Turin – Révolte au CRA de Corso Brunelleschi

Presque une « tradition » la révolte de l’été à c.so Brunelleschi.

Hier en fin de soirée, à peine arrivés devant le CRA de Brunelleschi des compagnons ont de nouveau senti la colère qui s’échappe de ces murs : hurlement, coups sur les portes et cris pour la liberté résonnent encore dans l’air estival et se joignent à aux personnes solidaires dehors.

Depuis des heures à l’intérieur du centre les prisonniers ont décidé d’arrêter l’asphyxie générale de la détention administrative. L’étincelle n’est pas qu’une, et les raisons de la colère ne peuvent pas être si faciles à lister, mais de ce que les gars nous disent, on ne pouvons qu’imaginer ce que signifie être dans un enclos pour bêtes sous 40 degrés rationnés à un litre d’eau par jour et livrés immanquablement chaudes, repas avariés et à la merci des forces de l’ordre et d’une entreprise, la multinationale française Gepsa, qui tire ses bénéfices des conditions de vie misérables qu’elle parvient à imposer.

Hier, l’énième déjeuner de merde, énième refus d’emmener un gars à l’hôpital pour le soigner, à la cantine, des objets et de la nourriture ont été lancé contre des employés, responsables également tout comme les militaires qui travaillent inlassablement au chantage et au passage à tabac afin que quiconque privé de liberté garde la tête baissée. En effet, la première intervention policière dans la structure consistait à donner une leçon physique au détenu qui avait demandé une consultation, afin d’attaquer le problème à la racine en le laissant par terre. Les autres compagnons de l’infortuné ne sont pas restés les mains dans les poches et ont laissé libre cours à la plus belle humanité, celle de la rébellion malgré la machine qu’il y a autour, ils sont sortis ensemble dans la cour pour incendier des matelas et sont montés sur le toit pour résister autant que possible aux renforts de l’état sur le point d’arriver.

Comme prévu, les gardes ne se sont pas faits attendre. 

Une centaine d’agents anti-émeutes ont fait irruption et ont distribué les saints coups de matraques de la paix et ont ordonné de se calmer, certes pas les esprits, certainement les corps. Et après les matraques, les coups de pied et les coups de poing, comme sur manuel, l’opération de division : beaucoup étaient enfermés dans les différentes pièces, alors que des gars sur le toit sont descendus à 19h, quand les menaces contre eux et la chaleur estivale devenu sont pesants, d’autres, obstinés, sont resté jusqu’à ce matin.

À la fin de la journée, le compte des coups pris par les prisonniers est long et les procédures de traitement au sein du CPR sont comme toujours « intéressantes ». Parmi les nombreux hématomes, parmi les nombreuses plaies, il y a le cas exemplaire d’un garçon dont les mains ont été brisées; ils lui ont explicitement dit qu’ils attendraient au moins 30 heures avant de l’emmener à l’hôpital, car de cette façon, les blessures guérissent un peu, mais la cause n’est pas les matraques directes prises par la police.

Malgré tout dans le centre, l’air reste chaud et aujourd’hui tous les soi-disant «invités» de l’hôtel étoilé de c.so Brunelleschi sont en grève de la faim.

(sur le site de macerie) une vidéo de la révolte envoyée de l’intérieur.

traduit rapidement de macerie@ 7 août 2018

https://www.autistici.org/macerie/?cat=25

Six mois ferme après une tentative d’évasion au CRA de Lyon

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Suite à un incendie le mardi 31 juillet 3 personnes retenues au centre de rétention administrative de Lyon sont passées en comparution immédiate. La tentative d’incendie devait permettre « à tout le monde de sortir du centre ». Un incendie s’est déclaré mardi 31 juillet 2018 le soir dans deux cellules du CRA (centre de rétention administrative) Lyon-Saint-Exupéry. Mardi soir, des matelas avaient pris feu dans deux chambres du centre de rétention administrative de l’aéroport Saint-Exupéry.

Deux jours plus tard, trois personnes se retrouvent en comparution immédiate.

Leur idée : créer une diversion pour permettre « à tout le monde de sortir du centre ». « Vous n’avez pas eu conscience que votre geste aurait pu avoir des conséquences dramatiques si le CRA avait brûlé ? », interroge la présidente. – Tout le monde était prêt à s’évader et attendait dehors ! – Sauf le personnel ! »

La défense par la voix de Javotte de Brem s’étonne que seulement trois hommes aient été arrêté : « Il y en a d’autres qui rôdaient et ils sont quatre par chambre ! »

Pour le ministère public, il faut sanctionner « ces comportements inacceptables qui ont mis en danger la vie d’autres personnes ».

La répression est sévère : six mois de prison ferme pour deux des personnes, la troisième un mois ferme (dix-huit mois ferme était requis).

L’association Forum réfugiés, présente ce jour-là au CRA de Lyon Saint Exupéry, n’a pas diffusé l’information de cette « tentative » et en plein été, le jugement en comparution immédiate s’est déroulée avec peu de monde.

Marseille : Grève de la faim au centre de rétention

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Depuis vendredi au centre de rétention administrative de Marseille, panne de climatisation et d’eau s’y succèdent. Plus de douche, un accès extrêmement limité à l’eau potable. Certaines personnes sont tombées malades à force de boire l’eau de la cuvette des chiottes. Depuis hier soir, une grève de la faim généralisée a été lancée et se poursuit toujours.

Tout avait été fait pour maquiller que les centres de rétention étaient des lieux carcéral comme les autres. Et pourtant, dans la réalité, s’en est. Avec sa loi du silence, ses mensonges d’État, ses violences et mauvais traitements cachés… mais tout se justifie, l’essentiel est de maintenir la machine à expulser… en marche.

Ces derniers jours, un seuil a encore été franchi : depuis vendredi, panne de climatisation et d’eau s’y succèdent. Plus de douche, un accès extrêmement limité à l’eau potable. « Certaines personnes sont tombées malades à force de boire l’eau de la cuvette des chiottes », selon l’une des personnes enfermées. Depuis hier soir, une grève de la faim généralisée a été lancée et se poursuit toujours.

Le juge des libertés et de la rétention de ce dimanche, saisi de la question, l’a balayé d’un revers de main en rejetant – sans audience et sans que personne ne soit entendu – les requêtes en demande de libération des personnes enfermées. 1 minute, c’est le temps qu’il aura fallu au juge pour se décider à fermer les yeux.

Reprenant à son compte les attestations sur l’honneur rédigées par le directeur zonal de la police aux frontières, le juge indiquait que si une panne d’eau et de climatisation avait eu lieu du vendredi 15h au samedi 23h, tout était désormais revenu à la normale et que les « retenus » avaient eu accès, durant cette période, à des bouteilles d’eau de façon illimitée et que des rondes leur avaient permis d’accéder à des sanitaires pour la douches et les toilettes.

Ces attestations mensongères n’étaient accompagnées d’aucune note des technicien.es étant intervenu.es, d’aucune facture ou aucune preuve, mais qu’importe… entre escrocs, la confiance règne.

Pourtant la réalité était toute autre.

La suite ici : https://mars-infos.org/greve-de-la-faim-general-au-centre-3296

Punk’s not…

Article tiré du premier numéro de l’apériodique anarchiste Machete

Oui, je sais. Jamais rien ni personne n’a pu empêcher les rebelles de vingt ans, pleins de rage, de devenir des entrepreneurs quarantenaire plein de bon sens. Tant d’années ont passé, mais j’ai encore devant les yeux les vieux soixante-huitards qui nous regardaient avec compassion du haut de leurs sièges ou de leurs tribunes. J’ai encore leurs paroles pleines de sarcasme dans les oreilles:  » Nous avons fait la révolution, mais vous? Que pensez-vous pouvoir faire? Vous êtes destinés à revenir à la normale, beaucoup plus tôt et bien pire que nous. «  Fortifiés par la conscience que rien ne pourrait jamais nous faire baisser la tête, que leur échec n’était pas notre destin, c’était amusant d’envoyer se faire voir ces ordures en chemise blanche. Mais au fond de nous nous savions que cette détermination pour beaucoup d’entre nous – mais pour qui? – ce serait révélée n’être qu’une illusion.

Je le sais, c’est pour ça que je me dis que ça ne vaut pas la peine de s’offenser même si  le moment est venu pour le punk d’un intéressé revival, les albums de famille à vendre, les concerts commémoratifs à organiser, les vieux disques à ressortir, les expositions rétrospectives à exhiber. Après tout, pourquoi pas, n’a pas toujours été ainsi? Une période de plus de vingt ans est plus que suffisante pour se débarrasser de ses anciennes furies, pour refaire la garde-robe, pour exercer une place adéquate dans la société. Les idées d’hier peuvent aussi être évoquées, avec joie, après les avoir remplacés par les tapes sur les épaules d’ajourd’hui. Deux générations nous séparent du début des années 80, des années où nous nous sommes sentis esclaves dans les villes les plus libres du monde , et aux yeux de certains, cette distance est la bonne pour pouvoir faire les comptes – même économiquement parlant – avec son propre passé.

Il suffit d’entrer dans une librairie et de jeter un coup d’œil sur les publications qui s’accumulent autour du sujet depuis plusieurs mois. On me dit que ces livres rencontrent un certain intérêt. A moi, ces livres me donnent la nausée. Surtout si les noms de leurs auteurs réveillent de vieux souvenirs, rouvrent de vieilles blessures, ne m’étant pas complètement étrangères. Ils sont la preuve la plus atroce de la capitulation des rêves et des désirs qui ont inspiré de nombreux punks. Au-delà de la curiosité justifiée que ces livres suscitent chez ceux qui n’ont pas vécu directement cette période, il me semble évident que cette frénésie de se rappeler comment nous étions naisse de l’observation de ce que nous ne sommes plus. Ce n’est que grâce à cet oubli de ce que nous avons été, à la suppression de ce pour quoi nous nous sommes battus, que le punk peut devenir un chapitre fermé a consigner dans les livres d’histoire. Aussi évident que soit ce phénomène, il n’en reste pas moins que ce passé, pour certains si éteint et si lointain, brûle pour quelqu’un d’autre comme si c’était hier.

Fastidieuse poussière

Nous étions poussière, poussière dans les yeux de ceux qui nous regardaient. Nous ne cherchions pas de consensus, nous ne voulions pas comprendre, nous ne voulions pas de reconnaissance. En fait, nous avons fait de notre mieux pour déranger tout le monde. Presque tout le monde fronçait du nez devant notre besoin de bouleverser, prenant pour un délire protagoniste (mais ça l’était vraiment? quelle illusion!) cette obsession de brûler les ponts derrière nous pour être sûr de ne pas pouvoir revenir en arrière. Un petit journaliste de province nous a appelés les nouveaux barbares, tandis qu’un journaliste métropolitain pas encore très bon nous accusait de traîner avec un rat d’égout sur son dos à la recherche d’une cible. Amusant ou irritant, le mépris des braves gens nous rassurait et nous le préférions soit à une approbation que nous aurions troqué pour un humiliant partage d’intention, soit à une indifférence qui aurait indiqué chez nous une embarrassante inoffensivité. Et puis, je l’admets, ce mépris était réciproque. Nous ne pouvions pas être complaisants avec ceux qui semblaient plus que résignés à mourir démocrate-chrétien.

En bas barré en rouge : « vous connaissez un autre squat , contactez nous et recevez un chéque »

L’entreprise se targue sur son site de travailler avec : Notaires, Avocats, Huissiers, Police nationale, Mairies, Police municipale, Généalogistes, Syndics de copropriété, Particuliers, Copropriétaires, Pompes funèbres

49 rue de Ponthieu,
75008 Paris

Encore un mort à la prison de Fleury, les détenus refusent de réintégrer leur cellule

Lucas Harel, 21 ans, est mort samedi 21 juillet dans la prison de Fleury-Mérogis. L’administration pénitentiaire parle d’un suicide, ses proches et ses codétenus pensent à un passage à tabac.

Il y a eu un nouveau mort à la prison de Fleury-Mérogis samedi 21 juillet : Lucas Harel, 21 ans, originaire d’Epinay-sous-Sénart dans l’Essonne. C’est le 60e mort dans les prisons françaises en 2018, le 9e rien qu’à Fleury. La version de l’administration pénitentiaire, reprise dans tous les médias, est qu’il se serait pendu après un parloir avec sa mère.

Mais cette version est fortement remise en question par ses proches et les détenus de Fleury. En effet, lundi 23, 60 détenus ont refusé de réintégrer leur cellule après leur promenade pour exiger la vérité sur sa mort, car ils ne croient pas la version des mâtons et pensent plutôt que Lucas a été passé à tabac dans sa cellule par des mâtons. Ses proches ne croient pas non plus au suicide, et ont manifesté devant Fleury mardi 24 au matin. Les syndicats de mâtons, les mêmes qui ont mis des détenus dans la merde en janvier, ont eu l’indécence de chouiner sur ce soi-disant blocage.

Mardi soir, la mère de Lucas n’avait toujours pas eu accès au corps de son fils. Ses proches ont lancé une cagnotte pour soutenir sa mère.

La prison tue, que crève la taule.

Source : PLI

Répression anti-G20 à Hambourg, Allemagne : Libération de Peike – 12 juillet 2018

Jeudi 12 juillet 2018, au 22ème jour de procès en appel, le procureur et la juge ont indiqué, de manière inattendue, qu’ils accordaient à Peike une suspension de peine. Peike est libre ! Après un an et six jours en prison, il a finalement pu – et ça reste trop tard – retrouver sa famille et ses ami.e.s. Mais son procès se poursuit.

Les prochaines audiences au tribunal sont prévues pour  :

13.08. 8h30-9h00 | 27.08. 8h15-8h45 | 05.09. 9h00-16h | 07.09. 9h-16h | 11.09.12h00-16h00 | 01.10. 9h00-16h

[Traduit de l’allemand de United We Stand]

par Sans_Attendre

Rio de Janeiro, Brésil : Communiqué au sujet de la condamnation de 23 compagnon-e-s pour les émeutes en 2013-2014

Ci-dessous un communiqué de la Bibliothèque anarchiste Kaos, qui a été traduit à partir de la traduction en espagnol de Vozcomoarma. Il revient sur les lourdes peines qui sont tombées le 17 juillet dernier sur 23 compagnonnes et compagnons (allant de 5 à 7 ans de taule), accusé-e-s d’avoir pris part aux émeutes en 2013 et 2014 à Rio de Janeiro. La rue avait répondu aux politiques de nettoyage social, de gentrification, de rénovation urbaine et autres mesures visant à renforcer le contrôle sur les pauvres et indésirables, les repoussant toujours plus loin du centre de la capital brésilienne. De nombreuses émeutes ont secoué la normalité pendant de longs mois.


Condamnés: incorrigibles !

Puisque nous sommes contre tout ce qui va à l’encontre de la liberté, nous sommes aujourd’hui contre la condamnation des 23 personnes incarcérées pour les manifestations de 2013 et de 2014 à Rio de Janeiro.

La Liberté d’autrui étend la mienne à l’infini – M. Bakounine

A Rio de Janeiro, 23 personnes ont été condamnées à des peines allant de 5 à 13 ans [1] de prison ferme par le juge Flavio Itabaiana de la 27ª audiencia penal de Río de Janeiro dans le cadre de « l’Operación Firewall”, accusées « d’avoir commis des actes violents, formé un attroupement non autorisé, causé de lourds dommages à la propriété, résisté, causé des blessures et détenu des engins incendiaires et explosifs ».

Toutes étaient poursuivies par la Delegacia de Repressão a Crimes de Informática, la police politique mise en place lors de la Coupe du Monde de football et des Jeux Olympiques, la même qui surveillait les manifs à Porto Alegre et à Sao Paulo.

Ce n’est pas un hasard si cette opération répressive se soit nommée ainsi : Firewall (pare-feu), qui est le nom d’un dispositif à l’intérieur d’un réseau d’ordinateurs visant à appliquer un protocole de sécurité à un point-clé de ce réseau. Ce pare-feu éviterait les éléments nuisibles au sein même de ce réseau d’ordinateurs. Les médias et les technologies de communications sont utilisés comme outils de contrôle et de répression (nous le savons depuis un certain temps déjà), mais cette fois ce fut un exemple frappant de la potentialité de ces ressources à des fins répressives.

Selon le juge (dans un acte de bienveillance), la détention préventive n’a pas été prononcée afin que les personnes condamnées puissent faire appel du jugement, par mesure de précaution. Mais cette condamnation, même avec la possiblité de recourir à la « liberté, a pour nous trait au fait qu’ils nous veulent incarcéré-e-s. Et cette condamnation doit désormais changer le précédent pour l’agitation contre la société carcérale, pour l’agitation de la solidarité.

Comme pour les personnes récemment réprimées par l’opération Erebo, le minimum que nous puissions faire face à cette condamnation est d’exprimer une solidarité forte à travers l’appel à une agitation combative et solidaire contre la condamnation.

Mais pas sous le mot d’ordre d’être contre la criminalisation de la lutte. Le fait de lutter ne peut pas être enfermer dans les règles de ce qui est légal ou non, de ce qui est criminel ou innocent, de ce qui est autorisé ou interdit. La lutte va au-delà de ces logiques, précisément parce qu’elle va dans le sens opposé à elles. Nous sommes contre la répression car tout le système de domination est une répression constante et quiconque s’en rend compte et s’y oppose, proteste ou descend dans la rue rompt avec cette domination sur le plan matériel comme individuel. Quiconque se rebelle contre l’ordre existant sera toujours considéré comme « criminel », parce que le crime de manifester, c’est de ne pas être complètement soumis à la domination. Si nous luttons avec pour slogan « manifester n’est pas un crime », nous accepterions et légitimerions l’existence des prisons et, anarchistes que nous sommes, nous aimons la liberté et nous restons des ennemi.e.s irréconciliables des cages.

Ça suffit

Le 17 juillet dernier, à Rome, une enfant Rom d’un an a été blessée dans le dos par un projectile de fusil à air comprimé alors qu’elle était dans les bras de sa mère. Elle restera probablement paralysée. Mais c’est une gitane, et cela suffit. Le 26 juillet dernier, près de Palerme, un Sénégalais a été agressé, insulté et battu par des clients du restaurant où il travaillait comme serveur. Mais c’est un noir, et cela suffit. A peu près à la même époque, près de Vicence, un travailleur capverdien a été touché par un projectile de fusil à air comprimé alors qu’il était au travail. Mais lui aussi était noir, et cela suffit.

Ennuyé par les questions persistantes des journalistes à propos de tels incidents, il y a deux jours, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a déclaré que « l’alarme du racisme est une invention de la gauche ». Grâce à cette clarification, il a pu revenir sur de vraies alarmes, telles que la violence subie par la police de la part des «jeunes des centres sociaux». Et le climat s’est immédiatement détendu.

En effet, hier soir, à Aprilia, un Marocain soupçonné d’être un voleur a été poursuivi, rattrapé et battu à mort par trois hommes. Mais c’était presque un noir, et cela suffit. Dans la même nuit, près de Turin, une fille née en Italie de parents nigérians a été blessée à l’œil par un œuf jeté par quelqu’un d’une voiture en marche. C’est une noire, et cela devrait suffire … si elle n’était pas une athlète de l’équipe nationale d’athlétisme. Oups, l’œuf a-t-il fait une omelette? Patience, cela se passera mieux lors de la prochaine expédition punitive.

Je me demande pourquoi, mais pour éviter de penser à toutes ces choses il me vient à l’esprit Alessandro Profumo. Après avoir été président du Monte dei Paschi di Siena (banque du krach de 50 milliards d’euros), il est aujourd’hui à la tête de Leonardo, héritier de Finmeccanica, l’une des plus importantes industries de guerre au monde. C’est un super top manager italien, et cela suffit.

https://finimondo.org/node/2210
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Rome – Italie : Opération de fichage sur un camp Rom

Comme annoncé par Salvini, une opération de fichage sur un camp Rom de la capitale a eu lieu le 31 juillet dans la matinée. Annoncée comme un simple « recensement » par le gouvernement, adultes et enfants ont été déplacées au centre de la place, documents en main, les flics ont pris la signalétique de toutes les personnes sur place, les photographiant une à une. Le fichage a durée plusieurs heures empêchant de quitter le camp et retardant les personnes qui devaient travailler blaguant sur le fait qu’un « gitan travaille » les flics n’ont cessé de provoquer, parce que maintenant il y a Salvini (comme ils ont régulièrement répété dans la matinée)… L’isolement géographique et social de ce camps a permis que l’opération se déroule en toute discrétion. […]

 

texte complet en italien ici : https://hurriya.noblogs.org/post/2018/07/31/roma-rastrellamento-campo-rom-castel-romano/

sur la dernière GAV de Montgenèvre

Quatre heures en garde à vue, pour « aide au séjour de personnes irrégulières ». Pour avoir accompagné trois mineurs au Conseil du Département.
Dès 9h ce matin et jusqu’à 13h, une camarade est restée enfermée à la PAF, la « police aux frontières », sous interrogatoire. C’est une des « 7 de Briançon », déjà convoquée au procès pour la marche du 22 avril, avec l’accusation d’aide à l’entrée et à la circulation des personnes « clandestines » en bande organisée. Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant l’office de police en solidarité. Dans cette zone frontalière, où marchandises, touristes, et argent peuvent transiter sans problème, les migrant.e.s continuent à etre traqué.e.s, chassé.e.s, arreté.e.s. Et pour une fois, si les « sans papiers » continuent à être bloqué.e.s, et les solidaires forcé.e.s à passer de TRES agréables heures entouré.e.s d’uniformes, les marchandises et les touristes ne sont pas passés. Ou du moins, avec un peu de retard.
Blocage par intermittence, tractage aux voitures, percussions sur la glissière de sécurité, et plusieurs chants ont animé le rassemblement pendant toute la matinée.
Après trois heures de blocages alternés, les policiers ont commencé à s’énerver et trois autres camionettes de gendarmes anti-émeutes sont arrivées en renfort, nous empechant de rester sur la route. Tandis que la copine sortait de la GAV, les gendarmes ont décidé d’identifier quelqu’un.es d’entre nous.
Amusé.e.s, nous sommes parti.es en balade sur le terrain de golf transfrontalier, des champs privés facilement traversables pour celleux qui peuvent se permettre ce sport, mais fermés à tou.te.s les autres.

La solidarité ne s’arrête pas. Ces gardes à vue n’ont aucun effet.
Toujours ennemi.e.s de toutes les frontières et de tous les uniformes qui les protègent.

Passamontagna

Répression du 1er mai : Marco extradé en Italie

résumé de Round Robin / lundi 30 juillet 2018

Marco a été arrêté à Toulouse début juin dernier, accusé d’avoir pris part à la manifestation émeutière du 1er mai 2015 à MilanIl vient d’être extradé en Italie, où il sera donc jugé sous l’accusation de de « dévastation et pillage » (art. 419 du Code pénal, qui remonte au période de la dictature fasciste), dont les peines vont de 8 à 15 ans.

Solidarité !

repris de attaque.noblogs.org

Le Teil (07400) un prisonnier se fait la Belle

« Lundi, alors qu’il s’était rendu au Teil pour préparer sa sortie de prison, prévue à l’automne, un mineur âgé de 16 ans en a profité pour se faire la belle

.Résultat de recherche d'images pour "prison des mineurs meyzieux"

Le jeune homme était en détention depuis plusieurs semaines, à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu (région lyonnaise), suite à une peine prononcée dans la Drôme, pour des faits de vols avec effraction et avec violence.

Il avait rendez-vous, en début d’après-midi, à la mission locale du Teil, pour préparer son aménagement de peine, qui prévoyait, en septembre, qu’il sorte de détention. Il était accompagné d’une éducatrice et de sa mère.

Sauf qu’en sortant de son rendez-vous, il aurait croisé un ami. Et en aurait profité pour prendre ses jambes à son cou… En état d’évasion, il a été inscrit au fichier des personnes recherchées. Le mineur est connu des forces de l’ordre pour plusieurs cambriolages, au Teil et a déjà été condamné plusieurs fois. »

Rerpris du dauphiné libéré  par https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/

[Sélection à la fac] Prison avec sursis pour les inculpé-e-s de l’action du 14.02.2017

Ce vendredi 27 juillet, la sentence est tombée dans l’affaire de l’occupation du conseil d’administration de l’université de Franche-Comté qui a eu lieu le 14 février 2017. Sept personnes étaient jugées pour une action contre la mise en place de la sélection en master, qui était sur le point d’être votée par les gouvernants de la fac.

Le tribunal a relaxé toutes les personnes pour le chef de « dégradations en réunion ». Une personne s’est également vue relaxer pour la « rébellion » et a été condamnée à trois mois de prison avec sursis pour « séquestration ». Quant aux trois autres, elles ont été condamnées pour « rébellion » et « violences à agents » à verser de la thune aux flics, bien que lors de l’audience l’avocat des inculpé.e.s avait démontré les divers manquements de l’avocate des flics (tous absents à l’audience), comme celui de ne pas avoir fait signer les dépositions des trois flics qui se portaient partie civile.

En outre, les trois ont été condamnées à 3, 4 et 5 mois avec sursis pou séquestration.

Certaines d’entre elles ont prévu de faire appel.

Mercredi 18 juillet lors de l’audience, le procureur avait requis des peines de 3 mois de prison avec sursis avec 500 euros d’amendes pour les quatre personnes accusées de « dégradations en réunion », « rébellion » et « séquestration » (« violences à agents pour deux d’entre elles et « refus de prélèvements d’empreintes digitales et ADN » pour l’une). Quant aux trois personnes accusées du seul chef de « dégradations en réunion » qui avaient refusé la composition pénale le 8 mars dernier, le proc Allam avait requis du sursis TIG (trois mois de prison avec sursis au cas où les TIG ne seraient pas réalisées).

Cette affaire n’est pas terminée, puisque deux autres personnes comparaîtront à la rentrée, en septembre. L’une est poursuivie pour « dégradation en réunion » (après avoir refusé la composition pénale le 11 juillet dernier) tandis qu’une autre (lycéenne et mineure au moment des faits) sera jugée devant le tribunal pour enfants pour « enlèvement et tentative d’enlèvement ; complicité d’arrestation ».

La justice n’est que le reflet de ce monde, où celles et ceux qui se battent pour leurs vies et éviter qu’elles soient encore pires se font piétiner par l’ordre en place. Elle n’est qu’un moyen à la disposition des riches et des puissant-e-s pour maintenir cette société telle qu’elle est. Innocence ou culpabilité, on laisse volontiers ces termes aux représentant-e-s de la Justice, cette institution qui broie chaque jour des vies.

Pour conclure, il n’y avait pas besoin d’attendre ce verdict pour exprimer sa rage au sein même du tribunal. Des messages on ne peut plus clairs se sont étalés dans les chiottes du TGI lors de l’audience : « Liberté pour tou.te.s ; rasons les tribunaux ; nique les juges ; nique la justice… »

repris d’Indy Nantes

Laval (Québec) : Un nouveau site contre la construction d’une nouvelle prison pour migrant.es

Lancement d’un nouveau site web pour contribuer à la campagne contre la construction de la nouvelle prison pour migrant-es à Laval

Cette prison, qui devrait enfermer jusqu’à 158 personnes sans-papiers, devrait être construite sur les terrains du Service correctionnel du Canada, juste à côté de la prison Leclerc, et devrait ouvrir ses portes en 2021. Alors que le gouvernement libéral argumente que cette nouvelle construction serait une façon plus humaine de détenir des migrant-es, nous appelons cela ce que c’est – une prison, en sachant que ceci est simplement une façade plus belle sur un système violent d’emprisonnement et de déportation, qui maintient les gens enfermés dans des cages en déchirant des familles et des communautés. Nous voulons un monde sans prisons et frontières coloniales, un monde où les gens, pas les États, peuvent décider comment ils peuvent se déplacer et où ils peuvent rester. L’arrêt de la construction du centre de détention de l’immigration de Laval est qu’une étape dans la lutte pour détruire les prisons des migrant-es partout dans le monde.

Bloquons la construction de nouvelles prisons et fermons les anciennes!

Ce site est un centre d’information pour partager; nouvelles, analyse et documents liés à la lutte contre le Centre de détention pour les immigrants de Laval.

stopponslaprison.info

[Via Montreal Contre-Information]

.repris de sansattendre.noblogs.org

Evasions de centres de rétention : Le désir de liberté restera toujours plus fort que leurs frontières et leurs barreaux !

Dans le centre de rétention de Lesquin, près de l’aéroport de Lille, deux sans-papiers sont parvenus à se faire la belle le 13 juillet, veille d’un week-end de fièvre nationaliste. Si un troisième a été rattrapé au pied des grillages, les deux autres courent toujours. Bonne chance à eux !

Le 17 juillet, cinq autres sans-papiers passaient quant à eux devant le tribunal de Nîmes, pour une tentative d’évasion du centre de rétention de la ville : grillages soulevés et barreaux forcés, en passant par le « jardin intérieur » accessible uniquement au personnel. Sur les 11 présents, le pouvoir en a donc renvoyé 5 au tribunal, puis condamné 4 (deux ont pris deux mois ferme, un a été relaxé, et les deux autres du sursis ou du ferme sans mandat de dépôt). Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre leur désir de liberté, comme l’a expliqué l’un d’eux à la barre : « Je ne suis pas venu en France pour être enfermé » !

Feu aux centres de rétention et à toutes les prisons…

[Reformulé de divers articles de presse]

repris de Sans_Attendre

Ceuta, Espagne : A l’assaut de la frontière et de ses gardiens ! 26 juillet 2018

Dans un texte de 2008, qui revenait sur les différents assauts de la frontière à Ceuta et Melilla depuis 2005, on pouvait lire ceci en guise de conclusion : « tant qu’existeront les États et leurs frontières, il n’y aura pas de mur assez solide, fut-il technologisé à outrance, qui pourra contenir la rage et l’espoir des dominés en quête d’une vie meilleure. Il y aura toujours des forêts et des montagnes d’où partiront les assauts contre ce monde de mort. Des confins des déserts au cœur des métropoles.« *

Or donc, depuis que l’Italie aidée par les autres Etats de l’espace Schengen et de Frontex vient de donner depuis quelques mois un nouveau tour de vis pour empêcher les migrants de parvenir jusqu’à ses côtes, certains indésirables ne sont pas restés les bras ballants et ont pris les choses en main. L’Espagne est ainsi en train de devenir la première voie d’accès à l’Europe devant l’Italie. Par voie maritime depuis les côtes andalouses, et par voie terrestre depuis les lambeaux que l’ancienne puissance coloniale a tenu mordicus à conserver de l’autre côté de la Méditerranée. Hier jeudi 26 juillet s’est produit le plus grand assaut de la frontière maroco-espagnole de Ceuta depuis février 2017, lorsque plus
de 850 migrants étaient parvenus à pénétrer dans la ville en quatre jours.

Cette fois, il n’y a pas eu besoin de procéder en plusieurs vagues d’attaque : ce sont près de 800 migrants, armés de rage et de détermination, qui se sont lancés à l’assaut des murs de grillage, de détecteurs infrarouges, de caméras et de fils de fer barbelés constellés de lames de rasoir (les concertinas).

Vers 6h30, partis du secteur de la Finca Berrocal, ils ont affronté à la fois les agents marocains et ceux de la Guardia civil espagnole pendant une bonne heure, avant que 602 ne parviennent à mettre le pied dans l’enclave européenne (une centaine a été bloqué côté marocain). Mais si l’auto-organisation et la détermination semblent nécessaires, se doter de moyens autonomes et imaginatifs est aussi indispensable. Dans l’asymétrie de la lutte contre un Etat préparé et doté de moyens technologiques et militaires, on connaissait les cerfs-volants enflammés des Palestiniens de la bande de Gaza, et voici que d’autres désespérés ont su à leur tour forger leurs propres armes pour tenter de parvenir à leurs fins (franchir la frontière). En plus des rudimentaires bâtons pour le corps à corps, ils
se sont ainsi munis de sprays de déodorant transformés en lance-flammes artisanaux. En plus des rudimentaires pierres pour tenir la distance, ils se sont munis de dizaines de projectiles composés de chaux vive et d’excréments, dont ils ont bombardé les forces de l’ordre. Vingt-deux garde-frontière de la guardia civil ont dû être soignés, dont cinq envoyés directement à l’hôpital pour des brûlures au visage et aux bras.

Face à ce nouvel assaut qui ne peut que réjouir les ennemis de toutes les frontières, le syndicat AEGC de la guardia civil a immédiatement dénoncé “des techniques jusqu’ici inédites” pour mieux réclamer toujours plus de matériel anti-émeutes et de protection, tandis que le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, n’a pu que constater que « la crise migratoire est plus difficile à résoudre que la crise de l’euro parce qu’elle est beaucoup plus structurelle, beaucoup plus permanente ».

Bien, ceci dit, les ennemis de l’autorité ne disposent-ils pas eux aussi d’instruments, d’analyses (sur les rouages de la machine à trier et à expulser, notamment) et d’imagination pour que cette crise structurelle et permanente puisse prendre fin, mais d’une toute autre manière que celle projetée par le pouvoir ? Par exemple en sortant de la gestion humanitaire et de l’attente des révoltes d’un quelconque sujet, pour approfondir et
précipiter les crises de foie récurrentes de la domination -qui se produisent déjà sans nous- vers un empoisonnement généralisé de tous ses organes.

Vers l’inconnu d’une liberté sans Etats ni frontières, en somme.

Note:

* À l’assaut de Ceuta et Melilla, A Corps perdu (Paris) n°1, décembre 2008 / disponible ici

Repris de Sans_Attendre

Montgenèvre (05): encore une convoc

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reformulé de https://fr.squat.net/

Sardaigne : 4 convocations suite à un collage

Cagliari 

Après un collage d’affiche pour une soirée de soutien antifasciste le 27 juillet, quatre compagnons sont poursuivis pour incitation au délit et apologie de délit/crime, car solidaires de Paska, Giova et Ghespe, compagnons accusés d’une attaque sur (une librairie proche, ndt) de Casapound à Florence et actuellement en prison.

Les quatre ont été convoqués pour un interrogatoire le vendredi 20 juillet, à partir de 15h30, devant le procureur général Guido Pani.

Mise à jour 

Une trentaine de personnes se sont rassemblées cet après-midi devant le tribunal de Cagliari pour exprimer leur proximité et leur solidarité aux 4 compagnons lors des interrogatoires.
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Les mises à jour suivront.
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Contre la répression et ses agents, pas un pas en arrière.
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https://roundrobin.info/2018/07/cagliari-aggiornamenti-e-contributo-sul-presidio-in-soidarieta-ai-4-indagati-per-istigazione-a-delinquere/
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Briançon : 4 autres personnes au procès du 08 novembre

Le 17.07 en fin d’après-midi, les 4 compagnon.nes qui avaient été appelés à se présenter dans la matinée à la gendarmerie de Briançon ont été relâchés de leur garde à la vue. Ils repartent avec une convocation au procès de novembre avec Ele, Thèo et Bastien, pour avoir participé à la marche du 22 mars de Clavière et sont accusé.es d’avoir facilité l’entrée sur le territoire de personnes en situation irrégulière en bande organisée. Une des 4 personnes est également accusée de résistance à agent pour avoir échappé à un passage à tabac par la police lorsque la marche était déjà terminée.

[…]

Repris du facebook de Chez Jesus

| Sans victoire ni défaite |

…est-ce que les anarchistes, avec leur idée de liberté et de destruction de l’autorité, sont fatalement condamnés à perdre, c’est-à-dire à voir tous leurs efforts, tous leurs sacrifices, toutes leurs initiatives être liquidées, en temps de paix relative comme en temps de vaste révolution ? « Cela a toujours été ainsi dans l’histoire », diront les pragmatiques. « Fallait pas croire à la révolution et aux masses », diront les cyniques. Pourtant, il existe une autre possibilité, peut-être plus intimement anarchiste : contrairement aux chats, nous n’avons en effet qu’une vie, et nous osons avancer que c’est alors dans cette vie-là, la seule que nous ayons, qu’il s’agit de se battre, de vivre cette tension vers la destruction de l’autorité. C’est en allant, en allant sur le chemin que nous avons choisi, que nous nous réalisons, que nous devenons ce que nous sommes. C’est la qualité qui fait irruption dans notre vie, la qualité de l’idée et de l’action qui vont de pair. Victoire ou défaite, cela n’a plus rien à voir là où il n’y a que persistance ou abandon, détermination ou résignation, amour et haine passionnels ou écrasement politique. Incorrigibles rêveurs, oui, beaucoup d’anarchistes le sont. « Agir, ce n’est plus penser avec le cerveau seul, c’est faire penser tout l’être. Agir, c’est fermer dans le rêve, pour les ouvrir dans la réalité, les sources les plus profondes de la pensée », disait Maeterlinck. En effet, les anarchistes rêvent leur propre vie à yeux grands ouverts, ce qui revient à armer leurs désirs, leurs convictions et leurs choix pour les réaliser. […]


La suite dans Avis de tempête numéro 7 – juillet 2018

Avisdetempetes7

Yoyo, nouveau journal anticarcéral

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Journal de lutte contre les barreaux !

Premier lancer de yoyo, petite feuille d’actualité anti-carcérale pour partager notre envie de lutter contre toutes les prisons, contre toutes les oppressions, pour dire notre colère contre ce monde de barreaux, de frontières et d’exploitation.

On a voulu parler de la réouverture prochaine de la prison de la Santé. Cet «événement», une pierre de plus dans la construction de nouvelles places en prison, témoigne sous nos yeux de l’évolution constante de l’enfermement, outil majeur du pouvoir pour contrôler nos vies.

Parce que l’enfermement ne se résume pas aux centres pénitentiaires mais se déploie sous des formes multiples, dans et hors les murs, on a eu envie dans ce premier numéro d’évoquer l’actualité des centres de rétention en lien avec les luttes contre les frontières.

On a aussi eu envie de relayer des révoltes à l’intérieur et qui trouvent des échos au delà des barreaux comme à Toulouse en janvier dernier. Pour briser le silence qui entoure ces murs, pour donner des billes qui se coinceraient dans les rouages de cette machine huilée de la société carcérale.

yoyojournal@riseup.net

Pour le télécharger : yoyo

Repris d’Indy Nantes

 

[Keufmobile en feu] Dernier encagé : Pas de nouvelles de l’aménagement de peine

Le 21 juin dernier, la dernière personne incarcérée pour l’affaire du quai de Valmy est passée devant le juge d’application des peines (JAP) pour une demande d’aménagement de peine.

Il est enfermé depuis bientôt un an et demi et sa date provisoire de libération est en février 2019. L’audience intervenait 9 mois après qu’il en ait fait la demande malgré les 4 mois de délai prévus par la loi. L’administration pénitentiaire et le procureur ont donné un avis défavorable à sa libération, argumenté par son silence obstiné sur les faits. Le JAP a mis le résultat en délibéré au 11 juillet.

Apparemment ça ne suffisait pas de mettre un délibéré trois semaines plus tard, trois semaines d’attente et de possibles espoirs. Le 11 juillet, silence radio de la part du JAP et le 12 on apprend que le délibéré est repoussé « au début de semaine prochaine ». Ces contretemps permanents, qu’ils soient réfléchis ou simplement liés à la négligence de ceux et celles qui ont la liberté des autres entre leurs mains, usent les nerfs des prisonnier-e-s et de leurs proches. Ils ramènent à l’impuissance que génère la situation d’être pris-e dans la machine carcérale. Quand on pense que plein de personnes détenues n’ont aucune connaissance du droit, ne sont pas forcément entourées, pour certaines ne lisent pas le français, on imagine que beaucoup se retrouvent complètement à la merci de l’arbitraire pénitentiaire. On a déjà vu des personnes rester dedans alors qu’elles étaient libérables depuis plusieurs jours, sans possibilité de comprendre ce qui se passait.

Si l’AP et l’état tentent de briser les détenus et leurs proches par ces petites et grandes mesures arbitraires et vexatoires, soyons les bâtons dans les roues de ce système trop bien huilé.

Chaque jour passé en taule est un jour de trop !
Détruisons toutes les prisons !

ps : 3 semaines sans visites ça irrite : https://www.nantes.indymedia.org/articles/40417

Répression et transfert : https://www.nantes.indymedia.org/articles/40130

Une personne au mitard dans l’affaire de la keufmobile brûlée : https://www.nantes.indymedia.org/articles/39213

[Rendu du procès keufmobile] Journée contre la justice et la prison : https://www.nantes.indymedia.org/articles/38820

la solidarité c’est l’attaque : https://paris-luttes.info/keufmobile-brulee-la-solidarite-c-8746

Solidaires dans les luttes, solidaires face à la repression : https://paris-luttes.info/recueil-de-textes-autour-de-l-7935

MAJ du 17/07 Le juge d’application des peines a refusé sa demande.

Repris d’Indy Nnates

Lecce – Infiltrés

Nous savons bien que les forces de police de l’État utilisent divers outils pour contrôler et réprimer les rebelles et les subversifs et les anarchistes parmi eux. En plus de l’utilisation classique des mouchards, trouvés ces derniers mois dans les maisons, les voitures, les maisons des anarchistes dans diverses parties de l’Italie, une autre méthode consiste à utiliser un informateur pour recueillir autant d’informations que possible sur les personnes qui sont surveillées et initiatives qu’ils ont l’intention de mettre en œuvre. Ici dans le Salento, l’opposition au pipeline Tap a certainement attiré l’attention des hauts niveaux de contrôle, surtout pour la stratégie et la nécessité déclarées des travaux. Ainsi, après avoir recueilli de nombreuses informations nous-aussi, qui nous ont donné la certitude de ce fait, nous avons éloigné un sournois personnage, contacté et embauché par les services secrets, qui a fréquenté au cours des quatre derniers mois tous les lieux anarchistes de Lecce. Ce que nous savons directement, c’est que le personnage en question est apparu pour la première fois dans l’espace Tilt, dédié à la lutte contre le Tap, puis au à la Librairie Disordine, assidûment fréquentée. Disparu pendant un mois et demi,  alors que nous recueillions des informations à son sujet, il est ensuite réapparu lors d’une soirée dans la bibliothèque d’où il a  définitivement été éloigné.

Si nous écrivons ces lignes, c’est pour avertir de cette énième, quoique ancienne, pratique répressive en cours.

.https://roundrobin.info/2018/07/lecce-infiltrati/

Voir aussi : 

Angleterre : Infos à propos de l’ancien policier infiltré Mark Kennedy

Turin – Mises à jour sur la première audience du procès pour les événements du Nouvel An à la Vallette

Ce matin, première audience du procès contre les compagnons et les compagnon.nes pour les événements du Nouvel An devant la prison de La Valette à Turin. Les témoins de l’accusation ont été entendus (évidemment tous des flics) et l’avocat de la défense de Cello a commencé sa plaidoirie défensive. L’audience a été reportée au 24 septembre et le premier degrès (de correctionnelle, ndt.) se terminera le 8 octobre.

Toutes les assignations à résidence pour les Turinois et le contrôle judiciare pour Cello sont confirmés.

Liberx tuttx

https://roundrobin.info/2018/07/torino-aggiornamenti-sulla-prima-udienza-per-i-fatti-di-capodanno-sotto-le-vallette/


Turin – Face à la prison de la Vallette

Cette nuit, un camarade de Saronno a été arrêté pour les événements de l’année dernière face à la Vallette, les infractions reprochées sont blessures et résistance. Ce matin, pour la même procédure, l’interdiction de résidence à Turin a été notifiée à certains camarades. Certains camarades turinois pour qui, selon les premières informations disponibles, incomberait le même sort, n’ont pas encore été trouvés.

MARCELLO LIBERO!


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31 décembre Le classique salut du Nouvel An aux détenus de la prison de Vallette se révéla cette fois plus animée que d’habitude. Parmi une soixantaine de personnes présentes pour l’occasion, quelqu’un a jugé bon de faire une pause dans l’usage vertical habituel de la pyrotechnie, provoquant un peu d’explosions et d’étincelles colorées entre les jambes des pelletons de gardes déployés pour la défense des enceintes (de la prison, ndT). Quelques charges et quelques jet (de projectiles, ndT) en guise de réponses, et, selon les journaux, une policière scientifique (de ceux en civil toujours avec l’appareil photo en main, peut être présumé) blessée par une bouteille et admise à l’hôpital. Une scène pas si ordinaire qui nous espérons ait arraché un sourire inattendu et moins ennuyé aux prisonniers qui se sont précipités aux fenêtres, pour regarder et crier.

https://www.autistici.org/macerie/?p=32879

 

Pour en finir avec le nationalisme

Les temps où face aux Etats et aux frontières, naissait le rêve de la fraternité de l’humanité entière et que « notre pays » était le monde entier, semblent désormais révolues. Aujourd’hui, face à un monde de changements rapides qui font peur, on assiste à une recrudescence de toutes les formes possibles de nationalismes. Mais comment définir ces formes, comment définir l’essence du nationalisme qui semble entraîner toujours plus de monde ?

Tout nationalisme commence par une exclusion. Pour définir « une nation », il faut établir des critères pour déterminer qui n’en fait pas partie. Ça pourrait être la couleur de peau, l’endroit de naissance, l’identification avec des traditions culturelles, le langage. La nation se définit donc par des choses qui ne dépendent pas de la volonté de chaque individu, même si l’adhésion aux valeurs culturelles de la nation pourrait sembler indiquer le contraire. Dans un monde où personne n’est libre de donner soi-même forme à sa vie et où exprimer son individualité, son unicité, signifie la révolte, les nationalismes prétendent offrir un foyer à ceux qui se sentent perdus, à ceux qui ne s’estiment pas capables ou assez « forts » pour être (et devenir) simplement soi-même.

Mais le nationalisme, en plus du fait qu’il érige des barrières insurmontables entre les hommes (barrières qui ne peuvent mener qu’à l’incompréhension, le mépris, l’exclusion, la guerre et le génocide), réunit des pôles contradictoires et prétend ainsi surmonter les profondes divisions dans la société. Aussi bien le policier que le voleur peuvent adhérer à la même nation, tout comme le riche et le pauvre, l’entrepreneur et le travailleur, le politicien et le sujet. Dans un monde qui est en pleine transformation (ou qui court vers l’abîme, comme disent certains), où les tensions sociales entre ceux d’en haut et ceux d’en bas se font d’avantage sentir au quotidien, où la possibilité d’une explosion sociale menace la stabilité et reconfigure les rapports dans toute la société, dans la politique, dans la gestion des pauvres, ce n’est pas un hasard que de tout côté le nationalisme remonte. Il est identifié par les pouvoirs comme un dénominateur commun qui se révélera bien utile pour canaliser la rage non pas vers les responsables d’un monde pourri, mais vers d’autres pauvres, déshérités, damnés,…

Lucca (Italie) – La Croix-Rouge enferme et psychiatrise

Une jeune femme Nigériane arrivée en Italie avec sa fille de 18 mois et hébergée par la Croix-Rouge suite à sa demande d’asile (qui se voit confier la gestion d’une maison d’accueil pour femmes et mineurs) a été internée au sein du département de psychiatrie de l’hôpital « Versilia » après avoir tenté de quitter la Tendopoli. Sa fille, se retrouve confiée par le tribunal pour mineurs de Florence aux services sociaux. Institutions qui deviennent immédiatement les sujets les plus appropriés pour décider pour sa santé, et pour le bien-être de sa fille […].

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En février 2016, 18 migrants s’étaient enchaînés devant l’entrée de l’ancienne école élémentaire servant de centre d’accueil, formant une barrière humaine et empêchant le traitement médical obligatoire (TSO) d’un de leur compagnon. […]

Il ne s’agit pas du premier cas de TSO imposé bien souvent en réponse à une réaction de révolte face à l’enfermement, la détention, les conditions « d’accueil » dans les centres ou dans les camps, ou encore suite à l’annonce d’un refus (de papiers, de prolongation de permis de séjour etc.).

NB. Le TSO comprend la médication et/ou l’internement d’office. Au sein des CRA, il est fréquent que les migrant-es dénoncent le cachetonnage de leur nourriture (distribuée par Sodexo) pour sapper toute contestation.

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Textes complets ici (en Italien) :

« Lucca – La Croix-Rouge interne une personne qui voulait quitter la Tendoli » : https://hurriya.noblogs.org/post/2018/07/12/lucca-la-croce-rossa-costringe-al-tso-una-ragazza-che-voleva-lasciare-la-tendopoli

« TSO (traitements de santé obligatoires) – Répression psychiatrique contre les migrants qui protestent » : https://hurriya.noblogs.org/post/2016/02/22/tso-trattamenti-sanitari-obbligatori-la-repressione-psichiatrica-contro-i-migranti-in-protesta

 

Paris : Retour sur un rassemblement-déambulation contre toutes les prisons

Jeudi 21 juin 2018, un rassemblement contre toutes les prisons suivi d’une déambulation était appelé sur la place des Fêtes à Paris 19ème.

Nous sommes une bonne cinquantaine, avec tables, tracts, journaux, à prendre la place vers 19 heures. Deux civils se présentant comme représentants de la préfecture essaient de nouer le contact pour savoir ce que nous comptons faire. Pas de dialogue avec les flics, cependant ils sous-entendent qu’ils ne sont pas là pour nous empêcher, juste nous « encadrer ».

Durant 1h30, des affiches sont collées et des banderoles tendues. Plusieurs prises de paroles contre la taule, et les CRA (centres de rétention administrative), racontant des bouts de luttes à l’intérieur et à l’extérieur des murs, entrecoupées de musique, rassemblent les présent.es en vue de partir en déambulation. Un feu d’artifice explose au centre de la place et nous voilà en mouvement vers l’une des seules rues sans flics visibles. Un fumigène, quelques slogans, une sono, mais voilà que plusieurs lignes de CRS arrivent en courant sans que leur intention ne soit explicite.

Après 200 mètres au pas de course avec les flics quasiment au contact derrière, on acte la dispersion. Les flics-chasseurs ne voulant pas perdre leur proie, commencent dans une relative confusion à gazer et foncer sur quelques personnes qui se dispersaient, pour les ramener en nasse vers le groupe, puis poursuivent la queue de cortège et arrêtent une personne. Deux autres se feront arrêter pour avoir réagi à son arrestation.

Les onze personnes arrêtées sont emmenées au comico du 13ème, bd de l’Hopital. Huit personnes sont placées en vérification d’identité. Deux, en possession d’un papier à leur nom, sortiront rapidement, les six autres n’en ont pas et décident de ne pas décliner d’identités. Elles refusent également la prise d’empreintes digitales, demandée par le procureur pour tenter de les retrouver dans le FNAED*. C’est sur ce motif que les keufs les mettront en GAV à la suite des 4 heures (durée légale d’une vérif d’identité) pour leur mettre plus la pression et prolonger leur sale besogne.

Elles ont tenu malgré les intimidations et menaces et ont vu leur choix de ne pas donner leur blaze récompensé, vu que les keufs relâcheront X, X, X, X, X et X le lendemain midi ! Trois seront mises en garde à vue (GAV), deux directement et une après un passage en dégrisement** (qui ne lui a pas été communiqué). Pour un gardé-à-vue accusé de violence sur flics, prétendument en état d’ébriété lors de l’arrestation, les officiers de police judiciaire (OPJ) se sont permis froidement un cassage de gueule, en préambule d’une audition, de ce qui était pour eux un « anti-flic », « gauchiste », « antifa », un « parasite » et qu’ils menaceront allègrement de viol ou de meurtre.

Le matin, durant une première audition qui tournera court du fait de la non collaboration du copain à décliner son identité que le flic avait déjà sur son écran, quatre OPJ étaient déjà menaçants et passablement agacés. Après quelques heures et l’entrevue avec son avocate, le copain verra le plus énervé du matin venir le chercher en cellule et l’emmener de nouveau à l’étage des OPJ sans les menottes pour une seconde audition qu’il mènera lui-même.

Les premiers coups sont donnés (grosses gifles et coup de genou dans les côtes) dans l’ascenseur avec son lot d’insultes et d’incitations à répondre aux coups. Le copain encaisse sans répondre aux provocations et est balancé à travers le couloir jusqu’à la salle où aura lieu l’interrogatoire. Il est placé sur une chaise au milieu de quatre bureaux avec autant de flics. La porte est laissée entrouverte mais les persiennes sont baissées pour l’occasion. Le keuf continue à distribuer quelques taloches tout en se relayant avec les trois autres pour insulter et menacer. Il sera saisi d’une légère panique quand il se rappellera que le copain avait vu son avocate, il se rassiéra soulagé après l’avoir fouillé rapidement à la recherche… d’un possible micro ? Un de ses collègues lâchera à son tour quelques coups, mais quant à lui, avec ses poings.

Une OPJ, ayant son bureau à côté, profitera de la situation pour s’approcher par derrière et couper une mèche de cheveux. Elle retournera à son bureau avec de l’ADN pour alimenter leurs fichiers. Les flics cesseront de cogner pendant l’entretien sur les faits durant lequel ils recevront comme seule réponse « je n’ai rien à déclarer ».

Tout l’étage rempli d’OPJ en civil a vu ou entendu de quelle manière se déroulait le transfert et/ou l’audition. En ramenant le copain vers les cellules le keuf fera même un petit passage dans le bureau du chef de service pour lui exposer l’ »anti-flic » avec son visage marqué par les coups. Cela n’était pas une attaque envers un individu en particulier mais bien contre ce qu’il représentait pour eux, un « anti-flic ». Cela n’a pas l’air non plus d’une initiative spontanée d’un ou quelques flics mais plutôt de quelque chose d’anticipé ou en tous cas de rodé. D’ailleurs, plus tôt dans la journée une des X avait également subi des insultes dégradantes et des menaces de viol, avant et pendant son audition, un des OPJ lui assurant en tête à tête dans l’escalier qu’elle avait « de la chance d’être une fille » sans quoi il l’aurait « défoncée ».

Les flics se réjouissent de l’absence d’avocat pendant les auditions et de pouvoir en profiter pleinement. Les insultes, menaces et coups font partie de leurs moyens ordinaires d’humiliation et de punition. La violence des flics peut aller jusqu’à blesser et tuer dans la rue et dans leurs comicos, les procs et les juges envoient des personnes en taule pour n’importe quel motif. Il ne s’agit pas d’espérer une police moins « violente » ou une justice plus « juste ». Se raconter comment ça peut se passer, sans vouloir transmettre la peur que les flics cherchent à distiller ni donner de recettes à suivre, peut servir à se donner de la force et alimenter la réflexion sur nos moyens et choix que l’on peut user face aux flics.

Le comico ou le tribunal sont le terrain des keufs et des juges, ils peuvent s’y permettre un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi, mais on pourra toujours y mettre des grains de sable pour enrayer la machine répressive et renvoyer dans leurs gueules la rage qu’ils provoquent en nous.

La rue reste pour nous le terrain où nous continuerons à exprimer notre rage et nos idées contre ce monde d’autorités, à apprendre à être plus malin.es pour l’investir collectivement ou pas, publiquement ou pas, afin d’attaquer tout ce qui empêche nos envies de vies libres de se réaliser.

Une personne a eu un rappel à la loi pour outrage et rébellion. Deux personnes ont un procès le 20 novembre pour outrage, rébellion (la poursuite pour violences ayant été abandonnée) et refus de se faire ficher empreintes digitales et photos, une étant en récidive pour ce refus. De la bouche du proc on évite la comparution immédiate du fait du nombre important de personnes déférées ce jour-là, conséquence supposée de la fête de la musique.

La répression n’arrêtera pas nos rébellions, liberté pour tou-te-s ! Feu aux prisons (les comicos et tribunaux étant inclus) !

Quelques participant-e-s au rassemblement

Notes:

*FNAED : Fichier national automatisé des empreintes digitales.

**Le placement en dégrisement repousse le début de la GAV et donc de la notification des droits (demande de voir un médecin, avocat, droit de faire prévenir un proche,…) et de la connaissance de la qualification de l’infraction justifiant la mise en GAV. Théoriquement il y a des cellules spéciales dégrisement mais en pratique on peut se retrouver en cellule avec des gardé-e-s à vue. Le temps passé en dégrisement doit être pris en compte dans la durée de la GAV. Ici, la fin du placement en dégrisement a été décidé après un test d’alcoolémie.

repris de sansattendre.noblogs.org

Un commissaire… humanitaire

NB. Le rapport victime innocente/coupable, misérables/humanitaire inhérent au texte n’est pas vraiment idéal, mais le texte à le mérite de poser les choses clairement quand au gentil/méchant flic…

A Genève, un pauvre bougre, poussé par la faim, vole un pain. Est-­il possible, se demandera-­t-­on, de se trouver dans un dénuement tel, de ne pas posséder les quelques sous né­cessaires à l’achat d’un pain ? C’est malheureusement vrai et cette situation intolérable atteint un bon nombre de déshérités. Ceux qui y échappent présentement n’en sont pas moins menacés et, sans compter les nombreux cas de travailleurs qui subissent le régime de la faim jamais complètement assouvie, il nous semble que de tels faits devraient être suffisants pour désarmer tous ceux qui n’ont pas honte de dé­fendre le capitalisme.

Le « voleur » dont nous parlons fut arrêté et comparut devant le commissaire de police lequel, touché par les déclarations de l’affamé, l’hébergea et fit des démarches pour son rapatriement. Voilà qui n’est pas banal et nous ne songeons certes pas à reprocher le geste, nous qui aimerions voir toute la police à cent pieds sous terre. Mais nous nous demandons ce que ce petit acte de clémence, commis selon nous dans un but de popularité, représente au regard de toutes les canailleries inhérentes aux exécrables fonctions de policier et de toute la férocité dont est capable un commissaire envers les victimes d’un régime abject qu’il a charge de soutenir.

On nous ne fera pas croire qu’un policier peut être humanitaire. Si un commissaire de police pouvait être animé de sentiments d’humanité, il ne tarderait pas à abandonner ses fonctions, après s’être rendu compte qu’il ne pouvait faire mieux que de libérer tous les pauvres diables qui ont le malheur de tomber dans les griffes des flics, reconnaissant que ceux qui lui sont amenés sont des victimes et non des coupables.

Il est certain que ce commissaire, clément une fois sur mille, n’en continuera pas moins à remplir son rôle de protecteur des privilèges contre les timides attaques des déshérités en proie à la misère. Bien que les nombreux cas qu’il a journellement sous les yeux lui prouvent que tous ceux qui comparaissent devant lui ne sont que les fruits de l’inégalité et l’injustice sociale, il n’en continuera pas moins à sévir implacablement contre eux. Et il le fera «d’ailleurs comme tous ses collègues, par tous les moyens, même dénués du moindre scrupule. Plus d’une fois, nous avons constaté leurs flagrants mensonges cherchant à justifier le maintien d’honnêtes travailleurs sous les verrous. Aidés de leurs mouchards, ils répriment odieusement toutes manifestations où les ouvriers osent réclamer une amélioration de leur condition. Ils cambrioleront la demeure des militants dans le but d’y découvrir les « documents compromettants » qui permettront l’emprisonnement et l’expulsion. Ils iront même jusqu’à travestir habilement les dépositions de leurs victimes qui, à défaut d’expérience, s’y laisseront prendre.

Lorsqu’ils pressentiront de la résistance à leurs néfastes desseins, ils feront des promesses qu’ils seront bien déterminés à ne pas tenir dès qu’ils seront parvenus à leurs fins.

De tous nos ennemis, les policiers sont les plus exécrables, car outre qu’ils protègent un régime odieux dont nous voulons la disparition, la fourberie, l’hypocrisie, le mensonge et la brutalité sont leurs armes favorites.

C. B

 

Le Réveil journal communiste anarchiste n°689 – 8 Avril 1926
http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/anarchismes/entre-deux/lereveil/1926/lra_1926_04_03.pdf

Italie : Lecco (prox. Milan) – Intimidation policière

Vendredi 6 juillet un ami a été arrêté par la Police ferroviaire alors qu’il attendait un train à la gare de Lecco. Lors du contrôle, un paquet avec des livres et des brochures a été trouvé. Les flics les ont saisis en déclarant qu’il s’agissait « presse clandestine » et « contre l’Etat ». Par la suite, avec le prétexte habituel de recherche d’armes et d’explosifs, ils ont fouillé sont domicile à Val Masino sans rien trouver. Le compagnon a été libéré après 11 heures.

https://roundrobin.info/2018/07/lecco-intimidazioni-poliziesche/

Toulouse : une instruction en cours pour une action au siège de l’UMP en 2015.

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Le mardi 14 avril 2015, dans l’après-midi, une action a lieu à Toulouse, en solidarité avec les migrant-e-s de Calais. Le local de l’UMP situé rue Gabril-Peri, en plein centre de Toulouse, est « expulsé » par un groupe de personnes en représailles aux nombreuses expulsions de squats de migrant-e-s menés par la mairie UMP de Calais. En quelques minutes, le mobilier se retrouve sur le trottoir et les dossiers dans le caniveau. Deux tags sont laissés sur la façade, un tract est distribué dans la rue et, dans la foulee, un texte est publié sur Internet.

L’UMP porte plainte, la presse parle de saccage et les partis politiques condamnent.

Plus de trois ans après, le 12 juin 2018, une personne habitant à Toulouse (et ayant été placé en garde-à-vue dans l’affaire de l’incendie des véhicules de gendarmerie à Limoges) se rend à une convocation venant de la section criminelle de la police judiciaire de Toulouse. Il est placé en garde-à-vue durant sept heures pour des faits de « dégradations et/ou détérioration en réunion » et « violences en réunion sans interruption de travail » pour des faits ayant eu lieu en avril 2015 à Toulouse, à savoir cette action au siège toulousain de l’UMP.

Une instruction est en cours sous la direction de Florence Bru, juge d’instruction à Toulouse. Elle a délégué son pouvoir d’enquête aux flics toulousain via une comission rogatoire datée du 24 novembre 2017.

Selon les flics, les personnes présent-e-s au lors de cette action portaient des masques. Les flics pensent que la personne convoquée était sur place car des traces d’empreintes (appellées traces papillaires) lui appartenant auraient été retrouvé sur des masques en plastique blancs à proximité du siège UMP. Pour le moment, cette personne n’est pas mise en examen, mais, d’aprés les pandores de la Crim, elle devrait être convoquée ultérieurement par la juge d’instruction.

Le mercredi 27 juin, la personne en détention provisoire à Limoges est extraite de la maison d’arrêt pour être également placéee en garde-à-vue dans cette affaire. Elle est entendue à Limoges par des flics toulousains et n’est pas non plus pour l’heure mise en examen. Des traces d’ADN qui lui sont attribuées auraient été également retrouvées sur un masque en plastique blanc récupéré par les flics.

Il semblerait que la criminelle suspecte d’autres personnes d’avoir participé à cette action. Il est possible qu’il y ait dans les temps à venir d’autres convocations et/ou garde-à-vue. L’existence d’une comission rogatoire ouverte par une juge d’instruction permet, pour police et justice, le déploiement d’un large arsenal de mesures de flicages

Liberté pour tou-te-s,
avec ou sans papiers.

https://iaata.info/Toulouse-une-instruction-en-cours-pour-une-action-au-siege-de-l-UMP-en-2015-2708.html

Raids policiers et saisie des informations bancaires des soutiens de Riseup en Europe

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Mercredi 4 juillet, le collectif Riseup et son soutien financier en Europe, ZwiebelFreunde (littéralement « les amis de l’Oignon », qui soutient l’anonymat sur Internet) ont chacun publié un communiqué sur une grave opération policière. Elle s’est déroulée le 20 juin en Bavière sous prétexte de l’identification des admins d’un blog antifasciste.

Les communiqués originaux en anglais, dont les pages sont régulièrement mises à jour :

Traduction rapide, améliorable sur :https://pad.riseup.net/p/raidriseup_mbvmbazefa-tmp

Capital total

Dans le monde qui se profile, l’espoir de mener une vie simplement humaine s’effondre. Qui peut encore s’illusionner sur ce qui nous attend ? Qui peut encore imaginer que la simple défense du service public, issu du compromis social né dans le contexte bien particulier de la fin de la Seconde Guerre mondiale, soit une revendication à la hauteur des enjeux ? Le Capital s’est débarrassé de sa muselière. Il montre les crocs. Cela se traduit dans les faits par un accroissement de la violence de la répression mise en œuvre par ses représentants à la tête de l’État (expulsion des étudiants des facultés qu’ils occupent, opération militaire à Notre-Dame des Landes, sans parler des attaques menées par des fascistes confortés par la violence étatique).

Face à l’ampleur des attaques, les directions syndicales restent figées dans une position défensive non dénuée d’arrière-pensée. Le simple fait de mettre dans la même casserole des revendications diverses et appeler cette mixture « convergence des luttes » ne suffira pas. S’agirait-il donc de donner plus de force à chacune d’entre elles, et penser ainsi qu’elles pourront toutes trouver preneur au sein du patronat et de l’État ? Pour revenir à quelle situation ? À la dernière étape d’une régression sociale entamée voici déjà presque quatre décennies ? Cette régression, il est vrai, entre aujourd’hui dans une phase décisive. Il ne s’agit plus de courir après toutes les attaques (c’est la stratégie du gouvernement actuel que de nous faire courir en espérant nous asphyxier), mais de nous demander à quelle vie, radicalement autre, nous pouvons aspirer. Derrière la revendication du maintien du service public, ne se cache-t-il pas l’attente profonde d’une vie débarrassée des exigences du profit qui mettent à mal l’existence de chacun, au travail ou dans l’exclusion sociale ?

Nous n’avons besoin ni de l’État ni du Capital pour imaginer et mettre en œuvre une société nouvelle, en rejetant loin de nous tout ce qui nous sépare, notamment les revendications identitaires diverses qui fleurissent de toutes parts, et paraissent difficilement compatibles avec une remise en cause globale de la société de classe et de la réification toujours plus prégnante des rapports humains.

[Supplément au n°25 de Négatif, bulletin irrégulier, mai 2018.]

 

Feu à toutes les prisons

Banderole en solidarité avec toutes les personnes incarcérées pour la révolte du G20 et au-delà.

Nous avons délibérément choisi le bâtiment d’un REWE [1] pillé lors du G20 pour donner une importance symbolique à la banderole.

Contre toutes les prisons et ce monde qui en a besoin.

Pour Isa, Nero, Lisa, Peike, toutes les personnes connues et inconnues…

Pour l’anarchie !

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 6. Juli 2018]

NdT:

[1] coopérative allemande de commerçants de la grande distribution.

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Salutations de solidarité à tous les prisonniers un an après les émeutes du G20 à Hambourg

Cette nuit [du 7 au 8 juillet 2018, NdT], les prisonniers du centre pénitentiaire Billwerder-Moorflet ont été salués avec des feux d’artifice.

Nous voulons montrer à nos camarades, compagnon.e.s et tou.te.s les autres détenu.e.s qu’ils/elles ne sont pas seul.e.s. Mais nous sommes conscient.e.s que ceci n’est qu’un petit acte symbolique. Le quotidien morne en taule n’est pas le seul problème, mais c’est plutôt les prisons elles-mêmes ainsi que l’Etat qui se permet de restreindre et contrôler la vie et la liberté de beaucoup de gens. Pour nous, il est évident que la vraie liberté n’est en aucun cas réalisable dans un système pareil. C’est pourquoi il s’agit seulement de le surmonter et de lutte contre l’ordre existant. Depuis maintenant un an, nos ami.e.s sont détenu.e.s et harcelé.e.s pour le G20 et quand on se fie à celles et ceux qui ont le pouvoir, plusieurs d’entre elles/eux devraient l’être pour encore quelques années.

Mais ça ne suffit visiblement pas pour l’appareil policier en roue libre. Depuis plusieurs mois , des mandats d’arrêt cousus de fil blanc sont exécutés partout en Europe, des maisons et desHausprojekte sont perquisitionnées sous des prétextes absurdes, des appels à la chasse à l’homme ou en tout cas tous les efforts possibles sont mis en place pour réprimer, combattre et criminaliser (sic) les insurgé.e.s et les révolutionnaires. Nous nous solidarisons de tou.te.s les rebelles du G20 ciblé.e.s par la répression, en nous détachant des catégories telles que « criminel.le.s » ou « coupables/innocent.e.s ».

On ne cesse de se rendre compte à quel point la police, la politique, le pouvoir judiciaire et leurs défenseurs agissent de manière mensongère et sournoise. Mais le simple fait qu’ils existent est le seul problème C’est donc à nous d’être et de rester acti.f.ves et de lutter pour la liberté !

A toutes les personnes enfermées : tenez bon !

Pour un monde sans prisons !

Pour l’anarchie !

[Traduit de l’allemand de indymedia, 8. Juli 2018]

 

repris de : sansattendre;noblogs;org

À bas les chefs!

À toute idée présente et à venir, salut ! L’autorité a régné si longtemps sur les hommes, elle a tellement pris possession de l’humanité, qu’elle a laissé partout garnison dans son esprit. Aujourd’hui encore, il est difficile, autrement qu’en idée, de la saper de fond en comble. Chacun des civilisés est pour elle une forteresse qui, sous la garde des préjugés, se dresse en ennemie sur le passage de la liberté, cette envahissante amazone. Ainsi, tels qui se croient révolutionnaires et ne jurent que par le liberté, proclament néanmoins la nécessité de la dictature ; comme si la dictature n’excluait pas la liberté, et la liberté la dictature. Que de grands enfants, à vrai dire, parmi les révolutionnaires ! et de grands enfants qui tiennent à leur dada ; à qui il faut la République démocratique et sociale, sans doute, mais avec un empereur ou un dictateur, ce qui est tout un, pour la gouverner ; gens montés à califourchon, et la face tournée vers la croupe, sur leur carcasse d’âne, et qui, les yeux fixés sur la perspective du progrès, s’en éloignent d’autant plus qu’ils font plus de chemin pour s’en rapprocher, les pieds, dans cette position, galopant du côté opposé au devant de la bête. Ces révolutionnaires-là, politiqueurs au cou pelé, ont conservé, avec l’empreinte du collier, la tache morale de la servitude, le torticolis du despotisme. Hélas ! ils ne sont que trop nombreux parmi nous. Ils se disent républicains, démocrates et socialistes, et ils n’ont de penchant et ils n’ont d’amour que pour l’autorité au bras de fer, au front de fer ; plus monarchistes en réalité que les monarchiens, qui à côté d’eux pourraient presque passer pour des an…archistes.

[…]

La suite ici : https://fr.theanarchistlibrary.org/library/joseph-dejacques-a-bas-les-chefs-fr

Cerfs volants

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« N’ayez pas peur des difficultés que vous rencontrez; rappelez-vous que le cerf-volant
monte toujours avec le vent contraire, jamais avec celui en sa faveur »
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Il y a une guerre à 2 250 kilomètres d’ici. Une guerre combattue à armes inégales. D’une part, l’une des armées les plus redoutables du monde, possédant les armes de guerre les plus modernes et sophistiquées; de l’autre, les survivants d’une population épuisée par une longue occupation. D’une part, un État riche et puissant avec une industrie florissante. De l’autre, un magma d’organisations, de bandes, et de groupes. Des militaires professionnels d’un côté, des combattants en guenille de l’autre. Le premier massacre, les autres résistent.
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Le 14 mai, les revendications de ces derniers étaient étouffées dans le sang. A la veille du 70ème anniversaire de la Nakba – la «catastrophe» du retrait de leurs terres – des milliers d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, et enfants, marchaient en signe de protestation à la frontière de la bande de Gaza. Les tireurs d’élite de l’armée israélienne les attendaient. Dès que les manifestants se sont approchés trop près des barbelés, ils ont ouvert le feu : soixante morts, deux mille blessés. Tous Palestiniens. Bien sûr, pas même un soldat israélien blessé. Savez-vous comment la moitié des médias de masse ont appelé ce tir à la cible? Des « Affrontements ». Comme si ce jour-là n’avait pas été un carnage unilatéral, mais une sorte de duel.
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David a grandi, maintenant c’est lui Goliath. Il est le plus fort, il le sait, il n’hésite pas à le montrer. Que reste-t-il à faire à ces malheureux*, sinon mourir? Et en effet ils meurent, tous les jours. Mais pas sans résister. Bien que beaucoup d’entre eux soient nés et aient grandi dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza, bien que beaucoup d’entre eux savent qu’ils n’auront jamais de joie, qu’ils ne verront jamais la sérénité, que tout ce qu’ils éprouveront dans leur vie, c’est le désespoir, ils se résignent pas pour autant. Ils n’ont pas d’armes? Pas d’argent? Ils n’ont aucun moyen? Peu importe, ils ont de l’intelligence et de l’imagination.
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Ces derniers jours, des centaines de cerfs-volants se sont envolés de la bande de Gaza. Ils avaient un petit engin incendiaire, attachés à la ficelle. Leur vent défavorable a soufflé vers les territoires israéliens. C’est là qu’ils sont tombés, ces cerfs-volants, c’est là qu’ont surgi les flammes. Plus de mille hectares de récoltes sont partis en fumée. Des millions de dommages.
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Voilà ce qu’ont fait ces combattants en guenille*, ils savent qu’ils auront une vie courte, mais ils se battent, ils savent qu’ils vont pleurer, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont souffrir, mais ils se battent; ils savent qu’ils sont isolés, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont mourir, mais ils se battent. Ils ne pensent jamais à quelles excuses ils ont pour ne pas réagir, ils pensent toujours à la façon de réagir.
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Et nous? N’avons-nous pas de cerf-volant à faire s’envoler, nous?
https://finimondo.org/node/2199
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* straccioni : ce terme plusieurs fois présent dans le texte est difficile à traduire sans perdre la nuance voulu dans le texte d’origine, il s’agit de signifier que les personnes sont non pas littéralement en guenille, mais déchues, privées de moyens ou en situation de survie
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Le civisme ordinaire

Angoulême

Un voisin, par pur esprit de civisme [de poukave], signale la présence d’une poubelle mise à la mauvaise heure sur le trottoir. La police mène l’enquête et fouille le sac de détritus, trouve un nom, sonne au domicile, demande les papiers de la contre venante, celle-ci ne peut justifier de son identité et paf…

Elle est embarquée et transférée au centre de rétention pour femme de Toulouse. […]

Elle risque d’être renvoyé en Albanie…

Une manifestation est prévue place Hergé jeudi 5 juillet à 17h

vu sur les réseaux sociaux

Ambert, Toulouse, Limoges… À propos de communication publique, de silence obstiné et de tricot policier

Les semaines passent et la pression reste de mise. Que ce soit à Toulouse ou à Ambert, les perquisitions du mois de mars continuent à servir de prétexte à des convocations et autres mises sous pression. Ça ne concerne pas seulement les GAVés et inculpés. Aujourd’hui encore les flics menacent, poursuivent leur sale boulot, construisent leurs “scénarios”. Notre solidarité va à toutes les personnes impactées par cette série de perquisitions, qu’elles soient sous CJ, derrière les barreaux ou parties dans la nature. Une pensée aussi aux gens qui, ici ou ailleurs, s’activent autour de questions matérielles et de soutien.

On a en tête que ce genre d’opérations en rafale (7 lieux perquisitionnés en deux jours sur Toulouse, Limoges, Ambert et Amiens) visent entre autre à effrayer, à installer un climat de flip. En témoigne la récente série de perquisitions menées dans quatre pays d’Europe, une opération coordonnée dans le cadre de l’enquête qui fait suite aux émeutes du G20 de Hambourg en 2017. Et, encore plus récemment, les opérations policières sur la ZAD de Roybon, ainsi qu’à Bure et environs. Suite à ce genre de démonstration de force, le silence apparaît parfois comme le meilleur des refuges.

N’empêche, l’absence de mot c’est aussi la porte ouverte à l’isolement, aux doutes, à l‘incompréhension. Il n’est pas question ici de jeter la pierre à celleux qui ne communiquent pas publiquement sur leurs (més)aventures. Les mots ne sont puissants que lorsqu’ils naissent d’une envie ou d’un besoin. Et le diktat du “il faut écrire” ne sert qu’à la diffusion d’un sentiment de culpabilité, ne faisant que fragiliser celleux qui le sont déjà. Ce dont il s’agit ici, c’est de se rappeler qu’il existe une marge et ce même dans un contexte répressif et bourré d’incertitudes. Les flics peuvent défoncer la porte d’un squat à coups de bélier mais contre les idées ils ne peuvent rien. Ils peuvent écouter, tracer, ficher, mais les actes malveillants fleurissent toujours. En engrainent d’autres. Parce que les aspirations et les rêves ont la peau dure, comme la confiance qui se tisse au fil du temps, des galères, des feux de joie. Tenter de trouver des mots à partager, c’est aussi un moyen de prendre soin de ces liens.

C’est dans ce sens qu’on avait envie de partager certaines de dernières évolutions de l’affaire ambertoise. Depuis la remise en liberté récente des 2 inculpés (cf texte précédent), différentes choses se sont passées. Et il semble toujours aussi important d’en partager publiquement les éléments les plus intéressants.

Calais : Une personne arrêtée pour les tags de novembre dernier

[A]u petit matin du 8 novembre, les riverains des quais du Commerce et de la Gendarmerie découvraient des slogans peints à la hâte sur chaque mur. Morceaux choisis : « Venez réclamer l’argent que les riches vous ont volé » à l’entrée de la Caf, une institution par ailleurs accusée d’être « responsable de la concurrence des pauvres ».

Sur les murs de l’écoquartier et de Terre d’Opale habitat, on trouvait des messages en faveur des migrants- « no one is illegal »- et contre la police. Le ou les auteurs n’avaient pas été interpellés sur le moment, mais les enquêteurs ont fini par identifier un homme d’une trentaine d’années, connu pour être très impliqué dans le milieu anti-fasciste calaisien.

Ce n’est pas une quelconque vidéosurveillance, mais des traces ADN retrouvées par la police qui auraient mené à son identification. D’après trois sources différentes proches de l’enquête, il aurait été entendu début juin et aurait reconnu les faits et assuré avoir agi seul. Ce que les enquêteurs ont un peu de mal à croire vu l’ampleur des dégradations, mais le suspect n’aurait donné aucun autre nom. Il est aussi soupçonné d’avoir commis des dégradations sur des vitrines rue Royale la même nuit et aurait été fortement alcoolisé au moment des faits. Il devrait être convoqué devant la Justice après la rentrée. Le parquet de Boulogne-sur-Mer n’était pas en mesure, hier soir, de confirmer l’identité ni les aveux de ce suspect.

Solidarité !

repris de attaque.noblogs.org

Nantes : nuits d’émeutes

Une personne est décédée hier soir dans le quartier du Breil après s’être fait tirer une balle dans le cou par la police… Des émeutes ont eu lieu dans au moins trois quartiers Dervallieres, Breil et Malakoff… 

https://www.ladepeche.fr/article/2018/07/04/2830331-nuit-emeutes-nantes-apres-mort-jeune-tue-police.html

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Voir aussi :

(MAJ ici : https://attaque.noblogs.org)

Brochure sur l’ « Opération Panico » : répression à Florence, en Italie – Quelques traductions.

Pour les flics et les journalistes il s’agissait d’un attentat qui avait pour but de tuer. Pour nous, d’une action antifasciste, analogue à d’autres qui ont déjà eu par le passé et d’un accident du travail qui – à la différence de ceux qui se produisent dans les usines et sur les chantiers – ne mérite aucune larme.

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Plusieurs personnes se trouvent en détention provisoire pour l’affaire de l’engin qui a explosé devant la librairie de Casapound, dans la nuit du 31 décembre 2016, où le flic-artificier avait perdu une main et un œil durant l’opération de déminage. Elles sont mises en examen notamment pour « tentative d’homicide » et « association de malfaiteurs », les procès débuteront les 4 et 12 juillet 2018.

Voici une brochure concernant cette affaire :

 firenze_agosto

Vu sur : https://mars-infos.org/brochure-sur-l-operation-panico-3245

A propos de l’évasion de Redoine Faïd : Joyeux Dimanche

Quel joyeux Dimanche!!! J’espère que cette fois il sait bien  qu’il ne faut pas qu’il reste dans la cité. Juste la joie de mon cœur qui aime/cherche la liberté et déteste tout ce qui veut l’empêcher.
Il est toujours possible  malgré leur contrôle, c’est magnifique !!
« Comme mille pétales de roses jetées dans la cour de promenade », comme avait dit Khider.
Merci à lui de démontrer que ce n’est pas eux qui sont toujours les plus fort.
J’espère qu’on va jamais l’attraper, mais même si… le fait de pouvoir  sortir est une victoire!
Et on la fête, tous nous qui sommes pour la libération de l’enfermement et de tout type de murs  et chaînes… Ça me rend tellement contente 🙂 j’aimerais voir un enregistrement pour me prouver que ce n’est pas un film,  sinon une action vraie.

Tout de même  la  « belle » pour toujours.
Il a tant à rattraper

https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/01/le-braqueur-redoine-faid-s-est-evade-par-helicoptere-d-une-prison-de-seine-et-marne_5323992_1653578.html

Turin – Mise à jour sur la répression à Turin


Entre le 27 et le 29 juin 2018, les mesures répressives imposées aux compagnx ont changé : Giada, Toxina, Fabi et Anto Lecce ont été liberé.es de l’obligation de signature quotidienne.
 Anto, Pise et Kam sont encore introuvables et cela ne change donc rien à leur situation. Greg a été libéré de l’assignation à résidence, il reste avec une interdiction de résidence sur Turin. Rappelons qu’en première instance en février 2018 une condamnation d’un an et trois mois avait été prononcée pour tuttx.
Le procès d’appel devrait avoir lieu en novembre.

N’abandonnez jamais
Liberx tuttx

https://roundrobin.info/2018/07/torino-aggiornamento-sulla-repressione-per-la-resistenza-contro-i-carabinieri-davanti-lasilo-occupato-dellanno-scorso/

 

Turin: agression contre carabiniers… 6 incarcérations, 1 personne recherchée

 

Rennes 1312

Le mercredi 30 mai, à 6h30 du matin, 3 personnes ont été interpellées à leurs domiciles par un fort contingent de policiers de divers services, fusils mitrailleurs et armes de poing à la main. Directement placées en garde-à-vue, elles ont pu y apprendre le motif de leur arrestation : elles sont accusées d’avoir, lors de la manifestation pour la défense du service public du 22 mai, participé à un groupe ayant contesté aux membres du syndicat Alliance le droit de se positionner au cœur du cortège – et de leur avoir volé un drapeau. Après 28h de garde-à-vue, elles ont été placées sous contrôle judiciaire (pointage en gendarmerie toutes les 2 semaines, interdiction d’entrer en communication entre elles et obligation de se soumettre à un suivi socio-judiciaire) et convoquées pour un procès le 5 juillet avec les chefs d’inculpation suivants : outrage en réunion, entrave à la liberté de manifester en réunion (sic), et vol de bien privé (le fameux drapeau).

[…]

source : https://expansive.info/Solidarite-avec-les-trois-camarades-face-au-syndicat-Alliance-1091

 

Italie – Les gares sont des frontières

En 2015, a débuté avec le « Gate Project », la militarisation de plusieures grandes gares italiennes : d’abord Milan pour l’Expo, puis Roma Termini et Florence Santa Maria Novella. La compagnie de chemin de fer d’Etat a déployé des agents de «protection corporative» (une structure [privée, ndt] de lutte contre la fraude et qui collabore étroitement avec le FDO) le long de l’énième frontière interieure : les portes d’accès aux voies quais. Dans les gares susmentionnées, la pratique de contrôle des billets dans une zone occupée par des militaires et des FDO et située entre le centre commercial de la station et les voies ferrées est maintenant usuelle. Le prétexte est de sécuriser les gares contre le risque de vols et d’attaques terroristes, mais les objectifs réellement atteints sont autres: d’une part nettoyer la gare (et les trains) de cette humanité excessive et non productive qui a connu des formes de survie  les plus variés en marge des allées et venues quotidiennes (une marche, un banc pour se reposer, un lieu de passage où mendier); d’autre part, augmenter les profits des entreprises de transport grâce à un contrôle de plus en plus reserré dans les gares et dans les trains. D’autre part, le lien entre les portes et l’antiterrorisme est évidemment insaisissable, compte tenu du fait que, avec un ticket en main, l’accès aux pistes est autorisé à tout le monde. Même si les portes d’accès sont toujours manquantes, même à Turin, Bologne, Venise et Naples, les contrôles à la station par la compagnie et la protection militaire sont de plus en plus fréquents.

Les stations sont des frontières chat s60Depuis environ un mois, une nouveauté  est exhibée par la police ferrovière, une nouvelle technologie qui s’ajoute aux centaines de caméras disséminées dans les gares et dans les trains: l’ordinateur de poche CAT S60. Il a l’apparence d’un smartphone classique, il semble actuellement en avoir environ 800 en circulation et son expérimentation a été confiée au police ferroviaire en service dans les gares de Milan et de Rome, pour réaffirmer spécifiquement la transformation des gare en zones frontalières de la même manière que pour les aéroports et les différentes frontières intérieures. Avec ce dispositif de contrôle de haute technologie, les contrôles se succèdent plus vite que jamais: le policier entre les détails ou passe la bande magnétique du document électronique sur l’écran de l’ordinateur de poche. Celui-ci est lié à la base de données des forces de l’ordre: dans le cas d’un casier judiciaire ou d’une serie de mesures policières, un signal sonore retentit instantanément dans la salle d’opération de la police ferrovière qui contacte la patrouille pour dire quoi faire et éventuellement envoyer des renforts, en outre facilitée par le GPS actif sur l’ordinateur de poche.

Les stations sont des frontières de poche de chat s60L’accès à la base de données et la coordination avec la salle d’opération sont donc instantanés, ce qui permet de surveiller un nombre croissant de personnes. Ce nouveau dispositif est également équipé du logiciel appelé « face control », avec lequel la police a un retour sur la correspondance de la photographie présente dans la base de données avec celle du document exposé. En plus de cela : une caméra d’imagerie thermique permet d’identifier les personnes à travers la chaleur produite par le corps jusqu’à 10 mètres, ce qui rendra moins facile (le fait de se cacher dans, ndt) l’obscurité ou les toilettes cassés.

Aujourd’hui aussi dans la gare de Rome Tiburtina les contrôles ont commencé avec cette nouvelle technologie : un policier avec l’ordinatreur de poche à la main et deux soldats avec des fusils sur leurs épaules ont arrêté garçons avec des sacs à dos et surtout des personnes qui n’avaien,t aps la peau claire et pas typiquement occidentaux dans une gare qui ressemble de plus en plus à un centre commercial frontalier. De nombreux magasins, bars et salons réservés à ceux qui voyagent en première classe à grande vitesse, pas de toilettes publics ou de bancs, pour éviter que de ceux qui n’ont pas de destination et ne consomment pas campent sur place, caméras militaires et policiers qui avec leurs armes et nouvelles technologies  contrôlent et choisissent qui a le droit de se déplaçer.

source: https://hurriya.noblogs.org/

Mises à jour sur la situation de Marco arrêté à Toulouse pour les faits du 1er mai 2015 à Milan

Les amis de Marco nous font savoir que Marco va bien, il n’est plus en état d’arrestation, mais il doit signer toutes les semaines. Le délais d’extradition vers l’Italie sera plus long que prévu, car dans les documents envoyés par le procureur de Milan il y a des erreurs et des parties manquantes. Les mises à jour suivront.

Lu sur : roundrobin.info

voir aussi : NoExpo (Milan) : Arrestation à Toulouse après 2 années de cavale

Fichier Eurodac : Les états européens prendrons les empreintes digitales des migrant.es à partir de six ans

InfoMigrants.net / mercredi 20 juin 2018

L’Union européenne a trouvé un compromis autour d’une mise à jour du fichier Eurodac, qui enregistre les empreintes des migrants arrivant en Europe. L’âge minimum de 14 ans devrait être abaissé à 6 ans « pour mieux rechercher les enfants disparus ».

Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne (UE) ont trouvé un accord pour renforcer Eurodac*, la base de données sur les migrants, qui prévoit notamment d’abaisser l’âge pour relever les empreintes des mineurs à 6 ans. L’âge minium était auparavant de 14 ans. Le but : « aider à identifier et à rechercher les enfants disparus, ainsi qu’à identifier des liens familiaux ».

Le système « Eurodac » a été créé afin de faciliter l’application du règlement Dublin – qui détermine l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande d’asile. En clair, pour lancer une demande d’asile dans les pays de l’Union européenne, un relevé d’empreintes est obligatoire. Ces empreintes digitales sont scannées et transférées dans une base de données européenne appelée Eurodac. Une fois enregistré dans l’Eurodac, un demandeur d’asile ne peut plus déposer son dossier de demande d’asile dans un autre pays.

En renforçant le fichier Eurodac, l’Europe souhaite aussi enrayer la multiplication des demandes d’asile sur le sol européen. Souvent les demandeurs d’asile déboutés dans un pays de l’UE retentent leur chance ailleurs.

Les autorités pourront ainsi « plus facilement [observer] les personnes entrant ou résidant irrégulièrement dans l’UE ». L’argument sécuritaire est également avancé par le Parlement européen. « L’agence de police européenne, Europol, pourra interroger la base de données de façon plus efficace afin de détecter et d’empêcher des infractions terroristes et d’autres infractions pénales graves. »

D’autres mesures ont ainsi été adoptées : l’utilisation d’images faciales et le relevé des données alphanumériques (nom, numéro de carte d’identité ou de passeport). Les noms et photos des migrants seront stockés dans Eurodac.

Le Parlement européen, qui doit confirmer ces mesures en session plénière, précise que ces nouvelles modalités ne doivent pas être obtenues sous la contrainte. Toutefois, précise-t-il, « en dernier recours, et lorsque cela est permis par une législation nationale ou européenne pertinente, un ‘degré proportionné de contrainte’ pourrait être exercé sur les mineurs, sous réserve de respecter leur dignité et leur intégrité physique ».

*La base de données Eurodac est utilisée par tous les pays de l’UE ainsi que l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein et la Suisse.

repris de attaque.noblogs.org

Kairos n°5 vient de paraître !

https://kairosjournal.noblogs.org/
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Paris, France : 11 interpellations et au moins trois garde-à-vues suite à la déambulation contre toutes les prisons – 21 juin 2018

Alors que le rassemblement c’est bien passé, que les diverses prises de paroles ont lié la lutte contre l’isolement de fabrice boromé, le « plan justice », la nouvelle prison de la santé, la « loi collomb », les incendies de voitures de matons à fresnes et à valence, et la révolte contre tous les autorités, nous sommes parti-es en déambulation.

Après une centaine de mètres, les flics se rapprochent au pas de charge, au moins aussi nombreux que la toute petite centaine de présent-es. Malgré la tentative de rester au maximum tou-te-s ensemble, et alors que l’on sonnait la dispersion, vu leur présence trop proche, les keufs ont décidé arbitrairement d’interpeller 11 personnes. Au moins trois sont en garde-à-vue dans le commissariat du 13ème arrondissement, et deux autres sont sorties.

Pour ne pas laisser la répression fermer les possibles, pour être solidaires des copin-es arrêté-es, rendez-vous devant le commissariat du 13eme, 144 boulevard de l’hôpital, vendredi 22 juin à 20h.

La répression n’arrêtera pas nos rébellions, liberté pour tou-te-s !

[Publié sur indymedia nantes, vendredi 22 juin 2018]

Mises-à-jour, vendredi 22 juin 2018:

12h06: A cette heure-ci, on peut affirmer 9 garde à vue

15h28: 6 sont sorties. 3 restent en gav

 

Lieux communs

           Nous sommes tous né.es et avons grandi dans ce monde de supermarchés et de banques, de casernes et de tribunaux, où faire la queue et demander la permission.

Mais sommes-nous vraiment convaincu.es que c’est le seul possible ? Il semblerait que oui, si l’on considère la réaction provoquée par ceux/celles qui contestent certains lieux communs.

Si quelqu’un remet en doute la nécessité de l’état, par exemple, il est soupçonné de vouloir le viol et le meurtre à tous les coins de la route. Pourtant, une organisation sociale basée sur l’autonomie et la responsabilité des individus favoriserait une diminution des « crimes », pas leur augmentation. En outre, l’absence de forces de l’ordre pousserait les gens à apprendre à se défendre, afin de ne pas rester à la merci des abus. Enfin, l’Etat ne peut pas empêcher cependant, la survenance de tels actes, tout au plus essayer de les punir (à condition que ce ne soient pas leurs propres hommes à les faire).

Si quelqu’un doute de la nécessité du travail, on le prend en dérision de vouloir vivre couché en attendant qu’un fruit mûr lui tombe dans la bouche de l’arbre. Pourtant, le travail n’est pas synonyme d’activité humaine, tout comme l’état n’est pas synonyme d’organisation sociale. Le travail est l’exploitation de l’activité humaine, sa réduction à la production de biens et services. Le travail est rarement choisi, on prend celui qui nous est offert (même le plus nocif et insensé). On produit des marchandises de mauvaise qualité et fournit des services médiocres au nom de quelqu’un d’autre. On turbine seulement pour obtenir de l’argent avec lequel acheter des produits de mauvaise qualité et payer pour des services médiocres. Le travail est le nom donné à l’activité humaine quand nous vendons notre corps à l’économie de marché pour survivre.

Si quelqu’un doute du besoin de charbon et de pipelines, de parcs éoliens ou solaire, il est accusé de vouloir tuer les malades dans les hôpitaux ou de vouloir que les gens en bonne santé se retrouvent dans l’inconfort. Néanmoins l’énergie nécessaire à l’être humain pour vivre (même bien) est une partie minimale de celle produite, dont la majorité écrasante est nécessaire juste faire des affaires, faire de la politique, faire des guerres.

Nous n’avons pas besoin de l’état, nous pouvons nous auto-organiser sans être organisé par d’autres. Nous n’avons pas besoin de travail, nous pouvons construire et créer sans avoir à produire au nom des autres. Et nous n’avons pas besoin d’énormes quantités d’énergie, nous pouvons vivre sans avoir à dévaster et piller la planète qui nous héberge.

La seule chose à faire est de sortir des lieux communs.

Extrait de Tilt (apériodique de lutte contre le TAP)

tiltap.noblogs.org


Quelques actions en solidarité avec la lutte contre le TAP

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Janvier 2018
• Deux bétonnières de la société Minermix sont bloquées par des manifestants sur la route provinciale pour Melendugno; en direction du site de construction de San Basilio, ils sont obligés de faire machine arrière.
Février 2018
• À plusieurs reprises, des camions et des travailleurs du TAP ont été bloqués à l’entrée du chantier. Peinture sur le pare-brise d’un véhicule. Les rues adjacentes sont encore remplies de caillasse et parfois de clous. De pneus crevés pour certains camions. Entrée barricadée pour empêcher le tour de garde des forces de l’ordre. Pendant quelques jours, le TAP devra arrêter ses travaux.
• Alors que la porte de Confindustria (MEDEF Iatlien, ndt) est enduite de peinture et taguée contre le TAP, les manifestants à Lecce soulignent la collaboration des hôtels qui accueillent la police dans la militarisation de Lecce et Melendugno.
• Le 8 à Trente, vitrine brisée et tags d’une agence Adecco contre le TAP et les exploiteurs. Tag sur les murs de la société Coricciati rappeler sa collaboration avec TAP. Une banderole et des tracts laissés sont aux allentours de Martano (siège de l’entreprise)
même tag.
• Une bannière et des tracts sont laissés à Campi Salentina, où est basé le siège de la société Ricciato qui fournit des camions et des véhicules à TAP.
Mars 2018
• Dans le sud de la Meuse, en France, un poteau THT (ligne très haute tension) prend feu.
• Le 2, un petit cortège traverse Melendugno. Les oeufs de peinture frappent à nouveau le point info TAP. Après quelques jours, les journaux rapportent 11 militant.es dénoncés pour manifestation non autorisée, dommages, violence privée et vol aggravé de la banderole.
• Le 9 à Pamiers, dans un parking GRDF [distributeur principal de gaz naturel en France et Europe, détenu par Engie], deux voitures de société d’énergie sont détruites par les flammes et d’autres endommagés.
• Le 15, la porte et la vitrine de la succursale d’Adecco di Lecce sont endommagés par une bombe artisanale. Sur la façade apparait un tag No Tap
• Le 16, lors de la manifestation No Tap à Lecce de nombreux tags sur les murs et des tracts rappellent la dévastation qui se déroule dans le Salento et la collaboration des entreprises locales. Des pétards brisent le silence assourdissant des citoyen.nes de Lecce autour de ce grand chantier.
• Le 19, des parcomètres sont endommagés à Lecce. Une suggestion est lancé contre le tap, tout bloquer!
• Le 20, de nouveau une partie de  (la ville de) Crémone tombe dans l’obscurité, dont l’éclairage publique est géré par Citelum, société liée à EDF et Enedis, qui produisent de l’énergie nucléaire en France.

[…]


Italie : Contre le TAP et ses complices

Les travaux pour le gazoduc TAP [1] sont en train de dévaster, à Meledugno [2] un large secteur d’oliveraies séculaires. Depuis mars 2017, cela fait désormais un an, il y a une mobilisation de la population locale, d’abord pour empêcher l’éradication des oliviers, ensuite contre le chantier lui-même, gardé par des centaines de policiers, des barrières en béton et des barbelés.

Barricades, blocages routiers, ralentissements et occupations des camions et autres formes de résistance s’enchaînent ces derniers mois, élargissant la lutte des nombreux ennemis contre le ravage prévu, qui, en cette phase, signifie un énorme travail de bétonnage et qui se poursuivra avec un tunnel creusé sous la plage de San Foca.

Ce qui grandit aussi, c’est la conscience que, pour arrêter cette œuvre, il faut se mettre en jeu directement, sans compromis ni médiation, ni délégation, de manière autonome des institutions et des partis politiques, en auto-organisant sa propre lutte.

Nous savons aussi que, si ceux qui veulent ce gazoduc sont les raisons du marché et de l’économie mondiale, ces mêmes entités qui voient notre planète uniquement comme une énorme réserve à exploiter jusqu’au bout – une occasion après l’autre pour augmenter ses gains économiques et son pouvoir, sans aucun souci pour les ruines que chaque nouveau projet laisse derrière lui – chaque jour, ce projet avance grâce à la complicité de petites et moyennes entreprises locales qui, en contrepartie d’un mesquin intérêt économique, sont en train de participer à la destruction du territoire.

ARRETER LE TAP C’EST POSSIBLE

Les engrenages qui permettent l’avancement des travaux sont nombreux. Nous invitons à les bloquer. Les moyens pour le faire sont multiples et les entreprises à entraver sont bien connues par tout le monde.


Ainsi depuis toujours

Dans la guerre qui fait rage, chacun a son rôle, et la police a son rôle éternel : l’application de l’ordre, celui qui garantit l’opulence à l’État et au Capital.

La police a historiquement été fondée comme une force pour gérer les pensées, les désirs et les aspirations de la population. Prévention, contrôle et, si nécessaire, répression brutale.

Les premières cibles sont, naturellement, tous ces groupes sociaux opprimés qui ne sont pas en mesure de partager l’opulence de l’État et de la classe au pouvoir : la plus grande partie de la jeunesse des métropoles, les ouvriers, les chômeurs, les grévistes, les contestataires de toute sorte, les habitants « en trop », tels réfugiés et immigrés, rom, SDF, tous les parias de la machine capitaliste.

Mais, avant tout, qui d’autre sinon les perturbateurs les plus obstinés de l’Ordre imposé ?

Nous ne cherchons pas de trêve. Nous cherchons une manière d’arrêter un projet scélérat de destruction. A cause de cela, ils voudraient nous intimider, à cause de cela nous ne reculerons pas.

NON AU TAP, NI ICI NI AILLEURS.

Traduction trouvée sur sansattendre.noblogs.org

Pauvres vs encore plus pauvres (et vice versa)

 

Depuis 1998, des hommes vêtus de rouge investissent plusieurs fois par semaine les rues de Pretoria et de Johannesburg au service d’une société privée. Leur rôle : expulser des squatteurs et démanteler des maisons et des terres illégalement occupées. On les appelle les « Red Ants », ou « fourmis rouges ». […]

Source : Chaine youtube du journal Le Monde

*Les commentaires sont à vomir…

Marseille : Anti-squat

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Résidence idéalement située, vous trouverez à proximité le Vieux-port, la Canebière, le centre bourse etc. […] à partager sous format Co-occupation. Bon état d’esprit et entraide priment au sein des résidences. Venez ajouter votre bonne humeur et votre touche personnelle au sein de la résidence. Les chambres proposées mesurent entre 12m² et plus de 25m², à 171,80€ par mois et par personne. L’eau, l’électricité et le chauffage sont compris. Votre dossier : pièce d’identité – justificatif de domicile – contrat de travail – fiches de salaire – rib – photo – engagement de relogement

Vos conditions tarifaires : 171,80€/mois – 175€ frais de dossier – 400€ dépôt de garantie

Camelot Europe est gestionnaire pour le compte de propriétaires de bâtiments atypiques en attente de projets. La protection par occupation vous permet de vivre plusieurs mois dans un immeuble de bureau, une gendarmerie, un château, une gare, une école…

Vous êtes intéressé(e) mais intrigué(e) ? N’hésitez pas à nous contacter !

Vu sur le boncoin, le 24/06/2018

Cameloteurope l’agence anti-squat.

« Spécialiste européen de la gestion de locaux vacants, Camelot Europe optimise la protection et la préservation de vos biens temporairement inoccupés. Cette approche vous permet de minimiser les risques et les menaces liées à l’inoccupation du bien, tels que le vandalisme, le vol, le squat et la dépréciation tout en optimisant les revenus de vos biens vacants. »

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L’entreprise Cameloteurope a été créée aux Pays-Bas en 1993, leader d’un nouveau marché florissant dans différents pays d’Europe, et présente à Marseille depuis 2016 Cameloteurope propose des « solutions de protection par occupation » (introduites dans la législation en 2009 par l’Article 101 de la Loi Molle), à l’heure actuelle l’entreprise signe principalement avec la mairie. Avec plus de 9 000 logements vacants Marseille représente un marché qui s’annonce juteux. Environ 400 personnes en France « bénéficient » de ce type d’hébergement à aujourd’hui. Les candidatures sont scrupuleusement étudiées afin de sélectionner les « bons » profils.

Selon le contrat de résidence temporaire que signe l’occupant.e le locataire reconnaît être parfaitement conscient du caractère provisoire et précaire de l’hébergement. Tout type de bâtiment vacant (école, hôpital, usine…) peut ainsi être légalement (et moyennant loyer) utilisé en échange de l’occupation payante des locaux.

Les locataires doivent également fournir un service de gardiennage et de protection (du bâtiment vacant)… Cette technique sert évidemment principalement de gagne pain aux spéculateurs immobiliers par la valorisation et l’entretien (gratuit) des lieux, et participe ainsi au flicage et à la hausse des prix de l’immobilier, tout en exploitant les résident-es.

Un “gardien” révèle les pratiques de ces agences : « Quand on a dû partir de notre première maison, on a eu des offres de l’agence de l’époque pour être relogés. On nous avait proposé un grand appartement […] L’agence nous a proposé de rester environ trois semaines, […] pour améliorer l’espace avant de revendre l’appartement. Ils nous ont dit : “Vous pouvez occuper cet appartement mais vous devez le nettoyer intégralement, le rendre plus agréable, vivable.” […] Et puis, ils ont ajouté : “Quand le contrat sera fini, nous avons d’autres maisons à vous proposer.” Évidemment, c’était basé sur le même principe.(1) »

Il est selon les contrats interdit d’inviter plus de deux personnes sans demander l’autorisation, de partir plus de trois jours sans prévenir, d’avoir des enfants*, de fumer, avoir des animaux, de s’approprier le logement (sic!), et de parler aux journalistes sans autorisation… (*il est donc possible dans les faits d’expulser une personne enceinte pour éviter d’avoir un enfant sur place par la suite par exemple), des inspections bimensuelles non-annoncées sont également mise en place .

L’entreprise flatte aussi la population bobo en proposant la création de lieu éphémères (ateliers d’artiste, Co-working etc) et propose également de signaler les logements vacants par le biais de son site internet.

Les services de gardiennage pour éviter le squat sont déjà présents dans de nombreux pays notamment en Espagne. De la même manière les conventions d’occupation sont de plus en plus nombreuses pour les squater.euses acceptant ce type de contractualisation légaliste. On imagine bien les conséquences pour tous.tes les autres, et la main mise de la mairie ou du prorio sur ce type de lieu. Cette opération passe ici par le biais d’une entreprise gestionnaire d’occupations précaires, mais l’objectif est toujours le même, que la propriété soit toujours respectée et que l’ordre règne.

L’occupation  « absorbé » par la légalité devient ainsi contrôlable et permet de fixer un cadre pour « l’usage » des logements vacants, il s’agit ici en somme de faire du beurre sur la précarité et transformer les occupant.es en gardien.nes d’immeuble précaires et souvent insalubres* pour mieux empêcher le squat.

En 2013, une personne est décédée électrocutée sous la douche suite aux défaillances des installations d’une maison gérée par Camelot, cette dernière avait été déclarée inhabitable* à cause d’un système électrique défaillant mais les travaux n’avait pas été réalisés.

Reformulé de la presse mainstream

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(1) https://comptoir.org/2016/11/07/crise-du-logement-pire-quairbnb-decouvrez-les-agences-anti-squat/
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* Les normes de sécurité sont très souvent un moyen de justifier l’expulsion de squats dit « illégaux » … dans le cas des occupations/habitations précaires à priori certaines règles ne sont pas toujours respectées comme ici – si l’agence à le devoir de d’informer le propriétaire des travaux à effectuer, le propriétaire décide des travaux qu’il entreprendra ou non, toujours en fonction du coût.(1)
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Voir  aussi : https://cettesemaine.info/squats.html

Voisins vigilants : banalités de la politique sécuritaire

Les voisins vigilants ont l’œil jaune et grand ouvert, c’est même à ça qu’on les reconnaît. À Saint-Étienne, les quartiers La Bérardière, la Chèvre, la Colline des pères ou encore Bel-air vivent sous l’œil éclatant du dispositif « Stéphanois vigilants », où on peut se surveiller mutuellement afin, selon l’objectif affiché par la police, de diminuer le nombre de cambriolages dans ces quartiers.
Le signalement, ça se pratique ou ça se subit

Inspiré d’une idée anglo-saxonne (Neighborhood Watch), ce dispositif cible les quartiers résidentiels et doit permettre aux voisins de signaler à la police « la venue de véhicules ou de personnes inconnues ayant des comportements suspects » [1]. C’est ainsi que les choses sont présentées par la police nationale (et généralement l’élu local à la sécurité) lors de réunions d’information qui se tiennent dans chaque quartier au moment du lancement du dispositif. L’objectif de ces réunions est de désigner des voisins référents qui recueilleront ensuite les signalements provenant des autres voisins vigilants pour les communiquer à la police. Lorsqu’un signalement est fait sur le numéro de téléphone dédié, les informations sont répercutées, entre quartiers, par mail notamment : vous pouvez ainsi être informé (en recevant le numéro de plaque d’immatriculation), par exemple, que telle voiture « suspecte » a été repérée dans un autre quartier « voisins vigilants ». Voitures suspectes, comportements suspects ? La direction de la police municipale explique qu’il s’agit par exemple de « gens qui se baladent, qui démarchent, qui toquent à la porte ». La fiche pratique remise aux habitants évoque des « personnes dont la présence ou le comportement est inhabituel ». Face à cela il convient de noter, toujours selon cette même fiche pratique : « le nombre de personnes, leur âge, leur sexe, leurs signes particuliers, leurs tenues vestimentaires, leur élocution… ». Faudra-t-il alors signaler les personnes à l’accent inconnu ou étranger ? Faudra-t-il signaler une capuche un peu trop couvrante ? Un voile ? Une jupe ? Un tatouage ? Une habitante de la commune de Villars, dans un quartier de « voisins vigilants », nous a évoqué quelques illustrations quotidiennes du dispositif. Précisons qu’elle-même a refusé d’apposer l’autocollant à l’œil jaune sur sa boîte aux lettres. Quelques mois après la mise en place du dispositif, son domicile est cambriolé. Elle se rend alors chez ses voisins qui, bien que « vigilants », n’ont rien vu, ni signalé. Loin de s’en étonner, ils préfèrent lui reprocher de ne pas avoir mis l’étiquette sur sa boîte. L’œil jaune se vit donc aussi comme un moyen de dissuasion pour les habitants convaincus. Autre scène, même quartier, un peu plus tard : un passant promène son chien, croise le regard de cette même habitante qui sort de chez elle. Se croyant soupçonné dans ce quartier sous surveillance, il se sent alors obligé de justifier, confus, qu’il ne fait que passer et qu’il promène son chien.

Derrière l’œil en public, le porte-monnaie privé

Il faut dire que les quartiers « voisins vigilants » sont frappés au coin du signalement, affublés qu’ils sont de panneaux indiquant la présence du dispositif : un œil grand ouvert sur fond jaune, où la pupille ressemble davantage à une caméra de surveillance qu’à un organisme vivant. D’ailleurs, d’où viennent ces panneaux ? Ni de la ville, ni de la police, mais bien d’une société. Car « Voisins vigilants », c’est une marque et une SARL fondée dans les Alpes-Maritimes en 2012 (association devenue société en 2014, renommée « Voisins vigilants et solidaires » en fin 2017). Cette société, c’est d’abord une plate-forme internet qui permet de créer et de trouver les autres « communautés » de voisins vigilants sur son territoire. A Saint-Étienne, il en existe déjà 36 ! En vous inscrivant (ce qui implique de communiquer son adresse postale), vous pouvez décider vous-même de commencer à « vigiler » votre quartier. Cette société fournit également les panneaux signalétiques et de petits objets qui constituent le kit « voisins vigilants ». Si vous vous inscrivez pour créer une nouvelle communauté, le kit de démarrage est gratuit (quelques brochures, cartons et autocollants). Si vous en voulez à nouveau ou si vous ne créez pas de communauté, il faut payer. Pour un panneau à poser à l’entrée de votre rue, c’est 200€ [2] Mais qui paie les kits gratuits, la plate-forme, le service de SMS et les autres services gratuits ? Les mairies évidemment. 1000 € pour 5000 SMS. Pour les plus grands fans, il existe bien entendu un abonnement, pour devenir « mairie vigilante ». Le tarif pour Saint-Étienne ? Communiqué uniquement aux élus selon la société. Au final, la recette semble particulièrement bien fonctionner pour ces entrepreneurs de la sécurité, puisque le chiffre d’affaires de la société est en progression constante : 20 475 € en 2013 [3], 125 774 € en 2014, 266 453 € en 2015.

Le jeu des peurs, le sens de la solidarité

Attaque d’un centre autonome allemand

Dans la nuit du 5 Juin une dizaine de néo nazis ont attaqué le centre autonome Kim Hubert à Salzwedel.

Dans la nuit du 5 Juin, alors que le centre Autonome Kim Hubert à Salzwedel dormait paisiblement, une dizaine de néo nazis ont attaqué le batiment à coup de barres de fer et de gaz lacrymogène. Les habtitant·es ont été très surpris·es par cette attaque, la façon de procéder ressemblant à celle des facsistes grecs. 
En effet, les fascistes grecs, devant leur incapacité à défier frontalement les antifascistes, ont pris la sale habitude d’attaquer entre 4h et 6h du matin. Leur courage est à la hauteur de leurs idées. Les camarades sur places sont étonnés de voir des gazs lacrymogènes utilisés sans la présence de policiers. 
Le centre autonome (AZ) subit sa 4e attaque depuis 2010, ce qui n’entame pas sa détermination, malgré le climat fascisant.

 

 

 

 

https://dijoncter.info

Aux larmes, citoyens…

Le citoyen – cette chose publique – a remplacé l’homme.
G. Darien, Le Voleur.

Le discours « alternatif » du moment, appelant à une cogestion « citoyenne » du système, se présente et se fait relayer par les médias comme l’expression d’une contestation réaliste, bien réfléchie, respectable et écoutable. Une interlocutrice « valable » pour les dirigeants.

Ce courant idéologique « alter » déplore notamment qu’ « un peu partout (…) l’État s’effondre. » [1], que la logique de marché l’a emporté sur la démocratie. Il soutient qu’il s’agit dès lors, pour les citoyens que nous sommes, entre autres tâches, d’urgemment travailler à réhabiliter cet État et à réformer, démocratiser OMC, FMI, Banque Mondiale, Commission européenne, etc., pour éviter de s’enfoncer davantage dans la barbarie programmée.

Le citoyen aurait à accomplir sa mission de sensibilisation et d’interpellation du politique, entreprise qui devrait à coup sûr porter ses fruits… Son arme : le lobbying, infiniment. Ses arguments, sa force : le bon sens enfin !

La militance citoyenne est diverse, comprend de nombreux groupes, ONG et associations, travaille sur divers terrains.

A-t-elle une incidence réelle et conséquente sur le cours du système ?

Et quel est le sens de critiquer ce dernier tout en soutenant globalement l’État ?

Cette tribune face au pouvoir, que l’on dit appartenir à la « société civile », n’est ce pas qu’un leurre agité devant nos yeux, ou/et qu’une sincère illusion ?

Pour véritablement donner cours à nos critiques, à notre contestation, disposons-nous, en fin de compte, d’un quelconque espace ?

PANOPTICON 2.0

La civilisation est en train de produire des machines
qui se comportent comme des hommes
et des hommes qui se comportent comme des machines.
-Erich Fromm-

« BOLOGNE – A partir d’aujourd’hui, les Bolognais peuvent demander la nouvelle carte d’identité électronique, qui remplace la précédente « C.I.E » (carte d’identité électronique, ndt) expérimentale, suspendue en novembre 2015 parce que techniquement pas adapté aux normes reconnaissance internationale de la personne. Bologne est l’une des 91 municipalités identifiées par l’Etat pour introduire le nouveau document, compatible au niveau international et également plus sûr du point de vue programme informatique contre la contrefaçon. »

(Il Resto del Carlino)

 

La technologie a amélioré nos vies …

La plupart des gens sont convaincus de cela. Elle est omniprésente, elle est devenue notre nouvel environnement de vie et la carte d’identité électronique ne représentent rien d’autre que son expression en tant que citoyens numériques à l’époque de la technique. Nous sommes prêts à brader notre liberté individu en échange d’un peu de sécurité, a soutenu Freud dans « Malaise dans la civilisation ». Mais la sécurité de qui ? De ceux qui gèrent et analysent nos données (et nos vies) et en ont le contrôle total. Leur sécurité d’être en mesure d’avoir toutes les informations nécessaires afin de mieux surveiller chacun de nos mouvements. Ainsi, la carte d’identité électronique est seulement la première étape pour nous faire accepter un monde de connexion des données dans lesquelles l’état aura un accès plus grand et plus rapide à l’information et aux (dé)connexions entre les êtres humains. Un monde dans lequel les processus technologiques ne sont plus une option mais un choix obligatoire.

Ils définissent la carte d’identité électronique comme non falsifiable, mais demandent ensuite d’être en mesure d’obtenir des empreintes numériques ou de l’iris, inutile à des fins de reconnaissance … mais si l’acquisition des empreintes n’est pas justifiée par le besoin d’identification elle peut être motivé seulement par des besoins sécuritaires/répressifs. Ils prétendent qu’il est nécessaire trouver un équilibre entre les besoins de protection contre les activités criminelles et le droit à la confidentialité de chaque citoyen, mais dans ce bilan dans les « pertes », la liberté n’est pas calculée.
La tromperie est dévoilée. On se demande maintenant quel sera l’avenir d’un projet qui prend les caractères d’un gigantesque fichage de masse.

De la personne « scrutée » à travers la vidéosurveillance et les techniques biométriques peuvent être transmises à un être humain « Modifié » par l’insertion de dispositifs électroniques, dans un contexte qui nous identifie précisément comme  » networked persons « , individus connectés en permanence, configurés afin d’émettre et de recevoir des impulsions qui vous permettent de tracer et reconstituer les mouvements, les habitudes, les contacts, modifiant par cette occasion l’autonomie des personnes.
Nous abordons ainsi les frontières du post-humain, où les sujets et les corps deviennent des dispositifs technologiques complexes.

Dans une école primaire en Californie, pour des raisons de « Sécurité », il a été décidé que chaque enfant porte un médaillon avec une étiquette intelligente, une puce lisible à distance avec technologie de radiofréquence, de manière à suivre chacun de ses mouvements, de le localiser à tout moment. Une petite fille a commenté la nouvelle à ses parents: « Je ne veux pas devenir un paquet de céréales. On revient ici à l’invisibilité comme attribut du pouvoir de contrôle. Mais ici, on consomme également la transition du contrôle sélectif au contrôle masse. Le modèle qui semble aujourd’hui se répandre irrésistiblement. En 1786, Jeremy Bentham a écrit Panopticon, qui incarne le projet de surveillance totale. Le livre propose un contrôle sans frontières «Que ce soit pour punir les criminels endurcis, pour surveiller les fous, redresser les vicieux, isoler les suspects, employer les oisifs,  contenir les indigents, guérir les malades,  instruire ceux qui veulent entrer dans les différents secteurs de l’industrie, ou fournir des instructions aux générations futures; en un mot, qu’il s’agisse de prisonniers à vie, dans le couloir de la mort, ou dans les prisons d’isolement avant le procès, ou les pénitenciers, ou les maisons de correction, ou des maisons pour les pauvres, ou des usines, ou des hôpitaux psychiatriques, ou des hôpitaux, ou écoles . »

Si nous croyons qu’être en permanence connecté est la libération de l’esclavage antique, nous tombons dans une tromperie ingénieuse : toujours plus écouté, suivi, suspecté.

Notre façon quotidienne d’être nous donne à la surveillance. Ce n’est pas seulement une question d’intimité personnelle que de prison technologique qui se construit autour de nous de manière pratiquement invisible mais pas sans conséquences réelles. Nous sommes des esclaves mais la différence entre la technologie et l’esclavage est que les esclaves sont pleinement conscients du fait qu’ils ne sont pas libres comme l’a dit un philosophe.

Plus qu’à une société de la sécurité tout ceci donne vie à une société de la peur.

Les hommes sont devenus les outils de leurs outils.

-Henry David Thoreau-

Extrait de : Cassandra, journal mural Boulognais

https://roundrobin.info/wp-content/uploads/2018/06/Cassandra-Numero-4-Giugno-2018.pdf

Galice [Espagne]: La valeur des vitrines

Des pauvres vitrines ont été brisées. Il semble qu’elles aient beaucoup souffert, à en juger l’horreur suscitée chez les politiciens bien pensants et les citoyens respectables. Elles ont vraiment dû passer un mauvais moment quand des impitoyables criminels ont décidé de les frapper violemment, dissimulé dans l’obscurité de la nuit. Pas comme les squatters qui ont eu la tête ouverte à coups de matraque, c’est beaucoup plus normal et c’est moins brutal. Tout le monde sait que que frapper à coups matraques sur les punks à chien est l’une des actions les plus respectables dans un état de droit … mais les pauvres vitrines, elles qui ont dû endurer des souffrances indicibles dans leur douloureux martyre. Et tout le monde sait aussi que notre système démocratique repose beaucoup plus sur des vitrines que sur les têtes brisées de la racaille dissidente.

Parce que briser du verre est un acte de violence, tout comme expulser les centres sociaux à coup de matraque et de gaz lacrymo est un exemple d’engagement citoyen philanthropique. Peut-être que les occupants auraient dû  tendre l’autre joue… de sorte que les deux joues seraient compensées avec neuf autres points de suture.

Mais s’en prendre aux vitrines! Quelle horrible affront! Même s’ils n’avaient pas « chargé » Rocío Fraga (le squat, ndt), en blessant, gazant et ouvrant les têtes, la réponse aurait été beaucoup plus proportionnée … même si peut-être la tête ouverte d’un politicien ne vaut pas la même chose qu’une quinzaine de punk à chiens frappés à coup de matraque. Cette arithmétique bien pensante de l’éducation à la citoyenneté est un problème.

Parce que quand les migrants se noient dans le détroit, ce n’est pas de la violence, comme ça ne l’est pas lorsqu’ils meurent en fuyant devant la police « du changement ». Etre expulsé de sa maison après s’être fait arnaquer par une banque sauvée par l’Etat n’est pas non plus de la violence. Ça ne l’est pas non plus de ne plus être capable de nourrir leurs enfants par manque de travail, dont le droit vous garantit la constitution. Détruire les espaces libertaires, gérés de manière libre, horizontale et participative avec du sang et des matraques, n’est évidemment pas une violence, mais la politique du changement. Apparemment, la violence c’est briser des vitrines dans une réponse désespérée à la violence étatique monolithique et oppressive.

Rompons les rangs contre la violence et les honorables democraties!

https://contramadriz.espivblogs.net/

 

(A)mour

Toulouse : ils travaillent gratuitement pour éviter la prison…

Depuis un an et demi, la justice toulousaine teste le T.N.R, le travail non rémunéré. Les auteurs de petits délits peuvent éviter le procès (à la différence des T.I.G, n.Art13) en travaillent gratis dans des collectivités locales. […]
Cette expérience toulousaine a vocation à être étendue un peu partout en France. On sait que la garde des sceaux veut favoriser les peines alternatives pour désengorger les prisons et les tribunaux…

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/toulouse-ils-travaillent-gratuitement-pour-eviter-la-prison-1529499629

Compilation de textes contre les frontières

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Nunatak est une revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes. Au fil des numéros, plusieurs articles ont abordé la question de la frontière. Dans cette compilation sont republiés deux articles  parus dans le numéro 1 (Hiver/Printemps 2017) ainsi que deux articles inédits à paraître très prochainement (numéro 3, Été/Automne 2018).
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Au sommaire : 
– Une sensation d’étouffement (De la militarisation des frontières à la
sécurisation des sociétés),
– Aux frontières de l’Iran et de l’Irak (Discussion avec Leïla),
– Briser les frontières (Mouvement de solidarité dans les Alpes),
– Passeurs (Clandestins à la frontière alpine).
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La compilation est téléchargeable ici :
https://revuenunatak.noblogs.org/post/2018/05/29/compilation-de-textes-contre-les-frontieres/
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«Les montagnes sont toujours là. C’est à ceux qui y vivent de les
accepter comme frontière, ou d’en faire des lieux de passage, de vie et
de refuge…»

Italie – Opération Scripta Manent : Sur les témoignages lors des procès

Le témoin, la personne dite « informée sur les faits », est toujours quand-même un produit de l’accusation. On construit autour de l’individu une identité, un rôle, une appartenance, un profil, selon l’utilisation qu’on veut en faire.

Toute convocation à paraître en tant que témoin a en réalité un but précis et elle est indissociable de la finalité qu’elle veut atteindre. Comme l’ont montré les nombreuses enquêtes des années 70 (et pas que), l’utilisation d’instruments lors de procès comme celui-ci a marché pour diviser, attaquer et faire imploser de nombreux groupes subversifs. Le témoignage est un des leviers utilisés par le Parquet, pour construire son enquête, sa condamnation.

Il y a plus ou moins deux mois, j’ai été convoqué à Turin, dans la salle-bunker en tant que témoin lors du procès Scripta Manent. L’interrogatoire devait porter sur les raisons et les contenus de ma correspondance avec les personnes détenues.

En ce qui me concerne, le but caché de ma convocation a été dès le départ assez clair et évident : m’utiliser pour poser des oppositions entre les gens, entre les compagnon.nes, entre individus ; pour faire sortir de ma bouche des mots durs contre les détenu.e.s, des prises de distance, des différenciations ; ce qui était recherché était une demande sous-entendue de dissociation.

Isoler un groupe de personnes, essayer de séparer les personnes inculpées du reste du mouvement, rendre de cette façon les actions dont elles sont accusées, leurs mots et leurs revendications excécrables et d’autant plus punissables.

Les réponses données [à la répression étatique ; NdAtt.], dans leurs différentes formes, ont au contraire voulu souligner la pleine et entière solidarité envers les compagnon.ne.s anarchistes détenu.e.s et sous enquête.

La construction d’une enquête est toujours un artifice, un montage, une monstruosité enfantée par des esprits habitués à la pourriture et, en tant que telle, elle doit toujours être refusée et ridiculisée ; ce que dit un Procureur est toujours une mensonge.

Nous ne sommes pas des victimes, bien entendu. Les anarchistes ne sont jamais des victimes, jamais des innocent.e.s.

Quoi faire, du coup ?

Refuser les mots de l’accusation, refuser ses constructions.
Refuser les catégories, les cases, les typologies créées par le Procureur Sparagna.
Refuser toutes ces conneries.

Comprendre, cependant, que chaque individu est différent des autres, que chacun est animé par des tensions, des désirs, des pratiques même assez différentes, chacun choisit, élabore, essaye et essaye à nouveau.

De plus, dans le sillon des eaux impétueuses où nous nous trouvons, les critiques, confrontations et oppositions sont nécessaires et en fin de compte, elles rendent vivant le mouvement anarchiste.

Ceci dit, à la fin, refuser la convocation en tant que témoin.
S’opposer à cette dynamique, à son instrumentalisation de la part du Proc’, cela pourrait être un signe, petit et banal, peut-être, mais utile, à envoyer à l’ennemi.

Pour des raisons que je n’expliquerai pas ici, j’ai décidé de me présenter devant les juges en février dernier ; si je devais être à nouveau convoqué, je refuserai la cordiale invitation obligatoire, acceptant les stupides conséquences de ce choix.

Antonio

Repris de : https://attaque.noblogs.org

Perquisitions en cours à Bure

Aujourd’hui mercredi 20/06 depuis 7H, des perquisitions simultanées sont en cours dans plusieurs lieux de Bure et alentours. On essaie de mettre à jour l’article sur vmc.camp pour vous tenir au courant :

https://vmc.camp/

Perquisition terminée à Cirfontaines (mais une arrestation).
À Montiers les flics cherchent une personne, et ont déjà été à deux maisons pour la chercher.
Une dizaine de flics devant la maison de Mandres-en-Barrois l’ « Affranchie » (a priori c’est pas une perquisition).

À la Maison de Résistance, les flics font sortir les personnes une par une avec contrôle d’identité et photo. Les flics semblent vouloir évacuer tout le monde et commencer la perquisition. Il y aurait une cinquantaine de flics et un camion de déménagement.

Il y a déjà au moins cinq garde-à-vue en cours suite aux perquisitions. Plusieurs arrestations et contrôles d’identité.

9h : plus personne n’est dans la Maison de Résistance (à part les flics et les personnes témoins de la perquisition). Les flics sont en train de fouiller les camions et caravanes.

8h30 : fin de la perquisition à Cirfontaines. Une personne arrêtée.

Repris d’Indy Nantes

CE QUI CRÉPITE

.Dialogue à ciel ouvert sur la révolte et ses souffles

« Qu’est-ce qui fait que tu te révoltes ? Qu’est-ce qui me pousse vers l’agir ? C’est quoi tes carburants : La rage ? Le dégoût ? La joie ? La tristesse ? Est-ce que tu penses que la révolte c’est surtout une histoire de tripes et d’affects ? Et « révolté× », c’est une identité ou un état ponctuel ? Pis d’ailleurs, très honnêtement, la rage tu connais ? »

Publier ce texte aujourd’hui, c’est une manière de diffuser des aspirations, de partager des doutes, de parler de nos envies destructrices, de s’attaquer à quelques évidences. On le fait aussi parce qu’on a la « prétention » de trouver le rendu intéressant et qu’on se dit qu’éventuellement, ça pourrait nourrir ailleurs.

 

La brochure est téléchargeable ici : https://lesepineuses.noblogs.org

Bologne – Manifestation contre le CEFA, complice des camps de concentration libyens

CEFA COMPLICE DES LAGERS LIBYENS

 

CEFA

Depuis janvier 2018, l’ONG historique de Bolognaise CEFA est en première ligne dans la gestion des flux migratoires et de la main d’oeuvre utilisable à faible coût pour l’Europe. Le CEFA participe actuellement à l’exploitation d’au moins deux camps de détention libyens, Janzour et Zwara, sur la côte tripolitaine. Première urgence, distribution d’eau, hygiène, santé, protection, telles sont les tâches assignées par l’Agence Italienne de Coopération au Développement (AICS) aux organisations gagnantes (CEFA, CIR, Fond, L’arbre de vie, Croix Rouge Italienne) de l’appel d’offre d’environ un million d’euros.

Les camps de détention libyens pour migrants sont de véritables camps où des centaines de milliers d’hommes et de femmes sont emprisonnés et torturés, où ils risquent leur vie tous les jours à cause de la famine, de la maladie et de la violence de ceux qui les gèrent. Face aux histoires terribles qui viennent de ces camps, l’Europe a décidé de se nettoyer la face, en plaçant en leur sein des «bases humanitaires» qui certifient du respect des droits de l’homme tant vantés. Les événements du 15 mai au camp de Gharyan, où est aussi (présente) l’AICS et où d’autres ONG européennes solitaires (dont le GVC bolonais) qui veillent sur les droits des prisonniers, démontrent à quel point cette opération est une pure façade : l’armée a tiré sur un groupe de prisonniers évadés, le bilan est de 8 morts et 20 blessés.

En Libye, il existe officiellement au moins 33 camps de détention pour migrants, gérés par différents sujets: l’armée, la police, les milices et les trafiquants avec lesquels le gouvernement libyen et les gouvernements européens ont conclu des accords. Leur but est d’intercepter les migrants, de réduire et de contrôler le flux, de sorte qu’en Europe les personnes déjà enregistrées et qui, après avoir souffert l’indicibles le long de leur parcours migratoire, soient heureuses d’accepter toutes les conditions et le chantage pour rester. Dans tout ceci les organisations comme le CEFA ont un rôle de couverture, donnant une crédibilité éthique à de véritables lagers.

Il faut ajouter que la Libye, avecle pétrole très convoité par l’ENI, est une région qui, pour être exploitable et pillée au plus haut niveau, doit être pacifiée. Contrôler les milliers de personnes qui le traverssent et réguler soigneusement les mouvements est une étape nécessaire pour normaliser la région.

Le CEFA est l’une des nombreuses ONG qui a décidé d’offrir une couverture humanitaire aux intérêts de l’Etat italien et des patrons. Grâce à CEFA, des structures abominables telles que les camps libyens continueront à exister, à classer et à faire chanter des centaines de milliers de personnes qui migrent vers l’Europe. Les camps libyens n’ont pas à se conformer aux droits de l’homme (encore une fois si cela est vraiment possible), mais ils doivent être détruits!

CEFA OFFRE UNE COUVERTURE HUMANITAIRE AUX LAGERS LIBYENS!

CEFA EST EN LIBYE ET CA CRAINT!

 

Bologne, juin 2018.

Ennemis de toutes les frontières

https://roundrobin.info/events/bologna-presidio-contro-cefa-complice-dei-lager-libici/

Avis de Tempêtes n°6

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°6 (juin 2018) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 16 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog.

 » Et si cette société titanesque va effectivement vers le naufrage, en réduisant ou détruisant au passage toute possibilité de vie autonome, toute vie intérieure, toute expérience singulière, ravageant les terres, intoxiquant les airs, polluant les eaux, mutilant les cellules, pensons-nous vraiment qu’il serait déplacé ou trop hasardeux de suggérer que pour nuire à la domination, pour avoir quelques espoirs d’ouvrir des horizons inconnus, pour donner quelque espace à une liberté sans mesure et débridée, saper ses fondements énergétiques ne pourrait pas constituer une des pistes des plus précieuses ? « 

Repris de sansattendre.noblogs.org

Paris : le retour du procès de la lutte contre la machine à expulser

Le 31 janvier dernier, les 7 compagnon.ne.s et camarades renvoyés en procès plus de 8 ans après les faits pour des « dégradations contre Air France, la SNCF et Bouygues » et des refus ADN et de signalétique, ont obtenu un renvoi du procès au 22 juin prochain, 13h30 devant la 16e chambre-2 du tribunal de Paris (M° Porte de Clichy).

L’ironie de cette date, est que ce procès de la lutte contre la machine à expulser se tiendra 10 ans jour pour jour après la révolte au cours de laquelle des sans-papiers avaient incendié le plus grand centre de rétention du pays, celui de Vincennes (22 juin 2008).

Et comme le hasard fait parfois bien les choses, les visites inamicales dans les boutiques d’Air France, de la SNCF et de Bouygues que l’Etat entend faire payer huit ans plus tard à quelques-un.e.s, s’étaient d’ailleurs justement déroulées le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation de dix sans-papiers à des années de prison ferme pour cette révolte incendiaire.

Rendez-vous donc le 22 juin 2018 à 13h30 pour ce procès…

…Aujourd’hui comme hier, feu à toutes prisons, continuons de saboter la machine à enfermer et à expulser !

 

Repris d’Indy Nantes

En lutte contre les frontières !

En lutte contre les frontières !

Surfant sur l’apathie du plus grand nombre, le fond de l’air xénophobe et les agissements de groupes fascistes, le pouvoir étend son arsenal répressif (doublement de la durée maximale de rétention, agrandissement des CRA, assignations à résidence, PRADHA etc.), et multiplie les coups de pression envers des individus solidaires afin de dissuader toute velléité de complicités et d’entraides.

L’armée est déployée dans les Alpes, en renfort des patrouilles de la Police Aux Frontières (PAF) et de la gendarmerie. Ces sales uniformes quadrillent les zones frontalières équipés de drônes et d’hélicoptères pour traquer les indésirables. Ils multiplient les contrôles sur les routes et dans les gares, les perquisitions dans les lieux hébergeant des personnes migrantes, poussant celles-ci à emprunter des chemins toujours plus périlleux.

Ces charognes sont responsables de la mort de milliers de personnes, que ce soit lors du passage de frontières soi-disant « naturelles » (Méditerranée, Alpes, Manche), de leur enfermement ou de leur expulsion.

Rafles dans les transports et harcèlement policier  participent des mêmes logiques autoritaires et capitalistes, visant à dégager les pauvres des centres-villes et à maintenir tout le monde dans le rang. Les urbanistes tiennent à faire « place nette » pour les touristes friqués, les investisseurs et les entrepreneurs « cools ».

Et voilà que se développe en PACA un « pôle d’excellence » concentrant des centaines d’entreprises, de laboratoires de recherche publics ou privés (etc.) qui travaillent, entre autres dégueulasseries, sur la sécurité intérieure et la surveillance des frontières. Les crapules qui mettent au point drônes (servant aussi aux exécutions « ciblées », à surveiller les manifs ou les infrastructures dites « sensibles ») et logiciels de traitement des images (permettant la détection des comportements « suspects ») pullullent tout autour de nous, à portée de crachat.

À moins de s’en prendre aux hôtels hébergeant les condés, aux boîtes impliquées dans la construction, la gestion des CRA, PRADHA, CAO… ou de tenter de mettre des bâtons dans les roues des contrôleurs et autres uniformes, partout où on les croise?

Pour s’attaquer aux Etats et à leur volonté de contrôle total des populations, au racisme mortifère et au capitalisme qui broie nos vies, il est temps de développer des dynamiques de lutte sans concession.

Des passages de frontière aux tentatives d’empêcher  les expulsions, des (complicités d’) évasions à la solidarité vis à vis des révoltes qui secouent régulièrement les centres de rétention, des attaques visant les rouages de la machine à enfermer et à expulser à celles dirigées contre les développeurs de technologies de mort…

Déchaînons la liberté !

 

Prison de Villenauxe-la-Grande : Il prend en otage une de ceux qui le prennent en otage

Un détenu de 23 ans s’est évadé dans la nuit de samedi à dimanche de la maison d’arrêt de La Talaudière (Loire). Trois tentatives d’évasion ont récemment eu lieu dans cette prison [comme en avril; NdAtt.].
Libérable en octobre, le détenu a forcé avec une chaise la grille qui recouvrait la fenêtre de sa cellule, située dans le quartier de semi-liberté, accolé à la maison d’arrêt et où il séjournait la nuit. Ce jeune homme, qui suivait dans le cadre de sa réinsertion une formation d’entretien des espaces verts, a ensuite franchi le grillage d’enceinte d’environ trois mètres de haut, surmonté d’un barbelé, et a été «récupéré» par un complice qui l’attendait en voiture.
Condamné pour des délits routiers et des infractions à la législation sur les stupéfiants, il n’est pas considéré comme dangereux. […]

Les 9 et 16 mai derniers, trois détenus de cette prison ayant réalisé une tentative d’évasion, remontant au 2 avril et au 12 mai, dont un avait été repris par la police une demi-heure après avoir franchi le mur d’enceinte, avaient chacun été condamnés à plusieurs mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne.

Un détenu a pris en otage une surveillante ce jeudi matin au centre de détention de Villenauxe-la-Grande, dans l’Aube. La prise d’otage, qui avait débuté à 8h30, s’est terminée un peu moins de trois heures plus tard
Cette libération est intervenue après les négociations engagées par les équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) avec le détenu, qui réclamait son transfert dans un autre établissement à la suite d’une nouvelle condamnation, selon des sources judiciaires, syndicale et de l’administration pénitentiaire. […]

Selon une source proche du dossier, le détenu, originaire d’un pays de l’Est et incarcéré depuis août 2016 pour « vol sur personne vulnérable », serait âgé d’une vingtaine d’années et était porteur d’une fourchette.
D’après une autre source proche du dossier, il était « libérable en juillet » mais avait vu son maintien en détention prolongé jusqu’en avril 2019 « à la suite d’une mise à l’écrou pour une nouvelle peine », qui lui a été signifié mercredi de source syndicale.

 

NdAtt. : le centre de détention de Villenauxe-la-Grande a été construit à partir de 1989, faisant partie du « programme 13000« . Il est en gestion déléguée avec le groupe « Sodexo justice services », qui se fait du fric avec la restauration, la cantine, la maintenance, le travail et la formation professionnelle des détenus (100 prisonniers travaillent dans le façonnage, le conditionnement, le montages, l’assemblage…).


Prison de La Talaudière : Il se fait la belle grâce à une chaise !

Le Parisien / lundi 11 juin 2018

Un détenu de 23 ans s’est évadé dans la nuit de samedi à dimanche de la maison d’arrêt de La Talaudière (Loire). Trois tentatives d’évasion ont récemment eu lieu dans cette prison [comme en avril; NdAtt.].
Libérable en octobre, le détenu a forcé avec une chaise la grille qui recouvrait la fenêtre de sa cellule, située dans le quartier de semi-liberté, accolé à la maison d’arrêt et où il séjournait la nuit. Ce jeune homme, qui suivait dans le cadre de sa réinsertion une formation d’entretien des espaces verts, a ensuite franchi le grillage d’enceinte d’environ trois mètres de haut, surmonté d’un barbelé, et a été «récupéré» par un complice qui l’attendait en voiture.
Condamné pour des délits routiers et des infractions à la législation sur les stupéfiants, il n’est pas considéré comme dangereux. […]

Les 9 et 16 mai derniers, trois détenus de cette prison ayant réalisé une tentative d’évasion, remontant au 2 avril et au 12 mai, dont un avait été repris par la police une demi-heure après avoir franchi le mur d’enceinte, avaient chacun été condamnés à plusieurs mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne.

 

repris de https://attaque.noblogs.org

De l’irrégularité : entre l’analyse et le désir

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À l’heure actuelle les esprits s’enivrent non pas de l’argumentaire de l’analyse mais de la conviction de ce qui fonctionne. C’est pourquoi le seul dialogue possible est démocratique, entre inégaux, c’est-à-dire entre oppresseurs et opprimés, le consensus devenant l’instrument remplaçant le fait d’être en vie.
Le pouvoir ne dialogue qu’avec ce qu’il possède. La démocratie est une valeur intouchable, la base qui maintient la réalité technologique. L’État est, particulièrement en occident, la forme dominante de la cohabitation sociale. Les dynamiques du marché reposent sur la satisfaction des besoins: ceux-ci font fonctionner le paradigme marchand et ce faux équilibre vise à éliminer la diversité, cette diversité créatrice qu’on voudrait éradiquer pour rendre tout homogène et faire ainsi parfaitement fonctionner la méga-machine. Ne rappelle-t-il pas l’ambiance orwellienne de 1984, tout comme le paradigme de l’acceptation du système dans Le Meilleur des mondes de Huxley?
Technologie, production et vitesse de communication ne sont pas des choses distinctes, des structures reproduisant la domination: ce sont des rapports sociaux, des activités mécaniques accomplies par les habitants du monde, des façons routinières et irréfléchies qui empêchent ne serait-ce que penser et de saisir nos existences, pour détruire l’ordre social qui nous en dépossède toujours plus.
L’habitude et la reproduction incessante de l’existant ont pour objectif de nous éduquer à l’impossibilité d’imaginer autre chose, ce qui donnerait vie à des désirs potentiellement dangereux.

« Pas simplement l’amour qui s’adresse à une seule personne, mais l’instinct animal, le désir simple et indifférencié.

Là était la force qui mettrait le Parti en pièces »
George Orwell, 1984
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Souvent, quand on sent que le calme règne, on s’acharne à tenter d’ébaucher une analyse de la situation. On rentre dans cet ordre du discours qui récite: il manque l’analyse de la réalité, il faut étudier ce qui se passe autour de nous. Et qui ne serait pas d’accord avec ce principe? Pour attaquer un monde qui nous horrifie, il est plutôt sage de savoir ce qui nous provoque du dégoût. Eh oui, la sagesse rime avec l’autorité moisie: elle est depuis toujours l’ennemi de tout saut dans le vide, du goût de l’inconnu, de la saveur de pouvoir aller au delà du mur d’enceinte de la résignation.

Contre l’isolement carcéral ! En solidarité avec Fabrice

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Depuis 2012, Fabrice Boromée subit l’enfermement dans les quartiers d’isolement des prisons en métropole. Depuis six ans, ses conditions de détention doivent être qualif iées de torture. Ce traitement inhumain a été mis en place par l’Administration Pénitentiaire après que Fabrice ait refusé de se soumettre à l’arbitraire carcérale qui lui interdisait d’assister à l’enterrement de son père en Guadeloupe. Depuis, Fabrice ne demande qu’une chose : être transféré en Guadeloupe auprès de ses proches. Face au silence de l’administration, il s’est révolté de nombreuses fois pour se faire entendre, notamment avec des prises d’otage. Alors qu’il était entré en prison pour une peine de huit ans, il a pris des rallonges de peines à la pelle, il a aujourd’hui encore trente ans à faire. C’est toujours la même chose avec l’administration pénitentiaire si tu refuses leur arbitraire, la répression est sans appel.

Enfermé et exilé de force en métropole Fabrice subit une double-peine, comme de nombreux autres détenu.e.s originaires des territoires qu’il est convenu d’appeler les « DOM-TOM ». Outre la répression carcérale, leur situation révèle un des aspects de la domination coloniale que l’Etat français continue d’imposer aux populations de ces territoires. A l’isolement et très éloigné de ses proches, Fabrice n’a de contacts quasiment qu’avec les surveillants casqués…

Mexique – Fernando Barcenas sort de prison !

Aujourd’hui, 11 juin 2018, le compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo est sorti de prison.Fernando est sorti de prison, le 11 juin 2018 vers 21 heures, une fois dehors, il a brûlé son uniforme couleur beige qu’il a dû porter pendant quatre ans et demi.

Arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro, Fer avait été accusé d’avoir mis le feu à l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouvait dans la prison Nord dite le ReNo, dans la ville de Mexico.

En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse.  Peu après sa detention Fernando n’a cessé d’élaborer de multiples projets : des ateliers de musique  d’écriture, de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral  indépendant de combat : « El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine et d’ailleurs.

Pour Fernando « Le Canero est un projet qui veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dont nous sommes tous prisonniers à différents niveaux. Ce journal contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur ». Il s’agit pour lui  « De démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies ».

NoExpo (Milan) : Arrestation à Toulouse après 2 années de cavale

Les médias italiens disent que le 9 juin dernier, Marco a été arrêté à Toulouse.
Accusé pour les faits du 1er mai 2015 à Milan, notamment de « devastazione et saccheggio » (littéralement « dévastation et pillage », une accusation avec une « fourchette » de peine qui va de 8 à 15 ans…) et de résistance, car accusé d’avoir été parmi les manifestants qui ont tabassé un commissaire divisionnaire adjoint. Il a été mis sous enquête le 9 novembre 2015, puis a fait l’objet d’un mandat d’arrestation européen, le 12 juillet 2016. La DIGOS de Milan l’aurait retrouvé grâce à des écoutes téléphoniques et a mandaté la police française, qui l’a interpellé. Son extradition vers l’Italie devrait être statuée dans les prochains jours.

                                                          Solidarité !

Lu sur https://attaque.noblogs.or

Grèves de la faim au Centre de rétention de Sète et appel à soutien

Hier midi, un rassemblement s’est tenu devant le Centre de rétention administratif de Sète. Une centaine de personnes se sont rassemblées en soutien à Moussa (demandeur d’asile que la police a piégé à la préfecture de Montpellier et qui devait être renvoyé en Italie ce matin), à Ali (mineur isolé qui a déjà refusé son expulsion une première fois et emprisonné pendant 2 mois à la maison d’arrêt de Villeneuve lès Maguelone accusé d’avoir menti sur son âge malgré des papiers prouvant qu’il n’a pas encore 17 ans), et en soutien à toutes les personnes enfermées, toutes les personnes exilées et tous les sans-papiers.

Trois personnes enfermées sont en grève de la faim à l’intérieur du CRA, et une personne solidaire à commencé une grève de la faim et s’est enchaînée devant le CRA.

Une mobilisation active s’est mise en place autour du centre de rétention depuis plusieurs mois déjà. Elle permet de visibiliser et de dénoncer ce lieu d’enfermement situé en plein centre ville mais pourtant à l’abri des regards, de soutenir les personnes qui y sont détenues, et de créer des liens dans et hors les murs.

Les soutiens espèrent du relais lors de ces prochains jours pour assurer des permanences jour et nuit et rester auprès des grévistes de la faim et des personnes enfermées (le centre se situe au 15 rue François Maillol).

Solidarité !!

A écouter, cet enregistrement sonore du rassemblement du lundi 11 juin à Sète : https://soundcloud.com/arkatfilms/excradition-a-sete-et-greve-de-la-faim-11-juin-2018


2 mois de prison ferme et 2 ans d’interdiction de territoire pour Moussa

Aujourd’hui à Lyon avait lieu le procès de Moussa, la séance a débuté sur un vice de forme, la traduction ne correspondait pas à la langue de Moussa, le juge a commencé à dire que cela n’avait pas d’importance et a voulu continuer le procès, l’avocate a immédiatement quitté le tribunal pour aller chercher le bâtonnier, du coup beaucoup d’incertitude, et naturellement un recours a été déposé.

Le procès a continué et le juge au lieu de comprendre et d’analyser au mieux la situation a requis contre Moussa 2 mois de prison ferme et 2 ans d’interdiction de territoire. Légalement Moussa a 10 jours pour faire appel du jugement, ce que compte faire son avocate.

Le tribunal était plein a craquer, des soutiens de toute la France étaient venu soutenir Moussa, et dehors beaucoup de monde avec des banderoles pour crier leur solidarité.

Un appel à rassemblement est lancé dans toute la France.

Plus que jamais, continuons la lutte contre les expulsions et les centres de rétention !!

Repris de cevennessansfrontieres.noblogs.org

Italie 1938-2018

 

La PSQ, ou quand la sécurité devient « la première des libertés ».

La PSQ, où Police de Sécurité du Quotidien, a été lancée officiellement par le ministre de l’intérieur le 8 février dernier suite à la volonté du gouvernement de s’« engager dans une évolution des missions de la police et de la gendarmerie pour répondre à la priorité des Français : la sécurité. »

Cette expérimentation fait suite à une concertation large menée à la fois en partant « du terrain » : pas moins de 70 000 questionnaires ont été renvoyés par les policiers et les gendarmes au gouvernement pour formuler leurs attentes ; et à la fois au niveau départemental : plus de 500 réunions ont été menées réunissant préfets, associations élus, organisations syndicales de la police et structures de concertation de la gendarmerie, représentants des policiers municipaux, acteurs de la sécurité privée et des transports, experts, etc. Plus de 150 contributions ont également été rédigées par les syndicats, universitaires, entreprises et associations d’élus.

Cette prise en considération des acteurs de la « sécurité » a certainement dû faire s’arracher quelques cheveux aux associatifs œuvrant sur la question de l’immigration – qui relève pourtant du même ministère – force de constater que ces derniers goûtent plus souvent à la saveur des portes closes qu’à celle des petits fours…

Le dossier de presse présentant la PSQ apporte comme propositions principales de : rendre les condamnations judiciaires et les mesures répressives plus dissuasives (enfermer plus et plus longtemps), développer davantage la coopération avec les polices municipales (être fliqué au plus près), accroître la participation des habitants à leur propre sécurité (vers la création de milices d’auto-défense citoyenne ?), simplifier la procédure pénale et réduire les tâches administratives (afin de ne plus s’embêter avec la paperasse et la défense des accusés).

La PSQ prévoit ainsi de travailler de façon beaucoup plus partenariale avec les maires et leurs polices municipales, les bailleurs sociaux, les entreprises de transport ou les agents de sécurité privée, c’est à dire un large pan d’acteurs de proximité. « Les élus, en particulier les maires, sont ceux qui connaissent le mieux leur territoire, qui savent où se développe la délinquance. Je demande que dans les trois prochains mois on puisse prendre contact avec eux pour définir en partenariat une vraie stratégie de sécurité pour le territoire », nous précise le ministre. Pour ceux qui hébergent des sans-papiers dans leur village ou celles qui vendent une barrette de shit derrière les abris de bus, gare aux mouchards !!

Au niveau national, 20 départements ont été ciblés pour faire l’objet de renforts en zone gendarmerie, et 30 quartiers en zone police subtilement dénommés « de reconquête républicaine » ont été retenus. Parmi les moyens alloués à ce dispositif, 10 000 postes seront créés entre 2018 et 2022. Dans le Gard, les quartiers ciblés sont à Nîmes sans grand étonnement ceux de Pissevin et de Valdegour, là ou une large partie de la population est issue de l’immigration, renforçant une fois encore l’association faite entre les étrangers et la délinquance. Dans le reste du département ce sont les villes et villages de Bagnols-sur-Cèze, Alès, Cornillon, Vauvert, Saint André de Valborgne et Le Vigan où seront implantées des brigades territoriales de contact. C’est d’ailleurs ce dispositif qu’est venu promouvoir Gérard Collomb lors de sa visite pour l’inauguration de la nouvelle gendarmerie de Saint Ambroix le 24 mai dernier.

Les premières expérimentations de la PSQ ont débuté au cours du premier trimestre 2018. Une démonstration grandeur nature a été effectuée récemment le jeudi 31 mai dans les Bouches-du-Rhône, comme nous l’indique un quotidien local. Pendant deux heures, 213 agents de la direction départementale de la sécurité publique, de la police aux frontières, des CRS et de la gendarmerie, des policiers municipaux, épaulés par des agents SNCF et RTM, ont pris d’assaut l’ensemble des transports en commun de Marseille et Aix-en-Provence. Les gares de Saint-Charles, de l’Arbois, d’Aix-centre, celles de Gardanne, Simiane et Septèmes, mais aussi les bus entre ces deux villes et plusieurs stations de métro ont fait l’objet de ce déploiement massif destiné à marquer les esprits, et durant lequel pas moins de 7 906 voyageurs ont été contrôlés (avec au final 12 arrestations pour séjour irrégulier, fiche de recherche et détention d’arme blanche, et 293 procès verbaux dressés pour fraude). Apercevant les uniformes, près de 4000 personnes auraient fait demi-tour, preuve s’il en faut qu’une large partie de la population ne se laisse ni attraper docilement comme des moutons, ni berner par les « priorités » sécuritaires du gouvernement.

P.-S.

Article paru ici initialement.

repris de mars-info

A propos …

Publication : Besak, entre musée à ciel ouvert et ville de riches

Contre le festival international d’art BIEN URBAIN, rouage artistique de la revalorisation urbaine et de la guerre aux pauvres – Juin 2018

Cela fait maintenant huit ans que Bien Urbain participe à l’aseptisation de cette ville. Ce festival vient mettre sa pierre à l’édifice de la ville des riches et du contrôle, accompagne le pouvoir dans ses multiples projets de vidéo-surveillance, de tramway et de transports « fluides », d’écoquartiers et autres complexes de logement de luxe qui fleurissent un peu partout…

Ce recueil de textes a pour but, en partant d’un exemple concret de la gentrification par l’art, d’élargir la critique à l’ensemble des politiques urbanistes. Il ne cherche pas uniquement à rappeler quelques signes d’opposition a ce rendez-vous annuel du gratin de designers hipsters qui se sont produits dans le passé, mais de faire en sorte que ses traces d’hostilité se multiplient et se répandent a travers la ville, et ce dès ce mois de juin, en ciblant les fresques du festival qui seront l’objet de visites guidées pendant un mois a partir du 8.

[…]

Lire la suite ici : https://sansattendre.noblogs.org/post/2018/06/07/publication-besak-entre-musee-a-ciel-ouvert-et-ville-de-riches/

Italie : Détester les frontières partout où elles sont…

Détester les frontières partout où elles sont – sur la répression, les interdictions de territoire, les mesures préventives à Florence

Le 18 janvier, la crepa a été expulsée, une nouvelle occupation dans les terres florentines, qui a duré 20 jours. L’expulsion et la destruction d’un nouvel endroit autogéré n’a pas suffit, même en utilisant les interdictions de territoire. Chasser des villes pas seulement les «indésirables», c’est à dire les migrants, les pauvres, les fous et les personnes trans, qui provoquent la «décadence urbaine», autrement dit qui essaient simplement de survivre dans une société où seuls valent la marchandise et le profit.

Chasser aussi ceux qui s’opposent à tout ce qui se passe, qui décident de renvoyer la violence, l’humiliation et le harcèlement quotidien qu’ils subissent, est maintenant l’intention du régime. 5 personnes ont donc été touchées par la mesure préventive. Pour 2 personnes elle a été révoqué car il n’y avait pas de base légale pour la confirmer, alors que chez 3 autres, malgré l’appel, il a été décidé un éloignement de la ville pour 3 ans.

Nous ne sommes pas là pour faire un discours victimiste où nous demandons l’État sa grâce, ou des excuses, ou pour dire que nous sommes désolés.

Ils ont pris leurs décisions, nous prendrons les nôtres. Le préfet de Florence, du haut du pouvoir qu’il croit avoir, a constaté qu’aucun d’entre nous 3 « n’a de motivation personnelle ou professionnelle pour rester à Florence ». Et c’est lui qui décide, Monsieur le Préfet, quelles sont les motivations des individus à rester ou à ne pas rester au même endroit. Il aimerait décider quelles raisons sont valables et lesquelles ne le sont pas.
Les gens qui vivent dans cette ville depuis plus ou moins longtemps, se retrouveraient à devoir s’en aller d’une ville parce que M. Préfet l’a décidé? Mais nous sommes des âmes aussi damnées que libres, des gens «socialement dangereux» comme nous avons été défini.

Montreuil, France : Temps d’Encre – Rencontres autour de publications anarchistes (23 et 24 juin 2018)

TEMPS D’ENCRE

Rencontres autour de publications anarchistes

23 et 24 juin 2018

La Parole errante
9 rue François Debergue
Montreuil (Paris)
(Métro 9 Croix de Chavaux)

Pour que l’idée ne flétrisse pas, il faut l’action pour la revigorer. Pour que l’action ne tourne pas en rond, il faut l’idée pour l’enchanter. C’est peut-être là que se tisse le véritable fil noir de l’histoire tumultueuse de l’anarchisme, qui est en même temps sa proposition de lutte : auto-organisation, action directe, conflictualité permanente avec l’autorité sous toutes ses formes. Ces Rencontres autour de publications anarchistes sont une occasion sous forme d’invitation pour celles et ceux qui sont à la recherche d’idées critiques, qui cherchent à agir, qui se révoltent contre ce monde mortifère d’oppression, d’exploitation et d’autorité. Une occasion, et un défi en même temps, pour mettre en relief ce foisonnement anarchiste qui se diffuse au travers de publications, d’agitation, de locaux, d’interventions, d’actions et de luttes – et qui exprime, en proposant la destruction du pouvoir plutôt que son aménagement, le bouleversement total plutôt que la réforme, la concordance entre moyens et fins plutôt que la stratégie politique, l’éthique plutôt que le calcul, une perspective révolutionnaire à approfondir et à défendre.

https://tempsdencre2018.noblogs.org/

Marchands d’hommes

Lorsqu’on a motorisé les transports, les chevaux ont été envoyés à l’équarrisseur. C’est exactement de la même façon qu’on « utilise » les chômeurs rejetés de l’industrie capitaliste.

En France existent des milliers de réfugiés allemands et sarrois. Nous avons signalé en son temps l’initiative du nommé Max Braun, ex-führer du Parti Socialiste Sarrois et du Front de la Liberté. Ayant juré solennellement de partager le sort de ses compatriotes et de mourir à son poste de combat, il s’est enfui 48 heures après, et a commencé à recruter parmi les réfugiés de la viande de boucherie pour la Légion Étrangère, au moyen d’une officine subventionnée par le gouvernement français. Cette officine se nomme « Légion de la Liberté ». On y achète des hommes pour les chevillards du grand État-major français.

En Belgique, une intense propagande pour l’armée du Négus est faite avec l’appui des pouvoirs publics, parmi les mineurs borains, les chômeurs, les jeunes gens sans ressources. Des milliers de volontaires ont déjà été expédiés par les marchands d’hommes en direction de Djibouti, et on espère bien ne plus jamais les revoir en Europe.

En Italie, c’est toute la fleur d’une génération qui est racolée de gré ou de force pour les charniers d’Abyssinie. Et là aussi, on est à peu près sûr de ne plus avoir à payer de secours ou d’allocations de chômage à ceux qui mettent le pied sur les bateaux en partance. Le climat, la guerre, la fatigue, la soif et les épidémies auront vite raison des « excédents » de la population italienne.

La belle vie c’est fini…

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 « Pour les clandestins, la belle vie c’est fini» – M. Salvini, ministre de l’intérieur (Ligue du nord)

S. a été tué d’une balle dans la tête la nuit du 3 mai 2018, il vivait en Calabre dans un camp près de Gioia Tauro et travaillait dans les champs du sud de l’Italie. Une manifestation spontanée a eu lieu le jour même vers la mairie de San Ferdinando. Comme lui plus d’un demi-million d’ouvriers travaillent dans les camps en Italie, à 50 centimes la caisse (agrumes, kiwis, tomates principalement) pour environ 20 à 35 € par jour. L’État projette l’évacuation du campement de San Ferdinando et la multiplication des contrôles.

 « La main-d’œuvre extra-européenne légale est une ressource essentielle.

Sans elle,  l’activité agricole ne grossirait pas ainsi ».

Pietro Sianni, syndicat agricole Coldirettià

Après Florence, Macerata et tant d’autres, le ministre de l’intérieur justifie la violence à l’égard des personnes étranger.es comme légitime défense.

Pour Soumayla et pour tous.tes les morts du racisme et de l’exploitation.

Voir aussi :  https://mars-infos.org/italie-exploitation-et-migration-3203

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/en-italie-un-drame-en-trop-endeuille-les-migrants-africains-pourtant-ressource-essentielle-en-calabre_2791935.html 

https://intellivoire.net/des-travailleurs-migrants-du-sud-de-litalie-en-greve-apres-la-mort-du-malien-soumaila-sacko/

Tunisie – Manifestations et attaques contre les institutions après l’énième naufrage en mer

Dans la nuit du 2 au 3 juin, au large de l’île de Kerkennah en Tunisie, a eu lieu l’énième naufrage d’un bateau de migrants transportant environ 180 personnes, « la tragédie la plus grave en mer, en 2018 » selon l’Organisation migration mondiale (OIM). 68 personnes ont survécu (61 Tunisiens et 7 personnes d’autres nationalités), on décompte au moins 112 morts et disparus, et pour l’instant seuls 73 corps ont été retrouvés. […]

Une importante manifestation a eu lieu mardi 5 juin dans la ville d’El Hamma(gouvernorat de Gabès) pour protester contre le naufrage de Kerkennah. 10 jeunes d’El Hamma ont trouvé la mort dans cette tragédie et 3 autres sont toujours portés disparus, 24 parmi les survivants viennent de cette ville. Les habitant.es de la ville ont organisé une manifestation pour exiger la chute du gouvernement. Les manifestants sont descendus dans les rues de la ville en scandant des slogans tels que « le peuple veut la chute du gouvernement », « meurtriers de nos enfants, voleurs de notre pays », « Essebsi ton temps est fini », adressé au Président de la République, Beji Caid Essebsi.

La nuit suivante, mercredi 5 juin, les manifestant.es ont marché jusqu’au quartier général de la délégation gouvernementale, à laquelle l’armée avait été déployée. Les manifestant.Es ont tenté d’envahir le district de la sécurité nationale, bloqué les rues en brûlant des pneus et lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Plusieurs jeunes hommes ont été arrêtés à la suite d’un raid dans les quartiers de la ville.

Les organisations nationales présentes dans la région de Gabès, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Union syndicale régionale (UGTT) ont publié des déclarations dans lesquelles elles attribuent la responsabilité de la tragédie au gouvernement, indiquant le modèle de développement qui, selon elles, est la cause du chômage des jeunes et du désespoir. Le chômage dans la région de Gabès dépasse 25% et atteint 55,2% parmi les diplômés.

Lundi 4 et mardi 5 des événements ont eu lieu dans la ville de Tataouine, dans le gouvernorat du même nom. Là aussi, beaucoup de gens, surtout des jeunes, sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère et exiger la démission du gouvernement. Les manifestants se sont alors dirigés vers l’hôpital régional pour y loger les corps des cinq personnes noyées dans le naufrage, qui venait de cette ville.

[…] La station de la garde nationale dans le centre-ville a été attaquée à l’aube du jeudi 7 juin 2018, en signe de protestation samedi dernier contre le naufrage où 4 personnes de la ville sont mortes.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khelifa Chibani, à deux heures du matin, les manifestants ont lancé des pierres sur la station de la Garde nationale. Peu après, ils ont forcé l’entrée du bâtiment à y mettre le feu et à détruire certains documents. Plus tard, le quartier général de la délégation gouvernementale a été ciblé, où la salle des gardes a été incendiée. Les manifestants ont dénoncé la marginalisation de la jeunesse par le gouvernement et la situation sociale et économique, ainsi que le manque d’horizons de développement dans la région.

[…]

En octobre 2017, les familles des personnes emprisonnées dans les hotspots et le CPR en Italie avaient organisé une manifestation pour éviter leur expulsion et demander leur libération.

Texte intégral en Italien sur https://hurriya.noblogs.org/

Le trou de la serrure

Texte écrit il y a quelques années mais toujours aussi actuel.

Ne vous êtes-vous jamais demandés à quel point la diffusion de reality shows capables de transformer les spectateurs en autant de voyeurs, les prépare à devenir eux-mêmes des personnes sous surveillance ? En effet, lorsqu’espionner la vie des autres devient quelque chose d’habituel, de presque normal, que dire et pourquoi protester quand c’est la sienne qui finit sous une loupe ? […] La diffusion d’une information (qu’elle soit vraie ou fausse) n’est utile que lorsqu’il existe une pensée critique pour l’interpréter ou en faire un usage différent. 
Lorsque cette pensée critique manque -et pour comprendre à quel point elle est absente aujourd’hui, il suffit de remarquer à quel point la rhétorique la plus émotionnelle et le plus souvent émouvante est en train de se généraliser-, ce qui est alimenté n’est que le ragotage idiot, le commentaire aussi expéditif qu’un rot, la curiosité malsaine de savoir qui, quoi, où et quand (en prenant pour avérée la version des enquêteurs !).

 

Une vie passée devant le trou de la serrure n’est-elle pas bien misérable ? Une vie à lorgner ce que les autres font, à écouter en cachette ce que les autres disent. Une vie de voyeurs, qui s’évertuent à arracher des morceaux d’autres existences, de personnes qu’ils ne sont même pas en mesure de connaître dans leur complexité, mais dont ils violent l’intimité sans aucun scrupule. Il y a ceux qui le font derrière un buisson, ceux qui le font avec l’aide d’un micro caché, ceux qui le font planqués derrière un écran. Et il n’est pas dit que les premiers soient les pires. Au moins, leur passion n’est-elle pas exempte de risques. Pour la satisfaire, ils mettent presque toujours leur peau en danger. Mais que dire des autres, de ceux qui doivent pousser un simple bouton et installer une antenne pour envahir en toute tranquillité les émotions et les sensations de leurs cibles ?

Inutile de parler des flics. De la part de quelqu’un qui est prêt à obéir à n’importe quel ordre, y compris celui de torturer et de tuer, que voulez-vous que ça lui fasse de fourrer son nez dans le quotidien de ceux qui sont trop peu serviles pour n’en être pas louches ? Quant aux journalistes, on sait bien comment ce genre de vautours voltige autour d’ « émotions fortes » qui puissent faire monter le taux d’écoute. Là aussi, pas de quoi s’indigner. Celui qui est toujours à son aise pour patauger dans des situations de honte ou de panique, de deuil ou de douleur, celles des autres bien sûr, n’arrêtera certainement pas sa carrière devant un présumé « droit à la vie privée ». 
Mais il reste les autres, tous les autres. Tous ces êtres humains qui, tout en n’étant ni flics ni journalistes, aiment se coller devant le trou de la serrure. Ne vous êtes-vous jamais demandés à quel point la diffusion de reality shows capables de transformer les spectateurs en autant de voyeurs, les prépare à devenir eux-mêmes des personnes sous surveillance ? En effet, lorsqu’espionner la vie des autres devient quelque chose d’habituel, de presque normal, que dire et pourquoi protester quand c’est la sienne qui finit sous une loupe ?

Nouvelle parution des éditions anarchistes l’assoiffé – juin 2018

303 pages, format A5, 12 €

 

Pour télécharger le catalogue des éditions l’Assoiffée :catasso18

Pour lire l’intoduction : intro paroles

 

Faire et défaire la virilité

L’affaire des « stérilisés de Bordeaux » a débuté en mars 1935. Depuis 1932, un Autrichien, Norbert Bartozek, avait répandu la pratique de la vasectomie dans les milieux libertaires français. Bartozek, Aristide Lapeyre et quelques autres sont inculpés de castration pour avoir pratiqué quinze stérilisations à Bordeaux (sur deux à trois cents dans l’ensemble de la France).
Aristide Lapeyre, stérilisateur et stérilisé, mourra en 1974 peu après sa condamnation à cinq années de prison pour avortement.

Pour infos, on parle extrêmement rapidement de Jeanne Humbert dans le prochain numéro de la revue très finissante Amer (sortie le 13 juin prochain).

Repris du blog : https://zamdatala.net

Bon pied, bon oeil et toute sa tête

(Le Monde,)

 

 

« Bon pied, bon oeil, bien dans sa tête »

Documentaire de Gérard Leblanc, 1978, 1h19. Réalise en 1978 par le groupe Cinéthique, avec le Comité de lutte des handicapés et le Groupe information asile, « bon pied bon oeil et toute sa tête » analyse les handicaps dans l’histoire de leur représentation et de leur contexte social et politique. « Nous ne voulons pas être intégrés ; mais détruire cette société qui nous détruit, pour en construire une autre, où nous n’aurons pas de difficultés à nous adapter, car ce sera la nôtre.

Ce film documente la lutte des « Handicapés Méchants« , des « Psychiatrisés en lutte »  dans les années 70.

 

Canada : Nouvelles arrestations à Hamilton et à Montréal pour la balade saccageuse sur Locke Street – 31 mai 2018

Nouvelles arrestations à Hamilton et Montréal : mises-à-jour et appel à soutien

Nous écrivons ceci juste pour faire une mise-à-jour rapide sur la situation qui évolue très vite à Hamilton, territoires traditionnels des peuples Chonnonton, Anishinabeg, et Haudenosaunee. Depuis hier, 31 mai, trois autres personnes ont été arrêtées en lien avec la dénommée émeutes de Locke Street: l’une d’entre elles a été ramassée par le SPVM à Montréal et transférée en avion à Hamilton, où elle a été placée en GAV en attente d’une audience préliminaire. Les deux autres ont été arrêtées à Hamilton. L’une d’elles a déjà été libérée sous caution et une autre réapparaitra lundi. De plus, la police a libéré trois autres personnes contre lesquelles elle a porté des accusations et cherché à les arrêter. Les accusations portées contre les six personnes comprennent des « dommages à la propriété », « d’attroupement illégal masqué » et diverses accusations de « complot » et de « conseils en vue de commettre ces méfaits ».

En tant qu’anarchistes, nous voulons être clair sur le fait que nous nous opposons à tout acte de répression ciblant celles et ceux qui résiste à l’oppression et à l’exploitation. La police et les prisons ne font rien pour remédier aux injustices fondamentales de cette société et enfermer des gens dans des cages est une horrible chose à faire. Ces systèmes continuent à accorder une plus grande valeur à la propriété qu’aux corps des gens. Solidarité avec toutes les personnes accusées, indépendamment de leurs accusations, et nous appelons tout le monde à apporter leur soutien à ces six inculpées. C’est une multitude d’accusations et un lourd fardeau, autant sur le plan émotionnel que matériel. En ce moment, nous accordons la priorité sur les libérations sous caution, ce qui a coûté jusqu’à présent environ 2000 dollars par personne (parce que la justice, n’est-ce pas?). Nous avons horreur de réclamer une nouvelle fois de l’argent de manière si rapide, mais le contrecoup contre les anarchistes et leurs projets à Hamilton ne fait que se poursuivre et nous sommes plutôt sous pression. Si vous le pouvez, faites un don à https://fundraising.the-tower.ca et encouragez vos potes et compagnons à faire de même.

Nous continuerons à publier des mises-à-jour au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Consultez aussi https://north-shore.info pour vous informer des événements et des mises-à-jour sur l’actualité locale.

Ceci dit, nous sommes un groupe assez déterminé et nous n’allons pas laisser tomber nos idées et projets face à ces attaques de l’Etat. Bien sûr, voir ses potes se faire arrêter est effrayant, mais regarder les gens se rassembler pour s’organiser et se défendre mutuellement et voir comment les accusés se tiennent avec courage et intégrité est un puissant rappel de notre force individuelle et collective.

repris de sansattendre

Plus d’info ici : https://sansattendre.noblogs.org/post/tag/hamilton//

Canada : Lettre de Cedar sur les accusations de complot, la prison Barton et la solidarité

Suisse – Mises à jour sur l’opération répressive du G20 à Hambourg

Mardi matin (29.05.2018) à 06h00 une action policière coordonnée a eu lieu dans quatre pays européens différents. Les actions étaient liées aux événements du sommet du G20 en juillet dernier à Hambourg. En Suisse, nous avons eu – que nous sachions – trois opérations en même temps.

A Bremgarten, ont été perquisitionnés le KuZeB (Centre Culturel Bremgarten) et un appartement privé à la recherche de suspects ; Au même moment, une maison a été perquisitionné près de Winterthur, où une personne a été arrêtée. Au cours de cette perquisition, trois autres personnes ont également été arrêtées, l’une d’entre elles pour non possession de de permis de séjour, les deux autres étant clairement recherchées par la police pour d’autres accusations non liées aux événements du G20. Tous deux ont été emmenés au parquet de Zurich et une détention préalable a été demandée. Le juge de l’éducation et des arrestations décidera dans les prochains jours à ce sujet, d’ici là les deux personnes restent à la maison d’arrêt de Zurich (ProPoG).

Parallèlement, la police a transféré la troisième personne au bureau des migrations, d’où elle a été libéré peu après avec une condamnation pour violation du droit de séjour. De son côté, la personne initialement recherchée est de nouveau libre. Tout d’abord, elle a été amené et interrogé au bureau du procureur de Baden (Argovie) dans le cadre de la demande d’assistance judiciaire émise par Hambourg, et a été libérée peu de temps après.

Cette grande opération de mardi était prévue depuis longtemps: une coordination de la police de Hambourg, des autorités judiciaires européennes d’Eurojust et de la police des pays respectifs. En Suisse, les forces de police cantonales d’Argovie et de Zurich sont intervenues et ont été dirigées et coordonnées par la police fédérale Fedpol.

Au total 150 policiers sont entrés en action  – y compris une unité mobile. Le commando spécial Argus a également participé à l’opération, c’est lui qui a attaqué l’appartement privé de Bremgarten en menottant et baillonant tous les habitants.

Au même moment, une soixantaine policiers titanesques et harnachés entraient au Kultur Zentrum, cassant toutes les portes et restant tranquillement dans la maison pendant une bonne heure sans qu’une personne de référence ou «usager.e» du Centre soit présente. À la fin, ils ont confisqué et transporté deux remorques remplies d’objets différents.

Il ne s’agit pas de qualifier cette action policière de « disproportionnée », chaque action policière en est une de trop! Mais il semble évident que ce show a servi de prétexte et d’occasion à un exercice de masse, délibérément exagéré par les médias pour démontrer une prétendue force et pour nous intimider.

Peu importe que les personnes touchées soient ou non «coupables». Notre solidarité ne connaît aucune logique étatique et s’applique à tous les accusé.es du G20.

Repris par roundrobin.info de : rrn.tracciabi.li

Nantes : Condamnations sur la ZAD

Jeudi 17 mai, 16h22. Pendant que la ZAD est évacuée, ça cogne au palais de justice de Nantes. Un zadiste […] jugé pour des violences sans ITT sur un gendarme, vient d’être condamné à 1 an ferme, mandat de dépôt. Et 6 ans d’interdiction de Loire-Atlantique.

[Fil info de zad.nadir.org]

Voir aussi : https://nantes.indymedia.org/articles/29885

https://www.20minutes.fr/justice/2282731-20180603-dame-landes-zadiste-professionnel-condamne-deux-ans-prison

Trois jours de lutte contre les frontières

Camping itinérant Passamontagna, appel à une mobilisation sur la frontière du 8 au 10 juin 2018.

Trois jours de marche vers un monde sans frontières ni fascismes.

Trois jours à passer ensemble, en partageant des idées et expériences, entre personnes libérées du joug des identités imposées.

Trois jours de lutte contre les fascismes, qu’ils soient vieux ou neufs.
Trois jours de lutte contre les frontières, dessinées par les gouvernant.e.s et
imposées par des femmes et des hommes en uniformer, qui continuent à réprimer et à tuer.

Plus d’info ici : Passamontagna.

Repris de mars-info

France : Anarchistes à la barre

Face aux courants autonomes qui ont souvent défendu qu’on pouvait faire et dire ce qu’on voulait en matière de procès, parce que ce n’est « qu’un théâtre », ou des appelos qui y pratiquent régulièrement la connivence (comme le jour de la reconstitution sur place au procès de Tarnac), certains anarchistes défendent depuis longtemps qu’un procès c’est aussi un moment de (la) lutte, et que ne pas se renier et garder son éthique est, en tout cas, le minimum, même face à cette adversité. Ces derniers mois à Paris -pour ne pas rallonger avec les procès de Bure ou de Nantes-, des compagnons ont ainsi choisi la voie d’un silence tenace (Krem, procès keufmobile incendiée), d’autres un silence explicatif (premier procès machine à expulser, avec silence oral et texte écrit distribué au tribunal), et d’autres encore une parole conflictuelle (Damien au procès balade sauvage loi travail, X. au procès des Brèves du désordre) voire encore une désertion pure et simple de l’audience (différents procès). Bref, s’il existe plusieurs possibilités, se renier ne fait apparemment pas partie du jeu pour nombre d’anarchistes.

Ces derniers jours, d’autres petits signes conflictuels du même genre sont apparus, et nous les signalons ici parce qu’ils font plaisir :

* à l’audience du procès des « trois de Briançon » à Gap ce matin 31 mai,qui se tient sous forte pression du racket citoyenniste, les contrôles judiciaires ont été levés et l’audience renvoyée au 8 novembre, puisque les avocats ont soulevé une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) sur le délit qui leur est reproché. Chacun des prévenus ? Et bien non, parce que l’une d’entre elle, Eleonora, a tenu à affirmer sa propre cohérence éthique. Ainsi, selon la presse, « L’avocat de la jeune Italienne, Me Philippe Chaudon, a indiqué en ouverture du procès qu’il ne soulèvera pas pour sa part cette QPC, selon le souhait de sa cliente, anarchiste et n’accordant pas sa confiance à une décision du Conseil constitutionnel. »

* aux audiences parisiennes du mercredi 30 mai (c’étaient des reports de comparution immédiate) concernant des individus chopés le 1er mai, se sont passées plusieurs petites choses (d’après la presse) qu’on peut souligner, notamment parce que les grands communiqués anti-répressifs et unitaires passent généralement sous silence le côté combatif de camarades/compagnon.nes.s, au profit de paquets globaux au ton victimiste
(il ne faudrait en effet surtout pas distinguer les uns des autres, nooooon, à bas l’individu!).

Leurs fiches on s’en fiche

Suite à la manif destructrice du 1er mai, les flics ont visiblement reçu l’ordre de faire beaucoup d’arrestations. Les malchanceux-ses ont pour une partie d’entre elleux eut la désagréable expérience de 48 heures de GAV, 20h au dépôt, et selon des critères inconnus soit un sermon devant le juge, une convocation pour un procès ultérieur, une mise en examen ou une comparution immédiate au nouveau TGI de Paris. La justice a relaxé les dossiers les plus vides, condamné à une amende pour un fumigène dans un sac, et distribué les contrôles judiciaires à celleux qui refusaient la comparution immédiate et à celleux mis-es en examen. Les juges ont aussi envoyé quatre d’entre elleux en détention disant douter de leurs identités. Cette mesure vexatoire vise à décourager chacun-e d’essayer de chercher -et de trouver- des moyens de mettre son grain de sable dans l’engrenage de l’appareil répressif. Elle incarne l’esprit revanchard des flics et du parquet, qui n’ayant aucun délit constaté avant l’interpellation nous sort la bonne vieille loi anti-casseur version 2018, puis exige l’identité, les empreintes et l’ADN des manifestant-es arrêté-es. Si transporter un marteau, une cagoule, un masque à gaz, du sérum et des lunettes de protection ne suffit pas pour envoyer quelques jours au frais, le toupet supposé d’avoir voulu tromper les flics et refusé le fichage suffit à la justice pour les envoyer au trou. On pourrait se dire au vu de ce bilan qu’il aurait été plus judicieux de se laisser ficher tranquillement juste parce qu’on s’est fait chopper au mauvais endroit, au mauvais moment. Ou alors, et bien que chaque situation doit être appréciée en fonction de ce que chacun-e se sent de faire… On peut tenter d’être nombreu-ses à s’inventer des noms fantaisistes. Ou donner tout-te-s le même nom. Ou juste écorcher le sien… Comme ça, compliqué pour eux de faire leur travail ! Des heures de recherches pour chaque vérif’ d’identité, chaque gardé-e à vue. Puis si on est nombreux-ses en cellule, on peut échanger de noms, de fringues, etc. Bref, leur compliquer la tache, foutre un peu le zbeul. Comme ça, difficile pour les flics de différencier les professionnel-le-s du désordre des amateurices passionné-es. Comme ça, difficile pour la justice de jouer sur des garanties de représentation classe sociale. Comme ça, sans noms et sans profils, pas de journaleux, universitaires et politiciens pour enfermer nos révoltes dans leur cases. Comme ça, on exprime de la solidarité envers celleux, sans papiers, délinquant-es, récidivistes, en cavale, interdit-es de territoire, copain-es qui veulent ou doivent passer entre les mailles de la justice. Comme ça, et comme des milliers d’autres justiciables, militant-es ou non, on fait perdurer des pratiques que la société du tout contrôle veut éliminer. Bien que ces exemples aient déjà fonctionné, tout n’est pas reproductible tout le temps partout, à chacun-e de trouver des billes pour enrayer la répression et tenter de déjouer les pièges tendus par ceux qui protègent ce monde. Un grand coucou aux copain-es incarcéré-es. La répression ne nous enlèvera jamais nos désirs de liberté, Détruisons toutes les prisons ! l

Répression de l’anti-G20 : Série de perquisitions coordonnées dans quatre pays européens

Mardi 29 mai 2018, à la demande de la police fédérale criminelle allemande (BKA), une série de perquisitions coordonnées a été menée dans quatre pays européens suite aux émeutes du G20 à Hambourg de 2017. L’information a été sortie par la Norddeutsche Rundfunk (NDR, le média d’Etat de la région de Hambourg).

Selon le premier décompte, il y en a eu au moins trois en Espagne (deux à Carabanchel dans des squats et une à Madrid dans un domicile) contre trois hommes entre 28 et 31 ans ; deux perquisitions en Suisse dans le canton d’Argovie à Bremgarten (un appartement et un centre culturel) contre un homme de 27 ans ; deux perquisitions en Italie à Rome et Gênes contre deux personnes, dont une qui a déjà été condamnée pour avoir attaqué des flics lors des émeutes à Sternschanze: les flics la soupçonnent d’avoir également pris part aux émeutes à la Elbchaussee ; une perquisition en France (sans plus d’infos, excepté que la personne fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen et n’aurait pas été trouvée).

Ces sept personnes qualifiées d’ « extrême-gauche » font partie d’une liste de 24 « suspects-clef » de 15 pays recherchés à travers toute l’Europe suite aux émeutes du G20 de Hambourg, et contre lesquelles le BKA a demandé une coopération policière internationale le 13 avril dernier. Les accusations contre ces 7 camarades, à base d’ADN et de vidéo, concernent les ravages dans la rue Elbchaussee accomplis le 7 juillet, où « 220 individus ont causé 1,5 millions d’euros de dégâts en 19 minutes ». Pour rappel, c’est une commission spéciale nommée « Schwarzer Block » qui dirige depuis l’Allemagne l’ensemble des enquêtes, appuyée par les organismes de coopération européenne comme Eurojust.

[Reformulé d’articles de presse parus en plusieurs langues]

https://sansattendre.noblogs.org

Entre le contrôle des frontières et la répression…

Le récent amendement adopté par l’assemblée nationale concernant l’aide à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger a été présenté par le gouvernement comme un assouplissement et une clarification de ce qui est communément désigné par « délit de solidarité ».

Tout en détournant quelque peu l’attention du reste du contenu régressif du projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », et en s’appuyant sur l’incarcération de plusieurs militants dans les Hautes Alpes, le gouvernement entend affirmer sa main mise sur le contrôle de ses frontières et la répression de ses opposants.

Le délit de solidarité ou comment faire taire toute contestation

Dans une déclaration récente, le ministre de l’Intérieur a exposé sa volonté de définir « plus strictement » les critères d’exemptions prévus à l’article 622-4 du Ceseda permettant de ne pas donner lieu à des poursuites pénales aux personnes venant en aide aux étrangers en situation irrégulière. Parmi ceux-ci, la modification principale porte sur l’ajout de la notion d’aide à la circulation. Dans la pratique, de nombreux cas de personnes étaient poursuivies pour avoir aidé des exilés en les transportant d’un point à un autre du territoire.

Mais si le gouvernement déclare que les personnes « qui accordent des secours occasionnels » ne seront plus poursuivies, il prévoit également que la distinction avec « toutes celles qui voudraient détourner la volonté de l’État de contrôler les frontières » soit davantage prise en compte. Ainsi, l’exposé des motifs présentant l’amendement, sur lequel un juge pourra se référer lors d’un procès en cas de doute sur la volonté du législateur, affirme clairement cette distinction : « ces actes ne peuvent être mis sur le même plan que ceux visant à faciliter l’entrée irrégulière sur le territoire : l’État a le droit et la responsabilité de contrôler ses frontières, et ne peut tolérer le contournement de ces contrôles, contournement bien souvent motivé par une volonté politique, celle de faire échec à l’action de l’État, plutôt que par le souhait de venir au secours de situations de détresse. »

Lire la suite sur Cévennes sans frontières.

vu sur mars info

Marseille : retour sur la manif de ce samedi 26 mai

Mise à jour du dimanche 27 :

Sur les trois interpellés, un serait toujours en garde-à-vue, les deux autres ont été relachés, dont un au moins avec une date de procès.

Un vent joyeux s’est emparé du traditionnel parcours Vieux-Port Castellane ce samedi 26 mai, bien décidé à créer quelques vagues sur la « Marée Populaire. » Dès le départ, le cortège de tête est rejoint par un cortège étudiant et lycéen survolté, et c’est en échangeant chants et slogans dans la bonne humeur que la manif se lance sur Canebière.

Le parcours se déroule sans heurt jusqu’à Castellane, ponctué de quelques lancés de pétards et d’œufs de peinture, et d’invectives envers les BACeux qui flanquent le cortège. Quelques piques visant l’UNsoumis-chef parachuté qui parade derrière se mêlent aux slogans, enfin libres des déprimantes sono syndicales.

Après un temps d’attente à Castellane, le cortège de tête part en sauvage sur la rue de Rome, suivi par une partie du cortège de Sud-Solidaires. Il tourne le dos aux robocops qui protègent le Front National, passe sans ralentir devant ceux qui montent la garde devant la Préfecture, et soudain s’élance à gauche sur la rue Grignan en direction de sa cible : le Bastion Social.

D’un pas vif, rythmé au son des « Massilia, massilia, antifascista ! » et autres slogans antifascistes le cortège atteint la place de la Corderie, à l’angle du local du Bastion, au moment où les CRS sortent de leurs camions. Des BACeux sont déjà présent devant le local, la manif est arrivée une minute trop tard. Quatre banderoles s’élancent tout de même, deux pour contenir les CRS, deux pour tenter de descendre la rue du Fort Notre Dame. Las, elles n’arrivent pas à créer l’espace nécessaire, sont repoussées dos à dos à coup de tonfa et de gazeuses, et doivent se replier.

Après quelques hésitations la manif descend vers le Vieux-Port, suivie par les flics sous les regards interloqués des touristes. Alors qu’elle tente de se disperser le long des quais, les flics surgissent matraques en voltigeuses, poussant un jeune dans le Port (il sera arrêté par la suite), et brutalisant à tour de bras. Quelques minutes plus tard, deux autres personnes sont interpellés séparément sur la Canebière.

Une fois de plus la police s’est fait le chien de garde hargneux des fachos.

L’objectif de cette manif sauvage ne fut certes pas atteint, cela en reste un beau moment collectif à renouveler. On vous invite à en faire le bilan, à en discuter et à s’organiser pour en finir avec les fachos dans nos quartiers !

repris de mars info

https://mars-infos.org/titre-3161

Italie – Déclaration de quelques accusés du procès Scripta Manent

En vue de la présence solidaire au tribunal, appelée pour le 31 mai, nous écrivons ces quelques lignes pour réaffirmer quelques concepts de base, peux nombreux mais fondamentaux, à propos de ce procès et le tribunal qui le mène. Nous réaffirmons avant tout notre proximité avec les compagnons emprisonnés: ils sont pour nous des frères et la fierté avec laquelle ils sont en train d’affronter ce cinéma nous rempli d’orgueil.

Nous réaffirmons aussi notre attachement, plus solide que jamais, à l’idéal anarchiste et notre haine envers cette société prospérant sur la mort et l’exploitation. Nous sommes anarchistes, c’est normal que l’État nous attaque, nous ne nous attendons à rien d’autre de votre part et c’est pour cela que votre répression ne nous étonne pas, si ce n’est pas par sa maladresse – et nous effraye encore moins. Un an et demi après [le début de l’opération Scripta manent; NdAtt.], vous nous retrouvez déterminés sur les mêmes positions d’attaque contre ce système. Nous sommes accusés de terrorisme, mais nous continuons à pointer du doigt l’État et ses lois, que vous appliquez, et qui légitiment chaque jour l’exploitation, l’exclusion et la mort de millions de personnes à travers le monde, protégeant les intérêts de ceux qui en tirent profit. C’est vous qui êtes sous accusation : les morts dans les guerres en Moyen-Orient et en Afrique, ceux qui se noient en fuyant la misère, l’exploitation toujours plus féroce au travail, le pillage des ressources et la destruction des écosystèmes, les conditions de vie toujours plus semblables à la simple survie et l’intrusion toujours plus forte de l’État dans nos vies. La loi voudrait soigner la dissidence créée par tout cela avec la taule, la qualifiant de délit, mais il faut bien autre chose pour nous faire taire.

Vérone (Italie) : Trois perquisitions

VISITES INDÉSIRABLES

Dans la matinée du 22 mai, la police politique (digos) a simultanément perquisitionné trois maisons de compagnon.nes, outre celles de leurs parents, employant une quinzaine d’agents sous prétexte d’une enquête pour quelques tags apparus sur les murs de Veronetta (un quartier de Vérone, ndt) .
Dans une maison où personne n’a ouvert, la police est entrée en faisant intervenir les pompiers qui sont entrés par la fenêtre.
Dans une autre maison, ne trouvant rien d’inhérent à l’enquête, ils ont saisi un faux pistolet de collection à air comprimé, dénonçant 2 personnes pour « possession d’arme clandestine » (!)
Dans l’ensemble, des vêtements, des autocollants, des borchures, des bombes de peinture et un ordinateur ont été saisis.
Trois compagnons ont été détenus au commissariat pendant plusieurs heures avec prise de signalétique, photos et empreintes digitales.
Au-delà du prétexte des tags, il y a la volonté de la part de la police de fouiller dans la vie des compagnon.nes, les intimider et de faire passer un message à tous ceux et celles qui dans cette ville agissent sans compromis avec les institutions et la police : à Vérone, il rien ne doit bouger pas même les feuilles, tout doit rester pacifié et qui va à contre-sens doit être silencieusement réprimé  par la force.

Ce n’est pas une coïncidence si cette opération a lieu autour d’évenements survenus à Veronetta. Dans un quartier où, qui gouverne cette ville au nom de la bienséance et de la sécurité, depuis longtemps cherche à se débarrasser complètement de la présence des immigrés, «pauvres» et rebelles. Une zone dans laquelle il y a des rafles, des expulsions, des contrôles, qui ciblent principalement les étrangers. Où, et ce n’est pas un hasard, a récemment ouvert un local fasciste qui a également proposé de chasser les « racailles » du quartier.

Au niveau national, il y a aussi une répression similaire: quelques jours auparavant, à Padoue, une personne a fait l’objet d’une perquisition et d’une interdiction administrative de territoire (foglio di via) de trois ans.

Cela ne nous intéresse pas de savoir qui à fait ou non ces tags.
Si la véritable accusation est d’aller dans la direction opposé et avec obstination, nous nous sentons tous coupables.

Les personnes touchés par cet affront ne seront pas laissés seuls comme le voudraient les flics.

Ils veulent calmer les eaux, mais ils ne font que les agiter.

Des complices et solidaires avec les personnes sous enquête

 

* ndt.Pendant ce temps à Turin des interduction de territoire (interdiction de résidence) continuent de tomber 6 nouvelles interdictions on été distribué récemment – https://roundrobin.info/2018/05/torino-sei-divieti-di-dimora/(outre la mise en place de dispositifs de surveillance spéciale dans le cadre de la lutte contre le CRA – https://roundrobin.info/2018/05/torino-richiesta-unaltra-sorveglianza-speciale)

 

Florence (Italie) : Audience préliminaire pour Ghespe

Panico Anarchico 23/05/2018

L’audience préliminaire pour Ghespe (qui, on s’en souviendra, passe sous procès tout seul, en dehors de la dénommée Opération Panico) a eu lieu le 15 mai au tribunal de Florence, sans public. Le juge d’instruction Bagnali a décidé de ne pas changer les accusations, puisqu’il y aurait d’après lui de graves indices de culpabilité. Elles restent donc : tentative d’homicide, fabrication, transport et possession d’engin explosifs et dégradation [pour la bombe posée le 31 décembre 2016 devant une librairie fasciste à Florence, qui est explosée lors de l’intervention des démineurs, arrachant la main à l’un d’entre eux; NdAtt.]. La première audience du procès a été fixée pour le 4 juillet 2018 et elle sera publique.

Nous réaffirmons notre solidarité envers Ghespe, enfermé depuis neuf mois et demi dans la taule de Sollicciano, ainsi que notre haine envers la société-prison et ses matons.

Liberté pour Giova, Paska et Ghespe – jusqu’à la destruction de toutes les prisons – liberté pour toutes et tous !

*****

Pour écrire au compagnon :

Salvatore Vespertino
Casa Circondariale di Sollicciano
via G. Minervini 2/R
50142 Firenze

Les adresses des deux autres compas emprisonnés lors de la procédure « parallèle » :

Pierloreto Fallanca
Casa Circondariale di Teramo
Contrada Castrogno
64100 Teramo

Giovanni Ghezzi
Casa Circondariale di Sollicciano
via G. Minervini 2/R
50142 Firenze

Repris de : https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/25/florence-italie-audience-preliminaire-pour-ghespe/

Faune et parloir sauvages à la MAF de Fleury

Samedi 19 mai, au premier croissant de lune, une quinzaine de personnes et un chevreuil se sont rassemblées derrière la maison d’arrêt des femmes de fleury-Merogis.

A coup de pétards et de slogans, nous attirons l’attention des prisonnières : Liberté ! Solidarité ! Les barreaux de l’état ne vous briseront pas ! Crève la taule ! Brique par brique et mur par mur, nous détruirons toutes les prisons ! Puis un feu d’artifice s’élève et gronde, brisant les murs de l’isolement. Les prisonnières se manifestent à leur tour, donnant plus de voix à nos slogans. Entendre ces cris de femmes déterminées nous donne des frissons et une joie qui semble retentir de chaque côté des murs. Après 20 minutes de ces chaleureux échanges, nous repartons, sourire aux lèvres, laissant derrière nous un petit feu de joie, comme un symbole.

Nul n’a troublé cet intense moment…si ce n’est notre camarade chevreuil.

Solidarité avec les femmes, les personnes trans et non-binaires incarcéres et invisibilisées !

Liberté pour toutes les personnes enfermées dans les différentes geoles de l’état (hôpitaux psychiatriques, zones d’attente, centre de rétention administrative, prisons…) !

Vu sur Indy Nantes

 

Lille 22/05

Le syndicat Alliance Police défilait hier après-midi dans le centre de Lille au sein de la manifestation pour la défense de la fonction publique, quand plusieurs de ses membres ont été pris à parti, selon le secrétaire régional adjoint d’Alliance Police nationale Arnaud Boutelier, qui confirme une information de 20 Minutes. « Le cortège a quitté la Porte de Paris à 15 heures » raconte ce dernier. Puis vers 15h15, survient « une population très hostile à la présence du syndicat. Ils ont vu nos drapeaux bleus Alliance ». Entre trente et quarante personnes, précise-t-il. « Ils nous ont traités de sales flics, de violeurs d’enfants. » Arnaud Boutelier ajoute que leur groupe, d’une vingtaine de personne a été encerclé, « pris en étau ». « Ils nous ont traités de sales flics, de violeurs d’enfants » relate le policier, « outré » par ces insultes. « Je me suis trouvé désarmé ». […] Deux personnes ont été placées en garde à vue.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille-metropole/lille-policiers-du-syndicat-alliance-menaces-malmenes-manifestation-du-22-mai-1480685.html

 

Paris 8 occupée : les étudiant-e-s dégagent un flic de leur AG !

PNG - 335.3 koCe jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint—Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler a l’extérieur.

Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en oenologie à Bercy et habitant à Aulnay—sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s‘il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.

Rennes 22/05

[…] Quel étonnement en arrivant place Charles de Gaulle à 11h de voir la CFDT en tête et le syndicat de keufs Alliance tronant en plein milieu de cortège, devant le bureau de poste des postier·ères en grève !

Face à cet affront, quelques personnes déter’ réussissent à se positionner devant le camion d’Alliance et commencent à invectiver les keufs. Un « capture the flag » est alors lancé. La maison poulaga y perd quelques drapeaux.

Une petite mêlée et quelques coups plus tard, une petite foule fait pression afin de faire reculer la dizaine de keufs qui ne demande pas son reste. Face à face tendu sous les cris de « tout le monde déteste la police » et « Babacar, on n’oublie pas, on pardonne pas ». Le camion recule sous les huées des manifestant·es, et les membres d’Alliance sont expulsés du cortège sous la protection de la BI qui arrive à toute allure. […]

 

lu sur : expansive.info/

Quelle capitale? Quelle culture?

La culture c’est l’ordre, c’est le mot d’ordre. C’est librement consenti que l’ordre est le plus débilitant. Le libre consenti est la nouvelle arme des nouveaux empires,  ingénieuse formule, plus efficace que le bâton. Dans ma ville il n’y aura plus de spectateurs, mais seulement des acteurs. Plus de culture, donc plus de spectateurs.

Culture asphyxiante, Jean Dubuffet, 1968

Aujourd’hui, un grand spectacle est en cours, celui de Lecce candidat à la Capitale de la culture européenne pour 2019. On essaye d’impliquer tous les citoyens dans le rush final vers la victoire et on invite tout le monde à descendre la rue et à participer aux initiatives sociales et culturelles qui s’y tiendront, pour montrer aux commissaires européens du jury qui auront à décider, un sens de la communauté et une culture participative. Le spectacle, cependant, a l’air d’être un grand REALITY SHOW avec tout ce qu’il y a de négatif qui peut être associé à cette expression. Ce n’est pas par défaitisme que nous parlons comme ça mais parce que « Lecce Capitale européenne de la Culture 2019 » nous semble être une farce.
Le programme de la journée est riche en événements et se termine par une représentation théâtrale gratuite avec la participation de quelques prisonniers de la prison de Lecce. Alors excusez-nous, mais nous ne pouvons tout simplement pas nous taire.
Inventer pour un jour un sentiment de communauté qui n’existe pas est une insulte à l’intelligence. Faire croire qu’il y a une attention à la prison surpeuplée de Lecce, où il n’y a pas d’activité, où parfois un prisonnier s’ôte vie, où l’on survit dans des conditions précaires et où la dignité est piétinée tous les jours, est une insulte à la sensibilité.
Lecce ville vitrine et de la vie nocturne, attentive aux besoins des patrons de bars et riches touristes, pleine de caméras à chaque mètre pour défendre ses murs de l’expression de la pensée libre, toujours prête à exclure ceux, y compris de Lecce, qui ne tombent pas dans les catégories ci-dessus; et pour ce faire, utilise un déploiement massif de forces de police et de forces de l’ordre qui, alternativement, militarisent des bous de la ville pour chasser une humanité pauvre qui essait de s’en sortir comme il le peut, vendeurs à la sauvette, immigrés, squatters, etc. Lecce veut devenir la capitale de la culture en 2019 pour être encore plus militarisé et permettre l’utilisation de ses espaces à d’autres clients patrons de bars et riches touristes.
Oublions la confusion qui crée le langage du pouvoir qui, en parlant d’utopie, telle est la définition de Lecce 2019, tente de produire d’autres exclusions, pauvreté, contrôle dans un système dominé par le Dieu Argent.
Au contraire, l’imagination et le rêve sont ceux qui vivent, subvertissent, désertent cette société faite de cages mentales et physiques. Qui est en marge et lutte tous les jours pour une vie digne. Qui croit que le savoir diffu et et réellement exploitable par tous est l’une des clés pour reprendre en main nos vies et nos espaces. La culture institutionnalisée et pour quelques-uns, dont Lecce voudrait devenir Capitale nous la laissons aux palais et à ses représentants.

Des anarchistes

[Distribué à Lecce le 6 octobre 2014, à l’occasion de la visite des commissaires européens pour l’évaluation de la candidature de la ville à la Capitale européenne de la culture 2019]

https://finimondo.org/node/1480

PS. C’est Matera (toujours dans les Pouilles) qui a finallement été selectionnée, on lui souhaite bien du désordre

La frontière tue encore

Jeudi 17 à Grande-Synthe (près de Dunkerque) des migrant-es ont bloqué l’A16 suite à la mort par balle d’une enfant de 2 ans après une course-poursuite avec la police belge, ils ont ensuite été délogés par la police, une 20aines de personne auraient été interpellé.

http://www.liberation.fr/france/2018/05/17/des-migrants-sur-l-a16-apres-le-deces-d-une-fillette_1650824

Voir aussi dans les Alpes  : 

https://mars-infos.org/la-frontiere-tue-la-militarisation-3136

https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/?p=12299

 

Les flux se déplaçent, la militarisation reste

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Achtung

Avec l’arrivée de l’armée française dans le sud des Alpes Maritimes, durant l’été 2016, une partie des flux migratoires s’est déplacée plus au nord, vers d’autres vallées des Alpes occidentales. Mais le contrôle de la frontière, dans la zone située entre Fanghetto, côté italien, et Breil et Sospel, côté français, est resté presque total, impliquant des centaines de soldats de la Légion étrangère, la gendarmerie, la police nationale, la PAF. Les contrôles s’effectuent sur les principaux axes de communication, demandant d’ouvrir le coffre de chaque véhicule en transit. Des patrouilles, relevés thermiques et traques sont également organisés sur les sentiers et le long des rivières.

L’été dernier, une manifestation de plusieurs centaines de migrants, qui se dirigeaient du centre d’accueil de Bevera vers la frontière française, a été dispersée par les gaz lacrymogènes des flics italiens et des groupes de manifestants qui avaient réussi à s’échapper vers la frontière ont été pris en chasse puis arrêtés grâce à l’utilisation de drones français.

Cet épisode n’est autre que le signal le plus évident de la tendance établie  dans les Alpes Maritimes: malgré la diminution des flux – due à la saison froide, à la mise en place de camps de concentration en Libye, en Turquie, dans d’autres pays méditerranéens et Frontières de l’Europe de l’Est – le dispositif de contrôle a été maintenu et les représailles contre les soutiens ont été multipliées par des contrôles et des tests d’alcoolémies et anti-drogues. Le terrain sur lequel le plus connu des sympathisants Royannais accueille les quelques migrants qui, dans une sorte de «corridor humanitaire», réussissent à passer légalement, est contrôlé jour et nuit par des soldats nullement cachés dans la brousse.

Depuis quelque temps de ce côté, l’un de ces flux traverse les Alpes à travers les cols qui séparent la haute vallée de Suse du Brianconnais. Dans ces zones la militarisation du territoire, avec l’arrivée des Chasseurs Alpins, s’est concentrée sur les cols autour du Montgenèvre, tandis que dans la vallée la présence policière est à peine perceptible, au moins pendant la saison des neiges, car absolument inopportune au climat touristique des vacanciers extra riches qui affluent dans les Hautes Alpes. Des réseaux de solidarité se sont activés pour aider les migrants qui passent par les cols les plus élevés et, de part et d’autre, pour soutenir ceux qui sont obligés de traverser la frontière en douce, défiant le destin et les températures polaires, pour échapper aux contrôles des gendarmes. Une situation déjà vécue à Vintimille puis dans la Roya française, comme dans les autres villes frontalières des Alpes, les Alpes n’ont jamais cessé d’être un lieu de passage : c’est une constante dans l’histoire de ces montagnes.

Avis de tempête n°5

| S-A-B-O-T-A-G-E |

1. (subst. masc.) Action clandestine de dé- térioration, de destruction, en général violente, visant à rendre inutilisable un matériel, une installation civile ou militaire. 2. (subst. masc.) Manœuvre, acte ayant pour but la désorganisation, l’échec d’une entreprise, d’un projet. 3. (subst. masc.) Acte matériel tendant à empêcher le fonctionnement normal d’un service

Parfois, on serait amené à croire que nous habitons un monde de fantômes. Sans corps ni forme, ils hantent nos jours et nos nuits, cherchant à déterminer, à contrôler, l’entiè- reté de notre existence. Ils s’appellent Économie, Nation, Politique, Bien Public, Etat, Ordre. Personne ne sait exactement en quoi ils consistent, pourquoi ils existent et surtout, personne n’est d’accord avec ce que l’autre entend par là. Des fantômes donc, insaisissables, extrêmement résistants à la critique bienveillante ou constructive comme on dit, car dotés d’une capacité incroyable d’absorption des moitiés-d’opinions, des à-peu-près et des critiques superficielles.

Le pouvoir creuse en permanence l’abîme entre ces concepts idéologiques et la matérialité pourtant indéniable de l’exploitation, de l’oppression, de l’injustice, de l’absence de liberté. On parle d’Économie comme si celle-ci était quelque chose de séparé des heures de taf qu’on effectue en étouffant, comme si ce ne sont pas les vêtements que nous portons tous, fabriqués par des millions d’esclaves dans un pays lointain. On parle de l’Ordre sans se rendre compte que ce concept, appliqué à la réalité, ce sont par exemple les milliers d’immigrés morts aux frontières. On parle d’Enfermement, de Punition de Justice, mais celui qui parle n’a que rarement passé des années dans neuf mètres carrés. En luttant, nous perçons ce château de fantômes, les mensonges sur lesquels repose cette société. On considère les choses dans toute leur cruauté, dans la chair et le sang. Au-delà du jeu des miroirs déformants des idéologies. Au-delà des professionnels du discours et des spécialistes de l’analyse. Nous brisons les fausses séparations entre objectif et subjectif, entre sentiment et raison, entre réfléchir et agir : nos pensées vont au rythme de nos cœurs qui donnent la force à nos mains pour agir.

[…}

La suite ici : avisdetempetes.noblogs.org/

Lille – Une boucherie attaquée contre le spécisme

Plus d’info ici : https://attaque.noblogs.org/post/2018/05/15/lille-stop-au-specisme/

« Rien n’a changé à Seysses »

Nouveau communiqué de prisonniers de la maison d’arrêt

 

Dans notre précédent communiqué du 20 avril 2018, on dénonçait ce que tout le monde sait à la prison de Seysses : J., retrouvé mort au mitard le samedi 14 avril 2018, ne s’est pas pendu. Il a été battu à mort par l’équipe de surveillants responsables du quartier disciplinaire. Le même jour, un prisonnier a fait une tentative de suicide au SMPR (l’hôpital de la prison) et il est mort deux jours plus tard. Depuis, on en a appris plus sur lui en parlant entre nous. C’était un jeune marocain sans-papiers d’une vingtaine d’années qui ne posait pas de problèmes. Il avait acheté du cannabis à d’autres prisonniers et il leur devait de l’argent. C’est pour ça qu’il a été mis à l’amende dans la cour de promenade. Il a été emmené au SMPR pour être soigné. Il réclamait de voir un psychiatre, on lui a refusé, alors il s’est ouvert les veines. Des témoins l’ont très bien entendu crier qu’il venait de se couper. C’était un appel à l’aide, il était à bout, et on l’a laissé se vider de son sang. Il n’avait pas de famille en France donc tout le monde s’en foutait. Mais il ne voulait pas mourir, il était juste en détresse. C’est la prison qui est responsable, avec les surveillants et les infirmiers.

Depuis la mort de ces deux prisonniers, rien n’a changé à la maison d’arrêt. La direction a transféré ceux d’entre nous qu’elle jugeait responsables du mouvement qui a duré plusieurs jours (on a été jusqu’à 200 à refuser de remonter de promenade pour protester, on a fait une banderole, on criait « matons assassins » aux fenêtres) et les témoins directs du tabassage de J. qui a provoqué son décès ont subi des pressions. Mais l’équipe de matons qu’on appelle entre nous « l’escadron de la mort » est toujours là et tourne encore au mitard.

Ce matin, un autre prisonnier a tenté de se pendre à la maison d’arrêt côté condamnés. L’après-midi, il devait passer devant le prétoire. C’est le tribunal interne à la prison qui juge les prisonniers accusés d’avoir provoqué des incidents en détention. Le prétoire peut décider de mesures disciplinaires, et le plus souvent c’est un placement au mitard. Le prisonnier avait très peur d’y aller vu comment ça se passe là bas : des brimades, des insultes, des coups et parfois même la mort comme on le racontait dans notre premier communiqué. Alors il s’est passé la corde au cou au moment de la gamelle du matin. Heureusement, les infirmiers ont réussi à le réanimer, mais des témoins ont entendu le major qui disait devant le mec qui n’était même pas encore décroché : « il nous fait toujours le même cinéma, celui-là ». Pour eux, une tentative de suicide c’est du cinéma ! Le lendemain de la mort de J., on a entendu le même major qui menaçait un prisonnier qui tapait dans sa porte, en lui disant : « Le dernier qui a fait ça, il a fini dans un sac ! »

On est emprisonné par des gens qui sont inhumains. Comment peut-on supporter que ceux qui dirigent la détention se moquent de nos appels à l’aide, des tentatives de suicide et des morts dont ils sont responsables ? On a parfois l’impression d’être dans un cauchemar. Il y a des prisonniers ici qui sont juste en attente d’un jugement, qui ne sont même pas encore jugés coupables. Et il y en a d’autres qui ont été condamnés et qui acceptent de faire leur peine, mais on ne peut pas accepter d’être traités comme du bétail ! On a l’impression d’être rejugés chaque jour par les surveillants et les chefs. On le voit dans les regards, les paroles, les gestes… Ils nous déshumanisent, on est juste des numéros pour eux. Ils veulent nous faire comprendre qu’ils ont tout le pouvoir, qu’ils sont comme une mafia à l’intérieur. Ils peuvent tout se permettre, ils n’ont rien à craindre parce qu’ils sont toujours couverts. Ils dirigent tout par la peur. Un major peut même nous menacer de mort parce qu’on tape dans une porte pour réclamer quelque chose !

Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités comme des êtres humains. De faire notre temps en prison sans craindre pour notre vie, sans subir en permanence les humiliations et les violences des surveillants. Ici, il n’y a aucun respect de la dignité, aucune déontologie, tout est fait contre les prisonniers. On dirait aussi qu’ils font tout pour que ça se passe mal entre nous, en mettant ensemble en cellule des gens qui n’ont rien à voir ou en enfermant des gens qui n’ont rien à faire en prison, qui devraient être soignés : des malades, des mecs qui ont des troubles psychiatriques parfois très graves. On craint pour notre santé, on craint même pour notre vie, alors qu’on devrait juste patienter avant notre sortie. L’État s’en fout, on est juste des numéros à gérer, et ça arrange bien les surveillants sadiques qui se passent les nerfs sur nous.

La situation est explosive ici, et c’est aussi en grande partie à cause de la juge d’application des peines (JAP) et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) qui se charge des conditionnelles. Il y a très peu d’aménagements de peines, les remises de peine et les grâces sont trop peu accordées, on est de plus en plus à faire notre peine quasiment pleine. Il n’est pas rare que le procureur fasse tomber des vieux sursis peu de temps avant la sortie pour qu’on reste enfermés. A croire qu’ils veulent nous garder le plus longtemps possible, et rien n’est fait pour la réinsertion. La loi Taubira était censée « vider les prisons » en facilitant les conditionnelles et les peines alternatives, mais c’est comme si elle n’était pas arrivée jusque Seysses. On est tous sous pression, et rien ne nous encourage à montrer des signes de réinsertion, de travailler, de se tenir à carreaux, puisqu’on sait que rien n’est fait en échange pour nous laisser sortir.

Il faudrait qu’on nous explique comment J. a pu se pendre alors qu’il était à poil au mitard. Il n’était pas suicidaire, on le sait tous ici. Et il n’avait ni drap, ni couverture dans sa cellule. Pour éviter qu’il s’accroche, soi-disant, on lui a seulement laissé un pyjama en papier…. Leur version officielle ne tient pas debout.

Nous réclamons la vérité sur ce qui s’est passé pour J.
Nous réclamons que l’équipe de surveillants responsable de sa mort soit suspendue.
Nous dénonçons les transferts disciplinaires et les pressions exercés sur les témoins. Nous exigeons de ne pas être condamnés à des nouvelles peines chaque jour par ceux qui devraient juste nous surveiller et assurer notre intégrité physique et morale.
Nous exigeons de ne pas être enfermés avec des gens qui n’ont rien à faire en prison et qui peuvent menacer notre sécurité.
Nous exigeons d’être traités dignement, comme des êtres humains.
Nous nous associons à la peine des familles et sommes prêts à témoigner si elles nous le demandent.

Maison d’Arrêt de Seysses, le 12 mai 2018,
Des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses.

 

lenvolee.net/

Guerre technique

La modernité a produit une autre idée de la guerre : celle qui consiste à être vécue comme une menace, faite par bribes et employée, au commencement, pour intimider. Une guerre complètement technologique. Sans l’élément technique, on ne pourrait pas la penser et la mettre en œuvre dans les conditions de mordi e fuggi (frappe et repli, ndt.), comme nous l’avons vu il y a quelques jours en Syrie. Une guerre de précision : depuis le jardin guerrier de Washington, Paris et Londres, il est possible d’exterminer des milliers de vies et de dévaster des zones. Le pouvoir monolithique d’informatiser les outils de guerre, à travers la prolifération des technologies de l’information et de l’électronique, est une étape qui désormais, depuis la guerre en Irak et en Afghanistan, ne se dit plus au temps des troupes armées, mais en appuyant sur un bouton. Un bouton, et la mort se repend.

De Hiroshima et Nagasaki, de Bagdad à Kaboul, pour se rendre à Homs, ce bouton fomente des massacres. La guerre faite avec des technologies avancées dévaste la notion de temps et d’espace. Être chassé dans les abysses de l’histoire, dans ce qu’on appelle le présent éternel de la mort, annihile la sensibilité et la pensée. Et la demi-pensée, la pensée qui se forme à travers les opinions des réseaux sociaux, fait perdre l’immense capacité d’imaginer : ce rêve nécessaire qui a toujours inspiré des individus et des groupes de rebelles en essayant de briser leurs chaînes. Depuis la guerre du Vietnam, les guerres ne sont plus déclarées, elles sont faites. Point.

Cet impératif pose une série de problèmes. Pouvons-nous dire que nous vivons dans un état de guerre permanente ? Ou est-ce juste l’exagération d’une certaine paranoïa ? Et si la guerre non déclarée et mise en œuvre était la base d’une guerre civile, non seulement en Orient, mais aussi en Occident ? En Syrie, les révoltes contre le régime d’Assad, à leurs débuts, étaient centrées sur des revendications telles que la liberté et la dignité. Nées comme un mouvement d’opposition au régime, elles se sont graduellement laissés prendre dans une guerre fratricide entre les assassins d’Assad et un mélange de fondamentalisme religieux et de revendications territoriales. Du mot liberté, nous en sommes passés à soutenir des intérêts privés entre diverses bandes qui voudraient conquérir les villes et ne détruisent pas le régime qui étouffe la vie. Et sur ce, tous les individus qui font de la lutte contre toute guerre une dimension décisive de leur expérience, que pourraient-ils penser ? Comment réagir au chamboulement qu’a causé la délicate question syrienne ces dernières années ?

Aujourd’hui, avec une guerre civile mondiale à notre porte, c’est le regard attentif et désirant qui peut renverser la myopie meurtrière de la technologie. Et si amener le chaos dans le robot technologique était une bonne façon de dire que nous sommes contre toute guerre ?

samsara

Extrait de « Frangenti » n °23 apériodique anarchiste

Publié sur https://romperelerighe.noblogs.org

20/04/2018

Contre le TAP : quelques notes sur le « foglio di via » en Italie

Il ne peut y avoir de lutte déterminée et efficace contre un grand chantier sans s’exposer à des mesures répressives de nature et d’intensité diverses, destinées à décourager la poursuite de la lutte elle-même. Dans le cas de l’opposition au TAP, une des premières mesures répressives est  le« foglio di via » (litt. « feuille de va t’en », soit une interdiction administrative de territoire, ndt.). La police de Lecce en a distribué des dizaines, exigeant de ne pas se rendre à Melendugno, Lecce ou les deux villes pour trois ans au risque de recevoir une plainte pour non-respect de l’interdiction.

Nous ne sommes pas les seuls à expérimenter cette forme de répression comme première tentative de dissuasion au détriment de certaines formes de lutte, tout comme nous ne sommes pas certainement les seuls à en subir la peur et l’inquiétude. D’un autre côté, il est nécessaire s’en débarrasser à travers la confrontation et la solidarité qui aident souvent à voir que la réalité, sur ce point, n’est pas aussi noire qu’elle n’y parait.

Bien qu’il soit possible de lutter contre le TAP également en dehors du territoire de Melendugno, il est évident que le travail continu, le monstre avance, respire et prend de plus en plus forme juste là bas. Bien que toute forme d’action contre TAP soit utile, il n’y a pas plus pratique pour le bloquer que le lieu où il se construit.

Le besoin d’être présent physiquement contre les moyens et les hommes qui travaillent sur le TAP est de plus en plus ressenti comme indispensable. Pour cela beaucoup de personnes ont décidé de ne pas respecter le foglio di via et de continuer le combat dans les espaces habituels.

A moins que nous ne nous contentions de nous battre dans un enclos créé ad hoc où l’on cherche à croire que notre voix vaut quelque chose, pour mettre en difficulté la machine répressif il faut avant tout ne pas reculer devant les premières attaques intimidantes. Violer un foglio di via est une pratique décente envers soi-même, afin de réclamer la liberté de mouvement vis à vis à la lutte portées par tous.

Que se passerait-il si la police donnait des foglio di via à des centaines de personnes et que tout le monde les respectait?

Extrait du journal Muretti n°1 : Le foglio di via n’est pas une maladie

 En Italien ici :

https://comunellafastidiosa.noblogs.org/files/2018/02/Muretti_n_001_WEB.pdf

 

Hambourg – G20 l’Etat toujours en traque

Selon le journal néerlandais « Algemeen Dagblad », l’Etat allemand a remis une liste de « suspects » du G20 à 15 pays européens et a demandé l’aide de ces pays européens afin de contribuer à l’identification de 24 personnes dont des mineurs.

 

https://www.ad.nl/buitenland/lijst-met-verdachten-g20-rellen-verspreid-ook-aan-nederland~add54537/

Lettre d’Alexia sur le rapport à la psy en taule

Extrait de l’émission de l’envolée du 30/03/2018 :

Quelques mois après l’incarcération j’ai commencé à subir de fulgurantes accélérations cardiaques auxquelles s’ajouter des crises (passions) musculaires. Une semaine plus tard je me retrouve au mitard pour une banale histoire de téléphone et loin de se calmer mes crises s’étendent. J’étais prise d’étouffement et ne parvenais plus à m’alimenter. Lorsque je mangeais, je raclais ma gorge je recrachai ma nourriture. J’en venais même à m’étouffer avec de l’eau. Je restais donc assise sur le lit face aux toilettes. Un néon branché nuit et jour éclairait la cellule. J’avais la sensation d’être un putain de cobaye en laboratoire, un insignifiant insecte dans un vivarium. J’étais crispé, affamé. Mon cœur ne cessait de tambouriner dans ma poitrine et mon souffle n’était plus que secousses violentes et bruyantes. Je ne savais pas si j’allais mourir d’une crise d’asthme ou d’une crise cardiaque, mais c’était une certitude, j’allais mourir. Je ne savais alors pas qu’il s’agissait de crises d’angoisse.

Apres le mitard, je fus réintégrer en cellule avec d’autres prisonnières ; elles ne comprenaient pas ce qu’il ne tournait pas rond chez moi. Elles me proposaient de prendre des anxiolytiques. Je préférais encore mastiquer des biscottes et subir ce corps qui ne m’appartenait plus. Cela dura une année et demie. Alors, bien sûr, plus les jours passaient et plus je prenais le dessus, mais le terrain gagné sur mon corps était fait d’infimes morceaux de parcelles.

Durant tous ces mois, j’écrivais au médecin en leurs expliquant mes crises. Chaque fois que j’obtenais un RDV, ils essayaient de me prescrire des anxiolytiques. La psychologue m’avouera même plus tard qu’un internement psychiatrique avait été envisagé et programmé. Donc une obligation de soin, soit un gavage médicamenteux en règle. « Faiblissez et vous périrez ». Personne ne m’a tendue la main, ne serait-ce que pour m’expliquer ce qu’était une crise d’angoisse. Que ce soit par ignorance ou par « indifférence du professionnalisme », tous se sont contentés de me pousser vers un traitement psychiatrique. Ce n’est pas un hasard si les infermières en charge de la distribution des médicaments étaient appelées « les deeleuses ». L’incitation à la consommation était tellement explicite et répétée.

Il est nécessaire de s’interroger sur les conséquences de telles pratiques. Il y a, tout d’abord, ceux qui avant l’incarcération n’avait jamais touché à aucune drogue, légale ou non, et qui en sortant de prison seront dépendant aux médicaments. Il y a aussi ceux qui rentrent en prison avec une ou plusieurs addictions dont les médicaments viendront allongés la liste. Dans tous les cas une prise régulière et/ou abusive de médicaments entraine des séquelles certaines etirréversibles. Il arrive même que la prescription amène un changement comportemental pathologique chez les personnes qui ne présentaient aucun problème psychique à leur rentrée en prison. J’ai vu à de nombreuses reprises des filles faire n’importe quoi sous l’emprise de somnifères et ne se souvenir de rien au petit matin. Il n’est pas nécessaire de débattre sur la dangerosité que représentent les trous noirs. L’esprit n’est pas la seule victime de la camisole chimique et le corps est aux premières loges : vomissements, nausées, vertiges, tremblements et même crises d’épilepsie ou évanouissement. Le plus dramatique est la gratuité et l’extrême facilité d’accès à ces produits. Aucune restriction. Il est aisé de demander et d’obtenir n’importe quelle prescription. De toutes les façons si vous n’en faite pas la demande, les médecins vous y inciteront.

Tous fermaient les yeux sur ces pratiques des plus exhibées. Tous faisaient semblant car la camisole chimique est efficace pour maintenir l’ordre dans une prison où était parqués des centaines de détenus, les uns sur les autres, dans des conditions de détention bestiales, et encore j’y mettrais pas mon chien ! Pauvre bête…

Faut pas toucher à cette merde.

Force et courage.

Alexia

https://lenvolee.net

Voir aussi le n°2 de Venceremos sur la psychiatrisation : http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/anticarcerale/venceremos/venceremos-n02.pdf

Quelques textes autour de la folie

  • La folie se porte bien  Sébastien, Revue Marge, 1975
  • Autodétermination  Giuseppe Bucalo, extrait du livre : Derrière chaque idiot il y a un village. Itinéraire pour se passer de la psychiatrie. Sicilia Punto L Edizioni, 1990
  • Lettre aux médecins chefs des asiles de fous   Antonin Artaud, Revue surréaliste, 1925
  • Ni avec leurs uniformes, ni avec leurs chemises blanches   Tract distribué à Trente (Italie) en 2001, et paru dans la revue Adesso
  • Du bancal dans nos rapports  Revue sans Remède n°2, disponible ici www.sansremede.fr
  • Vers la désinsertion sociale  Un groupe du mouvement Marge, 1975
  • En défense de l’anormalité Extrait du fanzine Enajenadxs paru en 2003(Espagne), rediffusé en 2017 sur le site : primeravocal.org

La destruction est bien sûr nécessaire. …il y a ceux qui sont les cerveaux, il y a ceux (très nombreux) qui sont les bras, et d’autres encore (très nombreux aussi) qui sont les pieds. Chacun occupe sa place et doit faire des efforts afin de faire fonctionner le corps dans son entier. Si on file cette image, on pourrait dire que l’Autorité, ce n’est pas uniquement la tête, mais c’est tout le corps social qui la fait vivre et sévir. […]

Quelques notes inconfortables (extrait du journal hors-service)

***

Cette brochure s’est construite principalement autour de réflexions et de constats, de l’envie de faire ressortir et de traduire quelques textes jugés pertinents et chouettes, trouvés ici et là.

Afin de poser des limites, des pistes de réflexions et perspectives autour de la lutte contre la normalisation et la psychiatrisation de nos vies. Il ne s’agit pas de se poser des questions telles que « comment guérir ou comment gérer la maladie» même si la question du prendre soin importe, et reste présente au sein de la brochure sous l’angle de la relation à l’autre ; il s’agira principalement d’aborder la question d’une lutte spécifique d’une manière éthique et antipolitique…Pour abolir les rôles sociaux, attaquer le contrôle social et l’impersonnel, fracturer les rapports sociaux existants, la gestion des flux comme mode de relation pour construire d’autres rapports. Aussi pour questionner nos sensations, nos rapports aux autres… notre gestion parfois merdique des relations. Pas juste pour démontrer l’horreur des schémas de fonctionnement actuels (au risque de tomber dans des discours larmoyants et sans fin) mais aussi parce que ça touche différentes dimensions de nos luttes : enfermement, exclusion, pression sociale, normalité, domination, aliénation, conformisme, et j’en passe. En fin de compte, il s’agit de sortir du discours uniquement idéologique et politique (contre l’exclusion, contre l’isolement) car il ne permet pas de tout prendre en compte mais de questionner réellement nos rapports personnels et interpersonnels à la folie et à l’anormalité. À une époque où la recherche du nouveau sujet révolutionnaire est si présente qu’elle en devient insupportable, où l’analyse des conditions socio-économique devient déterminante pour un « sujet » ; l’envie de dépasser certaines limites face à notre rapport à l’individu (déterminisme et fétichisation, victimisation, négation de l’individu et de son pouvoir d’action…) refait surface. […]

Brochure en version pdf :

àlafolie (1)

Quand les fachos brulent notre pote !!!

Aujourd’hui on est le mardi 24 avril et ça fait une semaine que je suis rentré à la maison.

Ce que j’appelle la maison c’est la forêt occupée de Roybon, 200 hectares de nature ou l’on réapprend à vivre, construire, lutter et même à aimer.
Et c’est bien de cela que l’on a besoin.

Le vendredi 13 avril alors que nos forces étaient réparties sur un info tour en caravane contre les center-parc pour une part et les nuages de lacrymo de la police a NDDL pour l autre part.
Les fachos du coin ont choisi le meilleur moment pour attaquer.
La gue-guerre dure depuis le début de l’occupation fin 2014.
Ces personnes, des jeunes chasseurs ou enfants de nationaliste stupides et dangereux avaient déjà proféré bon nombre de menaces, agressés des personnes et brûler des lieux.
Il avait d’ailleurs et targue dernièrement , à l’entrée de la zone, « VOUS ALLEZ BRULLEZ ».
Que l’on avait recouvert part « NI FEU NI FROID NI FACHOS NI FLIC NE NOUS FERONT FUIR ».
Alors le vendredi 13 les fachos attaquent la seule personne présente à la barricade qui, aux alentour de minuit, dormait dans son camion.
Cet ami n’as plus de camion/maison et resteras marqué par les événements. Tout à brûlé.
Quand je dis « tout à brûlé  » ça veut dire un camion, une voiture, beaucoup de matériel, un bout de forêt et un pote.
Ce pote, c’était mon meilleur pote.
Il s appelait eko.
C’était un jeune chien assez ronchon mais plutôt sympathique.
Je l’aimais beaucoup et je l’avais quitté un jour avant pour rejoindre la lutte à NDDL en lui disant que la ou j’allais c’était trop dangereux pour lui.
Mes amies ont trouvé Eko sans tête et sans patte, puant l’essence, brûle a l’intérieur du camion.
J’imagine la fierté de ces débiles. Se vantant de leur action mortifère et des peines qu’elles nous infligent.
Les peines ont été brûlées. Comme notre pote.
Les grands feux, c’est notre manière de fêter les grands événements. Avec de la nourriture, de l’alcool de la musique et des sourires.
Et maintenant on fait quoi ?
Évidemment cet acte de resteras pas sans réponse de notre part.
Mais je crois que ces stupides personnes ne sont pas en mesures de comprendre les liens qui nous unissent avec nos animaux ou nos camarades de lutte d’ici et d’ailleurs.
Et de l’énergie qui en découle.
La preuve par la détermination de toutes les camarades présentes à NDDL.
Ici non plus on a pas prévu de fuir non plus.
Le samedi 28 avril une grosse fête se prépare pour accueillir la dernière date de l’info tour qui aura duré 3 semaines. Un chantier collectif se prépare pour le mois de Mai et dès concert pour celui de Juin.
On manque un peu d’effectifs aux barricades, hésitez pas à nous rejoindre.
On fera tout ce qu on peut pour faire vivre cet endroit car il n y a , finalement , que la vie qui pourra défendre cette forêt .
Je leur souhaite, à ces stupides nationalistes, de mourir triste et seul. Accablées par le poids de cette société capitaliste et fasciste.

Vive la lutte !!!
Vive l’anarchie !!

P.-S.

(à faire tourner partout)

https://zadroybon.wordpress.com

Ellwangen, Allemagne : Déferlement de flics au centre après une expulsion empêchée

Plusieurs dizaines de sans-papiers du centre d’Ellwangen sont parvenus à enrayer la machine à expulser.

Dans la nuit du 29 au lundi 30 avril, au centre pour réfugiés d’Ellwangen, dans le Baden-Württemberg, entre 150 à 200 personnes ont empêché l’expulsion d’un Togolais de 23 ans.

Mercredi 2 mai, à l’aube, une opération policière de grande envergure a eu lieu : des centaines de flics ont déboulé dans le centre pour le fouiller de fond en comble et rechercher indices et preuves dans le but d’inculper certaines personnes pour ces perturbations du fonctionnement de la machine à expulser. Les autorités pensent également qu’un groupe important de personnes du centre s’était organisé pour empêcher « systématiquement » toute mesure d’expulsion des autorités.

27 sans-papiers qui se sont probablement impliqués dans cette révolte auraient été identifiés par les services du centre. A la suite de ce coup de force des autorités locales, on apprend que 15 d’entre eux, considérés comme « meneurs des désordres », ont été transférés dans d’autres centres d’hébergement du pays.

Solidarité avec les sans-papiers en lutte contre la machine à expulser et à enfermer, à Ellwangen comme partout !

[Reformulé de la presse via Aus dem Herzen der Festung]

Repris de sansattendre.noblogs.org

Ni cages, ni laisses électroniques… Détruisons la ville-surveillance !

Du pain sur la planche, feuille d’agitation anarchiste  

https://dupainsurlaplanche.noblogs.org/

Smart City, Logiciels de traitement des images, big data, clusters, capteurs sonores, reconnaissance faciale…

Ni cages, ni laisses électroniques… Détruisons la ville-surveillance !

Politicien-nes, flics et urbanistes tentent depuis longtemps de policer Marseille. Se gargarisant de dessiner « la ville du futur », ces charognes voudraient en faire une «Safe City». C’est à dire une «ville sûre» aux yeux des pour-la-loi (citoyen-ne-s, investisseur-euse-s, touristes ou nouveaux habitants friqué-es). Ils s’inspirent de dispositifs vendus à Mexico par Thalès ou à Chicago par IBM. Facilitée par l’ensemble d’outils de surveillance et d’ (auto) fichage déjà présents (caméras, réseaux sociaux etc.) cette gigantesque opération sert de gagne-gros, de laboratoire et de faire valoir à toute une ribambelle de crapules : de l’obscur start-upeur rêvant de «percer» aux groupes déjà trop vus, sans oublier leurs partenaires institutionnels (universités…) souvent fédérés en pôles de recherche spécialisés.

Ce texte est issu d’une impulsion (un tantinet) masochiste: fouiller dans des sources plus douteuses les unes que les autres pour saisir – le plus concrètement possible – ce qui se trouve derrière les mots vaporeux du pouvoir, et mettre en lumière quelques-uns de ses fidèles collaborateurs. Balayer ou nier la menace représentée par ces nouvelles technologies serait absurde, mais prendre au mot leurs promoteur-euses (qui ont tout intérêt à nous faire croire en leur toute puissance) est hors de question. Nul doute que ces nouveaux outils présentent failles et dysfonctionnements, à l’instar des précédents. Tenter de comprendre comment les décideur-euses comptent maîtriser la ville nous semble une étape indispensable pour éviter la fascination ou la paralysie, afin de continuer à lutter contre cet existant mortifère.

Dans l’espoir (naïf) que cela reste digeste, nous avons choisi d’arrêter notre regard aux couches technologiques liées à la «Smart & Safe» City et de ne pas dérouler toute la pelote qui va avec: projets de restructurations urbaines [1] , équipements des keufs et intensification de la chasse aux pauvres… Ces différents aspects sont pourtant indissociables.

[…]

texte complet ici : smartseille

Ni normal, ni extraordinaire

…L’écriture de ce texte a surgi de la nécessité d’aborder la question des violences sexuées (ou plutôt genrées) et sexuelles dans des environnements proches. Il est le fruit de discussions liées à des expériences diverses, mais n’a pas la prétention de fournir des recettes à toute la palette de problèmes auxquels peuvent se trouver confrontées les unes ou les autres. Le choix a été fait de ne pas l’écrire du point de vue de quelqu’une ayant subi une agression, mais dans une perspective plus large. Nous sommes en effet convaincues que ces situations très concrètes, au delà de l’autodéfense immédiate, nécessitent de traiter les mécanismes généraux qui les sous-tendent. Voici donc une contribution à des réflexions pratiques à approfondir, individuellement et collectivement, au sein des différentes activités et chaque fois où cela fait sens…

 

Le texte est disponible ici : https://cettesemaine.info/breves/spip.php?article61

Féminismes : Les femmes, les hommes et des bigots

Pour créer une révolution capable de mettre fin à toute domination, il est nécessaire de mettre fin à la tendance que nous avons tous à nous soumettre. Ceci implique que nous regardions avec un œil perçant et cruel les rôles que cette société nous impose et que nous trouvions leurs points faibles pour nous libérer et dépasser leurs limites.

La sexualité est une expression essentielle du désir et de la passion individuelle, de la flamme qui peut allumer à la fois l’amour et la révolte. Ainsi, cela peut être une force importante de la volonté de l’individu qui peut l’élever au-delà de la masse, en tant qu’être unique et indomptable. Le genre, d’un autre côté, est une conduite construite par l’ordre social pour entraver cette énergie sexuelle, la confiner et la limiter, la diriger vers la reproduction de cet ordre de domination et de soumission. Le genre est donc une entrave dans une tentative de décider librement la façon dont chacun.e vivra et se liera. Néanmoins, jusqu’à présent, les hommes se sont vu octroyé plus de latitude que les femmes pour affirmer leur volonté à l’intérieur de ces rôles. Les femmes qui ont été des individus fortes et rebelles l’ont été précisément parce qu’elles avaient dépassé leur féminité…

Il est regrettable que le mouvement de libération des femmes, réapparu dans les années 60, n’ait pas réussi à développer une analyse profonde de la nature de la domination dans sa globalité ni du rôle joué par le genre dans sa reproduction. Un mouvement parti d’un désir de se libérer des rôles de genre pour être des individus à part entière et auto-déterminés a été transformé en une spécialisation, exactement comme la plupart des luttes partielle de l’époque. Cela garantissait qu’une analyse totale ne serait pas possible dans ce contexte.

Cette spécialisation est le féminisme actuel qui s’est construit à partir du mouvement de libération des femmes, à la fin des années 60. Son but n’est pas tellement la libération des femmes en tant qu’individus par rapport aux limites de leurs rôles de genre mais la libération de « la femme » en tant que catégorie sociale. Ce projet, lorsqu’il rentre dans les courants politiquesmainstream, consiste à obtenir des droits, de la reconnaissance et une protection pour la femme en tant que catégorie sociale admise par la loi. En théorie, le féminisme radical va au-delà du simple plan légal [avec pour objectif la libération de la femme en tant que catégorie sociale de la domination masculine. Étant donné que la domination masculine n’est pas suffisamment explorée en tant qu’aspect de la domination totale,  la rhétorique du féminisme radical revêt souvent un style similaire à celui des luttes de libération nationale. Mais en dépit des différences dans le style et la rhétorique, les pratiques du féminisme mainstream et du féminisme radical coïncident souvent. Ce n’est pas un hasard.

La spécialisation du féminisme radical réside en fait dans l’énumération des torts commis par les hommes et dont ont souffert les femmes. En imaginant que cette énumération soit un jour terminée, la spécialisation ne serait plus nécessaire et il serait temps de dépasser cette énumération des torts qui ont fait souffrir pour arriver à une vraie tentative d’analyser la nature de l’oppression des femmes dans cette société et prendre des vraies mesures réfléchies pour y mettre fin. Donc, le maintien de cette spécialisation nécessite que les féministes fassent grossir la liste des torts jusqu’à l’infini, en allant même jusqu’à expliquer que les actions oppressives des femmes en position de pouvoir sont l’expression du pouvoir patriarcal, libérant ainsi ces femmes de la responsabilité de leurs actions.

En Italie comme à l’étranger – Les affaires de ENI

Comme pour tous les processus de décolonisation, en Libye de nombreux intérêts italiens sont restés en place. Les capitalistes «locaux» n’ont jamais cessé de considérer l’ancienne colonie comme un territoire privilégié pour leurs profits.

C’est depuis la fin des années cinquante que ENI fait affaire en Libye. Tout comme les grandes multinationales qui dictent les destinées du monde, les intérêts de cette grande entreprise conditionnent la politique étrangère d’Italie. Quand en 2011 la coalition Western a décidé l’attaque de Kadhafi, intervention conditionné par les Français de Total qui avaient besoin de renégocier leurs affaires en Libye, l’Italie a été poussée a participer pour empêcher son géant pétrolier de perdre sa position dominante. En 2017, le chef du gouvernement italien Gentiloni voyageant dans les pays africains déclare qu’Eni est « le moteur des intérêts stratégiques d’Italie » et les dirigeants de l’entreprise sont toujours présents à la table des négociations. Les lignes directrices du « travail » italien sont divisées entre l’objectif économique d’assurer des bénéfices à ses entreprises et le contrôle de l’ immigration. Comme nous pouvons le voir, il ne s’agit jamais d’objectifs liés au bien-être des populations, que ce soient celles du lieu où ils font affaires ou de l’extérieur. Ce sont de simples intérêts capitalistes. Rien ne va aux pauvres. Dans le cas des pays africains, l’objectif des accords est en effet également lié au contrôle des migrations. Voilà qu’alors les pauvres d’ici (« di casa », en Italie.ndt) entrent en jeu, mais seulement pour être mobilisés par la politique du diviser pour mieux régner de sorte qu’il s’en prennent aux migrants désignés comme ceux a blâmer pour tout type de problèmes, crise y compris.

Toujours à propos du conditionnement des politiques étrangères par les grandes entreprises comme l’Eni, en Novembre 2017 on apprend que Saipem (filiale de l’Eni) a remporté de nouveaux contrats en Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite mène une guerre d’extermination au Yémen à l’égard de laquelle les organes de communication Italien (les médias, ndt) italiens sont pour le moins silencieux, comme ils le sont pour les condamnations à mort que ce gouvernement effectue sur les places publiques, parfois même par dizaine.

Pour protéger ses activités dans les zones dangereuses, l’Eni utilise des formations armées locales comme en Libye où la milice de Dabbashi depuis 2015 s’occupe de la sécurité de l’usine de Mellita. Une photo prise pendant la guerre de 2011 dépeint un mercenaire avec le logo de l’entreprise sur sa poitrine, capturé par les Libyens il a admis avoir tiré sur des gens.

Propagande et pillage

La propagande de l’Eni, à travers sa chaîne vidéo, se présente comme ça : «Nous travaillons à construire un avenir dans lequel tout le monde peut avoir accès aux ressources énergétiques avec efficacité et durabilité. Notre travail est basé sur la passion et l’innovation, sur nos forces et capacités uniques, sur la qualité de nos hommes et en reconnaissant que la diversité entre tous les aspects de nos opérations et de notre organisation c’est quelque chose qui est apprécié. Nous croyons en la valeur des partenariats à long terme avec les pays et les communautés où nous opérons. Nous sommes l’Eni – Nouvelle Mission».

Ce langage des missionnaires du nouveau millénaire rompt avec la réalité du dommage irréparable que les opérations, comme les appelle Eni, provoquent dans les lieux où elles se matérialisent. Cela rompt la réalité de la corruption avec des millions de dollars de pots-de-vin pour gagner la chance d’exploiter des gisements en Italie ou dans le monde entier, sur les fraudes pour encaisser sans payer d’impôts, sur les stratagèmes pour entraver les enquêtes autour de ses méfaits.

1912 – Voltairine de Cleyre – De l’action Directe

Qu’est-­ce que l’action directe ?

En réalité, ceux qui la dénoncent avec autant de vigueur et de démesure dé­ couvriront, s’ils réfléchissent un peu, qu’ils ont eux-mêmes, à plusieurs reprises, pratiqué l’action directe, et qu’ils le feront encore. Toute personne qui a pensé, ne serait ­ce qu’une fois dans sa vie, avoir le droit de protester, et a pris son courage à deux mains pour le faire ; toute personne qui a revendiqué un droit, seule ou avec d’autres, a pratiqué l’action directe.[…] Toute personne qui a eu un projet, et l’a effectivement mené à bien, ou qui a exposé son plan devant d’autres et a emporté leur adhésion pour qu’ils agissent tous ensemble, sans demander poliment aux autorités compétentes de le concrétiser à leur place, toute personne qui a agi ainsi a pratiqué l’action directe. […] Toute personne qui a dû, une fois dans sa vie, régler un litige avec quelqu’un et est allé droit vers la ou les personne(s) concernée(s) pour le régler, en agissant de façon pacifique ou par d’autres moyens, a pratiqué l’action directe. […] Ces actions ne sont généralement pas le produit d’un raisonnement profond sur les mérites de l’action directe ou indirecte, mais résultent des efforts spontanés de ceux qui se sentent opprimés par une situation donnée. […] En d’autres termes, tous les êtres humains sont, le plus souvent, de fervents partisans du principe de l’action directe et la pratiquent. Cependant la plupart d’entre eux sont également favorables à l’action indirecte ou politique. Ils interviennent sur les deux plans en même temps, sans y réfléchir longuement. Seul un nombre limité d’individus se refusent à avoir recours à l’action politique dans telle ou telle circonstance, voire la récusent systématiquement ; mais personne, absolument personne, n’a jamais été incapable de pratiquer l’action directe. La majorité de ceux qui font profession de réfléchir sont des opportunistes; ils penchent tantôt vers l’action directe, tantôt vers l’action indirecte, mais sont surtout prêts à utiliser n’importe quel moyen dès lors qu’une occasion l’exige.[…]

eux qui, en raison de leurs convictions profondes, sont attachés à l’action directe sont seulement… mais qui donc ? Les non­violents, précisément ceux qui ne croient pas du tout en la violence ! Ne vous méprenez pas: je ne pense pas du tout que l’action directe soit synonyme de non­violence. L’action directe aboutit tantôt à la violence la plus extrême, tantôt à un acte aussi pacifique que les eaux paisibles de Siloé [4]. Non, les vrais non­violents peuvent seulement croire en l’action directe, jamais en l’action politique. La base de toute action politique est la coercition ; même lorsque l’État accomplit de bonnes choses, son pouvoir repose finalement sur les matraques, les fusils, ou les prisons, car il a toujours la possibilité d’y avoir recours.

Toute grève est synonyme de violence

Aujourd’hui chacun sait qu’une grève, quelle que soit sa taille, est synonyme de violence. Même si les grévistes ont une préférence morale pour les méthodes pacifiques, ils savent parfaitement que leur action causera des dégâts. Lorsque les employés du télégraphe font grève, ils sectionnent des câbles et scient des pylônes, tandis que les jaunes bousillent leurs instruments de travail parce qu’ils ne savent pas les utiliser. Les sidérurgistes s’affrontent physiquement aux briseurs de grève, cassent des carreaux, détraquent certains appareils de mesure, endommagent des laminoirs qui coûtent très cher et détruisent des tonnes de matières premières. Les mineurs endommagent des pistes et des ponts et font sauter des installations. S’il s’agit d’ouvriers, ou d’ouvrières, du textile, un incendie d’origine inconnue éclate, des pierres volent à travers une fenêtre apparemment inaccessible ou une brique est lancée sur la tête d’un patron. Quand les employés des tramways font grève, ils arrachent les rails ou élèvent des barricades sur les voies avec des charrettes ou des wagons retournés, des clôtures volées, des voitures incendiées. Lorsque les cheminots se mettent en colère, des moteurs expirent, des locomotives folles démarrent sans conducteur, des chargements déraillent et des trains sont bloqués. S’il s’agit d’une grève du bâtiment, les travailleurs dynamitent des constructions. Et à chaque fois, des combats éclatent entre d’un côté les briseurs de grève et les jaunes et, de l’autre, les grévistes et leurs sympathisants, entre le Peuple et la Police. […]

Les adversaires de l’action directe Ces dernières semaines, certains n’ont pas été avares de paroles creuses. Des orateurs et des journalistes, honnêtement convaincus de l’efficacité de l’action politique, persuadés qu’elle seule peut permettre aux ouvriers de remporter la bataille, ont dénoncé les dommages incalculables causés par ce qu’ils appellent l’action directe. […]

Personne n’est capable de mesurer précisément l’effet positif ou négatif d’une action, à l’échelle de plusieurs mois ou de plusieurs années. Personne ne peut dé­ montrer que la journée de huit heures aurait pu devenir obligatoire vingt­cinq ans auparavant. […]

Comment pourrons­-nous briser nos chaînes ?

Les partisans de l’action politique nous racontent que seule l’action électorale du parti de la classe ouvrière pourra atteindre un tel résultat ; une fois élus, ils entreront en possession des sources de la Vie et des moyens de production ; ceux qui aujourd’hui possèdent les forêts, les mines, les terres, les canaux, les usines, les entreprises et qui commandent aussi au pouvoir militaire à leur botte, en bref les exploiteurs, abdiqueront demain leur pouvoir sur le peuple dès le lendemain des élections qu’ils auront perdues.

Et en attendant ce jour béni ?

En attendant, soyez pacifiques, travaillez bien, obéissez aux lois, faites preuve de patience et menez une existence frugale (comme Madero [21] le conseilla aux paysans mexicains après les avoir vendus à Wall Street). Si certains d’entre vous sont privés de leurs droits civiques, ne vous révoltez même pas contre cette mesure, cela risquerait de faire reculer le parti. […]

Action politique et action directe

Mais la foi aveugle en l’action indirecte, en l’action politique, a des conséquences bien plus graves : elle détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux­mêmes […]

https://infokiosques.net/IMG/pdf/De_laction_directe-fil_A4.pdf

« Tout le monde dehors »

« Liberté pour les 3 » ou liberté pour tous ?

C’était compliqué ces temps-ci, de suivre cette histoire des « 3 de Briançon », entre l’envie de s’en méler, des orgas ou collectifs qui contactent les médias…:https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/rassemblements-demander-liberation-3-briancon-1468809.html (du coup, un rassemblement devant la taule qui risque de ressembler à une conférence de presse) …Pas mal de questions, est-ce qu’on a envie de soutenir des « militant.es » ? des gens qui se révoltent ? des situations qui foutent les gens dedans malgré eux ? des gens qui « nous » ressemblent ? de partager des textes qui les identifient comme « les gentils » face aux méchants, et qui dénoncent une justice (d’exception?) injuste (vraiment trop injuste), toujours dans des logiques « d’indignation » (sélective). D’ailleurs ce texte bien à propos: https://lesepineuses.noblogs.org/files/2017/06/Quelle-solidarit%C3%A9.pdf (Quelle solidarité ?).

Aussi, le rapport à celleux qui sont dedans et leurs envies… Des pancartes avec leurs tofs à la « Je suis Théo » (tout comme hier j’étais Charlie!) à propos : https://finimondo.org/node/1539 (Pas d’identification), aux photos, aux infos sur leur vie privée, ou à la prise de parole des parents (ou géniteurs) ; est-ce qu’on a tous et toutes envie de se faire placarder par les médias et tabloïdes dès notre sortie de prison ? Peut-être pas …

C’est des histoires qui se passent vite, des situations d’urgence comme on les connaît, qui nous empêchent parfois de réflechir assez vite, après coup qu’on requestionne, et qui valent la peine d’être questionnées avant. On a l’impression qu’en publiant certains textes on éloigne des histoires https://mars-.org/trois-potes-en-prison-3056 peut-être parfois à cause de nous, sans s’en rendre compte, en relayant rapidement…S’attaquer aux frontières c’est passer la frontière de force, taguer les murs, s’attaquer à la machine à expulser (ses collabos et ses institutions), aux technologies qui permettent toujours plus de contrôle, à la xénophobie, au nationalisme et au racisme ambiant (du bal patriotique organisé par la mairie, au bastion social jusqu’au tonton facho, Gérard si tu me lis!) …Qu’il s’agisse d’actions directes contre les décideurs/collabos/fachos ou d’actions de solidarité, « légales » ou « illégales »… 

Quelle que soit notre solidarité, on a envie d’envoyer en l’air toutes les logiques carcécales et d’enfermement, et ces **** de catégories d’innocents/coupables, gentils soutiens/bon citoyen.ne/vilains casseurs, sauveurs et victimes !

Qu’ils soient innocents ou coupables, tous et toutes dehors !

Feu aux prisons.

Le rêve…

Sur l’élan d’accueil et les impasses de la charité

[…]

S’il est clair que l’élan de solidarité envers les migrant-e-s est préférable à la xénophobie ambiante, il nous semble important de soulever quelques observations et questionnements.

Ces derniers temps la réalité des sans papiers s’est vue désignée sous le terme d’« afflux de réfugié-e-s », accompagnée d’images de milliers de personnes en exode fuyant en boat people les bombardements, le chaos et la dictature. Ce changement de langage est entretenu par les médias et le pouvoir, et accentue la distinction entre les dit-e-s « réfugié-e-s » et « migrant-e-s économiques ». Ceux qui viennent de zones considérées sensibles entrent dans les critères de demande d’asile, les autres sont pour la plupart expulsés. Les régions « sensibles » changent, ne sont définies qu’en fonction des intérêts ponctuels de l’Europe, et il nous semble complexe d’opposer « zones de conflits » et zones de pauvreté. D’un autre côté, faisant face à l’émoi de la population, les États affirment mettre en place une prise en charge des situations relevant de « catastrophe humanitaire ». Pourtant si l’on examine concrètement ces conditions d’accueil on y retrouve la même logique de contrôle et de tri.

L’exemple des Centre d’Accueil et D’orientation, appelés centre de « répit », est à ce titre très explicite. Présentés comme une solution d’accueil, il sont en fait mis en place uniquement dans le but de désengorger la Jungle de Calais. Les personnes acceptant la proposition d’intégrer ces centres sont accueillies pour une durée limitée, durant laquelle leur projet migratoire est remis en cause. Trois alternatives existent, déposer une demande d’asile en France, accepter un renvoi dans le cadre des accords Dublin II (vers le premier pays d’entrée en Europe), ou accepter un retour au pays. D’autre part, les centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) ne répondent pas non plus aux besoins d’hébergement, ils proposent une capacité d’environ 30 000 places pour plus de 70 000 demandes. Lorsqu’une demande d’asile est déboutée, les personnes sont expulsées des CADA en plus de recevoir une obligation de quitter le territoire (OQTF). Entrer dans les rouages institutionnels présente donc un risque important d’expulsion, en plus de devoir démontrer sa bonne volonté en multipliant les preuves « d’intégration ».
L’accueil au niveau local via les institutions peut également soulever un certain nombre de questions. En premier lieu, les mairies ont été sollicitées pour mettre en place des dispositifs d’accueil de réfugié-e-s. La procédure est d’en référer à la préfecture qui enregistre les demandes et les possibilités d’hébergements. Les demandeur-e-s d’asiles qui y accéderont seront choisis par les services de l’État. Les délais sont longs et de nombreuses mairies attendent encore que des personnes viennent habiter les logements mis à disposition. Sur quels critères les personnes sont « sélectionnées » ? Et qu’adviendra t-il en cas de rejet d’une demande d’asile ? Quelle est alors la possibilité pour les autres migrant-e-s d’être hébergé-e-s ? Quelles autres formes d’organisation existent au delà des structures officielles ? Quelle place reste à la lutte pour l’ouverture des frontières si l’on doit s’adresser à l’Etat pour s’organiser ?

Nous observons néanmoins des tentatives pour échapper aux mécanismes de contrôle et de tri, qui débordent les structures existantes, qui évitent d’infantiliser ou de victimiser des migrant-e-s en s’intéressant à leurs volontés et leur parcours, même si ce n’est pas toujours évident. Des lieux s’établissent où il est possible de s’organiser, des particuliers ouvrent leurs maisons à des personnes même si elles sont menacées d’expulsion, des réseaux de solidarité se tissent entre différentes réalités. Bien souvent la répression est féroce, comme nous avons pu le constater à Vintimille lors de l’expulsion du campement No Border et l’arrestation de plusieurs personnes en septembre, où lors des opérations policières régulières à Calais.
Localement, des initiatives d’accueil existent et cherchent à être soutenues, des pratiques se diffusent pour apporter un soutien matériel comme les collectes, les cantines et les différentes caisses de solidarités. Mais malgré tout, ces différentes expériences se heurtent aux limites de l’action humanitaire, à l’urgence et à l’épuisement. Il semble important de se retrouver pour lutter collectivement et affirmer la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. Au delà de l’accueil des sans papiers et la volonté de sortir de l’entre soi en tissant des liens d’égal-e à égal-e, la solidarité s’exprime aussi dans les mobilisations pour fermer les centres de rétention, en s’organisant pour prévenir des contrôles et en permettant d’y échapper, en facilitant des passages ou en attaquant directement les barbelés qui s’érigent le long des frontières, et bien d’autres moyens qui restent à imaginer.

 

https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/

Belgrado Pedrini – Un certain goût pour la liberté

Un certain goût pour la liberté

« […], au-delà de ces quelques compagnons que Pedrini a continué de croiser dans les différentes geôles de son pays et avec lesquels il a parcouru le chemin sinueux de la révolte, il y a toutes les actions accomplies par les anonymes, celles dont il ne reste volontairement pas de traces écrites, ceux qui sont restés à l’ombre des projecteurs de justice, hors de portée des griffes des nouveaux bourreaux démocratiques. D’expropriations en gestes explosifs, une partie des anarchistes qui avaient eu l’occasion de combattre la domination sous le fascisme n’ont pas mis un terme à leur vie d’irréguliers et à leur soif de liberté. »

Les autres compagnons de galère

Dans les prisons de la République démocratique italienne, parmi les nombreux prisonniers enfermés, j’ai retrouvé des compagnons de foi et de lutte qui étaient surtout d’anciens partisans anarchistes comme moi. Je vais reporter ici leur histoire telle qu’ils me l’ont racontée et comme je m’en souviens.

Je commencerai par me souvenir du partisan anarchiste carrarais le plus jeune : Goliardo Fiaschi. Il est né à Carrare le 21 août 1930, fils de Pietro et de Nella Del Vecchio. Il habite encore dans cette ville, au n°1 de la via Santa Maria. Ce fut un partisan combattant, identifié sous le numéro de protocole 014375. Le 9 septembre 1943, il a participé à la lutte de libération de sa ville natale en aidant les militaires déserteurs à s’enfuir et en récupérant leurs armes, qui ont ensuite servi à des groupes de partisans. Ce fut la première mission que des antifascistes de Carrare lui confièrent. Fiaschi s’est aussi consacré au transfert de matériel, dont les armes, dans les caches du Comité de Libération Nationale. Agé d’à peine 13 ans, il a soutenu pendant toute la Résistance en avoir 15.

D’autres (belles) aventures

Observer les rues et forger des choix. Avec un cœur battant d’amour et de complicité pour beaucoup d’entre vous, je vous envoie un au revoir profond et souriant. Non sans «obstacles» affectifs et désirs de projectualité avec beaucoup, j’ai décidé de me soustraire à obligation de signatures quotidiennes* (que j’avais après une période d’emprisonnement et d’assignation à domicile qui a duré neuf mois).

Le sentiment de se sentir compagnonne, en plus de la colère qui brûle et qui est partagée avec nos corps, est pour moi la continuité et la constance (malgré la distance choisie ou subit). Alors je vous dit … on se verra pour d’autres (belles) aventures …

400 bisous intenses et 24000 coups précis.

kam

Camille nous a laissé cet au revoir on après avoir décidé de violer la mesure de contrôle judiciare à laquelle elle était soumise depuis quelques mois, et après avoir déjà purgé pour la même procédure 9 mois entre la détention carcérale et domicilaire. Elle a décidé de partir et la savoir libre d’aller où elle veut remplit nos cœurs de joie.

macerie @ 16 avril 2018

https://www.autistici.org/macerie/?p=33096

 

Plus d’infos: https://mars-infos.org/turin-operation-repressive-7-2505

* Ndt : Mesure de contrôle judiciaire

1312 – Les amendes pleuvent à Lille

Aujourd’hui, à Lille, tu peux être verbalisé.e pour avoir participé à une manifestation –

“Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables” Raoul Vaneigem

Depuis plusieurs semaines, des amendes fleurissent à Lille.

En effet, depuis que le mouvement social s’est endurci dans la métropole nordiste, plusieurs personnes ayant participé à des manifestations ont reçu des amendes pour “Bruit ou tapage injurieux, troublant la tranquillité d’autrui”.

Les personnes concernées ont donc reçu leurs amendes de 68€ chez elles/eux, sans qu’aucun contrôle n’ai été effectuées sur ces personnes. Elles correspondent à des moments précis. Rassemblement devant le commissariat afin de demander la libération des camarades en garde-à-vue. Lors d’une manifestation en soutien aux cheminot.e.s, devant la faculté de droit., le jour où les étudiant.e.s qui devaient passer leurs partiels se sont fait.e.s gazé.e.s et matraqué.e.s, etc.

En bref, les flics, lors de rassemblements ou de manifestations, reconnaissent des militant.e.s et leur foutent des amendes, sans les avoir contrôlé.e.s, du simple fait de leur présence.

Repris du facebook de Lille insurgée

[…]

Voir aussi : Que c’est-il passé à Lille ce derniers-jours? 

https://lille.indymedia.org/spip.php?article31470&lang=fr

 

Maine-et-Loire : Les fachos ont des noms et des adresses…

Vendredi 20 avril 2018

Le Courrier de l’Ouest 

Dans la nuit de lundi à mardi, de nombreuses inscriptions antifascistes ont été taguées à Angers, Chazé-Henry dans le Segréen (sur le mur d’un cimétière) et Niafles en Mayenne. Parmi les cibles visées par ces tags, la maison de Pascal Gannat, ex-chef de file du Front national dans les Pays de la Loire et celle de Gaëtan Dirand, ex-secrétaire départemental du FN.

Les autres personnes visées sont des membres de L’Alvarium ou leurs proches. Ce local, basé avenue Pasteur à Angers et qui héberge l’association « Nouveaux sarments – Anjou populaire », a lui-même été dégradé à deux reprises ces dernières semaines.

Depuis son ouverture fin janvier, le bar L’Alvarium cristallise les tensions. Ses membres, sous le statut d’association, assurent œuvrer dans l’aide aux Français les plus démunis. D’autres, partis politiques, syndicats ou associations, y voient un repaire d’identitaires d’extrême droite

La majorité des victimes de ces dégradations ont déposé des plaintes. Des enquêtes ont été ouvertes.

repris de : attaque.noblogs.org

Nice (Alpes-Maritime) : Évasion du centre de rétention

[On apprend que 5 sans-papiers se sont évadés du centre de rétention de Nice il y a plus de deux mois. Malheureusement, l’un d’entre eux, d’origine algérienne, est tombé sur une patrouille de police. Il a écopé d’une peine de 2 mois ferme lors de son procès qui avait lieu ce lundi 23 avril. Il avait déjà refusé d’embarquer dans un avion pour l’Algérie, NdA]

Var-Matin / Lundi 23 avril 2018

La cavale remonte au 19 mars. Ce jour-là, cinq sans papiers se sont fait la belle à l’aide d’une corde. Un seul a été rattrapé. Il était jugé ce lundi au tribunal correctionnel de Nice

Ils sont sortis par les toits, à l’aide d’une corde. A l’ancienne. Cinq individus se sont fait la malle, le 19 mars dernier, du centre de rétention administrative (CRA) de Nice, qui jouxte la caserne Auvare. Seule une évasion avait été révélée ce jour-là. […] (Article payant)

https://attaque.noblogs.org

A propos des trois personnes incarcérées suite au weekend contre les frontières

MAJ : Les trois personnes sont aux Baumettes, la première avait été immédiatement incarcérées à la MAF des Baumettes, les deux autres ont été transférés par la suite à Marseille les raisons invoqués pour justifier le transfert sont : des raisons de sécurité (sic) et pour éviter une contagion de solidarité dans le département.

MAJ 03/05 : Les trois personnes sont sorties sous contrôle judiciaire (assignation à résidence obligation de rester dans le département avec pointage journalier au commissariat, et interdiction de déclaration publique).  

Trois potes en prison

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire , et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue: « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap et la marche de dimanche sont deux événements distinct, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en france en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en méditerranéenne, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne,qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques!

[…]

https://mars-infos.org/trois-potes-en-prison-3056

 

Haute-Durance, France : Un week-end contre les frontières et ceux qui les protègent

MAJ (sansattendre.noblogs.org)

On apprend par la même occasion que les flics continuent leurs enquêtes pour retrouver plusieurs autres personnes dans le cadre de ces deux manifestations: « d’autres auteurs de passage en force de la frontière dimanche sont recherchés, tout comme ceux à l’origine de rébellion et violences en réunion sur des policiers commises dans la soirée du 22 avril à Briançon en marge de la manifestation. Deux policiers du commissariat de Briançon ont été blessés lors d’une tentative d’interpellation d’un suspect qui a pu prendre la fuite à cause de l’intervention violente de plusieurs manifestants ». Concernant la journée de samedi, il est fortement probable que les investigations ciblent les personnes impliquées dans l’attaque groupée et spontanée contre un maton, qui a tenté d’interpeller un.e des manifestant.e.s en train de taguer les murs de la taule. D’autres manifestants et un autre agent pénitentiaire sont également intervenus pour empêcher qu’ils prennent davantage de coups. Le maton qui s’est improvisé flic souffre notamment de fractures d’un doigt de pied et d’un doigt à la main gauche, ainsi que d’un hématome frontal. Les deux agents ont également été la cible de jets d’objets.

***

Plusieurs articles de journaux reviennent sur le « carnaval solidaire contre les frontières« . Il y aurait eu des tags à pas moins de 80 endroits différents. Par ailleurs, on en sait davantage sur le maton zélé qui a voulu s’interposer lorsque plusieurs « enfants sauvages » repeignaient la façade morbide de la Maison d’Arrêt située en centre-ville: repoussé par le cortège, le maton s’est mangé des coups et souffre apparemment de « plusieurs fractures et d’un hématome frontal ». Ca lui apprendra à faire son héros.

Une grande manifestation a eu lieu le lendemain, dimanche, entre Clavière et Briançon, contre la chasse aux sans-papiers, qu’elle soit menée par l’armée comme des fascistes de « Génération Identitaire ». Elle aura permis à plusieurs sans-papiers de passer la frontière entre l’Italie et la France. A l’issue de cette journée, 6 personnes seront interpellées. Le proc de Gap annonce via la presse que « plusieurs investigations sont en cours pour rechercher les auteurs des faits du week-end.

A l’issue de ce week-end contre les frontières, on apprend donc que trois personnes (deux Suisses et une Italienne) ont été placées en détention provisoire en attente de leur jugement prévu pour le 31 mai prochain. Les trois avaient refusé la comparution immédiate afin de préparer leur défense. Le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, justifie cette décision en raison de l’insuffisance des garanties de représentation et la prévention de toute réitération des faits.

Repris de : sansattendre.noblogs.org

La bonne conscience d’un citoyen au-dessus de tout soupçon

Ces derniers temps à Lecce des plaintes sont entrain de pleuvoir pour les tags et affichages sur les murs, plus ou moins liés à la lutte contre le TAP. Le dernier tag en date est celui qui a fait se déchirer la tunique de l’évêque, dont le visage est devenu pourpre à la vue de sa belle église qui exprimait plus de colère que de joie. Son indignation, comme celle de ses fidèles, comme celle de toutes les bonnes personnes qui infestent ce monde, si sensible aux offenses comme indifférent aux massacres, a rappelé le commissaire de police immortalisé dans le fameux film Enquête d’un citoyen au au-dessus de tout soupçon .

Quelqu’un se souvient-il des paroles de ce champion du code pénal?

« L’usage de la liberté menace de tous les côtés les pouvoirs traditionnels, les autorités constituées … Nous gardons la loi que nous voulons immuable, sculptée dans le temps. Le peuple est juvénile, la ville est malade; les autres ont pour mission de guérir et d’éduquer, à nous le devoir de réprimer! La répression est notre vaccin! La répression est la civilisation! « 


La logique est impeccable : si écrire sur les murs de la polis est un acte de vandalisme, réprimer les responsables est un acte de civilisation.
La bonne conscience des citoyens au-dessus de tout soupçon ne peut qu’être d’accord. Il ne tolèrera pas que son sommeil soit dérangé par ceux qui lui rappellent avec une certaine insouciance ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de la porte de sa maison. Pourquoi devrait-il jamais se fâcher? Une guerre est un acte de civilisation. Rejeter l’exode des damnés de la terre, peut-être en les noyant dans la mer, est un acte de civilisation. Faire affaire avec des dictateurs asiatiques ou subtropicaux, peut-être en leur vendant des armes ou en leur achetant du gaz, est un acte de civilisation. Polluer, contaminer, dévaster un territoire sont des actes de civilisation. La politique internationale, l’économie planétaire, les choses qui sont trop loin? Eh bien, si c’est pourquoi même mettre les bracelets électroniques aux balayeurs de Livourne (métaphore merveilleuse sur le salariat comme une forme de travail forcé dans cette prison appelée la société) est un acte de civilisation. Forcer les étudiants d’un lycée de Naples à vider leur vessie à une heure préétablie est aussi un acte de civilisation. Dénoncer aussi un médecin qui a sauvé une femme enceinte (une migrante qui traversait la frontière, la ****in!) est un acte de civilisation. Sans parler de l’immunité qui a toujours été garantie à la police assassine ou au clergé violeur : tous des actes de civilisation. Pour ceux-ci comme pour d’innombrables autres plaisirs quotidiens, monsieur l’évêque, monsieur le maire, messieurs les journalistes, messieurs les citoyens, sont silencieux quand ils n’applaudissent pas.

Parce que les vandales à mettre sur l’index, vous le savez, sont d’autres. Comme l’a dit le commissaire du cinéma:

«Les jeunes, les jeunes! Qui écrivent sur les murs. Jeunes étudiants, jeunes travailleurs, qui circulent la nuit, parlent de révolution au téléphone, dans les facultés, dans les départements! Des tonnes de peinture rouge pour nous insulter. Je sais ce qu’il faudrait! Autre que la brigade anti-tag pour annuler cette vague de subversive, anti-autoritaire. […] Nous devons tout savoir, nous devons tout contrôler … ».

Et c’est précisément pour ce but très civil que presque chaque mètre carré de la ville de Lecce est sous l’oeil d’une caméra. Ainsi, ces jeunes et vieux qui osent écrire sur les murs des autres, au lieu de rester à la maison devant la télévision, ne peuvent pas s’en sortir. Ainsi, rien ne peut arriver dans cette existence à sens unique.

Mais ce n’est pas un état policier, tu sais? Allez, que de grands mots, quelles métaphores extrêmes! Ce sont des mesures démocratiques et progressistes, tout comme le commissaire du film qui – entre la torture d’une personne arrêtée et le meurtre de son amant – a confié: «Qu’est-ce que cette démocratie? Et regardons les choses en face: c’est l’antichambre du socialisme. Moi, par exemple, je vote socialiste « .

C’est la bonne conscience des gens décents, celle qui nous permet d’être à droite, à gauche, apolitique, extrémiste, de pouvoir lire des livrets rouges ou des bibles noires, de faire ce que nous voulons … Parce que nous ne sommes pas des moutons! Nous sommes des citoyens démocratiques et la loi doit nous respecter! Mais les écrits sur les murs, les barrages routiers, les barils explosifs, qu’ont-ils à voir avec la démocratie?

En effet…

en Italien ici https://finimondo.org/node/2172

Toulouse : répression de la révolte (suite au 3 jours d’émeutes après le décès d’un détenu à la prison de Seysses)

13 personnes devaient être jugées en comparution immédiate vendredi 20 avril 2018 à Toulouse, après les nuits d’émeutes qui ont éclaté après la mort d’un détenu à Seysses. 7 des 13 prévenus ont demandé le report de leurs procès, afin de parfaire leur défense. Quatre d’entre eux sont (notamment) poursuivis pour violences commises en réunion. Leurs audiences se tiendront donc au mois de mai.

Deux autres personnes – un homme de 38 ans et une femme de 24 ans – ont été relaxées pour leur participation aux émeutes. Ces deux personnes, que les journaflics d’Actu Côté Toulouse qualifient de « membres de l’ultra-gauche toulousaine » participent à la lutte en cours à l’Université du Mirail. Les deux ont été relaxées pour le chef de « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradations de biens ». En revanche, ils ont été condamnés à un mois de prison avec sursis pour « refus de se soumettre au prélèvement biologique » destiné à l’inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). La jeune femme, étudiante au Mirail, a également écopé de 500 euros d’amende pour « avoir fourni une identité imaginaire » aux policiers. Deux autres personnes, qui avaient été interpellées en même temps, accusées elles-aussi de faire partie de « la mouvance d’ultra-gauche » et de « s’être faufilés parmi les émeutiers« , ont vu leur audience reportée à une date ultérieure. Deux hommes de 18 et 19 ans ont également été condamnés à des peines de six mois de prison ferme (sans mandat de dépôt) pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Un homme de 24 ans, interpellé en possession d’un laser, est lui accusé d’avoir ébloui le pilote de l’hélico de la gendarmerie qui survolait la zone: il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, 210 heures de travaux d’intérêt général, et un stage de citoyenneté.

Enfin, un sans-papier Tunisien vivant en Espagne, interpellé dans les coursives d’un immeuble, a été relaxé pour le chef  de « participation aux émeutes » mais condamné à deux mois de prison avec sursis et interdiction de territoire français pendant trois ans.

Pour rappel, un émeutier de 18 ans (casier vierge) avait écopé mercredi 18 avril de six mois de prison, dont trois mois ferme, sans mandat de dépôt pour avoir des pierres sur une voiture de police.

https://sansattendre.noblogs.org

Voir aussi : https://iaata.info/Suivi-des-comparutions-immediates-du-20-avril-2552.html

A QUOI SERT L’ÉNERGIE ?

Extrait de la brochure : Saboter l’énergie. La lutte contre la construction du gazoduc TAP dans le Salento (2013-2018), ed. Sans Patrie, mars 2018, 54 p., A5

L’énergie consommée par chaque individu dans ses habitations, celle mise en avant dans les sports publicitaires des multinationales de l’énergie, est absolument négligeable par rapport à celle dont l’industrie a besoin, civile comme militaire. Une seule entreprise est capable de consommer chaque année une énergie équivalente à celle utilisée à des fins domestiques par les habitants d’une ville entière. Et sans parler de la guerre, qui dévore de l’énergie à des niveaux inimaginables. A l’époque de la seconde guerre mondiale, chaque soldat américain consommait un gallon de pétrole (3,7 litres) par jour, une consommation qui est montée à 9 gallons (33, 3 litres) lors de la guerre du Vietnam, puis à 10 gallons (37 litres) au cours de Tempête du Désert et à 15 gallons (55, 5 litres) lors de la seconde guerre du Golfe. Les nouvelles machines de guerre brûlent tellement d’énergie que leur consommation n’est plus mesurée en litres par 100 km, mais en litres par heure. Un chasseur F-15 brûle 7000 litres de kérosène à l’heure, un bombardier B-52 en brûle 12 000. En 2006, l’aviation nord-américaine a consommé à elle toute seule 9,62 milliards de litres de kérosène. Il s’agit d’exemples et de considérations qui nous mènent à quelques questions de fond : à quoi sert réellement l’énergie et qui tire profit de son extraction ?

Disponible ici : https://sansattendre.noblogs.org/files/2018/03/TAPbrochCorrect.pdf

Plus d’info sur l’attaque de Lesbos

Lesbos, Grèce – Les fascistes attaquent les migrants, la police les expulse et les arrête, le gouvernent annonce une nouvelle loi restrictive sur l’immigration

Hier soir, dimanche 22 avril, vers 20 heures, un groupe d’environ 200 fascistes a attaqué les migrant.e.s qui occupaient la place Sappho dans la ville de Mytilène sur l’île de Lesbos.

Les fascistes du «Mouvement patriotique de Mytilène», parmi lesquels des membres bien connus d’Aube Doré, avaient les jours précédents, sur leur page facebook, lancé un appel à rassemblement dimanche 22 à l’occasion du coup d’État des colonels en Grèce d’avril 1967. Réunis à 19h30, après avoir manifesté pour la libération de deux soldats grecs emprisonnés dans les prisons turques, la plupart des fascistes, environ 200, armés de bâtons, se sont dirigés à 20h vers la Place Sappho à Mytilène, occupé par Mardi 17 avril par plus d’une centaine de migrant.e.s, principalement des familles afghanes, en demandant leur expulsion. Après quelques heures, vers 22h, sans aucune de la police anti-émeute présente sur le site en force avec deux pelotons, le nombre de fascistes a augmenté, suite à un appel de la page facebook pour intervenir sur la place. Chantant des slogans et des chorales comme « Brûlons-les vivants! Jetons-les à la mer! » Les fascistes ont attaqué les migrant.e.s en lançant des bouteilles de verre et des pierres arrachées aux trottoirs, fusées éclairantes et pétards. Les migrant.e.s se sont défendus en faisant une triple chaîne humaine circulaire, avec des enfants au centre, essayant de les protéger des jets en les couvrant de cartons et de couvertures humides. Les migrant.e.s ont également été rejoint par des soutiens locaux. Ce n’est qu’après cette résistance des migrant.e.s et soutiens que la police est intervenue entre les deux groupes, mais cela n’a pas empêché les fascistes de poursuivre l’assaut, d’incendier les poubelles en les poussant ensuite vers les cordons de migrant.e.s, de lancer les fusées et les feux d’artifice de derrière les poubelles ciblant en particulier les femmes et les enfants. Vers 23 heures, les fascistes ont tenté de contourner le mouvement en attaquant du côté du marché. La police à ce moment-là a jeté des gaz lacrymogènes sur la place, qui ont également fini sur les migrant.e.s. A une heure les affrontements se sont déplacés du front de mer de Mytilène à l’hôtel de ville historique et aux rues environnantes. Les fascistes ont mis le feu aux poubelles en construisant des barricades et en interrompant la circulation dans tout le port. Pendant ce temps, la police a encerclé le hotspot de la Moria pour empêcher les migrant.e.s de découvrir ce qui se passait et de vouloir soutenir leurs camarades. Les combats à Mytilène se sont poursuivis jusqu’à 3 heures du matin. Au moins 35 migrant.e.s et soutiens sont blessés et 10, dont un enfant avec des brûlures, sont hospitalisés.

Une personne sur place nous dit: «Permettez-moi de vous parler de cette folle soirée de guerre ce soir: la police ne pouvait pas mieux se coordonner avec les fascistes, au point d’attaquer les soutiens locaux. Les fascistes étaient en possession de gaz lacrymogènes; la police donna carte blanche aux fascistes, les fascistes terrorisant non seulement les réfugiés mais aussi les locaux. Un café a été attaqué parce qu’il a fait entrer les réfugiés blessés; les fascistes ont tenté d’attaquer les ambulances, ils ont attaqué quiconque essayait d’aider ou de documenter leur violence. Un soutien rapporte que:« La police avait des ordres (nous les avons également entendus plusieurs fois de leurs talkies) de ne pas agir contre les fascistes pour les arrêter mais seulement pour les disperser. Finalement, ils ont décidé d’éloigner les fascistes de la place, mais ils n’ont pas tardé à nous tirer des gaz lacrymogènes parce que nous avions simplement réagi aux incendies criminels en criant que quelqu’un serait tué à cause de leur ordre de ne pas arrêter les fascistes.

A 17h20, la police anti-émeute a envoyé des bus sur la place et a ordonné aux migrant.e.s d’évacuer l’occupation, justifiant l’opération comme une forme de protection pour leur sécurité. Les migrant.e.s, continuant à rester en cordée et on refusé jusqu’au dernier de quitter la place, criant des slogans contre le camp de concentration, mais après un court moment la police avec la force et les menaces les a forcés à monter dans les bus leur disant qu’il les ramenaient au hotspot de Moria. Les migrant.e.s rapportent que la police leur a parlé en détention, que « s’ils oubliaient ce qui s’est passé la nuit dernière, il n’y aurait pas de conséquences ». La nouvelle, il y a quelques heures, c’est qu’environ 120 migrant.e.s, dont 25 femmes et enfants, ont été arrêtés et détenus au poste de police pour occupation de l’espace public. Deux soutiens ont également été arrêtés.

Dans les faits, comme ce fut le cas en Pirée ainsi qu’à Lesbos et à Chios, les fascistes et la police ont en fait collaboré à la répression de la protestation des migrant.e.s.

L’occupation de la Place Sappho avait commencé mardi 17 février, après qu’un cortège d’environ 200 migrant.e.s, avec des soutien, avait quitté le hotspot de la Moria. Les raisons de la manifestation étaient la ségrégation et les conditions de vie sur l’île, la détention, les déportations et la nouvelle de la mort d’un Afghan suite au manque d’assistance médicale (qui a en fait eu lieu après des jours de coma).

Une autre raison de protestation a été la sentence de la Cour suprême grecque, le même jour le 17, qui avait annulé les restrictions géographiques à la liberté de circulation imposées aux personnes arrivant sur les îles de Lesbos, Rhodes, Chios, Samos, Leros et Kos. La décision, en vigueur dès le lendemain du 18 avril, a permis aux migrant.e.s arrivés sur les îles à partir de cette date de se rendre en Grèce continentale, mais sans effet rétroactif et ne comprenant donc pas les personnes qui étaient alors détenues à Lesbos.

Le gouvernement grec de Syriza, après le jugement du 17, a immédiatement pris des mesures: le 18 avril, le ministre des migrations a nommé un nouveau directeur pour le service d’asile grec. Le 19 avril, un nouveau projet de loi a été déposé sur l’immigration (qui avait croupi pendant des mois dans les commissions) qui prévoit la restauration des restrictions de mouvement pour les migrants, le 20 avril le nouveau directeur du service d’asile a pris la décision de suspendre la possibilité de mouvement dans le reste de la Grèce, à partir du 21 avril, le service d’asile grec a rétabli la restriction des déplacements des migrants, limitée aux îles. La nouvelle loi sera discutée au parlement dans les prochains jours.

Comme déjà annoncé par le ministère, le projet de loi prévoit une nouvelle fois la possibilité de confiner les demandeurs d’asile, ouvrant la voie à l’imposition de limites géographiques aux îles, ainsi que de nouvelles limitations du droit d’asile et à la facilitation des expulsions.

source: https://hurriya.noblogs.org/post/2018/04/23/lesbo-fascisti-assaltano-migranti-polizia-sgombera-arresta-governo-annuncia-nuova-legge-restrittiva-sullimmigrazione/

… ça a pas duré plus de 48h hein

Gap, France : Carnaval contre les frontières haut en couleur – Samedi 21 avril 2018

« Un carnaval solidaire contre la frontière » était organisé ce samedi 21 avril à Gap, afin de s’opposer entre autres à la loi raciste « Asile et immigration » de Gérard Collomb sur le point d’être adoptée par les députés. Près de 300 personnes, le visage dissimulé sous des masques, y ont pris part et la manif fut particulièrement dynamique, défilant du parc de la Pépinière jusqu’à la préfecture des Hautes-Alpes.

Musique, chants, slogans (« solidarité avec les sans-papiers ») et déguisements étaient de la partie, tout comme un char où trônait un juge à la tête d’ogre… De nombreux tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville, du mobilier urbain, ainsi que des vitrines d’agences immobilières et de banques.

Même le grand mur de la prison rue Grenette a été repeint, ce qui n’a pas été du goût d’un maton, qui a cherché l’embrouille et s’est mangé des coups.

La manif s’est dispersée vers 20h sans interpellation.

 

[Reformulé de deux articles de la presse locale] par sansattendre.noblogs.org

Voltairine de Cleyre – L’idée dominante

La doctrine que les circonstances sont tout et les hommes rien, a été et est le fléau de nos modernes mouvements de réformation sociale.

Notre jeunesse, animée par l’esprit des anciens éducateurs qui croyaient à la suprématie des idées, même à l’heure où ils allaient abandonner cette thèse, a cru que les merveilles de la Révolution allaient bientôt se réaliser. Dans leur enthousiasme, ils faisaient dire à l’Évangile des Circonstances que bientôt la pression de l’évolution matérielle briserait le cadre des choses, — ils ne donnaient à la société mourante que quelques années à vivre. Ils assisteraient eux-mêmes à la transformation et prendraient part à ses joies. Les quelques années prévues ont passé et rien ne s’est produit; l’enthousiasme s’est refroidi. Et voici que ces idéalistes sont devenus des hommes d’affaires, des industriels, des propriétaires fonciers, des prêteurs d’argent, — les voici se glissant dans les rangs de cette société qu’ils méprisaient jadis, s’y introduisant pitoyablement, à la remorque de quelque personnage insolvable auquel ils ont prêté de l’argent ou rendu gratuitement quelque service professionnel. Les voici qui mentent, trompent, trafiquent, flattent, achètent et se vendent pour un hochet, une petite place en vedette de rien du tout. L’Idée Dominante sociale les a engloutis, leurs vies s’y sont absorbées, et lorsque vous leur en demandez la raison, ils vous répondent que les circonstances les y ont contraints.

https://fr.theanarchistlibrary.org/library/cleyre-voltairine-de-l-idee-dominante

Ambert : Des précisions sur l’enquête en cours

Pour rappel, le matin du 28 mars ont eu lieu à Ambert (63) trois perquisitions. Celles-ci ont été ordonnées dans le cadre d’une enquête sur la tentative de destruction par le feu d’un véhicule d’Enedis dans la même ville dans la nuit du 8 au 9 juin 2017. L’une de ces perquisitions visait un squat dans lequel les gendarmes ont découvert trois « dispositifs de confection artisanale pouvant s’apparenter à des engins incendiaires », en l’occurrence « des bouteilles contenant un liquide et sur lesquelles étaient serties des blocs blancs pouvant être des allumes-feux » (tous les termes apparaissant entre guillemets dans ce texte sont ceux de la justice). Deux personnes ont été placées en garde à vue (60 heures), puis en détention provisoire avec un mandat de dépôt criminel d’un an. Ils sont mis en examen pour les faits suivants : « tentative de destruction volontaire du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et, pour l’un des deux seulement, « refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d’infraction entraînant l’inscription au FNAEG ». Les deux compagnons ont fait appel de leur mise en détention et, après deux semaines enfermés l’un à Riom et l’autre à Montluçon, ils sont passés à la cour d’appel de Riom le 17 avril. Ils ont été relâchés le jour même sous contrôle judiciaire.

Le présent texte tente de rassembler et de communiquer les différents éléments de cette affaire qui reste pour le moment très opaque. Les inculpés et l’avocat n’ont pour le moment pas pu avoir accès au dossier. À l’heure où la toile de la répression s’agite aux quatre coins du pays (a-t-elle jamais cessée de le faire ?), il semble important de transmettre le maximum de détails quant aux modes opératoires, aux rythmes et aux connaissances du tandem police/justice (tout en gardant à l’esprit que chaque enquête, chaque affaire a ses spécificités).

Nigeria – La Grande Bretagne veux agrandir la prison de Kirikiri pour y enfermer des ressortissants Nigériens condamnés sur le sol britannique

Le gouvernement britannique a récemment annoncé son intention de construire une nouvelle aile dans une prison au Nigeria. L’aile de 112 places à la prison à sécurité maximale de Kirikiri, à Apapa, dans l’État de Lagos, permettra l’expulsion de prisonniers du Royaume-Uni vers le Nigeria. L’Etat britannique avait signé un accord en 2014 avec le Nigeria pour permettre ce type d’expulsionsLa prison à sécurité maximale de Kirikiri a été construite en 1955, cinq ans avant que le Nigeria devienne officiellement indépendant de la domination coloniale britannique. La capacité officielle de la prison est de 1 056 personnes. En mars 2018, la prison contenait environ 5 000 prisonniers. […]

L’aile de la prison au Nigeria n’est pas le premier projet de construction de prison que l’Etat britannique a tenté de lancer. En 2015, le Premier ministre David Cameron a annoncé son intention de construire une nouvelle prison en Jamaïque aux mêmes fins – pour permettre le transfert de prisonniers entre les deux pays. 25 millions de livres ont été offerts pour la construction d’une nouvelle prison pour 1 500 personnes dans le cadre d’un programme d’aide de 300 millions de livres sterling à la Jamaïque pour accroître le commerce et l’exploitation mondiale. L’enveloppe, qui ne couvrait que 40% du coût, a finalement été rejeté par l’État jamaïcain. […] La première prison que les Britanniques tentèrent de construire en 1882 fut inexorablement visée par les anticolonialistes, qui furent capables de l’incendier facilement grâce à sa structure faite de murs de paille et de boue. En 1885, le gouvernement colonial a importé des briques d’Angleterre pour £ 16 000 et reconstruit la prison. La puissance néo-coloniale dans le pays continue avec les organismes coercitifs tels que le Fonds monétaire international, qui dirigent la production détournant de l’agriculture adressée aux besoins nationaux vers les industries de l’extraction des ressources et des combustibles fossiles.

Avant 2006, la plupart des prisonniers de nationalité étrangère étaient simplement libérés de prison à la fin des peines. La loi britannique de 2007 sur les frontières, introduite par le gouvernement travailliste, a marqué un tournant. Il a établi que les «criminels étrangers» purgeant une peine de 12 mois ou plus doivent être automatiquement expulsés et que tous les non-ressortissants condamnés à une peine d’emprisonnement seraient sous mesure d’expulsion, quelle que soit leur situation. […]

De même, la distinction entre «bon / méritant migrant» et «mauvais / indigne migrant» ou «réfugié vulnérable» peut renforcer l’acceptation de l’emprisonnement, de la déportation et du régime frontalier pour ceux qui tombent dans les mailles du système de justice pénale. […] Parallèlement, le gouvernement britannique continue de travailler sur son programme d’expansion des prisons de 1,3 milliard de livres sterling.

 

Repris de : https://hurriya.noblogs.org/post/2018/04/21/colonialismo-carcerario-progetto-gran-bretagna-costruire-unala-prigione-nigeria/

(certaines parties […] non pas été traduites mais sont disponibles sur le site en Italien)

Grèce – Attaque de faf à Lesbos : des dizaines de blessés

23 avril 2018

Des dizaines de migrants ont été blessés dans la nuit lors de l’attaque d’un groupe d’extrême droite à Lesbos, une île grecque de la mer Égée. L’information nous vient des médias locaux. Des réfugiés, en majorité afghans, attendent depuis des mois une réponse à des demandes d’asile et se sont rassemblés pour manifester sur la place centrale de Mytilène, la ville principale de l’île.

Au crépuscule, plusieurs centaines de jeunes d’extrême droite ont commencé à les insulter et à les attaquer avec des bâtons et des jets de pierres. Les assaillants ont mis le feu aux poubelles. Les migrants ont refusé de quitter la place et le centre historique de la ville est devenu un champ de bataille, selon des témoins.

La police évacué la place ce matin et les réfugiés ont été amenés au hotspot de la Moria, qui abrite plus de 6 000 réfugiés, soit plus du double de la capacité.

 

http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/migranti-attacco-gruppo-estrema-destra-a-lesbo-decine-feriti-78c562b4-864b-401a-ba07-c7b67fca6d29.html?refresh_ce

Florence (Italie) : Un compagnon retourne en prison, un autre sous contrôle judiciaire

Anarchici Fiorentini 

Le 19 avril est arrivée la réponse de la Cassation à l’instance de la défense contre l’appel, gagné par le Parquet, concernant l’incarcération de Giovanni et Pasca et le contrôle judiciaire pour Nicola [on verra ici le début de cette histoire répressive; NdAtt.]. Pasca a été jugé il y a quelques semaines (car arrêté à Lecce, le tribunal comptant est donc un autre [et la Cassation a confirmé son incarcération; NdAtt.]), tandis que pour Giovanni et Nicola ça a pris quelques semaines en plus, pour des raisons techniques qui n’ont pourtant pas changé le résultat.
Comme dans le cas de Pasca, une dizaine de vautours de la DIGOS se sont immédiatement présentés chez Giovanni, ricanant de satisfaction et essayant de provoquer les compagnons qui étaient à la maison avec lui, en leur demandant leurs papiers.

Cela fait un an et trois mois que cette affaire a officiellement commencé (depuis le 31/12/2016 [et l’explosion d’un engin devant une librairie fasciste, lors de laquelle un flic a perdu une main; NdAtt.]) et au lieu de se dégonfler, cette sale affaire se gonfle toujours plus (on remarquera que, pour ce recours en Cassation, le Procureur Général de la République s’est déplacé en personne, afin de plaider contre les anarchistes) : après avoir employé des centaines d’hommes, dépensé plusieurs millions d’euros, mis sous enquête des dizaines de personnes (12000 pages de dossier), il doivent justifier tout ça !

*****

NdAtt. : On ne sait pas encore dans quelle taule a été emmené Giovanni. Par contre, voici les adresses de Pasca et Ghespe (toujours en taule pour la même affaire) :

Pierloreto Fallanca
Casa Circondariale di Teramo
Località Castrogno
Strada Rotabile
64100 Teramo

Salvatore Vespertino
Casa Circondariale di Sollicciano
via Minervini 2r
50142 Firenze

Trouvé sur : https://attaque.noblogs.org

Un jeune homme (serait) entre la vie et la mort suite à l’évacuation de Tolbiac

Marseille :

Rassemblement mardi 24 avril, 18h30, Réforméshttps://mars-infos.org/disparu-de-tolbiac-l-etat-3049

MAJ2 : l’APHA dément (https://paris-luttes.info/expulsion-de-tolbiac-ce-matin-9973?lang=fr)

MAJ : L’hospitalisation du blessé aurait été confirmée par Sud Santé

Ndr : à l’heure actuelle personne ne sait réellement ce qu’il en est …il est néanmoins pas forcement nécessaire d’avoir un mort ou blessé grave pour sortir dans la rue et foutre le zbeul!!!

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20/04/2018

D’après des témoignages recueillis sur place un des blessés de ce matin serait dans le coma.

Vers 5h10, 5h20 alors que les flics étaient déjà à l’intérieur, les CRS restaient en bas dans la fosse mais des membres de la BAC sont montés sur les terrasses (amphis d’été) pour chopper des gens. Un groupe a réussi à sortir en sautant mais au moment où la dernière personne allait sauter, un bacqueux lui a attrapé la jambe. Le mec a perdu l’équilibre et est tombé, la tête la première, par dessus le muret. Il s’est éclaté la tête par terre (chute d’au moins 3m) et ne s’est pas relevé. Il saignait des oreilles.

D’autres personnes rencontrées sur place confirment la chute et le fait qu’il ne se soit pas relevé. Dans les médias de masses on s’évertue à reprendre la version policière qui consiste à dire que l’évacuation s’est faite dans le calme.

Lire tout le déroulé sur Paris-Luttes.info.

 

https://mars-infos.org/expulsion-de-tolbiac-un-etudiant-3042

Marseille : Educs, flics & juges…

Une personne (A.) hébergé par l’Addap 13 (à Pressenssé*) s’est révolté hier sein du bâtiment. Le personnel de l’Addap 13 (les éducs) a appelé les flics qui ont arrêté et emmené A. menotté au commissariat. Ce matin, ces amis ont occupé et bloqué l’immeuble avec des pancartes dénonçant leurs conditions a Pressensé et demandant la libération de A. Ils protestent contre la mise en GAV de A. et dénoncent les mauvaises conditions de traitement et de vie à pressensé. Le personnel a de nouveau appelé les flics…

A. passe au tribulanl cet après-midi pour  violences et destruction
Rdv cette après midi au TGI 6 rue J. Autran (Marseille)
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*Lieu d’hébergement proposé par l’Addap 13 après  l’occupation de l’église du vieux port cet hiver
https://mars-infos.org/ca-chauffe-au-foyer-de-pressense-3044

Hautes-Alpes : Génération Identitaire au col de l’Echelle

Une centaine de militants lancent actuellement une opération anti-migrants au col de l’Échelle. 

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/4936675/hautes-alpes-une-centaine-de-militants-lancent-actuellement-une-operation-anti-migrants-au-col-de-lechell

Une centaine de militants du mouvement « Génération identitaire » ont lancé ce samedi matin une opération coup de poing dans la Vallée de la Clarée, à la frontière franco-italienne, dans les Hautes-Alpes.
Les militants, en majorité des Français, mais également des Italiens, des Hongrois, des Danois, des Autrichiens, des Anglais et des Allemands sont en train de grimper en raquette le col de l’Échelle enneigé pour« contrôler la frontière ».

 

MAJ « forçage » de frontière Un cortège de soutiens et migrants défonce le bloc de la gendarmerie à la frontière montgenèvre / Claviere et réussit à arriver en France: https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2018/04/22/col-de-l-echelle-les-militants-de-generation-identitaire-devraient-quitter-les-lieux

MAJ2 : 3 personnes interpellé.e.s dans les Hautes-Alpes après le passage de frontière de samedi  http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/04/23/hautes-alpes-deux-militants-interpelles-apres-l-entree-de-migrants-venant-d-italie-dimanche_5289411_1653578.html

Encore un mort au mitard

Encore un mort au mitard : Communiqué de prisonniers de Seysses

Voir aussihttp://www.leparisien.fr/faits-divers/morts-en-serie-a-la-prison-de-fleury-merogis-18-04-2018-7671453.php#xtor=AD-1481423552

Quand les déserts de béton deviennent intelligents

Surveillance intelligente et
technicisation de la ville

Novembre 2017 – Allemagne

La manière dont Munich a changé ces dernières années a laissé ses traces  : les loyers qui grimpent chassent les pauvres et les indésirables hors de la ville pendant que s’érigent l’un après l’autre des immeubles de luxe… Cette restructuration s’étend bien au-delà de simples projets de construction et le terme « gentrification » ne saurait refléter toute cette réalité. L’afflux de riches et de nouvelles activités économiques et industrielles s’accompagne d’une hausse de moyens pour la police et la Justice ainsi que d’une extension des infrastructures de transport et télécommunication. Néanmoins, la restructuration militarisée de la métropole ne reste pas sans réponse  : on voit de plus en plus de vandalisme et d’incendies contre des voitures et des bureaux de compagnies immobilières, comme sur des chantiers ou contre des sociétés de construction. Cette rage semble aussi s’étendre aux maisons et appartements de luxe et, de temps à autre, aux voitures de gardiennage et de police qui les protègent. Pendant ce temps, de nouvelles couches de peinture toutes fraîches brillent sur les façades lustrées  ; les journaux annoncent des récompenses pour toute info qui pourrait aider l’enquête sur les incendies ; et les pelleteuses déferlent sur les derniers espaces non encore aménagés. Ce texte a été publié il y a quelques mois pour s’interroger sur le moteur de cette restructuration et sur la direction qu’elle prend. L’industrie des technologies, en pleine expansion, recrute de plus en plus de jeunes cools, tout en confinant les exclus dans une position isolée, rouages inconscients de la machine économique urbaine. Pour ne pas se limiter à des hypothèses sur les possibilités de révolte que nous laisseraient les scénarios du pouvoir, soyons clairs quant à qui et quoi attaquer, ici et maintenant.

La suite icihttps://avalanche.noblogs.org/files/2018/04/Avalanche-FR-13.pdf

Avis de tempête – Sans Abri

Plus rien ne semble pouvoir arrêter la course guerrière. Depuis que la révolte populaire en Syrie s’est transformée en guerre civile prolongée, les massacres, les destructions et les exodes ont dépassé de loin ce que nous sommes capables, tout simplement, de concevoir. Les bulletins de morts ont depuis longtemps renoncé à faire les additions quotidiennes. Cent, deux cents, quatre cents, sept cent mille morts… Trois, quatre, six millions de réfugiés. Mille, quinze mille, trente mille frappes aériennes. Les boucheries se font à des échelles hors de portée de notre cerveau. Pourtant, elles ne sont que trop réelles.

La révolte en Syrie est devenue un bourbier d’intérêts internationaux (États Unis,
Russie, Iran, Israël, Turquie, France, Angleterre, Arabie Saoudite,…), dont les allégeances et accords fluctuent au fil de la course vers le gouffre final. Tout semble indiquer qu’une ultérieure extension de la guerre devient inéluctable, où le cap sera franchi de l’affrontement indirect entre puissances impliquées dans la guerre syrienne vers des confrontations ouvertes, aux conséquences imprévisibles, mais au prix d’autres dizaines de milliers de morts. Ainsi sera façonné le nouveau monde dans lequel nous ne tarderons pas à nous réveiller, un monde différent de celui de la Guerre Froide, différent de la domination d’un gendarme du monde aux accents démocratiques garantissant la paix des marchés au prix d’opérations militaires cantonnées à une région précise. L’invasion d’Afrin par l’armée turque n’est peut-être que le prélude de l’extension d’une guerre qui s’annonce, aux traits bien plus vastes.

Toulouse : Émeutes dans le quartier de la Reynerie et mutinerie après la mort d’un prisonnier à la prison de Seysses

MAJ+d’infos ici

Toulouse : Trois nuits d’émeutes

Des heurts ont opposé des habitants aux forces de l’ordre dimanche soir après la mort d’un détenu originaire du quartier.

C’est la mort d’un détenu qui aurait déclenché les affrontements. Dimanche soir, des habitants de la cité de la Reynerie, à Toulouse (Haute-Garonne), ont violemment affronté les forces de l’ordre, rapporte La Dépêche.

Les violences ont débuté vers 20 heures avec des jets de projectiles. Dix voitures et un engin de chantier ont été brûlés, selon le bilan d’actuToulouse et des feux ont été allumés sur la chaussée. Les pompiers ont peiné à accéder au quartier qui avait été bouclé.

Le commissariat du Mirail, à quelques centaines de mètres de la Reynerie, a été pris pour cible dans la soirée « au cocktail Molotov » et des voitures sérigraphiées ont été dégradées, a détaillé Sébastien Pelissier, secrétaire départemental adjoint chez Alliance, auprès d’actuToulouse.

Ces incidents n’ont « fait aucun blessé » et n’ont donné lieu à « aucune interpellation », a expliqué le commissaire Arnaud Bavois, Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP).

Au total, plus de cent policiers, CRS et gendarmes ont été mobilisés pour ramener le calme. Un hélicoptère de la gendarmerie a également survolé le quartier.

[…]

http://m.leparisien.fr/faits-divers/toulouse-affrontements-avec-la-police-dans-le-quartier-de-la-reynerie-16-04-2018-7666485.php#xtor=AD-1481423552


Une mutinerie a eu lieu ce lundi après-midi à la prison de Seysses, près de Toulouse. Les gendarmes se sont rendus sur place ainsi que les Eris (Equipes régionales d’intervention et de sécurité) pour calmer le mouvement.
Tout est parti de la mort d’un détenu de 26 ans dans la nuit de samedi à dimanche. Une mort « à la suite d’un suicide dûment constaté par le parquet », a indiqué le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) adjoint, le commissaire Arnaud Bavois. Une enquête est en cours et une autopsie devait avoir lieu ce lundi après-midi. La thèse du suicide ne convainc pas les codétenus du jeune homme qui pensent qu’il a été battu par des gardiens de prison.
Après deux heures de tensions, le calme est revenu en fin de journée dans l’établissement pénitentiaire.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/16/2781295-mutinerie-prison-seysses-pres-toulouse-suite-mort-detenu.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/apres-mort-detenu-prisonniers-refusent-rentrer-cellule-seysses-pres-toulouse-1459775.html

Comme des poulets sans tête ?

Il paraît qu’il se passe quelque chose. Depuis plusieurs semaines, l’autonomie s’agite. Quelques dizaines d’étudiant.es essaient de s’organiser dans les facs au moment où les syndicats organisent des « journées d’action » sporadiques à la SNCF, dans la grande distribution et la fonction publique. Mais une multitude de luttes fait-elle un mouvement ? Peut-être. Pas sûr. Dans tous les cas, le dépassement en nombre et en idée de la situation actuelle ne se fera pas tout seul. Ni sur Facebook.

Poing levé et pouce en l’air

Depuis un moment à Lille, la seule lecture en manif est produite par la CGT et la France Insoumise. N’avons nous plus rien à dire ? Dans les têtes et sur les murs, aucune trace d’une analyse critique. Pas une affiche, pas un tag, ni en ville, ni dans les facs : seuls les écrans nous offrent l’impression d’un printemps agité. Pourtant, des slogans tweettables, ressassés et folkloriques ne suffiront pas à dépasser l’action pour l’action et les manifs sans lendemain.

De toute évidence, nous ne sommes pas beaucoup et l’époque est morose. Pour autant, resserrer les rangs doit-il nous interdire d’exprimer nos désaccords ? Que les syndicats soient moribonds doit-il nous interdire de critiquer le contrôle qu’ils opèrent sur la lutte ? Si des délégué.es CGT en appellent aujourd’hui à la convergence des luttes, c’est que la centrale syndicale n’est plus assez puissante pour mener des actions seule. Mais demain, lorsqu’elle avouera sa défaite, gare à celles et ceux qui ne se satisferont pas de miettes et ne voudront pas retourner au turbin. Est-ce aussi cette convergence des luttes tant espérée qui nous réfrène de moufter lorsque dans une assemblée à l’université, un permanent cégétiste vient défendre le besoin que l’État poursuive ses investissements dans le nucléaire ? Et est-ce encore la convergence des luttes qui nous a fait tranquillement défiler le 22 février en compagnie des partisans d’Asselineau et des flics de FO ?

Assurément nous avons des divergences. Et des divergences profondes : sur l’État, sur le travail, sur ce que nous désirons et la manière d’y parvenir… Exprimer nos désaccords ne nous empêche pas d’être solidaires dans la lutte. Toutefois, nous avons besoin que les idées soient débattues pour qu’elles ne restent pas l’apanage des avant-gardes plus ou moins formelles. Nous avons besoin de discussions qui ne soient pas réduites à de la stratégie politicienne pour comprendre ce qu’il se passe actuellement et ne pas rejouer une partition périmée. Courir ensemble d’une action à l’autre ne suffira pas à déterminer ce que nous faisons ensemble.

Ainsi, ne peut-on pas voir dans l’héroïsation de la lutte des cheminot.es le regret de voir disparaître le prolétariat encaserné dans les grands secteurs qui firent le triomphe de la société industrielle ? Qu’est-ce qu’un appel à la grève générale lorsque le travail est si morcelé et précaire qu’aujourd’hui et que beaucoup d’entre nous n’ont aucun espoir ni volonté de trouver un taf qui ne soit pas seulement alimentaire ? Ces questions n’ont rien de triviales. Mais si nous ne nous les posons pas, nous sommes condamné.es à nous agiter comme des poulets sans tête. Ce texte est une invitation.

Quelques anarchistes
Lille, le 10 avril 2018

 

Trouvé sur Indy Lille

Macron veux réparer les liens avec l’Eglise

Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.

Ces mardi et mercredi 27 et 28 mars, au moins sept perquisitions ont eu lieu dans quatre villes différentes, Limoges, Toulouse, Ambert et Amiens. Neuf gardes-à-vues ont suivi, entre deux et quatre-vingts heures. Depuis samedi, trois personnes sont placées en détention provisoire. Association de malfaiteurs, bande organisée, destruction par moyens incendiaires voilà les termes des accusations dans un flou judiciaire et un silence glaçant. Les dispositifs de gendarmeries qui se déplacent au petit matin ne passent pas inaperçus, pourtant les réactions sont timides.
Peut-être est-ce l’habitude de se dire que cela pourrait retomber sur nous, qu’au fond tout cela nous concerne que trop. Pour mieux comprendre, quelques éléments de contexte.

Rappelez-vous, l’état d’urgence était décrété en 2015. Militarisation de la surveillance, fiches S par centaines, un millier de perquisitions, interdictions de manifester et assignations à résidence… On habitue la population à la présence policière et se donne dans le même temps les moyens de réprimer toute forme de contestation. Ainsi l’État de droit qui ne trouve le principe de sa conservation que dans la production d’exceptions à la loi, fait ainsi structurellement de la police cette illégalité-instituée qui lui assure l’extension permanente de son pouvoir.

Italie – Centre de rétention de Palazzo San Gervasio : grève de la faim et évasion de masse.

La lutte des personnes emprisonnées au centreau Palazzo San Gervasio ne connaît pas de répit. Des médias locaux, nous apprenons qu’hier, le 9 avril, des détenus ont organisé une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention dans le camp de concentration de l’Etat.

Pendant la nuit, 22 des 82 personnes enfermées se sont échappées et ont grimpé sur les toits de la structure. Trois des évadés ont ensuite été repris par la police.

repris de  https://hurriya.noblogs.org

 

Sans égard

Lorsque l’on se trouve au milieu de nulle part et à bout de force, sans aucun moyen et loin de tout abri, on ne peut pas avoir peur de l’approche de la tempête. Même quand elle apparaît effrayante devant nos yeux, avec ses éclairs meurtriers, avec ses tourbillons qui soulèvent et envoient tout en l’air, même si nous sommes conscients que l’on risque d’en être victimes, il reste la seule possibilité d’éviter un destin déjà marqué autrement tragique. Seule la tempête peut radicalement changer l’horizon auquel nous sommes confrontés, elle seule peut tout bouleverser en la remettant en question. Après son passage, tout redevient possible. Vaine illusion ou hypothèse concrète ? Quoi qu’il en soit, la tempête vous ne pouvez qu’aller vers la tempête. Avec un frisson d’angoisse et d’espoir dans le cœur.

Telle est apparue dans le passé la guerre civile et apparaît encore pour beaucoup. Cela ne veut pas dire qu’il faut recourir à la fausse représentation rhétorique utilisée par les historiens, les enseignants ou les journalistes pour exorciser la menace subversive. Quand ils abordent les événements en Espagne en 1936-37 ou en Italie après 1945, par exemple, ils aiment parler de guerre civile. Comme si ces conflits étaient le résultat d’une haine archaïque, d’une rancœur privée, d’instincts déraisonnables, et non pas l’affrontement entre des visions du monde et une vie irréductiblement opposée. Comme s’il s’agissait d’un règlement de comptes personnels, et non d’une bataille de libération. Quand l’intellectuel de base parle de guerre civile, il est presque toujours préférable de faire taire la révolution sociale.

Considération sur les assemblées

 

Dans les assemblées on ne discute pas tous ensemble, on écoute les interventions de ceux qui sont plus habiles à exposer leur positions en les faisant ainsi passer pour la Raison collective. Celui qui parle mieux, c’est-à-dire qui possède la parole plus persuasive, contrôle l’assemblée et la plupart du temps c’est aussi celui qui l’organise). Tous ceux qui ont fréquenté des assemblées en voient clairement le fonctionnement. Quand la composition en est plus homogène, on voit le ricochet de deux ou trois voix qui se dirigent docilement vers une décision souvent déjà prise ailleurs. Les spectateurs, en silence, prennent des notes mentales de ce qu’ils peuvent dire au cas où quelqu’un les interroge sur leurs idées. Qui a des doutes ou des perplexités, se retiendra de les exposer, par crainte d’être contredit par une réponse brillante. Si les assemblées sont plus élargies, alors c’est une lutte entre différentes factions afin d’obtenir l’hégémonie. Amplifiés par les groupes respectifs de supporters, les discoureurs les plus habiles se livrent bataille. Ici, le nombre peut faire la différence, car il n’est point sûr que la parole la plus habile soit aussi la dernière. Il faut tenir compte aussi des ambitions personnelles et des rapports affectifs, tout l’enchevêtrement de sympathies, antipathies, préjugés, calculs stratégiques, rancunes, vanité et ainsi de triste suite.

Une assemblée, pour être réellement un lieu de rencontre entre égaux, devrait voir la participation d’individus ayant tous les mêmes connaissances et les mêmes capacités d’expression. Sinon, ce n’est qu’une mystification, un moyen pour faire qu’une décision semble être prise en commun alors qu’elle ne l’est pas vraiment. Pour cette raison, l’assemblée est le lieu de prédilection de la classe politique du mouvement, cette micro-bureaucratie toujours en quête d’une masse à coordonner et organiser. Un théâtre de guignols où se rencontrent stars, aides et figurants, pour réciter le spectacle du dialogue et de la confrontation, fiction fade qui transforme des idées opposées en opinions divergentes, afin de consentir au jeu de la réconciliation. […]

https://infokiosques.net/lire.php?id_article=946

Marseille – Occupation en cours à St Charles et Aix (amphi Guyon, fac de Lettres)

https://mars-infos.org/ag-a-la-fac-st-charles-2978

Fredy Perlman 1968, « Tout peut arriver »

« Soyez réalistes, demandez l’impossible ! »

Ce slogan, utilisé en mai par des révolutionnaires en France, est allé à l’encontre du bon sens, surtout le « bon sens » de la propagande militaro-industrielle américaine. Ce qui s’est passé en Mai était aussi contraire au « bon sens » américain officiel. En fait, d’après le « bon sens » américain, la plupart de ce qui se passe dans le monde chaque jour est impossible. Ça ne peut pas arriver. Ça ne peut pas arriver. Et si ça arrive, alors le « bon sens » officiel est un non-sens : un ensemble de mythes et de fantasmes. Mais comment le bon sens peut-il être un non-sens ? C’est impossible.

Lors d’une manifestation à Paris, les étudiants savaient qu’ils ne pourraient pas se défendre contre une charge policière, mais certains d’entre eux ne se sont pas enfuis à la vue de la police ; ils ont commencé à monter une barricade. C’était ce que le Mouvement du 22 Mars a appelé « une action exemplaire » : un bon nombre d’étudiants ont fait preuve de courage, ne se sont pas enfuis devant la police et ont commencé à monter des barricades.

Les étudiants savaient qu’ils ne pourraient pas, par eux-mêmes, détruire l’État et ses appareils représentatifs. Cependant, ils ont occupé et commencé à gérer les universités, et dans la rue ils ont répondu aux lancers de gaz lacrymogènes par des lancers de pavés. C’était aussi une action exemplaire : des ouvriers dans certaines usines ont fait preuve de courage et ont occupé leurs usines, ils étaient prêts à les tenir contre leurs « propriétaires».

https://attaque.noblogs.org/files/2018/04/tout_peut_arriver.pdf

 

Tout est toujours possible…

(Ndt : Ce texte provient de la présentation du catalogue (mis à jour) des éditions Gratis en Italie – les livres sont tous en Italien – mais le texte est chouette… alors est venue l’envie de le traduire…).

«Qui su questo promontorio si dà vita a forme estreme. I nostri libri, o borghesi, vi risulteranno incomprensibili» (Manifesto dell’eternismo, 1916)

Plus que jamais apparaît comme incompréhensible tout ce qui refuse de participer au fonctionnement de ce monde, de jeter sa petite contribution d’adhésion aveugle ou de réprimande ouverte à la servitude volontaire dans laquelle nous avons sombré jusqu’au cou. Le réalisme – la résignation à l’autorité de l’État et aux besoins du marché – a occupé et colonisé tout espace imaginaire, transformant l’être humain en fonctionnaire et réduisant sa potentialité à une simple chance de survie ou de carrière.

Le triomphe planétaire de la domination, surtout dans sa variante techno-démocratique, veut nous priver d’un lieu impénétrable où se rencontrer, se connaître, vivre et préparer les assauts aux Seigneurs et aux Puissants. La forêt Sherwood de nos rêves une fois abbatue, seuls les espaces publics sont disponibles, où, sous l’œil attentif des caméras, nous est concédé la possibilité de tenir le comptoir en tant que libres professionnels dérangeants radicaux ou subversifs avec des aspirations citoyennes. Non, merci.

Il faut vraiment être guéri de la plus pernicieuse des « maladies infantiles », il faut avoir été définitivement vaccinés contre la séduction utopique, soutenir si farouchement la nécessité de participer plutôt que de déserter, de faire preuve d’humilité plutôt que d’exploser avec arrogance.

Quant à nous, ne voulant ni accéder (ndt : entrer dans le lot) ni nous adapter, nous ne ressentons pas l’urgence d’être accessibles et adéquats. Bien au contraire. Pour nous aussi, la croyance, voire l’assujettissement au monde réel est sans aucun doute le fondement de toute servitude. Ce n’est qu’en mettant de côté toutes les habitudes, toutes les données acquises, toutes les certitudes, que nous pouvons partir à la recherche de ce qui n’est pas, de ce qui n’a jamais été.

Pour aller au-delà des formes permises par le présent, il faut se plonger dans des événements inconnus, prononcer des mots insoupçonnés, briser les limites de la pensée et enfin concevoir que tout est toujours possible.

Une tension qui, c’est facile à deviner, claque la porte face à un  public avide de lieux communs. Pas defile de clients, pas de foule de spectateurs. Aucune reconnaissance édifiante. Seuls les effets de provocation-actions se propagent, parfois accompagnés de la rancœur des offenses, parfois par le sourire des complices.

Mais cette existence est ailleurs – elle ne peut pas être simplement une citation littéraire.

La lecture de livres peut être dangereuse. Quelqu’un, effrayé, a prévenu que « cela fait donne des idées ». Pour avoir des opinions, juste la télévision. Pour apprendre un jargon à répéter par cœur, les journaux «de fête» sont plus appropriés.

Si nous insistons pour étaler de l’encre sur des feuilles cellulosique, ce n’est pas pour fournir un passe-temps alternatif aux yeux agités, ni un remède contre la poussière sur les meubles. Nous visons à éclairer quelques étoiles avec lesquelles éclairer le ciel à l’horizon. Parce que les ténèbres de l’ignorance ne sont pas seulement ennuyeuses … c’est abrutissant … et cela nous oblige à crapahuter (surtout derrière les autres). Exactement comme la lumière au néon d’une connaissance gustative. Si, au contraire, nous avons l’intention de poursuivre notre voyage en toute autonomie, sans rejoindre plus ou moins de groupes touristiques, nous devons nécessairement remettre en cause cette pensée unique qui prétend attribuer à chacun une seule destination, un seul destin.

Nous préférons toujours laisser le certain pour l’incertain, au risque de tout réinventer – comme individus iconoclastes, jamais fidèles à une ligne. Impertinent et sans aucune pertinence. Excessifs et sans raisons. Intempestif ou inopportun. Bannissons le sens de la mesure. Laissons entrer l’infini.

 

https://roundrobin.info/2018/03/edizioni-gratis-aggiornamento-catalogo/

Lille 26/03 : Manif sauvage nocturne

Lundi soir, alors que se tenait une AG de 250 personnes à la faculté de Lille 2 dans le quartier de Lille Moulin, les fachos de génération identitaire ont décidé de faire un tour autour du campus. Il y a eu au moins une agression (MAJ à priori 3), les habitant.e.s du quartier ont immédiatement répondu et les ont fait fuir.

Face à eux, deux possibilités s’offraient aux étudiant.e.s. Rester dans l’amphi ou prendre la rue spontanément. C’est cette deuxième option qui a été retenue. Plus de 150 personnes ont donc défilé deter, de la faculté de droit à la gare, en passant par la place de la république.
Aux cris de « Flics, Fachos, Hors de nos facs, on répondra chaque fois qu’on nous attaque », ou encore « Du Rail au Mirail, on bloque tout » en passant par « Lille 2, première fac de droit révolutionnaire » (sic) ainsi que « Cheminots en colère, sabotez les caténaires » en arrivant sur la gare.

Rendez-vous le 28 & 29, 14 heure, place de la république contre les violences fascistes et les interventions policières au sein des campus universitaires, à Lille et ailleurs.

 

Reformulé du facebook de Lille insurgée

Grenoble, France : Perturbation d’un colloque de Frontex à l’université – 22 mars

Jeudi 22 avril, environ 150 personnes se sont rassemblées face au bâtiment IMAG de l’Université de Grenoble, dans lequel se tenait un colloque universitaire d’acteurs de la militarisation des frontières (Frontex, Euromed police, Europol, etc) qui s’intitulait « De Frontex à Frontex, vers l’émergence d’un nouveau corps européen de gardes côtes ». Etaient notamment présents le président d’Euromed police et le directeur des affaires juridiques de Frontex [1]. Slogans, table de presse et diffusion de tracts étaient au programme de cet après-midi.

Les organisateurs du colloque ont fait le choix de le maintenir sous haute surveillance policière, les entrées étant filtrées par des membres de la BAC.

Vers 16 heures, le groupe de plus d’une trentaine de personnes s’est dirigé vers la salle de conférence afin de perturber l’intervention du chef d’Euromed police, et d’interpeller les membres du colloque. Des participant.e.s ont alors ouvert les portes aux manifestant.e.s qui sont entré.e.s en scandant des slogans pendant une dizaine de minutes et laissant le temps de faire un tag dans la salle disant « FRONTEX tue ».

La police, en tenue anti-émeute est intervenue, frappant sans sommation les manifestant.e.s afin de les faire sortir. Bloquée contre un mur, des dizaines de personnes ont du faire face aux policiers sans pouvoir éviter les coups. De nombreuses personnes ont été blessées et certaines d’entres elles ont dû être hospitalisées. Il semble qu’il n’y ait pas eu d’arrestation.

Le militantisme exotique : Réflexions sur les films de Yannis Youlountas

Trois films dans l’air du temps : « Ne vivons plus comme des esclaves », « Je lutte donc j’existe » et le tout dernier « L’amour et la révolution ». Tel un chasseur d’images, ou plutôt de luttes, Yannis Youlountas prétend illustrer la résistance dans le sud de l’Europe. Les scènes s’enchaînent pour créer une apparence d’ensemble, pour représenter l’exotique avec le moindre effort. Et c’est ainsi que cet opérateur-explorateur s’invente une convergence de luttes et usurpe le rôle de l’expert. Nous sommes alors le public d’un spectacle. Notre rôle est réduit à consommer ces images et d’éprouver de l’admiration pour ce qui se passe ailleurs.

Comment mieux résumer ces films que par les paroles de leur réalisateur ? Yannis Youlountas décrit son travail cinématographique comme un voyage en terre de résistance et de luttes. Nous lisons également sur son site que c’est avec poésie qu’il délaisse l’analyse chiffrée pour un voyage émouvant. Et effectivement, il ne tente pas d’analyse. Il n’approfondit aucun sujet qui émerge de ses rencontres. Dans son deuxième film « Je lutte donc je suis » il tente cependant un fil rouge en déléguant la parole, entre autres, à Eric Toussaint -membre fondateur du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde) mandaté par le gouvernement Syriza – qui voit la crise principalement comme une affaire comptable. C’est précisément ce type d’approche technocratique qui peine à relever les transformations que nos sociétés subissent ces dernières années. Les images représentant des luttes, qui ne manquent pas depuis 2008, s’inscrivent alors dans une relation de cause à effet, où la cause est l’austérité, pour citer le réalisateur lui-même, et l’effet l’agitation, ou pour être plus précis le manque de calme. Suivant la loi d’action-réaction, Youlountas nous invite à observer les réactions, et ceci à travers des cartes-postales en mouvement d’un zoo humain grandeur nature.

Marseille 1963-1975 : Le hangar d’Arenc, une des premières prisons pour migrant.e.s

 

À Marseille, dans le quartier d’Arenc, le deuxième étage d’un hangar désaffecté a servi de lieu de détention pour les personnes migrantes dès le début des années soixantes. Les personnes y étaient retenues prisonnières et privées de tout contact avec l’extérieur. Les locaux appartenaient aux services de la « Sécurité publique » et la détention y était imposée à la discrétion de la direction générale de la police nationale et de « l’immigration clandestine », seule maître à bord pour décider du maintien, de l’expulsion ou de l’incarcération des personnes jugées comme indésirables. Cette « mesure » aurait touché environ 50 000 personnes de 1963 à 1975.

L’affaire a notamment été rendue publique suite à l’incarcération de Mohamed Chérif, un Marocain travaillant à Marseille qui se retrouvera convoqué au commissariat central de Marseille, le 11 avril 1975, suite à une altercation au consulat marocain. Mohamed Chérif était fiché comme « agitateur » pour son soutien au mouvement des travailleurs arabes. Lors d’une visite au consulat pour retirer un extrait de casier judiciaire, il est chassé et frappé, et décide alors de porter plainte. Suite au procès, il reçoit une convocation au commissariat de l’Évêché. Ne le voyant pas revenir, ses amis contactent son avocat, l’affaire éclate alors au grand jour ; s’en suivra une conférence de presse, une manifestation, ainsi que la plainte de deux anciens détenus (pour séquestration) afin de révéler l’existence de ce qui fut considéré à l’époque comme une « prison clandestine (1) ».

Le préfet et le ministre alors en poste, qui en premier lieu avaient démenti les faits, déclareront ensuite qu’il s’agit en fait d’un « centre d’hébergement » pour étrangers sans titre de séjour. L’Assemblée nationale finira par pondre un texte afin de « légaliser ce nouveau type de lieu d’enfermement ». La dénonciation de la « prison clandestine* » d’Arenc a conduit, par sa légalisation, la volonté de l’État de se débarrasser de l’immigration « indésirable » à la banalisation progressive de la rétention administrative par les mesures que nous connaissons aujourd’hui. Les centres de rétention administrative seront officiellement créés par la loi du 29 octobre 1981, sous Mitterrand, qui ouvrira dans la foulé douze nouveaux centres. Le hangar d’Arenc a, lui, continué ses activités jusqu’en 2006, date de son déménagement après la construction du CRA du Canet (à quelques mètres de là).

Dans le contexte de la fin de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), l’activité de ce centre visait tout d’abord principalement la population algérienne. Les accords d’Évian de mars 1962 prévoyaient un régime de « libre circulation » entre les deux pays. Ce centre aurait été créé afin d’enrayer le mouvement migratoire algérien, d’abord par l’instauration de mesures obligatoires comme les « contrôles sanitaires » à l’entrée du pays. Bon nombre de personnes se seraient donc retrouvées « inaptes au séjour sur le territoire », ou encore avec des permis de travail avec clause de rapatriement (si la personne migrante n’a pas trouvé de travail dans les deux mois après son arrivée sur le territoire français, une enquête policière pourra également conduire à son « éloignement »), de la même manière le passage d’écrou entre l’administration pénitentiaire et la police permettaient d’embarquer les personnes migrantes immédiatement au moment de leur sortie de prison. En 1964, le centre d’Arenc prendra également en charge les personnes expulsables suite à décision préfectorale de toute la métropole. Les mesures et contrôles de plus en plus restrictifs en matière de laissez-passer destinés aux « touristes » vont également avoir un impact sur les personnes en provenance du Maroc, de Tunisie, du Mali et du Sénégal. En 1965, le préfet propose d’utiliser l’avion pour le renvoi des enfants de moins de 5 ans (les femmes et les enfants étaient hébergés ensemble dans un dortoir) sous prétexte de conditions matérielles d’hébergement insuffisantes. En 1969, suite à une tentative de grève de la faim, certains individus considérés comme « meneurs » se retrouvent embarqués d’office sur un bateau. Il est fait également état de cellules d’isolement destinées à « calmer » les « excité.e.s ». En 1965, 1 571 personnes étaient détenues au Arenc (874 Algériens seront rapatriés par décision préfectorale). Environ 90 % des personnes enregistrées au centre seront expulsées, principalement par bateau… (2)

 

Qu’elles soient « légales » ou « illégales », les prisons, les expulsions et les mesures contres les personnes migrantes et tous/stes les indésirables nous pourrissent la vie, alors pourrissons-les ! Liberté pour tous/stes ! Détruisons les états et les frontières, leur arsenal et leurs collabos…

 

Voir aussi la brochure : A chacun le sien : Recension des vautours qui se font du fric avec la machine à expulser sur infokiosques.net

Sources : (1) Alex PANZANI, Une prison clandestine de la police française : Arenc, Paris, Maspéro, 1975 – (2) Arenc : le premier centre de rétention était clandestin – Ed Naylor 

* La seule loi à l’époque permettant le maintien et l’enfermement dans des camps est la loi de 1938, celle-ci s’est par la suite étendue, pendant la guerre, à la détention de tous les autres indésirables français.e.s et étranger.e.s avec papiers, notamment en vue de leur déportation en Allemagne.

Lesbos, Grèce : Révolte incendiaire des migrants du camp de Moria

15/03/20148

Dans le camp pour réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, des émeutes ont éclaté jeudi 15 mars. Selon les flics, un groupe de jeunes migrants ont saccagé plusieurs bureaux du centre d’identification et d’enregistrement avant d’y foutre le feu. Certains migrants ont protesté contre le rejet de leur demande d’asile et leur retour forcée et imminent vers la Turquie. D’autres, parce que le traitement de leur demande d’asile dure depuis plusieurs mois. Les flics sont parvenus à mettre fin à la révolte en utilisant matraques et grenades assourdissantes.

Traduit par sansattendre.noblogs.org [Via Aus dem Herzen der Festung, 18. März 2018]

Madrid, Espagne : Émeute après la mort d’un migrant sénégalais pris en chasse par la police

Dans la soirée de jeudi 15 mars à Madrid, des émeutes ont éclaté dans le quartier deLavapies après qu’un migrant sénégalais de 35 ans, Mmame Mbage, a été retrouvé mort en début de soirée. D’après de nombreux migrants présents sur place, il est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été pourchassé par des policiers municipaux à moto. Comme tant d’autres, il tentait de survivre en vendant des babioles sur le trottoir.

 

Contre la prison, depuis l’extérieur. Quelques suggestions pour élargir nos champs d’intervention.

 

Un simple constat

Aussi longtemps qu’existera l’enfermement, les personnes enfermées se révolteront. Les révoltes à l’intérieur des différents types de taule (prisons, centres de rétention, prisons pour mineurs, asiles) ont pris et prennent plusieurs formes : tentatives d’évasion, émeutes (parfois avec destruction de la structure), violences à l’encontre des matons… Ces révoltes, si elles laissent toujours entrevoir comme mobile le désir de liberté, s’accompagnent parfois de revendications qui portent sur une amélioration de l’enfermement et non sur sa fin pure et simple. La situation de confinement dans laquelle ces formes de révolte se produisent est déjà extrêmement difficile et dans la plupart des cas empêche même d’espérer atteindre la liberté. Ceci peut parfois expliquer le « réalisme » réformiste de la plupart des revendications venant de l’intérieur des prisons.

Mais la question qu’on voudrait aborder ici est celle de la lutte contre les prisons depuis l’extérieur de celles-ci. En effet, je n’ai aucunement besoin d’attendre une révolte dans une prison ou un autre lieu de privation de liberté ou d’être enfermé, pour lutter contre l’enfermement. La prison reste une menace toujours présente comme un épouvantail, une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.

Élargir la perspective

La prison n’est pas seulement le bâtiment hyper-sécurisé et presque inattaquable que l’on connaît. Le système-prison s’étend à toutes les institutions et les entreprises qui font que l’enfermement est possible.

Italie – Lampedusa : répression contre qui, en luttant, a permis la fermeture du hotspot

Hier, le 14 mars, dans une note le ministère de l’Intérieur a annoncé la fermeture du hotspot de Lampedusa, « à la lumière du récent incendie qui a rendu une ultérieure section d’hébergement inutilisable, déjà compromise par de précédents épisodes similaires ».

Immédiatement dans les heures qui suivirent la diffusion de la nouvelle, s’est déchainé la lugubre auto félicitation de ceux qui, parmi les patriotes de USB (Union Syndicale de Base, ndt), Contropiano, Askavusa (associations culturelles de soutien aux migrants, ndt) et tout le réseau d’alliances qui est en train de construire sa sphère de pouvoir au sein de l’antiracisme, se sont empressés de s’armurer des médailles du mérite pour avoir atteint ce résultat à travers des plaintes, dénonciations et des reportages. [ 1 ]

Nous avons déjà écrit de nombreuses considérations sur cette action dans le passé et nous n’avons pas l’intention de les répéter ici.
Dans le cas présent, le mérite devrait provenir de l’inspection du hotspot par le coordinateur national du service d’incendie USB.

Alors que sur le web on annonce le transfert vers les Centres de Rétention de la péninsule de toutes les personnes recluses à Lampedusa [ 2 ], comme une opération qui accompagnerait la fermeture du centre, les autorités continuent la répression des migrants qui ont courageusement mené la lutte ces derniers mois pour conquérir leur liberté en démantelant le camp de concentration de Lampedusa pièce par pièce. La nuit dernière, 4 Tunisiens ont été arrêtés par la police sur l’île, accusés d’avoir mis le feu à des matelas dans deux points différents du hotspot. Ils ont été immédiatement transférés sous escorte à Porto Empedocle et de là ils ont été transférés à la maison d’arrêt « Pasquale di Lorenzo » près d’Agrigento.

Ce que nous espérons rester à jamais une pile de décombres a souvent été le théâtre d’émeutes, de protestations et de résistances mais aussi de violences, de représailles et d’agressions brutales de l’Etat. La responsabilité de détruire un Lager est dans le fait même que cette Lager existe.

Ces dernières années ont été traversés par d’importantes phases de «fermeture temporaire» des centres d’identification pour les migrants. Fermetures dues aux luttes courageuses des personnes incarcérés.
Même lorsque la machine à expulser était proche de l’effondrement et qu’il n’y avait pas de fortes perspectives de nouveaux centres de détention, la contribution des compagnons et des compagnones n’avait pas la force nécessaire pour donner un coup de fouet définitif à ce système d’oppression.

Exprimant un maximum de solidarité à ceux qui vivent les lourdes représailles de l’Etat aujourd’hui, nous espérons que le courage manifesté dans les luttes  trouve sa place dans les actions pour empêcher l’ouverture de nouveaux Lagers (centres fermés, ndt).

 

Aux politiciens tout notre mépris.

hurriya.noblogs.org

notes:
1 Le CRI (qui gère le centre), le maire de Lampedusa et Linosa, l’Association des études juridiques sur l’immigration (ASGI), la Coalition italienne pour la liberté et les droits civils (CILD) et IndieWatch se sont également appropriés le mérite de la fermeture du centre grâce à leurs plaintes
2 Selon ce que rapportent certaines publications en ligne, le centre sera progressivement vidé et, à ce jour, « il semble qu’il y ait encore 70 personnes dans le centre » et des dizaines d’autres personnes sont présentes sur l’île.

Le Bastion Social Marseille n’est pas le bienvenu

Le Bastion Social Marseille connait déjà quelques difficultés lors de ses travaux.

Hier le Bastion Social situé rue Fort Notre Dame à Marseille à reçu sa première visite « amicale ».

Une des vitres accessibles depuis la rue a été brisée et un exctincteur de peinture a été vidé à l’intérieur venant redécorer la peinture (aux couleurs du PSG sic) fraîchement finie par les nouveaux occupants.

Les travaux s’annoncent longs et compliqués pour le nouveau terrier des lapinoux.

À nous de rendre leur ouverture (prévue le 24 mars) impossible.

Section Cantonna Nique Tout

P.-S.

Lien vers l’appel à manifestation du 24 mars contre l’ouverture du Bastion Social à Marseille.

Repris de https://mars-infos.org

Prison de Gradignan (Gironde) : Les détenus refusent de réintégrer leurs cellules

 

http://www.sudouest.fr/2018/03/14/ca-chauffe-a-la-prison-4277871-2897.php

Affaire de la voiture des flics incendiée : 3 semaines sans visite, ça irrite !

Ayant été condamné à une peine supérieure à 2 ans, il (une des personnes inculpées, ndlr) a été transféré, entraves aux pieds, de la Maison d’Arrêt de Fleury-Mérogis au Centre de Détention de Meaux, taule en « gestion déléguée » à GEPSA, filiale d’Engie. Si les prisonnier-es sont nombreux-ses à attendre des mois voire des années leur placement en CD, espérant des conditions de détention moins pourries, pour lui cela a été rapide.

Vu la volonté de l’AP de brimer les détenu-e-s et les personnes solidaires, pas sûr que ce soit une faveur :

En effet, après la condamnation le détenu peut demander une audience devant le juge d’application des peines qui doit avoir lieu dans les quatres mois à propos d’une éventuelle libération conditionnelle. Dans son cas l’audience a été planifiée 6 mois après sa demande. Ceci dit ce n’est pas étonnant car ils ne prennent aucun risque à dépasser les délais : le seul recours possible est de passer directement devant la juridiction d’appel. Sachant que cette juridiction (la chambre d’application des peines ou « chap ») est réputée pour être plus dure car elle statue en l’absence des concerné-es. Par ailleurs, cela zappe une audience et enlève donc une occasion de plus d’avoir un aménagement.

De plus, la demande d’aménagement de peine dépend du département dans lequel se situe la prison ce qui fait qu’il va sûrement devoir reformuler une demande au JAP de Meaux, et attendre une nouvelle date d’audience.

Enfin, Pendant plus de trois semaines, c’est à dire jusqu’au 3 mars aucun parloir n’a pu avoir lieu. Leur nombre est passé de 3 à 2 par semaine et ils se concentrent sur deux jours consécutifs. Les courriers mettent du temps à arriver ou disparaissent, semblant passer entre les mains de l’ancienne juge d’instruction. Le régime de détention reste « portes fermées », conditionné par un suivi « réinsertion » plus oppressant et individualisé qu’à Fleury.

Si chaque histoire est particulière, ces pratiques sont extrêmement courantes et c’est le système répressif dans son ensemble qui essaie de casser chaque individu, par la force de la bureaucratie, de la loi, mais aussi des milliers de petites et grosses vexations qui rythment le quotidien de celles et ceux qui sont pris dans les mailles de son filet.

Chacun-e à sa manière, faisons savoir à ces ordures que les prisonnier-e-s ne sont pas seul-es face à l’État et ses porte-clefs !

 

Vu sur Indy Nantes

Italie – Feu au hotspot de Lampedusa

A Lampedusa, les manifestations (d’environ 150 personnes isolées dans le hotspot) sont continues. Le 8 mars, un feu de détresse a été tiré par des migrants contre le hotspot : c’est la troisième fois en 15 jours.

À 19 heures, un groupe de migrants a quitté le centre pour protester de nouveau sur les marches de l’église principale de Lampedusa. 
Ils racontent qu’après la protestation précédente, qui les avait ammenés à faire une grève de la faim pendant six jours, ils avaient reçu la promesse d’un transfert en Sicile, mais qu’après un mois rien n’a changé. Personne ne veut rester dans le hotspot, et certains afin d’être transférés sont prêts à être « accusés de vol » : recevoir un ordre d’expulsion dans les sept jours, rejoindre la Sicile, permettrait au moins la possibilité de continuer le voyage vers d’autres pays, et éviter la déportation immédiate en Tunisie.

Vers 20h30, l’incendie s’est déclaré dans deux pièces à l’étage supérieur du premier pavillon, provoquant également la chute de la mezzanine. L’incendie ne s’est pas propagé davantage en raison de l’intervention rapide des pompiers présent dans le hotspot, afin d’empêcher les protestations des détenus et les fréquents incendies détruisent les pavillons, comme cela s’est produit par le passé en 2009, 2011 et deux fois en 2016. Deux autres équipes de vv.ff. (pompiers volontaires, ndt) que dans deux heures ont endigué les flammes.

Sont intervenues également les forces de l’ordre en tenue anti-émeute pour contenir la manifestation et la sortie du hotspot.

revu et repris de hurriya.noblogs.org

Bâle, Suisse : Banderoles contre ce monde de prisons et de frontières [et la nouvelle prison de Bässlergut sera bien plus chère que prévu…]

Le 16 février, des petits signes de résistance étaient visibles à divers endroits à Bâle.

Les messages étaient dirigés contre les prisons et le régime migratoire. Plusieurs banderoles ont été suspendues tout près de la prison pour étrangers de Bässlergut, où se trouve également le chantier d’une deuxième prison. Depuis le début de ce chantier, une forte opposition se forme contre cet agrandissement. Evidemment, il existe des gens qui ne veulent simplement pas voir comment on créé un lieu à Bâle à l’intérieur duquel des personnes sont enfermées, des personnes déterminées en tant qu’indésirables au sein de cette société, ne voulant ou ne pouvant pas se déplacer dans le cadre de la loi ou des frontières des Etats.

Lettre de Laura depuis le centre pénitentiaire de Nancy

 J’esquive un peu l’hypnose télévisuelle pour vous écrire depuis la MAF de Nancy. Comme disait Hafed démystifier la prison c’est déjouer la « meilleure des polices », la peur de la répression. Je sais que le compagnon est là aussi, côté « hommes », dans le bâtiment arrivants. Après le repas je guette parfois, fenêtre entr’ouverte, histoire de déceler sa voix au milieu des cris du soir.

Ici, vue imprenable sur les HLM, le mirador, les murs, les grilles, le terrain de basket, ses grilles surmontées de barbelés à rasoirs, la grille fixée à la fenêtre, les cinq barreaux, la vitre. J’oublie sûrement une grille ou deux. Ici tout est ordre, calme et dûreté. Une balle en mousse fluo casse un peu la grisaille des lignes droites.

Lino, bitume. Mes semelles n’ont pas touché la moindre terre depuis ma capture. La terre, un carré d’herbe, c’est le terrain de jeu privé des corbeaux à côté de la cour de « promenade ». Le vent sibérien ne nous fait pas toutes renoncer à ces tours en rond, parfois quelques passes de ballon.

Ambiance collège samedi après-midi. On discute, on rigole au soleil, le cul par terre. L’ennui nous incite à nous surveiller entre nous. Qui a de belles baskets. Qui a des poux. Qui a buté ses gosses. Qui se cahetonne à mort.

Les grilles fixées aux fenêtres sont là pour empêcher les yoyos et parachutes. On s’en fout des réprimandes matonnes, on y coince des morceaux de pain, solidaires des oiseaux au milieu de ce désert en béton glacé. Deux d’entre eux nichent dans les spirales de barbelés, pour se protéger des corbeaux me dit une détenue. À trente et quelques, c’est tendu de faire tomber ces grilles (facturées 250 ou 400 euros pièce) et d’arracher un rapport de force en notre faveur. Côté « hommes », ils sont 800, elles sont tombées. Comme dit une compagne de promenade : « tu peux même pas essorer ta serpillère. Tu restes avec ta merde à l’intérieur. »

Combattre la répression quotidienne dans les prisons

Dans les prisons, le quotidien n’est que répression. A travers l’enfermement ou l’arbitraire de ses décisions, l’administration pénitentiaire harcèle et violente les prisonnier-e-s et leurs proches. Il est temps de combattre cette sordide banalité.

Il y a encore quelques jours était publié un texte des proches d’Antonin Bernanos dans lequel elles/ils expliquaient les conditions intolérables d’enfermement qu’il subit. Samedi dernier, lors d’un événement organisé par le collectif libérons-les, Geneviève Bernanos, la mère d’Antonin, expliquait qu’Antonin vivait une situation similaire à l’ensemble des prisonnier-e-s de France. C’est ce que nous souhaitons rappeler à travers ce texte : ce sont soixante-dix mille prisonnier-e-s en plus de leurs proches qui souffrent aujourd’hui de ces mêmes conditions inhumaines. Pour faire en sorte que les mécanismes répressifs dans les prisons françaises ne soient pas passés sous silence et encourager à lutter contre la prison dans son ensemble.

Soyons clair, ce que subit Antonin est intolérable : que ce soit l’enfermement, l’interdiction de communiquer avec l’extérieur, les transferts, les changements de cellule ou encore leur fouille punitive. Ce qui gêne dans ces textes, ce ne sont pas ce qu’ils combattent – nous aussi souhaitons voir les prisons en feu ainsi que le système de contrôle social qu’elles portent – mais la manière dont est présenté l’intolérable quotidien des prisons françaises qui semble devenir une mesure d’exception réservé à un militant qui a été médiatisé. Mais ce n’est pas le cas, ce qui est raconté est bien l’atroce banalité des prisons.

Greg de retour en prison

MAJ /  Greg libéré avec assignation à résidence, poursuivi pour évasion

Mercredi 21 mars, la libération de la prison d’Ivrea a été notifiée avec assignation à résidence à Cesena, sans restriction. 
Alors qu’il voyageait en voiture entre Milan et Bologne, il y a eu un contrôle de la police autoroutière vers 23h. 

Retardé sur le délai fixé par le tribunal pour être « chez lui », les merdes l’ont ensuite dénoncé et arrêté pour évasion, Greg a passé la nuit de mercredi dans une cellule du commissariat de police de Milan. 

 Jeudi matin il y a eu la confirmation de l’arrestation en référé que le juge n’a pas validé. 

Par conséquent, il se retrouve assigné à résidence, avec une plainte pour évasion.
La première audience pour le délit d’évasion aura lieu à Milan le 3 avril*. On verra plus tard si greg s’y rendra ou pas.
Malgré la malchance et la rage, il va bien

FEU A LA POLICE AUTOROUTIERE, LIBER TUTT *

MAJ * : Relaxe!!

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Greg a de nouveau été arrêté le 19/02. Il est entré dans la caserne des carabiniers où il doit pointer tous les jours depuis plusieurs mois, il est ressorti dans la voiture de la Digos qui l’a emmené à la prison d’Ivrea. L’arrestation a été ordonnée par le juge qui l’avait condamné au contrôle judiciaire, car à certaines occasions, Greg aurait signé en retard par rapport à l’heure prévue. Ce pourquoi il a pris un durcissement de peine. Dès le premier soir, des compagnons sont allés le saluer devant les murs de la prison.

Pour lui écrire :
Gregoire Yves Robert Poupin
Casa Circondariale Corso Vercelli, 165, 10015 Ivrea TO

Les coordonnées bancaires pour qui souhaite lui apporter un soutien :

IBAN     IT58A0347501605CC0011061808

BIC        INGBITD1

A l’intention de Giulia Merlini

Source roundrobin.info

 

Grèce : Révolte dans la prison de Korydallos

24/02/2018

 

Konstantinos Yiagtzoglou en préventive à Larissa a entamé une grève de la faim le 21 février pour exiger son transfert vers la prison de Korydallos à Athènes. Il y avait été déplacé de manière temporaire pour un autre procès en cours.

Les EKAM (équivalant des IRIS en France) l’ont déplacé de force à 6h du matin le 24 février afin de le renvoyer là-bas, lors de la descente des EKAM il a été frappé et n’as pas pu prendre ses affaires. Les codétenus ont commencé à frapper aux portes et se sont alors révoltés dans la prison en solidarité.

Des caméras ont été cassées à l’intérieur de la prison, les clés ont été piquées aux matons,  des portes ouvertes, et des talkies dérobés. La révolte s’est embrasée dans deux sections de la prison.

Les détenus ont posé un ultimatum demandant la venue du ministre de la justice avant midi.  Les revendications concernent le retour de Konstantinos à la prison de Korydallos, et sont également positionnées contre le nouveau code pénitencier et pénal, il a aussi été demandé que stoppent les irruptions des EKAM et qu’il n y ai pas de conséquence punitives à la mutinerie en cours.

La question du transfert de Konstantinos Yiagtzoglou doit être étudiée en urgence lors d’une séance lundi matin selon les promesses du ministre dépêché sur place, la protestation s’est pour le moment apaisée dans l’attente des nouvelles de lundi. Personne n’est dupe, mais dehors comme dedans la situation reste tendue dans l’attente d’un retour du ministère concernant la situation de Konstantinos Yiagtzoglou et des détenus de Korydallos. Konstantinos a depuis commencé une grève de la soif.

Selon des informations locales, des actes de solidarités ont eu lieu parallèlement dans d’autres prisons y compris la prison pour femme de Korydallos. Notamment à ALIKARNASSOS-MALANDRINO-CHANIA et à LARISSA un rassemblement a eu lieu devant la taule.

A Athènes un rassemblement a eu lieu devant la prison de Korydallos ainsi que devant le ministère de la justice. 5 arrestations ont eu lieu devant le ministère de la justice (dont un arrêté suite au coup de main d’un citoyen flic sur le marché où a eu lieu la dispersion, il a été relâché quelques heures plus tard), les 4 autres ont été relâchés le lendemain midi avec un procès à venir pour résistance, destruction de la paix sociale, lésions aggravées et port d’arme pour possession d’un casque pour une personne.

 

Plus d’info ici https://attaque.noblogs.org/post/2018/02/24/grece-sur-la-greve-de-la-faim-de-konstantinos-yiagtzoglou-et-la-solidarite/#more-16921

Grèce : A propos du projet de loi sur le nouveau code pénitencier

Le 16/10/2017, le nouveau projet de loi pénitentiaire a été soumis à consultation publique par le ministre de la Justice Stavros Kontonis. Au terme des procédures le 30/10, l’effort du gouvernement SYRIZA-ANEL devient évident pour adopter, à travers des procédures sommaires, le nouveau projet de loi. L’irrégularité de la procédure  (tous comme une expulsion, même si elle est « légale » … c’est pareil, ndt) est également mise en évidence par l’absence, au cours du processus, du conseil d’avocats, qui avait assumé à la fois le rôle de représentation et d’information des détenus sur l’évolution du code pénitentiaire. C’est un projet de loi qui vient abolir les droits du jour au lendemain que les prisonniers ont acquis pendant des années pour améliorer leurs conditions de vie en prison avec des luttes ininterrompues à l’intérieur et avec le soutien de la solidarité hors des murs, ce projet politique sous divers prétextes pose la nécessité de mesures très dures.  Un projet de loi cousu sur mesure pour un gouvernement prototypiquement autoritaire.

Au cours de la période électorale de janvier 2015 et après avoir déjà obtenu des avantages politiques de son soutien à la lutte des prisonniers politiques (voir l’affaire Nikos Romanos), SYRIZA a utilisé les prisonniers comme un terrain fertile pour susciter une plus grande bienveillance politique à la fois de la part de la gauche et de certaines parties de l’espace anarchiste, puisqu’il s’est engagé à éliminer les types de prison C, les (personnes considérés comme, ndt) « terroristes », ainsi que une série de réformes favorables dans la prison pour les personnes incarcérés. Cette attitude s’est traduite par la réalisation de taux (de votes en sa faveur, ndt) élevés – de 70 à 80% – dans les prisons. Environ 3 ans plus tard, en tant que gouvernement, il se retrouvera à utiliser les prisonnier.e.s, avec un projet de loi qui prévoit des mesures totalitaires, visant cette fois, ainsi que dans d’autres circonstances, le soutien des partis les plus conservateurs de la société grecque, ceux de la doctrine « tranquillité, ordre et sécurité ». De cette façon, sa tentative d’écraser toute tentative de résistance dans les prisons, conduisant à l’extermination physique et psychologique des prisonniers, est évidente. Parallèlement, les médias, en tant que pilier fondamental de la construction de la conscience, ont dès le début présenté le nouveau projet de loi sur les prisons porte un manteau “humanitaire”. Ainsi, toute référence à la nouvelle loi, parle de modernisation des prisons et de traitement plus favorable des détenus. En pleine coopération avec le gouvernement, les médias insistent sur tout ce qui pourrait être adapté à la formule «Sécurité – Humanitarisme – Réhabilitation – Transparence» tout en soulignant l’importance d’améliorer l’infrastructure pénitentiaire et d’élargir l’espace pour chaque prisonnier oubliant évidemment de mentionner les nouveautés, introduites par le nouveau décret, en termes de contrôle, de discipline, de répression et de punition.

Entre autres choses, la nouvelle loi sur les prisons prévoit le retour du contrôle anal et vaginal sous le couvert de l’administration intracorporelle (à l’intérieur du corps, ndt) de drogues. Une pratique qui, au moins sur le papier, a été abolie depuis 2011, qui vise à détruire non seulement l’esprit mais aussi à humilier les prisonniers, à la fois lorsqu’ils entrent pour la première fois en prison et quand ils reviennent après une permission. Il est courant que de nombreux détenus soient soumis à un contrôle alors que leur cas n’a rien à voir avec la drogue, ce qui rend encore plus clair la prétextuosité de l’utilisation de cette mesure,  considérant que la plupart du temps même le médecin est absent lors du déroulement de cette procédure. D’autre part, les moyens technologiques de visualisation (vidéosurveillance), qui sont déjà utilisés dans d’autres Etats, sont proposés par ce décret comme des moyens sophistiqués de contrôle qui ne font que perpétuer l’humiliation et le contrôle du corps humain.

Alors que en 2015, SYRIZA a été contraint à l’abolition des prisons de type C (prisons de haute sécurité), suite à la pression de la grève de la faim des prisonniers politiques et le soutien dont ils avaient bénéficié de la part des personnes solidaires hors des murs, il reviens indirectement et de manière déguisée à les rétablir avec une référence particulière à l’article 11 (concernant la discrimination et la ségrégation des prisonniers) et spécifiquement au paragraphe 6 qui dit que « les prisonniers de chaque catégorie juridique vivent dans des services spéciaux ou dans des secteurs indépendants ou dans différentes zones de détention conçues collectivement ou individuellement. » Le décret prévoit également la détention dans les commissariats de police, l’isolement, de nouveaux départements spéciaux, ce qui vaut aussi aujourd’hui pour les prisonniers politiques malgré la supposé abolition de la prison de type C, un régime spécial dans le régime déjà spécial de la prison elle-même.

Par ailleurs, nombreuses parmi les nouvelles dispositions ont des conséquences claires pour ceux qui décident d’élever la voix. Un exemple paradigmatique est la possibilité pour les procureurs d’appliquer l’alimentation forcée aux prisonniers en grève de la faim, ce qui constitue une torture cruelle (c’est l’ultime moyen qu’utilisent très souvent les prisonniers politiques mettant en danger leur propre corps afin d’obtenir des revendications qui améliorent leur vie dans les cellules). Une disposition autoritaire sans précédent comprend également l’annulation rétroactive des salaires qui sont établis à la discrétion du conseil de la prison dans le cas où un prisonnier a commis une infraction disciplinaire, qui aura également une incidence négative sur le calcul du nombre de jours à purger.

En ce qui concerne la question des permissions, après le veto du procureur, reste la possibilité que le PM (Ministère Public) qui préside le conseil de la prison choisisse qui est apte ou non à obtenir une permission, décision fondée à la fois sur le comportement et les années d’incarcération. Une infime minorité peut faire appel en cassation, tandis que l’approbation de la permission reste suspendue jusqu’à la décision finale. Au-delà de tout cela, les permissions régulières des prisonniers seront limitées et contraintes par le bracelet électronique, un dispositif de géolocalisation dont le coût est de 15 euros par jour de permission, somme que le prisonnier est tenu de payer. Le projet de loi susmentionné réglemente ex novo des aspects importants de la nature structurellement classiste de la justice civile; en fait, cette mesure n’est destinée essentiellement qu’aux riches prisonniers ayant une force économique qui leur permet de rembourser le coût du bracelet.

Dans le même temps, l’entrée de la multinationale britannique G4S – fabricant de bracelets électroniques – ouvre la voie à une ultérieure privatisation à l’intérieur des prisons, fait qui rendra encore plus difficile la situation des prisonnier.e. La Grèce, en tant que membre de l’Union européenne et de l’OTAN, essaie d’aligner la politique intérieure du système pénitentiaire sur celle qui prévaut dans les pays de l’Atlantique Nord.  Un traité qui permet la création de prisons privées ou la coopération avec des entreprises privées, où les droits des prisonniers passent au second plan puisque le but est maintenant clairement le profit. Les prisons qui viennent faire le sale boulot, après que l’Etat ai préparé le terrain créant des conditions de vie misérables dans les prisons et les centres de détention surpeuplés, et en propageant par l’intermédiaire des journalistes l’idée d’une augmentation de la criminalité, la corruption et l’absence de mesures de sécurité adéquates. Nous parlons d’un grand marché dont les principaux représentants sont des entreprises privées qui vont de plus en plus de pair avec les législateurs, plus de prisonniers signifie plus de profits, avec un travail à l’intérieur des prisons qui ne peut être considéré pas moins que comme de l’esclavage. En Grèce, les discussions et les références à la privatisation des prisons ont eu lieu pendant des années, même si la voix n’est toujours pas officiellement exprimée mais officieusement relayées par les perroquets serviles et les matons du pouvoir.

Bien sûr, nous ne pouvons pas ignorer les centres de rétention pour migrants qui ont pris forme institutionnelle sous le ministère de Déndias (ministre de la Sécurité publique pendant le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, ndT), ainsi que les rafles policières qui continuent à ce jour dans le cadre de la gestion des flux la migration. L’État, les ONG et les entreprises privées, pour des millions d’euros, gèrent la vie de milliers de migrants avec pour but ultime le profit. Toute tentative de revendication est réprimée par des coups de matraques et tir de produits chimiques (gaz lacrymogène), tandis que l’arme la plus puissante que l’État trouve entre ses mains est la menace de déportation. Dans des camps de concentration, avec des conditions de vie déplorables, stratégiquement construits en dehors du tissu urbain, pour empêcher les contacts sociaux et la création de formes de résistance de l’extérieur, avec des personnes à l’intérieur qui constituent essentiellement une réserve de travailleurs pour le capital. Une partie d’entre eux qui aura de la “chance” sera exploitée au nom du profit.

Plus généralement, le but du gouvernement est de créer la peur et le découragement pour les luttes, à l’intérieur et à l’extérieur des cellules, pour l’union des résistances et des revendications « évidentes » qui sont de nouveau requises, mais cela ne nous impressionne pas. Profitant de la peur,, l’État tente de renforcer ses défenses, de construire une prison dans laquelle nous pourrirons si nous osons désobéir. Une prison faite sur mesure pour ceux qui persistent à résister  et dans le non-respect de l’existant ou incapable de se conformer aux règles du travail salarié et qui se trouvent recyclés, à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison, sous diverses formes de « délinquance » dues à la stigmatisation sociale, à l’exploitation et la marginalisation qu’ils ont subi. Ils les prennent pour cible et après eux les autres suivront.

En relation avec les conditions qui prévalent dans la prison dans une période historique particulière, il y a celles qui prévalent dans la société et vice versa. L’attaque à l’intérieur de la prison à travers le nouveau code pénitentiaire ne peut être considérée comme un choix autonome et une pratique politique particulière de l’Etat, mais fait partie d’un plan politique plus général qui doit être accepté par l’ensemble de la société. Un plan politique pour aiguiser les divisions de classe, supprimer et contrôler chaque aspect de l’espace public. En commençant par contourner les droits fondamentaux du travail, en légiférant pour entraver la décision de grève et en criminalisant les syndicats de base et en écrasant les salaires et les retraites, le gouvernement  démontre combien il sert les intérêts de classe du capital. D’une part, l’augmentation des caméras sur le travail et d’autre part l’intensification du contrôle sur les moyens de transport en commun avec l’introduction des tickets électroniques et des tourniquets dans les stations de métro, mettent en évidence la doctrine du contrôle et de la surveillance qui font apparaître les exclusions sociales imposées par l’Etat de toutes les manières possibles.

La justice ne peut avoir qu’une claire orientation sociale et de classe. Dans une société capitaliste hiérarchiquement structurée, nous n’attendrions rien de différent de ceux qui légifèrent sur nos vies. L’Etat, par sa nature même, défend les intérêts du capital et la justice ne peut que aller dans le même sens, ce qui est évident dans chaque partie de sa structure, à commencer par les procureurs qui, entre autres, ne sont pas obligés de déclarer l’origine de leurs actifs, tel qu’établi par la loi de l’état concerné. Caractéristiques, d’autre part, est la parodie des procès et les foutages de gueules des hauts fonctionnaires des gouvernements précédents, à travers la création de lois spécifiquement conçues pour éviter la responsabilité juridique à ceux qui occupent des postes ministériels, même s’ils sont impliqués dans une série de scandales politiques et financiers. De l’autre côté, il y a la détention de personnes qui, par exemple, ont seulement refusé de payer des péages (autoroutiers, ndt). Les divisions de classe qui existent au sein des cellules sont tout aussi caractéristiques, les criminels en col blanc des personnes ayant un statut social élevé et un profil de pouvoir économique étant traités de manière préférentielle dans des cellules de luxe, dans le même temps les prisonniers sont entassés par douzaines ou laissés mourir lentement dans la désastreuse infrastructure carcérale (voir l’hôpital de la prison de Korydallos).

Nous, pour notre part, sommes solidaires dans la lutte des détenus, ainsi que l’accomplissement de toutes leurs demandes comme la révocation du droit de veto ministériel sur les permissions, le retrait de la surveillance électronique et des assignations à résidence remplaçant l’autorisation de sortie régulière, fixer la limite pour obtenir une permission canonique au 1/5 de la peine, le retrait immédiat de l’article 11, l’élimination des prisons de haute sécurité, la fin des fouilles corporelles dégradantes des prisonniers sous prétexte d’enquête, le retrait des restrictions imposées par le nouveau code pénitentiaire en ce qui concerne l’instruction (qui dépendent toujours de l’humeur des ministères publiques), l’abolition du fichier électronique des personnes et des proches qui les contactent,, le retrait du paragraphe 3, qui permet l’alimentation forcée en cas de grève de la faim et l’abolition de la clause punitive à l’article 67, qui autorise la pénitencier à réduire les jours moins à déduire du calcul total de la peine (les réductions de peine, ndt).

Le soutien moral et matériel à la lutte des prisonniers est pour nous une évidence, car répondre à leurs exigences conduit chaque fois à une amélioration de leurs conditions de vie dans les prisons. Sans aucune illusion, la condition de l’emprisonnement et la soi-disant «punition» des criminels visent structurellement à discipliner et à se conformer à l’existant, toujours au nom de la société et de sa «défense». Par conséquent, en se posant la question des prisons, nous n’avons pas comme but leur amélioration ou leur humanisation, mais leur abolition définitive. Dans un moment historique caractérisé par l’implication croissante d’intérêts privés à l’intérieur de la prison et leur apparition en tant que secteur clé d’investissement et de rentabilité pour le capital, tous les arguments qui tournent autour du «caractère réhabilitatif de la punition» est hypocrite et dangereusement naïve. En d’autres termes, l’idéologie correctionnelle qui constituait historiquement l’une des bases sur lesquelles l’institution pénitentiaire s’est établie commence à s’effondrer.

 

Pour la défense de la lutte des prisonniers

Pour les destructions des prisons

Pour la libération des chaînes de l’état et du capital

Pour la révolution sociale

Espace social autogéré Galazi Stegastron

Αυτοδιαχειριζόμενο Κοινωνικό Στέκι Γαλατσίου στέγ

Janvier 2018

 

En Grec : https://stegastro.espivblogs.net

En Italien : https://roundrobin.info/2018/01/grecia-testo-analisi-sul-disegno-legge-riguardante-codice-penitenziario

 

 

Voir aussi – https://ravageeditions.noblogs.org/post/2015/04/08/recueil-sur-la-lutte-contre-les-prisons-de-type-c-en-grece

 

 

Madrid, Espagne: Quelques considérations sur les nouvelles de la vidéosurveillance à Vallekas

Le 16 février, le rapport présenté par la Direction générale de la police de Madrid pour l’installation de vidéosurveillance dans plusieurs zones de Vallekas, en particulier à proximité de Puente de Vallekas, a été rendu public. Tel que rapporté par El Salto Diario, l’installation de ces 25 caméras transformera Puente de Vallekas en une belle promenade où l’Etat et ses mercenaires contrôleront ce qui s’y passe 24 heures par jour. Ce rapport a été présenté à la demande du Conseil de District avec à sa tête le Sénateur Paco Pérez (un conseiller d’Ahora Madrid *, surprise?) et est l’aboutissement d’une campagne médiatique qui a appelé à l’augmentation de la présence policière dans le quartier avec l’excuse ancienne et répétée de la délinquance, cette fois mettant l’accent sur des opportuns «gangs de narcotrafiquants».

Des journalistes, des politiciens (de toutes sortes), des agences immobilières et des entreprises unissent leurs forces pour faire de Vallekas une zone contrôlée et militarisée par la police (en patrouille ou en civil), où la seule la logique est basée sur la consommation, où la spéculation capitaliste chasse les pauvres de leurs foyers.  Les occupations et toutes les pratiques qui cherchent la subversion des relations de domination actuelles et menacent la normalité démocratique sont mises en échec. Ce processus, que certains ont appelé gentrification, bien que pour d’autres ce ne soit qu’un nouveau réajustement de la ville capitaliste et de ses quartiers selon les intérêts de l’État et du capitalisme, n’est pas unique ou spécifique à Vallekas. à des rythmes différents. Le processus de spéculation capitaliste expérimenté à Malasaña, Lavapiés, Tetuán, Carabanchel et Vallekas conjugue deux intérêts importants: celui strictement économique via la spéculation immobilière, et le contrôle social par le renforcement de la présence des sbirres de l’État et l’utilisation de la technique et de la technologie au service des intérêts du pouvoir.

Anti-G20 : Récit des deux premières journées du procès en appel de Peike, compagnon incarcéré à Hambourg – 9 et 16 février 2018

Voici le compte-rendu des deux premières journées de procès en appel de Peike, compagnon hollandais ayant été condamné le 28 août 2017 en première instance à 2 ans et 7 mois de prison ferme. Il est accusé d’avoir jeté des bouteilles sur les flics lors de la journée du 6 juillet à Hambourg, lors des émeutes contre le sommet du G20. Ces comptes-rendu ont été traduits de l’anglais de freepeike.noblogs.org

18 février 2018

Vendredi 16 février, le deuxième jour de procès en appel de Peike a eu lieu. Le compte-rendu qui manquait au dossier lors de la première journée d’audience a depuis été ajouté, et le juge avait donc l’intention d’entendre le témoin Koslik. Toutefois, en plus de ce court récit, d’autres documents, à partir desquels c’est devenu une évidence que les déclarations de Koslik ne reposaient pas uniquement sur ses propres souvenirs et ses propres observations, sont également apparus. Lors d’un échange de mails entre Koslik et un de ses collègues des services de police d’Hambourg, Koslik est invité à écrire le compte-rendu. Sous l’apparence de « au cas où vous ne pouvez pas vous souvenir préciséement des événements… », il est précisé dans ce même courriel ce qu’il a soit-disant fait ce jour-là, où et quand. En d’autres termes, la lettre de Koslik a été rédigé (presque mot pour mot) par un flic de Hambourg.

En réponse à cela, la défense a demandé à ce que les déclarations de Koslik soient déclarées irrecevables. De plus, elle a exigé la libération immédiate de Peike, étant donné que sa condamnation précédente reposait entièrement sur les déclarations de ce flic désormais compromises. Le procureur a « répliqué » que les informations contenues dans le mail n’avaient pas été ajoutées dans le but d’influencer les déclarations de Koslik, mais que la description détaillée des événements était seulement nécessaire pour communiquer à Koslik l’incident du G20 qu’il était censé établir dans le rapport.

Montreuil (93): récit de la manifestation «Occupons les maisons, détruisons les prisons»

Montreuil (93): récit de la manifestation «Occupons les maisons, détruisons les prisons»

 

Police Emploi tu crains!

Nous

Certaines formes de Nous font référence à des corps sociaux totalement mythiques: le Nous du citoyen par exemple, lequel désigne toutes les personnes regroupées au sein de la citoyenneté, elle-même donnée par l’Etat-nation, même si certains citoyens ont une position critique vis-à-vis de cet Etat. D’autres formes, comme le Nous de l’identité, veulent créer des corps sociaux conscients d’eux-mêmes (ou « ayant une conscience de soi ») en mettant en avant une communauté mythique sur base d’une argumentation indirecte.

À propos d’anarchisme et (de crise) d’identité

Un texte intitulé « Contre » l’anarchisme. Une contribution au débat sur les identités, déjà paru en novembre dernier en Espagne dans la revueSolidaridad Obrera (organe officiel de la CNT), a été traduit en français il y a peu et publié sur le site lundi.am (organe non officiel du Comité Invisible). Cette correspondance  au sens trop ostensiblement politicard entre syndicalistes libertaires espagnols et intellectuels blanquistes français, tous deux avides d’organiser les autres, nous semble trop intéressante et trop intéressée pour être ignorée. Difficile de tomber sur une leçon plus hypocrite, donnée à qui ne trouve pas de place dans ce monde. […]
Nous avons pensé qu’il serait bon de rendre publique ce texte embarrassant. Et nous avons pensé à mal de le faire suivre de notre contribution embarrassante.
….
Pour un anarchisme sans dépendances
 …
Calimero, le petit syndicaliste libertaire, est en perpétuelle crise d’identité. Les autres habitants de la basse-cour ne le reconnaissent pas, le snobent, le mortifient. Il pleurniche, crie, tape des pieds, mais finalement il fait son baluchon et part en sautillant. Quelle rage, quelle impuissance ! Il voudrait devenir grand, fonder une famille, être respecté, se faire un nom et une place dans la société, et finalement… il reste petit, seul, souvent moqué. C’est vraiment trop injuste. Et vous savez à cause de quoi ? A cause de cette couleur noire qui lui colle à la peau. Noire, vous comprenez ? Comme les ténèbres, comme le crime, comme le Mal. Ça fait fuir les gggens! Après des années d’expérience, Calimero s’en est rendu compte et veut y trouver un remède. La Tiqqunnine est arrivée à son secours, avec son lave-idées.
Même s’il fait le syndicaliste dans les quartiers pauvres, Calimero pense et s’exprime comme un courtier des quartiers riches. Pour lui, si on dépense du militantisme, c’est pour faire un investissement dans le mouvement. Ça n’en vaut la peine que s’il y a un gain, au moins en puissance. Voilà son souci, formulé magistralement dès le début: « Est-il intéressant ou stratégiquement recommandable d’arborer les drapeaux identitaires dans le marché des processus révolutionnaires? ». Nooon, ça ne l’est pas. Tout ce noir sur les étals du marché doit être retiré. Il ne promet ni candeur ni gaieté, il souille. Là où il y a du noir, les clients s’effraient et ne s’approchent pas. Là où il y a du noir, la police vient faire des contrôles. Une évidence aux yeux de tous.

merci mes soeurs…

« Au début des années 1970, la Petite Roquette est de nouveau pointée du doigt pour ses conditions de détention et ses locaux insalubres et inadaptées pour les détenues. sa fermeture commence à être envisagée. Cela coïncide avec l’ouverture en 1968 de la Maison Correctionnelle des Femmes, à Fleury-Mérogis dans l’Essonne. Ce projet concrétise les principes de réforme des établissements pénitentiaires visant à désengorger les prisons parisiennes. »

 

 

https://www.maguytran-pinterville.com/2015-bouc/soeurs-de-marie-joseph-et-de-la-misericorde/

 

Pauvres

Très souvent, on a tendance à ne prêter attention qu’à ce qui est matériel, mesurable en quantité. Ainsi, on serait amené à considérer la misère qui règne dans cette société uniquement sous un angle de pauvreté matérielle, autrement dit, le manque de fric. Mais le capitalisme ne nous enlève pas uniquement les moyens matériels pour vivre comme bon nous semble. Il ne nous oblige pas uniquement à aller travailler ou à s’agenouiller devant les institutions de bienfaisance sociale. Il ne nous impose pas uniquement de survivre dans un milieu contaminé par l’industrie, intoxiqué par sa production d’objets inutiles et nuisibles, irradié par son formidable outil nucléaire qui rend tout le monde dépendant de l’Etat et de ses spécialistes au vu des risques et des catastrophes qu’il implique. Non, ce n’est pas seulement ça.

Ce qui est peut-être encore pire que l’appauvrissement matériel, c’est la misère émotionnelle qui règne dans cette société, qui est générée par l’ensemble des rapports sociaux qui donnent à ce monde la sale gueule qu’il a. On fait dépression sur dépression, on assiste à suicide sur suicide, on vit des relations et des rapports imprégnés de méfiance, de concurrence, de violence et d’hypocrisie, les multiples drogues nous cachent quelques instants la réalité laide et brutale. Nos rêves et désirs ne vont pas au-delà du triste horizon de l’existant : l’aventure, l’inconnu, la passion… sont bannis et on ne peut les expérimenter que par procuration (films, jeux vidéos,…). La tristesse nous enchaîne autant que l’ombre des prisons, la galère des boulots, le besoin d’argent.

Ce monde a même inventé toute une palette de « guérisseurs » et de « remèdes » pour cette misère moins « visible », plus intime. De psychiatres en psychologues, de drogues en antidépresseurs, de moments de « soupape » comme la soirée en boîte du samedi ou le lendemain au match de foot en semblants de bonheur vécus en spectateurs derrière un quelconque écran (interactif comme l’internet ou passif comme la télé)… toute un marché est bâti sur la misère affective et émotionnelle. Cependant, encore moins que pour la pauvreté matérielle, aucun « remède » ne suffira jamais. La tristesse revient toujours, elle s’agrippe aux êtres humains, elle les poursuit et les traque…

Mais il y a autre chose aussi. Bien cachée par le pouvoir, bien éloignée par la coutume, bien étouffée par l’ordre social. Ce n’est pas une échappatoire, ce n’est pas un adieu définitif à la tristesse, mais c’est un début : du moment où nous décidons de ne plus subir, mais d’agir ; de ne plus se résigner, mais de se révolter ; de ne plus traîner, mais de vivre, la tristesse commence à fondre. En s’insurgeant, non seulement nous faisons un pas offensif contre ce qui nous étouffe et nous opprime, mais peut-être plus important encore, nous conquérons la joie de vivre, la gaieté des rapports entre insurgés complices, la franchise et l’audace dans ce que nous pensons et ce que nous faisons. Le « bonheur » ne réside en effet pas dans l’accumulation d’argent, dans l’exercice du pouvoir sur d’autres, dans un quelconque au-delà, mais par exemple dans la douce cohérence entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La tristesse provient du fait que nous n’arrivons plus à nous reconnaître quand nous nous regardons dans le miroir, droit dans les yeux. Que la générosité de notre être, de nos pensées, de nos actes se remplace par la méfiance, la retraite, le recul. Que notre vie ne semble avoir aucune valeur, car ce monde ne la donnera jamais. Que nous avons cessé de chercher à conquérir la capacité de donner nous-mêmes la valeur à nos vies.

En effet, toute la richesse de nos vies est là, devant nos yeux. Il suffit d’allonger les bras, les mains armées de confiance, d’idées et de liberté. C’est par l’effort de la liberté, par la révolte contre une existence démunie de sens, qu’on chassera les ténèbres hors de nos cœurs.

 

[Extrait du journal Hors Service n. 27]

LILLE 2004 – SEQUEDIN 2005

Il interroge : « Avez-vous vu ? Avez-vous vu maintenant ? Eh bien ! quand on a vu ça, on a vu ce qui comptait, on peut jeter ses yeux, on n’en a plus besoin », ceci d’un ton ordonnateur et sans appel.

Henri Michaux[1]

 

Voilà que la prison doit ressembler à la ville. Peut-on s’étonner de cette évolution vers la prison-cité alors que depuis de nombreuses années sont glorifiés l’architecture et l’urbanisme les plus conformes au contrôle optimal des habitants ? La prison, une ville modèle réduit ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Ne serait-ce pas plutôt la ville qui tendrait à organiser toute son économie sur le mode carcéral ? Son activité culturelle ne peut y faire exception et il serait bien naïf de croire qu’aujourd’hui encore artistes et acteurs de la vie culturelle puissent être des éléments incontrôlables dans le paysage de cette cité-prison. Ils y sont tant et si bien intégrés qu’ils peuvent à l’occasion exercer derrière les murs leur art devenu action socio-culturelle.

Quand j’entends le mot culture…

Pour ce qui est de l’opéra d’Odessa, effectivement, il y a de cela des années, il est vrai, il fut pendant un temps dirigé par un ancien directeur de prison. Et ce, non parce que, dans cette ville, on a le sens de l’humour, mais tout simplement parce que, souvent, on envoyait les administrateurs ou permanents syndicaux qui ne s’étaient pas montrés à la hauteur de leur tâche se reconvertir dans la culture où, pensait-on, il ne fallait pas de compétence particulière. Nous ne voulons plus de cela aujourd’hui. Ce qui compte, avant tout, c’est la compétence et le professionnalisme.

Vassili Zakharov, ministre de la Culture de l’URSS,

Pas de démocratie sans culture, 1989

Quand une rangée de CRS fonce sur la foule, le plus grand nombre sait encore comment réagir : on fait des barricades de fortune pour ralentir leur marche, on ramasse quelques pierres, des bouteilles et l’on se prépare à courir. Mais quand c’est un Lille2004-capitale-européenne-de-la-culture qui nous tombe sur le coin de la gueule – et ce pourrait aussi bien être un Genova2004-capitale-europea-della-cultura ou un Forùm-universal-de-les-cultures-Barcelona2004 -, nul ne sait trop comment s’y prendre. Chacun devine que c’est un sale coup qui se prépare et qu’il y a donc une parade à inventer, mais laquelle ? et contre quoi ? L’idée qu’ici le Capital n’avance plus à coups de canon, mais précédé d’une milice dansante, bruissante, bigarrée d’artistes en costumes et de branchés sous ecsta ne nous est pas encore familière. Quand nous entendons le mot  » culture « , nous ne pensons pas encore à sortir notre revolver.

L’impuissance où nous sommes à rendre coup pour coup illustre une difficulté plus générale : le Capital ne nous offre plus de point d’appui, de cible compacte. Nous cherchons des barons, des hauts-de-forme, deux cents familles ou huit maîtres du monde, et nous le trouvons, en fait de bourgeoisie, qu’un ramassis de managers, en fait de capitalistes qu’un conglomérats de retraités californiens, mais en revanche un assentiment diffus, et bien souvent cynique, au cours des choses, aux dispositifs en vigueur.

Car la tendance motrice du Capital, ne consiste plus à progresser en extension, à conquérir des espaces vierges, des continents inconnus, mais à progresser en intensité, à coloniser sans cesse de nouvelles dimensions, de nouvelles épaisseurs de l’être. Depuis 1920, décennie après décennie, on a vu le Capital produire son propre imaginaire et ses propres mélodies, un urbanisme et les technologies adéquates, à chaque phase, au maintien de son hégémonie. Finalement, il s’est emparé jusqu’au langage et à la physiologie des êtres, les exigences de l’industrie pharmaceutique répondant désormais en flux tendu à celles de l’industrie médiatique. Ainsi, la restructuration capitaliste initiée en 1975 en réponse à l’offensive prolétarienne des années 60-70 n’a pas frappé l’usine sans frapper dans le même temps tout le reste. L’informatique de masse, les biotechnologies et l’esprit Canal + en sont directement issus. Tout comme les centres-villes helvétisés des villes moyennes françaises – avec ces ronds-points à fleurs, ces petits pavés de granit au sol et tout ce menu  » mobilier urbain  » si prompt à faire trébucher quiconque se prendrait à l’absurde idée de s’enfuir en courant.

La suite ici : http://lafeteestfinie.free.fr

Fredy Perlman – L’appel constant du nationnalisme

Au cours de ce siècle, la mort du nationalisme a été proclamée à de nombreuses reprises :

• Après la Première guerre mondiale, lorsque les derniers empires d’Europe — autrichien et turc — ont été morcelés en nations autodéterminées et qu’il ne restait plus de nationalistes dépossédés, à l’exception des sionistes ;

• Après le coup d’État bolchevique, quand on a dit que les luttes de la bourgeoisie pour son autodétermination étaient dorénavant supplantées par les luttes des travailleurs, qui eux n’avaient pas de patrie ;

• Après la défaite militaire de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nationale- socialiste, quand les génocides, corollaires du nationalisme, eurent été exhibés à la vue de tous et quand on a pensé que le nationalisme, comme principe et comme pratique, était discrédité à jamais.

Pourtant, quarante ans après la défaite militaire des fascistes et des nationaux- socialistes, on peut voir que non seulement le nationalisme a survécu, mais qu’il a connu une renaissance, qu’il a subi un réveil.

https://diomedea.noblogs.org/post/tag/fredy-perlman/

Marseille – Le big data de la tranquilité publique

Marseille from the futur !
Voilà, nous y sommes, c’était prévisible… La ville s’est dotée d’un algorithme à un million deux, mis en place par Engie ineo (EDF) et Oracle (société américaine spécialisée notamment dans la gestion de base donnée).
Le « Big Data de la tranquillité public » est porté par Caroline Pozmentier, adjointe au maire en charge de la sécurité publique et vice-présidente de la région PACA, et Fabienne Marty, à la direction de l’architecture et du management de la donnée à la ville de Marseille, à vos souhaits !
Caroline Pozmentier s’auto-congratule : « Nous sommes allés chercher nos partenaires. Nous sommes allés voir le Préfet de Police, les institutions, les opérateurs télécoms – j’espère bien avoir des données de SFR, Orange ou autre – les transporteurs, nous les avons tous identifiés et tous rencontrés ».
Des caméras, des réseaux sociaux, des flics et associés, des applications citoyennes spécifiques, tous ensemble, tous ensemble pour « anticiper les événements futurs et d’interagir avec le citoyen  » !

http://www.primitivi.org/spip.php?article793

https://www.20minutes.fr/marseille/2180687-20171204-video-marseille-veut-utiliser-donnees-informatiques-ville-plus-sure-big-brother-prouesse-technologique

https://mars.noblogs.org/post/tag/affiche/

Justice et démocratie

À mesure que les droits s’élargissent, la sphère de contrôle de l’Etat s’étend également, puisqu’il doit les faire respecter et en sanctionner la transgression. La tendance de la société démocratique est de pénaliser tout, de prévoir un texte et une punition pour toute forme de violence, de la gifle du parent sur son enfant au viol. L’extension des droits est synonyme de criminalisation généralisée. Elle a la prétention de bannir la violence directe de tous les rapports sociaux. Mais cela a pour conséquence de renforcer le monopole de la violence « légitime » de l’Etat, qui est infiniment pire que toutes les autres.

La justice ne diminue pas la violence, elle la normalise. Comme la démocratie, elle constitue un filtre à la violence et à l’intolérance.

Disponible ici : https://fr.theanarchistlibrary.org et ici https://anarchroniqueeditions.noblogs.org


La vertu du supplice – Aldo Perego

Pour nous, il s’agit de comprendre comment et où on peut agir pour mettre fin àtoutes les laideurs de la survie, en nous posant aussi la question de la destruction de la prison et de la justice. Et pour en finir avec la Justice, il est également essentiel d’arrêter de parler et de penser avec le langage du Droit, celui qui sert en général à dénoncer les « abus » de pouvoir. Ce n’est bien sûr pas pour cela que nous voulons contester au détenu tourmenté par le maton la possibilité de réclamer d’être traité correctement. Mais, en s’enfermant dans le tort partiel (les « abus » de maton) sans considérer la monstruosité représentée par l’existence même de la prison, le prisonnier se trouverait entraîné dans une comptabilité perverse : que signifie demander le droit d’être « traité correctement » ? N’importe quel individu n’aspirerait-il pas plutôt à ne pas être traité « du tout » ?

Pour télécharger la brochure: La vertu du supplice A5 page-par-page

 

A propos de médations : La Croix Rouge continue son sale travail en Italie

radionotav

À Bardonecchia, la Croix Rouge a organisé le transport des migrants vers le centre de migrants qu’elle gère à Settimo Torinese.

La « salle de repos » de la station d’accueil des migrants restera ouverte toute la journée. Pour empêcher que les personnes qui tentent de traverser la frontière soient visibles des autres voyageurs, la salle d’attente sera gardée par des agents privés. C’est l’idée que les chemins de fer ont de la «sécurité»: après le déraillement de Pioltello, on investit dans la supervision au lieu de la prévention.

D’après ce que l’on sait, la préfecture incite à ce que tous les migrants soient redirigés vers le centre de Settimo, sans astreinte quant à leur parcours d’accueil. Mais tous ceux qui y arrivent ne peuvent pas et ne veulent pas suivre ce parcours. Parce que leur demande d’asile a été rejetée. Ou bien ils sont devenus irréguliers. Ou ils veulent demander l’asile en France et non en Italie. Il peut y avoir mille raisons pour lesquelles ces personnes ne tombent pas dans les cas requis par la loi.

Il est vrai que l’envoi vers Settimo est volontaire et non obligatoire. Il est vrai qu’il existe des «médiateurs culturels» engagés par les municipalités pour agir comme tampon. Mais une chose demeure: ceux qui ne montent pas dans les bus du CRI (Croix Rouge Italienne) seront plus faciles à cibler pour la police. En bref, le système de gestion des flux est affiné.

Médiation entre qui et qui?

La presse parle de la Croix-Rouge, de médiateurs culturels et de bénévoles. Mais laissons s’échapper une vérité : ils sont accompagnés par des militaires, et maintenant aussi par des vigiles « non armés ». Il n’y a pas de violence, de problèmes et de contraintes: mais de quel dialogue volontaire peut-on parler face à la présence menaçante de la police, dont l’apparition suffit à faire fuir tous les migrants (si possible)? Dans quelle mesure la décision de renoncer à franchir la frontière peut-elle être volontaire sous cette menace voilée? La médiation, à qui sert-elle, au nom de qui est-elle faite et dans quel but? Certainement pas pour les migrants qui veulent traverser la frontière, sinon la solution serait simple: il suffirait de l’ouvrir. Toute autre discussion sur les «bonnes intentions» des «bénévoles» est trompeuse, indépendamment de la bonne foi.

Hotspot de Trapani Milo (Sicile) – Tentative d’évasion et incendie

Les médias rapportent, sans trop de détails, la nouvelle d’une manifestation qui a eu lieu hier soir, le 10 février, au hotspot de Trapani Milo. Une soixantaine de prisonniers ont tenté de s’échapper et ont mis le feu aux équiements de l’ancien CIE transformée en 2015 en hotspot où ils pouvaient identifier et sélectionner des personnes, en expulsant les personnes originnaires des pays avec lesquels l’Italie a signé des accords pour l’expulsion immédiats (Tunisie, Egypte, Algérie, etc.). Afin d’éviter l’évasion, les gardes mobiles sont intervenus et ont fait face à la résistance des personnes en lutte pour leur liberté.

 

 

hurriya.noblogs.org

Ricardo Flores Magon – Le mendiant et le voleur (1915)

Sur l’avenue élégante, homme et femme se promènent, parfumés, chics et provoquants. Collé au mur, la main tendue, un mendiant quémande d’une voix tremblante et servile : -Une aumône, pour l’amour de Dieu !

De temps à autre, une pièce tombe dans la main du mendiant qui s’empresse de l’enfouir dans sa poche tout en se confondant en louanges et en remerciements avilissants. Un voleur passant par là ne peut s’empêcher de lui lancer un regard plein de mépris. Le mendiant s’indigne (la déchéance a ses pudeurs) et grogne d’un ton irrité

-Tu n’as pas honte, gredin, de regarder en face un honnête homme comme moi ? Je respecte la loi. Je ne commets pas le délit de mettre la main dans la poche d’autrui, moi. Ma démarche est sereine, comme tout bon citoyen qui n’a pas coutume de se faufiler, sur la pointe des pieds, dans les maisons des autres à la faveur de la nuit. Je n’ai ni à me cacher, ni à fuir le regard du gendarme. Le nanti se montre bienveillant à mon égard et quand il jette une pièce dans mon chapeau, il me tapote l’épaule en murmurant : « Brave homme ! « .

Le voleur ajustant son chapeau, grimace de dégoût, lance un regard alentour et réplique au mendiant :

-N’espère pas me faire rougir, vil mendiant ! Toi, honnête ? L’honnêteté ne vit pas à genoux, prête à ronger l’os que l’on daigne lui jeter. Elle est fière par excellence. Je ne sais si je suis honnête ou non, mais je dois t’avouer qu’il m’est insupportable de supplier les riches de m’accorder, au nom de Dieu, les miettes de tout ce qu’ils nous ont volé. Je viole la loi ? C’est vrai, mais elle n’a rien à voir avec la justice. En violant les lois promulguées par la bourgeoisie, je ne fais que rétablir la justice bafouée par les riches, qui volent les pauvres au nom de la loi. Si je m’empare d’une partie de ce qu’ils ont pris aux déshérités, je n’accomplis par là qu’un acte de justice. Si le riche te tapote l’épaule, c’est que ton abjecte bassesse et ta servilité lui garantissent la pleine jouissance de ce qu’il a volé, à toi, à moi, à tous les pauvres du monde. Les riches souhaitent ardemment que tous les déshérités aient l’âme d’un mendiant. Si tu étais vraiment un homme, tu mordrais la main qui te tend un bout de pain. Je te méprise.

Le voleur cracha et se perdit dans la foule. Le mendiant leva les yeux au ciel et gémit :

-Une aumône, pour l’amour de Dieu !

Regeneraciòn, no. 216, 11 décembre 1915

Turin – Face à la prison de la Vallette

Cette nuit, un camarade de Saronno a été arrêté pour les événements de l’année dernière face à la Vallette, les infractions reprochées sont blessures et résistance. Ce matin, pour la même procédure, l’interdiction de résidence à Turin a été notifiée à certains camarades. Certains camarades turinois pour qui, selon les premières informations disponibles, incomberait le même sort, n’ont pas encore été trouvés.

MARCELLO LIBERO!

 


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31 décembre Le classique salut du Nouvel An aux détenus de la prison de Vallette se révéla cette fois plus animée que d’habitude. Parmi une soixantaine de personnes présentes pour l’occasion, quelqu’un a jugé bon de faire une pause dans l’usage vertical habituel de la pyrotechnie, provoquant un peu d’explosions et d’étincelles colorées entre les jambes des peletons de gardes déployés pour la défense des enceintes (de la prison, ndT)). Quelques charges et quelques jet (de projectiles, ndT) en guise de réponses, et, selon les journaux, une policière scientifique (de ceux en civil toujours avec l’appareil photo en main, peut être présumé) blessée par une bouteille et admise à l’hôpital. Une scène pas si ordinaire qui nous espérons ait arraché un sourire inattendu et moins ennuyé aux prisonniers qui se sont précipités aux fenêtres, pour regarder et crier.

 

 

https://www.autistici.org/macerie/?p=32879

Inauguration du nouveau local faf de Chambery

Fleury-Mérogis : Récit du rassemblement devant la MAH du 27 janvier 2018

Samedi 27 janvier dernier nous étions une bonne cinquantaine de personnes à répondre par les actes au communiqué rédigé par un collectif de détenus de Fleury-Mérogis deux jours plus tôt. C’est dans le contexte de presque deux semaines consécutives de grève et de blocage des prisons par les maton.ne.s, qu’ils nous expliquent comment se sont détériorées leurs conditions de détention mais aussi pourquoi et comment ils s’y sont opposés.
Bien que le délai de l’appel était extrêmement court (il a été rendu public sur internet moins de 24h avant le moment effectif du rassemblement), la réactivité des personnes solidaires montre que dehors beaucoup d’entre nous sont très attentif.ve.s à ce qu’il se passe en prison en général et la situation de la grève en particulier, a focalisé toutes nos attentions.

Cependant l’enjeu était double. En effet, au delà du nombre, il s’agissait d’une part de montrer aux maton.ne.s que nous savons (au moins une partie de) ce qui se passe en prison ; que ce soit de la plus « simple » humiliation aux passages à tabac par les ERIS, des privations multiples et davantage encore durant la grève aux perquisitions incessantes des cellules : à Fleury (et ailleurs aussi !) les détenus se sont organisés pour ne plus subir et nous nous devions de leur montrer, autant que faire se peut, que nous ne les laisserons pas seuls face à leurs bourreaux, que nous ne laisserons pas lettre morte à leurs cris de révolte, pour que cela puisse d’une manière ou d’une autre passer au-delà des murs.
Il s’agissait également de propager leur texte à des personnes directement concernées, c’est-à-dire informer les familles qui se rendaient au parloir de ce que nous savions de la situation et en retour, connaître aussi leurs propres témoignages. Peut-être était-ce l’aile de leurs proches ou peut-être pas, peut-être y avaient-ils pris part ou peut-être pas… Qu’importe, il fallait en tout cas que le bruit court, que chacun raconte que des détenus s’étaient organisés et que dehors des personnes sont solidaires.

La situation de tension a d’ailleurs favorisé la communication entre les personnes solidaires et les proches des détenus, dans un brouhaha d’échanges d’informations techniques ou de considérations plus génériques sur la prison, une véritable interaction se met en place si bien qu’à un moment, on ne distingue plus qui vient pour visiter ou qui vient pour hurler !
Même deux gendarmes s’y sont perdus et devant le fourmillement des personnes qui discutent ensemble, tract du communiqué des détenus à la main, ils s’approchent et demandent à quelqu’un (visiblement venu visiter un proche puisque munis du pourtant très reconnaissable sac-cabas réglementaire… Mais on va pas trop leur en demander non plus !) : « Qui est l’organisateur ? ». « On est venus pour les prisonniers » s’exclame quelqu’un. Devant l’ambiguïté de la situation ils répondent que de toute façon il n’y a pas de parloirs : là, c’est la grogne généralisée et la tension ne s’abaisse que lorsqu’un maton-chef vient temporiser la foule en démentant les dires des gendarmes, qui du coup s’en vont tout penauds d’avoir non seulement manqué à leur unique tâche de la journée… mais aussi d’avoir presque déclenché une émeute !

Des banderoles sont alors déployées, sur l’une d’elles on pouvait lire « Crève la taule ! Liberté pour toutes et tous !». Un chasuble de FO-pénitentiaire qui traînait est mis au feu et un enfant, habituellement désœuvré pendant les longues heures d’attente pour les parloirs, s’amuse à faire en sorte qu’il ne s’éteigne surtout pas pendant que sont hurlés ou bien chantonnés des slogans tels que : « Maton, maton, si t’as peur : il est grand temps de devenir chômeur » ; « Brique par brique, maton après maton : détruisons toutes les prisons » ; « Olélé, olala, solidarité avec les prisonnier-e-s ! » ; « Contre la grève des matons : crève crève un maton / solidarité avec les prisonniers » ; « Les prisons en feu, les matons au milieu ! » ; « Solidarité avec les prisonniers, et leurs familles, et leurs ami-e-s ! ».

Après plus de deux heures de rassemblement les gens se sont réunis pour discuter de la suite, enthousiastes de la réussite de cette initiative. On s’est dit qu’en cas de reprise de la grève on se retrouve même heure, même endroit. Certains proposaient également de faire prochainement une assemblée pour s’organiser contre la prison, au delà du mouvement des maton.ne.s…

A suivre…

Des participant.e.s, toujours présent.e.s contre les prisons et les matons !

Source Indy Nantes

Dijon : Rassemblement devant la taule

Dans la soirée de dimanche 4 février, un peu plus de 30 personnes se sont retrouvées devant la prison de Dijon avec une banderole disant « Pas de compassion avec les matons – Solidarité avec les prisonniers« . Cette action visait donc à se solidariser avec les prisonniers qui ont subi le mouvement d’humeur de leurs bourreaux: pendant plus d’une dizaine de jours en janvier, les matons ont bloqué parloirs, permissions et pour résumé, ont rendu encore plus insupportable les conditions de survie en taule. Quelques insultes ont fusé en direction des matons qui finissaient leur service, histoire de leur rappeler qu’à l’extérieur aussi, on les déteste !

Rappelons qu’une action de blocage, avec banderole et diffusion de tract, avait eu lieu à Toulousepour marquer un refus clair de leur monde de barreaux et de gardiens.

[Reformulé de la presse]

Repris sur le blog de sansattendre.noblogs.org