de Justice, mais celui qui parle n’a que rarement passé des années dans neuf mètres carrés. En luttant, nous perçons ce château de fantômes, les mensonges sur lesquels repose cette société. On considère les choses dans toute leur cruauté, dans la chair et le sang. Au-delà du jeu des miroirs déformants des idéologies. Au-delà des professionnels du discours et des spécialistes de l’analyse. Nous brisons les fausses séparations entre objectif et subjectif, entre sentiment et raison, entre réfléchir et agir : nos pensées vont au rythme de nos cœurs qui donnent la force à nos mains pour agir.

[…}

La suite ici : avisdetempetes.noblogs.org/

Lille – Une boucherie attaquée contre le spécisme

Plus d’info ici : https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/15/lille-stop-au-specisme/

« Rien n’a changé à Seysses »

Nouveau communiqué de prisonniers de la maison d’arrêt

 

Dans notre précédent communiqué du 20 avril 2018, on dénonçait ce que tout le monde sait à la prison de Seysses : J., retrouvé mort au mitard le samedi 14 avril 2018, ne s’est pas pendu. Il a été battu à mort par l’équipe de surveillants responsables du quartier disciplinaire. Le même jour, un prisonnier a fait une tentative de suicide au SMPR (l’hôpital de la prison) et il est mort deux jours plus tard. Depuis, on en a appris plus sur lui en parlant entre nous. C’était un jeune marocain sans-papiers d’une vingtaine d’années qui ne posait pas de problèmes. Il avait acheté du cannabis à d’autres prisonniers et il leur devait de l’argent. C’est pour ça qu’il a été mis à l’amende dans la cour de promenade. Il a été emmené au SMPR pour être soigné. Il réclamait de voir un psychiatre, on lui a refusé, alors il s’est ouvert les veines. Des témoins l’ont très bien entendu crier qu’il venait de se couper. C’était un appel à l’aide, il était à bout, et on l’a laissé se vider de son sang. Il n’avait pas de famille en France donc tout le monde s’en foutait. Mais il ne voulait pas mourir, il était juste en détresse. C’est la prison qui est responsable, avec les surveillants et les infirmiers.

Depuis la mort de ces deux prisonniers, rien n’a changé à la maison d’arrêt. La direction a transféré ceux d’entre nous qu’elle jugeait responsables du mouvement qui a duré plusieurs jours (on a été jusqu’à 200 à refuser de remonter de promenade pour protester, on a fait une banderole, on criait « matons assassins » aux fenêtres) et les témoins directs du tabassage de J. qui a provoqué son décès ont subi des pressions. Mais l’équipe de matons qu’on appelle entre nous « l’escadron de la mort » est toujours là et tourne encore au mitard.

Ce matin, un autre prisonnier a tenté de se pendre à la maison d’arrêt côté condamnés. L’après-midi, il devait passer devant le prétoire. C’est le tribunal interne à la prison qui juge les prisonniers accusés d’avoir provoqué des incidents en détention. Le prétoire peut décider de mesures disciplinaires, et le plus souvent c’est un placement au mitard. Le prisonnier avait très peur d’y aller vu comment ça se passe là bas : des brimades, des insultes, des coups et parfois même la mort comme on le racontait dans notre premier communiqué. Alors il s’est passé la corde au cou au moment de la gamelle du matin. Heureusement, les infirmiers ont réussi à le réanimer, mais des témoins ont entendu le major qui disait devant le mec qui n’était même pas encore décroché : « il nous fait toujours le même cinéma, celui-là ». Pour eux, une tentative de suicide c’est du cinéma ! Le lendemain de la mort de J., on a entendu le même major qui menaçait un prisonnier qui tapait dans sa porte, en lui disant : « Le dernier qui a fait ça, il a fini dans un sac ! »

On est emprisonné par des gens qui sont inhumains. Comment peut-on supporter que ceux qui dirigent la détention se moquent de nos appels à l’aide, des tentatives de suicide et des morts dont ils sont responsables ? On a parfois l’impression d’être dans un cauchemar. Il y a des prisonniers ici qui sont juste en attente d’un jugement, qui ne sont même pas encore jugés coupables. Et il y en a d’autres qui ont été condamnés et qui acceptent de faire leur peine, mais on ne peut pas accepter d’être traités comme du bétail ! On a l’impression d’être rejugés chaque jour par les surveillants et les chefs. On le voit dans les regards, les paroles, les gestes… Ils nous déshumanisent, on est juste des numéros pour eux. Ils veulent nous faire comprendre qu’ils ont tout le pouvoir, qu’ils sont comme une mafia à l’intérieur. Ils peuvent tout se permettre, ils n’ont rien à craindre parce qu’ils sont toujours couverts. Ils dirigent tout par la peur. Un major peut même nous menacer de mort parce qu’on tape dans une porte pour réclamer quelque chose !

Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités comme des êtres humains. De faire notre temps en prison sans craindre pour notre vie, sans subir en permanence les humiliations et les violences des surveillants. Ici, il n’y a aucun respect de la dignité, aucune déontologie, tout est fait contre les prisonniers. On dirait aussi qu’ils font tout pour que ça se passe mal entre nous, en mettant ensemble en cellule des gens qui n’ont rien à voir ou en enfermant des gens qui n’ont rien à faire en prison, qui devraient être soignés : des malades, des mecs qui ont des troubles psychiatriques parfois très graves. On craint pour notre santé, on craint même pour notre vie, alors qu’on devrait juste patienter avant notre sortie. L’État s’en fout, on est juste des numéros à gérer, et ça arrange bien les surveillants sadiques qui se passent les nerfs sur nous.

La situation est explosive ici, et c’est aussi en grande partie à cause de la juge d’application des peines (JAP) et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) qui se charge des conditionnelles. Il y a très peu d’aménagements de peines, les remises de peine et les grâces sont trop peu accordées, on est de plus en plus à faire notre peine quasiment pleine. Il n’est pas rare que le procureur fasse tomber des vieux sursis peu de temps avant la sortie pour qu’on reste enfermés. A croire qu’ils veulent nous garder le plus longtemps possible, et rien n’est fait pour la réinsertion. La loi Taubira était censée « vider les prisons » en facilitant les conditionnelles et les peines alternatives, mais c’est comme si elle n’était pas arrivée jusque Seysses. On est tous sous pression, et rien ne nous encourage à montrer des signes de réinsertion, de travailler, de se tenir à carreaux, puisqu’on sait que rien n’est fait en échange pour nous laisser sortir.

Il faudrait qu’on nous explique comment J. a pu se pendre alors qu’il était à poil au mitard. Il n’était pas suicidaire, on le sait tous ici. Et il n’avait ni drap, ni couverture dans sa cellule. Pour éviter qu’il s’accroche, soi-disant, on lui a seulement laissé un pyjama en papier…. Leur version officielle ne tient pas debout.

Nous réclamons la vérité sur ce qui s’est passé pour J.
Nous réclamons que l’équipe de surveillants responsable de sa mort soit suspendue.
Nous dénonçons les transferts disciplinaires et les pressions exercés sur les témoins. Nous exigeons de ne pas être condamnés à des nouvelles peines chaque jour par ceux qui devraient juste nous surveiller et assurer notre intégrité physique et morale.
Nous exigeons de ne pas être enfermés avec des gens qui n’ont rien à faire en prison et qui peuvent menacer notre sécurité.
Nous exigeons d’être traités dignement, comme des êtres humains.
Nous nous associons à la peine des familles et sommes prêts à témoigner si elles nous le demandent.

Maison d’Arrêt de Seysses, le 12 mai 2018,
Des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses.

 

lenvolee.net/

Guerre technique

La modernité a produit une autre idée de la guerre : celle qui consiste à être vécue comme une menace, faite par bribes et employée, au commencement, pour intimider. Une guerre complètement technologique. Sans l’élément technique, on ne pourrait pas la penser et la mettre en œuvre dans les conditions de mordi e fuggi (frappe et repli, ndt.), comme nous l’avons vu il y a quelques jours en Syrie. Une guerre de précision : depuis le jardin guerrier de Washington, Paris et Londres, il est possible d’exterminer des milliers de vies et de dévaster des zones. Le pouvoir monolithique d’informatiser les outils de guerre, à travers la prolifération des technologies de l’information et de l’électronique, est une étape qui désormais, depuis la guerre en Irak et en Afghanistan, ne se dit plus au temps des troupes armées, mais en appuyant sur un bouton. Un bouton, et la mort se repend.

De Hiroshima et Nagasaki, de Bagdad à Kaboul, pour se rendre à Homs, ce bouton fomente des massacres. La guerre faite avec des technologies avancées dévaste la notion de temps et d’espace. Être chassé dans les abysses de l’histoire, dans ce qu’on appelle le présent éternel de la mort, annihile la sensibilité et la pensée. Et la demi-pensée, la pensée qui se forme à travers les opinions des réseaux sociaux, fait perdre l’immense capacité d’imaginer : ce rêve nécessaire qui a toujours inspiré des individus et des groupes de rebelles en essayant de briser leurs chaînes. Depuis la guerre du Vietnam, les guerres ne sont plus déclarées, elles sont faites. Point.

Cet impératif pose une série de problèmes. Pouvons-nous dire que nous vivons dans un état de guerre permanente ? Ou est-ce juste l’exagération d’une certaine paranoïa ? Et si la guerre non déclarée et mise en œuvre était la base d’une guerre civile, non seulement en Orient, mais aussi en Occident ? En Syrie, les révoltes contre le régime d’Assad, à leurs débuts, étaient centrées sur des revendications telles que la liberté et la dignité. Nées comme un mouvement d’opposition au régime, elles se sont graduellement laissés prendre dans une guerre fratricide entre les assassins d’Assad et un mélange de fondamentalisme religieux et de revendications territoriales. Du mot liberté, nous en sommes passés à soutenir des intérêts privés entre diverses bandes qui voudraient conquérir les villes et ne détruisent pas le régime qui étouffe la vie. Et sur ce, tous les individus qui font de la lutte contre toute guerre une dimension décisive de leur expérience, que pourraient-ils penser ? Comment réagir au chamboulement qu’a causé la délicate question syrienne ces dernières années ?

Aujourd’hui, avec une guerre civile mondiale à notre porte, c’est le regard attentif et désirant qui peut renverser la myopie meurtrière de la technologie. Et si amener le chaos dans le robot technologique était une bonne façon de dire que nous sommes contre toute guerre ?

samsara

Extrait de « Frangenti » n °23 apériodique anarchiste

Publié sur https://romperelerighe.noblogs.org

20/04/2018

Contre le TAP : quelques notes sur le « foglio di via » en Italie

Il ne peut y avoir de lutte déterminée et efficace contre un grand chantier sans s’exposer à des mesures répressives de nature et d’intensité diverses, destinées à décourager la poursuite de la lutte elle-même. Dans le cas de l’opposition au TAP, une des premières mesures répressives est  le« foglio di via » (litt. « feuille de va t’en », soit une interdiction administrative de territoire, ndt.). La police de Lecce en a distribué des dizaines, exigeant de ne pas se rendre à Melendugno, Lecce ou les deux villes pour trois ans au risque de recevoir une plainte pour non-respect de l’interdiction.

Nous ne sommes pas les seuls à expérimenter cette forme de répression comme première tentative de dissuasion au détriment de certaines formes de lutte, tout comme nous ne sommes pas certainement les seuls à en subir la peur et l’inquiétude. D’un autre côté, il est nécessaire s’en débarrasser à travers la confrontation et la solidarité qui aident souvent à voir que la réalité, sur ce point, n’est pas aussi noire qu’elle n’y parait.

Bien qu’il soit possible de lutter contre le TAP également en dehors du territoire de Melendugno, il est évident que le travail continu, le monstre avance, respire et prend de plus en plus forme juste là bas. Bien que toute forme d’action contre TAP soit utile, il n’y a pas plus pratique pour le bloquer que le lieu où il se construit.

Le besoin d’être présent physiquement contre les moyens et les hommes qui travaillent sur le TAP est de plus en plus ressenti comme indispensable. Pour cela beaucoup de personnes ont décidé de ne pas respecter le foglio di via et de continuer le combat dans les espaces habituels.

A moins que nous ne nous contentions de nous battre dans un enclos créé ad hoc où l’on cherche à croire que notre voix vaut quelque chose, pour mettre en difficulté la machine répressif il faut avant tout ne pas reculer devant les premières attaques intimidantes. Violer un foglio di via est une pratique décente envers soi-même, afin de réclamer la liberté de mouvement vis à vis à la lutte portées par tous.

Que se passerait-il si la police donnait des foglio di via à des centaines de personnes et que tout le monde les respectait?

Extrait du journal Muretti n°1 : Le foglio di via n’est pas une maladie

 En Italien ici :

https://comunellafastidiosa.noblogs.org/files/2018/02/Muretti_n_001_WEB.pdf

 

Hambourg – G20 l’Etat toujours en traque

Selon le journal néerlandais « Algemeen Dagblad », l’Etat allemand a remis une liste de « suspects » du G20 à 15 pays européens et a demandé l’aide de ces pays européens afin de contribuer à l’identification de 24 personnes dont des mineurs.

 

https://www.ad.nl/buitenland/lijst-met-verdachten-g20-rellen-verspreid-ook-aan-nederland~add54537/

Lettre d’Alexia sur le rapport à la psy en taule

Extrait de l’émission de l’envolée du 30/03/2018 :

Quelques mois après l’incarcération j’ai commencé à subir de fulgurantes accélérations cardiaques auxquelles s’ajouter des crises (passions) musculaires. Une semaine plus tard je me retrouve au mitard pour une banale histoire de téléphone et loin de se calmer mes crises s’étendent. J’étais prise d’étouffement et ne parvenais plus à m’alimenter. Lorsque je mangeais, je raclais ma gorge je recrachai ma nourriture. J’en venais même à m’étouffer avec de l’eau. Je restais donc assise sur le lit face aux toilettes. Un néon branché nuit et jour éclairait la cellule. J’avais la sensation d’être un putain de cobaye en laboratoire, un insignifiant insecte dans un vivarium. J’étais crispé, affamé. Mon cœur ne cessait de tambouriner dans ma poitrine et mon souffle n’était plus que secousses violentes et bruyantes. Je ne savais pas si j’allais mourir d’une crise d’asthme ou d’une crise cardiaque, mais c’était une certitude, j’allais mourir. Je ne savais alors pas qu’il s’agissait de crises d’angoisse.

Apres le mitard, je fus réintégrer en cellule avec d’autres prisonnières ; elles ne comprenaient pas ce qu’il ne tournait pas rond chez moi. Elles me proposaient de prendre des anxiolytiques. Je préférais encore mastiquer des biscottes et subir ce corps qui ne m’appartenait plus. Cela dura une année et demie. Alors, bien sûr, plus les jours passaient et plus je prenais le dessus, mais le terrain gagné sur mon corps était fait d’infimes morceaux de parcelles.

Durant tous ces mois, j’écrivais au médecin en leurs expliquant mes crises. Chaque fois que j’obtenais un RDV, ils essayaient de me prescrire des anxiolytiques. La psychologue m’avouera même plus tard qu’un internement psychiatrique avait été envisagé et programmé. Donc une obligation de soin, soit un gavage médicamenteux en règle. « Faiblissez et vous périrez ». Personne ne m’a tendue la main, ne serait-ce que pour m’expliquer ce qu’était une crise d’angoisse. Que ce soit par ignorance ou par « indifférence du professionnalisme », tous se sont contentés de me pousser vers un traitement psychiatrique. Ce n’est pas un hasard si les infermières en charge de la distribution des médicaments étaient appelées « les deeleuses ». L’incitation à la consommation était tellement explicite et répétée.

Il est nécessaire de s’interroger sur les conséquences de telles pratiques. Il y a, tout d’abord, ceux qui avant l’incarcération n’avait jamais touché à aucune drogue, légale ou non, et qui en sortant de prison seront dépendant aux médicaments. Il y a aussi ceux qui rentrent en prison avec une ou plusieurs addictions dont les médicaments viendront allongés la liste. Dans tous les cas une prise régulière et/ou abusive de médicaments entraine des séquelles certaines etirréversibles. Il arrive même que la prescription amène un changement comportemental pathologique chez les personnes qui ne présentaient aucun problème psychique à leur rentrée en prison. J’ai vu à de nombreuses reprises des filles faire n’importe quoi sous l’emprise de somnifères et ne se souvenir de rien au petit matin. Il n’est pas nécessaire de débattre sur la dangerosité que représentent les trous noirs. L’esprit n’est pas la seule victime de la camisole chimique et le corps est aux premières loges : vomissements, nausées, vertiges, tremblements et même crises d’épilepsie ou évanouissement. Le plus dramatique est la gratuité et l’extrême facilité d’accès à ces produits. Aucune restriction. Il est aisé de demander et d’obtenir n’importe quelle prescription. De toutes les façons si vous n’en faite pas la demande, les médecins vous y inciteront.

Tous fermaient les yeux sur ces pratiques des plus exhibées. Tous faisaient semblant car la camisole chimique est efficace pour maintenir l’ordre dans une prison où était parqués des centaines de détenus, les uns sur les autres, dans des conditions de détention bestiales, et encore j’y mettrais pas mon chien ! Pauvre bête…

Faut pas toucher à cette merde.

Force et courage.

Alexia

https://lenvolee.net

Voir aussi le n°2 de Venceremos sur la psychiatrisation : http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/anticarcerale/venceremos/venceremos-n02.pdf

Quelques textes autour de la folie

  • La folie se porte bien  Sébastien, Revue Marge, 1975
  • Autodétermination  Giuseppe Bucalo, extrait du livre : Derrière chaque idiot il y a un village. Itinéraire pour se passer de la psychiatrie. Sicilia Punto L Edizioni, 1990
  • Lettre aux médecins chefs des asiles de fous   Antonin Artaud, Revue surréaliste, 1925
  • Ni avec leurs uniformes, ni avec leurs chemises blanches   Tract distribué à Trente (Italie) en 2001, et paru dans la revue Adesso
  • Du bancal dans nos rapports  Revue sans Remède n°2, disponible ici www.sansremede.fr
  • Vers la désinsertion sociale  Un groupe du mouvement Marge, 1975
  • En défense de l’anormalité Extrait du fanzine Enajenadxs paru en 2003(Espagne), rediffusé en 2017 sur le site : primeravocal.org

La destruction est bien sûr nécessaire. …il y a ceux qui sont les cerveaux, il y a ceux (très nombreux) qui sont les bras, et d’autres encore (très nombreux aussi) qui sont les pieds. Chacun occupe sa place et doit faire des efforts afin de faire fonctionner le corps dans son entier. Si on file cette image, on pourrait dire que l’Autorité, ce n’est pas uniquement la tête, mais c’est tout le corps social qui la fait vivre et sévir. […]

Quelques notes inconfortables (extrait du journal hors-service)

***

Cette brochure s’est construite principalement autour de réflexions et de constats, de l’envie de faire ressortir et de traduire quelques textes jugés pertinents et chouettes, trouvés ici et là.

Afin de poser des limites, des pistes de réflexions et perspectives autour de la lutte contre la normalisation et la psychiatrisation de nos vies. Il ne s’agit pas de se poser des questions telles que « comment guérir ou comment gérer la maladie» même si la question du prendre soin importe, et reste présente au sein de la brochure sous l’angle de la relation à l’autre ; il s’agira principalement d’aborder la question d’une lutte spécifique d’une manière éthique et antipolitique…Pour abolir les rôles sociaux, attaquer le contrôle social et l’impersonnel, fracturer les rapports sociaux existants, la gestion des flux comme mode de relation pour construire d’autres rapports. Aussi pour questionner nos sensations, nos rapports aux autres… notre gestion parfois merdique des relations. Pas juste pour démontrer l’horreur des schémas de fonctionnement actuels (au risque de tomber dans des discours larmoyants et sans fin) mais aussi parce que ça touche différentes dimensions de nos luttes : enfermement, exclusion, pression sociale, normalité, domination, aliénation, conformisme, et j’en passe. En fin de compte, il s’agit de sortir du discours uniquement idéologique et politique (contre l’exclusion, contre l’isolement) car il ne permet pas de tout prendre en compte mais de questionner réellement nos rapports personnels et interpersonnels à la folie et à l’anormalité. À une époque où la recherche du nouveau sujet révolutionnaire est si présente qu’elle en devient insupportable, où l’analyse des conditions socio-économique devient déterminante pour un « sujet » ; l’envie de dépasser certaines limites face à notre rapport à l’individu (déterminisme et fétichisation, victimisation, négation de l’individu et de son pouvoir d’action…) refait surface. […]

Brochure en version pdf :

àlafolie (1)

Quand les fachos brulent notre pote !!!

Aujourd’hui on est le mardi 24 avril et ça fait une semaine que je suis rentré à la maison.

Ce que j’appelle la maison c’est la forêt occupée de Roybon, 200 hectares de nature ou l’on réapprend à vivre, construire, lutter et même à aimer.
Et c’est bien de cela que l’on a besoin.

Le vendredi 13 avril alors que nos forces étaient réparties sur un info tour en caravane contre les center-parc pour une part et les nuages de lacrymo de la police a NDDL pour l autre part.
Les fachos du coin ont choisi le meilleur moment pour attaquer.
La gue-guerre dure depuis le début de l’occupation fin 2014.
Ces personnes, des jeunes chasseurs ou enfants de nationaliste stupides et dangereux avaient déjà proféré bon nombre de menaces, agressés des personnes et brûler des lieux.
Il avait d’ailleurs et targue dernièrement , à l’entrée de la zone, « VOUS ALLEZ BRULLEZ ».
Que l’on avait recouvert part « NI FEU NI FROID NI FACHOS NI FLIC NE NOUS FERONT FUIR ».
Alors le vendredi 13 les fachos attaquent la seule personne présente à la barricade qui, aux alentour de minuit, dormait dans son camion.
Cet ami n’as plus de camion/maison et resteras marqué par les événements. Tout à brûlé.
Quand je dis « tout à brûlé  » ça veut dire un camion, une voiture, beaucoup de matériel, un bout de forêt et un pote.
Ce pote, c’était mon meilleur pote.
Il s appelait eko.
C’était un jeune chien assez ronchon mais plutôt sympathique.
Je l’aimais beaucoup et je l’avais quitté un jour avant pour rejoindre la lutte à NDDL en lui disant que la ou j’allais c’était trop dangereux pour lui.
Mes amies ont trouvé Eko sans tête et sans patte, puant l’essence, brûle a l’intérieur du camion.
J’imagine la fierté de ces débiles. Se vantant de leur action mortifère et des peines qu’elles nous infligent.
Les peines ont été brûlées. Comme notre pote.
Les grands feux, c’est notre manière de fêter les grands événements. Avec de la nourriture, de l’alcool de la musique et des sourires.
Et maintenant on fait quoi ?
Évidemment cet acte de resteras pas sans réponse de notre part.
Mais je crois que ces stupides personnes ne sont pas en mesures de comprendre les liens qui nous unissent avec nos animaux ou nos camarades de lutte d’ici et d’ailleurs.
Et de l’énergie qui en découle.
La preuve par la détermination de toutes les camarades présentes à NDDL.
Ici non plus on a pas prévu de fuir non plus.
Le samedi 28 avril une grosse fête se prépare pour accueillir la dernière date de l’info tour qui aura duré 3 semaines. Un chantier collectif se prépare pour le mois de Mai et dès concert pour celui de Juin.
On manque un peu d’effectifs aux barricades, hésitez pas à nous rejoindre.
On fera tout ce qu on peut pour faire vivre cet endroit car il n y a , finalement , que la vie qui pourra défendre cette forêt .
Je leur souhaite, à ces stupides nationalistes, de mourir triste et seul. Accablées par le poids de cette société capitaliste et fasciste.

Vive la lutte !!!
Vive l’anarchie !!

P.-S.

(à faire tourner partout)

https://zadroybon.wordpress.com

Ellwangen, Allemagne : Déferlement de flics au centre après une expulsion empêchée

Plusieurs dizaines de sans-papiers du centre d’Ellwangen sont parvenus à enrayer la machine à expulser.

Dans la nuit du 29 au lundi 30 avril, au centre pour réfugiés d’Ellwangen, dans le Baden-Württemberg, entre 150 à 200 personnes ont empêché l’expulsion d’un Togolais de 23 ans.

Mercredi 2 mai, à l’aube, une opération policière de grande envergure a eu lieu : des centaines de flics ont déboulé dans le centre pour le fouiller de fond en comble et rechercher indices et preuves dans le but d’inculper certaines personnes pour ces perturbations du fonctionnement de la machine à expulser. Les autorités pensent également qu’un groupe important de personnes du centre s’était organisé pour empêcher « systématiquement » toute mesure d’expulsion des autorités.

27 sans-papiers qui se sont probablement impliqués dans cette révolte auraient été identifiés par les services du centre. A la suite de ce coup de force des autorités locales, on apprend que 15 d’entre eux, considérés comme « meneurs des désordres », ont été transférés dans d’autres centres d’hébergement du pays.

Solidarité avec les sans-papiers en lutte contre la machine à expulser et à enfermer, à Ellwangen comme partout !

[Reformulé de la presse via Aus dem Herzen der Festung]

Repris de sansattendre.noblogs.org

Ni cages, ni laisses électroniques… Détruisons la ville-surveillance !

Du pain sur la planche, feuille d’agitation anarchiste  

https://dupainsurlaplanche.noblogs.org/

Smart City, Logiciels de traitement des images, big data, clusters, capteurs sonores, reconnaissance faciale…

Ni cages, ni laisses électroniques… Détruisons la ville-surveillance !

Politicien-nes, flics et urbanistes tentent depuis longtemps de policer Marseille. Se gargarisant de dessiner « la ville du futur », ces charognes voudraient en faire une «Safe City». C’est à dire une «ville sûre» aux yeux des pour-la-loi (citoyen-ne-s, investisseur-euse-s, touristes ou nouveaux habitants friqué-es). Ils s’inspirent de dispositifs vendus à Mexico par Thalès ou à Chicago par IBM. Facilitée par l’ensemble d’outils de surveillance et d’ (auto) fichage déjà présents (caméras, réseaux sociaux etc.) cette gigantesque opération sert de gagne-gros, de laboratoire et de faire valoir à toute une ribambelle de crapules : de l’obscur start-upeur rêvant de «percer» aux groupes déjà trop vus, sans oublier leurs partenaires institutionnels (universités…) souvent fédérés en pôles de recherche spécialisés.

Ce texte est issu d’une impulsion (un tantinet) masochiste: fouiller dans des sources plus douteuses les unes que les autres pour saisir – le plus concrètement possible – ce qui se trouve derrière les mots vaporeux du pouvoir, et mettre en lumière quelques-uns de ses fidèles collaborateurs. Balayer ou nier la menace représentée par ces nouvelles technologies serait absurde, mais prendre au mot leurs promoteur-euses (qui ont tout intérêt à nous faire croire en leur toute puissance) est hors de question. Nul doute que ces nouveaux outils présentent failles et dysfonctionnements, à l’instar des précédents. Tenter de comprendre comment les décideur-euses comptent maîtriser la ville nous semble une étape indispensable pour éviter la fascination ou la paralysie, afin de continuer à lutter contre cet existant mortifère.

Dans l’espoir (naïf) que cela reste digeste, nous avons choisi d’arrêter notre regard aux couches technologiques liées à la «Smart & Safe» City et de ne pas dérouler toute la pelote qui va avec: projets de restructurations urbaines [1] , équipements des keufs et intensification de la chasse aux pauvres… Ces différents aspects sont pourtant indissociables.

[…]

texte complet ici : smartseille

Ni normal, ni extraordinaire

…L’écriture de ce texte a surgi de la nécessité d’aborder la question des violences sexuées (ou plutôt genrées) et sexuelles dans des environnements proches. Il est le fruit de discussions liées à des expériences diverses, mais n’a pas la prétention de fournir des recettes à toute la palette de problèmes auxquels peuvent se trouver confrontées les unes ou les autres. Le choix a été fait de ne pas l’écrire du point de vue de quelqu’une ayant subi une agression, mais dans une perspective plus large. Nous sommes en effet convaincues que ces situations très concrètes, au delà de l’autodéfense immédiate, nécessitent de traiter les mécanismes généraux qui les sous-tendent. Voici donc une contribution à des réflexions pratiques à approfondir, individuellement et collectivement, au sein des différentes activités et chaque fois où cela fait sens…

 

Le texte est disponible ici : https://cettesemaine.info/breves/spip.php?article61

Féminismes : Les femmes, les hommes et des bigots

Pour créer une révolution capable de mettre fin à toute domination, il est nécessaire de mettre fin à la tendance que nous avons tous à nous soumettre. Ceci implique que nous regardions avec un œil perçant et cruel les rôles que cette société nous impose et que nous trouvions leurs points faibles pour nous libérer et dépasser leurs limites.

La sexualité est une expression essentielle du désir et de la passion individuelle, de la flamme qui peut allumer à la fois l’amour et la révolte. Ainsi, cela peut être une force importante de la volonté de l’individu qui peut l’élever au-delà de la masse, en tant qu’être unique et indomptable. Le genre, d’un autre côté, est une conduite construite par l’ordre social pour entraver cette énergie sexuelle, la confiner et la limiter, la diriger vers la reproduction de cet ordre de domination et de soumission. Le genre est donc une entrave dans une tentative de décider librement la façon dont chacun.e vivra et se liera. Néanmoins, jusqu’à présent, les hommes se sont vu octroyé plus de latitude que les femmes pour affirmer leur volonté à l’intérieur de ces rôles. Les femmes qui ont été des individus fortes et rebelles l’ont été précisément parce qu’elles avaient dépassé leur féminité…

Il est regrettable que le mouvement de libération des femmes, réapparu dans les années 60, n’ait pas réussi à développer une analyse profonde de la nature de la domination dans sa globalité ni du rôle joué par le genre dans sa reproduction. Un mouvement parti d’un désir de se libérer des rôles de genre pour être des individus à part entière et auto-déterminés a été transformé en une spécialisation, exactement comme la plupart des luttes partielle de l’époque. Cela garantissait qu’une analyse totale ne serait pas possible dans ce contexte.

Cette spécialisation est le féminisme actuel qui s’est construit à partir du mouvement de libération des femmes, à la fin des années 60. Son but n’est pas tellement la libération des femmes en tant qu’individus par rapport aux limites de leurs rôles de genre mais la libération de « la femme » en tant que catégorie sociale. Ce projet, lorsqu’il rentre dans les courants politiquesmainstream, consiste à obtenir des droits, de la reconnaissance et une protection pour la femme en tant que catégorie sociale admise par la loi. En théorie, le féminisme radical va au-delà du simple plan légal [avec pour objectif la libération de la femme en tant que catégorie sociale de la domination masculine. Étant donné que la domination masculine n’est pas suffisamment explorée en tant qu’aspect de la domination totale,  la rhétorique du féminisme radical revêt souvent un style similaire à celui des luttes de libération nationale. Mais en dépit des différences dans le style et la rhétorique, les pratiques du féminisme mainstream et du féminisme radical coïncident souvent. Ce n’est pas un hasard.

La spécialisation du féminisme radical réside en fait dans l’énumération des torts commis par les hommes et dont ont souffert les femmes. En imaginant que cette énumération soit un jour terminée, la spécialisation ne serait plus nécessaire et il serait temps de dépasser cette énumération des torts qui ont fait souffrir pour arriver à une vraie tentative d’analyser la nature de l’oppression des femmes dans cette société et prendre des vraies mesures réfléchies pour y mettre fin. Donc, le maintien de cette spécialisation nécessite que les féministes fassent grossir la liste des torts jusqu’à l’infini, en allant même jusqu’à expliquer que les actions oppressives des femmes en position de pouvoir sont l’expression du pouvoir patriarcal, libérant ainsi ces femmes de la responsabilité de leurs actions.

En Italie comme à l’étranger – Les affaires de ENI

Comme pour tous les processus de décolonisation, en Libye de nombreux intérêts italiens sont restés en place. Les capitalistes «locaux» n’ont jamais cessé de considérer l’ancienne colonie comme un territoire privilégié pour leurs profits.

C’est depuis la fin des années cinquante que ENI fait affaire en Libye. Tout comme les grandes multinationales qui dictent les destinées du monde, les intérêts de cette grande entreprise conditionnent la politique étrangère d’Italie. Quand en 2011 la coalition Western a décidé l’attaque de Kadhafi, intervention conditionné par les Français de Total qui avaient besoin de renégocier leurs affaires en Libye, l’Italie a été poussée a participer pour empêcher son géant pétrolier de perdre sa position dominante. En 2017, le chef du gouvernement italien Gentiloni voyageant dans les pays africains déclare qu’Eni est « le moteur des intérêts stratégiques d’Italie » et les dirigeants de l’entreprise sont toujours présents à la table des négociations. Les lignes directrices du « travail » italien sont divisées entre l’objectif économique d’assurer des bénéfices à ses entreprises et le contrôle de l’ immigration. Comme nous pouvons le voir, il ne s’agit jamais d’objectifs liés au bien-être des populations, que ce soient celles du lieu où ils font affaires ou de l’extérieur. Ce sont de simples intérêts capitalistes. Rien ne va aux pauvres. Dans le cas des pays africains, l’objectif des accords est en effet également lié au contrôle des migrations. Voilà qu’alors les pauvres d’ici (« di casa », en Italie.ndt) entrent en jeu, mais seulement pour être mobilisés par la politique du diviser pour mieux régner de sorte qu’il s’en prennent aux migrants désignés comme ceux a blâmer pour tout type de problèmes, crise y compris.

Toujours à propos du conditionnement des politiques étrangères par les grandes entreprises comme l’Eni, en Novembre 2017 on apprend que Saipem (filiale de l’Eni) a remporté de nouveaux contrats en Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite mène une guerre d’extermination au Yémen à l’égard de laquelle les organes de communication Italien (les médias, ndt) italiens sont pour le moins silencieux, comme ils le sont pour les condamnations à mort que ce gouvernement effectue sur les places publiques, parfois même par dizaine.

Pour protéger ses activités dans les zones dangereuses, l’Eni utilise des formations armées locales comme en Libye où la milice de Dabbashi depuis 2015 s’occupe de la sécurité de l’usine de Mellita. Une photo prise pendant la guerre de 2011 dépeint un mercenaire avec le logo de l’entreprise sur sa poitrine, capturé par les Libyens il a admis avoir tiré sur des gens.

Propagande et pillage

La propagande de l’Eni, à travers sa chaîne vidéo, se présente comme ça : «Nous travaillons à construire un avenir dans lequel tout le monde peut avoir accès aux ressources énergétiques avec efficacité et durabilité. Notre travail est basé sur la passion et l’innovation, sur nos forces et capacités uniques, sur la qualité de nos hommes et en reconnaissant que la diversité entre tous les aspects de nos opérations et de notre organisation c’est quelque chose qui est apprécié. Nous croyons en la valeur des partenariats à long terme avec les pays et les communautés où nous opérons. Nous sommes l’Eni – Nouvelle Mission».

Ce langage des missionnaires du nouveau millénaire rompt avec la réalité du dommage irréparable que les opérations, comme les appelle Eni, provoquent dans les lieux où elles se matérialisent. Cela rompt la réalité de la corruption avec des millions de dollars de pots-de-vin pour gagner la chance d’exploiter des gisements en Italie ou dans le monde entier, sur les fraudes pour encaisser sans payer d’impôts, sur les stratagèmes pour entraver les enquêtes autour de ses méfaits.

1912 – Voltairine de Cleyre – De l’action Directe

Qu’est-­ce que l’action directe ?

En réalité, ceux qui la dénoncent avec autant de vigueur et de démesure dé­ couvriront, s’ils réfléchissent un peu, qu’ils ont eux-mêmes, à plusieurs reprises, pratiqué l’action directe, et qu’ils le feront encore. Toute personne qui a pensé, ne serait ­ce qu’une fois dans sa vie, avoir le droit de protester, et a pris son courage à deux mains pour le faire ; toute personne qui a revendiqué un droit, seule ou avec d’autres, a pratiqué l’action directe.[…] Toute personne qui a eu un projet, et l’a effectivement mené à bien, ou qui a exposé son plan devant d’autres et a emporté leur adhésion pour qu’ils agissent tous ensemble, sans demander poliment aux autorités compétentes de le concrétiser à leur place, toute personne qui a agi ainsi a pratiqué l’action directe. […] Toute personne qui a dû, une fois dans sa vie, régler un litige avec quelqu’un et est allé droit vers la ou les personne(s) concernée(s) pour le régler, en agissant de façon pacifique ou par d’autres moyens, a pratiqué l’action directe. […] Ces actions ne sont généralement pas le produit d’un raisonnement profond sur les mérites de l’action directe ou indirecte, mais résultent des efforts spontanés de ceux qui se sentent opprimés par une situation donnée. […] En d’autres termes, tous les êtres humains sont, le plus souvent, de fervents partisans du principe de l’action directe et la pratiquent. Cependant la plupart d’entre eux sont également favorables à l’action indirecte ou politique. Ils interviennent sur les deux plans en même temps, sans y réfléchir longuement. Seul un nombre limité d’individus se refusent à avoir recours à l’action politique dans telle ou telle circonstance, voire la récusent systématiquement ; mais personne, absolument personne, n’a jamais été incapable de pratiquer l’action directe. La majorité de ceux qui font profession de réfléchir sont des opportunistes; ils penchent tantôt vers l’action directe, tantôt vers l’action indirecte, mais sont surtout prêts à utiliser n’importe quel moyen dès lors qu’une occasion l’exige.[…]

eux qui, en raison de leurs convictions profondes, sont attachés à l’action directe sont seulement… mais qui donc ? Les non­violents, précisément ceux qui ne croient pas du tout en la violence ! Ne vous méprenez pas: je ne pense pas du tout que l’action directe soit synonyme de non­violence. L’action directe aboutit tantôt à la violence la plus extrême, tantôt à un acte aussi pacifique que les eaux paisibles de Siloé [4]. Non, les vrais non­violents peuvent seulement croire en l’action directe, jamais en l’action politique. La base de toute action politique est la coercition ; même lorsque l’État accomplit de bonnes choses, son pouvoir repose finalement sur les matraques, les fusils, ou les prisons, car il a toujours la possibilité d’y avoir recours.

Toute grève est synonyme de violence

Aujourd’hui chacun sait qu’une grève, quelle que soit sa taille, est synonyme de violence. Même si les grévistes ont une préférence morale pour les méthodes pacifiques, ils savent parfaitement que leur action causera des dégâts. Lorsque les employés du télégraphe font grève, ils sectionnent des câbles et scient des pylônes, tandis que les jaunes bousillent leurs instruments de travail parce qu’ils ne savent pas les utiliser. Les sidérurgistes s’affrontent physiquement aux briseurs de grève, cassent des carreaux, détraquent certains appareils de mesure, endommagent des laminoirs qui coûtent très cher et détruisent des tonnes de matières premières. Les mineurs endommagent des pistes et des ponts et font sauter des installations. S’il s’agit d’ouvriers, ou d’ouvrières, du textile, un incendie d’origine inconnue éclate, des pierres volent à travers une fenêtre apparemment inaccessible ou une brique est lancée sur la tête d’un patron. Quand les employés des tramways font grève, ils arrachent les rails ou élèvent des barricades sur les voies avec des charrettes ou des wagons retournés, des clôtures volées, des voitures incendiées. Lorsque les cheminots se mettent en colère, des moteurs expirent, des locomotives folles démarrent sans conducteur, des chargements déraillent et des trains sont bloqués. S’il s’agit d’une grève du bâtiment, les travailleurs dynamitent des constructions. Et à chaque fois, des combats éclatent entre d’un côté les briseurs de grève et les jaunes et, de l’autre, les grévistes et leurs sympathisants, entre le Peuple et la Police. […]

Les adversaires de l’action directe Ces dernières semaines, certains n’ont pas été avares de paroles creuses. Des orateurs et des journalistes, honnêtement convaincus de l’efficacité de l’action politique, persuadés qu’elle seule peut permettre aux ouvriers de remporter la bataille, ont dénoncé les dommages incalculables causés par ce qu’ils appellent l’action directe. […]

Personne n’est capable de mesurer précisément l’effet positif ou négatif d’une action, à l’échelle de plusieurs mois ou de plusieurs années. Personne ne peut dé­ montrer que la journée de huit heures aurait pu devenir obligatoire vingt­cinq ans auparavant. […]

Comment pourrons­-nous briser nos chaînes ?

Les partisans de l’action politique nous racontent que seule l’action électorale du parti de la classe ouvrière pourra atteindre un tel résultat ; une fois élus, ils entreront en possession des sources de la Vie et des moyens de production ; ceux qui aujourd’hui possèdent les forêts, les mines, les terres, les canaux, les usines, les entreprises et qui commandent aussi au pouvoir militaire à leur botte, en bref les exploiteurs, abdiqueront demain leur pouvoir sur le peuple dès le lendemain des élections qu’ils auront perdues.

Et en attendant ce jour béni ?

En attendant, soyez pacifiques, travaillez bien, obéissez aux lois, faites preuve de patience et menez une existence frugale (comme Madero [21] le conseilla aux paysans mexicains après les avoir vendus à Wall Street). Si certains d’entre vous sont privés de leurs droits civiques, ne vous révoltez même pas contre cette mesure, cela risquerait de faire reculer le parti. […]

Action politique et action directe

Mais la foi aveugle en l’action indirecte, en l’action politique, a des conséquences bien plus graves : elle détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux­mêmes […]

https://infokiosques.net/IMG/pdf/De_laction_directe-fil_A4.pdf

« Tout le monde dehors »

« Liberté pour les 3 » ou liberté pour tous ?

C’était compliqué ces temps-ci, de suivre cette histoire des « 3 de Briançon », entre l’envie de s’en méler, des orgas ou collectifs qui contactent les médias…:https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/rassemblements-demander-liberation-3-briancon-1468809.html (du coup, un rassemblement devant la taule qui risque de ressembler à une conférence de presse) …Pas mal de questions, est-ce qu’on a envie de soutenir des « militant.es » ? des gens qui se révoltent ? des situations qui foutent les gens dedans malgré eux ? des gens qui « nous » ressemblent ? de partager des textes qui les identifient comme « les gentils » face aux méchants, et qui dénoncent une justice (d’exception?) injuste (vraiment trop injuste), toujours dans des logiques « d’indignation » (sélective). D’ailleurs ce texte bien à propos: https://lesepineuses.noblogs.org/files/2017/06/Quelle-solidarit%C3%A9.pdf (Quelle solidarité ?).

Aussi, le rapport à celleux qui sont dedans et leurs envies… Des pancartes avec leurs tofs à la « Je suis Théo » (tout comme hier j’étais Charlie!) à propos : https://finimondo.org/node/1539 (Pas d’identification), aux photos, aux infos sur leur vie privée, ou à la prise de parole des parents (ou géniteurs) ; est-ce qu’on a tous et toutes envie de se faire placarder par les médias et tabloïdes dès notre sortie de prison ? Peut-être pas …

C’est des histoires qui se passent vite, des situations d’urgence comme on les connaît, qui nous empêchent parfois de réflechir assez vite, après coup qu’on requestionne, et qui valent la peine d’être questionnées avant. On a l’impression qu’en publiant certains textes on éloigne des histoires https://mars-.org/trois-potes-en-prison-3056 peut-être parfois à cause de nous, sans s’en rendre compte, en relayant rapidement…S’attaquer aux frontières c’est passer la frontière de force, taguer les murs, s’attaquer à la machine à expulser (ses collabos et ses institutions), aux technologies qui permettent toujours plus de contrôle, à la xénophobie, au nationalisme et au racisme ambiant (du bal patriotique organisé par la mairie, au bastion social jusqu’au tonton facho, Gérard si tu me lis!) …Qu’il s’agisse d’actions directes contre les décideurs/collabos/fachos ou d’actions de solidarité, « légales » ou « illégales »… 

Quelle que soit notre solidarité, on a envie d’envoyer en l’air toutes les logiques carcécales et d’enfermement, et ces **** de catégories d’innocents/coupables, gentils soutiens/bon citoyen.ne/vilains casseurs, sauveurs et victimes !

Qu’ils soient innocents ou coupables, tous et toutes dehors !

Feu aux prisons.

Le rêve…

Sur l’élan d’accueil et les impasses de la charité

[…]

S’il est clair que l’élan de solidarité envers les migrant-e-s est préférable à la xénophobie ambiante, il nous semble important de soulever quelques observations et questionnements.

Ces derniers temps la réalité des sans papiers s’est vue désignée sous le terme d’« afflux de réfugié-e-s », accompagnée d’images de milliers de personnes en exode fuyant en boat people les bombardements, le chaos et la dictature. Ce changement de langage est entretenu par les médias et le pouvoir, et accentue la distinction entre les dit-e-s « réfugié-e-s » et « migrant-e-s économiques ». Ceux qui viennent de zones considérées sensibles entrent dans les critères de demande d’asile, les autres sont pour la plupart expulsés. Les régions « sensibles » changent, ne sont définies qu’en fonction des intérêts ponctuels de l’Europe, et il nous semble complexe d’opposer « zones de conflits » et zones de pauvreté. D’un autre côté, faisant face à l’émoi de la population, les États affirment mettre en place une prise en charge des situations relevant de « catastrophe humanitaire ». Pourtant si l’on examine concrètement ces conditions d’accueil on y retrouve la même logique de contrôle et de tri.

L’exemple des Centre d’Accueil et D’orientation, appelés centre de « répit », est à ce titre très explicite. Présentés comme une solution d’accueil, il sont en fait mis en place uniquement dans le but de désengorger la Jungle de Calais. Les personnes acceptant la proposition d’intégrer ces centres sont accueillies pour une durée limitée, durant laquelle leur projet migratoire est remis en cause. Trois alternatives existent, déposer une demande d’asile en France, accepter un renvoi dans le cadre des accords Dublin II (vers le premier pays d’entrée en Europe), ou accepter un retour au pays. D’autre part, les centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) ne répondent pas non plus aux besoins d’hébergement, ils proposent une capacité d’environ 30 000 places pour plus de 70 000 demandes. Lorsqu’une demande d’asile est déboutée, les personnes sont expulsées des CADA en plus de recevoir une obligation de quitter le territoire (OQTF). Entrer dans les rouages institutionnels présente donc un risque important d’expulsion, en plus de devoir démontrer sa bonne volonté en multipliant les preuves « d’intégration ».
L’accueil au niveau local via les institutions peut également soulever un certain nombre de questions. En premier lieu, les mairies ont été sollicitées pour mettre en place des dispositifs d’accueil de réfugié-e-s. La procédure est d’en référer à la préfecture qui enregistre les demandes et les possibilités d’hébergements. Les demandeur-e-s d’asiles qui y accéderont seront choisis par les services de l’État. Les délais sont longs et de nombreuses mairies attendent encore que des personnes viennent habiter les logements mis à disposition. Sur quels critères les personnes sont « sélectionnées » ? Et qu’adviendra t-il en cas de rejet d’une demande d’asile ? Quelle est alors la possibilité pour les autres migrant-e-s d’être hébergé-e-s ? Quelles autres formes d’organisation existent au delà des structures officielles ? Quelle place reste à la lutte pour l’ouverture des frontières si l’on doit s’adresser à l’Etat pour s’organiser ?

Nous observons néanmoins des tentatives pour échapper aux mécanismes de contrôle et de tri, qui débordent les structures existantes, qui évitent d’infantiliser ou de victimiser des migrant-e-s en s’intéressant à leurs volontés et leur parcours, même si ce n’est pas toujours évident. Des lieux s’établissent où il est possible de s’organiser, des particuliers ouvrent leurs maisons à des personnes même si elles sont menacées d’expulsion, des réseaux de solidarité se tissent entre différentes réalités. Bien souvent la répression est féroce, comme nous avons pu le constater à Vintimille lors de l’expulsion du campement No Border et l’arrestation de plusieurs personnes en septembre, où lors des opérations policières régulières à Calais.
Localement, des initiatives d’accueil existent et cherchent à être soutenues, des pratiques se diffusent pour apporter un soutien matériel comme les collectes, les cantines et les différentes caisses de solidarités. Mais malgré tout, ces différentes expériences se heurtent aux limites de l’action humanitaire, à l’urgence et à l’épuisement. Il semble important de se retrouver pour lutter collectivement et affirmer la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. Au delà de l’accueil des sans papiers et la volonté de sortir de l’entre soi en tissant des liens d’égal-e à égal-e, la solidarité s’exprime aussi dans les mobilisations pour fermer les centres de rétention, en s’organisant pour prévenir des contrôles et en permettant d’y échapper, en facilitant des passages ou en attaquant directement les barbelés qui s’érigent le long des frontières, et bien d’autres moyens qui restent à imaginer.

 

https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/

Belgrado Pedrini – Un certain goût pour la liberté

Un certain goût pour la liberté

« […], au-delà de ces quelques compagnons que Pedrini a continué de croiser dans les différentes geôles de son pays et avec lesquels il a parcouru le chemin sinueux de la révolte, il y a toutes les actions accomplies par les anonymes, celles dont il ne reste volontairement pas de traces écrites, ceux qui sont restés à l’ombre des projecteurs de justice, hors de portée des griffes des nouveaux bourreaux démocratiques. D’expropriations en gestes explosifs, une partie des anarchistes qui avaient eu l’occasion de combattre la domination sous le fascisme n’ont pas mis un terme à leur vie d’irréguliers et à leur soif de liberté. »

Les autres compagnons de galère

Dans les prisons de la République démocratique italienne, parmi les nombreux prisonniers enfermés, j’ai retrouvé des compagnons de foi et de lutte qui étaient surtout d’anciens partisans anarchistes comme moi. Je vais reporter ici leur histoire telle qu’ils me l’ont racontée et comme je m’en souviens.

Je commencerai par me souvenir du partisan anarchiste carrarais le plus jeune : Goliardo Fiaschi. Il est né à Carrare le 21 août 1930, fils de Pietro et de Nella Del Vecchio. Il habite encore dans cette ville, au n°1 de la via Santa Maria. Ce fut un partisan combattant, identifié sous le numéro de protocole 014375. Le 9 septembre 1943, il a participé à la lutte de libération de sa ville natale en aidant les militaires déserteurs à s’enfuir et en récupérant leurs armes, qui ont ensuite servi à des groupes de partisans. Ce fut la première mission que des antifascistes de Carrare lui confièrent. Fiaschi s’est aussi consacré au transfert de matériel, dont les armes, dans les caches du Comité de Libération Nationale. Agé d’à peine 13 ans, il a soutenu pendant toute la Résistance en avoir 15.

D’autres (belles) aventures

Observer les rues et forger des choix. Avec un cœur battant d’amour et de complicité pour beaucoup d’entre vous, je vous envoie un au revoir profond et souriant. Non sans «obstacles» affectifs et désirs de projectualité avec beaucoup, j’ai décidé de me soustraire à obligation de signatures quotidiennes* (que j’avais après une période d’emprisonnement et d’assignation à domicile qui a duré neuf mois).

Le sentiment de se sentir compagnonne, en plus de la colère qui brûle et qui est partagée avec nos corps, est pour moi la continuité et la constance (malgré la distance choisie ou subit). Alors je vous dit … on se verra pour d’autres (belles) aventures …

400 bisous intenses et 24000 coups précis.

kam

Camille nous a laissé cet au revoir on après avoir décidé de violer la mesure de contrôle judiciare à laquelle elle était soumise depuis quelques mois, et après avoir déjà purgé pour la même procédure 9 mois entre la détention carcérale et domicilaire. Elle a décidé de partir et la savoir libre d’aller où elle veut remplit nos cœurs de joie.

macerie @ 16 avril 2018

https://www.autistici.org/macerie/?p=33096

 

Plus d’infos: https://mars-infos.org/turin-operation-repressive-7-2505

* Ndt : Mesure de contrôle judiciaire

1312 – Les amendes pleuvent à Lille

Aujourd’hui, à Lille, tu peux être verbalisé.e pour avoir participé à une manifestation –

“Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables” Raoul Vaneigem

Depuis plusieurs semaines, des amendes fleurissent à Lille.

En effet, depuis que le mouvement social s’est endurci dans la métropole nordiste, plusieurs personnes ayant participé à des manifestations ont reçu des amendes pour “Bruit ou tapage injurieux, troublant la tranquillité d’autrui”.

Les personnes concernées ont donc reçu leurs amendes de 68€ chez elles/eux, sans qu’aucun contrôle n’ai été effectuées sur ces personnes. Elles correspondent à des moments précis. Rassemblement devant le commissariat afin de demander la libération des camarades en garde-à-vue. Lors d’une manifestation en soutien aux cheminot.e.s, devant la faculté de droit., le jour où les étudiant.e.s qui devaient passer leurs partiels se sont fait.e.s gazé.e.s et matraqué.e.s, etc.

En bref, les flics, lors de rassemblements ou de manifestations, reconnaissent des militant.e.s et leur foutent des amendes, sans les avoir contrôlé.e.s, du simple fait de leur présence.

Repris du facebook de Lille insurgée

[…]

Voir aussi : Que c’est-il passé à Lille ce derniers-jours? 

https://lille.indymedia.org/spip.php?article31470&lang=fr

 

Maine-et-Loire : Les fachos ont des noms et des adresses…

Vendredi 20 avril 2018

Le Courrier de l’Ouest 

Dans la nuit de lundi à mardi, de nombreuses inscriptions antifascistes ont été taguées à Angers, Chazé-Henry dans le Segréen (sur le mur d’un cimétière) et Niafles en Mayenne. Parmi les cibles visées par ces tags, la maison de Pascal Gannat, ex-chef de file du Front national dans les Pays de la Loire et celle de Gaëtan Dirand, ex-secrétaire départemental du FN.

Les autres personnes visées sont des membres de L’Alvarium ou leurs proches. Ce local, basé avenue Pasteur à Angers et qui héberge l’association « Nouveaux sarments – Anjou populaire », a lui-même été dégradé à deux reprises ces dernières semaines.

Depuis son ouverture fin janvier, le bar L’Alvarium cristallise les tensions. Ses membres, sous le statut d’association, assurent œuvrer dans l’aide aux Français les plus démunis. D’autres, partis politiques, syndicats ou associations, y voient un repaire d’identitaires d’extrême droite

La majorité des victimes de ces dégradations ont déposé des plaintes. Des enquêtes ont été ouvertes.

repris de : attaque.noblogs.org

Nice (Alpes-Maritime) : Évasion du centre de rétention

[On apprend que 5 sans-papiers se sont évadés du centre de rétention de Nice il y a plus de deux mois. Malheureusement, l’un d’entre eux, d’origine algérienne, est tombé sur une patrouille de police. Il a écopé d’une peine de 2 mois ferme lors de son procès qui avait lieu ce lundi 23 avril. Il avait déjà refusé d’embarquer dans un avion pour l’Algérie, NdA]

Var-Matin / Lundi 23 avril 2018

La cavale remonte au 19 mars. Ce jour-là, cinq sans papiers se sont fait la belle à l’aide d’une corde. Un seul a été rattrapé. Il était jugé ce lundi au tribunal correctionnel de Nice

Ils sont sortis par les toits, à l’aide d’une corde. A l’ancienne. Cinq individus se sont fait la malle, le 19 mars dernier, du centre de rétention administrative (CRA) de Nice, qui jouxte la caserne Auvare. Seule une évasion avait été révélée ce jour-là. […] (Article payant)

https://attaque.noblogs.org

A propos des trois personnes incarcérées suite au weekend contre les frontières

MAJ : Les trois personnes sont aux Baumettes, la première avait été immédiatement incarcérées à la MAF des Baumettes, les deux autres ont été transférés par la suite à Marseille les raisons invoqués pour justifier le transfert sont : des raisons de sécurité (sic) et pour éviter une contagion de solidarité dans le département.

MAJ 03/05 : Les trois personnes sont sorties sous contrôle judiciaire (assignation à résidence obligation de rester dans le département avec pointage journalier au commissariat, et interdiction de déclaration publique).  

Trois potes en prison

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire , et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue: « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap et la marche de dimanche sont deux événements distinct, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en france en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en méditerranéenne, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne,qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques!

[…]

https://mars-infos.org/trois-potes-en-prison-3056

 

Haute-Durance, France : Un week-end contre les frontières et ceux qui les protègent

MAJ (sansattendre.noblogs.org)

On apprend par la même occasion que les flics continuent leurs enquêtes pour retrouver plusieurs autres personnes dans le cadre de ces deux manifestations: « d’autres auteurs de passage en force de la frontière dimanche sont recherchés, tout comme ceux à l’origine de rébellion et violences en réunion sur des policiers commises dans la soirée du 22 avril à Briançon en marge de la manifestation. Deux policiers du commissariat de Briançon ont été blessés lors d’une tentative d’interpellation d’un suspect qui a pu prendre la fuite à cause de l’intervention violente de plusieurs manifestants ». Concernant la journée de samedi, il est fortement probable que les investigations ciblent les personnes impliquées dans l’attaque groupée et spontanée contre un maton, qui a tenté d’interpeller un.e des manifestant.e.s en train de taguer les murs de la taule. D’autres manifestants et un autre agent pénitentiaire sont également intervenus pour empêcher qu’ils prennent davantage de coups. Le maton qui s’est improvisé flic souffre notamment de fractures d’un doigt de pied et d’un doigt à la main gauche, ainsi que d’un hématome frontal. Les deux agents ont également été la cible de jets d’objets.

***

Plusieurs articles de journaux reviennent sur le « carnaval solidaire contre les frontières« . Il y aurait eu des tags à pas moins de 80 endroits différents. Par ailleurs, on en sait davantage sur le maton zélé qui a voulu s’interposer lorsque plusieurs « enfants sauvages » repeignaient la façade morbide de la Maison d’Arrêt située en centre-ville: repoussé par le cortège, le maton s’est mangé des coups et souffre apparemment de « plusieurs fractures et d’un hématome frontal ». Ca lui apprendra à faire son héros.

Une grande manifestation a eu lieu le lendemain, dimanche, entre Clavière et Briançon, contre la chasse aux sans-papiers, qu’elle soit menée par l’armée comme des fascistes de « Génération Identitaire ». Elle aura permis à plusieurs sans-papiers de passer la frontière entre l’Italie et la France. A l’issue de cette journée, 6 personnes seront interpellées. Le proc de Gap annonce via la presse que « plusieurs investigations sont en cours pour rechercher les auteurs des faits du week-end.

A l’issue de ce week-end contre les frontières, on apprend donc que trois personnes (deux Suisses et une Italienne) ont été placées en détention provisoire en attente de leur jugement prévu pour le 31 mai prochain. Les trois avaient refusé la comparution immédiate afin de préparer leur défense. Le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, justifie cette décision en raison de l’insuffisance des garanties de représentation et la prévention de toute réitération des faits.

Repris de : sansattendre.noblogs.org

La bonne conscience d’un citoyen au-dessus de tout soupçon

Ces derniers temps à Lecce des plaintes sont entrain de pleuvoir pour les tags et affichages sur les murs, plus ou moins liés à la lutte contre le TAP. Le dernier tag en date est celui qui a fait se déchirer la tunique de l’évêque, dont le visage est devenu pourpre à la vue de sa belle église qui exprimait plus de colère que de joie. Son indignation, comme celle de ses fidèles, comme celle de toutes les bonnes personnes qui infestent ce monde, si sensible aux offenses comme indifférent aux massacres, a rappelé le commissaire de police immortalisé dans le fameux film Enquête d’un citoyen au au-dessus de tout soupçon .

Quelqu’un se souvient-il des paroles de ce champion du code pénal?

« L’usage de la liberté menace de tous les côtés les pouvoirs traditionnels, les autorités constituées … Nous gardons la loi que nous voulons immuable, sculptée dans le temps. Le peuple est juvénile, la ville est malade; les autres ont pour mission de guérir et d’éduquer, à nous le devoir de réprimer! La répression est notre vaccin! La répression est la civilisation! « 


La logique est impeccable : si écrire sur les murs de la polis est un acte de vandalisme, réprimer les responsables est un acte de civilisation.
La bonne conscience des citoyens au-dessus de tout soupçon ne peut qu’être d’accord. Il ne tolèrera pas que son sommeil soit dérangé par ceux qui lui rappellent avec une certaine insouciance ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de la porte de sa maison. Pourquoi devrait-il jamais se fâcher? Une guerre est un acte de civilisation. Rejeter l’exode des damnés de la terre, peut-être en les noyant dans la mer, est un acte de civilisation. Faire affaire avec des dictateurs asiatiques ou subtropicaux, peut-être en leur vendant des armes ou en leur achetant du gaz, est un acte de civilisation. Polluer, contaminer, dévaster un territoire sont des actes de civilisation. La politique internationale, l’économie planétaire, les choses qui sont trop loin? Eh bien, si c’est pourquoi même mettre les bracelets électroniques aux balayeurs de Livourne (métaphore merveilleuse sur le salariat comme une forme de travail forcé dans cette prison appelée la société) est un acte de civilisation. Forcer les étudiants d’un lycée de Naples à vider leur vessie à une heure préétablie est aussi un acte de civilisation. Dénoncer aussi un médecin qui a sauvé une femme enceinte (une migrante qui traversait la frontière, la ****in!) est un acte de civilisation. Sans parler de l’immunité qui a toujours été garantie à la police assassine ou au clergé violeur : tous des actes de civilisation. Pour ceux-ci comme pour d’innombrables autres plaisirs quotidiens, monsieur l’évêque, monsieur le maire, messieurs les journalistes, messieurs les citoyens, sont silencieux quand ils n’applaudissent pas.

Parce que les vandales à mettre sur l’index, vous le savez, sont d’autres. Comme l’a dit le commissaire du cinéma:

«Les jeunes, les jeunes! Qui écrivent sur les murs. Jeunes étudiants, jeunes travailleurs, qui circulent la nuit, parlent de révolution au téléphone, dans les facultés, dans les départements! Des tonnes de peinture rouge pour nous insulter. Je sais ce qu’il faudrait! Autre que la brigade anti-tag pour annuler cette vague de subversive, anti-autoritaire. […] Nous devons tout savoir, nous devons tout contrôler … ».

Et c’est précisément pour ce but très civil que presque chaque mètre carré de la ville de Lecce est sous l’oeil d’une caméra. Ainsi, ces jeunes et vieux qui osent écrire sur les murs des autres, au lieu de rester à la maison devant la télévision, ne peuvent pas s’en sortir. Ainsi, rien ne peut arriver dans cette existence à sens unique.

Mais ce n’est pas un état policier, tu sais? Allez, que de grands mots, quelles métaphores extrêmes! Ce sont des mesures démocratiques et progressistes, tout comme le commissaire du film qui – entre la torture d’une personne arrêtée et le meurtre de son amant – a confié: «Qu’est-ce que cette démocratie? Et regardons les choses en face: c’est l’antichambre du socialisme. Moi, par exemple, je vote socialiste « .

C’est la bonne conscience des gens décents, celle qui nous permet d’être à droite, à gauche, apolitique, extrémiste, de pouvoir lire des livrets rouges ou des bibles noires, de faire ce que nous voulons … Parce que nous ne sommes pas des moutons! Nous sommes des citoyens démocratiques et la loi doit nous respecter! Mais les écrits sur les murs, les barrages routiers, les barils explosifs, qu’ont-ils à voir avec la démocratie?

En effet…

en Italien ici https://finimondo.org/node/2172

Toulouse : répression de la révolte (suite au 3 jours d’émeutes après le décès d’un détenu à la prison de Seysses)

13 personnes devaient être jugées en comparution immédiate vendredi 20 avril 2018 à Toulouse, après les nuits d’émeutes qui ont éclaté après la mort d’un détenu à Seysses. 7 des 13 prévenus ont demandé le report de leurs procès, afin de parfaire leur défense. Quatre d’entre eux sont (notamment) poursuivis pour violences commises en réunion. Leurs audiences se tiendront donc au mois de mai.

Deux autres personnes – un homme de 38 ans et une femme de 24 ans – ont été relaxées pour leur participation aux émeutes. Ces deux personnes, que les journaflics d’Actu Côté Toulouse qualifient de « membres de l’ultra-gauche toulousaine » participent à la lutte en cours à l’Université du Mirail. Les deux ont été relaxées pour le chef de « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradations de biens ». En revanche, ils ont été condamnés à un mois de prison avec sursis pour « refus de se soumettre au prélèvement biologique » destiné à l’inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). La jeune femme, étudiante au Mirail, a également écopé de 500 euros d’amende pour « avoir fourni une identité imaginaire » aux policiers. Deux autres personnes, qui avaient été interpellées en même temps, accusées elles-aussi de faire partie de « la mouvance d’ultra-gauche » et de « s’être faufilés parmi les émeutiers« , ont vu leur audience reportée à une date ultérieure. Deux hommes de 18 et 19 ans ont également été condamnés à des peines de six mois de prison ferme (sans mandat de dépôt) pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Un homme de 24 ans, interpellé en possession d’un laser, est lui accusé d’avoir ébloui le pilote de l’hélico de la gendarmerie qui survolait la zone: il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, 210 heures de travaux d’intérêt général, et un stage de citoyenneté.

Enfin, un sans-papier Tunisien vivant en Espagne, interpellé dans les coursives d’un immeuble, a été relaxé pour le chef  de « participation aux émeutes » mais condamné à deux mois de prison avec sursis et interdiction de territoire français pendant trois ans.

Pour rappel, un émeutier de 18 ans (casier vierge) avait écopé mercredi 18 avril de six mois de prison, dont trois mois ferme, sans mandat de dépôt pour avoir des pierres sur une voiture de police.

https://sansattendre.noblogs.org

Voir aussi : https://iaata.info/Suivi-des-comparutions-immediates-du-20-avril-2552.html

A QUOI SERT L’ÉNERGIE ?

Extrait de la brochure : Saboter l’énergie. La lutte contre la construction du gazoduc TAP dans le Salento (2013-2018), ed. Sans Patrie, mars 2018, 54 p., A5

L’énergie consommée par chaque individu dans ses habitations, celle mise en avant dans les sports publicitaires des multinationales de l’énergie, est absolument négligeable par rapport à celle dont l’industrie a besoin, civile comme militaire. Une seule entreprise est capable de consommer chaque année une énergie équivalente à celle utilisée à des fins domestiques par les habitants d’une ville entière. Et sans parler de la guerre, qui dévore de l’énergie à des niveaux inimaginables. A l’époque de la seconde guerre mondiale, chaque soldat américain consommait un gallon de pétrole (3,7 litres) par jour, une consommation qui est montée à 9 gallons (33, 3 litres) lors de la guerre du Vietnam, puis à 10 gallons (37 litres) au cours de Tempête du Désert et à 15 gallons (55, 5 litres) lors de la seconde guerre du Golfe. Les nouvelles machines de guerre brûlent tellement d’énergie que leur consommation n’est plus mesurée en litres par 100 km, mais en litres par heure. Un chasseur F-15 brûle 7000 litres de kérosène à l’heure, un bombardier B-52 en brûle 12 000. En 2006, l’aviation nord-américaine a consommé à elle toute seule 9,62 milliards de litres de kérosène. Il s’agit d’exemples et de considérations qui nous mènent à quelques questions de fond : à quoi sert réellement l’énergie et qui tire profit de son extraction ?

Disponible ici : https://sansattendre.noblogs.org/files/2018/03/TAPbrochCorrect.pdf

Plus d’info sur l’attaque de Lesbos

Lesbos, Grèce – Les fascistes attaquent les migrants, la police les expulse et les arrête, le gouvernent annonce une nouvelle loi restrictive sur l’immigration

Hier soir, dimanche 22 avril, vers 20 heures, un groupe d’environ 200 fascistes a attaqué les migrant.e.s qui occupaient la place Sappho dans la ville de Mytilène sur l’île de Lesbos.

Les fascistes du «Mouvement patriotique de Mytilène», parmi lesquels des membres bien connus d’Aube Doré, avaient les jours précédents, sur leur page facebook, lancé un appel à rassemblement dimanche 22 à l’occasion du coup d’État des colonels en Grèce d’avril 1967. Réunis à 19h30, après avoir manifesté pour la libération de deux soldats grecs emprisonnés dans les prisons turques, la plupart des fascistes, environ 200, armés de bâtons, se sont dirigés à 20h vers la Place Sappho à Mytilène, occupé par Mardi 17 avril par plus d’une centaine de migrant.e.s, principalement des familles afghanes, en demandant leur expulsion. Après quelques heures, vers 22h, sans aucune de la police anti-émeute présente sur le site en force avec deux pelotons, le nombre de fascistes a augmenté, suite à un appel de la page facebook pour intervenir sur la place. Chantant des slogans et des chorales comme « Brûlons-les vivants! Jetons-les à la mer! » Les fascistes ont attaqué les migrant.e.s en lançant des bouteilles de verre et des pierres arrachées aux trottoirs, fusées éclairantes et pétards. Les migrant.e.s se sont défendus en faisant une triple chaîne humaine circulaire, avec des enfants au centre, essayant de les protéger des jets en les couvrant de cartons et de couvertures humides. Les migrant.e.s ont également été rejoint par des soutiens locaux. Ce n’est qu’après cette résistance des migrant.e.s et soutiens que la police est intervenue entre les deux groupes, mais cela n’a pas empêché les fascistes de poursuivre l’assaut, d’incendier les poubelles en les poussant ensuite vers les cordons de migrant.e.s, de lancer les fusées et les feux d’artifice de derrière les poubelles ciblant en particulier les femmes et les enfants. Vers 23 heures, les fascistes ont tenté de contourner le mouvement en attaquant du côté du marché. La police à ce moment-là a jeté des gaz lacrymogènes sur la place, qui ont également fini sur les migrant.e.s. A une heure les affrontements se sont déplacés du front de mer de Mytilène à l’hôtel de ville historique et aux rues environnantes. Les fascistes ont mis le feu aux poubelles en construisant des barricades et en interrompant la circulation dans tout le port. Pendant ce temps, la police a encerclé le hotspot de la Moria pour empêcher les migrant.e.s de découvrir ce qui se passait et de vouloir soutenir leurs camarades. Les combats à Mytilène se sont poursuivis jusqu’à 3 heures du matin. Au moins 35 migrant.e.s et soutiens sont blessés et 10, dont un enfant avec des brûlures, sont hospitalisés.

Une personne sur place nous dit: «Permettez-moi de vous parler de cette folle soirée de guerre ce soir: la police ne pouvait pas mieux se coordonner avec les fascistes, au point d’attaquer les soutiens locaux. Les fascistes étaient en possession de gaz lacrymogènes; la police donna carte blanche aux fascistes, les fascistes terrorisant non seulement les réfugiés mais aussi les locaux. Un café a été attaqué parce qu’il a fait entrer les réfugiés blessés; les fascistes ont tenté d’attaquer les ambulances, ils ont attaqué quiconque essayait d’aider ou de documenter leur violence. Un soutien rapporte que:« La police avait des ordres (nous les avons également entendus plusieurs fois de leurs talkies) de ne pas agir contre les fascistes pour les arrêter mais seulement pour les disperser. Finalement, ils ont décidé d’éloigner les fascistes de la place, mais ils n’ont pas tardé à nous tirer des gaz lacrymogènes parce que nous avions simplement réagi aux incendies criminels en criant que quelqu’un serait tué à cause de leur ordre de ne pas arrêter les fascistes.

A 17h20, la police anti-émeute a envoyé des bus sur la place et a ordonné aux migrant.e.s d’évacuer l’occupation, justifiant l’opération comme une forme de protection pour leur sécurité. Les migrant.e.s, continuant à rester en cordée et on refusé jusqu’au dernier de quitter la place, criant des slogans contre le camp de concentration, mais après un court moment la police avec la force et les menaces les a forcés à monter dans les bus leur disant qu’il les ramenaient au hotspot de Moria. Les migrant.e.s rapportent que la police leur a parlé en détention, que « s’ils oubliaient ce qui s’est passé la nuit dernière, il n’y aurait pas de conséquences ». La nouvelle, il y a quelques heures, c’est qu’environ 120 migrant.e.s, dont 25 femmes et enfants, ont été arrêtés et détenus au poste de police pour occupation de l’espace public. Deux soutiens ont également été arrêtés.

Dans les faits, comme ce fut le cas en Pirée ainsi qu’à Lesbos et à Chios, les fascistes et la police ont en fait collaboré à la répression de la protestation des migrant.e.s.

L’occupation de la Place Sappho avait commencé mardi 17 février, après qu’un cortège d’environ 200 migrant.e.s, avec des soutien, avait quitté le hotspot de la Moria. Les raisons de la manifestation étaient la ségrégation et les conditions de vie sur l’île, la détention, les déportations et la nouvelle de la mort d’un Afghan suite au manque d’assistance médicale (qui a en fait eu lieu après des jours de coma).

Une autre raison de protestation a été la sentence de la Cour suprême grecque, le même jour le 17, qui avait annulé les restrictions géographiques à la liberté de circulation imposées aux personnes arrivant sur les îles de Lesbos, Rhodes, Chios, Samos, Leros et Kos. La décision, en vigueur dès le lendemain du 18 avril, a permis aux migrant.e.s arrivés sur les îles à partir de cette date de se rendre en Grèce continentale, mais sans effet rétroactif et ne comprenant donc pas les personnes qui étaient alors détenues à Lesbos.

Le gouvernement grec de Syriza, après le jugement du 17, a immédiatement pris des mesures: le 18 avril, le ministre des migrations a nommé un nouveau directeur pour le service d’asile grec. Le 19 avril, un nouveau projet de loi a été déposé sur l’immigration (qui avait croupi pendant des mois dans les commissions) qui prévoit la restauration des restrictions de mouvement pour les migrants, le 20 avril le nouveau directeur du service d’asile a pris la décision de suspendre la possibilité de mouvement dans le reste de la Grèce, à partir du 21 avril, le service d’asile grec a rétabli la restriction des déplacements des migrants, limitée aux îles. La nouvelle loi sera discutée au parlement dans les prochains jours.

Comme déjà annoncé par le ministère, le projet de loi prévoit une nouvelle fois la possibilité de confiner les demandeurs d’asile, ouvrant la voie à l’imposition de limites géographiques aux îles, ainsi que de nouvelles limitations du droit d’asile et à la facilitation des expulsions.

source: https://hurriya.noblogs.org/post/2018/04/23/lesbo-fascisti-assaltano-migranti-polizia-sgombera-arresta-governo-annuncia-nuova-legge-restrittiva-sullimmigrazione/

… ça a pas duré plus de 48h hein

Gap, France : Carnaval contre les frontières haut en couleur – Samedi 21 avril 2018

« Un carnaval solidaire contre la frontière » était organisé ce samedi 21 avril à Gap, afin de s’opposer entre autres à la loi raciste « Asile et immigration » de Gérard Collomb sur le point d’être adoptée par les députés. Près de 300 personnes, le visage dissimulé sous des masques, y ont pris part et la manif fut particulièrement dynamique, défilant du parc de la Pépinière jusqu’à la préfecture des Hautes-Alpes.

Musique, chants, slogans (« solidarité avec les sans-papiers ») et déguisements étaient de la partie, tout comme un char où trônait un juge à la tête d’ogre… De nombreux tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville, du mobilier urbain, ainsi que des vitrines d’agences immobilières et de banques.

Même le grand mur de la prison rue Grenette a été repeint, ce qui n’a pas été du goût d’un maton, qui a cherché l’embrouille et s’est mangé des coups.

La manif s’est dispersée vers 20h sans interpellation.

 

[Reformulé de deux articles de la presse locale] par sansattendre.noblogs.org

Voltairine de Cleyre – L’idée dominante

La doctrine que les circonstances sont tout et les hommes rien, a été et est le fléau de nos modernes mouvements de réformation sociale.

Notre jeunesse, animée par l’esprit des anciens éducateurs qui croyaient à la suprématie des idées, même à l’heure où ils allaient abandonner cette thèse, a cru que les merveilles de la Révolution allaient bientôt se réaliser. Dans leur enthousiasme, ils faisaient dire à l’Évangile des Circonstances que bientôt la pression de l’évolution matérielle briserait le cadre des choses, — ils ne donnaient à la société mourante que quelques années à vivre. Ils assisteraient eux-mêmes à la transformation et prendraient part à ses joies. Les quelques années prévues ont passé et rien ne s’est produit; l’enthousiasme s’est refroidi. Et voici que ces idéalistes sont devenus des hommes d’affaires, des industriels, des propriétaires fonciers, des prêteurs d’argent, — les voici se glissant dans les rangs de cette société qu’ils méprisaient jadis, s’y introduisant pitoyablement, à la remorque de quelque personnage insolvable auquel ils ont prêté de l’argent ou rendu gratuitement quelque service professionnel. Les voici qui mentent, trompent, trafiquent, flattent, achètent et se vendent pour un hochet, une petite place en vedette de rien du tout. L’Idée Dominante sociale les a engloutis, leurs vies s’y sont absorbées, et lorsque vous leur en demandez la raison, ils vous répondent que les circonstances les y ont contraints.

https://fr.theanarchistlibrary.org/library/cleyre-voltairine-de-l-idee-dominante

Ambert : Des précisions sur l’enquête en cours

Pour rappel, le matin du 28 mars ont eu lieu à Ambert (63) trois perquisitions. Celles-ci ont été ordonnées dans le cadre d’une enquête sur la tentative de destruction par le feu d’un véhicule d’Enedis dans la même ville dans la nuit du 8 au 9 juin 2017. L’une de ces perquisitions visait un squat dans lequel les gendarmes ont découvert trois « dispositifs de confection artisanale pouvant s’apparenter à des engins incendiaires », en l’occurrence « des bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux » (tous les termes apparaissant entre guillemets dans ce texte sont ceux de la justice). Deux personnes ont été placées en garde à vue (60 heures), puis en détention provisoire avec un mandat de dépôt criminel d’un an. Ils sont mis en examen pour les faits suivants : « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et, pour l’un des deux seulement, « refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d’infraction entraînant l’inscription au FNAEG ». Les deux compagnons ont fait appel de leur mise en détention et, après deux semaines enfermés l’un à Riom et l’autre à Montluçon, ils sont passés à la cour d’appel de Riom le 17 avril. Ils ont été relâchés le jour même sous contrôle judiciaire.

Le présent texte tente de rassembler et de communiquer les différents éléments de cette affaire qui reste pour le moment très opaque. Les inculpés et l’avocat n’ont pour le moment pas pu avoir accès au dossier. À l’heure où la toile de la répression s’agite aux quatre coins du pays (a-t-elle jamais cessée de le faire ?), il semble important de transmettre le maximum de détails quant aux modes opératoires, aux rythmes et aux connaissances du tandem police/justice (tout en gardant à l’esprit que chaque enquête, chaque affaire a ses spécificités).

Nigeria – La Grande Bretagne veux agrandir la prison de Kirikiri pour y enfermer des ressortissants Nigériens condamnés sur le sol britannique

Le gouvernement britannique a récemment annoncé son intention de construire une nouvelle aile dans une prison au Nigeria. L’aile de 112 places à la prison à sécurité maximale de Kirikiri, à Apapa, dans l’État de Lagos, permettra l’expulsion de prisonniers du Royaume-Uni vers le Nigeria. L’Etat britannique avait signé un accord en 2014 avec le Nigeria pour permettre ce type d’expulsionsLa prison à sécurité maximale de Kirikiri a été construite en 1955, cinq ans avant que le Nigeria devienne officiellement indépendant de la domination coloniale britannique. La capacité officielle de la prison est de 1 056 personnes. En mars 2018, la prison contenait environ 5 000 prisonniers. […]

L’aile de la prison au Nigeria n’est pas le premier projet de construction de prison que l’Etat britannique a tenté de lancer. En 2015, le Premier ministre David Cameron a annoncé son intention de construire une nouvelle prison en Jamaïque aux mêmes fins – pour permettre le transfert de prisonniers entre les deux pays. 25 millions de livres ont été offerts pour la construction d’une nouvelle prison pour 1 500 personnes dans le cadre d’un programme d’aide de 300 millions de livres sterling à la Jamaïque pour accroître le commerce et l’exploitation mondiale. L’enveloppe, qui ne couvrait que 40% du coût, a finalement été rejeté par l’État jamaïcain. […] La première prison que les Britanniques tentèrent de construire en 1882 fut inexorablement visée par les anticolonialistes, qui furent capables de l’incendier facilement grâce à sa structure faite de murs de paille et de boue. En 1885, le gouvernement colonial a importé des briques d’Angleterre pour £ 16 000 et reconstruit la prison. La puissance néo-coloniale dans le pays continue avec les organismes coercitifs tels que le Fonds monétaire international, qui dirigent la production détournant de l’agriculture adressée aux besoins nationaux vers les industries de l’extraction des ressources et des combustibles fossiles.

Avant 2006, la plupart des prisonniers de nationalité étrangère étaient simplement libérés de prison à la fin des peines. La loi britannique de 2007 sur les frontières, introduite par le gouvernement travailliste, a marqué un tournant. Il a établi que les «criminels étrangers» purgeant une peine de 12 mois ou plus doivent être automatiquement expulsés et que tous les non-ressortissants condamnés à une peine d’emprisonnement seraient sous mesure d’expulsion, quelle que soit leur situation. […]

De même, la distinction entre «bon / méritant migrant» et «mauvais / indigne migrant» ou «réfugié vulnérable» peut renforcer l’acceptation de l’emprisonnement, de la déportation et du régime frontalier pour ceux qui tombent dans les mailles du système de justice pénale. […] Parallèlement, le gouvernement britannique continue de travailler sur son programme d’expansion des prisons de 1,3 milliard de livres sterling.

 

Repris de : https://hurriya.noblogs.org/post/2018/04/21/colonialismo-carcerario-progetto-gran-bretagna-costruire-unala-prigione-nigeria/

(certaines parties […] non pas été traduites mais sont disponibles sur le site en Italien)

Grèce – Attaque de faf à Lesbos : des dizaines de blessés

23 avril 2018

Des dizaines de migrants ont été blessés dans la nuit lors de l’attaque d’un groupe d’extrême droite à Lesbos, une île grecque de la mer Égée. L’information nous vient des médias locaux. Des réfugiés, en majorité afghans, attendent depuis des mois une réponse à des demandes d’asile et se sont rassemblés pour manifester sur la place centrale de Mytilène, la ville principale de l’île.

Au crépuscule, plusieurs centaines de jeunes d’extrême droite ont commencé à les insulter et à les attaquer avec des bâtons et des jets de pierres. Les assaillants ont mis le feu aux poubelles. Les migrants ont refusé de quitter la place et le centre historique de la ville est devenu un champ de bataille, selon des témoins.

La police évacué la place ce matin et les réfugiés ont été amenés au hotspot de la Moria, qui abrite plus de 6 000 réfugiés, soit plus du double de la capacité.

 

http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/migranti-attacco-gruppo-estrema-destra-a-lesbo-decine-feriti-78c562b4-864b-401a-ba07-c7b67fca6d29.html?refresh_ce

Florence (Italie) : Un compagnon retourne en prison, un autre sous contrôle judiciaire

Anarchici Fiorentini 

Le 19 avril est arrivée la réponse de la Cassation à l’instance de la défense contre l’appel, gagné par le Parquet, concernant l’incarcération de Giovanni et Pasca et le contrôle judiciaire pour Nicola [on verra ici le début de cette histoire répressive; NdAtt.]. Pasca a été jugé il y a quelques semaines (car arrêté à Lecce, le tribunal comptant est donc un autre [et la Cassation a confirmé son incarcération; NdAtt.]), tandis que pour Giovanni et Nicola ça a pris quelques semaines en plus, pour des raisons techniques qui n’ont pourtant pas changé le résultat.
Comme dans le cas de Pasca, une dizaine de vautours de la DIGOS se sont immédiatement présentés chez Giovanni, ricanant de satisfaction et essayant de provoquer les compagnons qui étaient à la maison avec lui, en leur demandant leurs papiers.

Cela fait un an et trois mois que cette affaire a officiellement commencé (depuis le 31/12/2016 [et l’explosion d’un engin devant une librairie fasciste, lors de laquelle un flic a perdu une main; NdAtt.]) et au lieu de se dégonfler, cette sale affaire se gonfle toujours plus (on remarquera que, pour ce recours en Cassation, le Procureur Général de la République s’est déplacé en personne, afin de plaider contre les anarchistes) : après avoir employé des centaines d’hommes, dépensé plusieurs millions d’euros, mis sous enquête des dizaines de personnes (12000 pages de dossier), il doivent justifier tout ça !

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NdAtt. : On ne sait pas encore dans quelle taule a été emmené Giovanni. Par contre, voici les adresses de Pasca et Ghespe (toujours en taule pour la même affaire) :

Pierloreto Fallanca
Casa Circondariale di Teramo
Località Castrogno
Strada Rotabile
64100 Teramo

Salvatore Vespertino
Casa Circondariale di Sollicciano
via Minervini 2r
50142 Firenze

Trouvé sur : https://attaque.noblogs.org

Un jeune homme (serait) entre la vie et la mort suite à l’évacuation de Tolbiac

Marseille :

Rassemblement mardi 24 avril, 18h30, Réforméshttps://mars-infos.org/disparu-de-tolbiac-l-etat-3049

MAJ2 : l’APHA dément (https://paris-luttes.info/expulsion-de-tolbiac-ce-matin-9973?lang=fr)

MAJ : L’hospitalisation du blessé aurait été confirmée par Sud Santé

Ndr : à l’heure actuelle personne ne sait réellement ce qu’il en est …il est néanmoins pas forcement nécessaire d’avoir un mort ou blessé grave pour sortir dans la rue et foutre le zbeul!!!

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20/04/2018

D’après des témoignages recueillis sur place un des blessés de ce matin serait dans le coma.

Vers 5h10, 5h20 alors que les flics étaient déjà à l’intérieur, les CRS restaient en bas dans la fosse mais des membres de la BAC sont montés sur les terrasses (amphis d’été) pour chopper des gens. Un groupe a réussi à sortir en sautant mais au moment où la dernière personne allait sauter, un bacqueux lui a attrapé la jambe. Le mec a perdu l’équilibre et est tombé, la tête la première, par dessus le muret. Il s’est éclaté la tête par terre (chute d’au moins 3m) et ne s’est pas relevé. Il saignait des oreilles.

D’autres personnes rencontrées sur place confirment la chute et le fait qu’il ne se soit pas relevé. Dans les médias de masses on s’évertue à reprendre la version policière qui consiste à dire que l’évacuation s’est faite dans le calme.

Lire tout le déroulé sur Paris-Luttes.info.

 

https://mars-infos.org/expulsion-de-tolbiac-un-etudiant-3042

Marseille : Educs, flics & juges…

Une personne (A.) hébergé par l’Addap 13 (à Pressenssé*) s’est révolté hier sein du bâtiment. Le personnel de l’Addap 13 (les éducs) a appelé les flics qui ont arrêté et emmené A. menotté au commissariat. Ce matin, ces amis ont occupé et bloqué l’immeuble avec des pancartes dénonçant leurs conditions a Pressensé et demandant la libération de A. Ils protestent contre la mise en GAV de A. et dénoncent les mauvaises conditions de traitement et de vie à pressensé. Le personnel a de nouveau appelé les flics…

A. passe au tribulanl cet après-midi pour  violences et destruction
Rdv cette après midi au TGI 6 rue J. Autran (Marseille)
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*Lieu d’hébergement proposé par l’Addap 13 après  l’occupation de l’église du vieux port cet hiver
https://mars-infos.org/ca-chauffe-au-foyer-de-pressense-3044

Hautes-Alpes : Génération Identitaire au col de l’Echelle

Une centaine de militants lancent actuellement une opération anti-migrants au col de l’Échelle. 

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/4936675/hautes-alpes-une-centaine-de-militants-lancent-actuellement-une-operation-anti-migrants-au-col-de-lechell

Une centaine de militants du mouvement « Génération identitaire » ont lancé ce samedi matin une opération coup de poing dans la Vallée de la Clarée, à la frontière franco-italienne, dans les Hautes-Alpes.
Les militants, en majorité des Français, mais également des Italiens, des Hongrois, des Danois, des Autrichiens, des Anglais et des Allemands sont en train de grimper en raquette le col de l’Échelle enneigé pour« contrôler la frontière ».

 

MAJ « forçage » de frontière Un cortège de soutiens et migrants défonce le bloc de la gendarmerie à la frontière montgenèvre / Claviere et réussit à arriver en France: https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2018/04/22/col-de-l-echelle-les-militants-de-generation-identitaire-devraient-quitter-les-lieux

MAJ2 : 3 personnes interpellé.e.s dans les Hautes-Alpes après le passage de frontière de samedi  http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/04/23/hautes-alpes-deux-militants-interpelles-apres-l-entree-de-migrants-venant-d-italie-dimanche_5289411_1653578.html

Encore un mort au mitard

Encore un mort au mitard : Communiqué de prisonniers de Seysses

Voir aussihttp://www.leparisien.fr/faits-divers/morts-en-serie-a-la-prison-de-fleury-merogis-18-04-2018-7671453.php#xtor=AD-1481423552

Quand les déserts de béton deviennent intelligents

Surveillance intelligente et
technicisation de la ville

Novembre 2017 – Allemagne

La manière dont Munich a changé ces dernières années a laissé ses traces  : les loyers qui grimpent chassent les pauvres et les indésirables hors de la ville pendant que s’érigent l’un après l’autre des immeubles de luxe… Cette restructuration s’étend bien au-delà de simples projets de construction et le terme « gentrification » ne saurait refléter toute cette réalité. L’afflux de riches et de nouvelles activités économiques et industrielles s’accompagne d’une hausse de moyens pour la police et la Justice ainsi que d’une extension des infrastructures de transport et télécommunication. Néanmoins, la restructuration militarisée de la métropole ne reste pas sans réponse  : on voit de plus en plus de vandalisme et d’incendies contre des voitures et des bureaux de compagnies immobilières, comme sur des chantiers ou contre des sociétés de construction. Cette rage semble aussi s’étendre aux maisons et appartements de luxe et, de temps à autre, aux voitures de gardiennage et de police qui les protègent. Pendant ce temps, de nouvelles couches de peinture toutes fraîches brillent sur les façades lustrées  ; les journaux annoncent des récompenses pour toute info qui pourrait aider l’enquête sur les incendies ; et les pelleteuses déferlent sur les derniers espaces non encore aménagés. Ce texte a été publié il y a quelques mois pour s’interroger sur le moteur de cette restructuration et sur la direction qu’elle prend. L’industrie des technologies, en pleine expansion, recrute de plus en plus de jeunes cools, tout en confinant les exclus dans une position isolée, rouages inconscients de la machine économique urbaine. Pour ne pas se limiter à des hypothèses sur les possibilités de révolte que nous laisseraient les scénarios du pouvoir, soyons clairs quant à qui et quoi attaquer, ici et maintenant.

La suite icihttps://avalanche.noblogs.org/files/2018/04/Avalanche-FR-13.pdf

Avis de tempête – Sans Abri

Plus rien ne semble pouvoir arrêter la course guerrière. Depuis que la révolte populaire en Syrie s’est transformée en guerre civile prolongée, les massacres, les destructions et les exodes ont dépassé de loin ce que nous sommes capables, tout simplement, de concevoir. Les bulletins de morts ont depuis longtemps renoncé à faire les additions quotidiennes. Cent, deux cents, quatre cents, sept cent mille morts… Trois, quatre, six millions de réfugiés. Mille, quinze mille, trente mille frappes aériennes. Les boucheries se font à des échelles hors de portée de notre cerveau. Pourtant, elles ne sont que trop réelles.

La révolte en Syrie est devenue un bourbier d’intérêts internationaux (États Unis,
Russie, Iran, Israël, Turquie, France, Angleterre, Arabie Saoudite,…), dont les allégeances et accords fluctuent au fil de la course vers le gouffre final. Tout semble indiquer qu’une ultérieure extension de la guerre devient inéluctable, où le cap sera franchi de l’affrontement indirect entre puissances impliquées dans la guerre syrienne vers des confrontations ouvertes, aux conséquences imprévisibles, mais au prix d’autres dizaines de milliers de morts. Ainsi sera façonné le nouveau monde dans lequel nous ne tarderons pas à nous réveiller, un monde différent de celui de la Guerre Froide, différent de la domination d’un gendarme du monde aux accents démocratiques garantissant la paix des marchés au prix d’opérations militaires cantonnées à une région précise. L’invasion d’Afrin par l’armée turque n’est peut-être que le prélude de l’extension d’une guerre qui s’annonce, aux traits bien plus vastes.

Toulouse : Émeutes dans le quartier de la Reynerie et mutinerie après la mort d’un prisonnier à la prison de Seysses

MAJ+d’infos ici

Toulouse : Trois nuits d’émeutes

Des heurts ont opposé des habitants aux forces de l’ordre dimanche soir après la mort d’un détenu originaire du quartier.

C’est la mort d’un détenu qui aurait déclenché les affrontements. Dimanche soir, des habitants de la cité de la Reynerie, à Toulouse (Haute-Garonne), ont violemment affronté les forces de l’ordre, rapporte La Dépêche.

Les violences ont débuté vers 20 heures avec des jets de projectiles. Dix voitures et un engin de chantier ont été brûlés, selon le bilan d’actuToulouse et des feux ont été allumés sur la chaussée. Les pompiers ont peiné à accéder au quartier qui avait été bouclé.

Le commissariat du Mirail, à quelques centaines de mètres de la Reynerie, a été pris pour cible dans la soirée « au cocktail Molotov » et des voitures sérigraphiées ont été dégradées, a détaillé Sébastien Pelissier, secrétaire départemental adjoint chez Alliance, auprès d’actuToulouse.

Ces incidents n’ont « fait aucun blessé » et n’ont donné lieu à « aucune interpellation », a expliqué le commissaire Arnaud Bavois, Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP).

Au total, plus de cent policiers, CRS et gendarmes ont été mobilisés pour ramener le calme. Un hélicoptère de la gendarmerie a également survolé le quartier.

[…]

http://m.leparisien.fr/faits-divers/toulouse-affrontements-avec-la-police-dans-le-quartier-de-la-reynerie-16-04-2018-7666485.php#xtor=AD-1481423552


Une mutinerie a eu lieu ce lundi après-midi à la prison de Seysses, près de Toulouse. Les gendarmes se sont rendus sur place ainsi que les Eris (Equipes régionales d’intervention et de sécurité) pour calmer le mouvement.
Tout est parti de la mort d’un détenu de 26 ans dans la nuit de samedi à dimanche. Une mort « à la suite d’un suicide dûment constaté par le parquet », a indiqué le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) adjoint, le commissaire Arnaud Bavois. Une enquête est en cours et une autopsie devait avoir lieu ce lundi après-midi. La thèse du suicide ne convainc pas les codétenus du jeune homme qui pensent qu’il a été battu par des gardiens de prison.
Après deux heures de tensions, le calme est revenu en fin de journée dans l’établissement pénitentiaire.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/16/2781295-mutinerie-prison-seysses-pres-toulouse-suite-mort-detenu.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/apres-mort-detenu-prisonniers-refusent-rentrer-cellule-seysses-pres-toulouse-1459775.html

Comme des poulets sans tête ?

Il paraît qu’il se passe quelque chose. Depuis plusieurs semaines, l’autonomie s’agite. Quelques dizaines d’étudiant.es essaient de s’organiser dans les facs au moment où les syndicats organisent des « journées d’action » sporadiques à la SNCF, dans la grande distribution et la fonction publique. Mais une multitude de luttes fait-elle un mouvement ? Peut-être. Pas sûr. Dans tous les cas, le dépassement en nombre et en idée de la situation actuelle ne se fera pas tout seul. Ni sur Facebook.

Poing levé et pouce en l’air

Depuis un moment à Lille, la seule lecture en manif est produite par la CGT et la France Insoumise. N’avons nous plus rien à dire ? Dans les têtes et sur les murs, aucune trace d’une analyse critique. Pas une affiche, pas un tag, ni en ville, ni dans les facs : seuls les écrans nous offrent l’impression d’un printemps agité. Pourtant, des slogans tweettables, ressassés et folkloriques ne suffiront pas à dépasser l’action pour l’action et les manifs sans lendemain.

De toute évidence, nous ne sommes pas beaucoup et l’époque est morose. Pour autant, resserrer les rangs doit-il nous interdire d’exprimer nos désaccords ? Que les syndicats soient moribonds doit-il nous interdire de critiquer le contrôle qu’ils opèrent sur la lutte ? Si des délégué.es CGT en appellent aujourd’hui à la convergence des luttes, c’est que la centrale syndicale n’est plus assez puissante pour mener des actions seule. Mais demain, lorsqu’elle avouera sa défaite, gare à celles et ceux qui ne se satisferont pas de miettes et ne voudront pas retourner au turbin. Est-ce aussi cette convergence des luttes tant espérée qui nous réfrène de moufter lorsque dans une assemblée à l’université, un permanent cégétiste vient défendre le besoin que l’État poursuive ses investissements dans le nucléaire ? Et est-ce encore la convergence des luttes qui nous a fait tranquillement défiler le 22 février en compagnie des partisans d’Asselineau et des flics de FO ?

Assurément nous avons des divergences. Et des divergences profondes : sur l’État, sur le travail, sur ce que nous désirons et la manière d’y parvenir… Exprimer nos désaccords ne nous empêche pas d’être solidaires dans la lutte. Toutefois, nous avons besoin que les idées soient débattues pour qu’elles ne restent pas l’apanage des avant-gardes plus ou moins formelles. Nous avons besoin de discussions qui ne soient pas réduites à de la stratégie politicienne pour comprendre ce qu’il se passe actuellement et ne pas rejouer une partition périmée. Courir ensemble d’une action à l’autre ne suffira pas à déterminer ce que nous faisons ensemble.

Ainsi, ne peut-on pas voir dans l’héroïsation de la lutte des cheminot.es le regret de voir disparaître le prolétariat encaserné dans les grands secteurs qui firent le triomphe de la société industrielle ? Qu’est-ce qu’un appel à la grève générale lorsque le travail est si morcelé et précaire qu’aujourd’hui et que beaucoup d’entre nous n’ont aucun espoir ni volonté de trouver un taf qui ne soit pas seulement alimentaire ? Ces questions n’ont rien de triviales. Mais si nous ne nous les posons pas, nous sommes condamné.es à nous agiter comme des poulets sans tête. Ce texte est une invitation.

Quelques anarchistes
Lille, le 10 avril 2018

 

Trouvé sur Indy Lille

Macron veux réparer les liens avec l’Eglise

Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.

Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.
Peut-être est-ce l’habitude de se dire que cela pourrait retomber sur nous, qu’au fond tout cela nous concerne que trop. Pour mieux comprendre, quelques éléments de contexte.

Rappelez-vous, l’état d’urgence était décrété en 2015. Militarisation de la surveillance, fiches S par centaines, un millier de perquisitions, interdictions de manifester et assignations à résidence… On habitue la population à la présence policière et se donne dans le même temps les moyens de réprimer toute forme de contestation. Ainsi l’État de droit qui ne trouve le principe de sa conservation que dans la production d’exceptions à la loi, fait ainsi structurellement de la police cette illégalité-instituée qui lui assure l’extension permanente de son pouvoir.

Italie – Centre de rétention de Palazzo San Gervasio : grève de la faim et évasion de masse.

La lutte des personnes emprisonnées au centreau Palazzo San Gervasio ne connaît pas de répit. Des médias locaux, nous apprenons qu’hier, le 9 avril, des détenus ont organisé une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention dans le camp de concentration de l’Etat.

Pendant la nuit, 22 des 82 personnes enfermées se sont échappées et ont grimpé sur les toits de la structure. Trois des évadés ont ensuite été repris par la police.

repris de  https://hurriya.noblogs.org

 

Sans égard

Lorsque l’on se trouve au milieu de nulle part et à bout de force, sans aucun moyen et loin de tout abri, on ne peut pas avoir peur de l’approche de la tempête. Même quand elle apparaît effrayante devant nos yeux, avec ses éclairs meurtriers, avec ses tourbillons qui soulèvent et envoient tout en l’air, même si nous sommes conscients que l’on risque d’en être victimes, il reste la seule possibilité d’éviter un destin déjà marqué autrement tragique. Seule la tempête peut radicalement changer l’horizon auquel nous sommes confrontés, elle seule peut tout bouleverser en la remettant en question. Après son passage, tout redevient possible. Vaine illusion ou hypothèse concrète ? Quoi qu’il en soit, la tempête vous ne pouvez qu’aller vers la tempête. Avec un frisson d’angoisse et d’espoir dans le cœur.

Telle est apparue dans le passé la guerre civile et apparaît encore pour beaucoup. Cela ne veut pas dire qu’il faut recourir à la fausse représentation rhétorique utilisée par les historiens, les enseignants ou les journalistes pour exorciser la menace subversive. Quand ils abordent les événements en Espagne en 1936-37 ou en Italie après 1945, par exemple, ils aiment parler de guerre civile. Comme si ces conflits étaient le résultat d’une haine archaïque, d’une rancœur privée, d’instincts déraisonnables, et non pas l’affrontement entre des visions du monde et une vie irréductiblement opposée. Comme s’il s’agissait d’un règlement de comptes personnels, et non d’une bataille de libération. Quand l’intellectuel de base parle de guerre civile, il est presque toujours préférable de faire taire la révolution sociale.

Considération sur les assemblées

 

Dans les assemblées on ne discute pas tous ensemble, on écoute les interventions de ceux qui sont plus habiles à exposer leur positions en les faisant ainsi passer pour la Raison collective. Celui qui parle mieux, c’est-à-dire qui possède la parole plus persuasive, contrôle l’assemblée et la plupart du temps c’est aussi celui qui l’organise). Tous ceux qui ont fréquenté des assemblées en voient clairement le fonctionnement. Quand la composition en est plus homogène, on voit le ricochet de deux ou trois voix qui se dirigent docilement vers une décision souvent déjà prise ailleurs. Les spectateurs, en silence, prennent des notes mentales de ce qu’ils peuvent dire au cas où quelqu’un les interroge sur leurs idées. Qui a des doutes ou des perplexités, se retiendra de les exposer, par crainte d’être contredit par une réponse brillante. Si les assemblées sont plus élargies, alors c’est une lutte entre différentes factions afin d’obtenir l’hégémonie. Amplifiés par les groupes respectifs de supporters, les discoureurs les plus habiles se livrent bataille. Ici, le nombre peut faire la différence, car il n’est point sûr que la parole la plus habile soit aussi la dernière. Il faut tenir compte aussi des ambitions personnelles et des rapports affectifs, tout l’enchevêtrement de sympathies, antipathies, préjugés, calculs stratégiques, rancunes, vanité et ainsi de triste suite.

Une assemblée, pour être réellement un lieu de rencontre entre égaux, devrait voir la participation d’individus ayant tous les mêmes connaissances et les mêmes capacités d’expression. Sinon, ce n’est qu’une mystification, un moyen pour faire qu’une décision semble être prise en commun alors qu’elle ne l’est pas vraiment. Pour cette raison, l’assemblée est le lieu de prédilection de la classe politique du mouvement, cette micro-bureaucratie toujours en quête d’une masse à coordonner et organiser. Un théâtre de guignols où se rencontrent stars, aides et figurants, pour réciter le spectacle du dialogue et de la confrontation, fiction fade qui transforme des idées opposées en opinions divergentes, afin de consentir au jeu de la réconciliation. […]

https://infokiosques.net/lire.php?id_article=946

Marseille – Occupation en cours à St Charles et Aix (amphi Guyon, fac de Lettres)

https://mars-infos.org/ag-a-la-fac-st-charles-2978

Fredy Perlman 1968, « Tout peut arriver »

« Soyez réalistes, demandez l’impossible ! »

Ce slogan, utilisé en mai par des révolutionnaires en France, est allé à l’encontre du bon sens, surtout le « bon sens » de la propagande militaro-industrielle américaine. Ce qui s’est passé en Mai était aussi contraire au « bon sens » américain officiel. En fait, d’après le « bon sens » américain, la plupart de ce qui se passe dans le monde chaque jour est impossible. Ça ne peut pas arriver. Ça ne peut pas arriver. Et si ça arrive, alors le « bon sens » officiel est un non-sens : un ensemble de mythes et de fantasmes. Mais comment le bon sens peut-il être un non-sens ? C’est impossible.

Lors d’une manifestation à Paris, les étudiants savaient qu’ils ne pourraient pas se défendre contre une charge policière, mais certains d’entre eux ne se sont pas enfuis à la vue de la police ; ils ont commencé à monter une barricade. C’était ce que le Mouvement du 22 Mars a appelé « une action exemplaire » : un bon nombre d’étudiants ont fait preuve de courage, ne se sont pas enfuis devant la police et ont commencé à monter des barricades.

Les étudiants savaient qu’ils ne pourraient pas, par eux-mêmes, détruire l’État et ses appareils représentatifs. Cependant, ils ont occupé et commencé à gérer les universités, et dans la rue ils ont répondu aux lancers de gaz lacrymogènes par des lancers de pavés. C’était aussi une action exemplaire : des ouvriers dans certaines usines ont fait preuve de courage et ont occupé leurs usines, ils étaient prêts à les tenir contre leurs « propriétaires».

https://attaque.noblogs.org/files/2018/04/tout_peut_arriver.pdf

 

Tout est toujours possible…

(Ndt : Ce texte provient de la présentation du catalogue (mis à jour) des éditions Gratis en Italie – les livres sont tous en Italien – mais le texte est chouette… alors est venue l’envie de le traduire…).

«Qui su questo promontorio si dà vita a forme estreme. I nostri libri, o borghesi, vi risulteranno incomprensibili» (Manifesto dell’eternismo, 1916)

Plus que jamais apparaît comme incompréhensible tout ce qui refuse de participer au fonctionnement de ce monde, de jeter sa petite contribution d’adhésion aveugle ou de réprimande ouverte à la servitude volontaire dans laquelle nous avons sombré jusqu’au cou. Le réalisme – la résignation à l’autorité de l’État et aux besoins du marché – a occupé et colonisé tout espace imaginaire, transformant l’être humain en fonctionnaire et réduisant sa potentialité à une simple chance de survie ou de carrière.

Le triomphe planétaire de la domination, surtout dans sa variante techno-démocratique, veut nous priver d’un lieu impénétrable où se rencontrer, se connaître, vivre et préparer les assauts aux Seigneurs et aux Puissants. La forêt Sherwood de nos rêves une fois abbatue, seuls les espaces publics sont disponibles, où, sous l’œil attentif des caméras, nous est concédé la possibilité de tenir le comptoir en tant que libres professionnels dérangeants radicaux ou subversifs avec des aspirations citoyennes. Non, merci.

Il faut vraiment être guéri de la plus pernicieuse des « maladies infantiles », il faut avoir été définitivement vaccinés contre la séduction utopique, soutenir si farouchement la nécessité de participer plutôt que de déserter, de faire preuve d’humilité plutôt que d’exploser avec arrogance.

Quant à nous, ne voulant ni accéder (ndt : entrer dans le lot) ni nous adapter, nous ne ressentons pas l’urgence d’être accessibles et adéquats. Bien au contraire. Pour nous aussi, la croyance, voire l’assujettissement au monde réel est sans aucun doute le fondement de toute servitude. Ce n’est qu’en mettant de côté toutes les habitudes, toutes les données acquises, toutes les certitudes, que nous pouvons partir à la recherche de ce qui n’est pas, de ce qui n’a jamais été.

Pour aller au-delà des formes permises par le présent, il faut se plonger dans des événements inconnus, prononcer des mots insoupçonnés, briser les limites de la pensée et enfin concevoir que tout est toujours possible.

Une tension qui, c’est facile à deviner, claque la porte face à un  public avide de lieux communs. Pas defile de clients, pas de foule de spectateurs. Aucune reconnaissance édifiante. Seuls les effets de provocation-actions se propagent, parfois accompagnés de la rancœur des offenses, parfois par le sourire des complices.

Mais cette existence est ailleurs – elle ne peut pas être simplement une citation littéraire.

La lecture de livres peut être dangereuse. Quelqu’un, effrayé, a prévenu que « cela fait donne des idées ». Pour avoir des opinions, juste la télévision. Pour apprendre un jargon à répéter par cœur, les journaux «de fête» sont plus appropriés.

Si nous insistons pour étaler de l’encre sur des feuilles cellulosique, ce n’est pas pour fournir un passe-temps alternatif aux yeux agités, ni un remède contre la poussière sur les meubles. Nous visons à éclairer quelques étoiles avec lesquelles éclairer le ciel à l’horizon. Parce que les ténèbres de l’ignorance ne sont pas seulement ennuyeuses … c’est abrutissant … et cela nous oblige à crapahuter (surtout derrière les autres). Exactement comme la lumière au néon d’une connaissance gustative. Si, au contraire, nous avons l’intention de poursuivre notre voyage en toute autonomie, sans rejoindre plus ou moins de groupes touristiques, nous devons nécessairement remettre en cause cette pensée unique qui prétend attribuer à chacun une seule destination, un seul destin.

Nous préférons toujours laisser le certain pour l’incertain, au risque de tout réinventer – comme individus iconoclastes, jamais fidèles à une ligne. Impertinent et sans aucune pertinence. Excessifs et sans raisons. Intempestif ou inopportun. Bannissons le sens de la mesure. Laissons entrer l’infini.

 

https://roundrobin.info/2018/03/edizioni-gratis-aggiornamento-catalogo/

Lille 26/03 : Manif sauvage nocturne

Lundi soir, alors que se tenait une AG de 250 personnes à la faculté de Lille 2 dans le quartier de Lille Moulin, les fachos de génération identitaire ont décidé de faire un tour autour du campus. Il y a eu au moins une agression (MAJ à priori 3), les habitant.e.s du quartier ont immédiatement répondu et les ont fait fuir.

Face à eux, deux possibilités s’offraient aux étudiant.e.s. Rester dans l’amphi ou prendre la rue spontanément. C’est cette deuxième option qui a été retenue. Plus de 150 personnes ont donc défilé deter, de la faculté de droit à la gare, en passant par la place de la république.
Aux cris de « Flics, Fachos, Hors de nos facs, on répondra chaque fois qu’on nous attaque », ou encore « Du Rail au Mirail, on bloque tout » en passant par « Lille 2, première fac de droit révolutionnaire » (sic) ainsi que « Cheminots en colère, sabotez les caténaires » en arrivant sur la gare.

Rendez-vous le 28 & 29, 14 heure, place de la république contre les violences fascistes et les interventions policières au sein des campus universitaires, à Lille et ailleurs.

 

Reformulé du facebook de Lille insurgée

Grenoble, France : Perturbation d’un colloque de Frontex à l’université – 22 mars

Jeudi 22 avril, environ 150 personnes se sont rassemblées face au bâtiment IMAG de l’Université de Grenoble, dans lequel se tenait un colloque universitaire d’acteurs de la militarisation des frontières (Frontex, Euromed police, Europol, etc) qui s’intitulait « De Frontex à Frontex, vers l’émergence d’un nouveau corps européen de gardes côtes ». Etaient notamment présents le président d’Euromed police et le directeur des affaires juridiques de Frontex [1]. Slogans, table de presse et diffusion de tracts étaient au programme de cet après-midi.

Les organisateurs du colloque ont fait le choix de le maintenir sous haute surveillance policière, les entrées étant filtrées par des membres de la BAC.

Vers 16 heures, le groupe de plus d’une trentaine de personnes s’est dirigé vers la salle de conférence afin de perturber l’intervention du chef d’Euromed police, et d’interpeller les membres du colloque. Des participant.e.s ont alors ouvert les portes aux manifestant.e.s qui sont entré.e.s en scandant des slogans pendant une dizaine de minutes et laissant le temps de faire un tag dans la salle disant « FRONTEX tue ».

La police, en tenue anti-émeute est intervenue, frappant sans sommation les manifestant.e.s afin de les faire sortir. Bloquée contre un mur, des dizaines de personnes ont du faire face aux policiers sans pouvoir éviter les coups. De nombreuses personnes ont été blessées et certaines d’entres elles ont dû être hospitalisées. Il semble qu’il n’y ait pas eu d’arrestation.

Le militantisme exotique : Réflexions sur les films de Yannis Youlountas

Trois films dans l’air du temps : « Ne vivons plus comme des esclaves », « Je lutte donc j’existe » et le tout dernier « L’amour et la révolution ». Tel un chasseur d’images, ou plutôt de luttes, Yannis Youlountas prétend illustrer la résistance dans le sud de l’Europe. Les scènes s’enchaînent pour créer une apparence d’ensemble, pour représenter l’exotique avec le moindre effort. Et c’est ainsi que cet opérateur-explorateur s’invente une convergence de luttes et usurpe le rôle de l’expert. Nous sommes alors le public d’un spectacle. Notre rôle est réduit à consommer ces images et d’éprouver de l’admiration pour ce qui se passe ailleurs.

Comment mieux résumer ces films que par les paroles de leur réalisateur ? Yannis Youlountas décrit son travail cinématographique comme un voyage en terre de résistance et de luttes. Nous lisons également sur son site que c’est avec poésie qu’il délaisse l’analyse chiffrée pour un voyage émouvant. Et effectivement, il ne tente pas d’analyse. Il n’approfondit aucun sujet qui émerge de ses rencontres. Dans son deuxième film « Je lutte donc je suis » il tente cependant un fil rouge en déléguant la parole, entre autres, à Eric Toussaint -membre fondateur du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde) mandaté par le gouvernement Syriza – qui voit la crise principalement comme une affaire comptable. C’est précisément ce type d’approche technocratique qui peine à relever les transformations que nos sociétés subissent ces dernières années. Les images représentant des luttes, qui ne manquent pas depuis 2008, s’inscrivent alors dans une relation de cause à effet, où la cause est l’austérité, pour citer le réalisateur lui-même, et l’effet l’agitation, ou pour être plus précis le manque de calme. Suivant la loi d’action-réaction, Youlountas nous invite à observer les réactions, et ceci à travers des cartes-postales en mouvement d’un zoo humain grandeur nature.

Marseille 1963-1975 : Le hangar d’Arenc, une des premières prisons pour migrant.e.s

 

À Marseille, dans le quartier d’Arenc, le deuxième étage d’un hangar désaffecté a servi de lieu de détention pour les personnes migrantes dès le début des années soixantes. Les personnes y étaient retenues prisonnières et privées de tout contact avec l’extérieur. Les locaux appartenaient aux services de la « Sécurité publique » et la détention y était imposée à la discrétion de la direction générale de la police nationale et de « l’immigration clandestine », seule maître à bord pour décider du maintien, de l’expulsion ou de l’incarcération des personnes jugées comme indésirables. Cette « mesure » aurait touché environ 50 000 personnes de 1963 à 1975.

L’affaire a notamment été rendue publique suite à l’incarcération de Mohamed Chérif, un Marocain travaillant à Marseille qui se retrouvera convoqué au commissariat central de Marseille, le 11 avril 1975, suite à une altercation au consulat marocain. Mohamed Chérif était fiché comme « agitateur » pour son soutien au mouvement des travailleurs arabes. Lors d’une visite au consulat pour retirer un extrait de casier judiciaire, il est chassé et frappé, et décide alors de porter plainte. Suite au procès, il reçoit une convocation au commissariat de l’Évêché. Ne le voyant pas revenir, ses amis contactent son avocat, l’affaire éclate alors au grand jour ; s’en suivra une conférence de presse, une manifestation, ainsi que la plainte de deux anciens détenus (pour séquestration) afin de révéler l’existence de ce qui fut considéré à l’époque comme une « prison clandestine (1) ».

Le préfet et le ministre alors en poste, qui en premier lieu avaient démenti les faits, déclareront ensuite qu’il s’agit en fait d’un « centre d’hébergement » pour étrangers sans titre de séjour. L’Assemblée nationale finira par pondre un texte afin de « légaliser ce nouveau type de lieu d’enfermement ». La dénonciation de la « prison clandestine* » d’Arenc a conduit, par sa légalisation, la volonté de l’État de se débarrasser de l’immigration « indésirable » à la banalisation progressive de la rétention administrative par les mesures que nous connaissons aujourd’hui. Les centres de rétention administrative seront officiellement créés par la loi du 29 octobre 1981, sous Mitterrand, qui ouvrira dans la foulé douze nouveaux centres. Le hangar d’Arenc a, lui, continué ses activités jusqu’en 2006, date de son déménagement après la construction du CRA du Canet (à quelques mètres de là).

Dans le contexte de la fin de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), l’activité de ce centre visait tout d’abord principalement la population algérienne. Les accords d’Évian de mars 1962 prévoyaient un régime de « libre circulation » entre les deux pays. Ce centre aurait été créé afin d’enrayer le mouvement migratoire algérien, d’abord par l’instauration de mesures obligatoires comme les « contrôles sanitaires » à l’entrée du pays. Bon nombre de personnes se seraient donc retrouvées « inaptes au séjour sur le territoire », ou encore avec des permis de travail avec clause de rapatriement (si la personne migrante n’a pas trouvé de travail dans les deux mois après son arrivée sur le territoire français, une enquête policière pourra également conduire à son « éloignement »), de la même manière le passage d’écrou entre l’administration pénitentiaire et la police permettaient d’embarquer les personnes migrantes immédiatement au moment de leur sortie de prison. En 1964, le centre d’Arenc prendra également en charge les personnes expulsables suite à décision préfectorale de toute la métropole. Les mesures et contrôles de plus en plus restrictifs en matière de laissez-passer destinés aux « touristes » vont également avoir un impact sur les personnes en provenance du Maroc, de Tunisie, du Mali et du Sénégal. En 1965, le préfet propose d’utiliser l’avion pour le renvoi des enfants de moins de 5 ans (les femmes et les enfants étaient hébergés ensemble dans un dortoir) sous prétexte de conditions matérielles d’hébergement insuffisantes. En 1969, suite à une tentative de grève de la faim, certains individus considérés comme « meneurs » se retrouvent embarqués d’office sur un bateau. Il est fait également état de cellules d’isolement destinées à « calmer » les « excité.e.s ». En 1965, 1 571 personnes étaient détenues au Arenc (874 Algériens seront rapatriés par décision préfectorale). Environ 90 % des personnes enregistrées au centre seront expulsées, principalement par bateau… (2)

 

Qu’elles soient « légales » ou « illégales », les prisons, les expulsions et les mesures contres les personnes migrantes et tous/stes les indésirables nous pourrissent la vie, alors pourrissons-les ! Liberté pour tous/stes ! Détruisons les états et les frontières, leur arsenal et leurs collabos…

 

Voir aussi la brochure : A chacun le sien : Recension des vautours qui se font du fric avec la machine à expulser sur infokiosques.net

Sources : (1) Alex PANZANI, Une prison clandestine de la police française : Arenc, Paris, Maspéro, 1975 – (2) Arenc : le premier centre de rétention était clandestin – Ed Naylor 

* La seule loi à l’époque permettant le maintien et l’enfermement dans des camps est la loi de 1938, celle-ci s’est par la suite étendue, pendant la guerre, à la détention de tous les autres indésirables français.e.s et étranger.e.s avec papiers, notamment en vue de leur déportation en Allemagne.

Lesbos, Grèce : Révolte incendiaire des migrants du camp de Moria

15/03/20148

Dans le camp pour réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, des émeutes ont éclaté jeudi 15 mars. Selon les flics, un groupe de jeunes migrants ont saccagé plusieurs bureaux du centre d’identification et d’enregistrement avant d’y foutre le feu. Certains migrants ont protesté contre le rejet de leur demande d’asile et leur retour forcée et imminent vers la Turquie. D’autres, parce que le traitement de leur demande d’asile dure depuis plusieurs mois. Les flics sont parvenus à mettre fin à la révolte en utilisant matraques et grenades assourdissantes.

Traduit par sansattendre.noblogs.org [Via Aus dem Herzen der Festung, 18. März 2018]

Madrid, Espagne : Émeute après la mort d’un migrant sénégalais pris en chasse par la police

Dans la soirée de jeudi 15 mars à Madrid, des émeutes ont éclaté dans le quartier deLavapies après qu’un migrant sénégalais de 35 ans, Mmame Mbage, a été retrouvé mort en début de soirée. D’après de nombreux migrants présents sur place, il est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été pourchassé par des policiers municipaux à moto. Comme tant d’autres, il tentait de survivre en vendant des babioles sur le trottoir.

 

Contre la prison, depuis l’extérieur. Quelques suggestions pour élargir nos champs d’intervention.

 

Un simple constat

Aussi longtemps qu’existera l’enfermement, les personnes enfermées se révolteront. Les révoltes à l’intérieur des différents types de taule (prisons, centres de rétention, prisons pour mineurs, asiles) ont pris et prennent plusieurs formes : tentatives d’évasion, émeutes (parfois avec destruction de la structure), violences à l’encontre des matons… Ces révoltes, si elles laissent toujours entrevoir comme mobile le désir de liberté, s’accompagnent parfois de revendications qui portent sur une amélioration de l’enfermement et non sur sa fin pure et simple. La situation de confinement dans laquelle ces formes de révolte se produisent est déjà extrêmement difficile et dans la plupart des cas empêche même d’espérer atteindre la liberté. Ceci peut parfois expliquer le « réalisme » réformiste de la plupart des revendications venant de l’intérieur des prisons.

Mais la question qu’on voudrait aborder ici est celle de la lutte contre les prisons depuis l’extérieur de celles-ci. En effet, je n’ai aucunement besoin d’attendre une révolte dans une prison ou un autre lieu de privation de liberté ou d’être enfermé, pour lutter contre l’enfermement. La prison reste une menace toujours présente comme un épouvantail, une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.

Élargir la perspective

La prison n’est pas seulement le bâtiment hyper-sécurisé et presque inattaquable que l’on connaît. Le système-prison s’étend à toutes les institutions et les entreprises qui font que l’enfermement est possible.

Italie – Lampedusa : répression contre qui, en luttant, a permis la fermeture du hotspot

Hier, le 14 mars, dans une note le ministère de l’Intérieur a annoncé la fermeture du hotspot de Lampedusa, « à la lumière du récent incendie qui a rendu une ultérieure section d’hébergement inutilisable, déjà compromise par de précédents épisodes similaires ».

Immédiatement dans les heures qui suivirent la diffusion de la nouvelle, s’est déchainé la lugubre auto félicitation de ceux qui, parmi les patriotes de USB (Union Syndicale de Base, ndt), Contropiano, Askavusa (associations culturelles de soutien aux migrants, ndt) et tout le réseau d’alliances qui est en train de construire sa sphère de pouvoir au sein de l’antiracisme, se sont empressés de s’armurer des médailles du mérite pour avoir atteint ce résultat à travers des plaintes, dénonciations et des reportages. [ 1 ]

Nous avons déjà écrit de nombreuses considérations sur cette action dans le passé et nous n’avons pas l’intention de les répéter ici.
Dans le cas présent, le mérite devrait provenir de l’inspection du hotspot par le coordinateur national du service d’incendie USB.

Alors que sur le web on annonce le transfert vers les Centres de Rétention de la péninsule de toutes les personnes recluses à Lampedusa [ 2 ], comme une opération qui accompagnerait la fermeture du centre, les autorités continuent la répression des migrants qui ont courageusement mené la lutte ces derniers mois pour conquérir leur liberté en démantelant le camp de concentration de Lampedusa pièce par pièce. La nuit dernière, 4 Tunisiens ont été arrêtés par la police sur l’île, accusés d’avoir mis le feu à des matelas dans deux points différents du hotspot. Ils ont été immédiatement transférés sous escorte à Porto Empedocle et de là ils ont été transférés à la maison d’arrêt « Pasquale di Lorenzo » près d’Agrigento.

Ce que nous espérons rester à jamais une pile de décombres a souvent été le théâtre d’émeutes, de protestations et de résistances mais aussi de violences, de représailles et d’agressions brutales de l’Etat. La responsabilité de détruire un Lager est dans le fait même que cette Lager existe.

Ces dernières années ont été traversés par d’importantes phases de «fermeture temporaire» des centres d’identification pour les migrants. Fermetures dues aux luttes courageuses des personnes incarcérés.
Même lorsque la machine à expulser était proche de l’effondrement et qu’il n’y avait pas de fortes perspectives de nouveaux centres de détention, la contribution des compagnons et des compagnones n’avait pas la force nécessaire pour donner un coup de fouet définitif à ce système d’oppression.

Exprimant un maximum de solidarité à ceux qui vivent les lourdes représailles de l’Etat aujourd’hui, nous espérons que le courage manifesté dans les luttes  trouve sa place dans les actions pour empêcher l’ouverture de nouveaux Lagers (centres fermés, ndt).

 

Aux politiciens tout notre mépris.

hurriya.noblogs.org

notes:
1 Le CRI (qui gère le centre), le maire de Lampedusa et Linosa, l’Association des études juridiques sur l’immigration (ASGI), la Coalition italienne pour la liberté et les droits civils (CILD) et IndieWatch se sont également appropriés le mérite de la fermeture du centre grâce à leurs plaintes
2 Selon ce que rapportent certaines publications en ligne, le centre sera progressivement vidé et, à ce jour, « il semble qu’il y ait encore 70 personnes dans le centre » et des dizaines d’autres personnes sont présentes sur l’île.

Le Bastion Social Marseille n’est pas le bienvenu

Le Bastion Social Marseille connait déjà quelques difficultés lors de ses travaux.

Hier le Bastion Social situé rue Fort Notre Dame à Marseille à reçu sa première visite « amicale ».

Une des vitres accessibles depuis la rue a été brisée et un exctincteur de peinture a été vidé à l’intérieur venant redécorer la peinture (aux couleurs du PSG sic) fraîchement finie par les nouveaux occupants.

Les travaux s’annoncent longs et compliqués pour le nouveau terrier des lapinoux.

À nous de rendre leur ouverture (prévue le 24 mars) impossible.

Section Cantonna Nique Tout

P.-S.

Lien vers l’appel à manifestation du 24 mars contre l’ouverture du Bastion Social à Marseille.

Repris de https://mars-infos.org

Prison de Gradignan (Gironde) : Les détenus refusent de réintégrer leurs cellules

 

http://www.sudouest.fr/2018/03/14/ca-chauffe-a-la-prison-4277871-2897.php

Affaire de la voiture des flics incendiée : 3 semaines sans visite, ça irrite !

Ayant été condamné à une peine supérieure à 2 ans, il (une des personnes inculpées, ndlr) a été transféré, entraves aux pieds, de la Maison d’Arrêt de Fleury-Mérogis au Centre de Détention de Meaux, taule en « gestion déléguée » à GEPSA, filiale d’Engie. Si les prisonnier-es sont nombreux-ses à attendre des mois voire des années leur placement en CD, espérant des conditions de détention moins pourries, pour lui cela a été rapide.

Vu la volonté de l’AP de brimer les détenu-e-s et les personnes solidaires, pas sûr que ce soit une faveur :

En effet, après la condamnation le détenu peut demander une audience devant le juge d’application des peines qui doit avoir lieu dans les quatres mois à propos d’une éventuelle libération conditionnelle. Dans son cas l’audience a été planifiée 6 mois après sa demande. Ceci dit ce n’est pas étonnant car ils ne prennent aucun risque à dépasser les délais : le seul recours possible est de passer directement devant la juridiction d’appel. Sachant que cette juridiction (la chambre d’application des peines ou « chap ») est réputée pour être plus dure car elle statue en l’absence des concerné-es. Par ailleurs, cela zappe une audience et enlève donc une occasion de plus d’avoir un aménagement.

De plus, la demande d’aménagement de peine dépend du département dans lequel se situe la prison ce qui fait qu’il va sûrement devoir reformuler une demande au JAP de Meaux, et attendre une nouvelle date d’audience.

Enfin, Pendant plus de trois semaines, c’est à dire jusqu’au 3 mars aucun parloir n’a pu avoir lieu. Leur nombre est passé de 3 à 2 par semaine et ils se concentrent sur deux jours consécutifs. Les courriers mettent du temps à arriver ou disparaissent, semblant passer entre les mains de l’ancienne juge d’instruction. Le régime de détention reste « portes fermées », conditionné par un suivi « réinsertion » plus oppressant et individualisé qu’à Fleury.

Si chaque histoire est particulière, ces pratiques sont extrêmement courantes et c’est le système répressif dans son ensemble qui essaie de casser chaque individu, par la force de la bureaucratie, de la loi, mais aussi des milliers de petites et grosses vexations qui rythment le quotidien de celles et ceux qui sont pris dans les mailles de son filet.

Chacun-e à sa manière, faisons savoir à ces ordures que les prisonnier-e-s ne sont pas seul-es face à l’État et ses porte-clefs !

 

Vu sur Indy Nantes

Italie – Feu au hotspot de Lampedusa

A Lampedusa, les manifestations (d’environ 150 personnes isolées dans le hotspot) sont continues. Le 8 mars, un feu de détresse a été tiré par des migrants contre le hotspot : c’est la troisième fois en 15 jours.

À 19 heures, un groupe de migrants a quitté le centre pour protester de nouveau sur les marches de l’église principale de Lampedusa. 
Ils racontent qu’après la protestation précédente, qui les avait ammenés à faire une grève de la faim pendant six jours, ils avaient reçu la promesse d’un transfert en Sicile, mais qu’après un mois rien n’a changé. Personne ne veut rester dans le hotspot, et certains afin d’être transférés sont prêts à être « accusés de vol » : recevoir un ordre d’expulsion dans les sept jours, rejoindre la Sicile, permettrait au moins la possibilité de continuer le voyage vers d’autres pays, et éviter la déportation immédiate en Tunisie.

Vers 20h30, l’incendie s’est déclaré dans deux pièces à l’étage supérieur du premier pavillon, provoquant également la chute de la mezzanine. L’incendie ne s’est pas propagé davantage en raison de l’intervention rapide des pompiers présent dans le hotspot, afin d’empêcher les protestations des détenus et les fréquents incendies détruisent les pavillons, comme cela s’est produit par le passé en 2009, 2011 et deux fois en 2016. Deux autres équipes de vv.ff. (pompiers volontaires, ndt) que dans deux heures ont endigué les flammes.

Sont intervenues également les forces de l’ordre en tenue anti-émeute pour contenir la manifestation et la sortie du hotspot.

revu et repris de hurriya.noblogs.org

Bâle, Suisse : Banderoles contre ce monde de prisons et de frontières [et la nouvelle prison de Bässlergut sera bien plus chère que prévu…]

Le 16 février, des petits signes de résistance étaient visibles à divers endroits à Bâle.

Les messages étaient dirigés contre les prisons et le régime migratoire. Plusieurs banderoles ont été suspendues tout près de la prison pour étrangers de Bässlergut, où se trouve également le chantier d’une deuxième prison. Depuis le début de ce chantier, une forte opposition se forme contre cet agrandissement. Evidemment, il existe des gens qui ne veulent simplement pas voir comment on créé un lieu à Bâle à l’intérieur duquel des personnes sont enfermées, des personnes déterminées en tant qu’indésirables au sein de cette société, ne voulant ou ne pouvant pas se déplacer dans le cadre de la loi ou des frontières des Etats.

Lettre de Laura depuis le centre pénitentiaire de Nancy

 J’esquive un peu l’hypnose télévisuelle pour vous écrire depuis la MAF de Nancy. Comme disait Hafed démystifier la prison c’est déjouer la « meilleure des polices », la peur de la répression. Je sais que le compagnon est là aussi, côté « hommes », dans le bâtiment arrivants. Après le repas je guette parfois, fenêtre entr’ouverte, histoire de déceler sa voix au milieu des cris du soir.

Ici, vue imprenable sur les HLM, le mirador, les murs, les grilles, le terrain de basket, ses grilles surmontées de barbelés à rasoirs, la grille fixée à la fenêtre, les cinq barreaux, la vitre. J’oublie sûrement une grille ou deux. Ici tout est ordre, calme et dûreté. Une balle en mousse fluo casse un peu la grisaille des lignes droites.

Lino, bitume. Mes semelles n’ont pas touché la moindre terre depuis ma capture. La terre, un carré d’herbe, c’est le terrain de jeu privé des corbeaux à côté de la cour de « promenade ». Le vent sibérien ne nous fait pas toutes renoncer à ces tours en rond, parfois quelques passes de ballon.

Ambiance collège samedi après-midi. On discute, on rigole au soleil, le cul par terre. L’ennui nous incite à nous surveiller entre nous. Qui a de belles baskets. Qui a des poux. Qui a buté ses gosses. Qui se cahetonne à mort.

Les grilles fixées aux fenêtres sont là pour empêcher les yoyos et parachutes. On s’en fout des réprimandes matonnes, on y coince des morceaux de pain, solidaires des oiseaux au milieu de ce désert en béton glacé. Deux d’entre eux nichent dans les spirales de barbelés, pour se protéger des corbeaux me dit une détenue. À trente et quelques, c’est tendu de faire tomber ces grilles (facturées 250 ou 400 euros pièce) et d’arracher un rapport de force en notre faveur. Côté « hommes », ils sont 800, elles sont tombées. Comme dit une compagne de promenade : « tu peux même pas essorer ta serpillère. Tu restes avec ta merde à l’intérieur. »

Combattre la répression quotidienne dans les prisons

Dans les prisons, le quotidien n’est que répression. A travers l’enfermement ou l’arbitraire de ses décisions, l’administration pénitentiaire harcèle et violente les prisonnier-e-s et leurs proches. Il est temps de combattre cette sordide banalité.

Il y a encore quelques jours était publié un texte des proches d’Antonin Bernanos dans lequel elles/ils expliquaient les conditions intolérables d’enfermement qu’il subit. Samedi dernier, lors d’un événement organisé par le collectif libérons-les, Geneviève Bernanos, la mère d’Antonin, expliquait qu’Antonin vivait une situation similaire à l’ensemble des prisonnier-e-s de France. C’est ce que nous souhaitons rappeler à travers ce texte : ce sont soixante-dix mille prisonnier-e-s en plus de leurs proches qui souffrent aujourd’hui de ces mêmes conditions inhumaines. Pour faire en sorte que les mécanismes répressifs dans les prisons françaises ne soient pas passés sous silence et encourager à lutter contre la prison dans son ensemble.

Soyons clair, ce que subit Antonin est intolérable : que ce soit l’enfermement, l’interdiction de communiquer avec l’extérieur, les transferts, les changements de cellule ou encore leur fouille punitive. Ce qui gêne dans ces textes, ce ne sont pas ce qu’ils combattent – nous aussi souhaitons voir les prisons en feu ainsi que le système de contrôle social qu’elles portent – mais la manière dont est présenté l’intolérable quotidien des prisons françaises qui semble devenir une mesure d’exception réservé à un militant qui a été médiatisé. Mais ce n’est pas le cas, ce qui est raconté est bien l’atroce banalité des prisons.

Greg de retour en prison

MAJ /  Greg libéré avec assignation à résidence, poursuivi pour évasion

Mercredi 21 mars, la libération de la prison d’Ivrea a été notifiée avec assignation à résidence à Cesena, sans restriction. 
Alors qu’il voyageait en voiture entre Milan et Bologne, il y a eu un contrôle de la police autoroutière vers 23h. 

Retardé sur le délai fixé par le tribunal pour être « chez lui », les merdes l’ont ensuite dénoncé et arrêté pour évasion, Greg a passé la nuit de mercredi dans une cellule du commissariat de police de Milan. 

 Jeudi matin il y a eu la confirmation de l’arrestation en référé que le juge n’a pas validé. 

Par conséquent, il se retrouve assigné à résidence, avec une plainte pour évasion.
La première audience pour le délit d’évasion aura lieu à Milan le 3 avril*. On verra plus tard si greg s’y rendra ou pas.
Malgré la malchance et la rage, il va bien

FEU A LA POLICE AUTOROUTIERE, LIBER TUTT *

MAJ * : Relaxe!!

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Greg a de nouveau été arrêté le 19/02. Il est entré dans la caserne des carabiniers où il doit pointer tous les jours depuis plusieurs mois, il est ressorti dans la voiture de la Digos qui l’a emmené à la prison d’Ivrea. L’arrestation a été ordonnée par le juge qui l’avait condamné au contrôle judiciaire, car à certaines occasions, Greg aurait signé en retard par rapport à l’heure prévue. Ce pourquoi il a pris un durcissement de peine. Dès le premier soir, des compagnons sont allés le saluer devant les murs de la prison.

Pour lui écrire :
Gregoire Yves Robert Poupin
Casa Circondariale Corso Vercelli, 165, 10015 Ivrea TO

Les coordonnées bancaires pour qui souhaite lui apporter un soutien :

IBAN     IT58A0347501605CC0011061808

BIC        INGBITD1

A l’intention de Giulia Merlini

Source roundrobin.info

 

Grèce : Révolte dans la prison de Korydallos

24/02/2018

 

Konstantinos Yiagtzoglou en préventive à Larissa a entamé une grève de la faim le 21 février pour exiger son transfert vers la prison de Korydallos à Athènes. Il y avait été déplacé de manière temporaire pour un autre procès en cours.

Les EKAM (équivalant des IRIS en France) l’ont déplacé de force à 6h du matin le 24 février afin de le renvoyer là-bas, lors de la descente des EKAM il a été frappé et n’as pas pu prendre ses affaires. Les codétenus ont commencé à frapper aux portes et se sont alors révoltés dans la prison en solidarité.

Des caméras ont été cassées à l’intérieur de la prison, les clés ont été piquées aux matons,  des portes ouvertes, et des talkies dérobés. La révolte s’est embrasée dans deux sections de la prison.

Les détenus ont posé un ultimatum demandant la venue du ministre de la justice avant midi.  Les revendications concernent le retour de Konstantinos à la prison de Korydallos, et sont également positionnées contre le nouveau code pénitencier et pénal, il a aussi été demandé que stoppent les irruptions des EKAM et qu’il n y ai pas de conséquence punitives à la mutinerie en cours.

La question du transfert de Konstantinos Yiagtzoglou doit être étudiée en urgence lors d’une séance lundi matin selon les promesses du ministre dépêché sur place, la protestation s’est pour le moment apaisée dans l’attente des nouvelles de lundi. Personne n’est dupe, mais dehors comme dedans la situation reste tendue dans l’attente d’un retour du ministère concernant la situation de Konstantinos Yiagtzoglou et des détenus de Korydallos. Konstantinos a depuis commencé une grève de la soif.

Selon des informations locales, des actes de solidarités ont eu lieu parallèlement dans d’autres prisons y compris la prison pour femme de Korydallos. Notamment à ALIKARNASSOS-MALANDRINO-CHANIA et à LARISSA un rassemblement a eu lieu devant la taule.

A Athènes un rassemblement a eu lieu devant la prison de Korydallos ainsi que devant le ministère de la justice. 5 arrestations ont eu lieu devant le ministère de la justice (dont un arrêté suite au coup de main d’un citoyen flic sur le marché où a eu lieu la dispersion, il a été relâché quelques heures plus tard), les 4 autres ont été relâchés le lendemain midi avec un procès à venir pour résistance, destruction de la paix sociale, lésions aggravées et port d’arme pour possession d’un casque pour une personne.

 

Plus d’info ici https://attaque.noblogs.org/post/2018/02/24/grece-sur-la-greve-de-la-faim-de-konstantinos-yiagtzoglou-et-la-solidarite/#more-16921

Grèce : A propos du projet de loi sur le nouveau code pénitencier

Le 16/10/2017, le nouveau projet de loi pénitentiaire a été soumis à consultation publique par le ministre de la Justice Stavros Kontonis. Au terme des procédures le 30/10, l’effort du gouvernement SYRIZA-ANEL devient évident pour adopter, à travers des procédures sommaires, le nouveau projet de loi. L’irrégularité de la procédure  (tous comme une expulsion, même si elle est « légale » … c’est pareil, ndt) est également mise en évidence par l’absence, au cours du processus, du conseil d’avocats, qui avait assumé à la fois le rôle de représentation et d’information des détenus sur l’évolution du code pénitentiaire. C’est un projet de loi qui vient abolir les droits du jour au lendemain que les prisonniers ont acquis pendant des années pour améliorer leurs conditions de vie en prison avec des luttes ininterrompues à l’intérieur et avec le soutien de la solidarité hors des murs, ce projet politique sous divers prétextes pose la nécessité de mesures très dures.  Un projet de loi cousu sur mesure pour un gouvernement prototypiquement autoritaire.

Au cours de la période électorale de janvier 2015 et après avoir déjà obtenu des avantages politiques de son soutien à la lutte des prisonniers politiques (voir l’affaire Nikos Romanos), SYRIZA a utilisé les prisonniers comme un terrain fertile pour susciter une plus grande bienveillance politique à la fois de la part de la gauche et de certaines parties de l’espace anarchiste, puisqu’il s’est engagé à éliminer les types de prison C, les (personnes considérés comme, ndt) « terroristes », ainsi que une série de réformes favorables dans la prison pour les personnes incarcérés. Cette attitude s’est traduite par la réalisation de taux (de votes en sa faveur, ndt) élevés – de 70 à 80% – dans les prisons. Environ 3 ans plus tard, en tant que gouvernement, il se retrouvera à utiliser les prisonnier.e.s, avec un projet de loi qui prévoit des mesures totalitaires, visant cette fois, ainsi que dans d’autres circonstances, le soutien des partis les plus conservateurs de la société grecque, ceux de la doctrine « tranquillité, ordre et sécurité ». De cette façon, sa tentative d’écraser toute tentative de résistance dans les prisons, conduisant à l’extermination physique et psychologique des prisonniers, est évidente. Parallèlement, les médias, en tant que pilier fondamental de la construction de la conscience, ont dès le début présenté le nouveau projet de loi sur les prisons porte un manteau “humanitaire”. Ainsi, toute référence à la nouvelle loi, parle de modernisation des prisons et de traitement plus favorable des détenus. En pleine coopération avec le gouvernement, les médias insistent sur tout ce qui pourrait être adapté à la formule «Sécurité – Humanitarisme – Réhabilitation – Transparence» tout en soulignant l’importance d’améliorer l’infrastructure pénitentiaire et d’élargir l’espace pour chaque prisonnier oubliant évidemment de mentionner les nouveautés, introduites par le nouveau décret, en termes de contrôle, de discipline, de répression et de punition.

Entre autres choses, la nouvelle loi sur les prisons prévoit le retour du contrôle anal et vaginal sous le couvert de l’administration intracorporelle (à l’intérieur du corps, ndt) de drogues. Une pratique qui, au moins sur le papier, a été abolie depuis 2011, qui vise à détruire non seulement l’esprit mais aussi à humilier les prisonniers, à la fois lorsqu’ils entrent pour la première fois en prison et quand ils reviennent après une permission. Il est courant que de nombreux détenus soient soumis à un contrôle alors que leur cas n’a rien à voir avec la drogue, ce qui rend encore plus clair la prétextuosité de l’utilisation de cette mesure,  considérant que la plupart du temps même le médecin est absent lors du déroulement de cette procédure. D’autre part, les moyens technologiques de visualisation (vidéosurveillance), qui sont déjà utilisés dans d’autres Etats, sont proposés par ce décret comme des moyens sophistiqués de contrôle qui ne font que perpétuer l’humiliation et le contrôle du corps humain.

Alors que en 2015, SYRIZA a été contraint à l’abolition des prisons de type C (prisons de haute sécurité), suite à la pression de la grève de la faim des prisonniers politiques et le soutien dont ils avaient bénéficié de la part des personnes solidaires hors des murs, il reviens indirectement et de manière déguisée à les rétablir avec une référence particulière à l’article 11 (concernant la discrimination et la ségrégation des prisonniers) et spécifiquement au paragraphe 6 qui dit que « les prisonniers de chaque catégorie juridique vivent dans des services spéciaux ou dans des secteurs indépendants ou dans différentes zones de détention conçues collectivement ou individuellement. » Le décret prévoit également la détention dans les commissariats de police, l’isolement, de nouveaux départements spéciaux, ce qui vaut aussi aujourd’hui pour les prisonniers politiques malgré la supposé abolition de la prison de type C, un régime spécial dans le régime déjà spécial de la prison elle-même.

Par ailleurs, nombreuses parmi les nouvelles dispositions ont des conséquences claires pour ceux qui décident d’élever la voix. Un exemple paradigmatique est la possibilité pour les procureurs d’appliquer l’alimentation forcée aux prisonniers en grève de la faim, ce qui constitue une torture cruelle (c’est l’ultime moyen qu’utilisent très souvent les prisonniers politiques mettant en danger leur propre corps afin d’obtenir des revendications qui améliorent leur vie dans les cellules). Une disposition autoritaire sans précédent comprend également l’annulation rétroactive des salaires qui sont établis à la discrétion du conseil de la prison dans le cas où un prisonnier a commis une infraction disciplinaire, qui aura également une incidence négative sur le calcul du nombre de jours à purger.

En ce qui concerne la question des permissions, après le veto du procureur, reste la possibilité que le PM (Ministère Public) qui préside le conseil de la prison choisisse qui est apte ou non à obtenir une permission, décision fondée à la fois sur le comportement et les années d’incarcération. Une infime minorité peut faire appel en cassation, tandis que l’approbation de la permission reste suspendue jusqu’à la décision finale. Au-delà de tout cela, les permissions régulières des prisonniers seront limitées et contraintes par le bracelet électronique, un dispositif de géolocalisation dont le coût est de 15 euros par jour de permission, somme que le prisonnier est tenu de payer. Le projet de loi susmentionné réglemente ex novo des aspects importants de la nature structurellement classiste de la justice civile; en fait, cette mesure n’est destinée essentiellement qu’aux riches prisonniers ayant une force économique qui leur permet de rembourser le coût du bracelet.

Dans le même temps, l’entrée de la multinationale britannique G4S – fabricant de bracelets électroniques – ouvre la voie à une ultérieure privatisation à l’intérieur des prisons, fait qui rendra encore plus difficile la situation des prisonnier.e. La Grèce, en tant que membre de l’Union européenne et de l’OTAN, essaie d’aligner la politique intérieure du système pénitentiaire sur celle qui prévaut dans les pays de l’Atlantique Nord.  Un traité qui permet la création de prisons privées ou la coopération avec des entreprises privées, où les droits des prisonniers passent au second plan puisque le but est maintenant clairement le profit. Les prisons qui viennent faire le sale boulot, après que l’Etat ai préparé le terrain créant des conditions de vie misérables dans les prisons et les centres de détention surpeuplés, et en propageant par l’intermédiaire des journalistes l’idée d’une augmentation de la criminalité, la corruption et l’absence de mesures de sécurité adéquates. Nous parlons d’un grand marché dont les principaux représentants sont des entreprises privées qui vont de plus en plus de pair avec les législateurs, plus de prisonniers signifie plus de profits, avec un travail à l’intérieur des prisons qui ne peut être considéré pas moins que comme de l’esclavage. En Grèce, les discussions et les références à la privatisation des prisons ont eu lieu pendant des années, même si la voix n’est toujours pas officiellement exprimée mais officieusement relayées par les perroquets serviles et les matons du pouvoir.

Bien sûr, nous ne pouvons pas ignorer les centres de rétention pour migrants qui ont pris forme institutionnelle sous le ministère de Déndias (ministre de la Sécurité publique pendant le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, ndT), ainsi que les rafles policières qui continuent à ce jour dans le cadre de la gestion des flux la migration. L’État, les ONG et les entreprises privées, pour des millions d’euros, gèrent la vie de milliers de migrants avec pour but ultime le profit. Toute tentative de revendication est réprimée par des coups de matraques et tir de produits chimiques (gaz lacrymogène), tandis que l’arme la plus puissante que l’État trouve entre ses mains est la menace de déportation. Dans des camps de concentration, avec des conditions de vie déplorables, stratégiquement construits en dehors du tissu urbain, pour empêcher les contacts sociaux et la création de formes de résistance de l’extérieur, avec des personnes à l’intérieur qui constituent essentiellement une réserve de travailleurs pour le capital. Une partie d’entre eux qui aura de la “chance” sera exploitée au nom du profit.

Plus généralement, le but du gouvernement est de créer la peur et le découragement pour les luttes, à l’intérieur et à l’extérieur des cellules, pour l’union des résistances et des revendications « évidentes » qui sont de nouveau requises, mais cela ne nous impressionne pas. Profitant de la peur,, l’État tente de renforcer ses défenses, de construire une prison dans laquelle nous pourrirons si nous osons désobéir. Une prison faite sur mesure pour ceux qui persistent à résister  et dans le non-respect de l’existant ou incapable de se conformer aux règles du travail salarié et qui se trouvent recyclés, à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison, sous diverses formes de « délinquance » dues à la stigmatisation sociale, à l’exploitation et la marginalisation qu’ils ont subi. Ils les prennent pour cible et après eux les autres suivront.

En relation avec les conditions qui prévalent dans la prison dans une période historique particulière, il y a celles qui prévalent dans la société et vice versa. L’attaque à l’intérieur de la prison à travers le nouveau code pénitentiaire ne peut être considérée comme un choix autonome et une pratique politique particulière de l’Etat, mais fait partie d’un plan politique plus général qui doit être accepté par l’ensemble de la société. Un plan politique pour aiguiser les divisions de classe, supprimer et contrôler chaque aspect de l’espace public. En commençant par contourner les droits fondamentaux du travail, en légiférant pour entraver la décision de grève et en criminalisant les syndicats de base et en écrasant les salaires et les retraites, le gouvernement  démontre combien il sert les intérêts de classe du capital. D’une part, l’augmentation des caméras sur le travail et d’autre part l’intensification du contrôle sur les moyens de transport en commun avec l’introduction des tickets électroniques et des tourniquets dans les stations de métro, mettent en évidence la doctrine du contrôle et de la surveillance qui font apparaître les exclusions sociales imposées par l’Etat de toutes les manières possibles.

La justice ne peut avoir qu’une claire orientation sociale et de classe. Dans une société capitaliste hiérarchiquement structurée, nous n’attendrions rien de différent de ceux qui légifèrent sur nos vies. L’Etat, par sa nature même, défend les intérêts du capital et la justice ne peut que aller dans le même sens, ce qui est évident dans chaque partie de sa structure, à commencer par les procureurs qui, entre autres, ne sont pas obligés de déclarer l’origine de leurs actifs, tel qu’établi par la loi de l’état concerné. Caractéristiques, d’autre part, est la parodie des procès et les foutages de gueules des hauts fonctionnaires des gouvernements précédents, à travers la création de lois spécifiquement conçues pour éviter la responsabilité juridique à ceux qui occupent des postes ministériels, même s’ils sont impliqués dans une série de scandales politiques et financiers. De l’autre côté, il y a la détention de personnes qui, par exemple, ont seulement refusé de payer des péages (autoroutiers, ndt). Les divisions de classe qui existent au sein des cellules sont tout aussi caractéristiques, les criminels en col blanc des personnes ayant un statut social élevé et un profil de pouvoir économique étant traités de manière préférentielle dans des cellules de luxe, dans le même temps les prisonniers sont entassés par douzaines ou laissés mourir lentement dans la désastreuse infrastructure carcérale (voir l’hôpital de la prison de Korydallos).

Nous, pour notre part, sommes solidaires dans la lutte des détenus, ainsi que l’accomplissement de toutes leurs demandes comme la révocation du droit de veto ministériel sur les permissions, le retrait de la surveillance électronique et des assignations à résidence remplaçant l’autorisation de sortie régulière, fixer la limite pour obtenir une permission canonique au 1/5 de la peine, le retrait immédiat de l’article 11, l’élimination des prisons de haute sécurité, la fin des fouilles corporelles dégradantes des prisonniers sous prétexte d’enquête, le retrait des restrictions imposées par le nouveau code pénitentiaire en ce qui concerne l’instruction (qui dépendent toujours de l’humeur des ministères publiques), l’abolition du fichier électronique des personnes et des proches qui les contactent,, le retrait du paragraphe 3, qui permet l’alimentation forcée en cas de grève de la faim et l’abolition de la clause punitive à l’article 67, qui autorise la pénitencier à réduire les jours moins à déduire du calcul total de la peine (les réductions de peine, ndt).

Le soutien moral et matériel à la lutte des prisonniers est pour nous une évidence, car répondre à leurs exigences conduit chaque fois à une amélioration de leurs conditions de vie dans les prisons. Sans aucune illusion, la condition de l’emprisonnement et la soi-disant «punition» des criminels visent structurellement à discipliner et à se conformer à l’existant, toujours au nom de la société et de sa «défense». Par conséquent, en se posant la question des prisons, nous n’avons pas comme but leur amélioration ou leur humanisation, mais leur abolition définitive. Dans un moment historique caractérisé par l’implication croissante d’intérêts privés à l’intérieur de la prison et leur apparition en tant que secteur clé d’investissement et de rentabilité pour le capital, tous les arguments qui tournent autour du «caractère réhabilitatif de la punition» est hypocrite et dangereusement naïve. En d’autres termes, l’idéologie correctionnelle qui constituait historiquement l’une des bases sur lesquelles l’institution pénitentiaire s’est établie commence à s’effondrer.

 

Pour la défense de la lutte des prisonniers

Pour les destructions des prisons

Pour la libération des chaînes de l’état et du capital

Pour la révolution sociale

Espace social autogéré Galazi Stegastron

Αυτοδιαχειριζόμενο Κοινωνικό Στέκι Γαλατσίου στέγ

Janvier 2018

 

En Grec : https://stegastro.espivblogs.net

En Italien : https://roundrobin.info/2018/01/grecia-testo-analisi-sul-disegno-legge-riguardante-codice-penitenziario

 

 

Voir aussi – https://ravageeditions.noblogs.org/post/2015/04/08/recueil-sur-la-lutte-contre-les-prisons-de-type-c-en-grece

 

 

Madrid, Espagne: Quelques considérations sur les nouvelles de la vidéosurveillance à Vallekas

Le 16 février, le rapport présenté par la Direction générale de la police de Madrid pour l’installation de vidéosurveillance dans plusieurs zones de Vallekas, en particulier à proximité de Puente de Vallekas, a été rendu public. Tel que rapporté par El Salto Diario, l’installation de ces 25 caméras transformera Puente de Vallekas en une belle promenade où l’Etat et ses mercenaires contrôleront ce qui s’y passe 24 heures par jour. Ce rapport a été présenté à la demande du Conseil de District avec à sa tête le Sénateur Paco Pérez (un conseiller d’Ahora Madrid *, surprise?) et est l’aboutissement d’une campagne médiatique qui a appelé à l’augmentation de la présence policière dans le quartier avec l’excuse ancienne et répétée de la délinquance, cette fois mettant l’accent sur des opportuns «gangs de narcotrafiquants».

Des journalistes, des politiciens (de toutes sortes), des agences immobilières et des entreprises unissent leurs forces pour faire de Vallekas une zone contrôlée et militarisée par la police (en patrouille ou en civil), où la seule la logique est basée sur la consommation, où la spéculation capitaliste chasse les pauvres de leurs foyers.  Les occupations et toutes les pratiques qui cherchent la subversion des relations de domination actuelles et menacent la normalité démocratique sont mises en échec. Ce processus, que certains ont appelé gentrification, bien que pour d’autres ce ne soit qu’un nouveau réajustement de la ville capitaliste et de ses quartiers selon les intérêts de l’État et du capitalisme, n’est pas unique ou spécifique à Vallekas. à des rythmes différents. Le processus de spéculation capitaliste expérimenté à Malasaña, Lavapiés, Tetuán, Carabanchel et Vallekas conjugue deux intérêts importants: celui strictement économique via la spéculation immobilière, et le contrôle social par le renforcement de la présence des sbirres de l’État et l’utilisation de la technique et de la technologie au service des intérêts du pouvoir.

Anti-G20 : Récit des deux premières journées du procès en appel de Peike, compagnon incarcéré à Hambourg – 9 et 16 février 2018

Voici le compte-rendu des deux premières journées de procès en appel de Peike, compagnon hollandais ayant été condamné le 28 août 2017 en première instance à 2 ans et 7 mois de prison ferme. Il est accusé d’avoir jeté des bouteilles sur les flics lors de la journée du 6 juillet à Hambourg, lors des émeutes contre le sommet du G20. Ces comptes-rendu ont été traduits de l’anglais de freepeike.noblogs.org

18 février 2018

Vendredi 16 février, le deuxième jour de procès en appel de Peike a eu lieu. Le compte-rendu qui manquait au dossier lors de la première journée d’audience a depuis été ajouté, et le juge avait donc l’intention d’entendre le témoin Koslik. Toutefois, en plus de ce court récit, d’autres documents, à partir desquels c’est devenu une évidence que les déclarations de Koslik ne reposaient pas uniquement sur ses propres souvenirs et ses propres observations, sont également apparus. Lors d’un échange de mails entre Koslik et un de ses collègues des services de police d’Hambourg, Koslik est invité à écrire le compte-rendu. Sous l’apparence de « au cas où vous ne pouvez pas vous souvenir préciséement des événements… », il est précisé dans ce même courriel ce qu’il a soit-disant fait ce jour-là, où et quand. En d’autres termes, la lettre de Koslik a été rédigé (presque mot pour mot) par un flic de Hambourg.

En réponse à cela, la défense a demandé à ce que les déclarations de Koslik soient déclarées irrecevables. De plus, elle a exigé la libération immédiate de Peike, étant donné que sa condamnation précédente reposait entièrement sur les déclarations de ce flic désormais compromises. Le procureur a « répliqué » que les informations contenues dans le mail n’avaient pas été ajoutées dans le but d’influencer les déclarations de Koslik, mais que la description détaillée des événements était seulement nécessaire pour communiquer à Koslik l’incident du G20 qu’il était censé établir dans le rapport.

Montreuil (93): récit de la manifestation «Occupons les maisons, détruisons les prisons»

Montreuil (93): récit de la manifestation «Occupons les maisons, détruisons les prisons»

 

Police Emploi tu crains!

Nous

Certaines formes de Nous font référence à des corps sociaux totalement mythiques: le Nous du citoyen par exemple, lequel désigne toutes les personnes regroupées au sein de la citoyenneté, elle-même donnée par l’Etat-nation, même si certains citoyens ont une position critique vis-à-vis de cet Etat. D’autres formes, comme le Nous de l’identité, veulent créer des corps sociaux conscients d’eux-mêmes (ou « ayant une conscience de soi ») en mettant en avant une communauté mythique sur base d’une argumentation indirecte.

À propos d’anarchisme et (de crise) d’identité

Un texte intitulé « Contre » l’anarchisme. Une contribution au débat sur les identités, déjà paru en novembre dernier en Espagne dans la revueSolidaridad Obrera (organe officiel de la CNT), a été traduit en français il y a peu et publié sur le site lundi.am (organe non officiel du Comité Invisible). Cette correspondance  au sens trop ostensiblement politicard entre syndicalistes libertaires espagnols et intellectuels blanquistes français, tous deux avides d’organiser les autres, nous semble trop intéressante et trop intéressée pour être ignorée. Difficile de tomber sur une leçon plus hypocrite, donnée à qui ne trouve pas de place dans ce monde. […]
Nous avons pensé qu’il serait bon de rendre publique ce texte embarrassant. Et nous avons pensé à mal de le faire suivre de notre contribution embarrassante.
….
Pour un anarchisme sans dépendances
 …
Calimero, le petit syndicaliste libertaire, est en perpétuelle crise d’identité. Les autres habitants de la basse-cour ne le reconnaissent pas, le snobent, le mortifient. Il pleurniche, crie, tape des pieds, mais finalement il fait son baluchon et part en sautillant. Quelle rage, quelle impuissance ! Il voudrait devenir grand, fonder une famille, être respecté, se faire un nom et une place dans la société, et finalement… il reste petit, seul, souvent moqué. C’est vraiment trop injuste. Et vous savez à cause de quoi ? A cause de cette couleur noire qui lui colle à la peau. Noire, vous comprenez ? Comme les ténèbres, comme le crime, comme le Mal. Ça fait fuir les gggens! Après des années d’expérience, Calimero s’en est rendu compte et veut y trouver un remède. La Tiqqunnine est arrivée à son secours, avec son lave-idées.
Même s’il fait le syndicaliste dans les quartiers pauvres, Calimero pense et s’exprime comme un courtier des quartiers riches. Pour lui, si on dépense du militantisme, c’est pour faire un investissement dans le mouvement. Ça n’en vaut la peine que s’il y a un gain, au moins en puissance. Voilà son souci, formulé magistralement dès le début: « Est-il intéressant ou stratégiquement recommandable d’arborer les drapeaux identitaires dans le marché des processus révolutionnaires? ». Nooon, ça ne l’est pas. Tout ce noir sur les étals du marché doit être retiré. Il ne promet ni candeur ni gaieté, il souille. Là où il y a du noir, les clients s’effraient et ne s’approchent pas. Là où il y a du noir, la police vient faire des contrôles. Une évidence aux yeux de tous.

merci mes soeurs…

« Au début des années 1970, la Petite Roquette est de nouveau pointée du doigt pour ses conditions de détention et ses locaux insalubres et inadaptées pour les détenues. sa fermeture commence à être envisagée. Cela coïncide avec l’ouverture en 1968 de la Maison Correctionnelle des Femmes, à Fleury-Mérogis dans l’Essonne. Ce projet concrétise les principes de réforme des établissements pénitentiaires visant à désengorger les prisons parisiennes. »

 

 

https://www.maguytran-pinterville.com/2015-bouc/soeurs-de-marie-joseph-et-de-la-misericorde/

 

Pauvres

Très souvent, on a tendance à ne prêter attention qu’à ce qui est matériel, mesurable en quantité. Ainsi, on serait amené à considérer la misère qui règne dans cette société uniquement sous un angle de pauvreté matérielle, autrement dit, le manque de fric. Mais le capitalisme ne nous enlève pas uniquement les moyens matériels pour vivre comme bon nous semble. Il ne nous oblige pas uniquement à aller travailler ou à s’agenouiller devant les institutions de bienfaisance sociale. Il ne nous impose pas uniquement de survivre dans un milieu contaminé par l’industrie, intoxiqué par sa production d’objets inutiles et nuisibles, irradié par son formidable outil nucléaire qui rend tout le monde dépendant de l’Etat et de ses spécialistes au vu des risques et des catastrophes qu’il implique. Non, ce n’est pas seulement ça.

Ce qui est peut-être encore pire que l’appauvrissement matériel, c’est la misère émotionnelle qui règne dans cette société, qui est générée par l’ensemble des rapports sociaux qui donnent à ce monde la sale gueule qu’il a. On fait dépression sur dépression, on assiste à suicide sur suicide, on vit des relations et des rapports imprégnés de méfiance, de concurrence, de violence et d’hypocrisie, les multiples drogues nous cachent quelques instants la réalité laide et brutale. Nos rêves et désirs ne vont pas au-delà du triste horizon de l’existant : l’aventure, l’inconnu, la passion… sont bannis et on ne peut les expérimenter que par procuration (films, jeux vidéos,…). La tristesse nous enchaîne autant que l’ombre des prisons, la galère des boulots, le besoin d’argent.

Ce monde a même inventé toute une palette de « guérisseurs » et de « remèdes » pour cette misère moins « visible », plus intime. De psychiatres en psychologues, de drogues en antidépresseurs, de moments de « soupape » comme la soirée en boîte du samedi ou le lendemain au match de foot en semblants de bonheur vécus en spectateurs derrière un quelconque écran (interactif comme l’internet ou passif comme la télé)… toute un marché est bâti sur la misère affective et émotionnelle. Cependant, encore moins que pour la pauvreté matérielle, aucun « remède » ne suffira jamais. La tristesse revient toujours, elle s’agrippe aux êtres humains, elle les poursuit et les traque…

Mais il y a autre chose aussi. Bien cachée par le pouvoir, bien éloignée par la coutume, bien étouffée par l’ordre social. Ce n’est pas une échappatoire, ce n’est pas un adieu définitif à la tristesse, mais c’est un début : du moment où nous décidons de ne plus subir, mais d’agir ; de ne plus se résigner, mais de se révolter ; de ne plus traîner, mais de vivre, la tristesse commence à fondre. En s’insurgeant, non seulement nous faisons un pas offensif contre ce qui nous étouffe et nous opprime, mais peut-être plus important encore, nous conquérons la joie de vivre, la gaieté des rapports entre insurgés complices, la franchise et l’audace dans ce que nous pensons et ce que nous faisons. Le « bonheur » ne réside en effet pas dans l’accumulation d’argent, dans l’exercice du pouvoir sur d’autres, dans un quelconque au-delà, mais par exemple dans la douce cohérence entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La tristesse provient du fait que nous n’arrivons plus à nous reconnaître quand nous nous regardons dans le miroir, droit dans les yeux. Que la générosité de notre être, de nos pensées, de nos actes se remplace par la méfiance, la retraite, le recul. Que notre vie ne semble avoir aucune valeur, car ce monde ne la donnera jamais. Que nous avons cessé de chercher à conquérir la capacité de donner nous-mêmes la valeur à nos vies.

En effet, toute la richesse de nos vies est là, devant nos yeux. Il suffit d’allonger les bras, les mains armées de confiance, d’idées et de liberté. C’est par l’effort de la liberté, par la révolte contre une existence démunie de sens, qu’on chassera les ténèbres hors de nos cœurs.

 

[Extrait du journal Hors Service n. 27]

LILLE 2004 – SEQUEDIN 2005

Il interroge : « Avez-vous vu ? Avez-vous vu maintenant ? Eh bien ! quand on a vu ça, on a vu ce qui comptait, on peut jeter ses yeux, on n’en a plus besoin », ceci d’un ton ordonnateur et sans appel.

Henri Michaux[1]

 

Voilà que la prison doit ressembler à la ville. Peut-on s’étonner de cette évolution vers la prison-cité alors que depuis de nombreuses années sont glorifiés l’architecture et l’urbanisme les plus conformes au contrôle optimal des habitants ? La prison, une ville modèle réduit ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Ne serait-ce pas plutôt la ville qui tendrait à organiser toute son économie sur le mode carcéral ? Son activité culturelle ne peut y faire exception et il serait bien naïf de croire qu’aujourd’hui encore artistes et acteurs de la vie culturelle puissent être des éléments incontrôlables dans le paysage de cette cité-prison. Ils y sont tant et si bien intégrés qu’ils peuvent à l’occasion exercer derrière les murs leur art devenu action socio-culturelle.

Quand j’entends le mot culture…

Pour ce qui est de l’opéra d’Odessa, effectivement, il y a de cela des années, il est vrai, il fut pendant un temps dirigé par un ancien directeur de prison. Et ce, non parce que, dans cette ville, on a le sens de l’humour, mais tout simplement parce que, souvent, on envoyait les administrateurs ou permanents syndicaux qui ne s’étaient pas montrés à la hauteur de leur tâche se reconvertir dans la culture où, pensait-on, il ne fallait pas de compétence particulière. Nous ne voulons plus de cela aujourd’hui. Ce qui compte, avant tout, c’est la compétence et le professionnalisme.

Vassili Zakharov, ministre de la Culture de l’URSS,

Pas de démocratie sans culture, 1989

Quand une rangée de CRS fonce sur la foule, le plus grand nombre sait encore comment réagir : on fait des barricades de fortune pour ralentir leur marche, on ramasse quelques pierres, des bouteilles et l’on se prépare à courir. Mais quand c’est un Lille2004-capitale-européenne-de-la-culture qui nous tombe sur le coin de la gueule – et ce pourrait aussi bien être un Genova2004-capitale-europea-della-cultura ou un Forùm-universal-de-les-cultures-Barcelona2004 -, nul ne sait trop comment s’y prendre. Chacun devine que c’est un sale coup qui se prépare et qu’il y a donc une parade à inventer, mais laquelle ? et contre quoi ? L’idée qu’ici le Capital n’avance plus à coups de canon, mais précédé d’une milice dansante, bruissante, bigarrée d’artistes en costumes et de branchés sous ecsta ne nous est pas encore familière. Quand nous entendons le mot  » culture « , nous ne pensons pas encore à sortir notre revolver.

L’impuissance où nous sommes à rendre coup pour coup illustre une difficulté plus générale : le Capital ne nous offre plus de point d’appui, de cible compacte. Nous cherchons des barons, des hauts-de-forme, deux cents familles ou huit maîtres du monde, et nous le trouvons, en fait de bourgeoisie, qu’un ramassis de managers, en fait de capitalistes qu’un conglomérats de retraités californiens, mais en revanche un assentiment diffus, et bien souvent cynique, au cours des choses, aux dispositifs en vigueur.

Car la tendance motrice du Capital, ne consiste plus à progresser en extension, à conquérir des espaces vierges, des continents inconnus, mais à progresser en intensité, à coloniser sans cesse de nouvelles dimensions, de nouvelles épaisseurs de l’être. Depuis 1920, décennie après décennie, on a vu le Capital produire son propre imaginaire et ses propres mélodies, un urbanisme et les technologies adéquates, à chaque phase, au maintien de son hégémonie. Finalement, il s’est emparé jusqu’au langage et à la physiologie des êtres, les exigences de l’industrie pharmaceutique répondant désormais en flux tendu à celles de l’industrie médiatique. Ainsi, la restructuration capitaliste initiée en 1975 en réponse à l’offensive prolétarienne des années 60-70 n’a pas frappé l’usine sans frapper dans le même temps tout le reste. L’informatique de masse, les biotechnologies et l’esprit Canal + en sont directement issus. Tout comme les centres-villes helvétisés des villes moyennes françaises – avec ces ronds-points à fleurs, ces petits pavés de granit au sol et tout ce menu  » mobilier urbain  » si prompt à faire trébucher quiconque se prendrait à l’absurde idée de s’enfuir en courant.

La suite ici : http://lafeteestfinie.free.fr

Fredy Perlman – L’appel constant du nationnalisme

Au cours de ce siècle, la mort du nationalisme a été proclamée à de nombreuses reprises :

• Après la Première guerre mondiale, lorsque les derniers empires d’Europe — autrichien et turc — ont été morcelés en nations autodéterminées et qu’il ne restait plus de nationalistes dépossédés, à l’exception des sionistes ;

• Après le coup d’État bolchevique, quand on a dit que les luttes de la bourgeoisie pour son autodétermination étaient dorénavant supplantées par les luttes des travailleurs, qui eux n’avaient pas de patrie ;

• Après la défaite militaire de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nationale- socialiste, quand les génocides, corollaires du nationalisme, eurent été exhibés à la vue de tous et quand on a pensé que le nationalisme, comme principe et comme pratique, était discrédité à jamais.

Pourtant, quarante ans après la défaite militaire des fascistes et des nationaux- socialistes, on peut voir que non seulement le nationalisme a survécu, mais qu’il a connu une renaissance, qu’il a subi un réveil.

https://diomedea.noblogs.org/post/tag/fredy-perlman/

Marseille – Le big data de la tranquilité publique

Marseille from the futur !
Voilà, nous y sommes, c’était prévisible… La ville s’est dotée d’un algorithme à un million deux, mis en place par Engie ineo (EDF) et Oracle (société américaine spécialisée notamment dans la gestion de base donnée).
Le « Big Data de la tranquillité public » est porté par Caroline Pozmentier, adjointe au maire en charge de la sécurité publique et vice-présidente de la région PACA, et Fabienne Marty, à la direction de l’architecture et du management de la donnée à la ville de Marseille, à vos souhaits !
Caroline Pozmentier s’auto-congratule : « Nous sommes allés chercher nos partenaires. Nous sommes allés voir le Préfet de Police, les institutions, les opérateurs télécoms – j’espère bien avoir des données de SFR, Orange ou autre – les transporteurs, nous les avons tous identifiés et tous rencontrés ».
Des caméras, des réseaux sociaux, des flics et associés, des applications citoyennes spécifiques, tous ensemble, tous ensemble pour « anticiper les événements futurs et d’interagir avec le citoyen  » !

http://www.primitivi.org/spip.php?article793

https://www.20minutes.fr/marseille/2180687-20171204-video-marseille-veut-utiliser-donnees-informatiques-ville-plus-sure-big-brother-prouesse-technologique

https://mars.noblogs.org/post/tag/affiche/

Justice et démocratie

À mesure que les droits s’élargissent, la sphère de contrôle de l’Etat s’étend également, puisqu’il doit les faire respecter et en sanctionner la transgression. La tendance de la société démocratique est de pénaliser tout, de prévoir un texte et une punition pour toute forme de violence, de la gifle du parent sur son enfant au viol. L’extension des droits est synonyme de criminalisation généralisée. Elle a la prétention de bannir la violence directe de tous les rapports sociaux. Mais cela a pour conséquence de renforcer le monopole de la violence « légitime » de l’Etat, qui est infiniment pire que toutes les autres.

La justice ne diminue pas la violence, elle la normalise. Comme la démocratie, elle constitue un filtre à la violence et à l’intolérance.

Disponible ici : https://fr.theanarchistlibrary.org et ici https://anarchroniqueeditions.noblogs.org


La vertu du supplice – Aldo Perego

Pour nous, il s’agit de comprendre comment et où on peut agir pour mettre fin àtoutes les laideurs de la survie, en nous posant aussi la question de la destruction de la prison et de la justice. Et pour en finir avec la Justice, il est également essentiel d’arrêter de parler et de penser avec le langage du Droit, celui qui sert en général à dénoncer les « abus » de pouvoir. Ce n’est bien sûr pas pour cela que nous voulons contester au détenu tourmenté par le maton la possibilité de réclamer d’être traité correctement. Mais, en s’enfermant dans le tort partiel (les « abus » de maton) sans considérer la monstruosité représentée par l’existence même de la prison, le prisonnier se trouverait entraîné dans une comptabilité perverse : que signifie demander le droit d’être « traité correctement » ? N’importe quel individu n’aspirerait-il pas plutôt à ne pas être traité « du tout » ?

Pour télécharger la brochure: La vertu du supplice A5 page-par-page

 

A propos de médations : La Croix Rouge continue son sale travail en Italie

radionotav

À Bardonecchia, la Croix Rouge a organisé le transport des migrants vers le centre de migrants qu’elle gère à Settimo Torinese.

La « salle de repos » de la station d’accueil des migrants restera ouverte toute la journée. Pour empêcher que les personnes qui tentent de traverser la frontière soient visibles des autres voyageurs, la salle d’attente sera gardée par des agents privés. C’est l’idée que les chemins de fer ont de la «sécurité»: après le déraillement de Pioltello, on investit dans la supervision au lieu de la prévention.

D’après ce que l’on sait, la préfecture incite à ce que tous les migrants soient redirigés vers le centre de Settimo, sans astreinte quant à leur parcours d’accueil. Mais tous ceux qui y arrivent ne peuvent pas et ne veulent pas suivre ce parcours. Parce que leur demande d’asile a été rejetée. Ou bien ils sont devenus irréguliers. Ou ils veulent demander l’asile en France et non en Italie. Il peut y avoir mille raisons pour lesquelles ces personnes ne tombent pas dans les cas requis par la loi.

Il est vrai que l’envoi vers Settimo est volontaire et non obligatoire. Il est vrai qu’il existe des «médiateurs culturels» engagés par les municipalités pour agir comme tampon. Mais une chose demeure: ceux qui ne montent pas dans les bus du CRI (Croix Rouge Italienne) seront plus faciles à cibler pour la police. En bref, le système de gestion des flux est affiné.

Médiation entre qui et qui?

La presse parle de la Croix-Rouge, de médiateurs culturels et de bénévoles. Mais laissons s’échapper une vérité : ils sont accompagnés par des militaires, et maintenant aussi par des vigiles « non armés ». Il n’y a pas de violence, de problèmes et de contraintes: mais de quel dialogue volontaire peut-on parler face à la présence menaçante de la police, dont l’apparition suffit à faire fuir tous les migrants (si possible)? Dans quelle mesure la décision de renoncer à franchir la frontière peut-elle être volontaire sous cette menace voilée? La médiation, à qui sert-elle, au nom de qui est-elle faite et dans quel but? Certainement pas pour les migrants qui veulent traverser la frontière, sinon la solution serait simple: il suffirait de l’ouvrir. Toute autre discussion sur les «bonnes intentions» des «bénévoles» est trompeuse, indépendamment de la bonne foi.

Hotspot de Trapani Milo (Sicile) – Tentative d’évasion et incendie

Les médias rapportent, sans trop de détails, la nouvelle d’une manifestation qui a eu lieu hier soir, le 10 février, au hotspot de Trapani Milo. Une soixantaine de prisonniers ont tenté de s’échapper et ont mis le feu aux équiements de l’ancien CIE transformée en 2015 en hotspot où ils pouvaient identifier et sélectionner des personnes, en expulsant les personnes originnaires des pays avec lesquels l’Italie a signé des accords pour l’expulsion immédiats (Tunisie, Egypte, Algérie, etc.). Afin d’éviter l’évasion, les gardes mobiles sont intervenus et ont fait face à la résistance des personnes en lutte pour leur liberté.

 

 

hurriya.noblogs.org

Ricardo Flores Magon – Le mendiant et le voleur (1915)

Sur l’avenue élégante, homme et femme se promènent, parfumés, chics et provoquants. Collé au mur, la main tendue, un mendiant quémande d’une voix tremblante et servile : -Une aumône, pour l’amour de Dieu !

De temps à autre, une pièce tombe dans la main du mendiant qui s’empresse de l’enfouir dans sa poche tout en se confondant en louanges et en remerciements avilissants. Un voleur passant par là ne peut s’empêcher de lui lancer un regard plein de mépris. Le mendiant s’indigne (la déchéance a ses pudeurs) et grogne d’un ton irrité

-Tu n’as pas honte, gredin, de regarder en face un honnête homme comme moi ? Je respecte la loi. Je ne commets pas le délit de mettre la main dans la poche d’autrui, moi. Ma démarche est sereine, comme tout bon citoyen qui n’a pas coutume de se faufiler, sur la pointe des pieds, dans les maisons des autres à la faveur de la nuit. Je n’ai ni à me cacher, ni à fuir le regard du gendarme. Le nanti se montre bienveillant à mon égard et quand il jette une pièce dans mon chapeau, il me tapote l’épaule en murmurant : « Brave homme ! « .

Le voleur ajustant son chapeau, grimace de dégoût, lance un regard alentour et réplique au mendiant :

-N’espère pas me faire rougir, vil mendiant ! Toi, honnête ? L’honnêteté ne vit pas à genoux, prête à ronger l’os que l’on daigne lui jeter. Elle est fière par excellence. Je ne sais si je suis honnête ou non, mais je dois t’avouer qu’il m’est insupportable de supplier les riches de m’accorder, au nom de Dieu, les miettes de tout ce qu’ils nous ont volé. Je viole la loi ? C’est vrai, mais elle n’a rien à voir avec la justice. En violant les lois promulguées par la bourgeoisie, je ne fais que rétablir la justice bafouée par les riches, qui volent les pauvres au nom de la loi. Si je m’empare d’une partie de ce qu’ils ont pris aux déshérités, je n’accomplis par là qu’un acte de justice. Si le riche te tapote l’épaule, c’est que ton abjecte bassesse et ta servilité lui garantissent la pleine jouissance de ce qu’il a volé, à toi, à moi, à tous les pauvres du monde. Les riches souhaitent ardemment que tous les déshérités aient l’âme d’un mendiant. Si tu étais vraiment un homme, tu mordrais la main qui te tend un bout de pain. Je te méprise.

Le voleur cracha et se perdit dans la foule. Le mendiant leva les yeux au ciel et gémit :

-Une aumône, pour l’amour de Dieu !

Regeneraciòn, no. 216, 11 décembre 1915

Turin – Face à la prison de la Vallette

Cette nuit, un camarade de Saronno a été arrêté pour les événements de l’année dernière face à la Vallette, les infractions reprochées sont blessures et résistance. Ce matin, pour la même procédure, l’interdiction de résidence à Turin a été notifiée à certains camarades. Certains camarades turinois pour qui, selon les premières informations disponibles, incomberait le même sort, n’ont pas encore été trouvés.

MARCELLO LIBERO!

 


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31 décembre Le classique salut du Nouvel An aux détenus de la prison de Vallette se révéla cette fois plus animée que d’habitude. Parmi une soixantaine de personnes présentes pour l’occasion, quelqu’un a jugé bon de faire une pause dans l’usage vertical habituel de la pyrotechnie, provoquant un peu d’explosions et d’étincelles colorées entre les jambes des peletons de gardes déployés pour la défense des enceintes (de la prison, ndT)). Quelques charges et quelques jet (de projectiles, ndT) en guise de réponses, et, selon les journaux, une policière scientifique (de ceux en civil toujours avec l’appareil photo en main, peut être présumé) blessée par une bouteille et admise à l’hôpital. Une scène pas si ordinaire qui nous espérons ait arraché un sourire inattendu et moins ennuyé aux prisonniers qui se sont précipités aux fenêtres, pour regarder et crier.

 

 

https://www.autistici.org/macerie/?p=32879

Inauguration du nouveau local faf de Chambery

Fleury-Mérogis : Récit du rassemblement devant la MAH du 27 janvier 2018

Samedi 27 janvier dernier nous étions une bonne cinquantaine de personnes à répondre par les actes au communiqué rédigé par un collectif de détenus de Fleury-Mérogis deux jours plus tôt. C’est dans le contexte de presque deux semaines consécutives de grève et de blocage des prisons par les maton.ne.s, qu’ils nous expliquent comment se sont détériorées leurs conditions de détention mais aussi pourquoi et comment ils s’y sont opposés.
Bien que le délai de l’appel était extrêmement court (il a été rendu public sur internet moins de 24h avant le moment effectif du rassemblement), la réactivité des personnes solidaires montre que dehors beaucoup d’entre nous sont très attentif.ve.s à ce qu’il se passe en prison en général et la situation de la grève en particulier, a focalisé toutes nos attentions.

Cependant l’enjeu était double. En effet, au delà du nombre, il s’agissait d’une part de montrer aux maton.ne.s que nous savons (au moins une partie de) ce qui se passe en prison ; que ce soit de la plus « simple » humiliation aux passages à tabac par les ERIS, des privations multiples et davantage encore durant la grève aux perquisitions incessantes des cellules : à Fleury (et ailleurs aussi !) les détenus se sont organisés pour ne plus subir et nous nous devions de leur montrer, autant que faire se peut, que nous ne les laisserons pas seuls face à leurs bourreaux, que nous ne laisserons pas lettre morte à leurs cris de révolte, pour que cela puisse d’une manière ou d’une autre passer au-delà des murs.
Il s’agissait également de propager leur texte à des personnes directement concernées, c’est-à-dire informer les familles qui se rendaient au parloir de ce que nous savions de la situation et en retour, connaître aussi leurs propres témoignages. Peut-être était-ce l’aile de leurs proches ou peut-être pas, peut-être y avaient-ils pris part ou peut-être pas… Qu’importe, il fallait en tout cas que le bruit court, que chacun raconte que des détenus s’étaient organisés et que dehors des personnes sont solidaires.

La situation de tension a d’ailleurs favorisé la communication entre les personnes solidaires et les proches des détenus, dans un brouhaha d’échanges d’informations techniques ou de considérations plus génériques sur la prison, une véritable interaction se met en place si bien qu’à un moment, on ne distingue plus qui vient pour visiter ou qui vient pour hurler !
Même deux gendarmes s’y sont perdus et devant le fourmillement des personnes qui discutent ensemble, tract du communiqué des détenus à la main, ils s’approchent et demandent à quelqu’un (visiblement venu visiter un proche puisque munis du pourtant très reconnaissable sac-cabas réglementaire… Mais on va pas trop leur en demander non plus !) : « Qui est l’organisateur ? ». « On est venus pour les prisonniers » s’exclame quelqu’un. Devant l’ambiguïté de la situation ils répondent que de toute façon il n’y a pas de parloirs : là, c’est la grogne généralisée et la tension ne s’abaisse que lorsqu’un maton-chef vient temporiser la foule en démentant les dires des gendarmes, qui du coup s’en vont tout penauds d’avoir non seulement manqué à leur unique tâche de la journée… mais aussi d’avoir presque déclenché une émeute !

Des banderoles sont alors déployées, sur l’une d’elles on pouvait lire « Crève la taule ! Liberté pour toutes et tous !». Un chasuble de FO-pénitentiaire qui traînait est mis au feu et un enfant, habituellement désœuvré pendant les longues heures d’attente pour les parloirs, s’amuse à faire en sorte qu’il ne s’éteigne surtout pas pendant que sont hurlés ou bien chantonnés des slogans tels que : « Maton, maton, si t’as peur : il est grand temps de devenir chômeur » ; « Brique par brique, maton après maton : détruisons toutes les prisons » ; « Olélé, olala, solidarité avec les prisonnier-e-s ! » ; « Contre la grève des matons : crève crève un maton / solidarité avec les prisonniers » ; « Les prisons en feu, les matons au milieu ! » ; « Solidarité avec les prisonniers, et leurs familles, et leurs ami-e-s ! ».

Après plus de deux heures de rassemblement les gens se sont réunis pour discuter de la suite, enthousiastes de la réussite de cette initiative. On s’est dit qu’en cas de reprise de la grève on se retrouve même heure, même endroit. Certains proposaient également de faire prochainement une assemblée pour s’organiser contre la prison, au delà du mouvement des maton.ne.s…

A suivre…

Des participant.e.s, toujours présent.e.s contre les prisons et les matons !

Source Indy Nantes

Dijon : Rassemblement devant la taule

Dans la soirée de dimanche 4 février, un peu plus de 30 personnes se sont retrouvées devant la prison de Dijon avec une banderole disant « Pas de compassion avec les matons – Solidarité avec les prisonniers« . Cette action visait donc à se solidariser avec les prisonniers qui ont subi le mouvement d’humeur de leurs bourreaux: pendant plus d’une dizaine de jours en janvier, les matons ont bloqué parloirs, permissions et pour résumé, ont rendu encore plus insupportable les conditions de survie en taule. Quelques insultes ont fusé en direction des matons qui finissaient leur service, histoire de leur rappeler qu’à l’extérieur aussi, on les déteste !

Rappelons qu’une action de blocage, avec banderole et diffusion de tract, avait eu lieu à Toulousepour marquer un refus clair de leur monde de barreaux et de gardiens.

[Reformulé de la presse]

Repris sur le blog de sansattendre.noblogs.org

 

 

 

 

03 - PAROLES DE MATON

Mutinerie des Baumettes -1983

 

 

La « semi liberté » n’existe pas, détruisons toutes les prisons.

 

 

 

 

Elles disent, ces crapules, « qu’on peut juger une société à l’état de ses prisons. »…

Nous rétorquons « une société qui a besoin d’enfermer est elle-même une prison ».

La construction de trente trois prisons (officiellement 16 000 places) a été annoncée fin octobre 2016. Dans le Sud-Est cela représente huit taules (1). Si tout se passe selon les plans du pouvoir, une maison d’arrêt et un quartier de préparation à la sortie viendront compléter le maillage déjà dense à Marseille : maison d’arrêt des Baumettes, centre de rétention du Canet, Établissement Pénitentiaire pour Mineur-es de la Valentine, UHSI (hôpital prison) et futur UHSA (hôpital psychiatrique-prison) ; cela sans compter le restant des hôpitaux psychiatriques. La justice enferme plus, et plus longtemps : 69 000 personnes se trouvent derrière les barreaux contre 47 000 en 2001 (2). Le ministre ose affirmer que les nouvelles prisons permettront « l’augmentation de l’encellulement individuel » et « l’amélioration des conditions de détention ». Les taules qui débordent aujourd’hui ont été construites avec les mêmes arguments. Au delà de leurs mensonges et autres discours « humanistes », c’est l’existence de prisons qui est insupportable. Le fait que des individu-es soient parqué-es, contraint-es par des tonnes de béton et des salopards d’uniformes, privé-es d’air et de lumière, de chaleur et de tendresse (…) en dit long sur cette société : une prison à ciel ouvert. Je ne veux pas minimiser les différences entre « dedans » et « dehors », mais simplement dire qu’il n’y a pas de liberté possible à l’ombre d’une prison. Du mitard au bracelet électronique, du « sursis » aux travaux d’intérêts généraux, des jours-amendes au contrôle judiciaire, des cours de promenade aux murs de la ville (…) c’est le règne de la carotte et du bâton : y a toujours un degré d’enfermement plus strict pour foutre la trouille, ou quelque chose à espérer pour celles et ceux qui « jouent le jeu». Et si on lui sciait les barreaux, à l’échelle de peine misérable qui voudrait forcer chacun-e à se contenter en permanence du « moins pire » ?

L’État construit de nouvelles cages. Le « bien-être » des prisonnier-es n’a rien à voir là-dedans. Il tente d’enfermer de manière plus « sécurisée » (automatisation et vidéosurveillance à tous les étages, diminution des contacts entre détenu-es…) afin de limiter les incidents, mutineries, évasions (…) qui traversent les zonz’ en permanence. Cerise sur ce gâteau moisi: une base pour l’ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) est en projet à Aix-Luynes. Dans une période toujours plus instable, les dirigeant-es étendent et perfectionnent l’ensemble de leur arsenal répressif (prolifération d’ uniformes toujours plus matossés, lois sur la « légitime défense »…). Ils se donnent ainsi les moyens d’imposer des réformes impopulaires, la remise en cause ou la disparition du « modèle social », des énièmes restructurations du capitalisme aux millions de personnes qui rament déjà pour bouffer. Leurs buts sont clairs : garder le monopole de la violence ; serrer la vis aux révoltée-s et galérien-nes qui seraient tenté-es de se servir directement dans l’étalage des richesses ; forcer l’ensemble des indésirables à respecter la loi et la propriété (foutus piliers de ce monde de domination et d’exploitation)…

Pour maintenir leur pouvoir sur nos vies, ces charognes comptent sur la force brute, l’adhésion et la collaboration d’une partie de la population mais aussi sur la résignation et l’apathie générale. Comme si les rapports autoritaires étaient inévitables et que la démocratie et le capitalisme représentaient les seuls horizons ! Pourtant, dès qu’on cesse de l’analyser à partir du discours des médias ou des mots de l’État, cette période n’a plus l’air si uniforme. Malgré la présence de sales relents réactionnaires (patriotisme, religion…), la militarisation et la rareté d’imaginaires subversifs, offensive et fils de luttes autonomes (3) n’ont jamais cessé d’exister. L’ année dernière a été riche de ces étincelles, de moments où le ronronnement démocratique a semblé quelque peu ébranlé (bordel contre la « loi travail», explosions de colères liées au viol de Théo par les flics, mutineries, attaques individuelles et collectives qui sont venues perturber la mascarade électorale…). Ces éclats de révolte ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Que tenter alors pour provoquer, multiplier et donner du souffle à ces moments où la normalité se craquelle, afin que leurs contenus s’étoffent pour aller bien au-delà d’une catégorie de la population, de la contestation d’une réforme (loi) particulière ou d’une infrastructure de la domination, pour tenter de remettre en cause l’ensemble de ce monde de merde ?

L’État veut toujours plus de taules… Les communiquant-es qui nous les présentent comme inéluctables « oublient » souvent de préciser qu’il faut dix ans pour ériger une prison sur un nouveau terrain. Il peut s’en passer des choses, dans un tel laps de temps ! À ce qu’on sait l’emplacement de la future maison d’arrêt marseillaise n’a pas encore été trouvé. C’est une des phases délicates pour l’APIJ (agence pour l’immobilier de la justice) forcée de se « planquer » pour éviter le rejet de la population, souvent justifié par des arguments dégueulasses. (Même les ardent-es défenseur-euse-s de la prison ont rarement envie de vivre à côté.) Nul besoin d’être couillu (4), expert-e ès sabotage, fort-e, tête brûlée, jeune et/ou valide pour signifier dès maintenant l’hostilité qu’elles méritent à ces ordures. Qui sait ce qui pourrait advenir si l’existence de la prison débordait les murs, si les (futur-es) uniformes étaient sûr-es de se faire emboucaner, si les entreprises qui participent à ces projets infâmes étaient identifiées et attaquées en tant que telles (5)?

Le sens de toutes ces tentatives, petites et grandes, ne dépend pas uniquement de leur résultat. En reprenant de la prise sur ce qui nous entoure, en faisant résonner nos idées et manières de lutter nous expérimentons des relations réciproques, basées sur le partage d’idées et de perspectives, et nous sentons palpiter nos existences, notre goût de vivre et rêves de liberté…

https://dupainsurlaplanche.noblogs.org

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Notes:

(1) 6 nouvelles maisons d’arrêt seraient implantés à Marseille, Toulon, Grasse, Nice, Avignon, Ajaccio, et deux quartiers de préparation à la sortie (QPS) à Marseille et Nice

(2 ) Sans compter les nombreuses peines dites « alternatives » (bracelets électroniques, semi-libertés, contrôle judiciaire, TIG etc).

(3) des partis, des syndicats, des médias… voir encadré machine à expulser!

(4) Contrairement à bien des idées reçues l’habileté, la perspicacité, l’hardiesse, la force ou la colère n’ont rien à voir avec la forme de nos organes génitaux. Une spéciale dédicace à tous-te-s celles et ceux qui se révoltent et ne correspondront jamais au cliché du gros guerrier viril (et accessoirement hétéro).

(5) À Orgères (Bretagne), des tags hostiles sont venus décorer la mairie, la veille du conseil municipal qui devait statuer sur l’attribution d’un terrain à l’APIJ. [Impossible de savoir si cela a eu un impact, mais l’implantation de la taule a été refusée.]

 Radio

Quand l’AP rime avec l’HP

Ecrit aux Baumettes.

 IMG/mp3/ap-hp-baumettes2014.mp3

Émission du 27 avril 2015 – Témoignages de prisonniers et prisonnières en lutte
Autre thème : Fou & furieux 
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Chloé au micro de l’Envolée

Incarcérée dans une prison pour hommes, Chloé a mené un combat acharné contre l’administration pénitentiaire et les médecins pour changer de sexe. Sortie de taule après 16 années d’enfermement, elle témoigne au micro de l’émission l’Envolée, en avril 2014.

 

 IMG/mp3/chloe2014.mp3

Émission du 27 avril 2015 – Témoignages de prisonniers et prisonnières en lutte
Autre thème : sexe et genre 
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Pas d’identification

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Les rats de bibliothèque qui tomberaient sur les dossiers de l’Archive d’Etat à Rome pourraient bien faire une découverte plutôt bizarre. Dans un des dossiers sur Paolo Schicchi, ils se retrouveraient à un certain moment avec une des premières pages d’un vieux numéro de L’Adunata dei Refrattari, hebdomadaire anarchiste publié à New-York, comportant un trou au milieu, de forme carrée. Eh ?! Qu’est-ce que c’est que ce truc ? La réponse se trouve dans le document suivant, un papier de la police fasciste de l’époque. L’Adunata avait publié une photo récente de l’anarchiste sicilien, alors en vadrouille à travers l’Europe pour tramer contre Mussolini. Parce que la photo de Schicchi présente dans les archives de la préfecture de police était plutôt vieille, remontant à la fin du siècle précédent, il avait été demandé de procéder à la reproduction immédiate de celle publiée dans le journal anarchiste. Des centaines et des centaines de copies de cette photo (dont plusieurs exemplaires se trouvent dans ce même dossier) ont donc été imprimées pour les distribuer aux infiltrés, balances et nervis du régime dispersés à travers tout le vieux continent. Un truc de dingue ! La police fasciste n’avait pas le signalement de Schicchi, et ce sont les anarchistes qui le lui ont fourni ! Merde, quelle erreur terrible ! Il ne nous semble pas que l’arrestation de Schicchi en 1930 soit attribuable à cette photo, mais en vrai, l’Adunata aurait pu se passer de ce coup là.
Voilà, cet épisode me revient toujours à l’esprit lorsque je me trouve face à l’image d’un compagnon ou d’une compagnonne reproduite et diffusée par d’autres compagnons. Evidemment, nous ne sommes plus dans les années 20, le ministère de l’Intérieur n’a certes pas besoin de découper avec des ciseaux les pages des publications subversives. Mais, évidemment aussi, même en me creusant la tête, je ne réussis pas à comprendre quel est le sens de diffuser de telles images. Je le comprend pour des compagnons morts, dont le visage en un certain sens donne un aspect plus concret à un souvenir qui risque d’être trop feutré. Au fond, je le confesse, il est beau de voir le regard enflammé d’un Gaetano Bresci ou d’un Severino Di Giovanni. Mais celui des vivants ? Pourquoi diffuser leurs traits ? On ne peut le comprendre qu’en cas de torture, lorsqu’on veut rendre public ce qui est arrivé (comme récemment en Grèce). Autrement, non. Non, et pas uniquement parce que cela me semble un hommage niais à cette civilisation de l’image, une intrusion dans la vie privée des autres, une imitation des techniques journalistiques. Je ne serais pas non plus d’accord même si les compagnons représentés eux-mêmes le demandaient, compagnons dont la vanité devrait être renvoyée à l’expéditeur. Que ces compagnons se trouvent en liberté ou qu’ils soient en prison, la diffusion de leur portrait est un faux pas. Si ce n’est pas sur le moment, ce le sera dans le futur. parce qu’on instaure ainsi une mauvaise habitude qui, au cas où elle deviendrait courante, serait ensuite difficile à contrôler. Si Pierre veut que sa photo soit diffusée, alors diffusons aussi celle de Paul. Et si Paul ne le veut pas, c’est louche, pourquoi ne veut-il pas ? Parlons-en !
Non, n’en parlons pas. Moins les photos circulent et mieux c’est. Dit autrement : personne ne peut savoir si Pierre ou Paul ou Robert sont responsables de telle ou telle action, personne ne peut savoir si un témoin oculaire quelconque ou un aspirant justicier ne tombera jamais sur un site ou sur les pages d’un journal du mouvement. Peu importe que ces photos aient déjà été publiées ailleurs, sur des moyens d’information bien plus diffus, ou que cela concerne des compagnons qui se trouvent à des milliers de kilomètres. Cela ne fait aucun sens d’augmenter les possibilités d’une identification fatale. Dans le doute, mieux vaut s’abstenir. Toujours et partout. Pour une question de méthode a priori, pas de calcul a posteriori.
L’amour et les respect pour les compagnons naissent de ce qu’ils sont, non de ce à quoi ils ressemblent. Pas besoin de (faire) savoir s’ils sont grands ou petits, jeunes ou vieux, maigres ou gros, blonds ou bruns. Laissons ce genre de curiosité aux morts, à ceux qui ne risquent plus de voir leur visage être dévoilé à la répression par leurs propres compagnons. Et que ceux qui sont rongés par une telle curiosité pour les vivants aillent donc se la piquer en privé sur les mass médias. Mais pitié, ne créons pas une iconographie du mouvement si on ne veut pas courir le risque d’être remerciés un jour ou l’autre par les infiltrés, les balances et les nervis en tout genre.
Traduit de l’italien de finimondo, 23/12/14 par Cettesemaine

Lettres depuis la taule des femmes de Rennes

 

Voici 3 lettres écrites depuis la taule des femmes de Rennes pendant ce mois de janvier 2018, qui viennent parler de la situation actuelle à l’intérieur (avant et pendant la grève des maton.ne.s).

Dans cette période où les maton.ne.s (et leurs syndicats) prennent toute la place avec leurs discours réacs et sécuritaires, dans la rue comme dans les médias (qui relaient allègrement leur vomi), on voulait rendre visible ces lettres de Maïté et Marina, enfermées au Centre Pénitentiaire pour Femmes.

On publie ces lettres, parce qu’au delà de ce contexte particulièrement dégueu, on voit toujours du sens à briser le silence, à exprimer notre rage et notre solidarité directe, avec les moyens qui nous semblent pertinents et par l’auto-organisation, pour la destruction de toutes les prisons et du monde qui en a besoin.

En parallèle, et parmi d’autres réactions un peu partout en france, le 25 janvier, 76 détenus de la taule pour hommes de Vezin refusaient de retourner en cellules. Les grilles des cours ont été forcées et deux débuts de feux ont été déclenchés.

Vive la révolte ! Liberté pour tou-te-s !

 

Garges-lès-Gonesse (95) : pauvres vs pauvres, une milice identitaire expulse un squat de Roms

Lundi dernier, on apprenait via un article du Parisien que des Roms occupaient un pavillon abandonné dans le quartier résidentiel de la Lutèce, à Garges-lès-Gonesse. Jusque là, rien d’extraordinaire puisqu’il est à la fois relativement fréquent et entièrement logique que des gens sans logement s’organisent pour en trouver un, y compris bien entendu s’ils n’ont pas suffisamment d’argent pour payer un loyer ou pour devenir propriétaires. Le logement est un besoin vital, faut-il le rappeler ?

Rappelons aussi qu’il y a en France beaucoup plus de logements vides que de personnes sans abri. Il serait donc logique que toutes ces personnes qui survivent dehors, sans toit, puissent toutes trouver refuge dans ces bâtiments vides. Pourtant, on est loin, très loin, d’en arriver là. Ha, la bonne blague du pays des Droits de l’Homme…

Nous sommes donc à Garges-lès-Gonesse, dans le Val d’Oise. Des Roms occupent une maison depuis fin novembre 2017, et suite au passage de la police début décembre ils ont pu prouver qu’ils vivaient effectivement sur place. À ce stade-là, si le propriétaire voulait « récupérer » sa maison, qu’il avait laissée à l’abandon depuis plusieurs années (dixit le propriétaire lui-même, cité par Le Parisien), il est normalement nécessaire de lancer une procédure judiciaire auprès du tribunal d’instance. Et le propriétaire, un certain Youcef, prévenu par les flics depuis début décembre, ne s’est « réveillé » que fin janvier pour se soucier enfin de « sa maison ».

Mais l’article du Parisien, populiste à souhait, va l’aider à récupérer son bien plus rapidement que par les voies légales, grâce à un buzz médiatique laissant entendre, non pas qu’il a vu une de ses propriétés abandonnées être squattées, mais qu’on a squatté son domicile principal en son absence ! Une manipulation médiatique bien connue, qui a déjà montré son efficacité par le passé… L’article du Parisien commence par une citation alarmiste du propriétaire : « C’est ma maison. Enfin, ça l’était. » Sauf que le propriétaire, on l’a compris, ne vivait pas dans cette maison. Et cette maison, légalement, lui appartient toujours. Tout comme quand elle était vide. De même si elle était occupée par des locataires…

CONTRE LE DROIT

[…] Certains estiment que la  justice ne sera pas une bonne justice tant qu’elle restera séparée du peuple, ils veulent une justice qui soit l’émanation de la communauté. Nous estimons pour notre part que le jugement ne peut rester qu’individuel ; quand bien même le jugement de plusieurs individus sur tel événement serait unanime, il ne serait pas communautaire et ne saurait être généralisé. Au contraire un jugement qui s’impose comme étant celui de l’ensemble de la communauté a pour particularité de ne plus appartenir à personne.

En disant « nous avons tous les droits », les abolitionnistes abolissent le droit car chacun est pour lui-même son unique référence. S’il y a des actes que nous ne faisons pas, c’est que nous ne voulons pas les faire. C’est tout. Interdire le viol n’offre aucun intérêt pour personne. En revanche, chacun trouvera intéressant de réfléchir aux moyens d’être ni violeur ni violé.[…]  Il est aussi aberrant de dire « si tuer était permis, tout le monde tuerait » que de dire « puisque le meurtre est interdit, je ne serais pas tué ». Nous nous sentons en sécurité avec ceux en qui nous avons confiance et aucune loi au monde ne changera cela. Nous ne pouvons présenter de l’intérêt les uns par rapport aux autres que si nous avons un minimum de discernement ; nous avons besoin de repenser les choses à partir de soi.

La définition de la loi est : « Règle impérative imposée à l’homme de l’extérieur. » C’est bien parce qu’elle nous est extérieure que nous refusons toute loi, y compris bien entendu la loi du plus fort : nous nous opposons à la force tant que cette force veut nous contraindre. Inutile donc de revenir sur le fait que la délinquance en tant que telle n’est porteuse d’aucun de nos espoirs; concurrence, machisme, racket, sont des lois que nous combattons, d’autant que la société les considère comme siennes, ne condamnant le criminel, comme l’a très bien montré Thierry Lévy dans son livre le Crime en toute humanité, que parce qu’il n’est pas à la hauteur du crime dont elle se repaît. Il est vrai que pour sa survie, la société ne peut qu’intégrer toute velléité individuelle de passer au travers de ses mailles : de nommer la délinquance, d’enfermer les délinquants, de faire croire par les médias que ce qui est dangereux pour elle est dangereux pour chacun, permet au au système que nous connaissons de détourner à ses fins ce qui n’est souvent au départ que dégout, colère ou lassitude.

[…]

La société cherche donc à socialiser le crime par le procès puis le criminel par la prison. Elle accapare les actes de chacun, car il y a effectivement rivalité entre propriétaires : moi et la communauté à laquelle « j’appartiens ». Sitôt accomplis, nos actes nous échappent ; s’ils sont jugés « asociaux », ils sont punis et cela indépendamment bien sûr de l’idée qu’on pourrait se faire du bien et du mal ; sont enfermés les fous, les insoumis, les prétendus criminels. L’enfermement en prison, en camp, en hôpital n’est que l’aboutissement de cet enfermement hors de soi donc nous souffrons tous.

Nous abolitionnistes, voulons que les individus concernés se réapproprient leurs actes, qu’ils soient ou non appelés crimes. En soi, le crime n’existe pas. S’il existe bien des circonstances douloureuses, des actes horribles qui nous sont infligés, nous ne demandons pas mieux que de chercher à les éviter en réfléchissant seul ou à quelques-uns aux moyens de se garder de toute atteinte à notre intégrité mentale ou physique.

[…]

Nous sommes dépossédés de tout et rendus étrangers à notre propres vie. Nous ne le supportons pas. Le mot « révolution » .a été confisqué par les politiciens […] Ainsi lorsque nous affirmons que nous ne reconnaissons à personne le pouvoir ni de nous juger ni de juger nos actes, nous abolissons réellement ce trop fameux consensus social qui n’est fondé que sur la remise de soi à la communauté. Les hommes n’ont jamais rompu avec cette idée qu’ils devaient renoncer à leur singularité au profit de l’espèce humaine.

 

[…]

Mouvement abolitionniste (France)

 

Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (3)

CONTRE LE JUGEMENT

D’autres que nous feront, nous l’espérons, la critique du système des amendes ou du travail forcé « librement consenti ». Nous nous bornons à remarquer qu’il s’agit là de punitions vieilles comme le monde et que leur côté moderne tient uniquement à leur cynisme.

Plus intéressante apparaissent les solutions de remplacement, non à la punition, mais au jugement.

On dit des « négociations » entre victimes et auteurs d’actes délictueux qu’elles étaient à la prison ce que la diplomatie est à la guerre.[…]

Nous refusons tout enfermement. La vie hyper-policée qu’on nous propose où des gens s’arrogeront le droit de comprendre ce qui nous fait agir ressemble trop à l’enfermement du contrôle social tel qu’il existe déjà dans certains pays monstrueusement développés. Les travailleur sociaux, psychologues, médecins qui estiment de leur devoir de raccommoder les trous du tissu communautaire ne le font que par souci de préserver non leur propre bonheur mais la survie des systèmes dont ils ne peuvent être que les équipes d’entretien.

En revanche, nous pouvons parfaitement admettre et souhaiter que chacun puisse compter sur des gens qui s’associeraient à lui pour aider à résoudre une situation conflictuelle, à la seule condition que cette aide soit ponctuelle, singulière, individualisée, et c’est pourquoi nous nous méfions des instance de conciliation qui ne seraient qu’une nouvelle institutionnalisation des rapports. Car nous souffrons tous, par-dessus tout, de ne pouvoir créer des relations qui ne soient pas réduites à des rouages sociaux.

Les conflits ne sont pas appréhendés par ceux qui les vivent mais par des instances dites « objectives » qui, en réalité, font de nous tous des objets.

[…]

De loin, le plus grave danger qui nous guette est la perte totale de notre singularité. Nous abolitionnistes, voulons redire que nous sommes contre l’incarcération, contre tous système pénal parce qu’il y a là-dedans une monstrueuse tromperie : au nom de tous et de chacun, nous sommes jugés innocents ou coupables, nos actes sont digérés dans le social et tout ce que nous sommes n’est pris en compte qu’après cette digestion, là où nous ne sommes lus nous-même mais un élément indéfini du seul tour, le « corps social » chacun étant renvoyé à sa place assignée de membre fonctionnel : assassin, journaliste, femme, bandit, enfant, etc.

[…]

A la question : « Que faire de ceux que la société ne pourra pas récupérer et qu’elle considère donc comme l’ultime degré de son ordure? » nous pensons qu’il n’y a qu’une solution : cesser de vouloir socialiser. Par quoi remplacer la torture? Par quoi remplacer la prison? Par quoi remplacer le jugement? Par rien.

Ces trois questions restent interchangeables parce que toutes supposent qu’il faut casser ce qui ne se plie pas. Nous refusons totalement de nous demander « comment casser? » Le retournement que nous faisons nôtre consiste à se demander « comment ne pas plier? » En ce sen la délinquance nous touche. Elle nous intéresse dans ce qu’elle exprime d’irrécupérable et non dans ses formes qui portent qui portent presque toujours l’empreinte des rapports sociaux normaux les plus épouvantables (sexisme, violence, valorisation du chef, de l’argent, etc.).

[…]

Les individus sont jugés non conformes (coupables) ou conformes (innocents) mais, de toute façon, jugés. Nous disons que si nous acceptons de passer sous la toise, nous nous dépossédons de notre jugement, de notre pensée, de notre être. Le partage tragique entre innocents et coupables, conformes au système ou non conformes, détruit chacun de nous.

[…]

 

Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (2)

 

CONTRE LES PRISONS

Nous vivons une époque cynique et les choses en sont simplifiées pour ce qui est des prisons. Le temps est passé où l’on imaginait qu’à l’intérieur des murs, le condamné allait « devenir meilleur ». Plus personne n’ose tenir ce discours, et même les professeurs en institution pénitentiaire les plus niais et les journalistes qui s’en font l’écho reconnaissent que si la culture inculquée à quelques très ares détenus leur donne les moyens de mieux exprimer leurs désirs, elle n’en serait que plus profitable, dispensée aux même exceptions, en dehors de la prison.

Aujourd’hui, on dit à voix bien haute que les oubliettes sont des oubliettes, les cages des cages et qu’on a rien à faire de ceux qu’on enferme, l’essentiel étant non de leur faire du bien mais de bannir à l’intérieur des frontières des délinquants. On supprime purement et simplement. C’est pourquoi les courtes peines apparaissent comme ineptes, totalement vides de sens.

Au contraire, les longues peines correspondent parfaitement  àla volonté collective de meurtre. Si la peine de mort a disparu dans quelque pays, c’est qu’elle était trop exceptionnelle. Ce n’est pas la mort qui semblait indécente mais tout les chichis qu’on faisait autour d’elle. […]

Ainsi la prison est la mort idéale puisqu’elle élimine en masse ceux que, par la mort physique la société ne pourrait tuer qu’en très petit nombre. Économie d’émotion.

[…]

Ce n’est pas le lieu ici d’analyser comment on en est arrivé à cette aberration, mais le fait est que la prison loupe d’un cheveu sa vocation : la mort qu’elle dispense ne dure que quelques années ou quelques décennies. L’enfermement carcéral va rarement jusqu’au bout de sa logique, ne serait-ce que parce que la société doit bien reconnaitre une échelle des peines qui corresponde à sa propre échelle de valeur. […]

Donc les prisonniers sortent. L’incarcération les aura, au moins, « énervés ». Aucune personne censé ne peut supporter l’idée de vivre avec des gens qu’on a sciemment rendu angoissés, violents en rage. Ainsi la prison non seulement ne protège pas les « braves gens » des malfaiteurs, mais déverse quotidiennement dans la société non incarcérée des délinquants étiquetés comme tels et provoqués comme tels. Il est absolument faux que la prison sécurise qui que ce soit. Le bien-être qui résulte parfois de son existence dans l’esprit de quelques-un ne correspond nullement à un  désir de sécurité mais de vengeance. Ce que ceux-là veulent, ce n’est pas la prison mais une punition et c’est pourquoi ils ne s’opposent nullement à l’abolition des prisons pourvu seulement que celles-ci soient remplacées par autre chose de « mieux »

L’opinion publique n’existe pas, elle ne recouvre que les forces de pression dont les médias se font l’écho […]

[…] Nul doute que le questionnement sur le bien-fondé de la prison n’ait en cette dernière décennie, été largement diffusé tant parmi les « spécialistes » (criminologue, sociologue, éducateurs, psychologues) que parmi leur relais habituels (journalistes et politiciens).

[…]

Les réformistes, qu’ils soient mus par la simple rentabilité ou par es raisons dites humanitaires, ont en commun d’être modernes. Le réformisme est ce qui permet à la prison de durer. Rendre la prison plus vivable, signifie la rendre mieux adaptée. Pas mieux adapté aux gens d’ailleurs, mais mieux adaptée à une époque. LA modernisation de la punition ne peut se faire que parce que des âmes charitables et des esprits éclairés se donnent la peine de réfléchir à une façon moderne de punir.

 

 

Extrait d’une brochure trouvée dans le sud de la France…diffusant des textes du mouvement abolitionniste de la fin des années 70 en France. (1)

OUI, MAIS AU FOND, QU’EST-CE QUE VOUS VOULEZ ?

Ces quelques lignes ont été écrites en juillet 2004 par un anarchiste italien. Frappé par la répression comme d’autres compagnons à travers tout le pays, il se trouvait alors incarcéré à la prison de Trento.

C’est au cours de ce séjour qu’il en a profité pour jeter sur le papier ces brèves réflexions, destinées à donner une première réponse à tous ceux qui, inlassablement, finissent par demander « Oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ? ». Elles ont ensuite été publiées dans une feuille de critique sociale du coin, Adesso.

Ni bréviaire du petit anarchiste contemporain comme se plaisent à en imprimer quelques éditeurs (un marché s’est semble-t-il réouvert depuis les émeutes de Gênes en juillet 2001), ni guide à conserver chez soi entre deux auteurs très 19e siècle comme on les aime dans certaines organisations, il s’agit au contraire d’un texte qui, tout en se revendiquant d’une éthique anarchiste, cherche à poser en quelques lignes la vie pour laquelle nous nous battons, « conscient que ce que nous voulons ne peut que “porter la panique à la superficie des choses” ».

Comme des pierres jetées sur l’eau et dont les cercles s’agrandiraient à l’infini.

Traduit de l’italien.
Adesso, feuille de critique sociale – Rovereto, 6 septembre 2004, numéro 19.

La brochure est disponible ici :  https://infokiosques.net/spip.php?article486

“Oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ?”

Ce numéro d’Adesso sera différent des autres. Nous tenterons de répondre à une question qui nous est souvent posée : “oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ?”. Certains s’étonneront peut-être du choix d’un sujet aussi général en cette période où la répression s’échauffe, avec les dernières incarcérations d’anarchistes à Trento et dans le reste de l’Italie. Les choses à dire sur tout cela ne manquent certes pas, et nous les dirons au plus vite. Désormais, même les aveugles devraient se rendre compte que le pouvoir frappe de façon toujours plus ouverte toute forme de dissensus. Cependant, la répression ne doit pas nous couper le souffle en nous forçant à ne suivre que ses temporalités. Le rôle des éternels Cassandre ne nous plaît pas. C’est peut-être pour cela que nous avons senti l’exigence -pourquoi maintenant ?, ce n’est pas facile à dire- d’écrire quelques lignes sur la vie pour laquelle nous nous battons, au-delà des luttes et des épisodes particuliers, et en dépit des policiers, des procureurs, des journalistes et des matons. Les problèmes que nous soulevons -comme par exemple celui d’une société sans prison- seront pour ainsi dire à peine effleurés. Il nous faudrait pour cela bien autre chose qu’un numéro d’Adesso. Nous avons pourtant envie d’essayer, même dans les limites étroites de notre feuille de critique sociale. Mais d’où partir ?

La lettre sociale

L’homme est esclave pour autant qu’entre l’action et son effet, entre l’effort et l’oeuvre, se trouve placée l’intervention de volontés étrangères. […]

Différence entre l’esclave et le citoyen (Montesquieu, Rousseau…) : l’esclave est soumis à son maitre le citoyen aux lois […]

Celui qui est soumis à l’arbitraire est suspendu au fil du temps ; il attend (la situation la plus humiliante…) ce qu’apportera l’instant suivant. Il ne dispose pas de ses instants ; le présent n’est plus pour lui un levier pesant sur l’avenir.

Se trouver en face des choses libère l’esprit. Se trouver en face des hommes avilit, si l’on dépend d’eux, et cela soit que cette dépendance ait la forme de soumission, soit qu’elle ait la forme du commandement. […]

A partir d’un secret degré d’oppression, les puissants arrivent nécessairement à se faire adorer de leurs esclaves. Car la pensée d’être absolument contraint, jouet d’un autre être, est insoutenable pour l’être humain. Car la pensée d’être absolument contraint, jouet d’un autre être, est insoutenable pour un être humain. Dès lors, si tous les moyens d’échapper à la contrainte lui sont ravis, il ne lui reste plus d’autre ressource que de se persuader que les choses même auxquelles on le contraint, il les accomplit volontairement, autrement dit, de substituer le dévouement à l’obéissance. Et même il s’efforcera parfois de faire plus que ce qu’on lui impose, et en souffrira moins, par le même phénomène qui fait que les enfants supportent en riant, quand ils jouent, des douleurs physiques qui les accableraient si elles étaient infligées comme punition. […] Le seul salut consiste à remplacer l’idée insupportable de la contrainte, non plus par l’illusion du dévouement, mais par la notion de la nécessité.

Au contraire la révolte, si elle ne passe pas immédiatement dans des actes précis et efficaces, se change toujours en son contraire, à cause de l’humiliation produite par le sentiment d’impuissance radicale qui en résulte. Autrement dit, le principal appui de l’oppresseur réside précisément dans la révolte impuissante de l’opprimé.

La lettre sociale – Simone Weil

Simone Weil

Alfidel au mitard

Suite à son passage en commission disciplinaire, communiqué du collectif de soutien à Alfidel, emprisonné à Fresnes pour une tentative de squat

Depuis plus d’une semaine, la grève des matons dans la majorité des prisons françaises a des répercussions très fortes pour les personnes détenues et sur ce qu’elles subissent à l’intérieur : distribution aléatoire des repas, annulation des parloirs, suppression ou raccourcissement des promenades… Tout est réuni pour que cette situation se dégrade encore plus, ce qui permettra à l’administration pénitentiaire d’augmenter encore d’un cran le niveau de répression.

Dans ce contexte, Alfidel, condamné en première instance pour tentative de cambriolage alors qu’il tentait d’ouvrir un squat parce qu’il était sans logement, est passé en commission disciplinaire le lundi 22 janvier pour tentative d’évasion. Il a pris vingt jours de mitard.

Qu’il l’ait fait ou non, nous continuerons à le soutenir ! C’est l’enfermement que nous condamnons, pas les personnes qui souhaitent y échapper.

Ouvrons des maisons, pas des prisons !

Le collectif de soutien à Alfidel.

Pour lui écrire et le soutenir pendant cette période :
Alfidel Abakar
numéro d’écrou 995197
QD 009
Centre pénitentiaire de Fresnes
allée des Thuyas
94261 Fresnes CEDEX

 


La prison pour personne

Y’a beaucoup de maisons vides à Montreuil. Beaucoup de spéculateurs, d’héritages en indivision, de maisons juste abandonnées ou attendant le nouveau métro. Beaucoup de grues aussi, des algecos vendant le bonheur à deux pas du périph’, en mode éco-responsable, bio-coopératif, citoyen-vigilant.

 

Y’a des riches à Montreuil, un peu comme partout.

Y’a des bourgeois de gôche, qui hésitent entre Brard, Bessac et Voynet, économie solidaire et monnaies alternatives, eux sont nombreux, ou bruyants.

Puis y’a les flics, braves défenseurs de l’ordre et de la propriété, bras armé de la justice et de l’État, qui contrôlent qui est trop basané à leur goût, qui sont appelés par quelque citoyen trop content de signaler une invasion de squatteuses, un fraudeur à la CAF, ou une énervée boutant le feu à un bétonneur, constructeur de palais de justice, de taules ou de HLM.

Et y’a les juges, qui du haut de leur prétoire détruisent des vies, punissent pour asseoir l’autorité, prêchent la loi de la république et disposent de la liberté de chaque individu pris dans les mailles de leur filet, leur demandant rédemption contre pardon, si la fiche de paye suit.

Et y’a les journalistes, qui se jouent de nos vécus et avec notre liberté pour avoir le bon scoop, la bonne photo. Qui construisent un ennemi, préparent la répression et nourrissent les accusations par leurs formules : utra-gauche, jeunes-de-banlieue, casseurs.

Et y’a cette société qui fonce droit dans le mur, à une vitesse exponentielle. Qui tue aux frontières, enferme une part croissante de la population, produit aveuglément, enterre des déchets radioactifs pour les millénaires à venir, nous dépossède de nos relations par la technologie, tente de surveiller les faits et gestes de chaque individu habitant le monde, bombarde et enrôle pour le dieu pétrole, démocratie, ou pour un au-delà moins pire qu’ici.

Et il y a des pauvres, des révoltées. Des gens qui, par choix et par nécessité, ne payent pas de loyer, occupent les maisons vides, volent dans les magasins, cambriolent les riches, arnaquent les assurances, attaquent les agences immobilières, braquent des banques, brûlent ou détruisent les outils des exploiteurs.

Et du coup, c’est l’histoire de gens, qui s’organisent pour ouvrir une maison où vivre sans avoir à s’échiner pour un patron, pour avoir un espace où se loger, où recevoir les copines de toute la France, et de plus loin encore. De celles et ceux qui s’organisent sans médiation, sans quémander, mais en prenant, en créant, en s’opposant, en détruisant. En faisant fi des règles qui régissent ce monde, des rapports de pouvoir, de genre, d’argent.

Bref, une patrouille les contrôle, après avoir été dénoncées par un voisin pour avoir rôdé dans le quartier dans le 93, et autour d’une maison vide alors que l’alarme venait de sonner dans le 94. Seulement le squat n’est pas un délit, et la violation de domicile, il faut la prouver et ça ne paye pas assez : alors, pourquoi ne pas les accuser de tentative de vol ? Ils les connaissent ces squatteurs/ses, et vu leur profil, il peuvent essayer de les envoyer au trou pendant quelque temps. La justice en bonne caisse enregistreuse des constructions policières, n’y verra aucun souci.

Ainsi, la personne du 94 a pris un an ferme en comparution immédiate au tribunal de Créteil fin octobre et trois personnes ont fait une semaine de détention provisoire dans l’attente de leur procès le 7 décembre 2017 au tribunal de Bobigny. Toutes sont accusées de tentative de vol par effraction.

Mais en fait, dans ces deux histoires, que leurs noms soient faux ou au contraire connus des « services », que ce soit pour un cambriolage, pour une visite de maison vide ou une balade entre copines, que leurs papiers soient en règle ou pas, qu’il ou elles soient coupables ou innocent-e-s, que ce soit à Montreuil ou à l’autre bout du monde…

La liberté ne se trouve pas dans la sécurité apportée par un titre de propriété, le bon papier d’identité, une position de pouvoir, des flics-citoyens à tous les coins de rue,
ou à un regard fuyant face aux différentes dominations se déroulant devant nous.

Au contraire, nous essayons de découvrir ce qu’est la liberté, en opposant la solidarité et l’entraide à la délation, à la résignation et à la passivité ; en attaquant les infrastructures du pouvoir pour détruire les murs qui sont dressés entre nous.

Solidarité !

Liberté pour toutes et tous !

Source : Indy Nantes

La chasse est ouverte

franceculture

Afin de contraindre près de 40.000 immigrés africains en situation irrégulière à quitter le pays volontairement ou être placés en détention, le gouvernement israélien entend recruter parmi les citoyens des inspecteurs de l’immigration.

Affrontements à Calais : deux migrants en GAV, un blessé grave

L’opération  avait pour but de « nettoyer » le camps à proximité du lieu de distribution afin d’éviter tout « point de fixation ». Une cinquantaine de policiers et de CRS étaient présents pour cette « opération ».

Une personne s’est pris un lacrymo en pleine face, elle a eu le nez enfoncé dans la boite craniène et risque de perdre un oeil.

dehttp://www.lavoixdunord.fr/305569/article/2018-01-26/calais-la-situation-n-jamais-ete-aussi-tendue

Italie – Révolte et incendie au CRA de Bari

Hier, 23 janvier, sur certains médias a été publié une brève information sur un incendie survenu dans l’un des blocs de détention du  CPR (CRA, ndT) de Bari-Palese.
Apparemment, certains matelas ont été brûlés et les pompiers sont intervenus. Ils n’y auarit pas de blessés. Le CPR de Bari-Palese a été réouvert le 13 novembre 2017, après une restructuration d’un an et de huit mois, suite aux dommages causés à la structure par les révoltes de février 2016.

 

Malgré des améliorations continues pour rendre les lagers modernes de plus en plus efficaces, la lutte des personnes solitaires ne s’arrête pas.

 

 

Source : https://hurriya.noblogs.org

Publication : « Avis de tempêtes », nouveau bulletin anarchiste pour la guerre sociale

Une nouvelle publication, Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale, vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 12 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog : avisdetempetes.noblogs.org

« Recommencer, toujours. C’est le sort, qui peut sembler quelque peu tragique, de tous ceux qui sont en guerre contre ce monde d’horreurs infinies. En cours de route, certains tombent sous les coups, d’autres ne résistent pas aux sirènes qui appellent à se résigner et à rentrer dans les rangs, voire retournent carrément leur veste. Les autres, celles et ceux qui persistent se battre entre hauts et bas, doivent à chaque fois retrouver force et détermination pour recommencer. Pourtant, à bien à y réfléchir, la tragédie n’est pas de recommencer, de repartir de zéro, mais d’abandonner et de se trahir soi-même.La conscience, toujours individuelle, peut être un fardeau lourd à porter, et devient cruelle quand on l’a trahie sans disposer de suffisamment d’anesthésiants. Car ce monde n’en manque pas, et les distille même à volonté. Une petite carrière alternative à son propre compte, des dimanches pour aller s’émerveiller dans un parc naturel, un projet humanitaire ou culturel, voire des drogues carrément plus dures : écrans en tout genre, réalités et socialités virtuelles, abrutissement total. Non, un tel sort nous effraie bien plus que toutes les souffrances, que toutes les peines liées à l’échec de détruire l’autorité… »

 

Toulouse : Contre la grève des matons

 jeudi 25 janvier 2018

Depuis plus d’une semaine une grève dure des matons touche une grosse partie des prisons françaises. Dans l’après-midi du mardi 23 janvier, à différents endroits de Toulouse, pendant quelques moments, la circulation a été perturbé avec le déploiement d’une banderole et une distribution de tracts dont le texte est reproduit ici.

Nous vous bloquons quelques instants.

Quelques instants, c’est pas grand-chose par rapport à celles et ceux qui sont bloquées 24h sur 24 et qui depuis une semaine subissent des conditions encore plus dures. Par rapport à ces personnes qui sont cloisonnées à à peine 25 km d’ici et partout en France. Pas grand-chose face à la réalité des prisonnier.e.s

Depuis une semaine, à la télé, à la radio ou dans la presse, on n’entend plus que les matons se plaindre de leurs conditions. À les écouter, les prisons seraient aux mains des détenu.e.s qui n’en feraient qu’à leurs têtes et ils risqueraient leurs vies chaque jour.

Jamais ils ne disent (et pour cause !) que ce sont eux qui ont le tout pouvoir au sein des taules, que ce sont eux qui mènent la danse et font filer droit, que le règlement et leur hiérarchie leur donnent toujours raison. Jamais ils ne parlent de ça, ni des sanctions disciplinaires, du mitard, des brimades et des 1001 humiliations de l’enfermement… Non ! Ils pleurnichent et se fâchent tout rouge même, car voyez-vous, ils voudraient « pouvoir travailler dans de bonnes conditions ». Alors, ils demandent « plus de moyens », « plus de personnels », et « plus de sécurité » histoire de s’assurer d’avoir le monopole de la violence en prison et de pouvoir exercer leur sale besogne sans être contestés. Mais la répression ne parvient pas toujours à casser l’esprit de révolte.

Que ce soit clair, nous ne sommes pas contre les grèves ou autres formes de contestations ! Au contraire, nous pensons même qu’elles sont nécessaires pour se débarrasser de ce monde qui nous tient par le fric et nous montent les unes contre les autres au nom d’une origine, d’une couleur de peau ou de l’appartenance à un sexe.

Mais là, pour tout vous dire, on s’en fout de leurs condtions de travail. La prison est une abomination qui sert à maintenir les pribilèges des riches et la morale dominante. Les matons, en exerçant la répression, se sont mis de son côté. Il n’y a pas de solidarité possible avec ceux qui écrasent les autres pour s’en sortir.

Pour les détenu.e.s et leurs proches, ces grèves sont une galère sans nom. Souvent les blocages menés par les matons impliquent la suppression des parloirs, des promenades (2 x 1h par jour), des activités, mais aussi dans certains cas des douches et des repas chauds !

Face à cela, des grognes et des rébellions commencent à éclater dans les prisons. De ce que laisse percer la presse, ce sont les prisonniers de Maubeuge qui ont eu la bonne idée d’ouvrir le bal. Samedi une bonne vingtaine de taulards refusent de rentrer de promenade tandis qu’au même moment les serrures de 70 cellules sont bouchées avec les moyens du bord et empêchent le retour en cellules. Dimanche, rebelote à Maubeuge où une cinquantaine de détenus refusent de rentrer de promenade, savonnent le sol pour rendre difficile les interventions de délogement et s’adonnent à un peu de casse. À Séquedin, ce sont 160 prisonniers qui refusent de rentrer en cellules, suivis de près (120 détenus) par Fleury.

Ne les laissons pas seul.e.s

Pour un monde sans prison !

Repris de IAATA

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

samedi 27 janvier 2018

Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prison bloquent les entrées des maisons d’arrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury-Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venues de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les aménagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion ».

Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste. Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général.

Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade, un passage à tabac et un retard en cellule : une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont présenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.

Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé. Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’ERIS, armés, cagoulés et près à intervenir étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance.

Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des ERIS.

À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flamme comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.

À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État. Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État.

Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficile, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.

Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soi-disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une précarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.

Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.

Liberté pour toutes et tous.

Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.

 

L’urgence est un paravent à la merde

mardi 23 janvier 2018

[Ce texte a été diffusé lors d’une manif à Ouistreham le samedi 20 janvier. Depuis plusieurs années, de plus en plus de migrants et migrantes sont à la rue du côté de Caen. Certains et certaines cherchent à y demander l’asile, la plupart tentent de rejoindre l’Angleterre par le port de Ouistreham. En ce moment, au moins sept squats sont ouverts, et environ 200 soudanais font la navette entre Caen et Ouistreham, où ils sont harcelés par les flics, dorment dehors dans un bois dans lequel chaque petit abri est systématiquement détruit. Nous sommes plusieurs à avoir participé à l’AG contre toutes les expulsions, qui ouvre de nombreux squats d’hébergement depuis 2013, avant de l’avoir quitté suite à des divergences (dimension de plus en plus gestionnaire). Aujourd’hui, c’est aussi sa logique de composition avec la gauche que nous critiquons, y compris avec des partis ayant participé à des gouvernements reconduisant massivement aux frontières comme EELV. Une discussion sur ce sujet est organisée à Caen à la Pétroleuse mercredi 31 janvier à 18h.]

 

« Je veux partout, dès la première minute, un traitement administratif qui permette de déterminer si on peut aller vers une demande d’asile ou non ». 
Emmanuel Macron, Orléans, juillet 2017.

« Ce que nous voulons c’est un centre d’accueil. Ça s’appelle CAO, centre de répit, comme on veut… on ne peut pas faire en sorte qu’à partir du moment où ils ont préenregistré une demande, on ne soit pas en capacité de leur permettre d’aller au bout d’une démarche ».
Un avocat proche de Roya Citoyenne à Nice matin, juin 2017. Traduction : nous voulons des taules où parquer les migrants et migrantes et favoriser le fichage.

Nous savons qu’il y a des situations d’urgence et de simples conditions de survie à essayer d’améliorer, particulièrement en ce moment, et qu’il est bien difficile de lutter ensemble, avec ou sans papiers, tant nous ne vivons pas la même chose. En outre, une bonne partie des migrants et migrantes aspirent à partir le plus vite possible d’ici pour rejoindre l’Angleterre. Il est donc difficile de créer des bases de lutte commune.

Il est toutefois impossible pour nous de nous contenter d’en rester là. Un toit, des fringues, et même de potentiels papiers, sont déjà beaucoup, mais ne résoudront jamais les causes de cette situation. C’est pourquoi nous comptons participer à cette lutte en mettant en cause l’existence même des frontières et des Etats. Il n’y aura jamais de liberté de circulation, si ce n’est pour les riches, tant qu’ils existeront.

En outre, la condition qui est faite aux jugés indésirables par les gens au pouvoir et leurs complices sert d’abord à maintenir un ordre existant merdique, et annonce les modes de gestion et de répression de tout pas de côté et de toute révolte. Les indésirables, toujours plus nombreux et nombreuses dans le monde d’aujourd’hui, sont les cobayes de la répression et de l’administration de nos vies sacrifiées au nom du fric et d’un progrès qui nous mène au désastre. Si une lutte a ses spécificités, elle ne peut pas être séparée tant la domination est partout et se renforce. Les flics et les juges répriment et enferment, les politicards (de gauche comme de droite) décident à la place des gens, les médias mentent et justifient l’injustifiable, les patrons exploitent et profitent. Europe Ecologie Les Verts, dont une sénatrice a été invitée à visiter un squat caennais de migrants et migrantes, a par exemple participé à des gouvernements qui se vantaient de faire mieux que la droite en termes de reconduites à la frontière. Qu’aurions-nous à faire avec ce genre de personnes dans cette lutte ? C’est bien pour cela que toute lutte doit être autonome des organisations politiques et syndicales.

Qui est à blâmer quand une prisonnière se suicide? 

Anne Archet

Sirventès de la responsabilité

Sachant que les conditions carcérales
Sont horribles et inhumaines
Sachant que les prisons sont créées
Pour punir et faire souffrir
Pour causer anxiété isolation
Solitude et désespoir

Qui est responsable de sa mort?

On ne peut pas améliorer les prisons

 

Ayant eu l’occasion de faire connaissance avec deux prisons en France et quelques-unes en Russie ; ayant été amené par diverses circonstances de ma vie à revenir, à plusieurs reprises, sur l’étude des questions pénitentiaires, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de venir dire au grand jour ce que sont les prisons, de relater mes observations et d’exposer les réflexions suggérées par ces observations.

Et d’abord, en quoi consiste le régime des prisons françaises ?

Vous savez qu’il y trois grandes catégories de prisons : la prison départementale, la maison centrale et la Nouvelle-Calédonie.

Pour la Nouvelle-Calédonie, les renseignements qui nous parviennent de ces îles éloignées sont si contradictoires et si fragmentaires qu’il est impossible de se faire une juste idée de ce que c’est que le régime des travaux forcés de la Nouvelle-Calédonie.

Pour les prisons départementales, celle que nous avons appris à connaître à Lyon est dans un tel état que moins on en parlera, mieux cela vaudra. J’ai raconté ailleurs en quel état nous l’avons trouvée et l’influence funeste qu’elle exerce sur les enfants qui y sont enfermés. Ces êtres malheureux sont condamnés, à la suite du régime auquel ils sont soumis, à traîner toute leur vie de prison en prison, et à mourir dans une île du Pacifique.

Je ne m’arrête donc pas sur la prison départementale de Lyon et je passe à la maison centrale de Clairvaux, d’autant plus qu’avec la prison militaire de Brest, c’est la meilleure prison de France et — autant qu’on peut en juger par ce que l’on sait sur d’autres pays, — une des meilleures d’Europe. Voyons ce que c’est qu’une des meilleures prisons modernes, — nous pourrons mieux juger les autres. Nous l’avons vue aussi dans les meilleures conditions. Quelques temps avant notre arrivée, un détenu avait été tué dans sa cellule par les gardiens, avec leurs clés ; après quoi toute l’administration avait été changée ; et je dois dire franchement que la nouvelle administration n’avait nullement ce caractère que l’on rencontre dans tant d’autres prisons — celui de chercher à rendre la vie du détenu la plus dure possible. C’est aussi la seule prison en France qui n’ait pas eu son émeute, lors des émeutes de l’année 1885.

Thèses subjectives sur la violence

  1. J’ai une horreur viscérale, instinctive et irraisonnée de la violence – en cela, je suis comme la plupart d’entre vous. Je suis physiquement faible, émotionnellement délicate et la violence sous toutes ses formes me fout la trouille. Je n’ai aucun courage physique et mon premier réflexe est toujours la fuite. Jadis, lorsque je fréquentais encore les manifs, j’étais toujours la première à prendre la poudre d’escampette dès les gaz lacrymogènes étaient lancés. La vue du sang me fait tourner de l’œil. Tout cela ne signifie toutefois pas que je sois pacifiste et non-violente.
  2. Je ne suis pas d’accord avec la définition que les étudiants de l’ASSE donnent de la violence. Briser des objets inanimés, voler, faire éclater une vitrine, mettre le feu à une poubelle, c’est de la violence. L’insulte et l’abus verbal, c’est aussi de la violence ; en fait, je crois que personne ne me contredira si je dis que la violence psychologique à long terme est beaucoup plus dommageable pour un individu qu’un bon coup de poing au visage.

Un drone au-dessus des manifs parisiennes !

Curieuse rencontre lors de la manifestation [déclarée] contre les violences policières suivie de son cortège au parcours plus libre [non autorisé]. Au départ du lycée Bergson 75019, le 18 janvier 2018 à 18h.

La manifestation au départ du Lycée Bergson, après avoir parcouru un peu plus de la moitié du parcours imposé par la préfecture, arrivait place du Colonel Fabien lorsque la majorité du cortège partait en heureuse sauvage se détachant des camarades et de fait du parcours imposé.


Cortège rapide et sautillant – crépitant même, si on l’indexe au rythme des explosions de ce feu d’artifice lancé une fois la sauvage engagée signifiant au ciel des désirs de révolution genre 14 juillet Boum, Paf, Krouf, Paf-Paf – quand justement cette nuit tombée d’hiver humide, par les belles lumières sises sur les bords de tous les véhicules embouteillés empêchaient les compagnies de CRS en nombre – au moins quatre compagnies,- de poursuivre ou même d’approcher les grappes déters des camarades partis manifester contre les violences d’État, capital et de police mêlée.

Mais curieusement les escouades de flics pourtant bien handicapées par la lourdeur, la non-fluidité de leurs « forces » se montraient particulièrement bien renseignées sur le parcours maintenant que nous leur imposions – élégant retour de bâton, même si improvisé.
Du Quai de Valmy jusqu’à ce que l’on décide d’une dispersion à Ménilmontant, les flics étaient là, vraiment en nombre – une vingtaine de cars de CRS, mais toutefois distants et statiques, il n’y eu aucune arrestation.

Encore un étrange scénario, si ce n’est qu’à la lecture du fameux rapport du Défenseur de Droits on y apprend que les CRS et autres EGM doivent essayer de garder le plus possible leurs distances d’avec les manifestants. 
Ce que le rapport omet de citer c’est l’emploi de drone(s). 
Il y eut au moins un drone survolant toute la manif de manière fort discrète, furtive. Il ne fut repéré justement qu’au moment du lancé des feux d’artifices, envoyant les regards bien en l’air. 
Où l’esprit du 14 juillet explosant en plein janvier a du bon. Il faudra s’en souvenir !

P.-S.

Ce n’est pas nouveau, on se rappelle du drone le 28 avril 2016 planant au-dessus de la grosse manif, mais depuis on en avait pas revu – pas ici. Et pas sur des départs en sauvages. Il est probable qu’un drone fut aussi employé lors de la manif sauvage elle aussi, partie de Rambuteau jusqu’à la rue de Rivoli le 17 janvier dernier : Fête de la libération de la zad
Qu’un beau feu d’artifice puisse descendre un drone cela pourrait être une prochaine expérimentation à prévoir.

Source : Paris Lutte

 

A propos du 14 juillet :

https://fr.theanarchistlibrary.org/library/zo-d-axa-14-juillet-sanglant

 

Témoignages de « familles » de prisonniers face aux mouvements d’humeur syndical des matons

https://www.francebleu.Besançon

Dix jours après le début du mouvement social, les gardiens pénitentiaires continuent de bloquer les entrées des établissements. En Franche-Comté, plusieurs maisons d’arrêt sont concernées. Les familles de détenus se sentent prises en otage. Témoignage.

La situation s’est encore dégradée en ce début de semaine. Les CRS ont suspendu, quelques heures, le blocus des gardiens pénitentiaires, ce mardi, à Besançon. Ils sont venus ravitailler l’établissement en nourriture et en médicament. Un déblocage très temporaire. Depuis plus d’une semaine, il n’y a plus aucun surveillant à l’intérieur. Des policiers et gendarmes ont été mobilisés pour assurer la surveillance des détenus et la distribution des repas. De leur côté, les familles et proches de détenus se sentent pris en otage. Ils n’ont aucune nouvelle de leur conjoint, père, fils, ami.

Centre de rétention de Vincennes (Paris) : Vive la belle !

Le Parisien / lundi 22 janvier 2018

Depuis l’ouverture d’une nouvelle unité début décembre, 26 retenus administratifs se sont évadés.

La passoire. Voilà comment est surnommée en toute simplicité la nouvelle unité du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, située dans le bois du même nom. Selon nos informations, 26 retenus s’en sont échappés depuis son ouverture le 6 décembre. Il y a quelques jours, la Préfecture de police l’a du reste fermée. Mais les évasions n’en finissent pas. « Des retenus fracturent des portes de l’unité la plus proche pour se rendre dans la nouvelle, soupire un fonctionnaire. C’est tellement simple quand on est à l’intérieur ». Dernier exemple en date dans la nuit dimanche à lundi avec trois évasions. Et c’était déjà le cas quelques jours avant.

Cette fameuse « unité modulaire », où étaient retenues une soixantaine de personnes, a ouvert en catastrophe, au lendemain d’une évasion ratée qui s’était terminée par un incendie spectaculaire.

Nice : La ville teste «Reporty», l’application israélienne d’appels vidéo en direct à la police

20minutes, 15/01/2018

SECURITE L’application « Reporty » permettra, grâce au signalement citoyen, de braquer les caméras de la ville sur la zone concernée et d’y dépêcher des forces de police…Des soldats français patrouillent sur la Place Massena le 12 juillet 2017, un an après l'attentat islamiste au camion qui a touché la promenade des Anglais. (image d'illustration)

 Depuis ce lundi, la ville de Christian Estrosi teste une application développée en Israël par la start-up de l’ancien Premier ministre Ehud Barak. Elle permet d’appeler lorsqu’on est témoin d’une incivilité et de filmer l’incident en temps réel avec le centre de vidéosurveillance de la police municipale.

« Chacun d’entre nous doit devenir un citoyen engagé acteur de sa propre sécurité, et donc de la sécurité collective », a justifié ce vendredi Christian Estrosi, en présentant l’application qualifiée de « révolutionnaire » dont il envisage le déploiement « à grande échelle ». Elle sera testée dans un premier temps par 2.000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore, des membres du réseau « Voisins vigilants ».

Transmettre des images et géolocaliser un comportement suspect

Estrosi, toujours à la recherche du dernier cri en matière de technologie sécuritaire, a donné trois exemples d’application de « Reporty » : un maraudeur lorgnant sur des voitures en stationnement, une fourgonnette déchargeant sur la voie publique de l’électroménager usagé et un cycliste renversé.

Toulouse – Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Projection – Échanges  – Tables de presse – Repas -Bar et Concert !

El CambucheLes Trois Passants, Bruits de tôles et des Toulousaines anti-carcérales vous invitent à la 4ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Rencontre – débat autour du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits » tissé collectivement avec 11 femmes mexicaines. Débat en présence de femmes ayant vécu la prison en France.

La rencontre est ouverte à tous et toutes, l’idée étant de partager et de connaître des réalités diverses, des vécus, des expériences et luttes contre la prison, l’enfermement, l’isolement, le système carcéral…

Le Dimanche 11 février 2018 – À partir de 12H30

LE HANGAR
8 bis rue de Bagnolet
31100 – TOULOUSE
métro : Arènes

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)

Lampedusa – Révolte des Tunisiens dans le hotspot

Des médias nous apprenons la énième protestation de personnes bloqués dans le hotspot de l’île de Lampedusa. Selon les médias, ils proviendraient tous de Tunisie, pour ces derniers l’État prévoit une expulsion directe après identification.

La nuit dernière, un caillassage contre la police sur place aurait causé la blessure d’un carabinier.
Cette protestation est le résultat de la tension causée par la retenue dans l’île-prison de tous les gens que l’Etat projette d’expulser. Toujours selon les médias, ces derniers jours, des personnes refoulées dans le hotspot ont demandé à plusieurs reprises à quitter l’île et certains d’entre eux ont essayé de monter à bord du navire reliant Lampedusa et Linosa à Porto Empedocle mais ont malheureusement été bloqués par les contrôles.

En attendant de savoir plus d’informations, liberté pour les harragas!

hurriya.noblogs.org

Tentative d’évasion au centre de rétention de Sète

 

 

 

 

https://attaque.noblogs.org/…/centre-de-retention-de-sete-entre-lui-et-la-liberte-les-flic.

Solidarité avec les inculpés de la lutte contre la machine à expulser

En 2010, deux vagues de perquisitions et de multiples procédures liées à de nombreuses attaques (incendiaires ou non), tour-à-tour jointes, disjointes, et associées dans le cadre d’une instruction tentaculaire, viennent réprimer la phase offensive de lutte contre la machine à enfermer et expulser les sans-papiers qui a augmenté en intensité suite à l’incendie du centre de rétention de Vincennes par les retenus eux-mêmes le 22 juin 2008. Après l’abandon des chefs d’inculpation les plus lourds, et des années de procédures pleines d’incohérences et manifestement faites pour justifier des moyens de surveillance, des contrôles judiciaires et des incarcérations préventives, dix camarades et compagnons se retrouvent cependant convoqués devant la justice. Un premier procès qui mettait en cause quatre personnes, dont trois avaient été incarcérées en 2011, a eu lieu en juin 2017. L’une d’entre elles a été relaxée, les trois autres prennent 4 mois avec sursis, et 500 euros d’amende pour dégradation en réunion (des tags) et refus d’ADN. L’un d’entre eux a fait appel de cette décision, il sera donc rejugé prochainement.

 

Thessalonique : Attaque incendiaire fasciste

Dimanche 21 des groupes fascistes ont lancé une série d’attaques sur des espaces occupées. Après avoir d’abord attaqué l’école «sociale» et avoir été repoussés avec succès, ils ont alors attaqué une autre occupation le Libertatia squat lançant des Molotovs et des fusées éclairantes, causant un incendie. Le squat a entièrement brulé.

 

Communiqué du squat Libertatia : https://www.non-fides.fr/?Thessalonique-Communique-de-Libertatia-suite-a-l-incendie-de-leur-squat-par-des

Marche pour la vie. Le car pris en embuscade à Rennes

Un car affrété par l’association familiale catholique a été bloqué pendant trois heures à Rennes par une cinquantaine de manifestants. Il acheminait vers Paris des Vannetais qui devaient participer à la marche pour la vie. Deux personnes ont eu leurs vêtements brûlés.

Le car était parti de Vannes à 6 h du matin et avait fait une première halte à Ploërmel pour embarquer d’autres personnes. Tout se passait bien jusqu’à la halte à Rennes, vers 7 h 45 près de l’école de Chimie à Beaulieu, où le car devait embarquer les derniers passagers, ceux de l’AFC de Rennes.

http://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/marche-pour-la-vie-le-car-pris-en-embuscade-a-rennes-21-01-2018-11821522.php

Melilla (Espagne) : A l’assaut de la frontière

6 janvier 2018

Dans l’après-midi du samedi 6 janvier 2018, plus de 300 migrants ont tenté de passer en force la frontière séparant le Maroc de Melilla, en Espagne.

Plus de 200 d’entre eux sont parvenus à franchir la frontière, composée de deux clôtures de six mètres de haut, avec des câbles d’acier entrecroisés entre les deux.

Pour y parvenir, les migrants ont utilisé des chaussures cloutées et des crochets. Lors de l’assaut, un flic qui tentait de les en empêcher a reçu un coup de crochet, ce qui lui a coupé un lobe d’oreille.

Quatre migrants ont été blessés et hospitalisés pour « des blessures mineures ».

Une grande partie de ceux qui ont réussi à traverser la frontière ont été arrêtés par les flics et placés en centre de rétention.

Selon l’agence des frontières de l’UE Frontex, en 2017, 22.900 personnes ont traversé de force les frontières séparant le Maroc de Sebta et Melilla. Et un bon nombre d’entre elles en sont mortes, noyées ou tuées par les gardes-côtes de l’Union Européenne.

[Reformulé de la presse des gardes-côtes]

Repris du blog sansattendre.noblogs.org

A propos des faits de Naples

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La pacification des mouvements politiques a provoqué la disparition presque totale  de toute aspiration révolutionnaire dans notre société, remplacée par une course frénétique pour occuper les places confortables et chaleureuses qu’offre le pouvoir. Cela a conduit à une lutte acharnée, souvent sans merci, pour se joindre à l’actuelle politique, qui pour de troubles intérêts de pouvoir se trouve élevé au rang de révolutionnaire afin de garantir aux politiciens «antagonistes» une zone d’acceptabilité politique au sein des institutions. En conséquence, nous assistons à l’annulation volontaire de toute forme d’opposition en faveur de la concertation et souvent de la collaboration avec un système politique qui, jusqu’à récemment, était considéré comme hostile. Tous ces éléments représentent des faits tangibles qui ont des répercussions négatives sur ce qui reste du mouvement révolutionnaire ou insurrectionnel, si vous préférez.
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Allemagne : Une lettre de prison de Lisa, condamnée pour braquage

 

[Lettre de la compagnonne incarcérée à Cologne pour braquage de banque à Aachen, comme contribution aux discussions anti-carcérales qui se sont tenues à Berlin du 6 au 8 octobre 2017]

Il n’existe certainement aucun autre endroit tel que la prison où l’injustice, l’exploitation et l’oppression sont aussi acérées. Même si on dit que certaines choses se sont apparemment améliorées ou assouplies en détention par rapport à la décennie précédente, ça ne se ressent absolument pas en régime de détention classique. Souvent, les conditions dans de nombreuses prisons sont même bien pires qu’il y a dix ans par exemple. Il n’y a généralement qu’une heure de promenade par jour, peu ou pas de travail, des possibilités incroyablement réduites pour communiquer avec le monde extérieur (surtout en détention préventive), une assistance médicale désastreuse, une négligence vis-à-vis des prisonnier.e.s souffrant de maladies physiques et mentales, d’énormes difficultés pour les étrangers, pour les personnes qui ne parlent pas allemand ou qui sont analphabètes, c’est-à-dire la grande majorité des personnes incarcérées. De plus, il n’existe quasiment pas d’options d’apprentissage, de formation continue ou d’activités, toujours plus de grilles et de « mesures de sécurité ».

Dur dur d’être geôlier…

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Fleury-Mérogis : 123 détenus de la prison  refusent de regagner leur cellule.

Selon l’Express : 123 détenus refusent ce jeudi midi de regagner leur cellule, indique la direction de l’administration pénitentiaire. Le syndicat pénitentiaire FO précise que les Eris, les forces d’intervention spéciales chargées de rétablir l’ordre dans les prisons, sont mobilisées. Une équipe était déjà sur place, en situation de renfort sur un autre bâtiment de la prison.

Prison de Valence : une centaine de détenus refuse de rentrer en cellule.

Ces détenus font partie des deux quartiers maison d’arrêt. Les ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité), ont été appelées pour rétablir l’ordre dans l’établissement.

https://www.francebleu.fr/…/a-la-prison-de-valence-des-dete…

Nantes : Les détenus refusent de réintégrer leur cellule.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/prison-nantes-detenus-ont-refuse-reintegrer-leur-cellule-1406541.html

Haut-de-France : Maubeuge, Sequedin et Longuennesse…  

Voir ici : https://attaque.noblogs.org/post/2018/01/23/maubeuge-sequedin-et-longuennesse-haut-de-france-revolte-a-la-prison-contre-le-mouvement-dhumeur-des-matons/

 

…Il y aurait aussi du mouvement sur Villefranche-sur-Saône,  Varennes-le-Grand et Laval, où les conditions se sont dégradées suite au mouvement de grève des matons…

Palaiseau – Quadruple évasion au centre de rétention !

D’après un article publié le 17 janvier 2018 sur le site du Parisien, quatre hommes ont réussi à s’évader du centre de rétention administrative de Palaiseau, dans l’Essonne.

Dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 janvier, ils auraient scié les barreaux d’une fenêtre et constitué une sorte d’échelle de draps noués. « Une image digne des Dalton, les célèbres bandits de la bande dessinée Lucky Luke », dixit le journaliste du Parisien.

Voilà bien une information réjouissante, en espérant que les quatre évadés continueront leur route sans encombres. Les quatre sont recherchés par la police, qui continue de faire son sale taf de tri « social » entre pauvres et riches, entre Français.es et étranger.es.

source : Paris Lutte

https://zamdatala.net/category/blog/page/3/

Xosé Tarrío González – En tu memoria

Le 2 janvier 2005, mourrait le compagnon Xosé Tarrio. Xosé Tarrío González est né en 1968 à La Corogne, en Espagne. À l’âge de 11 ans, il est entré dans l’internat pour des raisons familiales, mais a réussi à s’échapper à plusieurs reprises. À l’âge de 14 ans, il est condamné a rester dans une maison de correction pour un vol de petite envergure, dont il s’est évadé à plusieurs reprises. Jusqu’à 16 ans, il se retrouve dans une maison de correction spéciale sur ordre du juge. À 19 ans, il rentre en prison pour purger une petite peine. Dès lors, il est contraint de subir le harcèlement le plus inouï dans les sections spéciales des prisons espagnoles, dont les conditions bestiales ont conduit Tarrío a cumuler condamnations sur condamnation pour un total de 71 ans de prison. Le compagnon a été l’un des premiers a expérimenter sur sa propre peau les tortures physiques et psychologiques appliquées dans les Ficheros Internos de Especial Seguimientos (FIES) sections spéciales dans les prisons spéciales, établies par le Parti socialiste espagnol. Il a été libéré en mai 2003 après avoir passé 16 ans en prison, dont plus de 10 en isolement dans le régime FIES de première instance. Il est arrêté à nouveau en septembre 2003 et également blessé, il subit un nouveau passage à tabac dès son entrée. En juin 2004, sa santé s’est détériorée à la fois en raison d’un sida en phase terminale et d’un infarctus cérébral que les médecins de la prison ont diagnostiqué comme une grippe. Il a été admis à l’hôpital, très tard, seulement le 28 juin. Là, ils le firent sortir immédiatement, mais sont obligés de l’hospitaliser à nouveau le 8 juillet pour la paralysie de la moitié du corps, la perte de mémoire et de la capacité de parler. Il convient de souligner que les gardes ont continué à le torturer même dans ces conditions, le gardant menotté au lit d’hôpital. Ce n’est que le 17 août qu’il a bénéficié d’une libération conditionnelle, mais reste hôpitalisé depuis.
Dans un coma profond depuis le 20 octobre, il est décédé le 2 janvier 2005.
Il est mort en prison!

 

EN TU MEMOIRE XOSE ‘TARRIO
PORQUE LA DIGNIDAD
NO ENTIENDE DE MUROS

 

roundrobin.info

 

Xosé Tarrío est mort le 2 janvier 2005… Même mort, les autorités ont refusé de rendre le corps de Xosé à sa famille, jusqu’à ce qu’elle porte plainte … En plus de sa santé, de sa liberté et de sa vie, Xosé devait le tribut de sa mort et de son corps à l’État … Ils ne lui ont jamais pardonné d’avoir écrit le livre Huye, hombre, huye, parce qu’il y cite les noms des tortionnaires, les dates et les lieux des sévices. Parce qu’il donne aussi un visage et un nom aux rebelles et à la révolte… Il donne une voix à ceux que l’on nie et que l’on n’écoute jamais … Il décrit avec une précision millimétrique les entrailles et les ressorts de la Bête Carcérale… Un témoignage empli de sentiments, d’émotions, de pensées et d’événements qu’il a eu la patience et le courage de recueillir et de publier… Un livre qui a servi à ouvrir les yeux de beaucoup et à lever le voile pour d’autres… Un livre qui met à nu ce symbole de la «Justice» comme une femme avec une balance et un bandeau sur les yeux ; en réalité une prostituée qui le fait contre de l’argent, sans scrupules, avec ceux qui en ont envie, c’est ainsi … Un livre qui est un «J’accuse» contemporain, un nous accusons, un nous parlons et nous disons tout ce qui est caché, enfermé, tû, manipulé, nié … Oui, Xosé … les (proxénètes) de cette Dame munie d’une balance, d’un bandeau et d’une épée ne t’ont pas pardonné d’avoir révélé qu’elle est en fait une prostituée exploitée qui travaille pour de l’argent et pour le pouvoir ! … Nous savons toutes et tous que cette « dame » sert les intérêts des puissants, aussi sales et criminels soient-ils, ou justement parce qu’ils sont ainsi … La Justice ! Qu’est-ce que c’est, Xosé ?…Lorsqu’après tant d’années tu as été remis en « liberté », tu croyais peut-être que les gens qui savaient tout cela et voyaient les choses comme toi agiraient comme tu pensais … Mais il est bien plus complexe de conjuguer et de coordonner le je, le tu, le nous et le vous dans la praxis qu’en théorie, au niveau individuel comme collectif. C’est une équation Temps-Circonstances… On dit que qui espère, désespère … et tu es sorti plein d’espoirs et de désespoirs, de rêves et de cauchemars, d’illusions et de projets … A la fin, la « boule de couleurs » s’est brisée entre tes mains et, avec elle, les espoirs, les rêves, les projets et les illusions … et tu t’es enfermé sur toi : seul avec tes solitude, tes souvenirs et tes désespoirs … Désespéré et seul … nous t’avons tous laissé seul, Xosé … Impossible de partager ce qui n’a pas été vécu et senti … on ne peut socialiser ce qui est individuel, comme on ne peut montrer ce qu’on ne peut pas voir ou vivre… La suite ici : http://toutmondehors.free.fr/publications/b1/Broch1.pdf

Extrait de la brochure Bouts de chemin (Recueil de textes de Gabriel Pombo Da Silva)

 

Israel lance un programme d’expulsion de dizaines de milliers de migrants

Israël a annoncé ce mercredi le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40.000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération.

http://www.bfmtv.com/international/israel-lance-un-programme-d-expulsion-de-dizaines-de-milliers-de-migrants-1340759.html#xtor=AL-68

Les mouvements de femmes en Turquie : entre émancipation et instrumentalisation

 …
Dans l’Empire ottoman, à partir de la fin du XIXème siècle, de plus en plus de femmes sortent de l’espace domestique pour prendre la parole en public. Plusieurs revues sont créées, dont certaines par les minorités : des Arméniennes, des Juives, des Kurdes, des Grecques. Il existait alors une trentaine d’associations de solidarité entre femmes, qui portaient la question du féminisme. Les luttes féministes, valorisées quand elles étaient associées au combat pour l’indépendance, se sont retrouvées instrumentalisées dans une conception symbolique qui les lie à la nation moderne, via des stratégies éducatives, politiques et religieuses. Dans le discours nationaliste à l’intérieur de l’Empire ottoman, l’émancipation de la femme est le symbole de la colonisation, contre laquelle il faudrait définir une autre vision de la femme, à la fois nationale, moderne et « authentique ». Au sein du mouvement – nationaliste et moderniste – des Jeunes-Turcs, la situation des femmes était la question par excellence qui opposait « occidentalistes » d’une part et « islamistes » d’autre part.
 …
Dans l’Empire ottoman, dans nombre d’espaces publics, un rideau séparait les hommes des femmes. Mustafa Kemal interdit cette séparation des sexes en décembre 1924, peu de temps après avoir proclamé la république de Turquie. Atatürk glorifia, lors de ses tournées d’autocélébration dans le pays, « le sens du sacrifice » de la paysanne anatolienne, sa pudeur ou son patriotisme. La république s’est inscrite dès son apparition dans un système politique militariste, consolidant sa légitimité au moyen d’un langage mythico-religieux. Parallèlement, le processus de modernisation valorisa les femmes instruites, les jupes courtes et les cheveux dévoilés ; l’égalité ou l’autonomie n’étant pas au programme… De plus, le parcours des filles adoptives de Mustafa Kemal illustre le caractère patriarcal du projet « républicain », notamment celui de Sabiha Gokcen. Première femme turque pilote de guerre et symbole de l’héroïsme au féminin, elle a participé aux bombardements des rebelles kurdes, à Dersim, en 1938.
 
Entre les années 1960 et les années 1980, au sein des mouvements contestataires, d’obédiences marxistes-léninistes, le modèle de la « femme révolutionnaire » prend le relais de celui de la « femme républicaine ». À la suite du coup d’État de 1980, nombre de femmes participent activement aux cercles de solidarité organisés en soutien à leurs camarades ou maris emprisonnés, contre la torture policière systématique, les conditions de détention, et les lois répressives. D’autre part, cette agitation féministe, qui n’est pas encore considérée comme dangereuse par le pouvoir, trouve un espace moins risqué pour exister politiquement. Les femmes réussissent à mettre en question publiquement des sujets comme la sexualité, le corps, le mariage, la reproduction, la famille, etc., qui étaient perçus comme relevant du domaine privé, non politique. En effet, après que les hommes furent emprisonnés, bien que psychologiquement abattues, elles étaient « libres» de partager leurs vécus des rapports sociaux de sexe dans leurs organisations politiques.
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Cette autonomisation fait naître un nouveau cycle de luttes, servant d’incubateur à l’apparition de différents mouvements libertaires, écologistes, antimilitaristes, LGBT, etc., à partir des années 1990. Ces nouveaux groupes ouvrent les débats sur l’autorité, les dominations, la violence, les pouvoirs. La spécificité du régime répressif turc se trouve dans la définition constitutionnelle de la citoyenneté républicaine, qui fait qu’on ne peut s’écarter de la norme, et ce dans tous les domaines : ethnicité, relations entre les sexes, modes de vie ou encore tenues vestimentaires. C’est sûrement la raison pour laquelle il existe une alliance entre les mouvements kurde, arménien, antimilitariste, féministe, libertaire, etc., où la rencontre entre ces groupes se réalise autour de l’apprentissage des luttes communes et des apports successifs de l’espace de la « résistance » à l’autoritarisme rampant du régime islamoconservateur d’Erdoğan et de son parti l’AKP.
 …
Extrait de NUNATAK
NUMERO DEUX (Automne/Hiver 2017-2018 )
Disponible ici : https://revuenunatak.noblogs.org
 …
1 Le génocide arménien et les nettoyages ethniques à l’encontre des minorités vont saper pour un long moment cette hétérogénéité dans la lutte.
2 Dirigeant du mouvement des Jeunes-Turcs, puis chef militaire lors de la guerre « d’indépendance », après la défaite de l’Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale. De là vient son statut patriarcal d’Atatürk, le père des Turcs.

Quelque chose qui manque

« …nous risquons d’atteindre le pire à empruntant des parcours pas clairs, mais puisque pour le moment toutes les routes nous sont barrées, il ne dépend que de nous de trouver une issue de secours justement à partir de là, en refusant de céder à la moindre occasion et sur tous les plans ».
 ***
Il y a quelques décennies, lors des désordres qui ont éclaté à Brixton en Angleterre, il est arrivé à certains compagnons de se retrouver au milieu de la tempête. Les affrontements étaient en train de se dérouler juste devant chez eux. Que pouvaient-ils faire d’autre, sinon descendre dans la rue pour se joindre aux révoltés ? C’est ce qu’ils ont essayé de faire, sans y parvenir. De fait, les révoltés les ont repoussés plutôt brutalement. Des anarchistes ? Et c’est qui, ça ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils ne sont pas des nôtres, ils ne parlent pas la même langue que nous, ils n’ont pas notre couleur de peau, ils n’ont pas des vêtements comme les nôtres, ils n’ont pas les mêmes codes de comportement que nous. Face à l’explosion d’émeutes aveugles et inconsidérées, il ne suffit pas d’être anarchistes pour rester en première ligne.

Briques par briques

Extrait de Brique par brique, se battre contre la prison et son monde

Quelques remarques autour de la lutte contre la prison

La capacité d’adaptation de l’être humain dépasse toute imagination. On peut placer un homme dans quasi n’importe quelle condition, même dans des conditions où il n’y a que la mort comme fil rouge de l’histoire, qu’il parvient encore à s’adapter, à accorder son comportement au diapason du milieu hostile.
D’un côté, cette capacité est extraordinaire et fait de l’être humain sa spécificité en tant qu’être humain. De l’autre côté, elle est infiniment tragique, car le pouvoir n’y rencontre pas seulement des adversaires implacables, mais aussi la résignation qui, en fin de compte, est justement le souffle de vie, soit-il putride, du pouvoir lui-même.
Certains diront qu’il s’agit là de l’instinct de survie, d’autres se référeront à la créativité inépuisable dont l’homme a fait preuve à travers l’Histoire en matière de faire s’agenouiller et d’enchaîner son prochain. D’autres encore puiseront du courage dans la résilience que marque la révolte humaine face aux conditions insupportables. Quoi qu’il en soit, en prison, on retrouve tout ça de manière concentrée. Mais est-il possible de critiquer la prison sans immédiatement parler de sa génitrice, cette société basée sur l’autorité et le pouvoir ? Rien dans ce monde ne peut être considéré en soi. Toute notre vie est liée à celle des autres (même, voire surtout, à un niveau conflictuel), tout comme l’ensemble des structures de la société qui ont été érigées au nom de son bien-être – nous parlons bien du bien-être « de la société », le distinguant de celui des individus qui en font partie – sont liées entre elles. La structure physique d’un hôpital, d’une école, d’une maison de repos ou d’une usine ressemble à celle de la prison.

Prison de Fleury-Mérogis : Il essaye… de sortir !

Il a réussi à passer le premier cordon de sécurité, mais il a été repris en quelques dizaines de minutes. Ce dimanche matin, un détenu a tenté de s’évader de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis ce dimanche vers 9h30.
L’homme de 19 ans « se trouvait dans la cour de promenade et il a réussi à en sortir », précise Thibault Capelle, du syndicat FO Pénitentiaire, qui assure qu’il s’agit d’un fait « assez rare » à Fleury. Une équipe d’intervention a finalement « récupéré le détenu sur le chemin de ronde, interne à la prison, environ 20 minutes plus tard et sans difficultés », a-t-il ajouté.

L’homme, qui a fait plusieurs passages en quartier disciplinaire, faisait l’objet de strictes consignes de sécurité, notamment lors de l’ouverture de sa cellule, située dans le bâtiment D 5.
A cause de cette tentative d’évasion, toute la maison d’arrêt a été bloquée. Une trentaine de détenus ont refusé quelque temps de réintégrer leur cellule pour protester contre le fait qu’ils aient été privés de leurs deux heures de promenade. La situation est redevenue totalement calme ce dimanche vers 13 heures.

Le Parisien

Limoges : Feux d’artifice contre les prisons !

À celles et ceux qui peuplent toutes les bastilles de ce foutu pays,
Hier soir, alors que le premier de la classe enfumait en flagrant déni la masse hypnotisée par la télé, à grandes lâchées de « collectif » et de « fraternité ».
Nous, mutiné·e·s de cette société euthanasiée, avons lancé au ciel de nouveaux feux d’artifice en direction des condamnés de la Maison d’Arrêt de Limoges, des enfermé·e·s et toutes les personnes dont la mise à l’ombre enrichit les exploiteurs et donne bonne conscience à la majorité.
On vous souhaite force et courage.

Et puis il y a vous : Sodexo, Legrand, SIGES, Pocheco, GEPSO [en realité GEPSA; NdAtt.], Labeyrie, Polyfacon, la RIEP, et tous ceux qui sous couvert d’« insertion » vivent et abusent du travail sous-payé, sans droits, sans moyens de se défendre collectivement. On sait bien que l’exploitation ne commence pas en prison et que ceux qui s’enrichissent sur le dos des exploité·e·s, bousillent aussi les vies des « travailleur·se·s libres ».

Mais sur le dos des 70 000 détenu·e·s de France, ils prétendent avec le sourire vous aider à « préparer votre libération ».
Qu’ils ne trompent plus personne. À eux la honte, aux prisons la ruine. À vous la liberté. À nous de construire des solidarités.

LPPF

- P.S : Et sinon, le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris, ça va tranquille la fabrication de 200 lits de CHRS par le SEP, qui vend la force de travail des prisonniers au plus offrant ?
- P.S. 2 : Aux deux personnes qui se sont exclamées,
- P.S. 3 : À tous ceux qui auraient pu prolonger notre liste d’exploiteurs : mangez vos morts !

Source : Indymedia Grenoble

Paris – Audience en appel de notre camarade Alfidel, condamné à un an de prison pour squat

 Alfidel est emprisonné à Fresnes depuis le 25 octobre pour une tentative de squat, considérée par la justice comme une tentative de cambriolage.
La demande de mise en liberté a été rejetée, et l’appel a été renvoyé au 15 février à la demande de la défense. À savoir qu’un permis de visite initialement refusé a été obtenu à l’audience. Merci à tous ceux qui sont venus soutenir Alfidel !

Pour rappel, nous racontions dans un précédent texte :

Le mardi 24 octobre, plusieurs camarades ont tenté de rentrer dans une maison inoccupée afin d’y élire domicile. Malheureusement, la surveillance bourgeoise de la propriété privée n’ayant pas de limites, la maison était équipée d’un système d’alarme. Tous les camarades ont réussi à prendre la fuite sauf l’un d’eux qui, resté en arrière s’est fait attraper par les condés et placer en garde à vue pour tentative de cambriolage, alors même que les propriétaires aient eux-mêmes reconnu que rien n’avait été volé. Alfidel avait été expulsé deux semaines plus tôt de sa maison et sans autre solution matérielle, il cherchait un nouveau toit.

Le camarade engeôlé est un réfugié tchadien qui a été débouté de sa demande d’asile, comme plus de deux tiers de ceux qui en font la demande. Il a fui le Tchad car il a notamment participé à la rébellion contre le dictateur Idriss Deby. Alfidel vient d’un pays où être opposant politique le place immédiatement en danger de mort, mais Deby étant un fidèle allié de la France, il est diplomatiquement impossible d’en faire un pays « dangereux » et donc refuse facilement les demandes d’asile de ses ressortissants. La France se sert du Tchad comme base logistique pour conforter sa présence dans la région et envoyer différentes missions de « maintien de la paix » dans les pays proches. En échange de quoi elle fournit armes, formations et appui militaire quand le régime de Déby vacille.

Alfidel a été jugé en comparution immédiate. Le camarade n’ayant ni papier, ni logement, ni travail déclaré, il a écopé d’une peine d’un an de prison ferme et est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes en attendant le procès en appel qui aura probablement lieu en fin d’année. Il a été jugé par un juge particulièrement répressif qui a coutume de distribuer des peines de prisons pour des délits mineurs, ce dont même les directeurs de prison s’en plaignent. On assiste à une répression de plus en plus sévère des personnes mal logées qui cherchent à squatter : peines de prison, préventive et amendes pleuvent et nous devons réagir avant que cela ne devienne la norme.

Depuis, Alfidel a effectué une demande de mise en liberté et a fait appel de sa condamnation, la date vient de nous être communiquée : il sera rejugé entre les fêtes, le pire des moments pour bénéficier de soutien.

Nous appelons à tout faire pour contrer cette stratégie visant clairement à enterrer l’affaire, en étant nombreux à le soutenir face à la justice le 28 décembre à 9h, salle René Cassin devant le pôle 8-chambre de vacation de la cour d’appel de Paris, métro Cité.


Libérons Alfidel et tout.e.s les autres !
Pas de papiers et des palaces pour toutes et tous !
Fermons les prisons !
Ouvrons des squats !

 

Source : Paris Lutte Info

Ne restons pas les bras croisés

Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.

Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.

Suisse – Grève dans la prison de Thorberg

Depuis vendredi dernier (17.11) à la prison de Thorberg dans le canton de Berne, environ 50 prisonniers font gréve. Selon les médias bourgeois, ils exigent un salaire plus élevé, plus de sphère privée et une meilleure nourriture.

Lundi, une unité de police encagoulé a attaqué plusieurs cellules et emmené neuf grévistes. Selon les médias bourgeois, quatre sont dans les cellules d’isolement («Bunker») et pour les cinq autres ont ne serait pas où ils les ont emmenés. Tous les autres détenus ont été privés de l’accès de cantine, à l’heure de promenade et à d’autres choses. Selon les journaux bourgeois (mercredi 22 novembre), 40 autres prisonniers entament une grève de la faim.

En Suisse, les personnes en prison sont forcées de travailler. Pour un salaire ridicule. Les entreprises en profitent et font produire et emballer leurs produits en prison. Ainsi, ils peuvent maintenir des coûts de production bas.

Les raisons d’une grève il peut y en avoir en abondance, malheureusement toutes les informations proviennent uniquement des journaux bourgeois. Ceux-ci faussent souvent les protestations ou les rapportent très brièvement et évidemment informent du point de vue de l’état et non de ceux qui luttent. En tout cas, l’information serait très intéressante du point de vue des grévistes.
Nous nous solidarisons avec les luttes autodéterminées contre les galères de toutes sortes et aux grévistes nous souhaitons beaucoup de force dans leur lutte.

Puisque les prisons sont principalement engagées à rester isolées du reste de la société, il est important, encore plus en période de révolte et d’insurrection dans les prisons de tous type, de soutenir ces dernières et de les défendre de l’autre côté des murs.

 

Source : barrikade.info

Val di Suse: Contre la militarisation de la frontière

Ces dernières semaines, les conditions climatiques dans le haut Val di Susa sont devenues très dures, malgré cela chaque jour des dizaines de personnes sont toujours prêtes à perdre la vie en essayant de traverser la frontière.

La plupart d’entre eux essaient de passer sans doute par des moyens moins dangereux, comme le train ou le bus, mais sont arrêtés par la gendarmerie, chargés sur les camions et renvoyés à la gare de Bardonecchia qui n’est souvent pas la gare d’où ils sont partis.

Ce jeu macabre avec des personnes qui, après des chemins épuisants, sont prises et jetées dans le haut Val de Suse peut conduire à un épilogue dramatique à tout moment.

Une militarisation accrue de la zone ne ferait que rendre le passage encore plus illégal, augmentant encore le risque pour ceux qui sont prêts à donner leur vie pour passer (la frontière, ndt).

Ce n’est pas en militarisant davantage la frontière que les morts sont évités, mais uniquement en ne laissant pas les seuls touristes à pouvoir décider librement quelles montagnes visiter.

Qui doit vraiment être arrêté (on préférera stoppé…, ndt) est celui qui patrouille en uniforme la frontière française et encore plus qui au chaud au Parlement européen est le cynique responsable de ce théâtre.

Pour un monde d’égal dans les mille différences.

Extrait de hurriya.noblogs.org

LES JUSTICIERS

Ci-dessous le texte d’un tract diffusé à Buenos Aires en solidarité avec trois compagnons (Diego, Pablo et Pilar) arrêtés lors de la révolte du 14 décembre 2017.

LES JUSTICIERS

Demander justice dans cette société policière, c’est uniquement demander de la prison. C’est déléguer le fouet, la torture et la guillotine. Demander à son tour jugement et punition à l’Etat, ça revient à demander à Dieu de purifier par les flammes les pécheurs. C’est demander aux juges d’ordonner de réprimer et ensuite de réclamer justice pour l’assassinat d’un manifestant par la police (ou une quelconque autre force) qui a elle-même réprimé en suivant les ordres des juges. C’est une hypocrisie totale et une infâmie. Un président, un politicien, un religieux, un patron, un homme d’affaires, un capitaliste, un juge, un policier, un maton, un travailleur conformiste ou aspirant au pouvoir n’attaquera jamais son travail, mais le défendra et le justifiera. Croire cela reflète seulement le bon travail réalisé par le système pour domestiquer, immerger et rendre conforme à ses croyances.

 

La loi et l’ordre sont inventés et soutenus afin de justifier les privilèges du capital, de l’Etat et de la religion qui nous oppriment tous les jours. Le justicier veut se venger du vol de ses biens, de l’humiliation et de la pensée différente de sa religion, du fait de ne pas respecter son pouvoir, de se rebeller contre son autorité, de ne pas s’adapter à son système terrestre et divin. Le citoyen dévolu à la justice réclame, qu’en payant ses impôts chaque jour, est maître des forces de sécurité qui méritent le respect et réagissent immédiatement contre ceux qui violent la propriété et attentent à leurs vies ou à celles de quelqu’un qui les intéressent. Ils pensent toujours (en bons patrons) qu’ils serait de meilleurs vengeurs et feraient mieux le sale boulot que ses employés payés par leur impôts. Et s’ils n’obtiennent pas cela, ils se sentent usés et frustrés. Mais ils gardent malgré tout confiance en la loi et espèrent qu’un jour il y aura une justice terrestre ou divine.

[G20 Hambourg] La police allemande traque les manifestant.e.s et appelle à la délation

104 personnes recherchées par la policeLa police annonce sur son site internet chercher à identifier 104 personnes, dont elle publie des photos : l’objectif est donc d’obtenir des noms par délation. D’autres photos et vidéos seront probablement encore publiées dans les prochains jours. 
Ces images ont été en partie prise par la police elle-même, ou proviennent d’images de vidéo-surveillance. Mais une partie a aussi été récoltées auprès des centaines de personnes qui ont répondu à un appel à témoins sur un site internet officiel, créé par la police juste après le sommet.54 policiers recherchés par les autonomesEn réponse à cet appel à la délation, des autonomes ont décidé de publier sur le site de.Indymedia.org les photos de 54 policiers impliqués l’année dernière dans l’expulsion du vieux squat berlinois rigaerstrasse 94. Les camarades allemands appellent à communiquer toute information concernant les adresses des flics, ou les bars où ils trainent. Ces publication ont évidemment immédiatement été condamnées par les syndicats de flics.

Prudence

Faites attention, à partir de lundi 18 décembre 2017 (et de manière générale) des précautions sont à prendre si vous visitez le site de la police de Hambourg :

-  Si vous visitez la page d’avis de recherche, faites le de manière anonyme. Utiliser Tor, ou encore mieux Tails, car il est déjà arrivé que les flics enregistrent les adresses ip des personnes qui se connectent à leur site

-  Dans le cas où vous reconnaissez des ami-es sur des photos, ne paniquez pas, et surtout : taisez-vous !!!. Si vous voulez en discuter avec vos proches, faites-le uniquement en direct (et surtout pas au téléphone, sur facebook, dans des bars ou tous les lieux publics ou militants…)

Italie – Autour des luttes spécifiques et la récupération

Nous ne pouvons pas abandonner la critique

Notes sur le mouvement NO TAP

Depuis quelque temps, nous ressentons le besoin d’exprimer quelques réflexions sur ce qu’est une partie de l’opposition au Tap. Dans une course tourbillonnante, pauvre, il nous semble, en réflexions intéressantes, nous voyons des initiatives répétées qui mêlent des contenus et des pratiques récupérant le tout dans un chaudron réformiste.

Bonanno – Que faire de l’antifascisme ?

Parce que la lutte vitale n’est pas seulement contre les fascistes en chemises noires [3] du passé et ceux du présent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses éléments d’appui qui nous oppriment, même lorsqu’il porte la figure laxiste et tolérante de la démocratie.

Paris – Rafle au Bois de Boulogne

A

http://ma.lumiere.rouge.blogs.liberation.fr/2017/12/20/rafle-au-bois-de-boulogne-la-nuit-derniere/

Lille – A.C.A.B

Deux personnes blessées et deux autres tuées percutées par un TER après avoir été pourchassées par la BAC de Lille vendredi soir.

Dans la nuit du Samedi 16 au dimanche 17 à Lille-Fives. Au moins 5 voitures sont incendiées au métro Caulier et Fives, d’autres sont endommagées, une personne aurait été arrêtée.

Dimanche dans l’après-midi un jeune homme posé sur la place Degeyter croise une patrouille de la  CRS, il se fait courser par ces derniers et rattrapper par la BAC, après avoir dit à ses amis « tiens voilà les assassins ». Il prendra 6 mois ferme en comparution immédiate le lendemain pour « outrage et rebellion » et tentative d’évation (pour avoir tenté de s’échapper des urgences où il avait été emmené suite aux blessures infligées lors de l’arrestation), le proc avait initialement demandé 4 mois avec mandat de dépôt + 2 mois avec sursis.

http://www.lavoixdunord.fr/283041/article/2017-12-18/condamne-apres-avoir-insulte-des-crs-dimanche-place-degeyter

 

Ah la tolérance !

La démocratie au scalpel: la tolérance

« Lorsque les mots perdent leurs sens, les gens perdent leur liberté », voilà ce que disait, il y a fort longtemps un penseur chinois qui a usé abondamment et avec précision des mots, mais dont les apports pour la liberté restent discutables. Sa place est parmi les affabulateurs de toujours qui parlent de la liberté comme quelque chose que l’on possède déjà (et qu’il s’agit simplement de conserver), afin de conjurer le risque que les gens luttent pour la conquérir ; parmi ceux qui utilisent les mots pour empêcher les actes. Aujourd’hui de nombreux mots perdent leur sens comme les arbres leurs feuilles, ils perdent leur puissance, leurs capacités à faciliter notre compréhension du monde, des événements, des êtres qui nous entourent ; et cela est un problème. Mais un autre problème c’est que certains aient le pouvoir de manipuler le sens des mots, de faire en sorte qu’ils ne signifient plus autre chose que ce qui les arrange, que ce qui conforte leurs positions. Prenons la tolérance, par exemple.

Un année à faire du bruit

Été 2017 – Minnesota

Le texte qui suit a été écrit durant l’été 2017 à Twin Cities (ou „villes jumelles“, à savoir Minneapolis et SaintPaul, dans le Minnesota, au nord des Etats-Unis) et publié anonymement sur le site de contre-info Conflict MN. Il arrive à la suite de plusieurs mobilisations antifascistes dans les environs, qui, comme on le verra dans l’article, sont en perte de vitesse. Ce texte examine la dynamique des manifs contre les prisons à Minneapolis comme source potentielle de renouvellement pour le mouvement autonome. Twin Cities est certainement une région du monde fortement pacifiée, où les conflits sociaux sont des événements exceptionnels. Nous proposons d’explorer les possibilités de rendre plus nets les antagonismes, dans l’espoir que ce texte puisse servir d’inspiration pour d’autres qui luttent dans des contextes pacifiés similaires dans le monde.

12/12/2017 – Calais : Les CRS reçoivent un peu de la rage qu’ils sèment…

Ce mardi, aux alentours de 12 h 15, une quinzaine de migrants ont lancé des projectiles en direction de CRS en patrouille zone des Dunes. Un véhicule de police a été endommagé lors de l’incident.

La voix du nord

 

 

repris du blog d’attaque.noblogs.org

21 décembre : Journée de solidarité avec la compagnonne incarcérée à Cologne

Le 21 décembre, nous appelons à laisser libre recours à notre imagination et à exprimer notre solidarité sous de multiples formes. Une fois de plus, nous montrerons que nos compagnon.ne.s incarcéré.e.s ne sont pas seul.e.s mais bel et bien présent.e.s à nos côtés dans les rues.

Ils veulent même ériger des murs encore plus hauts entre nous, non seulement faits de béton et d’acier, mais aussi de solitude et d’isolement. Et ces murs, nous voulons les détruire, par amour, affection, rage et solidarité pour notre compagnonne Lisa.

Vous pouvez envoyer photos et vidéo à l’adresse : solidaritatrebel@riseup.net

Lire le texte d’appel en anglais

Plus infos sur l’affaire des braquages à Aachen et la solidarité active avec les inculpé.e.s

repris de sansattendre.noblogs.org

Besançon – Le père Fousseret est une ordure.

Ci-dessous une affiche collée dans les rues de Besançon, en solidarité avec les migrants, les pauvres et autres indésirables qui font face au rouleau-compresseur du capital et de l’autorité ….


Le père Fousseret est une ordure.

A Besançon, les cadeaux aux riches du père Fousseret, ce n’est pas qu’à Noël qu’ils tombent, mais toute l’année ! Par ses projets mégalo, les géants de la construction (Vinci, Eiffage…) et promoteurs immobiliers (SMCI, Nexity, ICADE, etc…) se gavent, tandis que pour les pauvres, c’est expulsion, harcèlement et matraquage policier, prison ou morgue qui les attendent. Le bonheur des uns fait le malheur des autres, comme dit le proverbe. Mais il serait temps que ce malheur se transforme en rage contre les affameurs.

Après l’inauguration des « Passages Pasteur » en plein centre (complexe d’appartements haut-de-gamme et centre commercial), les projets immobiliers se multiplient partout à Besançon. Partout, mais essentiellement aux alentours des stations et voies du tramway. Est-ce si étonnant que ça ? Pas vraiment, puisque les modes de transports « doux » et rapides sont des arguments de taille pour attirer les investisseurs et construire tout autour des immeubles d’habitation de luxe, destinés à loger de nouveaux arrivants fortunés. Si le centre-ville est une forteresse pour les riches, avec son lot de flics, de militaires et de caméras, les quartiers alentours n’échappent pas à cette même logique d’embourgeoisement. Sur la nouvelle ligne de bus rapide entre la gare TGV et le pôle de techno-science Temis, un éco-quartier est en cours de construction en lieu et place de l’ancienne caserne Vauban. Du côté des Vaîtes, secteur urbain en pleine transformation depuis la mise en place du tramway, un éco-quartier est aussi prévu, tout comme dans le secteur Brûlard, qui était caractérisé encore récemment par des liens solides de solidarité entre les habitants. Qui dit éco-quartier dit commerces pour personnes friquées, plus de surveillance et mixité sociale : on disperse les pauvres, vus comme des « populations à risque » afin de les isoler encore un peu plus et de briser les solidarités entre opprimés. On y met également quelques locaux pour artistes, histoire de donner un vernis culturel. De même, au 52, rue Battant, la mairie donne un local d’exposition et de travail aux nouveaux entrepreneurs, afin d’œuvrer pour l’aseptisation urbaine des quartiers pas assez clean pour les riches.

La menace d’expulsion qui pèse sur le Bol d’Air, local commercial au 24, rue d’Arènes (quartier Battant) vide depuis plus de deux ans et occupé par le collectif d’aide aux migrants SolMiRé, rentre dans cette même logique de guerre aux pauvres. Le propriétaire, la SMAIB (1, place de l’Europe à Besançon), dont la ville est actionnaire majoritaire, a en effet fait part au collectif début décembre de son intention de l’expulser et de lui faire payer cette occupation illégale par des jours-amende s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Ses intérêts sont défendus par Jean-Yves Grosjean (son cabinet est situé au 14, rue de
l’Espérance à Besançon). Le 12 décembre, le procès a été reporté au 9 janvier 2018, laissant un peu de répit au collectif et aux migrants. Mais faudrait-il attendre ce jugement dans le calme, en restant spectateurs de cette politique répugnante de la mairie ? Que nenni ! il est nécessaire de faire connaître au plus grand nombre la politique
immonde de la mairie qui, alors que les fêtes de fin d’année approchent, dépense des centaines de milliers d’euros dans des décorations ayant pour but de créer un cadre propice à la consommation de masse et faire rentrer les capitaux. Si cette expulsion obéit d’une part à la logique de la propriété, il s’agit d’autre part de s’en prendre à la solidarité avec les personnes migrantes et une fois de plus aux pauvres. Organisons-nous, luttons sans médiation contre ces projets qui nous étouffent ! Attaquons-nous à la misère, pas à celles et ceux qui la subissent !

Pas de cadeaux pour le père Fousseret et ses acolytes !

Que cette nouvelle année soit chaotique pour la mairie et tous les
responsables de cette misère !

 

sansattendre.noblogs.org

Paris : Récit d’un rassemblement solidaire avec les migrants et contre un collectif anti-pauvres

 

Lundi 18 décembre 2017, un autoproclamé « Collectif des habitants associés Jaurès / Stalingrad / Flandres / Quai de Jemappes » appelait à un rassemblement devant la PADA [1] au métro Jaurès.

Ils/elles entendaient dénoncer la dégradation du quartier causée selon eux/elles par la présence des migrant-es, tout en se cachant derrière un discours humaniste, dénonçant également les conditions de non-accueil de ces dernièr-es.

Mais, ne nous y trompons pas, la fine couche de vernis humaniste masque mal leurs réelles intentions : défendre leurs intérêts de classe, balayer la misère devant leurs portes.

Leur discours est le même que celui d’associations « anti-pauvres » de quartier comme Action Barbès, SOS La Chapelle ou encore La Chapelle Demain : présence de migrant-es et/ou de pauvres = insécurité et insalubrité.

Alors qu’ils annonçaient en grande pompe leur action dans les médias, c’était sans compter la présence d’une cinquantaine de personnes, venant perturber leur initiative et dont beaucoup croisées ces dernières années dans les luttes avec les migrant-es dans les quartiers La Chapelle – Jaurès.

Une banderole disant « La dignité c’est pas de parler de détritus quand les gens dorment dans la rue – Solidarité avec les migrant-es » a été déployée et des slogans criés, les empêchant de tenir leur rassemblement comme ils le souhaitaient (« No border, no nation, stop deportation », « de l’air, de l’air, ouvrons les frontières », « solidarité avec les réfugié-es », « azadi, houryia, freedom », « bobos, élus c’est vous les détritus », « les élus c’est le problème, pas la solution », « des papiers pour tou-tes ou plus de papiers du tout »).

La veille, des affiches avaient été collées sur les murs de la PADA.

Au bout d’une demi-heure, les riverains bien pensants ont remballé leur matériel et sont partis sous les huées des personnes solidaires et des migrant-es.

La solidarité est notre arme !
Liberté et papiers pour tou-tes !

https://paris-luttes.info/recit-d-un-rassemblement-solidaire-9249?lang=fr

Notes

[1] La Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile, gérée par France Terre d’Asile, est le premier lieu de contrôle, passage obligé pour les demandeur-euses d’asile à Paris. Depuis des années, des migrant-es dorment devant, dans l’attente de pouvoir commencer leurs démarches.

Hambourg, Allemagne : Entre appel public à la dénonciation et chasse à l’émeutier du G20

Lundi 18 décembre 2017, les flics de la commission spéciale « Black bloc » ont tenu une conférence de presse sous les projecteurs des médias afin d’annoncer de manière officielle que la chasse à l’anti-G20 est ouverte. Ce n’est rien d’autre qu’un appel public à la délation. Pour cela, ils ont mis en ligne sur leur site des photos et vidéos de personnes soupçonnées d’avoir pris part aux émeutes du G20 à Hambourg. Ils font ainsi recours à des auxiliaires de police bénévoles pour identifier d’éventuels protagonistes de 100 délits commis durant ces trois journées de révolte. Sur son site, la police d’Hambourg regroupe les personnes recherchées en cinq domaines d’enquête : « Rondenbarg ; Elbchaussee [1] ; Welcome to Hell [2] ; Pillages et jets de bouteilles ». A ce jour, jamais l’Etat fédéral allemand n’avait mené de chasse à l’homme publique d’une telle ampleur.

Nouvelles expulsions sauvages aux PRAHDA de Marseille : Quand la PAF et la Préf se font la justice.

Mardi 12 décembre à 9h, M. est le premier à se faire arrêter lors de son pointage hebdomadaire au commissariat de Vitrolles. Le suit de près Ibrahim vers 10h30. A 11h, on apprend que 3 autres arrestations particulièrement musclées ont eu lieu parmi les résidents du PRAHDA de Gémenos. Ils sont conduits menottés et escortés de plusieurs policiers jusqu’à leur chambre au PRAHDA pour récupérer leurs affaires personnelles.

C’est le coup de semonce et la sidération devant la violence des arrestations. « On dirait qu’on est des criminels ?! » La peur aussi.

A midi, c’est confirmé, ils sont enfermés tous les cinq au Centre de rétention (CRA) de Nîmes, avec un vol d’expulsion annoncé pour le lendemain à destination de Venise. Une retenue de confort de plus, illégale, pour s’assurer de l’exécution. Les amis marseillais et les avocats se mobilisent et une requête d’urgence est déposée. Ils décrochent une audience exceptionnelle inespérée pour le lendemain à 9h devant le Juge des libertés et de la détention (JLD).

Le soir, on appelle nos amis dans les cellules du CRA, quelques conseils, des encouragements, des infos sur ce qui peut se passer, courage, on fera tout ce qu’on peut pour vous sortir de là. Le JLD n’est pas garanti, on le sait, on connaît la chanson. Mais il y a un espoir d’obtenir une libération avant qu’ils ne vous conduisent à l’aéroport.

Mercredi 13 décembre à 9h, nouveau sale coup de théâtre de la police et c’est à l’aéroport de Nîmes Garons que les cinq garçons sont conduits de force ! Ils passent plusieurs heures dans les locaux la PAF (la Police aux Frontières). Feu l’audience !

10h : Nouveau rebondissement, la juge a maintenu l’audience en l’absence des cinq détenus. Des soutiens des Cévennes, de Nîmes, Montpellier, Avignon sont au rendez-vous. Et, c’est déjà quasi certain, ce sont des jugements de libération qui vont être rendus. Plus qu’à attendre ces jugements. Ce n’est qu’une question de temps, ça va être serré, on le sait, retenez votre souffle.

Ibrahim au téléphone depuis les locaux de la PAF. Les téléphones des camarades s’éteignent les uns après les autres, lâchés par les batteries. Leurs voix aussi, de plus en plus lointaines, qui tremblent dans les échos d’un aéroport. « J’ai dit pourquoi je ne veux pas retourner en Italie, ils ne m’ont pas écouté. »

11H : Insoutenable attente de ces jugements, qui ne sont toujours pas au greffe. Que fait la juge ? La juge téléphone par deux reprises à la PAF pour annoncer sa décision et exiger l’interruption de l’expulsion. Mais les flics se marrent. La Préfecture qui était pourtant présente à l’audience ne donne aucun contrordre : elle joue la montre en se frottant les mains.

11h50 : Une première décision est enfin rendue. Mais le vol est imminent. Il faut faxer la décision à la PAF centrale au plus vite. Et les autres ne sauraient tarder. Grouille bordel !

12H15 : Une personne libérée sur le tarmac. On ne sait pas qui, on veut pas vraiment savoir. Et les autres, allez ! c’est pas possible de libérer un seul pote sur les cinq.

12H40 : Ca y est, on a les quatre autres décisions, yallah ! Les soutiens se rendent à l’aéroport pour remettre les décisions en mains propres aux escortes, tandis que les fax sont déjà partis en préfecture, qui joue toujours au con.
Mais sur place il n’y a pas d’avion, pas les gars, pas la PAF…
Récit d’une expulsion sauvage, quand la PAF
Les chiens !

Ce soir les portables d’Ibrahim et Khabir sonnaient encore dans le vide : « Welcome to Lyca Mobile… »… la voix glacée d’un répondeur et le vide figé dans nos cœurs.

Et la rage sourde : quand les flics s’assoient sur une décision de justice… comment on qualifie ça ? On a souvent peur des mots. Aujourd’hui est bien un basculement.

STOP DUBLIN ! STOP EXPULSIONS !

repris du site mars-infos

Des trains Bayonne/Pau bloqués en soutien aux migrant-es

Un train a été  bloqué la gare de Bayonne mercredi afin d’empêcher le transfert de peronnes en procédure d’expulsion Dublin vers le PRAHDA de Pau.

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/12/19/des-trains-bayonne-pau-bloques-en-soutien-aux-migrants,2244628.php

La politique du gouvernement italien en Lybie

Ce qui se passe au large des côtes et à l’intérieur du territoire libyen est vraiment représentatif des temps ignobles dans lesquels nous vivons.
Avec le prétexte éhonté de la « lutte contre les trafiquants d’hommes », l’Etat Italien finance copieusement les chefs de guerre, les gardes et les milices (ce qu’on appelle maladroitement le « gouvernement libyen ») pour le contrôle et l’intière masse des pauvres (on préferera le mot “personnes”, ndT) en fuite. Patrouilles et refoulement sur les côtes de la Meditteranné, détention dans les camps de concentration libyens d’environ six cent mille personnes, construction d’un mur dans le désert le long de la frontière avec le Niger, le Tchad et le Mali. Les mêmes milices, enrichies depuis des mois avec les voyages du désespoir, sont maintenant payées pour les empêcher: ce sont les mêmes milices auxquelles l’ENI (équivalant d’EDF, ndT) délègue la défense armée de leurs puits. Dans les trente-quatre camps de concentration, la torture, la violence et le viol sont pratiqués quotidiennement. L’important est que les biens humains non sollicités ne perturbent pas les rêves d’ordre et de sécurité en Italie et en Europe. Le reste n’est pas notre affaire, n’est-ce pas? D’un autre côté, avec la Turquie d’Erdogan, les mêmes accords n’ont-ils pas été stipulés?

La « reconstruction » que les démocrates annoncent maintenant en Libye en échange de murs anti-migrants est la continuation de ce que leurs bombes ont commencé. Les différentes seigneuries libyennes utilisent l’arme des migrants pour partir à la recherche d’argent et de légitimité internationale. Ce que tout pouvoir reconnaît comme «gouvernement» n’est que le gang des tueurs le plus impitoyables et les plus fiables. 


Le sujet révolutionnaire

Emissions téléchargeables ici: http://hainedeschaines.free.fr/

TOUTE FRONTIÈRE EST GUERRE, TOUTE FRONTIÈRE EST PRISON

Toute frontière est imposée. Le pouvoir définit par la force l’étendue de son territoire, déterminant au passage qui a le droit d’y résider ou non. De là, il n’y a pas de « bonne » gestion des migrations (et nous n’en voulons aucune) mais un arbitraire qui se maintient et évolue en fonction des époques et selon les intérêts des puissant­es. Celle où nous vivons est marquée par un contexte de guerres et de conflits armés généralisés aux quatre coins de la planète, toujours alimenté­es par les Etats en place et des forces concurrentes qui veulent le pouvoir et le contrôle sur les populations et les richesses de tel ou tel territoire. Ces conditions forcent des millions de personnes à fuir les régions où elles habitent afin de survivre, chercher une vie meilleure et plus de liberté.
Les autorités européennes ont adapté et élargi leurs dispositifs répressifs ces dernières années afin de garder le contrôle suite aux déplacements forcés de populations. Suite aux expulsions successives de campements à Calais et à Paris, l’État a multiplié les structures différentes (CRA, camps temporaires, CAO, PRAHDA…), adaptées au tri, à l’isolement et aux expulsions des migrant­es jugé­es indésirables, afin de briser tout point de fixation et toute possibilité d’auto­-organisation. En parallèle, les dispositifs Dublin sont régulièrement renouvelés et durcis, et les États européens externalisent la gestion des frontières par des accords avec la Turquie et la Libye dans le but de stopper les personnes en amont. Plus récemment, le gouvernement a annoncé l’augmentation de la durée de rétention, portée de 45 à 90 jours, ainsi qu’un probable plan de construction de nouveaux centres de rétention. A la clé : la machine à enfermer et à expulser étend ses filets et complexifie non seulement son fonctionnement, mais aussi les manières de s’y
opposer.
Face à cette infâme chasse aux personnes migrantes, de nombreuses initiatives ont cherché à contrer l’isolement et les dispersions, notamment en ouvrant et occupant collectivement des lieux pouvant être des étapes aidantes sur des parcours, notamment dans les Hautes-­Alpes, voie de passage plus fréquente depuis que les autorités ont verrouillé la frontière à Vintimille et rendu plus difficile les passages par la vallée de la Roya.
Il n’est pas rare non plus que les frontières soient forcées, comme à Ceuta et Melila (Maroc/Espagne) ou à Calais, que des révoltes éclatent dans les centres de rétention ou que des personnes parviennent à s’en évader, que des protestations viennent déchirer le masque humanitaire des « centres d’accueil » pour montrer leur véritable fonction : celle de toute prison.

A Marseille dernièrement, les rafles se sont succédé dans certains quartiers pris pour cible par la police, rejoignant en cela les velléités de la mairie de « nettoyer » le centre-­ville pour faire place nette aux touristes et autres bourges. La RTM (régie des transports marseillais) a elle aussi pris sa part dans des opérations de contrôle qui peuvent amener les personnes prises en garde-­à­-vue, voir en centre de rétention.
De fait, la machine à expulser, allant des arrestations à l’expulsion en passant par l’enfermement, compte de multiples étapes auxquelles participent nombre d’acteurs : la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) qui gère les Établissements Pénitentiaires pour mineurs (EPM) dans lesquels atterrissent nombre de mineurs isolés étrangers arrêtés par les flics. L’Addap 13, qui se targue d’assurer le repérage et la gestion de ces mineurs pour le compte du Département. Adoma qui gère les centres de tri dans le cadre
du PRAHDA (programme d’accueil et d’hébergement de demandeurs d’asiles). Mais aussi Bouygues, qui a construit le CRA du Canet et qui se partage sa gestion avec d’autres boîtes comme Vinci (GTM Multiservice), Défi Restauration…, ou encore la
SNCF qui n’hésite pas à refouler des personnes hors des trains et/ou à les balancer aux flics.
Une des nombreuses manières d’enrayer la mécanique des expulsions pourrait être de diffuser une hostilité contre ces participants, qui se retrouvent d’ailleurs dans d’autres domaines contribuant à façonner ce monde : outils de surveillance, autoroutes et aéroports, centrales nucléaires, palais de justice et prisons…

Si nous refusons de rester passif­-ves et de contempler l’oppression en spectateur­-trice­s désabusé­-es, c’est bien parce que nous vomissons toute la domination et l’exploitation auxquelles l’État et le capitalisme veulent nous contraindre.

Ce que nous refusons pour nos vies, nous le refusons également pour d’autres.

Nous voulons nous battre pour notre liberté, et c’est dans ce combat que peuvent se tisser des complicités détonantes.

Affûtons notre rage pour abattre les frontières, les États, et ce qui leur permet d’exister !
Liberté pour toutes et tous !

 

https://dupainsurlaplanche.noblogs.org/

 

Rome – Non, le 16 décembre, nous ne descendrons pas dans la rue.

Le 16 décembre, une manifestation pour les «droits des migrants» a eu lieu à Rome . La proposition de réunion nationale a été officiellement lancée fin septembre par la CISPM (Coalition internationale des sans-papiers, des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile), dans les faits par le syndicat USB , et a été suivie par des assemblées à Rome sur la base d’un appel intitulé « Les lois répressives sont un obstacle à une réception digne, à une insertion socio-professionnelle et à la justice sociale en général ».

Sans trop vouloir entrer dans le détail sur la plate-forme, qui contient des points historiquement exprimés par les luttes des immigrés, nous ne pouvons manquer de remarquer l’ambiguïté de réclamer par exemple «un accueil digne», sans remettre en question tout le système de contrôle et sélection des personnes dans les hotspots, des centres de premier et deuxième accueil, aux camps de travail jusqu’aux centres de déportation. Comment concilier la liberté de mouvement et de résidence avec un système qui décide si, où, et pour combien de temps les gens seront «accueillis», sans qu’ils aient la moindre voix? Comment concilier la demande de documents de séjour pour toustes avec un mécanisme qui ségrège les personnes précisément pour permettre leur sélection entre régulier et irrégulier? Pourquoi les gens devraient-ils continuer à être différenciés entre ceux qui, autochtones, vivent dans des maisons et qui, migrants, doivent être contraints et gérés dans des centres, des camps, des campements de tentes? Même le point « Contre les lagers » nous semble vraiment mince et peu clair, est ce que l’on entends seulement ceux en Libye ou, comme exprimé dans de nombreuses luttes par les mêmes migrant.es, les hotspots, CRA, centres d’accueil, camps de travail de l’état?

Et cette suppression (des lagers) comment devrait-elle avoir lieu, en attendant une décision du gouvernement ou en soutenant les luttes réelles, les seules qui ont vraiment réussi à détruire de l’intérieur les différents types de lagers d’État?

Banalités de base sur le fascisme découpées en bouchées faciles à mastiquer, mais malgré tout parfaitement indigestes

(Paru initialement dans L’idiot utile – journal d’une certaine gauche, en vente dans tous les bons endroits reculés et difficiles d’accès.)

J’appelle fascisme toutes les variantes de la peste brune. Qu’aucun fasciste ne se réclame du fascisme n’invalide en rien mon propos; le fascisme ne se présente jamais lui-même comme il est réellement.
Le fascisme n’est pas l’incarnation du mal absolu, si on considère que le mal est une monstruosité qui dépasse toute compréhension et ne peut s’expliquer autrement que par lui-même, à l’image d’une déité infernale.
Le fascisme n’est pas non plus une scorie, une perversion ou une déviation de la démocratie. Le fascisme n’est pas l’antithèse de la démocratie; il est une des formes de la démocratie – sa forme panique.

Allemagne : Hors-la-loi ! Affiche de solidarité au sujet de la violence révolutionnaire

Une affiche de solidarité au sujet de la violence révolutionnaire que l’on peut trouver dans différentes villes [allemandes]:

Hors-la-loi !

Si nous acceptons le fait que chaque acte de violence se ressemble, nous consentons alors à réduire notre opposition à ce que l’Etat et l’ordre dominant trouvent acceptable : nous sommes pacifiées.

Pourtant, rester passives face à la misère sociale actuelle laissera des cicatrices plus profondes que les erreurs que nous rendrons inévitables en choisissant l’attaque.

Solidarité et complicité avec les casseuses, les pilleuses et les rebelles de la révolte à Hambourg !

Liberté pour toutes les prisonnières !

Amour, solidarité et violence révolutionnaire pour la révolte sociale !

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 27. November 2017]

NdT :
Il est plus facile d’en finir avec les genres dans la langue allemande que dans la langue française, puisqu’il est possible de substantiver verbes et adjectifs. La solution en français serait de tout remplacer par « personne », mais le faire ici rendrait les phrases plutôt lourdes. Pour une fois, tout est au féminin, même s’il ne faut pas perdre de vue que combattre le patriarcat et le sexisme ne se limite pas à la grammaire…

Repris du blog sansattendre.noblogs.org

Caltanissetta, Italie : Le centre de rétention en cendres après une nouvelle révolte !

Avec joie, nous avons appris des médias, qu’après les incendies de septembre et d’octobre dernier, il y a eu une nouvelle explosion de rage des retenus au CPR de Caltanissetta « Pian del Lago » [1] pour briser l’isolement et le silence autour de ce camp. Dans la soirée de samedi 9 décembre, quelques prisonniers ont incendié des sections du camp, probablement pour s’opposer à une expulsion imminente.

Suite à la révolte incendiaire, au cours de laquelle des objets ont été jetés sur les gestionnaires du camp qui ont tenté de les arrêter, les dégâts sur les installations du camp semble être considérables. A l’heure actuelle, nous ne savons rien au sujet des conséquences possibles pour les prisonniers.

Actualisation du 11 décembre 2017: Dans une interview, le chef de la police a confirmé que plus aucune personne ne peut être enfermé dans ce camp, jusqu’à ce que l’administration rénove les bâtiments. En conséquence, le camp a été entièrement vidé. Toutefois, un premier groupe de personnes a été déporté vers la Tunisie, comme cela était prévu avant cette révolte.

Solidarité avec ceux qui se rebellent et détruisent leurs propres cages !

[Traduit de Aus dem Herzen der Festung via la presse locale]

NdT:

[1] Caltanissetta est une petite ville de Sicile. Début janvier 2017, le gouvernement italien a rebaptisé les Centres d’Identification et d’Expulsion (CIE) en Centres de Permanence pour le Rapatriement (CPR). Il annonçait ajouter 14 centres d’identification et d’expulsion, aux 4 déjà ouverts, (sur 13 créés en 1998), et ce dans différentes régions. Ils ont une capacité de 100 places maximum et enferment seulement des hommes n’ayant pas le droit de demander l’asile. Les migrants peuvent croupir douze mois maximum avant d’être expulsés.

Repris de https://sansattendre.noblogs.org

Lille – Concert de soutien aux inculpés de « l’affaire dite du quai de Valmy » le 13.12

bien joué les chtis…!

Faites sortir l’accusé

Pour des vols et des évasions à la fin des années 1980, Philippe Lalouel est en prison depuis 30 ans. Contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine, il se bat pour ne pas mourir entre les murs. Au fil d’une longue correspondance avec le réalisateur, il prend la parole depuis une prison de haute sécurité et refuse sa destinée de fantôme social. Autour d’un énième procès aux assises, sa compagne Monique, et un groupe d’amis se battent à ses côtés pour le faire sortir. Une histoire d’amour et d’amitiés qui dévoile une partie de l’implacable machine judiciaire. Une plongée anti-spectaculaire dans le temps infini des longues peines.
En présence d’un membre de l’équipe. Suivi d’une discussion

06/12/2008 Αλέξανδρος Γρηγορόπουλος

***

06/12/2018 – Alexandros Grigoropoulos (Αλέξανδρος Γρηγορόπουλος), tué par balle par un flic, à Exarcheia (Athènes) 

 

 

 

 


 Tout commence aujourd’hui

La Grèce sur le pied d’insurrection 

En Grèce, le spectre de la révolte de décembre 2008, qui avait fortement secoué le pays suite au meurtre d’Alexis par les flics, hantait les esprits depuis des mois. En effet, face à l’appauvrissement sans précédent de la Grèce, à l’impossibilité d’arriver à une quelconque « amélioration » de la situation économique et sociale, face au tour de vis exercé sur toute une population au nom du maintien du système et du pouvoir, nombreux étaient ceux qui préconisaient le retour de ce spectre-là, d’une vaste révolte sans compromis ni médiation contre l’Etat et le capitalisme.

Dépasser les frontières

Nous préférerions par-dessus tout que nos luttes ne connaissent pas de limites. Voilà pourquoi nous cherchons à saisir lors de leur élaboration, où se trouvent leurs limites, leurs frontières, pour ensuite tenter de les déplacer. Cette intention se traduit aussi bien sur le terrain « géographique » que sur le plan du « contenu ». Si nous engageons une lutte, nous avons souvent le désir au cœur, ne fût-ce qu’en catimini, que cette lutte ait des échos au-delà d’un quartier, d’une ville, d’une région spécifique. De la même manière, nous considérons une thématique spécifique ou un événement concret dont part une lutte simplement comme des points de repère : nous espérons que d’autres qui veulent se battre les dépasseront aussi pour remettre en question et attaquer toujours plus d’aspects du pouvoir. En d’autres mots, un désir de luttes qui ne connaissent pas de frontières.

Quelques réflexions suite à la lutte contre la construction d’un nouveau centre fermé

Tentative d’évasion et départs de feux au CRA de Vincennes

Nuit sous tension au Centre de rétention administrative de Paris-Vincennes (CRA). Dans la nuit de lundi à mardi, huit hommes -des étrangers en situation administrative irrégulière- ont tenté de s’évader des lieux. Vers 3h45, ils ont cassé une fenêtre de leur chambre pour s’échapper, mais ils ont été rattrapés par les policiers. Les choses ont manifestement dégénéré lorsque les fonctionnaires sont rentrés pour placer deux des hommes dans une chambre d’isolement. Les autres pensionnaires du centre ont vivement protesté, et la situation s’est tendue au point que des renforts policiers ont été appelés sur place. L’escalade s’est poursuivie, avec une douzaine de départs de feu allumés à partir des chambres de cette unité -le centre de rétention en compte trois- qui héberge 57 personnes. Selon un personnel sur place, les dégâts sont très importants.

http://www.leparisien.fr

Marseille

VIDEO. Marseille veut utiliser les données informatiques pour une ville plus sûre… Big Brother ou prouesse technologique?

SECURITE La ville de Marseille est la première en France à vouloir utiliser le Big data pour améliorer la sécurité. Certains craignent une atteinte aux libertés, façon Big Brother…

https://www.20minutes.fr/marseille/2180687-20171204-video-marseille-veut-utiliser-donnees-informatiques-ville-plus-sure-big-brother-prouesse-technologique#&gid=1&pid=1

Procès pour une « tentative de vol à Montreuil »

Le 16 novembre 2017, 3 personnes ont été incarcérées une semaine à la prison des femmes de Fleury-Mérogis, puis libérées suite à une demande de mise en liberté. Le jeudi 7 décembre elles passent en procès pour « tentative de vol par effraction en réunion », « provocation à s’armer contre l’État » et « refus de signalétique », à la 17e chambre du TGI de Bobigny.

La prison pour personne !

Y a beaucoup de maisons vides à Montreuil. Beaucoup de spéculateurs, d’héritages en indivision, de maisons justes abandonnées ou attendant le nouveau métro. Beaucoup de grues aussi, d’algecos vendant le bonheur à deux pas du periph’, en mode éco-responsable, bio-coopératif, citoyen-vigilant.

Y a des riches à Montreuil, un peu comme partout.

Y a des bourgeois de gôche, qui hésitent entre Brard, Bessac et Voynet, économie solidaire et monnaies alternatives, eux sont nombreux, ou bruyants.

Puis y a les flics, braves défenseurs de l’ordre et de la propriété, bras armé de la justice et de l’État, qui contrôlent qui est trop basané à leur goût, qui sont appelés par quelque citoyen content de rapporter une invasion de squatteuses, un fraudeur à la CAF, ou une énervée boutant le feu à un bétonneur, constructeur de palais de justice, de taules ou de HLM.

Et y a les juges, qui du haut de leur prétoire détruisent des vies, punissent pour asseoir l’autorité, prêchent la loi de la République et disposent de la liberté de chaque individu attrapé dans les mailles de leur filet, leur proposant rédemption contre pardon, si la fiche de paye suit.

Et y a les journalistes, qui se jouent de nos vécus et avec notre liberté pour avoir le bon scoop, la bonne photo. Qui construisent un ennemi, préparent la répression et nourrissent les accusations par leurs formules : ultra-gauche, jeunes-de-banlieues, casseurs.

Et y a cette société qui fonce droit dans le mur, de plus en plus vite. Qui tue aux frontières, enferme une part croissante de la population, produit aveuglément, enterre des déchets radioactifs pour les millénaires à venir, nous dépossède de nos relations par la technologie, tente de surveiller les faits et gestes de chaque individu, bombarde et enrôle pour le dieu pétrole, la démocratie, ou pour un au-delà moins pire qu’ici.

Et y a des pauvres, des révoltées. Des gens qui, par choix et par nécessité, ne payent pas de loyer, occupent les maisons vides, volent dans les magasins, cambriolent les riches, arnaquent les assurances, attaquent les agences immobilières, braquent des banques, brûlent ou détruisent les outils des exploiteurs.

Face à toi

Au début, ce n’étaient que quelques voix. Quelques unes mais pleines d’assurance, animées d’un caractère péremptoire dû plus aux artifices de la «nécessité stratégique» qu’à la puissance effective de ses propres moyens. Puis les voix ont commencé à se multiplier, quantitativement et qualitativement, et sont devenues un petit chœur. Ici et là, on est passé des paroles aux faits. Des paroles ridicules et des faits médiocres diront certains, mais ce sont toujours des paroles et des faits ! Par les temps de disette que nous traversons, il faut bien le reconnaître, ce ne sera pas un oasis dans le désert, pas même un mirage. L’opportunisme qui infeste depuis toujours les ambitions des uns et l’aphasie qui annihile depuis trop d’années l’intellect des autres ont fait le reste.

C’est désormais officiel. En lisant les textes et les communiqués diffusés sur la toile et ailleurs, il est devenu impossible de ne pas se rendre compte qu’il y a un tas de braves compagnons de divers horizons à l’intérieur du mouvement qui veulent s’acoquiner, nouer des alliances, combiner des actions d’ensemble… pour combattre l’ennemi commun. Basta du sectarisme ! Basta des préjugés idéologiques ! Place au front uni anticapitaliste.

Hautes-Alpes

Ca chauffe sévère à la frontière italienne (Briançonnais) : grosse
pression policière et enquêtes à charge sont en marche contre les
camarades. Les arrestations de deux journalistes
visent clairement à obtenir des éléments et des témoignages pour coffrer
nos ami.es des Hautes-Alpes. Vigilance et solidarité maximales !

 

source : migrants13

Mouchards

« En vérité, je vous dis que les mouchards poussent sur la terre comme des herbes mauvaises, le monde est envahi par la délation. Tous nos petits-enfants seront des policiers … la police disparaîtra seulement à cause de sa propre généralisation.

Elle doit couvrir le monde d’une inondation de boue.

Si tous les hommes crachent, il n’y aura pas besoin d’espions.

La police, comme tous les monopoles, constitue une société dans la société, une hiérarchie dans le monde …

La police est plus utilisée des administrations publiques.

La peste est précieuse pour croques morts; le vice pour les bandits; les partis pour les mouchards …

Nous avons semé la misère, nous récoltons l’infamie. »

Ernest Cœurderoy

Par le passé, l’horreur pour la délation était si profondément enracinée et répandue que même les mères les plus pieuses et sectaires, pleines de rancune contre Judas Iscariot, enseignaient à leurs petits que « Qui moucharde n’est pas le fils de Marie, n’est pas fils de Jésus, quand il meurt il part là bas, il descend où il y a ce bonhomme qui s’appelle diablotin.  » Un vrai paria, en somme. Avec de telles leçons de pédagogie, il n’y a pas de quoi se surprendre si ensuite à l’école, quand quelqu’un faisait farce, le professeur perdait inutilement son souffle et son temps à interroger la classe pour découvrir le responsable : une scène muette. Le mépris vers doigt pointé pour donner des indications à l’autorité sur qui punir était presque universel. Ceux qui ont été entachés d’une telle infamie ont dû raser les murs, regarder derrière leurs épaules, baisser les yeux, trouver de nouveaux amis. Aujourd’hui non, aujourd’hui, la délation est devenue une vertu publique, quelque chose dont on peut se vanter et s’enorgueillir.

Italie – Procès Scripta manent : déclarations des inculpé.e.s

Déclaration de Claudia et Stefano

Nous nous trouvons face à vous pour être jugés. Coupables ou innocents ? Mais quelle est l’accusation contre nous ? Dans les milliers de pages que la procureur a produit on trouve vingt ans d’histoire de la lutte anarchiste en Italie et pas seulement. On parle de faits spécifiques pour donner un peu de valeurs aux suppositions et aux conjectures, mais cette montagne de papiers, en réalité, de quoi veut-elle nous convaincre ? Elle veut nous convaincre que nous sommes anarchistes. Que nous n’acceptons pas passivement le système qui nous gouverne, l’inévitabilité de la domination de l’homme sur l’homme et de l’homme sur la nature. Elle vous demande de condamner l’amour qui unit des êtres humains liés par le même mépris pour l’autorité et qui partagent l’implacable désir de liberté. Si c’est pour cela que nous sommes ici, mettons tout de suite fin à cette farce avant qu’elle ne commence. Nous sommes coupables.

(A)ntipsychiatrie : Derrière chaque idiot il y a un village

 

Extrait du livre de Giuseppe Bucalo – DERRIÈRE CHAQUE IDIOT IL Y A UN VILLAGE – Itinéraire pour se passer de la psychiatrie. (p 109-115)

 Sicilia Punto L Edizioni – 1990

 

Autodétermination

 

La psychiatrie n’appartient pas à la vie.

La vie n’appartient pas à la psychiatrie.

 

Les itinéraires personnels et collectifs pour se libérer de la psychiatrie traversent souvent des territoires et des labyrinthes dans lesquels notre existence entre en jeu. A l’heure actuelle, en effet, il est quasi impossible pour une personne de faire sans les “soins” psychiatriques, parce que ceux-ci peuvent être imposés contre sa volonté. Il est en outre pratiquement impossible de refuser le diagnostic de “maladie mentale”, puisque celui-ci est encore considéré comme un jugement médico-scientifique et non comme une insulte à sa propre humanité et à celle des autres.

Il ne s’agit pas ici de convaincre quiconque de se passer de la psychiatrie, mais plutôt de permettre à chacun de se mettre dans la condition de pouvoir le faire. Je crois que les gens ont le droit de décider de se faire définir (et d’être soigné) ou non en tant que “malade mentale”. Ce droit ne pourra jamais être “exercé”, tant que ne sera pas abolie chaque norme qui justifie les traitements coercitifs et l’obligation de “soin” de la part de la psychiatrie.

L’expérience nous enseigne que bien peu de personnes se rendent face au Moloch psychiatrique sans le combattre. L’arrogance psychiatrique va jusqu’à affirmer que le “symptôme” caractéristique de la maladie quelle entend soigner est justement le refus de la part du patient “d’être malade” et d’avoir besoin de “soin” psychiatrique. Ce qui revient à dire qu’était “malade” qui tentait de se soustraire à la lobotomie, tout comme qui s’opposait à l’internement en asile; de la même manière qu’est “malade” qui refuse de se faire bourrer de médicaments, se prendre une décharge électrique, se faire enfermer dans les services psychiatriques, perdre tout droit à l’intimité, à la communication, à l’autonomie.

[Paris] Comme un relent de pourriture à la Sorbonne

Le vendredi 24 novembre à la Sorbonne avait lieu une table ronde autour des « droits de l’Homme en prison » organisée par l’association Farapej. Une dizaine de personnes ont perturbé leur « dialogue » avec entre autres Patrice Bourdaret, directeur de la prison de Villenauxe-la-Grande (Aube).

Interruption tapageuse, slogans, banderole, tract et boules puantes ont rencontré quelques sourires complices dans le public et une hostilité réciproque avec les organisateurs et leurs défenseurs.

Alors que l’État perfectionne sa machine à enfermer, construisant 33 nouvelles prisons, multiplions les grains de sable dans ses rouages.

Solidarité avec toutes celles et ceux qui se révoltent au quotidien contre les flics, la justice et l’enfermement.

Le tract sous format pdf :

tract_24nov

 

Repris de Indy nantes

Avis aux prisonniers du dedans et du dehors

Ces paroles s’adressent à toi, toi qui es incarcéré dans les taules de l’Etat comme à toi qui es toujours plus enfermé dans cette ville de Bruxelles en train d’être transformée en prison à ciel ouvert.

Regarde autour de toi, mais regarde avec tes yeux, pas ceux des politiciens, des flics ou des chefs.

Pendant des années, de nombreuses mutineries ont secoué l’enfer carcéral. Depuis ces endroits où l’Etat met à l’écart ceux qui dérangent, ceux qui ne marchent pas au pas, ceux qui sont déclarés « indésirables » dans cette société de pouvoir et de fric, des cris de révolte et de vie ont surgi. Pour crier haut et fort que les barreaux tuent, que les cellules détruisent l’être humain, qu’une société qui enferme pour se protéger est elle-même une grande prison. L’Etat répond aujourd’hui à ces cris par plus de répression, par des cellules d’isolement, par des régimes stricts, par la construction de nouvelles prisons pour étouffer ces élans généreux de révolte et de solidarité.

Le lit des journalistes

Montevideo (Uruguay) : Le lit des journalistes (avril 2016)

Ce qui alimente le show c’est le show lui-même, il n’y a rien en dehors de cela…

“Le show doit toujours continuer” n’est pas la consigne de quelque vieil acteur manquant d’éthique, c’est la logique de fonctionnement et le sens du monde actuel. Dans un monde totalement médiatisé par l’image, celle-ci se transforme non seulement en véhicule par excellence de “tout ce qui se passe”, mais aussi en une vraie “nécessité”. Aujourd’hui, l’image c’est tout, ce que confirment y compris les défenseurs usés d’autres langages. L’image est une nécessité impérieuse et quelque chose à défendre à mort pour ceux qui tirent profit de sa répétition. Il en va ainsi, et les médias dits d’information défendent explicitement l’image et le spectacle.

Le cas de la presse est symptomatique. Son intime relation avec le Pouvoir, son rôle concret dans les mécanismes de consensus sont déjà archi-connus, mais la défense puérile qui en est faite attire souvent l’attention. Les progressistes et autres libéraux ont perdu toute conviction, sauf celle de n’en avoir aucune. Quant à nous, nous devons continuer à dire les choses très clairement : comme la police ou les services de renseignement, la presse est un organisme de plus du Capital et de l’Etat, elle n’a aucun rapport avec la liberté, sauf par hasard. La relative “indépendance” d’un journaliste quelconque, telle ou telle histoire particulière, et même les cas de contradiction avec les gouvernements de circonstance ne sont qu’anecdotiques. Une analyse un tant soi peu approfondie de la presse dans son rapport à la création, au maintien et au renforcement de l’ordre existant montre clairement sa fonction de collabo.

Naples : Construction de la maxi prison

***
Le gouvernement Italien projette de créer une maxi-prison de 1 200 places à Nola (province de Naples), dans une zone éloignée du centre ville rendant la prison toujours plus « imperméable » et plus contraignante pour les proches des personnes incarcéré.e.s, et rendant quasi impossible le régime de semi-détention. Compte tenu des indices actuels de surpeuplement, la prison pourrait atteindre le seuil des 2 000 détenus… Il s’agit du troisième pôle dans le grand Naples, après Secondigliano et Poggioreale.

Mieux vaut prévenir (à propos de prévention des infiltrations policières)

Funny-animals-cats-kung-fu-medium« Mieux vaut prévenir… Il est indispensable de développer une intelligence commune autour des pratiques policières d’infiltration, de renseignement et de répression. Sans doute que faire du bruit, les rendre publiques permet déjà d’en limiter l’impact (et pas seulement parce qu’on grille les sources). Mais il faut aussi s’attaquer au terrain qui permet aux flics de manœuvrer relativement facilement.

Quelles prises nos formes collectives d’organisation et de vie offrent-elles déjà aux flics ? Comment au fond la police fonctionne déjà en notre sein, créant une disposition à la collaboration ? Il y a sans doute tout le petit jeu des embrouilles qui n’arrivent pas à s’assumer franchement en désaccords, des rumeurs colportées sur tel ou telle, toute cette machine à produire des identités et des étiquettes bien pratiques quand il s’agit ensuite de les ranger en organigramme… Mais plus essentiellement le problème semble concerner la densité politique des « mouvances » potentiellement ciblées par la police. Autrement dit, ce qui peut permettre de l’empêcher d’opérer préventivement, c’est tout simplement ce qui d’ordinaire doit rendre nos existences et nos initiatives politiques un tant soit peu vivables : un peu moins de défiance et de ressentiment, un peu d’intelligence dans les conflits, un tant soit peu d’intégrité ou de sincérité et surtout une solidarité matérielle et affective qui soit à la hauteur. »

Le viol en milieu militant : une analyse de l’Assemblée Antisexiste de Turin

En espérant que le travail des camarades italiennes puisse servir comme outil de ce côté de la frontière aussi.

À cette adresse l’original en italien de ce texte.
Ici et ici les textes parus en français à propos du viol de Parme.

Lettre ouverte au mouvement

Au cours de l’année en tant qu’assemblée antisexiste nous nous sommes questionné.e.s sur le thème de la violence de genre dans ses formes les plus diverses. Cela s’est fait à partir des épisodes concrets qui se passent quotidiennement dans les contextes où l’on vie : la famille, le travail l’école, les relations sexuelles et/ou affectives, les lieux publics en général.

Saint-Étienne : Rassemblement contre l’enfermement et le système carcéral

Nous sommes contre la prison, parce que le bruit de la clé dans la serrure d’une cellule est une torture quotidienne, l’isolement une abomination, la fin du parloir une souffrance et le temps enfermé un sablier qui tue à petit feu.

Nous n’avons pas oublié la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école et que les sonneries résonneront toujours en nous comme la cadence du dressage.

Parce que nous voulons changer radicalement cette société, pas nous intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés, dans ses écoles…

Rassemblement contre l’enfermement et le système carcéral  Samedi 25 novembre à 15 h place du Peuple, St-Étienne

 

 

 

 

 

 

http://collectif-feignasse.over-blog.com/2017/11/stop-aux-barreaux-stop-aux-boureaux.html

Hors Service

recueil d’articles du journal anarchiste 2010-2014

228 pages, 6 euro
Editions Tumult

On peut trouver le livre dans les lieux de diffusion habituels, ou le commander par tumult_anarchie@riseup.net. A partir de 3 exemplaires, s’applique une réduction de 25% sur le prix. Plus d’infos sur tumult.noblogs.org

L’introduction au livre :

Après la fin de l’aventure du journal Hors Service, force est de constater que nous non plus, nous n’avons pas « trouvé » le Toison d’or. On l’a voulue, désirée, rêvée. On a combattu, on s’est obstiné, on a reçu des coups. On s’est mis en péril, on s’est mis à nu en entreprenant ce voyage, on s’est hasardé dans des terres inconnues. Si notre bateau n’est pas arrivé à destination, c’est que la destination doit être le voyage même.

Le journal que nous avons commencé à éditer en cet hiver 2010 a été un beau voilier pour poursuivre nos rêves. Parfois les vents sont venus bousculer nos cartographies et les tempêtes ont bien secoué les voyageurs. Tant mieux, c’est la tempête qu’on voulait ! La tempête en nous, la bataille têtue contre un monde de morts. On a brisé le carcan des conventions et du moindre mal pour laisser s’enflammer nos coeurs. Et ils ont brûlé, toujours cherchant à porter le feu non seulement devant les portes des ennemis de la liberté, mais aussi dans les corps de nos contemporains.

La parole est une compagne de voyage capricieuse. Elle cherche à jeter des ponts, à ouvrir des brèches dans ce qui a toujours été la cible première de l’autorité : l’esprit et le coeur des hommes. Généralement elle échoue, errant dans le désert. Mais parfois elle peut devenir cri, blessant la chair infestée d’idéologies, de croyances, d’obéissances. Il n’y a pas de forme qui soit plus propice qu’une autre, car c’est toujours une blessure individuelle, un coup de couteau dans le ventre du singulier. Sinon, la parole ne serait qu’artifice de propagande intéressée, de recrutement, d’embrigadement.

Une personne au mitard dans l’affaire de la keufmobile brûlée

mercredi 22 novembre 2017

Dans l’affaire de l’incendie de la voiture de flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention. L’une d’elles, Kara a été libérée mardi 14 novembre. L’autre, toujours détenu a été placé depuis samedi au Quartier Disciplinaire (mitard) de Fleury-Mérogis.

Samedi 18 novembre au matin, des matons entrent dans sa cellule. Ils lui demandent de faire son paquetage pour changer d’étage alors qu’il s’entendait bien avec son co-détenu, venait d’avoir accès au sport et finissait seulement de récurer la cellule dégueulasse dans laquelle il était arrivé quelques jours auparavant. Déménager aurait donc signifié tout recommencer à zéro. Ce qu’il refuse. Il est alors emmené de force par plusieurs matons jusqu’au mitard. Ce lundi, il a été présenté devant la commission de discipline. Accusé de « violences physiques à l’encontre d’un membre du personnel », de « refus de se soumettre à une mesure de sécurité », il a été condamné à 20 jours de mitard, dont 6 avec sursis.

Le mitard, c’est l’isolement complet, une seule heure de promenade par jour, un seul parloir par semaine, plus de possibilité de cantiner, et plus aucune activité. Tout ça dans une cellule avec une simple paillasse et des chiottes scellées au sol.
14 jours de prison dans la prison.

Ils tentent de contenir la colère, et de nous faire plier par la répression.
Opposons leur notre solidarité et notre combativité !

Source : Indymedia Nantes

Squat : Trois compagnonnes en prison, accusées de « tentative de vol par effraction en réunion »

[10 j. plus tard : Dix jours plus tard une personne prend 1 an ferme + une OQTF pour une tentative d’ouvertire de squat (voir ici : https://paris-luttes.info/un-an-ferme-pour-une-tentative-d-9117?lang=fr)]
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 [MAJ 24/11/2017 : Les compagnonnes ont été libérées!]
Trois personnes ont été arrêtées, déférées et incarcérées à la prison de Fleury Mérogis, accusées de « tentative de vol par effraction en réunion » pour avoir été vues à proximité d’une maison inoccupée. Un rassemblement est appelé samedi à 18h à Montreuil.

Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre, trois compagnonnes ont été contrôlées dans une rue de Montreuil et emmenées au commissariat. Un « voisin vigilant » les aurait vues à proximité d’une maison inoccupée et a appelé les flics. Elles ont alors été placées en garde-à-vue pour « tentative de vol par effraction en réunion ». Elles n’ont rien déclaré durant la GAV et ont refusé de donner leurs empreintes et photos, ce qui leur vaut d’être également poursuivies pour « refus de signalétique ». L’une d’entre elle est également accusée de « provocation à s’armer contre l’État » sans qu’on sache à quoi se réfère ce dernier chef d’inculpation.

Non molliamo

Publié à Marseille de janvier à mars 1927, Ne lâchons pas était un journal gratuit expédié par milliers d’exemplaires en Italie et diffusé clandestinement à la main. Mis en place par le « Comité anarchiste pour l’action antifasciste », dans ses colonnes on ne cachait pas bien sûr la situation tragique des subversifs en Italie, traqués par une société manifestement totalitaire. Mais, malgré tout, il encourageait à l’action et suggérait quelques possibilités d’intervention – les seules restantes, celles qui naissent de la volonté et de la détermination de l’individu, contre toute résignation populaire et contre toute subordination collective.

Les textes qui suivent sont des extraits d’articles figurant sur les trois numéros de cette publication.

Contre TOUS les enfermements!

La folie se porte bien

Marge, n°6, Avril-Mai 1975, p. 7.

Il y a peu de temps encore, le silence s’organisait autour de la folie : elle est maintenant devenue prétexte à littérature. Je peux parler de cette attitude qui consiste à parler sur la folie, en la trouvant intéressante, excitante et belle – pour mieux oublier sa parole et ce qu’elle engage. Elle est devenue sujet de thèse, objet d’études littéraires, critère esthétique. Elle présente pour la pensée universitaire et avant-gardiste en mal de nouveauté d’évidentes qualités artistiques. Certains mêmes, qui ne craignent pas de faire l’apologie de la folie, prennent toutes leurs précautions de confort intellectuel pour ne pas y sombrer. Ce qui n’est pour eux que le spectacle de la folie illumine la pauvreté de leurs horizons. On veut bien tout admettre de la folie, sauf sa contagion, sauf qu’elle puisse transformer. Et ce bruit nouveau autour d’elle peut être aussi dangereux que cet ancien silence.

Les plus intelligents savent déjà que pour combattre un ennemi redoutable (la révolte, l’Impatience, l’amour, le dégoût…), il faut en faire un objet esthétique. Les autres, pleins de bonnes intentions, restent prisonniers de cette « culture », du « regard sur », de la séparation, du spectacle, du musée généralisé, qui tue ou enferme tout ce qu’elle touche.

Ah ! Que la folie est belle ! Elle peut même devenir un rôle social enviable. Lorsque l’on n’a ni « génie », ni richesse, ni puissance, on peut toujours se valoriser en se disant fou. Ceux qui n’ont pas réussi dans la littérature ou la politique peuvent toujours se recycler dans la folie. Cet empressement esthétique autour de la démence a son corollaire immédiat dans une soumission admirative et inavouée aux psychiatres, psychanalystes et autres dangereux farceurs. Comme toute « mode », elle fait vendre ou se vend, par l’Intermédiaire de l’introduction du « délire » dans la publicité ou sous forme d’art.

Mais attention, la folle dont on se réclame, ce n’est pas n’importe laquelle – la belle seulement -, celle qui est capable de magnifiques attitudes, d’angoisses bien charnues, de désespoirs bien littéraires. On va même jusqu’à privilégier telle ou telle forme de folie – scientifiquement reconnue (emboîtant ainsi le pas aux spécialistes de la question). Quant aux autres formes – celles qui ne sont capables que de manques, de maladresse, de mutisme -, on préfère les laisser croupir au fond des asiles – dans l’asile généralisé de l’espace quotidien.

Ceux qui se comparent à tel grand supplicié pour obtenir quelque admiration ou déférence ne sont que des littérateurs. Ceux qui trient dans la folle les aliments de leur théorie, ceux qui pratiquent le délire sans jamais risquer de s’y perdre, ne sont que des procureurs. Ceux qui font des livres pour disséquer la détresse des autres ne sont que des marchands.

Le jour où la folie – et ce qu’elle agite – descendra dans la rue, ils n’auront pas le temps d’en abstraire ce qui leur convient.

A ceux qui jouent le rôle de la folie, il faut leur lancer à la figure qu’à la racine de la folie II y a l’angoisse – c’est-à-dire la souffrance -, on ne peut pas vouloir l’angoisse, on ne peut que vouloir en sortir.

Je ne sais pas ce qu’est la folie, sinon justement cette angoisse, ce décrochage, sinon qu’elle n’est pas de « l’autre côté », mais bien de ce côté-ci où nous sommes – à la limite de nos attitudes, de nos désirs -, qu’il n’y a pas de rupture entre ma possible folie – ma proche angoisse et ma révolte active -, il n’y a que cet effacement des repères, ces paysages nouveaux qui montent – là où, justement, se décomposent les valeurs et les formes : où éclate le « regard sur ».

Nous avons tout à faire pour que ce qui agite la folie sorte des lieux où on normalise pour se répandre dans la vie. Entre autres, se débarrasser de l’esthétisme qui, au lieu d’enfermer dans les asiles, enferme dans des musées ou dans des marchandises. Mais si la deuxième mort des fous, c’est de les enfermer dans leurs éventuelles œuvres, un jour, avec tant d’autres, « la peinture de Van Gogh armée de fièvre et de bonne santé, reviendra pour jeter en l’air la poussière d’un monde en cage que son cœur ne pouvait plus supporter ».

Sébastien.