Squat : Trois compagnonnes en prison, accusées de « tentative de vol par effraction en réunion »

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Trois personnes ont été arrêtées, déférées et incarcérées à la prison de Fleury Mérogis, accusées de « tentative de vol par effraction en réunion » pour avoir été vues à proximité d’une maison inoccupée. Un rassemblement est appelé samedi à 18h à Montreuil.

Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre, trois compagnonnes ont été contrôlées dans une rue de Montreuil et emmenées au commissariat. Un « voisin vigilant » les aurait vues à proximité d’une maison inoccupée et a appelé les flics. Elles ont alors été placées en garde-à-vue pour « tentative de vol par effraction en réunion ». Elles n’ont rien déclaré durant la GAV et ont refusé de donner leurs empreintes et photos, ce qui leur vaut d’être également poursuivies pour « refus de signalétique ». L’une d’entre elle est également accusée de « provocation à s’armer contre l’État » sans qu’on sache à quoi se réfère ce dernier chef d’inculpation.

Ne lâchons pas !

Publié à Marseille de janvier à mars 1927, Ne lâchons pas était un journal gratuit expédié par milliers d’exemplaires en Italie et diffusé clandestinement. Mis en place par le « Comité anarchiste pour l’action antifasciste », dans ses colonnes on ne cachait pas la situation tragique des subversifs en Italie, traqués par une société manifestement totalitaire. Néanmoins, il encourageait à l’action et suggérait quelques possibilités d’intervention – les seules restantes, celles qui naissent de la volonté et de la détermination de l’individu, contre toute résignation populaire et contre toute subordination collective.

Les textes qui suivent sont des extraits d’articles figurant sur les trois numéros de cette publication.

Contre TOUS les enfermements!

La folie se porte bien

Marge, n°6, Avril-Mai 1975, p. 7.

Il y a peu de temps encore, le silence s’organisait autour de la folie : elle est maintenant devenue prétexte à littérature. Je peux parler de cette attitude qui consiste à parler sur la folie, en la trouvant intéressante, excitante et belle – pour mieux oublier sa parole et ce qu’elle engage. Elle est devenue sujet de thèse, objet d’études littéraires, critère esthétique. Elle présente pour la pensée universitaire et avant-gardiste en mal de nouveauté d’évidentes qualités artistiques. Certains mêmes, qui ne craignent pas de faire l’apologie de la folie, prennent toutes leurs précautions de confort intellectuel pour ne pas y sombrer. Ce qui n’est pour eux que le spectacle de la folie illumine la pauvreté de leurs horizons. On veut bien tout admettre de la folie, sauf sa contagion, sauf qu’elle puisse transformer. Et ce bruit nouveau autour d’elle peut être aussi dangereux que cet ancien silence.

Les plus intelligents savent déjà que pour combattre un ennemi redoutable (la révolte, l’Impatience, l’amour, le dégoût…), il faut en faire un objet esthétique. Les autres, pleins de bonnes intentions, restent prisonniers de cette « culture », du « regard sur », de la séparation, du spectacle, du musée généralisé, qui tue ou enferme tout ce qu’elle touche.

Ah ! Que la folie est belle ! Elle peut même devenir un rôle social enviable. Lorsque l’on n’a ni « génie », ni richesse, ni puissance, on peut toujours se valoriser en se disant fou. Ceux qui n’ont pas réussi dans la littérature ou la politique peuvent toujours se recycler dans la folie. Cet empressement esthétique autour de la démence a son corollaire immédiat dans une soumission admirative et inavouée aux psychiatres, psychanalystes et autres dangereux farceurs. Comme toute « mode », elle fait vendre ou se vend, par l’Intermédiaire de l’introduction du « délire » dans la publicité ou sous forme d’art.

Mais attention, la folle dont on se réclame, ce n’est pas n’importe laquelle – la belle seulement -, celle qui est capable de magnifiques attitudes, d’angoisses bien charnues, de désespoirs bien littéraires. On va même jusqu’à privilégier telle ou telle forme de folie – scientifiquement reconnue (emboîtant ainsi le pas aux spécialistes de la question). Quant aux autres formes – celles qui ne sont capables que de manques, de maladresse, de mutisme -, on préfère les laisser croupir au fond des asiles – dans l’asile généralisé de l’espace quotidien.

Ceux qui se comparent à tel grand supplicié pour obtenir quelque admiration ou déférence ne sont que des littérateurs. Ceux qui trient dans la folle les aliments de leur théorie, ceux qui pratiquent le délire sans jamais risquer de s’y perdre, ne sont que des procureurs. Ceux qui font des livres pour disséquer la détresse des autres ne sont que des marchands.

Le jour où la folie – et ce qu’elle agite – descendra dans la rue, ils n’auront pas le temps d’en abstraire ce qui leur convient.

A ceux qui jouent le rôle de la folie, il faut leur lancer à la figure qu’à la racine de la folie II y a l’angoisse – c’est-à-dire la souffrance -, on ne peut pas vouloir l’angoisse, on ne peut que vouloir en sortir.

Je ne sais pas ce qu’est la folie, sinon justement cette angoisse, ce décrochage, sinon qu’elle n’est pas de « l’autre côté », mais bien de ce côté-ci où nous sommes – à la limite de nos attitudes, de nos désirs -, qu’il n’y a pas de rupture entre ma possible folie – ma proche angoisse et ma révolte active -, il n’y a que cet effacement des repères, ces paysages nouveaux qui montent – là où, justement, se décomposent les valeurs et les formes : où éclate le « regard sur ».

Nous avons tout à faire pour que ce qui agite la folie sorte des lieux où on normalise pour se répandre dans la vie. Entre autres, se débarrasser de l’esthétisme qui, au lieu d’enfermer dans les asiles, enferme dans des musées ou dans des marchandises. Mais si la deuxième mort des fous, c’est de les enfermer dans leurs éventuelles œuvres, un jour, avec tant d’autres, « la peinture de Van Gogh armée de fièvre et de bonne santé, reviendra pour jeter en l’air la poussière d’un monde en cage que son cœur ne pouvait plus supporter ».

Sébastien.

Turin – De nouveau et finalement, feu au centre de rétention

Macerie @15 novembre

Il y a deux nuits, les  détenus ont mis le feu au zones bleues et vertes du centre de rétention (Cpr), rendant inaccessibles différentes pièces. Les gardes sont arrivés immédiatement en distribuant du gaz lacrymogène et des coups, avec les pompiers qui ont jugé bon de rafraîchir les ardeurs en lavant littéralement leurs prisonniers avec des pompes à eau. Les gardes ont été particulièrement offensifs avec les coups et les claques surtout dans la zone bleue où de l’intérieur nous avons appris qu’il y avais plusieurs blessés. Les feux ont été éteints, une perquisition a été effectuée à la recherche d’effrayants briquets puisque efficaces tandis qu’à l’extérieur des feux d’artifices ont salué les prisonniers et ont apporté leur solidarité au soulèvement.

La plupart des personnes qui étaient enfermées dans les zones bleues et vertes ont passé la nuit tous ensemble au réfectoire dans le froid, sans couvertures ni matelas, tandis que douze personnes étaient emmenées et isolées. Leurs compagnons de galère ce matin, ne sachant rien de leur sort, ont refusé la nourriture en signe de protestation.

La situation évolue toujours et les nouvelles arrivent petit à petit. Nous en saurons plus dans les prochains jours sur cette nuit d’incendies et ses conséquences sur les prisonniers impliqués et les quartiers où ils sont enfermés. Pour l’instant, les gens ont été déplacés des chambres rendus inhabitables et sont jetés ici et là entre le réfectoire et les zones déjà surchargées. Les bruits de couloir disent qu’il pourrait y avoir des transferts.

Nous verrons, pour l’instant nous nous réjouissons de ce feu novembrin qui rappelle à tous qu’à l’intérieur du CRA surtout quand les structures sont pleines, il ne peux pas y avoir de paix.

Ci-dessous, nous vous proposons deux courtes vidéos tournées dans le Cpr après le feu.

 

https://www.autistici.org/macerie/?p=32839

VORTEX#65, novembre sous la coupe de la RDR

EDITO

On va pas pleurer sur les milliers de Vortex tombés pour la trace et leurs cris déchirants derrière la porte des toilettes. Du coup là on a fait des pointillés pour maximiser le rendement (chacun-e la sienne, bordel!).

Depuis les années 80 et le vih qui ronge tout, on a quand même fait pas mal de progrès. les programmes d’échanges de seringues, la prescription de substitut, le testing, l’auto support, les interventions en milieu festif tekno et urbain, les salles de shoot… les assos communautaire ou non ont pausé les pierres pour rappeler que l’être humain aime s’altérer. ça ne lui ôte pas le droit de vivre!

Bienvenue à tou-tes dans le Vortex, consommatrice/consommateur ou pas, ça n’empêche pas de rester attentif aux autres, à nous mêmes et aux lieux autour de nous. La scène qu’on aime c’est quand tout le monde passe un bon moment, pas obligé-e de partir à cause de comportements relous trop souvent passés sous silence. comme l’a dit Kroptokine «Ma fête est celle de l’autre à l’infini».

Il se passe pleins d’événements cool dans les lieux du vortex donc pour que ca continue tu peux y trouver du matériel : capotes, bouchons d’oreilles, alcootests, roule ta paille, brochures d’info …

Le vortex est enfin recyclable

Pour plus d’infos voici des contact qui dépanne toujours :

dépistages gratos
Ceggids : 04.13.31.69.14 / 04.13.31.56.78

Réduction des risques
– Plus bele la nuit : 06.98.24.31.32
– Bus 3132 CAARUD/CSAPA/Festif : 04.96.04.56.06
– Tipi CAARUD/Festif : 04.91.92.52.94
– Aides : 04.91.14.05.15

Site internet
– www.psychoactif.org/forum
– www.technoplus.org

ivg – contraception – Violences
– planning familial : 04.91.91.09.39

 

L’Agenda Marseillais non exhaustif de concerts punks, underground, et autres du genre DIY
Contact: vortexfrommars@gmail.com

https://www.facebook.com/vortexfrommars/

Les Indésirables

Il y a de plus en plus d’indésirables dans le monde. Il y a trop d’hommes et de femmes pour qui cette société n’a prévu qu’un rôle : celui de crever. Morts pour le monde ou pour eux-mêmes, la société ne les désire qu’ainsi.

Sans travail, ils servent à pousser ceux qui en ont un à accepter n’importe quelle humiliation afin de le préserver. Isolés, ils servent à faire croire aux citoyens se prétendant tels qu’ils ont une réelle vie commune (entre les paperasseries de l’autorité et les rayons des marchandises). Immigrés, ils servent à alimenter l’illusion d’avoir des racines chez des prolétaires seuls avec leur néant au bureau, dans le métro ou devant la télévision. Clandestins, ils servent à rappeler que la soumission salariale, n’est pas le pire – il existe aussi le travail forcé et la peur qui serre le ventre à chaque contrôle de routine. Expulsés, ils servent à renforcer, sur tous les réfugiés économiques de l’hécatombe capitaliste, le chantage du bannissement vers une misère sans retour. Prisonniers, ils servent à menacer avec le spectre de la punition ceux qui ne veulent plus de cette misérable existence. Extradés en tant qu’ennemis de l’Etat, ils servent à faire comprendre que dans l’Internationale de la domination et de l’exploitation il n’y a aucun espace pour le mauvais exemple de la révolte.
Pauvres, isolés, étrangers partout, incarcérés, hors-la-loi, bannis : les conditions de ces indésirables sont de plus en plus communes. Commune peut alors devenir la lutte, sur la base du refus d’une vie chaque jour plus précarisée et artificielle. Citoyens ou étrangers, innocents ou coupables, clandestins ou réguliers : ces distinctions des codes étatiques ne nous appartiennent plus. Pourquoi la solidarité devrait-elle respecter ces frontières sociales, alors que les pauvres sont continuellement trimbalés de l’une à l’autre ?

APPELONS UN LAGER UN LAGER

Définir comme lager les “centres de séjour temporaire et d’assistance” [Cpt, centres de rétention] pour immigrés en attente d’expulsion —centres introduits en Italie en 1998 par le gouvernement de gauche avec la loi Turco-Napolitano, en conformité avec les accords de Schengen— n’est pas de l’emphase rhétorique, comme le pensent aussi au fond de nombreuses personnes qui utilisent cette formulation. Il s’agit d’une définition rigoureuse. Avant de devenir des centres d’extermination méthodiques, les lagers nazis ont été des camps de concentration dans lesquels vivaient reclus les individus que la police considérait, même en l’absence de conduite pénalement répréhensible, comme dangereux pour la sécurité de l’Etat. Cette mesure préventive —définie “détention protectrice” (Schutzhaft)— consistait à priver certains citoyens de tous leurs droits civils et politiques. Qu’ils fussent réfugiés, juifs, tziganes, homosexuels ou opposants politiques, il revenait à la police, après des mois ou des années, de décider quoi en faire. Ainsi, les lagers n’étaient pas des prisons dans lesquelles on arrivait à la suite d’une condamnation pour quelque délit (dans sa définition totalitaire plus ou moins aberrante), et ne constituaient pas une extension de droit pénal. Il s’agissait de camps dans lesquels la Norme fixait sa propre exception ; en bref, une suspension légale de la légalité. La définition d’un lager, donc, ne dépend ni du nombre d’internés ni de celui d’assassinés (entre 1935 et 1937, avant le début de la déportation des juifs, il y avait 7500 internés en Allemagne), mais bien de sa nature politique et juridique.

Bientôt les fêtes !

Belgique – Jésus enlevé contre le nouveau centre fermé et les prisons

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HOEILAART – Des inconnus ont volé le statut de Jésus d’une crèche de Noël en forçant l’accès. Ils ont laissé une lettre expliquant qu’ils ont enlevé Jésus et qu’ils revendiquent l’arrêt de la construction du nouveau centre fermé à Steenokkerzeel et la destruction de toutes les autres prisons.
29.12.2009 Traduit de Het Laatste Nieuws, www.hln.be

Autotoc

PRISONS – Kara, libérée après avoir passé la totalité de sa peine à l’isolement

Ce matin, 14 novembre 2017, Kara, incarcérée depuis le 26 mai 2016 et condamnée à 2 ans de prison ferme et 2 avec sursis dans l’affaire du quai de Valmy est sortie de Fleury-Merogis.

Il n’y a pas eu d’appel des condamnations prononcées le 11 octobre dans l’affaire de la keufmobile brûlée le 18 mai 2016. Celles-ci sont donc définitives. Seule la personne jugée en son absence pourrait encore « faire opposition » si elle était arrêtée. Cet éventuel nouveau procès ne changerait pas les peines prononcées pour les 8 autres inculpé.e.s.

Après le rendu du verdict, deux personnes étaient restées en détention.

Ce matin, Kara, incarcérée depuis le 26 mai 2016 et condamnée à 2 ans de prison ferme et 2 avec sursis pour avoir lancé un plot sur le pare-brise de la voiture est sortie de Fleury-Merogis. L’autre personne est toujours enfermée.

Kara sort libre (sans aménagement, bracelet ou autre) car elle est arrivée en fin de peine. Cette libération intervient près de 18 mois après son arrestation. La justice aura gardé Kara enfermée tout au long de l’instruction et Kara ne se sera vue octroyer qu’une partie des remises de peines supplémentaires auxquelles elle pouvait prétendre. Malgré des conditions de détention particulièrement difficiles, Kara ayant effectué la totalité de sa peine à l’isolement, la justice a donc décidé de la garder le plus longtemps possible enfermée.

Solidarité avec les personnes pour qui la répression continue dans cette affaire !

Defcol

Source : https://paris-luttes.info/kara-liberee-apres-avoir-passe-la-9049